Deux semaines, voilà maintenant deux semaines que la transformation de Kara avait eu lieu et rien n'était vraiment simple pour la plus jeune des Danvers. Elle n'excédait pas dans l'art du mensonge et devoir y avoir recours en permanence avec sa famille était une chose particulièrement compliquée pour elle. Ses nouvelles capacités étaient plus gérables qu'au départ, puisque Léna trouvait toujours du temps pour l'aider. Leur relation amoureuse venait de naitre et elle fonctionnait. Pour l'instant, cela leurs convenaient très bien.
La blonde essayait tant bien que mal d'écouter son professeur de sciences qui expliquait le mouvement des plaques tectoniques. Malheureusement, même avec la meilleure volonté du monde, la jeune femme ne pouvait s'empêcher de s'ennuyer à mourir. Kara se mit à dessiner sur son cahier lorsque que toute à coup elle entendit la voix de Léna déblatérer des phrases en espagnol. Surprise, la jeune Danvers se redressa sur sa chaise. Droite comme un « i » elle essayait de comprendre ce que la voix attirante de Léna disait, décrochant pour de bon avec son cours de sciences.
Pendant dix minutes, l'ouïe de Kara se retrouvait parasitée par le récit incompréhensible de sa petite amie. Et malgré de nombreux essais, la blonde n'arrivait pas à stopper les bruits. Léna avait apprit à Kara à se concentrer sur un bruit qui la rassurait pour contrôler les sons. La première fois, elle s'était machinalement dirigée vers le bruit des battements de coeur de Léna. Ce son étant depuis, le son de méditation préféré de la jeune Danvers.
Mais aujourd'hui, quelque que chose était différent puisqu'elle entendait à la fois le coeur et la voix de Léna.
La sonnerie retentit et la voix de Léna fût instantanément dissoute.
Rassemblant ses affaires, la blonde était très pensive. Ce n'était pas la première fois que cette situation se produisait mais c'était toujours très bref. Sortant de la classe, Kara s'adossa au mur face à la salle d'espagnol. La porte s'ouvrit sur plusieurs élèves puis la brune aperçut Sam, suivit de Léna.
La châtain fît un signe de la main à Kara et elle disparue dans un couloir adjacent. Léna quant à elle, rejoignit sa petite amie.
Arrivée à sa hauteur, la brune enlaça Kara avant de, doucement, déposer ses lèvres sur sa joue. Les deux jeunes femmes avaient convenues de ne pas trop se montrer en public pour ne pas attirer l'attention mais elles ne s'interdisaient pas d'être proches pour autant.
- Ça va ? Demanda Kara, un grand sourire sur les lèvres.
- Très bien, et toi ?
- Ouai, j'ai cru que j'allais faire une overdose de sciences. C'était vraiment un enfer !
- Je comprend toujours pas pourquoi tu as pris sciences si tu détestes ça, avait rit Léna en marchant à coté de sa petite amie.
- Pour être avec ma soeur. Mais aujourd'hui je regrette.
- Sans blague ? