Bonjour tout le monde ! Je reviens avec une histoire qui est un peu mon bébé, cela fait plus de 2 ans que je lui consacre tout mon temps et j'ai décidé de la publier. Il s'agit d'une réécriture - sans prétention aucune, les livres originaux resteront mille fois supérieur à mon travail - de la saga Harry Potter. Le changement principal est que Harry est élevé par Sirius, car Dumbledore était au courant que Peter était le traître, avec toutes les modifications que cela entraîne. Mais j'y ait également apporté certaines autres modifications quand je trouvais que l'histoire était un peu trop manichéenne - notamment concernant Draco Malfoy (que voulez-vous, j'ai un faible pour ce garçon). J'ai conservé quelques phrases du livre tel quelles car mon but est que chacun puisse se replonger dans les Harry Potter et ressentir exactement le même style de livre, simplement différent. Je reste le plus proche possible du canon et de la trame principale mais certaines choses sont évidement changées. Je commence actuellement le sixième livre et je me suis dis qu'il était temps de partager cette histoire. Publication le lundi et le vendredi. En espérant que cela vous plaise, je ne vous retiens pas plus longtemps !
Mr et Mrs Black, qui habitaient au 12, square Grimmaurd, avaient toujours affirmé avec la plus grande fierté que leur sang était parfaitement pur, merci pour eux. Jamais quiconque n'aurait imaginé qu'ils puissent se trouver impliquer avec des moldus, des cracmols, des sang-de-bourbes ou quoi que ce soit de non-magique. Ils n'avaient pas de temps à perdre avec des êtres si inférieurs à eux.
Le couple Black, comme une majorité de nobles sorciers, n'avaient pas de travail à part entière. Leurs journées consistaient à s'occuper de propriétés familiales, à influer les décisions du ministère de la magie et à apparaître lors des occasions festives dans la haute société, entretenant ainsi ses relations ancestrales avec les familles de sang pur. Orion Black était un homme grand et mince, aux yeux gris insondables avec des cheveux bruns parfaitement coiffés en catogan. Walburga Black, quant à elle, avait un joli visage avec de hautes pommettes et un nez pointu. Ses yeux étaient d'un noir profond et ses cheveux bruns étaient relevés en un chignon surmonté d'un petit chapeau noir. Les Black avait deux garçons, Sirius et Regulus, mais le premier était officiellement renié et exclu de la famille depuis six ans à la date où commence notre histoire.
En fait, Sirius Black différait depuis sa plus tendre enfance de la majorité de sa famille. Le petit garçon, au tout début, semblait être l'héritier parfait : grand, poli, ressemblant trait-pour-trait à son père, ce qui confirmait son ascendance noble et pure. Il s'agissait là de la devise de la noble et très ancienne maison des Black : Toujours Pur. Cependant, au fil des années, le jeune Sirius se montrait de plus en plus réticent à traiter les personnes qui avaient dans leur arbre généalogique des personnes sans pouvoir magiques comme des insectes dérangeants, ce qui était pourtant au coeur de son éducation. Cette différence avec le reste de sa famille se confirma lorsque l'enfant de onze ans entrait à Poudlard, l'école des sorciers. Au lieu de suivre le reste de sa famille dans la maison de Salazar Serpentard, fondateur de l'école qui méprisait les moldus et autre sang-de-bourbes, il fût réparti à Gryffondor, un autre fondateur qui chassa Serpentard de l'école à la suite d'une dispute. Walburga Black, mortifiée, n'osa plus se montrer en société pendant six mois après cela, et le pauvre Sirius reçut une correction mémorable. Mais le fait de sortir du cadre qu'il avait toujours connu confirma ce que Sirius pressentait : les « sang-de-bourbe » — il apprit à ses dépends que c'était une insulte et qu'il fallait dire « né-moldu » — étaient des sorciers normaux, aussi compétents que les autres. D'ailleurs, Lily Evans, la meilleure élève de leur maison n'avait aucun sorcier dans sa famille. Après quelques semaines d'adaptation, Sirius apprit à délaisser ses préjugés et à s'intégrer. Il devint alors ami avec trois autres camarades de Gryffondor : James Potter, Remus Lupin et Peter Pettigrow avec qui il formait un groupe d'amis surnommé « Les maraudeurs », nom tiré du concierge de Poudlard qui les insultaient de « vils marauds » à chaque fois que l'un des quatre faisaient une bêtises, c'est à dire assez souvent. A 16 ans, la violence de ses parents envers lui atteint un point de non-retour et l'adolescent dût s'enfuir du domicile familial pour se réfugier chez son meilleur ami : James Potter.
