Hello!

Ce OS a été inspiré par un post tumblr de royaidaydreams, qui dit que en regardant plusieurs fois les épisodes 53-54 de Brotherhood, elle s'est aperçue que si Riza savait que le Roy Mustang qui était devant elle n'était pas le vrai Roy Mustang, c'était à cause de ce qu'il disait, et non à cause d'une intuition et du fait qu'ils sont super proches. Au moment où Envy dévoile qu'il est le meurtrier de Hughes, Roy dit qu'il s'en occupera SEUL, que Envy est SA proie, et ordonne à Riza de rester derrière. Alors quand "Roy Mustang" dit à Riza "Tant que vous y êtes vous n'avez qu'à m'aider à retrouver Envy", ça la titille un peu! Donc pas étonnant qu'elle ait réagi aussi vite, et qu'elle ait pu bluffer Envy ainsi!

En voyant ce post, je me suis dit: "Et si c'était le vrai Roy Mustang à ce moment-là? Comment réagirait-il en voyant que sa subordonnée lui a désobéi?" Et ça a donné ce OS.

J'ai repris des passages de Brotherhood pour certaines répliques. Et bien entendu, il y a un peu de Royai. L'angst est surtout au début.

Bonne lecture!


Riza s'arrêta net. Des pas approchaient de la droite du couloir où elle se trouvait. Retenant sa respiration, elle s'accroupit juste avant le tournant, son arme prête. Elle ignorait si c'était son supérieur ou Envy et ne voulait pas se montrer imprudente. Là ! Elle tourna brusquement, son pistolet pointé sur la personne qui arrivait, et rencontra une main gantée et des doigts prêts à claquer. Ni Riza ni le colonel ne bougèrent pendant quelques secondes, avant qu'il ne baisse son bras. Le lieutenant se releva sans un mot, l'observant pour tenter de savoir s'il était le vrai Mustang ou Envy déguisé.

— Lieutenant, je vous avais dit de rester en arrière, gronda-t-il.

Son regard noir se posa sur elle et elle frissonna. Ses yeux… ils étaient pires qu'à Ishbal. Cette vengeance était en train de le consumer, il allait se perdre. Perdre de vue son but, oublier pourquoi il combattait.

— Je ne pouvais pas attendre et rester sans rien faire, argumenta-t-elle.

— Retournez dans la grande salle ou retrouvez le Fullmetal, je m'en fiche, mais ne restez pas là. Envy est ma proie, c'est à moi de le tuer. Il doit souffrir à cause de ce qu'il a fait à Hughes ! Dégagez, lieutenant !

Le sang de Riza se glaça dans ses veines. Elle savait que ce n'était pas Envy, mais jamais son supérieur ne lui aurait parlé ainsi. Cet homme n'était pas Roy Mustang. Ce n'était pas le gamin de la ville dont elle était tombée amoureuse toutes ces années auparavant. Ce n'était pas le jeune idéaliste qu'elle avait décidé de suivre en entrant dans l'armée. Ce n'était pas l'alchimiste brisé qu'elle avait revu sur le champ de bataille. Ce n'était pas l'officier ambitieux qui lui avait demandé de le suivre. Qui lui avait confié son dos pour qu'elle l'abatte s'il s'éloignait de son objectif.

Riza se figea devant l'odieuse réalisation. La dernière fois qu'ils en avaient parlé, c'était d'un ton léger, et elle lui avait dit qu'il était encore loin d'atteindre la limite. Cette fois, la limite avait été piétinée sans aucun égard, détruite sans penser à rien d'autre que la vengeance.

— Je ne partirai pas, colonel.

Le regard de Mustang brûla de rage en la contemplant, et le cœur de Riza se brisa. Elle n'avait pas d'autre solution.

— Je vous ai dit…

Riza leva son arme sur Mustang, le coupant brusquement.

— Qu'est-ce que vous pensez être en train de faire, lieutenant ? Baissez votre arme.

