Bonjour tout le monde ! Chose promise, chose due, me voilà avec le deuxième chapitre. Je tiens à préciser une chose : si je suis le Canon, c'est à dire la trame principale, tout le reste sera modifié, de nouvelles intrigues seront ajoutées et certaines enlevées. Je ne souhaite pas créer quelque chose de redondant. Le départ a été fantastique et je tiens à vous remercier toutes et tous pour cela ! Profitez bien et à lundi !
Près de dix ans s'étaient écoulés depuis que Sirius Black avait ramené son filleul dans ce qui serait leur nouvelle demeure à Westbury Road dans la ville d'Edington, mais les alentours n'avait quasiment pas changé. Ce jour-là, le soleil se leva sur le numéro 16 qui se différenciait fortement des autres. En effet, toute les maisons de la rue avait la même façade avec le même petit jardin propret devant, la haie parfaitement taillée et une belle voiture garée dans l'allée, devant le garage. La maison Black, cependant, était l'antithèse d'une maison classique. La façade avait été repeinte en rouge criard, la haie qui entourait le jardin était pleine de mauvaises herbes et la pelouse était très haute, comme si on ne s'en était pas occupé depuis des années. Devant leur garage se trouvait une vieille Renault 5 parfaitement entretenue mais qui faisait tâche à côté des belles Porsche 959 et autres Lagonda. Le quartier était un des plus riches de la banlieue de Londres et pourtant, les habitants du numéro 16 avaient plutôt l'air de personnes de la classe ouvrière, dont le compte en banque n'était certainement pas assez fourni pour se payer une telle maison. D'ailleurs, de nombreux paris avaient été fait dans le voisinage, pour savoir combien de temps l'homme et son garçon resteraient dans cette maison avant de se faire expulser par les huissiers. Quand ils étaient restés, les voisins avaient trouvé d'autres raisons de jasé. Ce garçon était toujours ma entrentenu, mal coiffé. Après tout, à quoi fallait-il s'attendre avec un père pour seul parent ? C'était le rôle d'une mère de s'occuper de tout cela, disait Madame Perkins, et jamais ils n'avaient vu le voisin avec une concubine. C'était la moindre des choses de se remarier, pensait Monsieur Spencer, quand on avait un petit garçon à s'occuper.
Harry Potter, lui, était endormi dans sa chambre dont la fenêtre donnait sur le jardin. C'était un samedi, il n'avait pas école et comptait bien dormir encore de bonnes heures. C'était sans compter sur son parrain...
- Harry... Harry, debout mon grand ! s'exclama ce dernier d'une voix enjouée.
Le jeune garçon grogna et tourna le dos à celui qui venait perturber son sommeil.
- Debout Harry ! Allez !
- Pourquoiiiiii... grogna Harry en mettant un oreiller sur son visage.
- Tu verras si tu descend, répondit son parrain.
Harry l'entendit s'éloigner et descendre les escaliers en sifflotant. Il s'étira longuement dans son lit en se demandant pourquoi Sirius était-il si déterminé à ce qu'il se lève tôt aujourd'hui. Puisqu'il était de toute façon réveillé - et maintenant bien trop curieux pour se rendormir - Harry se leva de son lit, enfila sa paire de pantoufles au vif d'or et de rejoignît son parrain dans la cuisine. Ce qu'il vît à ce moment là valait tout le manque de sommeil du monde. Une chouette - ou était-ce un hibou ? - qu'il ne connaissait pas été posée sur la table, la patte tendue bien droite, montrant quelque chose qu'il attendait depuis des semaines.
- Ma lettre de poudlard... murmura t-il.
- Et bien vas-y, ouvre là ! encouragea son parrain.
Sans attendre d'avantage, il arracha la lettre et l'animal eût un hululement indigné avant d'aller se réfugier sur une étagère, hors de portée des mains surexcitée d'un pré-adolescent. L'enveloppe était telle qu'il l'avait toujours imaginée : faite d'un parchemin jauni, dont le poids et l'épaisseur laissait deviner qu'il y avait plusieurs feuilles à l'intérieur, l'adresse délicatement écrite à l'encre vert émeraude.
Mr H. Potter-Black
Dans la salle à manger
16, Westbury Road
Edington
Somerset
En retournant l'enveloppe, les mains tremblantes, Harry vit un sceau de cire frappé d'un écusson qui représentait un aigle, un lion, un blaireau et un serpent entourant la lettre « P ».
- Dépêche-toi mon grand, s'exclama Sirius qui s'était glissé derrière lui et dont l'excitation était presque aussi grande que celle de son filleul.
Le jeune garçon entreprit alors, non sans difficulté au vu de ses tremblements, de décacheter l'enveloppe. Une fois ouverte, il lut la première lettre qu'elle contenait :
COLLÈGE POUDLARD, ÉCOLE DE SORCELLERIE
Directeur : Albus Dumbledore
(Commandeur du Grand-Ordre de Merlin, Docteur ès Sorcellerie, Enchanteur-en-chef, Manitou suprême de la
Confédération internationale des Mages et Sorciers)
Cher Mr Potter-Black,
Nous avons le plaisir de vous informer que vous bénéficiez
d'ores et déjà d'une inscription au Collège Poudlard. Vous trouverez ci-joint la liste des ouvrages et équipements nécessaires au bon déroulement de votre scolarité.
La rentrée étant fixée au 1er septembre, nous attendons votre hibou le 31 juillet au plus tard.
Veuillez croire, cher Mr Potter-Black, en l'expression de nos sentiments distingués.
Minerva McGonagall
Directrice adjointe.
Harry avait tellement de pensées et de questions à poser que celles-ci explosaient dans sa tête comme un feu d'artifice. Il ne savait pas par où commencer et il regarda la lettre plusieurs minutes avant qu'il ne se décide enfin, les larmes aux yeux, à parler.
- J'aurais aimé que papa et maman soit là pour aller faire mes premiers achats... dit-il en déglutissant avec difficulté.
Il sentit la main de son parrain serrer son épaule et il papillonna des yeux un instant avant de reprendre la parole.
- Qu'est-ce qu'ils veulent comme réponse par hibou ? Demanda t-il en jetant un coup d'oeil à la chouette qui était réfugiée sur une armoire, hors de portée des mains brusque et impatientes du jeune garçon.
- Oh, juste de la paperasse, l'autorisation de ton responsable légal, la confirmation qu'on va chercher les affaires, des choses comme ça, répondit-il. Dit, ça te dirais d'aller sur le chemin de traverse cet après-midi ?
- Cet après-midi ? Répéta Harry avec des yeux ronds.
- Oui, pourquoi pas ? Il ne nous reste qu'une semaine de toute façon. Et j'ai encore une fiole de polynectar.
À ces mots, Harry se renfrogna. Depuis qu'il était petit, chaque sortie dans le monde sorcier s'était faite sous polynectar. Les adultes qui s'occupaient de lui, son parrain le premier, estimaient qu'il était trop dangereux pour lui de se balader tel qu'il était, avec sa cicatrice si reconnaissable sur le front. Sans compter que la célébrité, à un si jeune âge, pourrait lui monter à la tête comme le disait si bien sa tante Andromeda. Mais aujourd'hui était un jour spécial, son entrée dans le monde sorcier et il n'avait aucune envie de la faire déguiser en un quelconque garçon a qui Sirius aurait réussi à subtiliser les cheveux. Alors, il s'éclaircît la voix et demanda sur son ton le plus amadoueur.
- Siri, s'il te plaît, est-ce que je pourrais y aller tel que je suis aujourd'hui ?
- Comment ça tel que tu es?Demanda le dit « Siri » en fronçant les sourcils.
- Je veux dire... sans polynectar.
- Il n'en est pas question, trancha t-il tout de suite d'une voix sèche.
- Siri...
- Harry, nous en avons discuté des tas de fois. Et je t'ai dis mille fois de ne pas m'appeler comme ça. C'est Sirius, Patmol, Parrain mais pas ce nom ridicule, ajouta t-il en levant les yeux au ciel.
- Alors, parrain, répondit Harry en insistant sur le mot, je te supplie de me laisser y aller comme ça, je déteste le polynectar, ça a un goût affreux et ça fait mal de se transformer...
- Allons bon, dit Sirius en riant un peu, tu n'es plus un bébé pour te plaindre du goût.
- Justement ! Je ne vais pas m'enfuir ou une bêtise de ce genre ! Je resterai bien prêt de toi.
- C'est non. Fin de la discussion.
- Mais...
- Non, Harry ! Cria Sirius, ce qu'il faisait très rarement. C'est trop dangereux, ajouta t-il plus doucement en voyant les yeux verts de son filleul se remplir de larmes.