James Potter était également un sorcier de sang-pur, mais sa famille ne se considérait pas supérieure à la communauté moldue, ce qui leur valait d'être considérés comme « traîtres à leur sang » par les familles de sang-pur qui revendiquaient leur supériorité. Son père, Fleamont Potter était un membre honorable du Magenmagot et sa mère, Euphemia Potter, était médicomage à l'hôpital pour les maladies et blessures magiques Sainte-Mangouste. Ils accueillirent Sirius comme leur propre fils lorsque celui-ci arriva chez eux après sa fugue. Les quatre sorciers obtinrent leur ASPICS — diplôme sorcier ouvrant les portes vers le monde du travail ou la poursuite d'étude universitaire — et un an plus tard, Sirius fût le témoin de mariage de James Potter et Lily Evans, de qui James était éperdument amoureux depuis sa toute première année à Poudlard. Deux ans plus tard naquit leur fils, Harry James Potter, un petit garçon charmant sur lequel planait une grave menace.
En effet, depuis l'entrée de Sirius, James, Remus et Peter à Poudlard, le monde sorcier vivait une période très trouble. Un certain sorcier du nom de Lord Voldemort répandait la terreur avec l'aide de son armée, les mangemorts. Ils tuaient et torturaient les moldus, nés-moldus ainsi que quiconque se trouvant sur son chemin au point que même son nom inspirait une peur immense, la majorité des sorciers renonçant à la prononcer. Un an avant la naissance du petit Harry, une prophétie fut faite à Albus Dumbledore, qui dirigeait un groupe de résistance contre celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom nommé « L'ordre du phénix » et dont les maraudeurs étaient membres. Cette prophétie annonçait la naissance d'un garçon de ceux l'ayant par trois fois défié à la fin du mois de juillet, ce garçon ayant le pouvoir de vaincre le Seigneur des Ténèbres. Le petit Harry était l'un des deux sorciers né à cette période et correspondant aux critères, l'autre étant un dénommé Neville Londubat. Les deux enfants furent donc cachés et protégés par leur parents et un de leurs amis à l'aide d'un sortilège puissant.
Ce sortilège s'appelait Fidelitas. Il s'agissait d'appliquer un charme de protection complexe à un lieu de résidence et de choisir un gardien du secret, qui serait le seul à connaître l'adresse précise. La maison était alors rendue invisible pour tout le monde, sauf si le gardien du secret en personne lui communiquait cette adresse. Peter était l'ami qui fut choisit, sur la suggestion de Sirius qui laissa d'ailleurs entendre que c'était lui, le gardien du secret. Ce coup de bluff permettait de garantir une protection optimale à Lily et James Potter ainsi que leur fils, surtout qu'ils suspectaient depuis plusieurs mois la présence d'un espion au sein de l'ordre du phénix.
En cette soirée du 31 octobre 1981 où commence notre histoire, Sirius se déplaçait discrètement dans la rue, jetant fréquemment des coups d'oeils derrière son épaule. Le fait que ce soit le soir d'Halloween n'arrangeait rien bien sûr : des tas de moldus sortaient déguisés en sorcier, rendant difficile l'identification de vrais sorciers qui pourraient suivre le jeune Black et l'agresser. Tout les sorciers s'opposant au mage noir étaient constamment en danger, et c'était précisément chez l'un d'entre eux qu'il se rendait. Peter Pettigrow était seul dans sa cachette et Sirius avait décidé de lui rendre visite avec des confiseries et de quoi boire un coup pour essayer de ramener, le temps d'une soirée, l'esprit de fête qu'ils avaient connu depuis leur plus tendre enfance. Cependant, en arrivant dans la ruelle, il sût tout de suite que quelque chose n'allait pas : la porte était grande ouverte. Sirius sorti rapidement sa baguette et murmura :
- Lumos
Une légère clarté se répandit alors dans le couloir. Délicatement, il ferma la porte derrière lui et se rendit dans la pièce à vivre. Rien n'était en désordre. Tout semblait parfaitement normal. Respirant un peu plus normalement, il appela :
- Peter ? Peter, tu es là ? Si c'est une blague, c'est de très mauvais goût et c'est un expert qui te le dit !