Un grondement montait de la poitrine du colonel. Il serra son poing ganté.

— Je ne peux pas obéir, déclara fermement Riza.

Elle plaça le doigt sur la gâchette.

— J'ai dit baissez votre arme ! hurla Mustang.

Il leva la main, et la détermination de Riza grandit, en même temps qu'une sueur froide coulait le long de son dos.

— Vous m'avez demandé de vous promettre une chose, vous souvenez-vous ?

Elle luttait pour garder une voix égale, détachée, malgré le tourbillon de pensées et de sentiments qui se bousculaient en elle. Elle savait qu'elle n'avait pas d'autre solution, et connaissait déjà les conséquences de son geste.

Les yeux de Mustang s'écarquillèrent alors qu'il réalisait ce qu'elle faisait.

— Vous ne pouvez pas m'enlever cette vengeance, lieutenant. Cet être mérite la plus cruelle des morts qu'il soit ! cracha-t-il

Riza serra la mâchoire, combattant les premiers mots qui lui venaient à l'esprit. Elle fixa son regard dans celui de Mustang.

— Cette vengeance ne vous apportera rien, colonel. Laissez-moi le trouver et m'occuper de lui. Je ne compte pas non plus oublier ses horreurs.

— C'est lui qui a tué Hughes ! Je peux l'attraper et l'achever ! cria-t-il.

— Je sais tout ça !

Riza puisa dans tout son sang-froid, toute sa maîtrise d'elle-même. Elle ne voulait tirer qu'en tout dernier recours.

— N'oubliez pas votre objectif, colonel. N'oubliez pas la raison pour laquelle vous vous battez ! Pensez-vous vraiment pouvoir vous regarder en face une fois que vous serez arrivé au sommet après ça ? Voulez-vous être le généralissime qui aura succombé à ses bas instincts de vengeance ? Alors que vous souhaitez la justice ?

Mustang fronça encore davantage les sourcils, figé dans une expression à la fois haineuse et surprise. La gorge de Riza se serra, et les mots suivants sortirent avec peine.

— Je sais très bien que ce que vous êtes en train de faire, ce n'est ni pour servir le pays, ni pour faire honneur à nos camarades. C'est la simple expression de votre haine, et vous êtes en train de la laisser vous ronger !

Elle sentit sa main trembler légèrement, mais garda son arme pointée sur le cœur de Mustang. Elle savait où tirer pour qu'il parte rapidement. Et puis, elle refusait que ce visage qu'elle aimait tant soit abîmé, même si c'était la dernière fois qu'elle le voyait. Cette fois, elle ne put empêcher sa voix de vaciller.

— Je suis là pour que vous ne tombiez pas dans ce travers, souffla-t-elle.

L'expression de Mustang changea immédiatement et se remplit de chagrin alors qu'il détournait le regard. Ses poings toujours serrés tremblaient et sa mâchoire se contracta davantage. Puis il souffla et se décrispa avant de planter son regard dans le sien.

Le désespoir saisit Riza lorsqu'elle réalisa ce qu'il se passait. Il se résignait. Les paroles qu'il prononça ensuite ne firent que confirmer sa pensée.

— Tu peux tirer je ne t'en empêcherai pas, déclara-t-il calmement.

Le souffle de Riza se coupa brièvement et elle serra les dents.

— Mais qu'est-ce que tu deviendras, quand tu m'auras abattu ? demanda-t-il ensuite.

Les mots frappèrent Riza de plein fouet. "Tu le sais !" Eut-elle envie de crier.

Elle détourna le regard et soupira.

— Je n'envisage même pas de survivre seule, dit-elle d'une voix fatiguée. Lorsque cette guerre sera terminée, j'éliminerai ce corps en détruisant toute trace, toute référence à l'aventure de l'alchimie de flammes.

