Vous le détestez, n'est-ce pas ?... Eh bien moi aussi, figurez-vous ! XD
Chapitre 20 : Danger
"Je conserve d'excellents souvenirs de mes moments avec Paula." sourit Griffon. "Des bribes... mortelles."
"Raconte-m'en une, je te prie."
"Nos parties de luge avec notre chien, Pepperkaker. Lorsque je faisais monter Paula devant moi et que nous dévalions des pentes de plus en plus abruptes."
Aiacos aimait véritablement entendre Griffon parler de son passé.
"C'est... sans doute difficile à saisir pour un fils unique, non ?..."
"Fils unique ? Hahahaha, Minos !... J'avais une ribambelle de cousins/cousines qui me tenait lieu de fratrie !..."
Sourire du Griffon.
"Kedar était à la fois mon cousin le plus proche et mon meilleur ami."
"Comment était-il, Cos ?"
"Il avait une bouille irrésistiblement facétieuse. Qu'il a d'ailleurs conservée lorsque ses parents en ont fait un moine. Je leur en avais tellement voulu de nous séparer !..." serrant le poing.
"La religion est une véritable plaie. Quand je pense que tous ces braves imbéciles nourrissent l'espoir de gagner un quelconque paradis par leurs œuvres..." moqueur. "S'ils savaient à quel point leurs efforts sont vains... ils les conduisent précisément jusqu'à nos portes."
"Ses parents n'étaient pas particulièrement religieux, tu sais. Ils avaient simplement hérité d'une tribu dont ils ne savaient que faire."
"Par Hadès, les empêcher de copuler aurait déjà été une excellent initiative !..." s'insurgeait le Griffon, faisant rire de bon cœur Aiacos.
"Tu es magnifique, Griffon, lorsque tu t'emportes ainsi." caressant la joue amie, regard se parant d'un joli voile de désir.
Griffon fixa Garuda.
"J'ai très envie de... m'exercer à trouver ton point caché, Griffon." sourit-il.
Il était très charmeur lorsqu'il le voulait !...
"Dois-je me mettre à quatre pattes ?..."
"A ta guise, Griffon. Mais avant cela... je vais te préparer." approchant sa bouche de la sienne, y soufflant le chaud, finissant par s'y appliquer, langue aventureuse venant cueillir les confessions soupirées du Griffon.
Les mains rudes d'Aiacos défirent lentement son cher partenaire, savourant le soyeux de sa peau.
Il invita Griffon à venir le chevaucher, bassins en contact, leur soutirant tous deux un "o" d'appréciation.
"Quel merveilleux amant je tiens là..." s'extasiait Aiacos.
"Vil... flatteur..." soupirait Griffon en retour.
Aiacos les défit plus bas, faisant entrer les hampes en contact rapproché ; elles s'épousaient d'ailleurs parfaitement bien que le sexe d'Aiacos demeure incontestablement le plus affirmé des deux.
Garuda les empoigna tous deux pour les caresser, observant ce qui défilait dans l'expression du beau Griffon.
Ce dernier dodelinait de la tête, bras accrochés autour de la nuque solide du Garuda.
Ces caresses le rendaient véritablement fou tant elles étaient délicieuses !...
De temps à autre, Griffon baissait le regard pour en admirer toute la portée visuelle.
Aiacos se pencha pour récupérer l'onguent, allant fureter entre les fesses du Griffon, doigts imprégnés.
L'intrusion produisit un effet certain sur le sexe déjà rudement tendu, le faisant perler à délice.
"Tu... me guideras ?..."
"O... oui." impatient d'y être.
"Alors installe-toi à ton aise." le faisant glisser hors de ses jambes.
Griffon choisit de se mettre à quatre pattes, chevelure argentée rabattue sur le côté, prêt à endurer les tourments érotiques promis par Garuda.
Debout, ce dernier profitait de la vue. "Tu es magnifique... Griffon..." épris.
Il se plaça derrière, laissant son extrémité enduite fureter et butiner l'orifice.
Un coup de hanches du Griffon le poussa à l'intérieur.
Les deux en geignirent fortement.
Aiacos saisit les hanches étroites. "Alors... j'écoute... à tribord, à bâbord ?... Plus loin ?"
Petit rire de Griffon. "Avance... encore un peu... lààààà... ouiiiii... bouge... lentement..."
Aiacos suivait les directives avec précisions - capitaine de navire !...
Il manœuvrait avec aisance, ayant une bonne conscience de son corps, se fiant aux indications - déjà moins précises à mesure qu'il se perdait - du Griffon.