Sirius attendit un instant mais personne ne lui répondit. Il monta alors les marches en direction des deux chambres de l'étage, terrorisé à l'idée de trouver le corps étendu de son ami, mort. La marque des ténèbres ne flotte pas au dessus de la maison, il va bien, lui susurra sa conscience. En effet, les fidèles de Voldemort signaient habituellement leur meurtres par une tête de mort avec un serpent sortant de sa bouche flottant au dessus des maisons. Mais l'absence de son ami était anormale. Si Lord Voldemort mettait la main sur lui… alors deux autres de ses amis, ainsi que son filleul, étaient en danger de mort. Il fouilla méthodiquement toute la maison, comme il en avait l'habitude puisqu'il avait une formation d'auror, mais il n'y avait aucune trace de Peter Pettigrow. Pas de mot pour indiquer qu'il était parti quelque part mais aucune trace de lutte… une voix surgit alors dans son esprit. Et si Peter était parti de son plein grès… Et si c'était lui, l'espion… Cela semblait ridicule, bien sûr, Peter était quelqu'un de profondément gentil et surtout, il n'avait pas le courage ou la rouerie pour devenir espion. Mais son absence était inquiétante dans tout les cas… Sirius ferma les yeux et s'efforça de se concentrer sur un beau souvenir, un souvenir puissant puis, après quelques minutes, il réalisa un charme du Patronus pour avertir Albus Dumbledore de l'absence de Peter Pettigrow, qu'elle soit volontaire ou non. Il transplana ensuite immédiatement à Godric's Hollow et pensa très fort « La maison des Potter se trouve au numéro 8, rue Peverell ». Un cottage apparu immédiatement et Sirius eut immédiatement l'impression qu'un liquide glacé se répandait dans ses veines. La marque des ténèbres n'était pas là mais la destruction du premier étage et la porte tenant à peine sur ses gong donnait le même présage…
Retenant sa respiration, il entra dans la maison désormais délabrée. Au milieu des escaliers s'étendait son meilleur ami, James Potter. Pendant un temps indéfini, qui sembla être une éternité, Sirius regarda son visage, ses yeux noisettes grands ouverts emplis de terreur, ses lunettes de travers et ses lèvres entrouvertes dans un cri silencieux. Il sentit ses jambes se dérober et resta assis là, sur les marches à serrer la main déjà froide de celui qui était plus qu'un frère à ses yeux. Puis il sentit une main sur son épaule et entendit une voix lointaine.
- Sirius… Sirius, vous ne pouvez plus rien pour lui.
- Il les a trahi, murmura Sirius. Peter les a trahi. Sirius, lâchez-le, dit la voix.
Sirius sentait des doigts qui essayaient de desserrer son étreinte, mais il refusait de lâcher prise. Dumbledore se pencha alors plus près de lui et, en l'attrapant par le menton, le força à le regarder dans les yeux.
- Sirius, tu ne peux plus l'aider, c'est fini. Il faut que tu le lâche.
Lentement, il lâcha la main de son ami qui retomba mollement sur le bois de l'escalier. Puis, soudain, il entendit un bébé pleurer. Ce ne pouvait être que son filleul, Harry… Suivi par Dumbledore, il monta quatre à quatre les marches, en essayant de faire sens de ce qu'il venait de voir. James est mort. C'était tellement invraisemblable… Le premier étage était détruit, comme soufflé par une explosion et ils durent prendre toutes les précautions possibles pour entrer dans la chambre d'enfant d'où provenait les pleurs déchirants de l'enfant. Sirius la vit en premier, allongée près du berceau, ses cheveux roux en bataille, ses yeux verts figés dans une éternelle expression de terreur… Lily était morte elle aussi. S'arrachant à grand peine de cette vision, Sirius leva les yeux vers Harry. Le bébé était assis dans son lit avec une grenouillère bleue et hurlait à plein poumon. Il s'accrochait désespérément aux barreaux, les larmes coulant abondamment sur ses joues rouges. Du sang coulait de son front.
- Albus, il est blessé !