Elle y était prête. Elle s'y était préparée depuis son affrontement contre Lust. Elle n'abandonnerait pas maintenant, elle continuerait de combattre pour ce pays, elle n'arrêterait pas avant la fin de cette journée. Mais ensuite, plus rien ne la retiendrait. Elle rejoindrait Roy.

Celui-ci réalisa en même temps le sens de ses mots. Sa posture changea immédiatement, son regard se remplit d'une immense colère. Son poing se leva, et dans un hurlement désespéré, il envoya une immense flamme dans le tunnel à sa gauche.

Il posa ensuite ses yeux pleins de chagrin sur elle et secoua la tête.

— Je ne peux pas l'accepter, souffla-t-il. Et puis… je ne supporterai pas de te perdre.

Riza écarquilla les yeux. Elle ne s'attendait pas à ça. Etait-ce…?

— Qu'est-ce que je suis en train de faire? Je t'ai fait souffrir, encore une fois.

Roy baissa la tête et enleva ses gants.

— Je suis un inconscient et un imbécile.

Puis il parcourut la faible distance qui les séparait et posa une main sur celle de Riza qui tenait son pistolet, la baissant jusqu'à ce que l'arme pointe le sol. Le doigt de Riza quitta enfin la gâchette.

— Je te demande pardon, murmura Roy.

Riza leva les yeux vers lui. Il fixait le sol, incapable de la regarder, et son coeur se remplit d'un immense soulagement. Il lui était revenu. Elle n'avait pas eu à tirer.

Lorsque Roy s'assit au sol, elle le suivit avec un soupir. Elle garda son arme en main, parce que le danger n'était pas encore éliminé. Roy avait peut-être renoncé à sa vengeance, mais Envy rôdait toujours. Cependant, elle se permit un geste, un simple geste pour transmettre ses sentiments à Roy. Elle posa sa main libre sur la sienne.

Roy la saisit aussitôt et ses yeux noirs plongèrent dans les siens. Riza put y lire l'espoir, la reconnaissance, et… l'amour. Les battements de son cœur s'affolèrent lorsqu'elle le réalisa. Pouvait-elle se permettre ce moment d'interdit ? Pouvait-elle obéir à ses sentiments plutôt qu'à sa raison ? Ils étaient en plein conflit, mais ils ignoraient comment cette journée se terminerait. C'était le moment ou jamais, décida-t-elle.

Elle serra la main de Roy et lui sourit avec douceur.

— Je te pardonne, souffla-t-elle.

La réaction de Roy fut immédiate et inattendue. Elle se retrouva plaquée contre son torse, ses bras l'entourant avec force et chaleur. Elle se figea un instant avant de se détendre et de poser sa tête sur son épaule.

— Pardon, pardon, pardon… le murmure de Roy dans son oreille la réchauffa. Merci.

Riza resta silencieuse, profitant de leur proximité. Elle lui rendit son étreinte et sentit sa respiration s'apaiser. Elle voulait rester ainsi plus longtemps, prendre le temps de parler de leurs sentiments, mais ils avaient une urgence à gérer. Après, quand tout serait terminé, ils pourraient se poser.

— Il va falloir y retourner, finit-elle par déclarer.

Ils se séparèrent à regrets, mais pleins d'une nouvelle résolution.

— Envy doit être éliminé, affirma Roy.

Son regard était sérieux, concentré, mais s'il y restait un peu de colère, ce n'était plus la haine qui l'avait déformé un peu plus tôt. Riza hocha la tête.

— Laissez-moi m'en charger.

— Êtes-vous certaine d'avoir suffisamment de munitions, lieutenant ?

Le ton léger de son supérieur frappa Riza. Était-il vraiment en train de plaisanter à ce sujet ? Elle fronça les sourcils et lui lança un regard désapprobateur avant de répondre.

— Je sais que les homonculus peuvent être tués. Et si je ne suffis pas, je vous autorise à m'aider.

Roy la fixa, médusé.

