Disclaimer : Magnificent Century Kösem est l'oeuvre de Yılmaz Şahin .
Résumé : La naissance de son neveu devrait être une joie. Mehmed n'y voit que le signe de sa fin qui approche inexorablement. [Magnificent Century : Kösem]
Note de l'auteur : Cet écrit a été réalisé dans le cadre de l'atelier d'écriture du Discord «La Fabrique à Plumes» du 14/04/2022. 30 minutes sur le thème musique et prompt. N°3 : "La crainte du danger est mille fois plus terrifiante que le danger présent." Daniel Defoe.
Liste des dettes du Discord « Défis Galactiques » : 50 nuances de personnages historiques (28/50)
Damoclès incarnée
La crainte du danger est mille fois plus terrifiante que le danger présent. Mehmed le sait. Pourtant, malgré les mots rassurants de sa mère, les promesses de son frère, alors qu'aujourd'hui est un jour de joie, il le voit comme celui qui marque la signature sur sa future fatwa.
Son neveu est né.
Son frère, sultan depuis peu, a un héritier direct, de son propre sang, né de sa favorite qu'il adore, une favorite que lui-même a aimée mais qu'il n'a jamais pu avoir.
Osman se tient là, radieux, son plus beau trésor entre les bras et tout ce que son cadet voit, c'est le signe de sa nouvelle inutilité. Son souverain a un fils, sait qu'il peut en engendrer, que Meleksima peut en concevoir. Même avec la mortalité infantile hélas si élevée, à quoi sert un frère, surtout quand il ne dirige aucun sanjak ? Le petit Omer n'a aucune idée de tout ce qu'il incarne : le renouveau de la dynastie, l'amour entre ses parents, l'espoir pour l'avenir et une épée de Damoclès au-dessus de la tête de ses oncles... quand lui, pour l'instant, son univers se limite à Papa, à Maman, à téter le sein maternel, à avoir chaud et à s'épanouir doucement.
Il devrait se réjouir : une naissance est un événement heureux, surtout après la mort subite de leur père, le traumatisme d'avoir été enfermés, presque tués sur ordre de la sultane Halime lors du court règne de leur oncle fou.
Tout ce que Mehmed voit, c'est sa vie qui fond comme neige au soleil.
Veut-il la mort de cet enfant ?
Non.
Jamais.
Car il sait la dévastation que cela causera à ses parents, à sa grand-mère.
Cependant, aussi horrible que cela puisse paraître, il ne niera pas qu'il se sentira soulagé.
La vie des shezades n'est pas un conte de fées, disait souvent son père... et il réalise aujourd'hui combien c'est vrai.
Hier, il était insouciant.
Aujourd'hui, l'ombre projeté par un nouveau-né l'effraie et il ne peut que s'en remettre à la volonté divine... et se forcer à sourire devant Osman.
Cacher son trouble.
Ne gâter la joie de personne.
Attendre la suite des événements.
Prendre sur soi.
Et enfin, accepter que la peur devienne sa maîtresse officielle.
Il n'a hélas pas le choix, ou les choix offerts à lui le dégoûtent, d'autant plus qu'il serait peut-être amené à les faire.
Se taire.
Accepter.
Et ne pas blâmer l'enfant.
FIN