Sirius se tourna vers le vieil homme qui ne semblait avoir aucune réaction face à la scène. Ses yeux étaient fixé sur Harry mais c'était comme s'il n'était plus là, comme Sirius devait l'être sans doute quelques minutes plus tôt. Seulement, Dumbledore ne pouvait pas réagir comme ça. C'était un chef de guerre endurci et jamais quiconque ne l'avait vu perdre ses moyens… Sirius tenta d'imiter le comportement qu'il avait avec les personnes en état de choc et posa délicatement une main sur l'épaule de son mentor.
- Albus, Harry est blessé, dit il doucement en regardant droit dans les yeux bleus du directeur. Il faut l'emmener à Sainte-Mangouste.
- Comment est-il possible qu'il soit vivant ? Murmura alors Dumbledore.
- Je…
Sirius, dans l'effroi de la mort de ses meilleurs amis et le soulagement de voir son filleul vivant, n'avait pas du tout penser à cela. Après tout, Voldemort était venu ici pour lui…
- Vous-savez-qui a du changer d'avis et l'épargner ? Dit Sirius, ne pouvant songer à une autre explication.
- L'épargner ? Répéta Albus, incrédule. Non, Lord Voldemort n'épargne personne. Surtout quand cette personne représente une menace pour lui… Non, il… il a dû survivre, il a forcément survécu. Enfin, Albus… Personne ne survit à…
Les mots se coincèrent dans sa gorge et il fût incapable de prononcer les paroles, celles que ses amis avaient sans doute entendu pour la dernière fois avant leur mort, celles qui mettaient, dans un éclat de lumière verte, fin à la vie d'un être humain. Albus Dumbledore secoua alors la tête et attrapa le bébé qui pleurait toujours. Celui-ci était brûlant et son nez commençait à saigner à son tour. Dumbledore dirigea alors sa baguette vers une peluche et prononça la formule qui transforma l'ourson en portauloin. Avec un regard entendu vers Sirius, il fit en sorte que les petits doigts de Harry touchent l'animal en peluche en même temps que son propre doigt et ceux de son parrain.
Ils apparurent alors devant un bâtiment de briques rouges qui abritait un grand magasin à l'air ancien dont la façade indiquait : Purge & Pionce Ltd. L'endroit avait l'air délaissé et misérable, les vitrines présentant des mannequins écaillés portant des vêtements démodés depuis des années et des perruques ridicules. Sur la porte poussiéreuse, un écriteau indiquait « Fermé pour rénovation ». La rue était complètement déserte à cette heure de la nuit et seul les pleurs de Harry troublaient le silence de la nuit. Albus se pencha sur la vitrine, fixant son regard sur un mannequin femme aux faux-cils décrochés et lui dit distinctement.
- Bonjour, Albus Dumbledore, j'apporte un bébé blessé.
Si Sirius n'avait pas déjà assisté à de nombreuses reprises à cette scène dans les années de guerre précédentes, guerre ayant fait de nombreuses victimes, il aurait trouvé la situation absurde. Cependant, le mannequin hocha doucement la tête et fit un signe de ses doigts joints. Albus, qui tenait toujours le petit Potter brûlant de fièvre dans ses bras, avança d'un pas et traversa la vitrine, Sirius sur ses talons. Les mannequins avaient disparus et ils étaient à présent dans un hall d'accueil plutôt vide à cette heure tardive. Quelques sorcières et sorciers attendaient sur des chaises, certains somnolents avec un vieux numéro de Sorcière-Hebdo à la main, d'autres présentant des éruptions importantes ou diverses malformation. Les guérisseurs, vêtus de leur robe-uniforme verte frappée de l'emblème de la médicomagie : os et baguette magique croisés, passaient dans les rangs et inscrivaient des choses sur des bloc-notes. Sirius remarqua que de nombreux regards étaient tournés vers eux, certains sorciers chuchotant avec leur voisin. Une guérisseuse les remarqua et se dirigea immédiatement vers eux.
- Monsieur Dumbledore, que puis-je faire pour vous ? Demanda t-elle d'une voix emplie de respect.
- Moi-même et monsieur Black revenons de la demeure de son ami, James Potter, annonça le vieil homme en murmurant pour ne pas attirer d'avantage l'attention. Celui-ci et sa femme ont été assassiné, probablement par Lord Voldemort.
La sorcière hoqueta et écarquilla les yeux, une main plaquée sur la bouche. On ne saurait dire si c'était le meurtre de deux jeunes parents qui avait provoqué cette réaction ou simplement la prononciation du nom du sorcier tristement célèbre. Impassible, Dumbledore continua son récit sur le même ton de la confidence.
