Chapitre 32 : Birth

"Tu sembles soucieux... mon tout beau..." attrapant délicatement une mèche de cheveux argentés pour la humer, s'installant aux côté de son Griffon.

"Et pour cause. Hypnos a beau avoir été privé de son corps par notre Seigneur, je sais qu'il a fait forte impression sur l'un des nôtres."

"Tu veux... parler d'Eliott ?..."

"De qui d'autre, Cos ?"

"Cela lui passera."

"Non. Il y pense et cela l'obsède. Il ne peut oublier l'effet produit par celui que j'exècre. Il s'agit là d'une faille énorme dans laquelle ce maudit comploteur n'hésiterait pas un seul instant à s'infiltrer, causant ainsi notre perte."

"Tu vois tout en noir, Nos. Cesse, je te prie." cherchant les lèvres aimées pour un baiser d'une douceur de miel.

Minos secoua légèrement la tête pour évacuer ces pensées néfastes.

"Parle-moi, Cos. Dis-moi... ce qu'il est advenu du chasseur de votre village. J'y pensais justement l'autre fois..."

"Kumar ? J'ai entendu dire qu'il avait été éventré... par un rhinocéros enragé."

"Sa mort n'a rien de très glorieux." sur un reniflement amusé.

"C'est même un comble pour un chasseur de cette qualité et d'une telle expérience. Notre Maître doit y être pour quelque chose dans cette issue."

"Et ton camarade avec lequel tu te chamaillais ?"

"Shrikanta ? Décédé des suites d'une maladie, misérablement isolé. Vraisemblablement suite à la morsure d'un animal sauvage."

"Et ton cousin ? Celui entré au monastère ?"

"Il y vit très heureux, de ce que j'ai pu comprendre."

"N'as-tu jamais été tenté de te manifester à lui ?"

"Non." basculant sur le dos. "Je veux lui faire grâce d'ignorer ce qui l'attend." triturant un instant le bijou ornant son bras.

"La bonté du Juge du Garuda." s'amusa Minos.

"Tu m'as dit que ton père te faisait étudier la médecine à domicile... et pour ce qui était des cas pratiques ?..."

"Mon père disposait d'une impressionnante collection d'organes prélevés dans des flacons, le tout baignant dans une solution conservatrice. Je me rappelle la fois où il avait laissé la porte non verrouillée et que Paula s'y était introduite... cela lui avait retourné l'estomac durant plusieurs jours. Pauvre enfant..." secouant la tête. "J'accompagnais souvent mon père lors de ses tournées médicales, dans des lieux souvent très éloignés. Le trajet était tel, rendu difficile par les conditions climatiques, que souvent nous arrivions uniquement pour constater le décès. Les visites qui m'ont le plus marqué, et mon père a attendu ma majorité pour ce faire, étaient celles réalisées dans les maisons closes. Je me souviens d'une fille, jeune et belle, qui avait contracté une terrible infection du fait d'un avortement réalisé dans des conditions d'hygiène déplorables. Elle n'a guère survécu. Si jeune, Cos..."

"Raconte-moi ta première visite... Plaisais-tu aux filles qui s'y trouvaient ?... As-tu désiré l'une d'entre elles ?" animé par la curiosité.

"Mon père m'a longuement informé de ce que nous y trouverons, la veille. Le fait que je risquais d'attirer les regards et la convoitise... que je devais garder la tête froide et l'esprit tourné vers les actes médicaux que nous nous apprêtions à dispenser."

"Quelque chose me dit que Sindre n'en est pas ressorti indemne..." amusé.

"En effet. L'une d'entre elles, très jolie, le visage poupin, je m'en souviens très bien, s'est dévêtue avec lenteur, me fixant droit dans les prunelles... c'en était troublant, Cos. Mon père a dû m'adresser un coup de coude pour me faire redescendre sur Terre !..." riant. "Elle avait... le teint pale et des yeux d'une clarté presque translucide..."

"J'imagine que Sindre en a été remué en son corps ?..." pétillant de curiosité.

"Bien plus que cela !..." l'avouant de bonne grâce. "Mon père a dû prendre la relève pour prodiguer l'examen médical tant j'étais troublé."

"Connaissais-tu son nom ?"

"Elle n'en avait pas. Elle portait le nom d'une fleur, comme la plupart."

"Je brûle de savoir si... tu es retourné la voir."

