Vous en rêviez ?... Je l'ai écrit pour vous : la rencontre de Suikyô et Sindre. Ainsi donc s'achève cette fic. Merci à ceux et celles qui ont suivi jusqu'au bout ; ))
Chapitre bonus
La demeure était somptueuse, loin de tout ce que Suikyô avait connu. Le style, épuré, bien différent des couleurs criardes chères à son peuple. Les dieux aimaient ce qui était coloré, selon le folklore népalais. Suikyô se sentait mal à l'aise dans ces vêtements qui n'étaient pas les siens. Passant devant un miroir, il s'y arrêta, se fixant, abasourdi. Il était... beau.
Son père, plein de sagesse, l'avait confié aux soins d'un précepteur zélé qui possédait des entrées dans un pays étranger, éloigné de celui dans lequel Suikyô avait eu berceau.
Le fait avait été qu'un bandit de grand chemin, qui se faisait appeler Kripal Kansakar, avait jeté son dévolu sur le jeune fils du chef du village, le dévoyant jusqu'au sexe.
Témoin de la descente aux enfers de son fils, Shambhu Shaan résolut d'éloigner son fils du bandit sur lequel il était impossible de mettre la main - il devait, selon la légende, se faire aider par plusieurs esprits maléfiques pour ainsi échapper à toute justice !...
"Suikyô ? Par ici, je te prie." l'invitant à entrer dans un petit salon dans lequel l'attendait le Docteur Svendsen. Du peu qui avait filtré, il s'agissait d'un homme bon. Médecin, il enseignait l'art à son fils qui devait avoir sensiblement le même âge que le jeune Népalais.
Suikyô dut reconnaître que Svendsen lui rappelait certains traits de son père ; d'une sagesse posée.
Il fit forte impression sur son jeune hôte.
Dehors, une tempête de neige se déchaîna, soufflant du blanc à en boucher l'horizon.
"Fréquent en cette saison. Mais tu es coutumier des neiges éternelles, n'est-ce pas, Suikyô ?"
Certes. Il y chassait avec son père, et Kumar, le chasseur, sur les hauts sommets.
Le spectacle était à la fois magique et troublant ; toute cette neige balayée par un vent violent, empêchant de voir devant soi.
"Mon fils choisit toujours le bon moment pour sortir. Curieusement, ce climat ne lui a jamais posé le moindre souci. Il apprécie le vent et ses jeux. Allez comprendre !..." rit le Docteur Svendsen.
C'est alors qu'une silhouette quasi-féminine, encapuchonnée, fit son entrée.
Lorsque la capuche quitta sa tête, Suikyô se vit entrouvrir la bouche, corps pris par une vague de chaleur montant des reins.
Devant lui se tenait la plus délicieuse des apparitions !...
Le teint de porcelaine, les cheveux argentés tenus en élégant catogan, des yeux comme jamais il n'en avait vus !...
"Eh bien, mon cher Suikyô, serait-ce la vue de mon fils qui vient de te faire perdre l'usage de la parole ?..."
Les regards, accrochés, ne se lâchaient plus.
C'est Sindre qui se rendit compte de la dangerosité de la situation, choisissant d'offrir le change alors qu'il demeurait aussi troublé que l'était son homologue népalais.
Il choisit de se servir une boisson chaude, flaques se formant au sol du fait de la neige fondue. On vint le débarrasser de sa cape qu'on mit à sécher.
Suikyô était incapable de dévier le regard de cette silhouette toute en grâce, svelte et gracile à la fois. Un enchantement !...
"Sindre, laisse-moi te présenter Suikyô qui nous arrive droit du Népal, une région..."
"... qui borde la chaîne himalayenne, je le sais." s'installant avec grâce aux côtés de son père.
Petit rire de ce dernier. "Mon fils possède une telle soif d'apprendre !..." posant une main sur l'épaule de Sindre.
"J'ai enseigné quelques rudiments de notre langue à Suikyô en chemin." se félicita le précepteur.
Le regard de Suikyô ne pouvait s'empêcher de remonter le long des jambes interminables du jeune Norvégien, jusqu'au sommet de sa jolie tête.
Ce qui soufflait sur le jeune Népalais en cet instant était bien différent de ce qu'il avait éprouvé pour Kripal !... Il lui semblait que le désir avait pris plaisir à nicher dans chaque pli de sa peau, logeant dans chaque pore, lui faisant monter le chaud à la tête.
Le regard, d'un mauve hypnotique, dévorait sans retenue chaque geste initié par le jeune Norvégien.
Fort heureusement, dans cette pièce, Sindre fut le seul à s'en rendre compte.