- C'est injuste ! Cria à son tour Harry. C'est censé être ma meilleure journée ! Et à Poudlard je vais être obligé de me déguiser constamment en Jacob ou Noah ou en Merlin sait à qui ces foutus cheveux appartiennent ?
- Ne dis pas de bêtises, tu ne vas pas changer d'apparence à Poudlard. Et surveilles ton langage.
- Si je vais aller comme je suis à Poudlard, pourquoi pas aujourd'hui ? Insista t-il.
- Harry, ça suffit maintenant. C'est non, trancha son parrain.
- Je te déteste ! S'exclama Harry en tournant les talons pour remonter dans sa chambre. Si papa et maman étaient encore là, ils m'auraient laissé être moi-même !
Il s'appliqua à ignorer son parrain et à faire le plus de bruit possible en grimpant les marches puis à faire claquer la porte de sa chambre avec toute sa force. Une fois dans la pièce, il ne pût s'empêcher de mettre quelques coups de pieds dans la commode puis, après s'être fait sérieusement mal à l'orteil, il s'assit dans son lit et se mit à pleurer. Il détestait se disputer avec son parrain, mais la situation lui semblait tellement injuste qu'il n'avait pas pu s'en empêcher. La journée promettait d'être belle, la météo était au beau fixe, il avait reçu sa lettre et devait se rendre - pour la première fois - sur le chemin de traverse ce jour là. Et une fois de plus, Lord Voldemort était venu tout gâcher.
Car tout était de la faute de cet homme, au final, même Harry en savait si peu... il savait que c'était un mage noir qui avait recruté des adeptes vingt an plus tôt et avait décidé de tuer ses parents car ils faisaient parti de la résistance. Ensuite, il avait essayé de le tuer aussi mais sans succès. C'est de là que lui venait sa cicatrice, la trace du mauvais sort qui avait tué ses parents, et tant d'autres sorciers puissants, mais pas lui. Au contraire, quelque chose en Harry avait détruit Voldemort, l'avait réduit à rien, l'avait rendu bien trop faible pour continuer son projet maléfique.
Au lieu de le rendre fier, cela le rendait encore plus en colère. Célèbre pour quelque chose dont il ne se souvenait même pas ! Célèbre pour n'avoir rien fait ! Car, il en était persuadé, il n'avait rien fait pour repousser celui-dont-on-ne- doit-pas-prononcer-le-nom. Il n'était qu'un bébé de un an ! Et même son père n'avait pas pu le repousser, ni sa mère. Comment l'aurait-il pu ? Non, Harry était persuadé qu'il y avait autre chose, quelque chose dont il n'était pas responsable. Peut-être le grand mage noir s'était il trompé dans la formule ? Personne n'avait jamais voulu répondre à ses questions. On ne cessait de lui expliquer que Dumbledore lui expliquerait quand il serait plus grand.
Dumbledore... Directeur de l'école de sorcellerie Poudlard, comme le disait la lettre. Tout le monde lui en parlait comme d'un grand chef mais il ne l'avait jamais vu ailleurs que sur une carte de chocogrenouille. Et pourtant, son destin semblait étroitement lié à lui. Une idée germa alors dans sa tête. Harry sauta du lit et s'attabla à son bureau. Il attrapa une feuille de parchemin et entreprit d'écrire, de sa plus belle écriture, une lettre pour Albus Dumbledore.
Chère Mr. Dumbledore.
Je vous écris pour vous demandé, s'il vous plait, de dire à mon parain Sirius que je peut sans risque me rendre sur le chemin de traversse sans avoir à prendre du pollinectar. Ça me ferait très plaisir de pouvoir visité ce lieu pour la première fois sans avoir a me déguisé.
Je m'adresse a vous car je sais que vous êtes le plus grand sorcier de tous les temps est, bientot, mon directeur d'école.
Cordialement,
Harry Potter-Black.
Le jeune garçon relut plusieurs fois le bout de parchemin, trouvant pour la première fois une utilité à ses cours d'orthographe et de mise en page de lettres. Satisfait de sa lettre qui lui semblait être sans faute, il se rendit dans le bureau de son parrain où se trouvait Barry, le hibou grand- duc de la famille. Scellant le parchemin avec de la cire et l'armoirie des Black, il attacha sa lettre à la patte de l'animal qui se laissa faire sans rien dire et fût ravi de s'envoler en direction de Poudlard.
Soudainement de bonne humeur, Harry descendit dans la cuisine et se servit du jus de citrouille et des céréales. Il était désormais onze heures passées et son estomac criait famine mais Sirius semblait toujours en colère et il ne pouvait lui demander de lui faire cuire des oeufs au bacon. Il se contenta donc d'un bol de céréales et, une fois repu, il alla s'asseoir auprès de son parrain dans le canapé. Celui-ci regardait la télévision moldue, apparemment un film de bandits. Le jeune garçon s'efforça de suivre le film et de lancer des commentaires enthousiastes pour rentrer dans les bonnesgrâces de Sirius. Manifestement, celui-ci n'était pas aveugle à ces manipulations.
- Que veux tu Harry ! S'exclama t-il après une vingtaine de minutes.
- Moi ? Rien du tout patmol, répondit le concerné de son ton le plus innocent.
- Ne me prend pas pour un idiot, bougonna son parrain qui souriait malgré tout. Je sais que tu n'aimes pas les films d'actions.
- Au contraire, j'adore ça ! Dit Harry avec entrain.
Levant les yeux au ciel, Sirius se décida à lire un livre puisqu'il était impossible de suivre correctement le film avec les commentaires constants - et complètement à côté de la plaque - de son filleul. Deux heures passèrent ainsi, au fil desquels Harry avait finit par se blottir dans ses bras. Décidément, cet enfant est le plus mignon et le plus attachant de tous, souffla une voix dans l'esprit de Sirius - une voix qui ignorait tout des véritables intentions du dit enfant. Ce ne fût que quand plusieurs coups retentirent à la porte qu'il se douta que quelque chose clochait. Personne ne venait jamais par la voie moldue. D'abord inquiet, il attrape sa baguette sur le buffet et regarda par le judas.
Derrière la porte se trouvait un homme dont la taille était digne d'un géant. Son visage était presque entièrement caché par une longue crinière de cheveux emmêlés et par une grande barbe broussailleuse, mais on voyait distinctement ses yeux qui brillaient comme deux scarabées noirs au milieu de ce foisonnement. Sirius ouvrit alors la porte.
- Ah, Sirius, ça fait du bien de te revoir ! Dit le demi-géant d'un ton bourru en serrant l'homme qui ne lui arrivait qu'au coude dans ses gros bras.
- Euh... moi aussi Hagrid... mais enfin qu'est ce que tu fais là ? Dit Sirius en laissant l'homme entrer dans le couloir.
- Et bien, Dumbledore m'envoie !
- Dumbledore ? Dirent d'une même voix le parrain et son filleul qui était venu voir qui avait frappé.
- Et bien oui, Harry ! Tu ne penses pas qu'on te laisserait aller sur le chemin de traverse sans protection ?
- Je suis là moi, fit remarquer Sirius, vexé.
- Bien sûr, bien sûr ! Répondit-il en tapant sur l'épaule de Patmol dont les genoux ployèrent sous la force du demi- géant. Mais on n'est jamais trop pour assurer la protection de Harry Potter tout de même !
- Black.
- Quoi ?
- Harry Potter-Black. Je sais bien que tout le monde semble l'oublier, mais ce garçon porte aussi mon nom.
- C'est vrai, c'est vrai, dit l'homme d'une voix pleine d'émotion. Potter-Black. Et bien dis moi Harry, ça te dirait de manger au chaudron baveur ? J'adore leur rhum groseilles !
- J'adorerai, monsieur ! Répondit Harry, un grand sourire sur son visage.
- Allons, allons, pas de monsieur avec moi Harry ! Je suis Hagrid, gardien des clés et des lieux à Poudlard, se présenta le demi-géant en tendant son immense main à Harry.
- Enchanté ! Dit-il en lui serrant la main.
- Et mon avis à moi ? Intervint Sirius.
- Mais tu avais dis qu'on irait cette après midi ? Répondit son filleul. Je suis sûr qu'on mange très bien au chaudron buveur et Hagrid pourra me protéger du coup, pas de polynectar !
- Baveur, Harry, corrigea Hagrid.
- Pardon ?
- Au chaudron baveur, pas au chaudron buveur.
- Aaah oui, merci. Alors ? Demanda Harry en regardant son tuteur.