Aiacos décida de se concentrer sur les appréciations de son partenaire et Griffon était pour le moins expressif. Il arrosait même de termes joliment crus en norvégien le massage précieux initié par Garuda, au grand plaisir de ce dernier. Enserré à merveille, oreilles flattées par les insanités lâchées par son amant, Garuda errait déjà du côté du septième ciel alors que Minos enchaînait les orgasmes !...
Aiacos observait ses doigts se perdre entre les mèches argentées de son amant.
Décidément !... Ce qu'il tenait entre ses bras était désormais plus précieux que sa propre vie. Garuda en souriait. Minos était l'aboutissement de ses recherches effrénées !... Et Kripal avait tout à lui envier.
Jamais Aiacos n'avait été à ce point impliqué dans une relation. L'amour avait toujours été éphémère jusqu'à Minos.
Ils s'étaient promis l'éternité !...
Décidément, rien n'égalait Minos. Rien !...
Heureux comme un roi, Garuda exulta un petit soupir, nichant entre les omoplates de son magnifique Griffon, passant un bras possessif autour de sa taille.
Minos dormait du sommeil du juste après avoir été littéralement rincé par Aiacos, pillant ainsi un peu du pouvoir d'Hypnos.
"Dors, mon beau Griffon... dors." bienveillait Aiacos, entourant son amant de son cosmos le plus dorlotant.
Griffon s'étirait. Longuement. Satisfait sur tous les plans. La nuit avait été bonne.
C'est Aiacos en personne qui revint avec un plateau garni de mets raffinés.
"Bien dormi ?"
"La meilleure nuit de toute mon existence."
Aiacos s'installa, picorant dans le plateau, laissant son regard courir sur le corps nu qui s'étirait à loisir devant ses fenêtres.
"Tu mets en appétit, Griffon. Et ce sur tous les points."
Petit rire du Griffon, se retournant. "De ce côté-ci également ?..."
Les pupilles de Garuda échouèrent sur ce sexe admirablement taillé.
"Plus que jamais." soufflé. "Pour peu, je m'empoignerai pour me faire monter davantage."
Minos s'installa sur le lit, goûtant à quelques mets, allongé sur un coude, superbe, laissant à Aiacos le loisir de l'observer tout son soûl.
Sentir peser sur lui le poids du regard de son bel Oiseau de proie ne laissait guère Minos indifférent.
"Je meurs d'envie de toi, Nos." tomba enfin.
"Fort heureusement, tu es déjà mort, Cos !..." s'amusa Minos.
Aiacos posa le plateau à terre, attirant derechef Griffon sur lui. "Dispose de moi."
Sourire triomphant du Griffon. "Fort bien." caressant le torse généreux des paumes, s'attardant sur chaque bille de chair.
Entre ses jambes, Garuda était déjà bravement éveillé.
"Rends-moi fou, Nos."
Regard planté dans le sien, Minos descendait toujours plus bas, finissant par atteindre du menton la jolie verge dressée.
Un coup de langue vint la saluer sur toute sa longueur. Aiacos venait d'empoigner le drap pour y crisper le poing.
C'est qu'il était lent à souhait, l'animal !...
Chaque nouveau passage de langue l'érigeait davantage, faisant éclore la jolie prune sensible.
Minos y enroula une langue particulièrement attentionnée, pointe donnant la chasse à chaque pli et chaque veine en relief.
Aiacos sursauta littéralement lorsque les doigts de Minos vinrent s'égarer du côté de son orifice.
Les extrémités butinaient autour tandis que la langue poursuivait ses délices, faisant se cambrer et ruer Aiacos tel un étalon sauvage !...
"Mmmm... ooooh... haaaah !..."
Et Griffon s'en régalait.
S'il était un péché qu'Aiacos ne pardonnait guère et qu'il châtiait lui-même, avec la dernière des férocités, c'était bien la mutinerie. L'acte en lui-même lui donnait des relents amers.
L'audace de vouloir le détrôner portait atteinte à son orgueil le plus profond.
Les traîtres potentiels, Aiacos les gardait personnellement à l'œil et ses taupes lui rapportaient généralement les faits avant qu'ils ne se produisent. L'un d'eux, pourtant, s'était permis de coiffer les taupes de Garuda au poteau !...
Les faits furent immédiatement rapportés à Antinora et le Capitaine en titre enfila son surplis sur un éclat de cosmos rugissant.
"LE NAVIRE EST A MOI !" se congratulait Sollix de l'Abyssale, brandissant sa faux à double lames menaçante, occupant la très prisée place en proue.