— Mais je ne vous laisserai pas l'achever, ajouta-t-elle. Je ne peux pas.

Elle resterait ferme là-dessus. Elle refusait de le revoir plonger dans ce cycle de vengeance qui avait bien failli les détruire tous les deux.

Roy hocha la tête avec un sourire contrit. Il se leva et proposa sa main pour aider Riza. Une fois debout, elle ne le lâcha pas immédiatement.

— Ai-je votre parole ?

— Vous savez bien que oui, répondit-il du tac-au-tac.

Riza sourit.

— Alors allons-y. Trouvons Envy et stoppons-le, déclara-t-elle. Pour éviter que d'autres conflits comme Ishval se reproduisent.

— Pour éviter que d'autres petites filles se retrouvent orphelines de père avant de le connaître vraiment, renchérit Roy.

Il leva leurs mains encore liées et posa un baiser sur la paume de Riza. Des frissons la parcoururent et elle sentit ses joues s'échauffer. Finalement il la lâcha, et sa main lui parut plus froide sans le contact de Roy.

— Ce n'est pas une vengeance, colonel.

— C'est la justice. C'est protéger les plus faibles qui compte. Si je le brûle, ce sera comme contre Lust. Pour protéger.

Ils échangèrent un regard entendu. Ils se comprenaient.

Ils parcoururent une centaine de mètres dans le dédale de couloirs avant d'entendre les bruits d'un combat. Un simple coup d'œil à l'autre suffit pour qu'ils courrent en direction du vacarme. Dans un couloir identique aux autres, Edward et Scar affrontait Envy, qui malgré ses changements d'apparence, ne parvenait pas à éviter l'alchimie destructrice de l'Ishbal et les coups rapides du Fullmetal. Son corps était parcouru d'éclairs alchimiques à mesure qu'il guérissait.

Riza posa une main sur le bras de Roy, l'arrêtant avant qu'ils ne soient visibles par les trois combattants.

— Je sais, lieutenant, murmura-t-il d'une voix sourde.

Il lui lança un regard désolé et un faible sourire vint brièvement éclairer son visage.

— Allez les aider. Je vous attends ici. Et je m'occuperai des autres menaces si besoin.

Riza caressa le bras qu'elle tenait avant de raffermir sa prise sur son pistolet et de sortir du couvert du tournant. Edward la vit presque immédiatement et son regard doré s'emplit de soulagement. Il fit un bond pour s'éloigner d'Envy en claquant ses mains. Il les plaqua sur le sol et des bandes de pierre immobilisèrent l'homonculus, qui fut une nouvelle fois détruit par Scar.

— Scar, pousse-toi ! s'exclama Ed.

Scar vit enfin Riza et recula de quelques pas. Riza commença à tirer, balle après balle, vidant un premier chargeur dans la tête et le corps d'Envy, qui protesta avec force cris de douleur et injures. Tout en guérissant, il parvint à détruire son carcan. Riza sortit deux autres pistolets et tira alternativement, méthodiquement. Envy devait mourir. Il devait disparaître définitivement.

Contrairement au jour où elle avait affronté Lust, Riza était calme, concentrée. Elle avait une mission et elle comptait bien l'accomplir.

— Mais ça fait mal ! s'écria Envy avec colère.

Il étendit soudain un long bras vert vers Riza, qui esquiva. Pas assez vite, puisqu'il l'atteignit à l'épaule gauche, tranchant la lanière de son fusil et entaillant sa chair. Riza grimaça, mais son premier réflexe fut de saisir son arme au vol et de l'ajuster entre ses bras. Son doigt trouva la gâchette et un premier tir toucha le genou d'Envy. Un second frappa son front, un troisième traversa son ventre.

— Arrête de t'acharner comme ça sur moi !

Envy plongea au sol et son bras s'allongea de nouveau. Mais avant qu'il ne parvienne à elle, un claquement familier retentit derrière elle, et Envy s'enflamma en hurlant.

