Camillo savait que c'était mal. Malédiction! Il savait que cela ne ferait qu'amener des problèmes, des que cela pourrait détruire sa famille toute entière, mais une fois qu'il avait mis la main dans l'engrenage, qu'il avait commencé cette...hérésie, il ne pouvait plus s'arrêter, il avait besoin de...lui.
Lorsque Mariano l'avait accidentellement embrassé, le saisissant par la taille, posant avec douceur ses lèvres chaudes sur les siennes, pensant que c'était Dolores, il avait commencé à se sentir étrange. Son estomac se nouait, chaque fois qu'il le voyait avec sa sœur, la touchant, lui souriant, replaçant avec douceur une mèche de ses cheveux derrière son oreille, lui faisant, inconsciemment, reproduire ce geste sur ses propres cheveux bouclés. Et chaque nuit, alors que les fiançailles avaient été célébré, que la date du mariage approchée, il se demandait ce que cela serait d'être à la place de Dolorès. D'être celui que Mariano regarde avec tant d'attention, à qui il offre ses sourires et ses poèmes. Il rêvait d'entendre les mêmes mots doux, embrasser les mêmes lèvres, encore, se rappeler la douceur de celles ci, leur goût, le frisson de son bouc frottant sur sa peau. Dieu qu'il aurai aimé qu'il l'aime...comme il l'aimait elle.
C'est dans une de ces nuits de tristesse et d'insomnie, alors que ses draps étaient humide de ses larmes qu'il fit la première de ses erreurs. Quittant a pas feutré la douceur de ses draps, il était aller s'observer dans le miroir, prenant lentement l'apparence de Mariano, se souriant, se touchant. Il aimait ses joues rugueuse, la dureté de ses bras musclé, cette légère pilosité sur son torse. Il n'avait pas osé regarder plus bas. Il avait trop de respect pour cet homme qui le faisait sentir tout chose pour cela et malgré tout...il pris une décision qui chamboulerais à jamais sa vie. Il prit la décision de devenir Dolores, trompant Mariano, trahissant sa sœur, pour le simple besoin de sentir celui qui le faisait sentir si étrange tout près de lui.
Et bien sur, ça a marché, ça a trop bien marché. Il connaissait parfaitement Dolores, sa façon de parler, de réagir, de rire, de sourire. Il n'avait eu aucun mal à prendre sa place, attendant qu'elle soit assez loin pour ne pas remarquer, qu'elle dorme, qu'elle soit occupée. Certes, elle entendait bien des choses, mais il savait qu'elle ne pouvait toujours tout discerner et il profiter de cela pour attirer Mariano vers les cascades ou le bruit de l'eau cachait leur voix pour lui voler quelques baisers. Il l'entraînait dans la foret, sur les chemins, sur les falaises, partout ou il pouvait profiter d'un tant soit peu de temps avec lui
Et bien que cela soit mal, il aimait tout cela. Il aimait cet homme qui avait tant d'amour à offrir, qui écrivait tant de poèmes sur ce qu'il ressentait, sur combien il aimait Dolores, sur ces moments qu'il avait passé avec elle, inconscient que ce n'était pas elle. Il le rendait fou, il le rendait complétement fou. Et petit à petit, il glissa.
Pourtant, il n'avait aucun désir de blesser Dolorès, de se séparer d'elle, de la trahir. Seigneur, si elle découvrait ce qu'il faisait. Combien il profitait de cet homme qu'elle aimait tant, pour qui elle avait tant souffert alors qu'il ne voyait qu'Isabela... Il refusait de perdre sa sœur, il refusait de détruire sa famille. Il aimait beaucoup trop celle ci pour finir par être haïs pour...un homme ? Mais c'était si grisant ! L'adrénaline qui pulsait dans ses veines, la nervosité qu'on le découvre, que sa famille le sache, que Mariano s'en rende compte. Il deviendrait un paria, un monstre, on se méfiera de lui, de son don, tout comme on s'était méfié du don de son oncle, Bruno. Et qu'en dirait Abuela ? Qu'en penseraient ses parents ?
Alors, il se cachait dans les méandres de sa chambres, continuant de pleurer la nuit, cacher dans des coussins, observant le corps de Mariano dans le miroir, s'enlaçant lui même pour se sentir...aimé ? Tout ça pour quoi ? Pour ne pas être un monstre d'être ainsi attiré par un homme, d'être ainsi attiré par l'homme qu'aime sa sœur. Pourtant, il pouvait changer d'apparence, de genre. Il avait tenté de prendre une apparence plus féminine, tenter de voir à quoi il ressemblerait si il était une femme. Les changements avaient été léger. Des traits plus fins, des hanches plus larges. Une poitrine délicate, un fessier rebondis. Il ressemblait tant à Dolores quand il faisait cela. Il ressemblait tant à sa sœur. Mais il n'était pas elle malgré tout. Pourtant, il était prêt à tous les changements, que ce soit physique ou caractériel pour plaire à Mariano, lui qui n'avait d'yeux que pour Isabela avant de rencontrer sa sœur. L'aimait il seulement ? Ou aimait il l'idée, d'aimer ? Pourrait il l'aimer ? Le regarder lui, comme il la regarde...elle ?