"Je ne me le suis pas autorisé. Mais combien de nuits me suis-je donné du plaisir en l'imaginant dans mon lit ?..." s'en pinçant la lèvre, corps agité par ces souvenirs chauds.

"Si c'était à rejouer, te permettrais-tu de t'offrir ses services ?"

"Je l'ignore. Une fois de plus, c'est la crainte de la colère paternelle qui m'a empêché d'agir."

"C'est très étrange, tu sais, Nos."

"Que veux-tu dire ?"

"Que tu aies fini par t'intéresser aux personnes de ton sexe. Rien, dans ta vie antérieure, ne permettait de le présager. On ne peut pas en dire autant de moi au vu du plaisir que j'ai pris jadis dans les bras de Kripal !..."

"En effet mais je ne le regrette pas. Ma vie est à présent liée à celle du fils des cieux. Pour l'éternité offerte par notre Seigneur."

Aiacos émit un bref ronronnement de contentement.

"Même si... j'aurai aimé être le premier sur les rangs." nourrissant toujours une certaine rancœur à l'égard de Rune.

"Tu chipotes pour peu."

"Et cette... jeune personne... que lui aurait demandé Sindre ?..." se laissant couler entre les jambes écartées de Minos, commençant à le défaire pour mieux le caresser. "De s'occuper ainsi de lui ?..." laissant courir une langue envoûtante sur le sexe mi-dressé.

Long geignement ravi de Minos. "Il n'aurait... rien osé réclamer de tel..."

"Quel gâchis !..." y retournant, appuyant davantage ses faveurs, faisant suffoquer Minos.

"Rien ne vaut les talents de ta bouche, fils des cieux."

Caressé et choyé de la plus douce des façons.

"Qu'aurait... proposé Suikyô à Sindre s'ils s'étaient rencontrés ?..."

"Tout dépend s'il l'avait rencontré avant ou après Kripal." sur un petit rire, avalant un instant son cher Griffon jusqu'à la garde.

Les doigts de Minos crispèrent sur les épaules solides d'Aiacos.

"Des choses... inavouables, n'est-ce pas ?..."

"Comme celles que je te propose en ce moment même ?..." choyant l'extrémité renflée.

Minos eut le souffle pris, cuisses spasmant de délice, doigts venant prendre attache dans la chevelure sauvage du Népalais.

Aiacos alla tout cueillir de lui, délicat avec cette partie qui n'appelait qu'à la douceur.

Soulevant le haut de Minos, il observait, du coin de l'œil, son ventre se creuser et relâcher à mesure que les faveurs prodiguées dirigeaient leurs ondes voluptueuses dans tout le bassin.

Lui-même était tendu à présent, heurtant contre l'étoffe du pantalon.

Puis il avala Minos dans une prise serrée, le faisant spasmer de tout son corps, bassin balançant en avant. Plus vite. Plus fort. Avant de laisser retomber la pression, rendant ainsi Griffon fou de plaisir.

"Tu... prends véritablement plaisir à... me torturer, n'est-ce pas, Cos ?..." soufflait Griffon, à bout de tout.

"C'est un plaisir de te savoir aussi réactif et de l'exploiter, en effet." y retournant avec ardeur.

La voix de Minos s'envola dans la pièce lorsqu'il rendit généreusement dans la gorge de son cher compagnon.

Aiacos le savoura jusqu'à la dernière salve, se redressant, présentant un renflement gorgé de gourmandise qui n'échappa guère à Minos, même dans le brouillard de son orgasme.

Genou posé entre les jambes de Minos, Aiacos se défit, se laissant poindre en toute impudeur.

Attisé, Minos lui rendit ses faveurs - par Hadès comme son sexe remplissait à merveille sa si jolie bouche !...

Au tour d'Aiacos d'être secoué de frissons annonçant l'orgasme, le grognant à pleine voix au moment où sa noble semence se ruait dans la bouche aimée.


Aiacos n'avait pas jugé son père. C'était Rune qui s'en était chargé.

Curieux, le Juge consulta, après des décennies de renoncement, le volume du jugement rendu par Rune.

Ce qu'il y découvrit le secoua profondément.

Son père, le si juste Shambhu Shaan, était parfaitement au fait de la relation interdite que son fils entretenait avec ce bandit de Kripal et, pour contrer les choses, avait organisé le mariage de son héritier à la hâte.

Aiacos en fut bouleversé.

Ainsi, ceci expliquait pourquoi il n'avait rien vu venir ?...