Lorsque sa cape lui avait été retirée, un doux parfum était venu flatter les narines sensibles du Népalais... une odeur qu'il n'oublierait jamais !...
"Vous devez être épuisés par le voyage. Je vous ai fait préparer deux chambres." amena le Docteur Svendsen.
Tout était si nouveau pour Suikyô qu'il en avait véritablement le tournis, épuisé par toutes les nouveautés à acquérir. Il n'en montrait rien, cependant, son orgueil tenant fièrement le gouvernail de son tout son être !... Mais Sindre... Sindre était...
A cette pensée, son sexe se dressa, plein d'envie.
Il avait été initié au plaisir par un bandit de passage !... Il connaissait le plaisir crié tant il déchirait les reins !...
Tout d'abord coupable, il finit par s'empoigner, incapable de résister à l'appel que lui inspirait le fils Svendsen.
Sur le pantalon d'abord, s'érigeant jusqu'à serrer si fortement la mâchoire qu'elle demanda grâce, puis allant se chercher pour se caresser en rythme, pensées ciblées sur ce corps qu'il désira dès le premier instant !...
Mais la vie possède ses tours...
Voici que la jeune sœur de Sindre, Paula, se prit d'affection pour lui, lui manifestant discrètement son intérêt.
Seulement voilà... Suikyô n'avait d'yeux que pour Sindre. Sindre... inaccessible, terriblement secret... tel le plus haut sommet de sa chaîne montagneuse natale !...
Sindre ne laissait rien passer. Visage d'ange impénétrable, aucun geste ne trahissait le fait qu'il se consumait lentement pour le jeune joyau ramené du Népal !...
Parfois, le regard cédait à la tentation, jetant le corps dans une tourmente similaire à celle d'un brasier.
Ils étaient attirés l'un par l'autre. Mais cela ne devait ni se voir, ni se savoir.
Et, par-dessus tout, Sindre surprotégeait Paula, comprenant rapidement quels sentiments animaient sa jeune sœur.
Ils étaient si ressemblants, exception faite de la couleur des yeux.
Ils étaient proches d'âge ; on aurait pu penser à de faux jumeaux tant la ressemblance jouait dans leurs traits angéliques à l'un et l'autre.
Suikyô et Sindre étaient proches, s'apportant mutuellement. Sindre acquis bien plus rapidement la langue natale de Suikyô que Suikyô maîtrisa les accents scandinaves.
Proches et complices. Quant au terrible secret que constituait leur attirance, ils s'interdirent longuement de l'évoquer : shh. Silence.
Pourtant, chaque effleurement, chaque geste valait son pesant en challenge.
Un feu. Que la moindre occasion faisait grimper jusqu'au ciel !...
Jusqu'à ce jour où Suikyô surprit, presque par hasard, Sindre s'attifer en femme dans le vieux grenier sous les combles !...
La surprise fut totale pour Suikyô, si bien qu'il en perdit un instant l'usage de la parole !...
Sindre souleva les jupons et la jupe pour s'approcher, à grandes enjambées, de l'intrus, le plaquant contre une poutre avec une force peu commune - diable ! Comment autant de poigne pouvait-elle surgir d'un corps si gracile ?!
La main de Sindre monta jusqu'à la gorge du Népalais. "Ose souffler ne serait-ce qu'un mot de tout ceci à mon père et je ferai de ta vie, dans cette demeure, un véritable enfer !"
Suikyô fixa Sindre. Ainsi... voilà donc le véritable visage de l'ange ?... Sindre, sous son apparente douceur, demeurait capable de gestes et de menaces ?...
L'attitude lui rappela un instant Kripal que rien n'effrayait.
Loin de se démonter, le jeune Népalais leva les mains pour enserrer la taille - la foutue taille de guêpe ! - de son adversaire improvisé.
La manœuvre souffla Sindre, si bien que c'est lui qui perdit un moment le fil de ses pensées.
Suikyô formula la condition dans son norvégien le plus étudié : "Mets-y le prix, mon cher Sindre."
Les sourcils fins de Sindre se froncèrent dangereusement. "Tu me... fais chanter ?..."
Le regard de Suikyô passa de ses pouces qui venaient de grimper le long du corsage de la robe portée par sa merveille argentée à ses yeux de couleur unique.
"Je préfère parler d'accord." revenant aux jolies améthystes qui crépitaient de colère.
"Comment... oses-tu ?!" soufflé, rage sourde l'embrasant totalement.
"La colère te rend plus beau encore, Sindre." glissant une mèche échappée derrière l'oreille délicate de son magnifique camarade de jeu, sur un sourire que Sindre se sentait capable de dévorer tout entier, le faisant loucher sur les lèvres pleines d'audace !...