- Vous avez devant vous leur fils, Harry James Potter. Pour une raison que je ne comprends pas encore, il a survécu à l'attaque du mage noir mais il est certain qu'il était sa cible et qu'il a échoué. Manifestement, cela a provoqué une explosion, l'étage de la maison des Potter était complètement détruit. Il a de la fièvre, il saigne au niveau du front et au nez.
- D'accord, je… je… Veuillez me suivre au quatrième étage, je vais faire un premier check-up en attendant la médicomage en chef.
Albus et Sirius emboitèrent le pas à la guérisseuse et entrèrent dans l'ascenseur avec elle. Son parrain passa alors une main dans ses cheveux dans une volonté d'apaiser les pleurs de l'enfant, en vain. Allait-il mourir lui aussi ? Sirius avait l'impression d'être en mode automatique, incapable de penser à ses amis, son attention exclusivement tournée vers le tout-petit garçon. Lorsque l'ascenseur s'arrêta, une voix annonça Quatrième étage - Pathologie des sortilèges et ils suivirent alors la sorcière à travers une double porte puis le long d'un couloir étroit où s'alignaient des portraits de guérisseurs et des médicomages célèbres. Ils entrèrent dans un couloir indiquant « Maléfices graves et magie noire » et entrèrent dans une salle vide. Dumbledore déposa Harry sur une table d'examen et la guérisseuse entreprit de lui jeter un sortilège de diagnostic. Un parchemin apparut alors et Sirius se permit de lire au dessus de son épaule, l'instinct le poussant à faire peu de cas du secret médical. Le parchemin indiquait :
Harry James Potter, urgences n°2957
Âge : 15 mois, Taille : 77 cm, Poids : 10,7 kg.
Tension artérielle : très élevée (11/9); fréquence cardiaque : élevée (165), fréquence respiratoire : élevée (45);
Antécédents : aucun, traitement récent : aucun, maladie chronique : aucune
Blessures ou maladies en cours : plaie ouverte au front, hypertension artérielle, hypertension intracrânienne.
Sortilèges subis dans les 72 dernières heures : sortilège de diagnostic (facite diagnosi), sortilège de la Mort (avada kedavra)
La guérisseuse resta longtemps immobile, fixant le parchemin et réitérant le sortilège avec le même résultat. Elle posa alors les deux feuilles de diagnostic sur une table à côté d'elle et attrapa une fiole de dictame. Les pleurs de Harry redoublèrent lors de l'application de la solution avant de se calmer. Le sang ayant disparu, la blessure était nette et très visible, formant un éclair rouge et boursoufflé. Une autre femme entra alors dans la pièce.
- Tu m'as appelé, Séléna ?
- Oui. Je suis désolée de t'avoir réveillé mais… Monsieur Dumbledore ici présent m'a emmené un enfant dont les parents ont été assassinés par tu-sais-qui ce soir. Il m'a dit être sûr qu'il avait été attaqué mais qu'il en aurait réchappé… et le sortilège de diagnostic m'indique à deux reprises qu'il a reçu un sortilège de la Mort. Il ne va pas bien, il a une grosse hypertension, c'est vraiment mauvais signe.
Comme pour confirmer les propos de la guérisseuse, le bébé se mit à vomir. Sirius se laissa tomber sur la chaise à proximité, se sentant complètement déconnecté de son corps. Pendant ce temps, la sorcière plus âgée s'était emparée des deux parchemins et, après avoir répété le sortilège pour en être certaine, elle entreprit de soigner l'enfant. Elle jeta un sortilège qui créa une minime entaille sur la peau et remplit plusieurs tubes qu'elle avait sorti de sa sacoche.
- Amène ça au laboratoire. Je veux toutes les recherches possibles sur des traces de magie noire, une magicaemie et place un flacon en conservation, pour d'éventuelles recherches ultérieures.
La guérisseuse attrapa les tubes et sortit en trombe de la pièce. La médicomage lança plusieurs sortilèges qui semblèrent apaiser l'enfant. Puis elle lui fit boire plusieurs potions, avant de le coucher sur le côté droit. Elle fit apparaitre des barrières tout autour du brancard, pour prévenir une éventuelle chute, puis se tourna vers les deux adultes.