- As tu quelque chose à voir là dedans ? Demanda t-il en plissant les yeux. Dumbledore n'est pas du genre à ne pas prévenir.
- Enfin que veux tu que j'ai à voir là dedans ! S'exclama innocemment le garçon. Je ne connaissais même pas Hagrid.
Sirius marmonna mais fit contre mauvaise fortune bon coeur et son filleul obtint ce qu'il voulait : une sortie sur le chemin de traverse, sans polynectar. En allant chercher les capes et son sac, son parrain ne pouvait s'empêcher de croire que Harry avait quelque chose à voir là dedans et se dit qu'il aurait toute sa place à Serpentard. Celui-ci était aussi excité qu'un matin de noël, sans compter le transplanage d'escorte. Tout était nouveau pour lui aujourd'hui, il faisait enfin son entrée officielle dans le monde auquel il appartenait plus que tout autre.
- Bon, allons y ! S'exclama t-il en regardant le demi géant.
- Je suis venu ici par portauloin, dit Hagrid. Moi non plus je n'ai pas de permis de transplaner. On va tout les deux devoir se cramponner au bras de Sirius.
Harry s'agrippa alors au bras que lui offrait son parrain qui bougonna quelque chose ressemblant à « pas si fort, Hagrid ». Distrait par son rire, il fut surpris de sentir le bras de Sirius s'écarter de lui et redoubla son étreinte : tout devint alors complètement noir et une très forte pression s'exerça sur toute la surface de son corps. Il n'arrivait plus à respirer, on aurait dit que des cercles d'acier lui enserraient la poitrine, ses yeux s'enfonçaient dans leurs orbites et ses tympans semblaient s'étirer de plus en plus profondément à l'intérieur de son crâne. Puis, soudain...
Il respira à plein poumons de longues bouffées d'air frais et ouvrit ses yeux ruisselants. C'était comme si on l'avait passé de force dans un tuyau de caoutchouc très étroit. Il eût plusieurs hauts de coeur mais - merci merlin - il parvint à ne pas vomir devant l'oeil amusé de Sirius.
- Ça va Harry ? Demanda t-il. Ne t'inquiète pas, tu finiras par t'habituer à la sensation.
- Si tu le dis... marmonna Harry en frottant ses yeux humides.
Il réalisa alors qu'ils avaient bel et bien quitté Westbury Road. Devant lui se trouvait un pub minuscule et miteux, coincé entre une grande librairie et une boutique de disques. Si Hagrid et Sirius ne s'avançaient pas déjà vers la porte, Harry ne l'aurait jamais remarqué, d'ailleurs, personne d'autre n'y faisait attention, c'était comme s'ils avaient été les seuls à le voir.
Lorsqu'ils entrèrent à l'intérieur, Harry fut surpris qu'un endroit célèbre paraisse aussi sombre et misérable. De vieilles femmes étaient assises dans un coin et buvaient de petits verres de xérès. L'une d'elles fumait une longue pipe. Un petit homme en chapeau haut de forme parlait à un barman chauve dont la tête ressemblait à une noix scintillante. Lorsque Harry, Sirius et Hagrid entrèrent, la rumeur des conversations s'interrompit. Tout le monde semblait connaître Hagrid, on lui adressait de toutes parts des signes de main et des sourires.
- Comme d'habitude, Hagrid ? demanda le barman en tendant la main vers une rangée de verres.
- Non, non, Tom. Il nous faudrait une tourte à la viande pour trois personnes. Qu'est-ce que tu boiras, Sirius ?
- Moi ? De la bièraubeurre, rien de plus, on est avec un enfant quand même !
Le barman se pencha alors vers Harry, sans doute pour lui demander sa commande mais s'immobilisa.
- Juste ciel, dit-il en fixant son front. C'est... Est-ce que c'est vraiment ?...
Soudain, les clients du Chaudron Baveur ne dirent plus un mot, ne firent plus un geste.
- Par la barbe de merlin, murmura le vieux barman. Harry Potter. Quel honneur !
Il se hâta de contourner le comptoir et se précipita sur Harry pour lui serrer la main. Il avait les larmes aux yeux.
- Soyez le bienvenue, Mr Potter. Bienvenue parmi nous.
Harry ne savait quoi répondre. Tous les regards étaient tournés vers lui. La vieille femme continuait de tirer sur sa pipe sans se rendre compte qu'elle s'était éteinte. Hagrid rayonnait mais Sirius semblait moins ravi, lui qui avait toujours voulu protéger Harry de toute cette célébrité. On entendit alors les chaises racler le plancher et, un instant plus tard, Harry se trouva entouré de gens qui tenaient à tout prix à lui serrer la main. Pas un seul client du bar n'était resté assis.
- Je suis Doris Crockford, Mr Potter, c'est extraordinaire de vous voir enfin.
- Je suis très fier de faire voire connaissance, dit quelqu'un d'autre.
- J'ai toujours rêvé de vous serrer la main, assura un troisième. Je suis si ému.
- Je suis si honoré de faire votre connaissance, Mr Potter, dit un quatrième. Je m'appelle Diggle, Dedalus Diggle.
Harry mit un point d'honneur à saluer tout le monde tandis que Doris Crockford ne cessait de lui tendre la main et que Sirius jouait des coudes pour essayer de tenir certains d'entre eux à distance. Un jeune homme au teint pâle s'avança alors vers lui, visiblement nerveux. L'une de ses paupières était agitée de tics.
- Professeur Quirrell ! s'exclama Hagrid. Harry, je te présente le professeur Quirrell qui sera un de tes enseignants à Poudlard.
- P... P... Potter ... balbutia le professeur en saisissant la main de Harry V ... V... Vous ne pou... pouvez pas savoir à... à quel point je suis heu... heu... heureux de vous rencontrer.
- Quelle matière enseignez vous, professeur ? demanda Harry.
- La dé... défense contre les for... forces du Mal, marmonna le professeur Quirrell comme s'il eût préféré ne pas en parler. Mais vous... vous... vous n'en avez pas be ... besoin, P... P... Potter.
Il eut un rire nerveux.
- Vous... vous êtes venu chercher vos fournitures ? Je ... je dois moi-même a... acheter un nouveau li... livre sur les vampires.
Cette perspective semblait le terrifier.
Les autres clients du bar n'avaient pas l'intention de laisser le professeur accaparer Harry et Sirius et Hagrid échangèrent un regard plein de sous-entendu.
- Il faut y aller, dit soudainement Sirius. Nous avons beaucoup de choses à acheter.
- Mais je croyais que vous mangiez ici ! S'exclama Tom, le barman, déconfit à l'idée de voir des clients si prestigieux lui échapper.
- Finalement, on va chercher un endroit plus tranquille. Tu ne nous en veux pas Tom ? Demanda Hagrid.
- Non, bien sûr que non, dit-il alors que son regard criait l'inverse.
Doris Crockford lui serra la main une dernière fois et Hagrid l'entraîna hors du bar, dans une petite cour entourée de murs où il n'y avait que des poubelles et quelques mauvaises herbes.
- Je t'avais prévenu que tu aurais mieux fait de prendre le polynectar, dit Sirius.
- Ça ne me dérange pas, répondit Harry, tout sourire. Mais où allons nous manger maintenant ?
- On mangera en rentrant.
- Quoi ? C'est pas possible ! Protesta t-il.
- Tu as mangé ton petit déjeuner à onze heures, tu pourras certainement attendre le goûter, assura son parrain.
L'estomac de Harry protesta bruyamment mais il fût distrait par ce que Hagrid faisait avec son parapluie rose. Il était, semblait-il, en train de compter des briques sur le mur, au-dessus des poubelles, puis il tapota trois fois à un endroit précis avec la pointe du parapluie-baguette. La brique se mit alors à trembloter et un petit trou apparut en son milieu, Le trou s'élargit de plus en plus et se transforma bientôt en une arcade suffisamment grande pour permettre même à un demi-géant comme Hagrid de passer. Au-delà, une rue pavée serpentait devant eux à perte de vue.
- Bienvenue sur le Chemin de Traverse, dit Sirius.
La stupéfaction de Harry le fit sourire. Ils franchirent l'arcade qui disparut aussitôt sur leur passage pour ne laisser derrière eux que le mur de pierre.
Le soleil brillait sur un étalage de chaudrons, devant un magasin. Une pancarte annonçait: « Chaudrons-toutes tailles -cuivre, étain, argent, touillage automatique, modèles pliables. »
- Il va falloir t'en acheter un, dit Sirius, mais on va commencer par aller chercher ton argent.