Violate monta derechef au créneau, contestant vertement. "Renonce à ce comportement indigne de nos rangs, Sollix !"
"TOI, SA CHIENNE, SILENCE !" désignant Béhémoth de sa faux. "Jetez-la en cale et qu'elle y pourrisse !" à ses âmes damnées.
Sur un flash énergétique, Aiacos apparut sur le pont. "Voilà donc... à quoi se réduisent certains de mes hommes en mon absence ?... Jeter le trouble."
Sollix entrouvrit la bouche, crainte commençant à s'emparer de lui.
Violate ploya le genou devant le Maître en titre.
"Vous ne méritez pas même de finir en chair à canon, vous tous qui m'avez tourné le dos." sec, faisant craquer ses poings l'un dans l'autre.
La troupe rebelle se tassa. "Toi, Sollix, le meneur, je te réserve un sort à la hauteur de ton affront. Quant aux autres... broutille !..." les éliminant d'une salve destructrice. "Où t'es-tu cru, par Hadès, Sollix de l'Abyssale ?!" s'avançant, terrible, cosmos crépitant autour de sa personne, roue se déployant pour un maximum de puissance. "Tu déshonores autant cette proue que l'emblème de ce navire !"
"Sei... Seigneur Aiacos... ne..."
"SILENCE ! Tu es moins qu'un chien, Sollix. Prépare-toi à endurer ce que je fais de pire." tendant une main galante à Violate pour la relever. "Violate, fais donc visiter nos cales à ce traître, veux-tu ?"
"A vos ordres, Seigneur Aiacos." s'y employant.
"NE ME TOUCHE PAS, TOI !" hurla Sollix.
"Par Hadès, je vais commencer par te priver de ta langue !" le faisant amener, traîné sur le genoux, jusqu'à lui, par Violate et un autre Spectre fidèle. "Ouvrez-lui la bouche." sur un claquement de doigts.
On prépara le fluide et c'est Aiacos lui-même qui, au moyen de son cosmos, le fit entrer en fusion.
Une fois rougi et à l'état liquide, on fit pénétrer un entonnoir dans la bouche du traître pour y verser une bonne lampée dudit liquide brûlant.
"Bien. Maintenant que te voici réduit au silence, je te propose de croupir un instant en fond de cale."
Aiacos s'installa en salle de commandement.
"Marche avant toute." ordonna-t-il.
Le navire se mit en branle.
Expédition punitive, disions-nous ?...
Arrivé au sommet d'un cratère béant, lave en fusion bouillonnant au fond, Aiacos fit suspendre le navire, nullement incommodé par la chaleur étouffante que le magma en fusion faisait régner sur le pont.
"Qu'on m'amène le chien." sur un claquement de doigts.
Sollix fut projeté sur les bottes griffues de Garuda.
Ce dernier l'attrapa par la nuque pour faire balancer le haut de son corps sur le bastingage, lui faisant observer les réjouissances qui l'attendaient.
"Vois, Sollix."
Le traître se tortillait de peur, incapable de proférer le moindre son, si ce n'était par la gorge et le glapissement.
"Tu semblais plus brillant lorsque tu régnais sur mon pont." grogna ce dernier. "Chaînes."
C'est Aiacos lui-même qui prit soin d'attacher Sollix avant de le faire descendre au sein du cratère, petit à petit, corps se consumant lentement, dans des souffrances muettes atroces, forçant la présence de tout son équipage, qu'ils soient conscients de ce qui les attendrait s'ils venaient à trahir !...
Minos se frottait les yeux, entre deux âmes à juger, suspendant momentanément l'interminable procession.
"Souhaitez-vous que je prenne le relais, Seigneur Minos ?" s'enquit immédiatement Rune, dans un élan professionnel.
"Oui, oui. Merci, Rune." quittant le pupitre pour se retirer un instant dans la salle attenante, camouflée par des tentures et donnant sur une porte extérieure.
"Dure journée, Minos du Griffon ?..."
La voix... sifflante. Perverse.
Tous les sens de Griffon se mirent aux aguets ; une bête traquée par un pouvoir supérieur.
Il fallait pourtant ne rien montrer...
"Seigneur Hypnos." ployant le genou, rage au ventre.
"Notes-tu que j'épargne aimablement ton sommeil ces derniers temps ?..."
"Oui et je vous en suis reconnaissant."
"Pas suffisamment." sur un ton dur.
Le cœur du Griffon bondit malgré lui dans sa cage.
"Seigneur ?..."
Hypnos fit courir ses doigts sous le menton fin de sa proie.