- J'ai beaucoup de mal à expliquer ce qu'il s'est passé, dit-elle en soufflant. Jamais dans l'histoire il a été mentionné de personne ayant survécu au sortilège de la Mort, mais le diagnostic est formel : il l'a bien reçu. Nul de peut savoir les effets que cela a eu sur son organisme, c'est pour ça que j'ai demandé des analyses très pointues, que l'ont fait très rarement.
- Est-ce qu'il va s'en sortir ? Demanda Sirius d'une voix blanche.
- C'est difficile à dire… Actuellement, la tension artérielle de Harry est tellement élevée qu'elle comprime son cerveau à l'intérieur du crâne. Il y a aussi le saignement de nez, ce qui fait redouter de la magie noire, autre que le sortilège de la Mort, bien que cela n'apparaisse pas sur le parchemin de diagnostic. Je lui ait donné des médicaments contre l'hypertension, les vomissements, j'ai jeté un sortilège pour diminuer les effets de la magie noire et je l'ai placé dans un sommeil très profond. Il est possible que Harry ait fait un usage excessif de sa magie ce soir, ce qui pourrait provoquer un syndrome rare mais grave de surdose de magie. Ça peut arriver lors de duels très intenses, lors de rituel de magie ancestrale… Mais je n'en ai jamais encore vu chez un enfant. Je ne peux donc rien dire sur son évolution.
Sirius hocha la tête et regarda le petit garçon qui, comme l'avait dit la médicomage, dormait profondément. Il avait l'air si innocent, si apaisé… Il était inenvisageable qu'un petit être comme lui pouvait se retrouver orphelin et en danger de mort. Pourtant, c'était le cas. Je suis en plein cauchemar… songea t-il en plongeant sa tête dans ses mains. Tout cela ne pouvait pas être réel. C'était impossible, personne ne survivait à l'avada kedavra, c'était bien le signe que c'était un rêve… Et puis, Peter, un traître… il allait se réveiller et se sentirait stupide pour avoir imaginé un scénario pareil, c'était certain.
- Et… le seigneur des ténèbres ? Demanda la médicomage.
- Il n'était plus là lorsque nous sommes arrivés sur les lieux, répondit Albus. Manifestement, il y a eu une explosion, mais aucune trace de lui. Il n'a pas non plus revendiqué son crime par sa fameuse marque. Il est possible qu'il ait été blessé par l'explosion, je ne sais pas…
La médicomage-en-chef hocha la tête puis, avec un dernier regard pour le lit bébé improvisé, elle quitta la pièce en promettant de revenir dès qu'il y aurait des nouvelles. Le chef de l'Ordre du phénix fit la même chose en disant à Sirius de ne surtout pas quitter cette pièce. Il acquiesça, bien sûr. Où irait-il, de toute façon ? Sa seule place était ici désormais, avec Harry, avec son filleul qu'il était peut être actuellement entrain d'accompagner sur le chemin de la mort, le chemin au bout duquel se trouvait déjà sa mère et son père. Les larmes silencieuses qui coulaient depuis déjà un long moment sur ses joues, sans qu'il ne s'en soit aperçu, devinrent des sanglots et il ne pût s'empêcher d'agripper la main pendante de Harry. Resta avec moi, supplia t-il en pensée. Ne me laisse pas.
Les heures de la nuit s'écoulaient, impassible, comme si rien n'avait changé et Sirius avait perdu l'espoir de se réveiller. Régulièrement, une guérisseuse passait la tête et vérifiait que Harry, maintenant allongé confortablement dans un berceau, continuait d'aller bien. Sirius avait finit par s'assoupir aux premières lueurs de l'aube et sursauta lorsque, à neuf heure, une nouvelle guérisseuse lui demanda s'il voulait manger quelque chose.
- Que… quoi.. manger ? Balbutia t-il, émergeant du sommeil dans lequel il avait finit par plonger.
- Et bien, oui… votre petit déjeuner, monsieur ? Vous devez avoir faim ?
- Je… pas vraiment non…
- Vous prendrez au moins un café ? Insista t-elle.
Sirius acquiesça pour lui faire plaisir.
- Je vous apporte ça tout de suite, dit-elle après un dernier regard émerveillé vers Harry.