— Colonel ! s'exclama Riza.

Elle se tourna vers lui, craignant qu'il n'ait de nouveau succombé à la haine. Le regard qu'elle rencontra était plein de colère, et sa voix portait bien bien plus que cela, mais il avait changé.

— Tu as osé toucher à mon indispensable subordonnée?

Il se tourna vers elle.

— Je suis désolé, lieutenant, mais je ne pouvais pas le regarder vous blesser sans rien faire.

Son ton soucieux témoignait de tout ce qu'il ressentait pour elle, sans restriction, et la tendresse du regard qu'il posa sur elle fit tressaillir son être tout entier. Elle voulut soudain retrouver la chaleur de ses bras, être réconfortée par sa voix douce et profonde, sentir ses lèvres sur sa peau. Mais elle se contenta de lui adresser un signe de tête avant de poser son fusil, sortir son revolver, et le pointer sur Envy, donc le corps fumant ne bougeait plus. Etait-ce la fin ? Le colonel l'avait-il achevé ?

— Il a une autre forme.

La voix grave de Scar résonna. Riza leva un regard surpris vers lui. L'homme répondit par un signe de tête vers l'homonculus. Envy tomba en morceaux, mais une créature verte se dégagea du corps et tomba au sol alors que le reste se désagrégeait en poussière.

— Non… couina la larve qu'était devenu Envy. Ne me regardez pas !

Riza le visa, mais Scar l'arrêta d'un geste.

— Attends ! Il va mourir de toute manière.

Envy rampa et se réfugia près d'un relief du sol défoncé par les transmutation d'Edward.

— Vous êtes donc alliés ? se plaignit-il. Mais n'est-ce pas le destin de l'humanité de se battre ? Mustang, vous avez oublié ? Scar voulait vous faire la peau je crois ! Mais j'y pense ! Ce n'est pas Scar qui a tué les parents de ton amie d'enfance ?

Il enchaîna les provocations, qui résonnèrent dans le couloir silencieux. Riza, Roy, Edward et Scar le fixaient sans rien dire. Envy rappela à chacun les raisons qu'ils avaient de se détester, rappela à Riza son titre d'Œil du Faucon, rappela à Roy son rôle durant la guerre, rappela à Scar qu'ils étaient là. Mais aucun d'entre eux ne bougea.

Qu'espérait-il ?

Ses attaques verbales furent sans effet. L'envie était bien pitoyable, à considérer les humains comme de simples pions qui ne pouvaient pas s'entendre et ne faisaient que se battre.

— Allez-y, agonisez dans la haine et les larmes ! Allez-y, tuez et entretuez-vous !

Seul un silence grave accueillit ses paroles. Il regarda chacun des humains autour de lui. Puis il commença à trembler, ses pathétiques yeux s'agrandirent encore plus.

— Et pourquoi ? Dites, dites-moi pourquoi ? Allez ! Dites-moi ! Mais pourquoi ? Pourquoi ? POURQUOI ? Finit-il par hurler.

Edward parla alors, déclarant que les humains étaient peut-être faibles et faillibles, mais ils trouvaient toujours la force de se relever et de lutter. En somme, Envy était jaloux d'eux.

Envy se recroquevilla dans son coin.

— Je suis humilié… je suis devenu une espèce de serpillière… je me suis fait anéantir par de simples humains tellement minables... Et surtout, par ce petit morveux, ce petit insolent, celui qui est le pire de leurs représentants !

Il hurla. Longuement, désespérément. Et s'effondra au sol en pleurant.

— Non ! Pas ça ! Je suis humilié ! Moi Envy, est-ce que je suis jaloux des humains ? Moi Envy ? Je suis humilié parce que j'ai été compris ! Compris par un simple gamin insolent !

Il ricana en se redressant et s'assit.