"Shambhu Shaan... t'être endormi avec un tel secret..." fermant un instant les paupières, pensées agitées.


"Tu ne m'as jamais parlé de ta mère." fit remarquer Minos. "Y a-t-il une raison à cela ?"

"Elle est toute simple, Minos : son décès en couches."

Minos marqua la surprise.

"Voilà qui explique pourquoi j'étais l'unique héritier Shaan."

"Ton père ne s'est donc jamais remarié ?..."

"Non. Il partait du principe qu'on n'aimait qu'une fois dans sa vie. C'est sans doute ce qui l'a poussé à me marier à la hâte lorsqu'il a appris mon aventure avec Kripal."

"Il... savait ?..." cligné.

"Je l'ai appris tout récemment." prenant une profonde inspiration.

Minos vint enlacer son aimé, se tenant dans son dos. "Je suis là, mon tout beau..."

Aiacos monta la main pour caresser les avant-bras refermés sur lui. "Hadès en soit remercié."


"Passe sur mon navire, j'ai quelque chose à te montrer." par télépathie à Minos.

Ce dernier en sourit avant de prononcer le jugement de l'âme en cours, frappant le tas du marteau.

Il affectionnait les surprises.

A sa sortie du Tribunal, en quelques coups d'ailes, il se retrouva sur le pont du Garudaship.

Par précaution, Aiacos avait assigné Violate à résidence afin qu'elle n'essuie pas à nouveau les foudres de son Griffon de compagnon !...

C'est Aiacos lui-même qui vint accueillir Griffon, surplis retiré, portant cette tunique sans manches, longs pans tombant devant et derrière sur un sarouel seyant.

"Si tu veux bien me suivre."

Aiacos ouvrit la porte de sa vaste cabine et Minos nota immédiatement un élément nouveau dans l'installation : un hamac en tissu plein.

Minos s'en approcha, curieux.

Petit sourire d'Aiacos dans son dos. "Cela t'inspire-t-il, Griffon ?"

Minos en fit le tour. "Tu vas y dormir ?"

"M'y reposer, à l'occasion. Mais également... y honorer mon compagnon." s'approchant à son tour, face à Minos. "Peux-tu seulement t'imaginer les combinaisons que rend possibles cet article ?"

"Bien mal." sur un sourire doux. "Je demande à en tester toutes les capacités."

"Souhaites-tu que je t'en montre un exemple sans plus tarder ?..." sur un regard chargé de désir.

"Oui. Oui, Cos."

"Dans ce cas, retire tout ce que tu portes, Griffon."

Aussitôt dit, aussitôt fait.

Aiacos vint se placer dans le dos de son magnifique argenté, faisant lentement basculer le haut du corps du Griffon en travers du hamac, en oblique afin que l'article ne se retourne pas sur lui-même, expert.

Il parsema le dos fin de Minos de baisers tendres, chevelure basculée sur le côté.

Aux geignements de son partenaire, l'excitation commençait à le gagner. Garuda lui-même sentait son érection percer l'avant du sarouel.

Il fit grimper une jambe sur le hamac, ouvrant Griffon à lui, réglant la hauteur de l'article.

Se défaisant pour se faire saillir, il joua de son extrémité éclose dans la raie des fesses de son magnifique Griffon, s'y comprimant avant de s'ébattre, taquinant l'orifice convoité.

Minos ne fut bientôt plus qu'appels lascifs, le tout entrecoupé de jurons dans sa langue maternelle ; délices aux oreilles averties de Garuda !... Oh, comme il appréciait d'entendre la belle et feinte noblesse prendre le large au profit d'une vulgarité exclusive !...

Son sourire se fit carnassier et il bascula Minos vers lui, tenu par les hanches, s'invitant en lui sur une bonne longueur.

Minos eut un éclat sublime de voix !...

Une fois planté, Garuda joua des hanches, variant les angles d'attaque, deux mains dirigeant le hamac à sa guise, pivotant Minos comme il le désirait. La mobilité de l'exercice procurait déjà un bien fou et Minos en divaguait de plaisir. Ce fait s'accentua lorsque le membre tendu d'Aiacos vint frapper la prostate de son adoré !...

On venait de perdre Griffon qui voyageait d'une cime à l'autre, revenant parfois pour lâcher des insanités et repartir dans un long feulement de pur plaisir.

Aiacos appréciait mener la danse, les menant à bout de tout jusqu'à ce qu'il en jouisse, régulier, inondant Minos de son bonheur.