Tout en buvant son café, Sirius essayait de se remettre les idées en place. Lily et James étaient morts… Peter était un traître… Harry avait survécu au sortilège de la mort, mais comment ? Et que signifiait ses petits regards plein d'admiration que jetaient à Harry les guérisseuses à chaque fois qu'elles entraient dans la pièce ? Pourquoi personne n'était venu le tenir au courant de ce qu'il se passait ? Il eût soudain une envie pressante de quitter la pièce et de se ruer au quartier général de l'ordre, d'exiger des réponses. Est ce que quelqu'un était au moins en train d'essayer de retrouver Quedver ? Ce sale traitre ne pouvait pas s'en sortir comme ça ! Mais un seul regard vers Harry le dissuada de partir. Après tout, il était son parrain et maintenant que ses parents étaient… Ils en avaient discuté auparavant, chaque membre de l'Ordre étant au courant que sa vie était en danger, particulièrement les Potter qui avaient par trois fois défié Voldemort en personne… Lily avait une soeur, mais celle-ci détestait la magie et il avait été décidé que, si elle et son mari venait à mourir, Sirius deviendrait le tuteur légal de Harry Potter. Désormais, il devait s'occuper de cet enfant, le protéger de la folie meurtrière du mage noir…
Quelques heures s'étaient écoulées et il était presque midi quand Sirius entendit des éclats de voix dans le couloir.
- J'étais un de leurs plus proches amis ! J'ai le droit de le voir ! S'exclamait une voix familière.
- Oui, oui, et moi je descend de Merlin. Vous savez combien ont essayé de voir en personne le garçon qui a survécu ? Des dizaines depuis ce matin ! Personne n'entre dans cette pièce, sur ordre du directeur de l'hôpital.
- Mais enfin je vous dis que je le connais personnellement !
- Dehors, monsieur, dehors, je ne le répéterait pas !
Sirius ouvrit la porte pour aller voir ce qu'il se passait et sa mâchoire se décrocha. Sous ses yeux, un de ses plus poches amis, qu'il n'avait pas vu depuis des mois. Depuis qu'une grosse dispute les avait séparé, chacun s'accusant mutuellement d'être la taupe de l'Ordre du Phénix… Un accès de rage l'envahit à nouveau alors que l'odieuse vérité s'étalé sous ses yeux : Peter les avait trahis et l'avait poussé à accusé son premier ami, celui qui lui avait accordé sa confiance avant même que James ne le fasse, simplement parce que c'était un loup-garou.
Le dit loup-garou était menacé par la baguette d'une guérisseuse aux cheveux roux flamboyants. Comme ceux de Lily, pensa t-il avec amertume. Remus, bien que la pleine lune était encore loin, avait l'air plus épuisé qu'il ne l'avait jamais était. De larges cernes mangeait ses yeux et il semblait qu'il se disputait depuis longtemps pour parvenir à entrer dans la pièce. Leurs regards se croisèrent, ce qui permit à Sirius de sortir de l'état de choc dans lequel il avait plongé en croisant son vieil ami.
Mademoiselle, je le connais, intervint-il. C'est un de… de mes meilleurs amis. Il peut venir. Vraiment ? Demanda la sorcière, la baguette toujours tendue devant elle. Oui, vraiment. Mais merci de tenir les indiscrets à l'écart. Oh mais de rien ! On se sent tous un peu responsable du petit Harry désormais, répondit-elle avec des larmes dans les yeux.
Sirius fronça les sourcils, ne comprenant pas vraiment pourquoi une inconnue se sentirait responsable de son filleul. Remus, lui, leva les yeux au ciel et se précipita dans la pièce. Il y eût un silence gêné et les deux se fixèrent dans le blanc des yeux. Puis soudain, des larmes apparurent dans le regard marron aux reflets jaunes de Remus et les deux amis se jetèrent dans les bras l'un de l'autre.
- Oh, Sirius, je suis tellement désolé d'avoir cru que c'était toi le traitre…
- Moi aussi je croyais que c'était toi… pardonne moi…
Après une étreinte longue et pleine de mots silencieux, Remus prit la deuxième chaise de la pièce et tout deux s'assirent en regardant le bébé aux cheveux ébouriffés qui dormait paisiblement, un bandage sur le front.
- C'est du passé maintenant, nous savons qui est le traître, cracha Sirius avec amertume… est-ce qu'ils l'ont retrouvé ?