— Tes belles paroles ne te mèneront pas très loin, mais je souhaite quand même bon courage…

Riza le vit alors sortir sa pierre philosophale de son corps minuscule et la serrer jusqu'à ce qu'elle explose. Dans un dernier souffle, il tomba définitivement en poussière.

— Alors il a fini par se donner la mort. C'est un lâche, déclara Roy.

Il avait fui, sans oser faire face à son sort. Mais c'était ce que Riza avait failli faire aussi, réalisa-t-elle en serrant les dents. Elle rompit alors le silence qui s'était installé.

— Edward, Scar, merci d'avoir aidé à combattre Envy.

Edward se tourna vers elle, le regard soucieux.

— Lieutenant ! Vous allez bien ? Il vous a blessée, non ?

Riza porta une main à son épaule et grimaça. C'était douloureux finalement. Elle s'assit et d'une main, sortit une bande d'une poche de sa veste et la tendit à Roy. Le regard grave, l'alchimiste l'aida à enlever sa veste, et tandis qu'il bandait son épaule, elle rechargea ses armes. C'était un geste familier, quelque chose qu'ils avaient fait régulièrement en mission.

— Je suis désolé que vous ayez été blessée, murmura Roy.

— Je vous ai dit que je vous avais pardonné. Je n'ai fait que ce qu'il fallait.

Riza leva les yeux vers lui et sourit doucement. Il répondit par un sourire semblable. Puis leur bulle fut rompue par la voix d'Edward.

— Comment ça se fait que vous n'êtes plus fou furieux, vous ?

Roy et Riza observèrent le garçon qui s'était avancé vers eux. Puis Roy sourit en haussant les épaules.

— Le lieutenant a su me convaincre que ma vengeance aurait trop de conséquences négatives, répondit-t-il. La première aurait été de la perdre irrémédiablement. Et sans le lieutenant, je ne peux pas fonctionner, ajouta-t-il dans un murmure, ancrant son regard dans celui de Riza.

Un frisson parcourut son corps, et elle baissa les yeux devant l'intensité qu'elle lisait dans ceux de Roy.

— Vous savez que l'inverse est aussi vrai, répondit-elle sur le même ton.

La main de Roy se posa sur la sienne alors qu'elle mettait un nouveau chargeur dans son dernier pistolet.

— Je sais, aussi je ferai tout mon possible pour que ça n'arrive jamais plus.

Les joues de Riza chauffèrent, et pour détourner l'attention du comportement un peu trop intime qu'ils avaient pour un supérieur et sa subordonnée, elle releva la tête et sourit à Edward. Celui-ci semblait embarrassé, et Scar derrière lui observait le fond du couloir. Riza rangea ses armes et accepta l'aide de Roy pour se relever.

— Au fait, Edward, comment avez-vous rencontré Envy ?

— Eh bien… je m'inquiétais pour le colonel, à cause de ce désir de vengeance et j'en ai fait part à Scar. On est partis à sa recherche, et au détour d'un couloir on est tombé sur vous, lieutenant.

Riza leva un sourcil.

— Sur moi ? Et comment ai-je réagi ?

Edward sembla sur le point de rire.

— Vous nous avez demandé de l'aide. Pour protéger le colonel d'Envy.

Roy ricana soudain et Riza lui lança un regard d'avertissement.

— J'avais déjà de gros doutes, et nous avons commencé à chercher Mustang. Puis vous avez dit la pire ânerie au monde, tellement hors caractère, et nous avons immédiatement attaqué. Envy a été surpris qu'on ne soit pas tombé dans le panneau.

Riza vit au sourire d'Edward que l'ânerie en question devait être monumentale.

— Qu'a dit Envy que je n'aurais jamais dit ?

Le regard d'Edward se remplit d'affection, réchauffant le cœur de Riza. Ils commencèrent à quitter le couloir détruit avant que le jeune alchimiste ne reprenne la parole.

— Vous ne m'avez jamais taquiné sur ma taille, lieutenant.