"Je veux que tu viennes avec moi. Maintenant."
"Je... ne puis quitter ainsi mon Tribunal..."
"J'ai demandé à Rune de faire le nécessaire. Cette fois, tu n'as plus le choix."
Le fourbe !... Il savait pertinemment que Garuda se tenait loin...
"Bi... bien, Seigneur Hypnos."
Sourire délecté du dieu du Sommeil.
"Que... faites-vous ?..."
Petit rire. "Ne vois-tu point ?..." défaisant Griffon de chaque pièce de son surplis.
C'était véritablement une torture !... Et totalement déplaisant !... Alors que Griffon en raffolait lorsque c'était Aiacos qui s'en occupait.
Griffon était crispé.
Le voici en justaucorps, laissant le regard gourmand d'Hypnos le parcourir à sa guise.
"Puis-je savoir... pourquoi vous faites ceci ?... Mon cœur appartient à Aiacos... et vous le savez bien, n'est-ce pas ?..."
"Silence, impertinent !" contre ses lèvres. "Tu refuses les avances d'un dieu, je te le rappelle. Et pour cela, tu pourrais payer le prix fort."
"Mon cœur... est à Aiacos."
"Je me fiche de ton cœur. C'est ton corps et ton corps uniquement que je veux." déchirant le justaucorps en son centre.
Minos montait le menton, désireux de conserver une attitude digne. Ses paupières demeuraient étroitement closes, au demeurant.
Hypnos observa chaque bille de chair, les dardant d'une langue aventureuse avant de mordre au sang l'une d'elles, manquant de l'arracher.
Griffon émit un geignement, retenant les larmes qui lui montaient aux yeux.
"Retourne-toi, Griffon."
Lentement, très lentement.
Hypnos lui fit écarter les jambes, glissant le justaucorps déchiré jusqu'à mi-cuisses. Sans préalable, il s'engouffra en Griffon, lui provoquant une vive douleur, manquant de le déchirer tant l'acte fut violent.
Griffon se maudit d'être ainsi conscient !...
L'assaut n'en finissait plus, meurtrissant toujours davantage les chairs lacérées.
La jouissance à sens unique d'Hypnos mit enfin un terme à l'outrage.
Titubant, Griffon résolut d'aller camoufler sa honte dans la chambre la plus haute de Tolomea, s'y enfermant à double-tour, livide.
Il se concocta un onguent pour soulager ses plaies, s'inventant déjà mille excuses pour qu'Aiacos évite tout contact avec lui les prochains jours voire semaines...
"Minos ? Minos, où te terres-tu, par Hadès ?" parcourant Tolomea, appelant son aimé qui avait déserté son Tribunal. "Minos ! Montre-toi !..."
Las, il attrapa une femme en noir. "Où est-il ?" grogna-t-il.
Elle désigna les marches d'un index tremblant.
"Fort bien." la libérant avant de gravir les marches.
"Minos ! Minos, ouvre !" tambourinant contre la porte.
Je t'en prie, Aiacos... non...
"Ouvre ou je défonce la porte !"
Va-t'en, Aiacos... laisse-moi..."
Un coup d'épaule dégonda la lourde porte.
"Ah, te voici !" s'avançant jusqu'au lit. "Qu'est-ce que cela signifie ?"
"Laisse-moi."
Aiacos nota l'onguent, en saisissant le flacon pour le humer. Impossible à identifier.
"Allons. Dis-moi ce qu'il se passe." ferme.
"Va-t'en."
"Minos, par Hadès !" soulevant les draps, attrapant Griffon par les épaules pour le scruter jusqu'au fond des améthystes.
Il y lut tant de choses... de la colère, immense. Du désespoir, intense. De la honte, insurmontable.
"Parle-moi." plus doux. "Dis-moi ce qui te torture ?... Est-ce à nouveau Hypnos qui s'en prend à ton sommeil malgré ma mise en garde ?..." caressant la lourde frange du Griffon.
A l'évocation du seul nom du dieu du Sommeil, Minos venait de se raidir, mâchoire serrée.
"Hypnos donc." plissant les yeux. "S'en prend-t'il à nouveau à ton sommeil ?"
Minos secoua la tête. Pire. Bien pire.
"Eh bien, parle !..." s'impatientant.
Le regard de Minos était fuyant.
"Fort bien. Je t'emmène à Antinora. Et j'y monterai personnellement la garde."
Minos eut un discret soupir de soulagement. Il était ainsi assuré que son bourreau n'irait pas défier ouvertement Garuda pour abuser de lui.