Il n'osait même pas prononcé son nom. Peter. Quedver. Le traître. Le responsable de la mort de Lily et James. Tout cela était encore bien trop frais pour le dire à voix haute.
- Non, pas encore, répondit Remus. Dumbledore est venu au quartier général il y a une heure. Tu-sais-qui a disparu, il n'est plus.
- Comment ça il n'est plus ? Demanda t-il en fronçant les sourcils.
- La marque que portent les mangemorts est devenue grise, elle ne bat plus. Il n'a plus donné signe de vie.
Sirius eût l'impression que son coeur s'arrêtait. Mort ? Disparu ? Que voulait dire Dumbledore en disant qu'il « n'était plus » ?
- Que veux-tu dire ? Qu'il est… mort ? Demanda t-il en se sentant ridicule.
Comment le mage noir le plus puissant de tout les temps aurait-il put mourir en une nuit ?
- Oh, Albus est persuadé qu'il n'est pas mort et qu'il reviendra, répondit Remus. Mais… c'est tout comme. Toute la communauté sorcière fête sa disparition. Le nom de Harry est déjà célèbre.
- Célèbre ? Répéta t-il, de plus en plus confus.
- Et bien oui… tu comprends… il a survécu au sortilège de la mort et maintenant tu-sais-qui n'est plus…
- Enfin, les gens ne pensent pas que Harry a vaincu tu-sais-qui ? S'exclama Sirius, incrédule.
Tout cela n'était qu'une gigantesque comédie tragique. Il allait se réveiller au beau milieu de la nuit et tout cela ne serait qu'un rêve ridicule. Il ne pouvait en être autrement.
- C'est exactement ce qu'ils pensent, répondit Remus d'une voix sombre. Il va devenir une véritable légende vivante et je ne serais pas étonnée si la date d'aujourd'hui devenait à l'avenir la fête de Harry Potter. On écrira des livres sur lui. Tous les enfants de notre monde connaîtront son nom.
Sirius resta un moment silencieux. Une fête. Les sorciers faisaient la fête. Le pauvre orphelin devant lui, une légende ? Un ricanement incrédule et ironique s'échappa involontairement de sa gorge et celui qu'il surnommait Lunard posa sa main sur sa cuisse dans un geste de réconfort.
- Mais… James… Lily… Ils sont…
Sa voix s'étrangla étrangement et se fût comme s'il était soumis à un sortilège de bloque-langue. Il ne pouvait plus parler.
- Je sais… murmura Remus.
Un sanglot s'échappa de la gorge de son ami et, comme mue par un instinct primaire, Patmol l'attira dans ses bras pour la seconde fois en quelques minutes, alors qu'il ne l'avait pas fait depuis plus d'un an. Les deux amis pleurèrent longtemps, bientôt rejoint par le petit Harry qui réclamait lui aussi son lot d'attention. Remus desserra alors son étreinte et se contenta de passer un bras autour du col de son ami. Celui-ci se pencha au dessus du lit bébé et attrapa le petit qui s'égosillait, de grosses larmes coulant sur ses joues.
- C'est tout, c'est tout, chuchota son parrain dans son oreille.
Il cala Harry sur ses genoux et entreprit de le faire sauter dessus tout doucement pour faire passer ses pleurs.
- Veux papa ! Veut papa ! Criait le petit, brisant un peu plus le coeur des deux jeunes hommes présent dans la pièce.
Sirius lui embrassa le crâne, dans ses cheveux si caractéristiques de celui de son père qu'il réclamait à grand cris.
- Papa ne viendra plus, mon chéri… dit doucement Remus.
Le bébé le regardait avec ses grands yeux verts plein de larmes et Remus eût toute les peines du monde à continuer son explication.
- Mais on sera là d'accord ? Maman t'aimait beaucoup… papa aussi… mais on sera fort d'accord ? Toi, ton parrain et moi ? C'est ok ?
Lunard tendit son doigt et Harry s'y agrippa en le serrant de toutes ses forces. Bien sûr, l'enfant ne pouvait pas comprendre ce qu'il venait de dire, mais ce fût tout comme. Ses sanglots se calmèrent et il lui sourit doucement à travers ses larmes. Les deux hommes sourirent alors à leur tour. Ils seraient forts.
Ps : si cette histoire vous intéresse, n'hésitez pas à mettre des reviews et si vous en avez envie, à me contacter pour lire les chapitres en avant première, en échange de services de correction :)