Harry aurait voulu avoir une demi-douzaine d'yeux supplémentaires, il regardait de tous côtés, en essayant de tout voir à la fois, émerveillé de mettre enfin les pieds dans le fameux chemin de traverse. Sirius n'était pas un grand fan du monde sorcier et par conséquent il ne l'avait jamais emmené dans les fameuses échoppes de la rue commerçante la plus célèbre du monde sorcier. Il avait vu le quartier sorcier de Paris, mais lors de vacances quand il était plus petit.
Ce qu'il avait sous les yeux ne rivalisait cependant en aucune mesure avec les français : ici on vendait de tout dans les boutiques, des balais, des robes de sorcier, des télescopes, des foies de chauve-souris et des yeux d'anguille conservés dans des barils, des piles de grimoires, des plumes d'oie, des parchemins, des potions, des globes lunaires. Il surprit alors cette lueur nostalgique dans les yeux de son parrain, celle qu'il avait toujours quand il lui racontait une histoire de sa jeunesse ou lorsqu'ils regardaient les albums photos de son père ou de sa mère et il se sentit plus heureux qu'il l'avait rarement été. Aujourd'hui, pour son entrée dans le monde sorcier, c'était comme si ses parents étaient avec lui.
Un hululement le tira de ses pensées. Il provenait d'une boutique dont l'enseigne indiquait: « Au Royaume du Hibou - hulottes, chouettes effraies, grands ducs, chouettes lapones. » Quelques garçons de l'âge de Harry avaient le nez collé contre une vitrine dans laquelle étaient exposés des balais volants et ils s'empressa de les rejoindre
- Regarde, dit l'un d'eux. Le nouveau Nimbus 2000. Encore plus rapide.
- Sirius, Sirius, cria t-il à son parrain qui était resté un peu plus voir. Viens voir ici !
- Qu'est-ce qu'il y a Harry ? dit t-il en posant sa main sur son épaule.
Sirius aurait mis sa main à couper qu'il connaissait déjà la réponse de Harry, ce qu'il lui demandait depuis l'âge où il avait appris que son père était un talentueux attrapeur.
- Je peux avoir ce balais ? Demanda t-il d'une voix à faire craquer le plus sévère des parents.
- Non, Harry, c'est pas possible...
La réponse qu'il était obligé de donner à son filleul lui faisait mal au coeur, surtout quand il vit ses yeux s'embuer de larmes. À part un balai-enfant qu'il avait rapidement délaissé, Sirius ne lui avait jamais laissé en avoir un, et pour cause : leur maison était au beau milieu d'un quartier moldu, impossible donc de voltiger sur un balai dans le jardin comme certains enfants sorciers le faisaient. Heureusement pour lui, Hagrid remarqua le désarroi du petit garçon et pris le relai.
- Tu sais, c'est pas que ton parrain veut pas, mais à Poudlard les premières années n'ont pas le droit d'avoir un balai.
- Mais pourquoi ?
- Parce qu'à Poudlard, il y a des cours obligatoires pour apprendre à voler, avec les balais de l'école. Ce n'est qu'en deuxième année que vous avez le droit à votre propre balai et à participer au Quidditch.
- Je pourrai donc apprendre à voler cet année ? Demanda t-il en essuyant les larmes qui restaient dans ces yeux.
- Bien sûr Harry, répondit son parrain.
Le jeune garçon hocha la tête et sourit, puis la petite troupe se remit en route. Après quelques minutes de marche, ils s'arrêtèrent devant un grand bâtiment d'une blancheur de neige, qui dominait les boutiques alentour.
- Ça y est, Gringotts ! Ça tombe bien que je vous accompagne, j'ai ma propre affaire à régler.
Ils s'avancèrent au niveau du portail. Debout, à côté du portail en bronze étincelant, vêtu d'un uniforme écarlate, se tenait...
- Un gobelin ? Demanda Harry en jetant un coup d'oeil à son parrain.
- C'est ça oui, répondit il en grimaçant. Il faut être très respectueux avec eux. En règle général, ils n'aiment pas beaucoup les sorciers. Ils faut être fou pour essayer de voler quelque chose ici...
Le gobelin avait environ une tête de moins que Harry. Il avait le teint sombre, un visage intelligent, une barbe en pointe, des pieds et des doigts longs et fins. Lorsqu'ils pénétrèrent à l'intérieur du bâtiment, le gobelin s'inclina sur leur passage. Ils se retrouvèrent devant une autre porte, en argent cette fois, sur laquelle étaient gravés ces mots:
Entre ici étranger si tel est ton désir
Mais à l'appât du gain, renonce à obéir,
Car celui qui veut prendre et ne veut pas gagner,
De sa cupidité, le prix devra payer.
Si tu veux t'emparer, en ce lieu souterrain,
D'un trésor convoité qui jamais ne fut tien,
Voleur, tu trouveras, en guise de richesse,
Le juste châtiment de ta folle hardiesse.
Effectivement, ça ne donne pas envie de voler, se dit Harry.
Ils entrèrent dans un vaste hall tout en marbre et il ne put retenir un sifflement d'admiration. . Derrière un long comptoir, une centaine de gobelins étaient assis sur de hauts tabourets, écrivant dans des registres, pesant des pièces de monnaie sur des balances en cuivre, examinant des pierres précieuses à la loupe. Il y avait tant de portes aménagées dans le hall qu'il était inutile d'essayer de les compter. Certaines d'entre elles s'ouvraient de temps en temps pour laisser passer des clients escortés par d'autres gobelins. Tout était vraiment démesuré ici sur le chemin de traverse, mais Gringotts, aux yeux de Harry, remportait la palme du lieu le plus impressionnant qu'il avait vu jusqu'à présent. Lui, son parrain et Hagrid s'approchèrent du comptoir. Ce fût ce dernier qui s'adressa au gobelin, manifestement plus à l'aise avec eux que Sirius.
- Bonjour, dit-il. On est venu prendre un peu d'argent dans le coffre de Mr Potter, c'est cela Sirius ?
Celui-ci hocha rapidement la tête. Il était toujours mal à l'aise de piocher dans la fortune des Potter, mais malgré les legs de son oncle Alphard, la situation pouvait s'avérer difficile parfois. En effet, Sirius n'exerçait qu'à mi-temps dans un garage moldu, car Harry ne pouvait jamais être laissé sans la présence d'un sorcier adulte. Remus et Andromeda se relayait avec plaisir sur ses heures de travail mais eux aussi avaient leur propre travail alors il ne pouvait travailler à plein temps. Après tout, il s'agit des affaires scolaires de Harry, c'est pas comme si tu t'achetais une nouvelle moto avec l'argent de James, lui souffla sa voix intérieure, avec laquelle il décida d'être d'accord.
- Vous avez la clé, monsieur ? Lui demanda le gobelin.
Il hocha la tête et fouilla dans la poche magiquement agrandie de son jean et finit enfin par mettre la main dessus. Il tendit alors la minuscule clé d'or au gobelin sans dire un mot. Celui-ci l'examina longuement et sembla prêt à se lever lorsque Hagrid intervint.
- J'aurais aussi besoin d'un service. J'ai une lettre du professeur Dumbledore, au sujet de Vous-Savez-Quoi, dans le coffre numéro 713.
Le gobelin attrapa la lettre qui portait le même sceau que celle de la lettre d'admission à Poudlard que Harry avait reçu le matin même. Il la scruta longuement avant de hocher imperceptiblement la tête.
- Très bien, dit-il, je vais vous faire accompagner dans la salle des coffres. Gripsec !
Un autre gobelin apparut et les conduisit aussitôt vers l'une des portes du hall.
- Qu'est-ce que c'est, le Vous-Savez-Quoi dans le coffre numéro 713 ? Chuchota Harry à son parrain.
- Aucune idée, mais j'aimerai bien savoir, répondit Sirius sur le même ton.
Hagrid sembla les entendre car il se retourna vers eux en plissant les yeux.
- Sirius, dit-il d'un air menaçant, n'apprend pas déjà à ton filleul à se mêler de ce qui ne le regarde pas.
Le filleul et le parrain gloussèrent en même temps puis Harry décida de revenir à la charge.
- Dites nous au moins c'est à quel sujet !
- C'est confidentiel, répondit-il d'un air mystérieux. Très secret. Une affaire qui concerne Poudlard. Dumbledore m'a confié une mission et je n'ai pas le droit d'en parler.
Gripsec leur tenait la porte. Il les avait menés dans un étroit passage éclairé par des torches. Harry fut surpris de ne pas voir de marbre. Le passage était en pente raide et une voie ferrée courait en son milieu. Le gobelin siffla. Aussitôt, un wagonnet s'approcha dans un bruit de ferraille et vint s'arrêter devant eux. Lorsqu'ils y furent grimpés tous les quatre - non sans difficulté pour Hagrid - le wagonnet les emporta.