Il n'y avait rien, qu'il n'aurai pu tenter pour l'obtenir, pour qu'il le regarde, pour qu'il soit sien. Il avait versé des larmes à n'en plus finir, peur, frustration, colère, solitude. Il ne pouvait en parler à quiconque, il ne pouvait prendre confident au risque de blesser cette personne, d'être vu comme un monstre.
Pourtant, quittant sa chambre au matin d'une nuit de larmes, il avait trouvé une épaule dans la cuisine. Lui qui avait marché avec lenteur jusqu'à la pièce de vie, reniflant, oubliant le temps d'un instant que celle dont il usurpé tant l'identité pouvait tout entendre, qu'il retrouva son oncle, Bruno, discutant avec ces rongeurs qui avaient été si longtemps ses amis. Bien sur, il avait pensé à faire demi tour, à rejoindre sa chambre, à ne pas être vu ainsi. Mais il était trop tard, car déjà son oncle relevait la tête, observant ses yeux rougis l'interpellant, s'approchant de lui avec cet air que lui seul pouvait avoir, entre l'inquiétude et la folie.
Bien sur, il tenta de nier, d'être fort, mais sentir ces mains sur ses épaules, se regard bienveillant qui fouillait le sien, il laissa s'échapper un sanglot, rapide, avant de sourire, les lèvres tremblantes. Il dit que ce n'était rien, qu'il allait bien, mais Bruno...n'était pas aveugle et dans un lent sourire, il invita le plus âgé de ses neveux à lui confier ses tourments.
Bien sur, il prit le temps d'y réfléchir, de peser les pour et les contres, puis, il croisa le regard vert de celui ci et se rappela, toutes ses blagues depuis son retour, sa gentillesse, sa folie, son écoute. Il était là pour lui, comme un père. Non que le sien ne soit pas bon, il était merveilleux mais...parfois, il oubliait un peu Camillo, trop concentré sur sa femme, ou son plus jeune fils. Alors, se remémorant ces discussions avec Bruno, il osa. Il lui parla de cet amour pour une personne qui ne pourrait jamais l'aimer, de ce sentiment qui le rongeait de l'intérieur.
Bruno l'incita à s'asseoir, lui offrant l'un de ses petit pains, l'écoutant attentivement. Il avait déjà connu cela, annonçait à une petite fille que l'homme qu'elle aime en aimerait une autre. Certes, le futur n'est pas figée, il est modifiable et ils l'avaient tous appris grâce à Mirabel, mais... Isabela n'aimait pas son fiancé. Dolorès elle...l'aime depuis des années. Alors, avec mille précaution l'oncle conseilla son neveu, lui demandant pourquoi cet amour était impossible et Camillo craqua. Il dit qu'il aimait une personne qui était déjà en couple. Une personne qui aimait profondément l'autre et dont la réciprocité n'avait aucun doute.
Bien sur, Bruno, parla de la sœur de Camillo, de son amour pour son fiancé, de la possibilité que cela arrive à celui ci,que cette jeune fille ouvre les yeux sur lui, ce qui lui fit émettre un léger rire sans joie. Il avait fallu cela pour oser dire à son oncle que ce n'était pas une demoiselle qui fit battre son cœur et le silence se fit. Long, profond, le mettant dans un état d'anxiété sans nom. Allait il être renié ? Désavoué ? Il se mit à trembler, stupide alors qu'au bout d'un petit temps, celui ci lui dit dans un sourire qu'il fallait toujours tenter sa chance, car après tout, peut etre ce garçon l'aimait en retour ?
Une certaine tristesse lui serra de nouveau le cœur. Un nouveau sanglot alors qu'il osait pour la première fois dire tout haut ce qu'il avait toujours ressenti tout bas. Il osa dire son nom et les yeux de Bruno s'écarquillèrent comme jamais avant de s'emplir de tristesse. En effet, cet amour était impossible, mais avec le temps, il se transformerait, changerait et ne serait plus...qu'un amour de jeunesse. Sa main rattrapa la larme qui coulait sur sa joue alors qu'un tendre sourire ourlet ses lèvres. Qu'il lui dise adieu et l'oubli.
Alors, quand Dolores se réveilla, quand elle quitta sa chambre, Camillo attendit, patiemment. Il guetta ce moment ou elle serait occupée pour rejoindre Mariano, pour passer un dernier moment avec lui et...dans un dernier baiser emplit de tous les sentiments qu'il pouvait avoir pour cet homme, il le quitta, lui dit adieu intérieurement, retournant à la casita, reprenant son visage, se jurant que plus jamais, il ne prendrait le visage de sa sœur et que cet amour...serait mieux dans les limbes, car il aimait bien plus sa sœur...qu'il ne pourrait jamais aimer cet homme.