C'est Suikyô qui initia le baiser, lèvres brûlantes posées sur le joli tracé du Norvégien - son arc de Cupidon était remarquable !...
Les langues ne tardèrent pas à se mêler à la danse, visages basculés d'un côté puis de l'autre pour permettre un régal complémentaire à l'intrusion de l'avide échange.
Sindre connaissait l'art du baiser... qui avait pu lui l'enseigner ?...
Les paumes de Suikyô prirent le chemin des fesses abritées par les couches de tissu, le pressant contre lui, langues et bouches poursuivant le voluptueux délice.
Puis ils se séparèrent, haletant pour l'un, souriant pour l'autre. "Des mois que je t'observe, des mois que je note la façon dont tu tournes en vase clos, sans amis, sans attaches. Dis-moi, Sindre, est-ce moi que tu attendais ?..."
La langue parlée n'avait plus rien à voir avec du norvégien ou du népalais pur. Elle demeurait rude d'accents, totalement étrangère à celles qui servaient de moyen de communication sur la Terre habitée.
Sindre, pourtant, en saisissait distinctement chaque mot, chaque expression.
Il plaqua ses paumes sur la poutre, de part et d'autre du cou de Suikyô, glissant les pouces le long de la mâchoire carrée du Népalais, louchant à nouveau sur cette bouche qui lui promettait tant d'émerveillement !...
Petit rire de Suikyô. Basculement. Dos de Sindre plaqué contre le bois, Suikyô en dominant, main allant soulever la jupe lourde et les jupons pour glisser sur la peau revêtue de bas attachés en haut de la cuisse, appréciant le soyeux de la peau du Norvégien.
Premier geignement d'une bouche close, menton levé. Prise de plaisir immédiate.
A l'intérieur du pantalon de Suikyô, son sexe s'affolait, affichant un appétit sans complexe.
Quant à celui de Sindre, il lui semblait n'avoir jamais été aussi haut !...
Suikyô l'empoigna d'une main sûre, le caressant pour lui faire du bien. Il suintait déjà !...
Le Népalais lui adressa un sourire carnassier plein d'assurance.
"Sois rassuré. Ton père n'en saura rien." à l'oreille du Norvégien qui finit par jouir, se répandant par flaques chaudes, sur le poing fermé de Suikyô.
Une fois le trouble passé, Sindre pressa Suikyô contre cette même poutre, se laissant couler en bas de lui, défaisant le pantalon pour le faire saillir, admirant un instant la force de cette colonne de chair marquée de veines saillantes.
Le premier coup de langue arracha à Suikyô un geignement rauque.
La torture que lui promettait Sindre suffisait à l'envoyer directement au septième ciel et tel fut le cas !...
Sindre l'avala jusqu'à la dernière salve, finissant par se relever, bouche pleine venant se joindre à la sienne, lui faisant partager le précieux butin ramené à la ruche.
Se livrer à de tels jeux - précisément à ceux que le père de Suikyô souhaitait éviter à son fils - sous le toit paternel ne manquait guère d'un certain piquant - autant que celui de se rouler dans la paille de riz de l'écurie avec Kripal, pour dire !...
Il fallait écarter les doutes, que ce soit aussi bien du père Svendsen que de celui du précepteur et de Paula.
Se retrouver en secret, dans les coins les plus sombres de la maison pour se livrer à une passion dévorante, étouffer les sons rauques que faisait monter l'échange en mordant fermement la peau de l'amant dans l'antre duquel la verge ancrée dispensait un plaisir aussi fou qu'interdit, se parler à voix basses dans cette langue connue d'eux seuls, se flattant et se cajolant, s'avouant et savourant l'interdit même d'une relation censurée, échappant à la vigilance de toute sagesse, qu'elle soit paternelle ou sociale.
Installés sur le lit, jambes ramenées les unes entre les autres, mains jointes, doigts caressant, à se parler du brillant avenir dans cette langue pure et originelle.
Jusqu'à ce que le loquet défaillant se soulève, surprenant les deux amants de yeux encore innocents.
Cette petite sœur que pourtant Sindre adorait...
"Quelle langue... parlez-vous... tous les deux ?..." comme point d'orgue de la mise à mal.
"Tue-la, Sindre. Elle ne doit pas savoir. Qu'elle emporte le secret qui vous lie dans la tombe. C'est ici ta première mission : tue-la pour qu'elle se taise à jamais."
Une voix à laquelle la raison ne résistait pas. Une voix dont la prestance exigeait soumission et devoir.
FIN.