Tout d'abord, ils parcoururent un long labyrinthe de galeries tortueuses, tournant sans cesse, sans que Gripsec ait besoin de manœuvrer le wagonnet qui semblait connaître son chemin. Malgré le vent glacial, Harry ouvrait grand les yeux pour ne rien manquait et sembla apercevoir un jet de flamme au bout d'une galerie mais le temps qu'il se penche pour voir l'éventuel dragon qui en serait responsable, ils avaient déjà tournés dans une autre direction. Ils s'enfoncèrent de plus en plus profondément, croisant même un lac gelé surplombé de stalactites - ou était-ce des stalagmites ? - et enfin, le wagonnet s'arrêta devant une petite porte. Le teint verdâtre, Hagrid alla s'appuyer contre le mur, les genoux tremblants.
- Ça me rend malade de voyager là-dedans, dit-il d'une voix sourde.
Gripsec ouvrit la porte. Un panache de fumée verte s'échappa aussitôt. Lorsqu'il fut dissipé, Harry découvrit avec stupéfaction des Monceaux d'or, d'argent et de bronze qui s'entassaient dans une chambre forte. Sirius sembla remarqué sa stupéfaction car il mit sa main sur ses épaules et lui annonça fièrement que tout cela était à lui.
- Mais... pourquoi ne t'en es tu pas servi ? Demanda t-il, étonné de voir cette fortune leur appartenir. Tu aurais pu avoir une nouvelle moto quand la tienne est tombée en panne ou plus de vêtements neufs ou d'autre choses !
- Harry, comme je viens de te le dire, tout cela est à toi. Et cela restera à toi, on ne s'en sert uniquement parce que c'est difficile en ce moment et qu'il faut t'acheter plein de choses pour Poudlard.
Harry hocha la tête, pas très convaincu de l'explication de son parrain. Après tout, il était son responsable légal, tout cela lui appartenait aussi. Et il s'était toujours arrangé pour que Harry ne manque de rien, venant même en aide régulièrement à l'oncle Remus qui était lui aussi en difficulté pour avoir un emploi. Il secoua la tête en se disant que son parrain était vraiment la personne la moins égoïste de la planète. Sirius lui tendit alors une bourse qu'il avait remplit.
- Tiens, c'est à la fois pour les courses d'aujourd'hui et pour couvrir tes frais pendant l'année scolaires, notamment dans le Poudlard Express.
- Qu'est-ce qu'i acheter dans le Poudlard Express ? Demanda t-il en fronçant les sourcils.
Il avait du mal à voir ce qu'il pourrait bien acheter dans un train.
- Un merveilleux chariot de friandises, répondit son parrain avec un grand sourire. Ton papa et moi, on le dévalisait tout le temps. On va laisser le reste dans le coffre.
- Et maintenant, au numéro 713, s'il vous plaît, ajouta Hagrid en se tournant vers Gripsec. Et si on pouvait y aller un peu moins vite...
- Désolé, monsieur, répondit le gobelin, la vitesse des wagonnets n'est pas réglable.
Ils repartirent dans le labyrinthe en s'enfonçant encore davantage dans les entrailles de Gringotts. La température devenait de plus en plus glaciale tandis que le wagonnet continuait sa course en prenant des virages à angle droit. Il fût étonné lorsqu'ils s'arrêtèrent : la chambre forte numéro 713 ne possédait pas de serrure et, à la réflexion, Harry ne se souvenait pas avoir vu Hagrid tendre une clé au gobelin.
- Reculez un peu, dit Gripsec d'un air important.
Il caressa alors la porte du bout des doigts et elle disparut soudain comme si elle s'était volatilisée.
- Si quiconque d'autre qu'un gobelin essayait d'ouvrir cette porte, il serait aspiré au travers et deviendrait prisonnier de la chambre forte.
- Et vous vérifiez de temps en temps s'il n'y a pas quelqu'un à l'intérieur ? demanda Harry, impressionné.
- Tous les dix ans, environ, répondit Gripsec avec un sourire mauvais.
Son parrain lui lança un regard disant clairement « je t'avais dit que les gobelins étaient mauvais » mais Harry était concentré sur le contenu de la chambre forte. Aussi bien protégée, elle devait contenir un trésor fabuleux, pensa Harry. Ainsi, il fut déçu de constater qu'elle était vide. Seul un petit paquet grossièrement enveloppé dans du papier kraft était posé sur le sol. Hagrid ramassa le paquet et le fourra dans une poche intérieure, tout au fond de son manteau. Malgré sa curiosité, il renonça à poser des questions: le gardien des clés et des lieux de Poudlard n'était certainement pas disposé à lui révéler ce qu'il y avait dans le paquet.
- Allez, on retourne dans le wagonnet infernal, soupira le géant. Évite de me parler pendant le voyage, il vaut mieux que je garde la bouche fermée.
Après une nouvelle course endiablée dans les profondeurs de Gringotts, ils se retrouvèrent au-dehors, sous un soleil éclatant qui les fit cligner des yeux. Harry avait hâte de commencer à dépenser son argent. Il n'avait jamais eu l'occasion de dépenser ses pièces tout seul, son parrain s'en chargeait toujours.
- On va commencer par s'occuper de ton uniforme, dit Sirius. C'est là-bas.
Il montra un magasin dont l'enseigne indiquait: « Madame Guipure, prêt-à-porter pour mages et sorciers ».
- Ça ne vous ennuie pas d'y aller seuls ? demanda Hagrid qui semblait encore un peu pâle. Je te rejoins dans quelques minutes. J'ai besoin de prendre un petit remontant au Chaudron Baveur. J'ai horreur des wagonnets de chez Gringotts.
Harry aurait juré avoir vu le géant échangé un clin d'oeil à son parrain mais avant qu'il n'ait pu poser la question, celui- ci l'avait entrainé à l'intérieur. Immédiatement, une petite sorcière replète et souriante, vêtue tout en mauve, sans doute Madame Guipure, lui tomba dessus.
- C'est pour Poudlard, mon petit ? demanda-t-elle avant même qu'il ait eu le temps de parler. J'ai tout ce qu'il faut. Il y a un autre jeune homme qui est en train d'essayer uniforme.
Au fond du magasin, un garçon au teint pâle, le nez en l'air, se tenait debout sur un tabouret tandis qu'une autre sorcière ajustait la longue robe qu'il avait revêtue. Sirius se tendit comme un arc mais Harry n'osa pas poser de question en public. Madame Guipure l'installa sur un deuxième tabouret et lui fit passer une autre robe de sorcier dont elle entreprit d'épingler l'ourlet pour le mettre à la bonne longueur
- Salut, dit le garçon. Toi aussi, tu vas à Poudlard ?
- Oui, répondit Harry.
- Mon père est en train de m'acheter mes livres dans le magasin d'à côté et ma mère est allée me chercher les ingrédients de potions à l'autre bout de la rue, dit le garçon d'une voix traînante. Ensuite, je compte les emmener faire tour du côté des balais de course. Je ne vois pas pourquoi élèves de première année n'auraient pas le droit d'avoir leur propre balai. J'arriverai bien à convaincre mon père de m'en acheter un et je m'arrangerai pour le faire passer en douce au collège.
Harry se dit immédiatement que c'était une bonne idée et jeta un regard à Sirius pour lui donner l'astuce mais celui-ci fixait un autre point dans la boutique, évitant son regard. Lâche, pensa Harry. Après tout, lui aussi enfreignait tout le temps le règlement. Pourquoi Harry ne pourrait-il pas le faire juste une fois ?
- Et toi, tu as un balai ? poursuivi-t-il.
- Non, dit Harry, amère.
- Tu joues au Quidditch ?
- Non, répéta t-il songeant cette conversation devenait de plus en plus insupportable.
Il détestait qu'on lui rappelle son incapacité à voler sur un vrai balai alors que son père était, d'après ce qu'on disait, extrêmement doué en la matière.
- Moi, oui, dit le blond. Mon père dit que ce serait un scandale si je n'étais pas sélectionné dans l'équipe. Tu sais dans quelle maison tu seras ?
- J'aimerai être à Gryffondor, comme papa et maman, répondit-il honnêtement avant de rougir.
Papa et maman n'était vraiment pas le genre de langage à utiliser à onze ans et le garçon eût une sorte de ricanement.