Les déesses n'éprouvaient, contrairement aux humaines, aucune douleur à l'accouchement. Elles préféraient la position debout, jambes écartées, mains accrochées à des rubans solides fixés au plafond, les relâchant pour accueillir l'enfant dans leurs mains une fois expulsé.

L'action était très douce et elles vivaient pleinement la descente de l'enfant dans leur bassin. Aucune complication ne survenait lors de ce processus naturel.

La période de gestation leur était également plus courte, l'embryon se développant plus rapidement et le temps en était écourté de moitié.

Ainsi, Hadès lui avait offert un merveilleux cadeau ; une fille nommée Makaria qui signifiait littéralement "bonheur", "béatitude".

L'enfant était le portrait de son père, allié à la douceur de sa mère.

Cette arrivée bouleversa le Souverain des Enfers, lui offrant un rôle inédit de père.

A la surprise générale, Hadès désigna Thanatos comme étant le "parrain" naturel de l'enfant. Makaria devint ainsi la contrepartie bénéfique de Thanatos, lui-même synonyme de destruction, offrant à la mort ses caractères heureux, tranquille et paisible ; symboles d'une béatitude extrême que seule la mort pouvait procurer.


Père et fille étaient très proches. Hadès lui désigna son royaume et, en grandissant, elle éprouva de la compassion pour les âmes souffrant les tourments éternels.

Makaria était très sombre de cheveux, avec des yeux d'une clarté presque translucide et une peau diaphane.

Thanatos devint très proche du couple royal et de leur fille, montrant une facette inédite de sa personne.


Elaïs se redressa sur Eliott qu'elle venait de mettre au sol, lui affichant un petit sourire de triomphe.

Eiott grimaça avant de sourire, glissant une main dans sa nuque pour la conduire jusqu'à ses lèvres, doux.

Elaïs se redressa derechef, quittant le corps d'Eliott. "Nous sommes à l'entraînement !..."

Eliott parcourut le lieu des yeux, en appui sur ses coudes. "Et nous sommes seuls."

"Oui mais... quand même." gênée.

Petit rire d'Eliott. "Très bien, je ne le referai plus."

"Tu promets ?"

"Oui. Tu sais, mes parents adoptifs s'aiment beaucoup... pour moi, c'est naturel d'être proche de la personne qu'on s'est choisi."

"Peut-être mais moi, j'étais très malheureuse dans le camp d'Athéna. On me considérait comme une pestiférée parce que je refusais de me plier à son culte." s'installant aux côtés d'Eliott.

"Pour moi aussi, ce passage sur Terre a été très éprouvant. J'étais différent. Je ne rentrais dans aucune conception humaine." caressant le dos d'Elaïs.

"Mais Hadès Sama nous a trouvés." se retournant de visage vers Eliott.

"Oui. Fort heureusement." souriant.


Hadès soulevait Makaria à bout de main, levant le bras pour la monter dans les airs alors qu'elle riait aux éclats, sous le regard attendri de Persephóneia.

Jamais elle n'aurait pu se douter quel merveilleux père, très présent, pouvait être Hadès. Dès lors, elle l'aima bien plus que son âme.

Et que dire de Thanatos qui se montrait très attentionné, capable d'instruire intelligemment l'enfant autant que de jouer avec elle des heures durant dans le palais ?...

Makaria était également très proche de Cerbère entre les pattes énormes duquel elle appréciait se pelotonner et dormir. Le molosse lui adressait des coups de langue qui la faisaient tomber à la renverse et rire. Son rire illuminait le palais entier ; cristallin et pur, arrachant même un sourire aux gardes.


"Que penserait Hypnos de tout cela ?" questionna un jour Hadès, observant les jeux de Makaria avec Cerbère, sur la vaste terrasse.

"Je doute fort que ceci lui convienne, votre Seigneurie." émit Thanatos, réaliste.

"Je me dois de me ranger à ton avis, malheureusement, Thanatos. Voilà pourquoi je refuse de lui autoriser à nouveau l'accès à mon royaume."

"Très sage décision." souligna Thanatos.

"Il semble que nous soyons parvenus à un équilibre." sur un sourire doux.

"Équilibre qu'Hypnos ne manquerait sans doute pas de malmener." soupira Thanatos.

"Que faudrait-il que je fasse pour que cela change ?"

"Rien, Seigneur. Il n'y a rien à faire. C'est ainsi." sur un soupir contrit.