- Gryffondor hein ? Ajouta t-il en pouffant à nouveau, ce qui fâcha Harry. De toute façon, on ne peut pas vraiment savoir avant d'être sur place. Mais moi, je suis sûr d'aller à Serpentard, toute ma famille y a toujours été. Enfin, de toute façon, rien n'est pire que poufsouffle.
- Aucune maison n'est mauvaise, intervint Sirius, qui semblait tout à coup avoir retrouvé l'usage de la parole et dont le regard était fixé sur le blond. Moi aussi, toute ma famille était à serpentard, ajouta t-il avec un sourire.
- Ravi de vous rencontrer, monsieur. Je suis Malfoy, Drago Malfoy, dit alors le garçon en tendant la main à son parrain.
Sous les yeux ébahis de Harry, Sirius serra alors la main de ce Malfoy qui venait de dénigrer la maison gryffondor.
- Ravi de te rencontrer également, dit son parrain avec un sourire encore plus grand. Tu sais, nous ne sommes pas toujours obligés de suivre les traces de nos parents, ajouta t-il sur un ton sérieux qui ne lui ressemblait pas.
- Que voulez-vous dire ? Demanda Drago en fronçant les sourcils.
- Je veux dire que je suis le premier Black à avoir été répartit à gryffondor.
La bouche du garçon s'ouvrit un grand, se referma, puis se rouvrit, comme un poisson hors de l'eau et Harry ne put s'empêcher d'éclater de rire. Rire qu'il ravala très vite en voyant et son parrain et le blond le fusiller du regard.
- Et... comment ont réagit vos parents ? Demanda Drago, les sourcils froncés mais avide d'en savoir plus.
- Bien sûr, ils n'étaient pas ravis, dit Sirius d'un air rieur, mais ils s'y sont fait. Le plus important, c'est d'être fidèle à tes convictions, à toi-même.
- Et bien moi, j'aime beaucoup serpentard, se braqua le blond.
- Il n'y a pas de problème, répondit Sirius avec un mince sourire.
Il y eut un instant de silence pendant lequel Madame Guipure continua de prendre les mesures.
- Black, c'est le nom de jeune fille de ma mère, dit alors Malfoy sur le ton de la confidence.
- Je sais, répondit Sirius qui retrouva son air nostalgique. Je suis son cousin.
- Pourquoi je ne vous connais pas alors ? Demanda Drago, les sourcils froncés.
- Sirius ! S'exclama alors une voix aigüe derrière eux.
Il se retourna alors et vit une grande femme blonde qui laissa tomber un petit sac qui devait certainement être agrandit magiquement, car de nombreuses choses en sortirent : un chaudron, des ingrédients, des livres... Les deux adultes se fixèrent un moment, sous le regard étonné de leur enfants.
- Cissy... fût tout ce que réussit à répondre son parrain, une boule dans la gorge.
La femme se jeta alors dans les bras de son parrain, sous les yeux ébahis de son fils. Jamais il n'avait vu sa mère faire preuve d'aussi peu de retenue en public. Même en privé d'ailleurs. Après un petit moment, elle desserra son étreinte et s'éloignât d'un pas, tamponnant ses yeux avec un petit mouchoir brodé.
- Seize ans... dit-elle d'une voix émue. Seize ans que je ne t'avais pas vue.
- Tu es toujours aussi belle, si tu veux mon avis, dit son parrain avec un air charmeur.
La mère de Drago éclata d'un rire cristallin et frappa délicatement de la main l'épaule de son cousin. Harry et Drago échangèrent des regards interloqués. Ils n'avait jamais entendu parler l'un de l'autre et pourtant leur parents se livraient à des retrouvailles familiales émouvantes, bien plus que ce à quoi était habitué l'héritier Malfoy, juste sous leurs yeux.
- Et tu es avec ? Demanda t-elle en posant les yeux sur le garçon qui se tenait à côté de son fils.
- Harry, madame. Harry Potter, dit-il en tendant poliment une main que la cousine de son parrain serra mollement, interloquée de se trouver face à lui. Tout comme son fils, qui le regardait maintenant avec des yeux ronds.
- Tu es Harry Potter ? Demanda t-il en fixant son front, ce que sa mère désapprouva.
- On ne fixe pas les gens, Drago, réprimanda t-elle d'un ton sévère qui fit tout de suite baisser les yeux à son fils. J'avais oublié que tu avais hérité de la garde de ce garçon, ajouta t-elle à l'intention de Sirius.
- Et j'en suis très fier, dit-il d'un ton sans réplique.
- Bien sûr, bien sûr. Bon... j'ai été ravie de te revoir.
- Moi aussi, Cissy, moi aussi.
Les deux adultes se fixèrent d'un air étrangement triste.
- Je suppose que je ne recevrai pas d'invitation au manoir ? Dit-il avec un sourire en coin.
La dite Cissy lui jeta un regard étrange puis s'adressa à Madame Guipure qui se tenait légèrement en retrait pour leur laisser un peu d'intimité.
- Est-ce fini ?
- Oui madame Malfoy. Nous vous enverrons la facture par hibou comme d'habitude ?
- Oui, oui. Je n'aime pas me balader avec des gallions en poche, ajouta t-elle en direction de Sirius qui lui jetait un regard interrogateur. Bon... au revoir Sirius.
- Au revoir, Narcissa.
Oubliant une nouvelle fois son éducation aristocratique, elle étreint brièvement son cousin, qu'elle n'était pas prête de revoir, puis fit signe à Drago de la suivre. Celui-ci lui empoigna le pas puis, juste avant de passer les portes de la boutique, jeta un dernier regard à Harry.
- On se reverra à Poudlard ! Lui lança t-il de sa voix traînante.
Harry hocha la tête et une fois qu'ils furent sortis, jeta un regard plein d'interrogations à son parrain.
- Plus tard, Harry. Madame Guipure, qu'est-ce que je vous dois ?
- Pour le lot spécial entrée à Poudlard comprenant également un chapeau et une robe de soirée, c'est quatre-vingt gallions, mais je peux faire une réduction pour Harry Potter.
- Non, non, on va vous payer, dit Harry qui sortit ses gallions et les posa dans la main de la vendeuse.
- C'est pour moi le reste ! Dit-elle en refermant la main sur la trentaine de gallions que lui avait donné le garçon.
- Madame Guipure, c'est plus de la moitié de rabais ! Laissez-nous au moins payer cinquante gallions ! Protesta Sirius qui avait l'impression qu'on lui faisait la charité.
- Non, non, répondit t-elle d'un ton obstiné. Vous n'avez qu'à me faire de la publicité, ajouta t-elle à l'intention de Harry. Ce serait la plus belle chose qui puisse arriver à ma boutique.
Elle les poussant gentiment dehors et ils rejoignirent Hagrid qui les attendait devant le glacier Florian Fortarôme. Harry commanda une glace chocolat-vanille et ils s'attablèrent.
- Alors, qui c'était ? Demanda Harry d'un ton pressé à son parrain.
- Qui c'était qui ? Interrogea à son tour Hagrid.
- Nous avons croisé Narcissa Malfoy et son enfant, dit-il en s'adressant à Hagrid. Narcissa est ma cousine, Harry, je l'ai dit là-bas.
- Oui mais, pourquoi on ne l'a jamais vu ?
- Tu ne t'en porte vraiment pas plus mal ! Tonna Hagrid de sa voix bourrue. Elle a un rejeton en âge d'aller à Poudlard alors ? Demanda Hagrid à l'attention de Sirius qui hocha la tête.
- Pourquoi je ne m'en porte pas mal ? Qu'est-ce qu'il se passe entre vous deux ?
- Les Malfoy sont des gens mauvais, dit Hagrid avant que Sirius n'eût le temps de dire quoi que ce soit.
- Hagrid... souffla Sirius d'un ton menaçant.
- Non mais c'est vrai quoi ! Et dire que cette pourriture de Lucius a échappé à Azkaban. J'ai toujours su que c'était un sale gamin, sans parler de la soeur de Narcissa, Bell...
- Hagrid ! S'exclama Sirius.
Il avait tapé du point sur la table et les coupes de glace faillirent se renverser. Harry, qui avait très rarement vu son parrain perdre son sang froid, resta interloqué. Hagrid, en revanche, n'eut pas l'air impressionné — certes il s'excusa dans sa barbe — mais des excuses ne semblaient pas crédibles pour une mornille. Ils finirent leur glace en silence, Harry n'osant pas questionner d'avantage son parrain à propos des Malfoy. Pourtant quelque chose lui dit que Hagrid devait avoir raison. Toute une famille qui va à serpentard... et dire que Sirius avait dit que c'était également son cas avant qu'il soit répartit à gryffondor ! Il ne lui avait jamais dit ça ! En fait, il ne parlait jamais de sa famille. Il savait qu'il avait eut un frère était mort un an avant sa naissance, son père mourant peu de temps après. Sa mère avait vécu seule six ans puis été décédée à son tour, probablement de chagrin d'avoir perdu son fils et son mari. Sirius avait fugué du domicile familial à seize ans pour vivre avec son père mais il n'avait jamais voulu en parler plus et Harry respectait ça. Lui non plus ne voulait pas parler de certaines choses, ses rêves par exemple, et Sirius n'insistait jamais. Il avait donc fait pareil mais aujourd'hui il regrettait que son parrain ne lui ait jamais confié plus de choses sur sa propre vie, se contentant de parler de son père et de sa mère et de ses propres aventures, tant qu'elles étaient liées à l'un ou l'autre de ses parents.
Harry fût brusquement tiré de ses pensées lorsque Sirius se leva d'un bond, suivi par Hagrid. Ils allèrent alors dans une librairie qui s'appelait Fleury et Bott pour acheter les manuels scolaires. Sur les étagères s'entassaient jusqu'au plafond des livres gros comme des pavés, reliés en cuir, d'autres pas plus gros qu'un timbre-poste et recouverts de soie, des livres remplis de symboles étranges. Une nouvelle fois, Harry se laissa emporter par sa contemplation et ne réalisa même pas que son parrain avait déjà trouvé le bon livre, Livre des Sorts et Enchantements de niveau 1 par Miranda Fauconnette, qu'il l'avait déjà payé et qu'il le pressait désormais de sortir de la boutique en lui assurant que non, il ne pouvait pas acheter un livre enseignant comment ensorceler ses ennemis.
Il n'eut pas non plus la permission d'acheter un gros chaudron en or (« il faut qu'il soit en étain », assura Sirius) mais il fit l'acquisition d'un télescope pliable et d'une jolie balance pour peser les ingrédients entrant dans la composition des potions. Puis ils allèrent faire un tour dans la boutique de l'apothicaire qui fascina Harry en dépit de l'odeur pestilentielle qui y régnait, un mélange d'œufs pourris et de choux avariés. Des tonneaux contenant des substances gluantes s'alignaient sur le sol. Disposés sur des étagères, on voyait des bocaux remplis d'herbes, de racines séchées et de poudres brillantes. Des plumes d'oiseaux, des crochets de serpents, des serres de rapaces pendaient du plafond. Pendant que Sirius demandait à l'apothicaire les ingrédients de base nécessaires à la fabrication de potions, Harry examina des cornes argentées de licornes à vingt et un Gallions pièce et de minuscules yeux de scarabées d'un noir brillant — cinq Noises la poignée.
Ils continuèrent leurs emplettes dans les boutiques qui s'alignaient le long de la rue et bientôt, il ne resta plus que la baguette magique à acheter.
- Il manque encore ton cadeau ! Dit Sirius en jetant un regard à Hagrid. Ferme les yeux.
- Quoi ? Pourquoi ? Protesta Harry.
- Ferme les, c'est tout ! Répondit son parrain avec un grand sourire au lèvres.
- Mais...
Il s'interrompit avec un grognement de protestation. Sirius avait posé ses deux mains sur ces yeux, comme s'il était un enfant de cinq ans. Il patienta un moment qu'il lui parût une éternité mais qui, d'après Hagrid, n'avait duré que cinq minutes. Il fût alors autorisé à ouvrir les yeux et du cligner des paupières plusieurs fois pour s'habituer à nouveau à la luminosité. Devant lui, Hagrid tendait une grande cage dorée, à l'intérieur de laquelle se trouvait...
- Une chouette ! S'exclama t-il, ravi.
Elle était magnifique, aux plumes blanches comme la neige et dormait paisiblement, la tête sous l'aile. Harry en bégayait de reconnaissance. On aurait cru entendre le professeur Quirrell.
- Ce n'est rien. Sirius m'a donné l'argent pour que j'aille l'acheter tout à l'heure mais j'ai voulu participer, dit-il en tendant une poignée de gallions à Sirius qui leva les yeux au ciel et le remercia.
- C'est un beau cadeau, n'est-ce pas ? Dit Sirius, un large sourire sur son visage.
- C'est superbe, merci encore ! S'exclama Harry en contemplant son nouvel animal.
- Maintenant, il ne nous reste plus qu'à aller chez Ollivander, la meilleure boutique de baguettes magiques, annonça Sirius.. Il te faut ce qu'il y a de mieux,
Une baguette magique... enfin, enfin, il allait pouvoir posséder sa propre baguette. La boutique dans laquelle ils pénétrèrent était très différent des autres, étroite et délabrée. Au-dessus de la porte, des lettres d'or écaillées indiquaient: « Ollivander - Fabricants de baguettes magiques depuis 382 avant J.-C. » Dans la vitrine poussiéreuse, une simple baguette de bois était exposée sur un coussin pourpre un peu râpé.
A leur entrée, une clochette retentit au fond de la boutique. L'intérieur était minuscule, Une unique chaise de bois mince était réservée aux clients et Hagrid s'y assit en attendant, sans laisser la possibilité à Sirius de s'asseoir. Harry observa les milliers de boîtes étroites qui s'entassaient presque jusqu'au plafond, une nouvelle fois impressionné. Le lieu semblait rempli d'une magie propre...
- Bonjour, dit une voix douce.
Harry et Sirius sursautèrent de concert, ce qui fît légèrement rire Hagrid.
Un vieil homme se tenait devant eux. Ses grands yeux pâles brillaient comme deux lunes dans la pénombre de la boutique.
- Bonjour, dit Sirius d'une voix mal assurée. Nous venons pour mon filleul, Harry.
- Bonjour, dit Harry, mal à l'aise.
- Ah, oui, oui, bien sûr, dit l'homme. Je pensais bien que j'allais vous voir bientôt, Harry Potter. Vous avez les yeux de votre mère. Je me souviens quand elle est venue acheter sa première baguette, j'ai l'impression que c'était hier. 25,6 centimètres, souple et rapide, bois de saule. Excellente baguette pour les enchantements.
Mr Ollivander s'approcha de Harry. Les yeux argentés du vieil homme avaient quelque chose d'angoissant.
- Votre père, en revanche, avait préféré une baguette d'acajou, 27,5 centimètres. Flexible. Un peu plus puissante remarquablement efficace pour les métamorphoses. Enfin, quand je dis que votre père l'avait préférée... en réalité, c'est bien entendu la baguette qui choisit son maître.
Mr Ollivander était si près de Harry à présent que leurs nez se touchaient presque. Harry distinguait son reflet dans les yeux couleur de brume du vieil homme.
- Ah, c'est ici que...
D'un doigt long et blanc, Mr Ollivander toucha la cicatrice en forme d'éclair sur le front de Harry. Sirius se racla bruyamment la gorge pour mettre fin à ce moment sans nul doute très désagréable pour son filleul. Le vendeur de baguette se tourna alors vers lui.
- Je me souviens de vous aussi, monsieur Black. Bois de noyer, coeur en ventricule de dragon, relativement flexible, 29 centimètres. Assez semblable à celle de votre cousine Bellatrix.
Les deux adultes se fixèrent un instant puis Ollivander porta son attention sur la garde chasse de Poudlard.
- Rubeus ! Rubeus Hagrid ! Quel plaisir de vous revoir... C'était du chêne, 40 centimètres, plutôt flexible, n'est-ce pas
- En effet, dit Hagrid.
- Une bonne baguette. Mais ils ont dû la casser en deux quand vous avez été exclu du collège ? demanda Mr Ollivander d'un ton soudain grave.
- Euh... oui... oui, c'est ça,.. répondit Hagrid, mal à l'aise. Mais j'ai gardé les morceaux, ajouta-t-il d'une voix plus assurée.
- J'imagine que vous ne vous en servez pas ? interrogea sèchement Mr Ollivander.
- Oh, non, bien sûr que non, monsieur, répondit précipitamment Hagrid.
Harry remarqua que ses mains s'étaient crispées sur le parapluie rose.
- Mmmmmm, marmonna Mr Ollivander en jetant à Hagrid un regard perçant, Bien, revenons à vous, Mr Potter. Voyons un peu...
Il sortit de sa poche un mètre ruban avec des marques en argent.
- De quelle main tenez-vous la baguette ? demanda t-il.
- Euh... je suis droitier, répondit Harry.
- Tendez le bras. Voilà.
Il mesura le bras de Harry, de l'épaule jusqu'au bout des doigts, puis du poignet jusqu'au coude, puis la hauteur de l'épaule jusqu'aux pieds, puis du genou à l'aisselle et enfin, il prit son tour de tête.
- Chaque baguette de chez Ollivander renferme des substances magiques très puissantes, Mr Potter. Nous utilisons du poil de licorne, des plumes de phénix ou des ventricules de cœur de dragon. Et de même qu'on ne trouve pas deux licornes, deux dragons ou deux phénix exactement semblables, il n'existe pas deux baguettes de chez Ollivander qui soient identiques. J'ajoute, bien entendu, qu'aucune autre baguette magique ne vous donnera des résultats aussi satisfaisants que les nôtres.
Le vieil homme alla prendre des boîtes disposées sur des étagères tandis que le mètre ruban continuait tout seul de prendre les dernières mesures nécessaires—l'écartement des narines, notamment.
- Ça ira comme ça, dit l'homme, et le mètre ruban tomba en un petit tas sur le sol. Essayez donc celle-ci, Mr Potter, Elle est en bois de hêtre et contient du ventricule de dragon, 22,5 centimètres. Très flexible, agréable à tenir en main. Prenez-la et agitez-la un peu.
Harry prit la baguette et la fit tournoyer légèrement avec un incontrôlable sentiment d'excitation. Mais Mr Ollivander la lui arracha presque aussitôt des mains et lui en fit essayer une autre.
- Bois d'érable et plume de phénix, 17,5 centimètres, très flexible, Essayez...
Harry l'essaya mais à peine avait-il levé la baguette que Mr Ollivander la lui arracha également des mains.
- Non, plutôt celle-ci, bois d'ébène et crin de licorne, 21,25 centimètres, très souple. Allez-y, essayez.
Harry l'essaya, puis une autre encore. Il ne comprenait pas ce que voulait Mr Ollivander. Bientôt, il y eut un monceau de baguettes magiques posées sur la chaise en bois mince, mais aucune ne convenait. N'était-il pas un vrai sorcier ? Que se passerait-il s'il apprenait qu'il était un cracmol ? Il frissonna à cette idée.
- Un client difficile, commenta Mr Ollivander, d'un air étrangement satisfait. Mais nous finirons bien par trouver celle qui vous convient. Voyons celle-ci. Une combinaison originale: bois de houx et plume de phénix, 27,5 centimètres. Facile à manier, très souple.
Harry prit la baguette et sentit aussitôt une étrange chaleur se répandre dans ses doigts, Il la leva au-dessus de sa tête, puis l'abaissa en la faisant siffler dans l'air. Une gerbe d'étincelles rouge et or jaillit alors de l'extrémité de la baguette, projetant sur les murs des lueurs mouvantes. Hagrid et Sirius applaudirent en poussant des exclamations enthousiastes.
- Sublime Harry ! s'écria Sirius. Un vrai Gryffondor, ajouta t'il en lui donnant une accolade.
- Oui, oui, bravo ! Confirma Mr Ollivander. Très bien, vraiment très bien. Mais étrange... très étrange...
Il reprit la baguette et la remit dans sa boîte qu'il enveloppa de papier kraft en continuant de marmonner: « Etrange... vraiment très étrange... »
- Excusez-moi, dit Harry, mais qu'est-ce qui est étrange ? Le vieil homme fixa Harry de ses yeux pâles.
- Je me souviens de chaque baguette que j'ai vendue, Mr Potter, répondit-il. Or, le phénix sur lequel a été prélevée la plume qui se trouve dans votre baguette a également fourni une autre plume à une autre baguette. Il est très étrange que ce soit précisément cette baguette qui vous ait convenu, car sa sœur n'est autre que celle qui... qui vous a fait cette cicatrice au front.
Harry avala sa salive avec difficulté et il sentit la main de Sirius se poser sur son épaule.
- L'autre faisait 33,75 centimètres. Elle était en bois d'if. Curieux, vraiment, la façon dont les choses se produisent. Souvenez-vous, c'est la baguette qui choisit son sorcier, pas le contraire... Je crois que vous avez un bel avenir, Mr Potter... Après tout, Celui-Dont-On-Ne- Doit-Pas-Prononcer- Le-Nom a fait de grandes choses, des choses terribles, certes, mais quelle envergure !
- Oh oui, quelle envergure, répéta Sirius d'une voix glaciale. Avez-vous d'autres compliments à faire à un meurtrier qui a, je vous le rappelle, assassiné les parents de ce garçon ?
Harry frissonna et Mr Ollivander se rembrunit, marmonnant des excuses, bien que l'air de fascination qu'il avait eut en parlant de Voldemort n'eut toujours pas complètement disparu de son visage. Il paya les sept Gallions que coûtait la baguette et le vieil homme les raccompagna jusqu'à la porte de sa boutique. Sirius continua de se bougonner à voix basse, mais assez forte pour que Harry puisse distinguer les mots « manque de tact », « honte » et « dégueulasse ».
- C'est pas grave Patmol, dit-il alors en prenant la main de son parrain. Ça ne me touche pas.
Il mentait, bien sûr. Entendre un homme lui vanter la puissance de Lord Voldemort ainsi que d'apprendre que sa baguette était la soeur de celle qui lui appartenait... C'était plus que dérangeant et il se sentait vraiment pas très bien, mais il n'était pas en colère. Et il fût ravi de constater que le sourire était revenu sur le visage de son parrain, ce qui signifiait que son mensonge avait eut un effet bénéfique. C'était le plus important, n'est ce pas ? Un petit mensonge avec des conséquences heureuse, où était le mal ?
Ils marchèrent en sens inverse sur le chemin de traverse, le soleil descendant déjà vers l'horizon. La petite troupe était silencieuse pour la première fois de la journée, signe que chacun devait ressasser les mots d'Ollivander. Harry se rembrunît. Même si Sirius avait sourit, manifestement ils y pensaient tous encore ce qui lui déplaisait franchement. Sa journée avait été parfaite et voilà qu'un vieux bêta avait tout gâché. Hagrid répéta son tour de magie avec son parapluie rose et le mur s'écarta à nouveau, leur permettant de retourner au Chaudron Baveur qui, tout comme le Chemin de Traverse, était vide à cette heure. Hagrid s'arrêta au niveau du comptoir et commanda un verre de Whisky pur feu au barman Tom qui, au lieu d'aller chercher ce que son client
demandait, fixait son front pour espérer apercevoir sa cicatrice à travers sa mèche de cheveux.
- Bon, c'est ici que j'vous laisse ! Dit Hagrid d'une voix émue.
- Vous ne venez pas ? S'étonna Harry.
- Non, non, j'attends ici mon portauloin pour retourner à Poudlard. On se verra le premier septembre.
- D'accord... dit le garçon en serrant la main tendue du garde chasse. Au revoir Hagrid, et merci pour la chouette !
Après de longues salutations, lui et son parrain sortirent du chaudron baveur et se faufilèrent dans une petite rue complètement vide de moldue. Sirius lui tendit son bras et il s'y accrocha. Après avoir eu la très désagréable impression d'être broyé, écartelé et autres sensations liées au transplanage, ils atterrirent dans la ruelle menant à leur jardin. À cause des barrières mises en places par les « adultes chargés de sa position », comme les appelait Sirius, le transplanage était impossible dans le jardin, la maison ou juste devant la porte d'entrée. Ils étaient donc toujours obligés d'entrer par la porte de derrière menant dans le jardin lorsqu'ils transplanaient.
La dîner fut plutôt morose. Harry tenta à plusieurs reprises de questionner son parrain à propos de ses deux cousines qu'il venait de découvrir : la grande femme blonde avec son enfant fan de serpentard et la Bellatrix dont parlait Mr Ollivander. Mais la réponse avait été la même qu'à chaque fois qu'il posait une question sur les parties un peu « sombres » de son passé : « ce sont des choses d'adultes, on t'en parlera quand tu sera plus grand ». Il avait donc abrégé le dessert pour se réfugier dans sa chambre et laisser cours à son énervement en frappant contre le punching-ball que son parrain lui avait acheté trois ans auparavant. Fatigué, il s'était mis en pyjama et se glissa sous les couvertures. Bien sûr, il eût toute les peines du monde à s'endormir et dû simuler à chaque fois que Sirius avait passé la tête dans sa chambre pour lui parler. Finalement, Harry entendit celui-ci ronfler avant qu'il n'ait trouvé le sommeil. Quand enfin il sombra dans le royaume des rêves, ceux-ci furent emplis d'éclats de lumières vertes. Une nouvelle fois, Lord Voldemort avait fini par gâcher une de ses plus belles journées. Et, malheureusement pour lui, ce ne fut pas la dernière fois...
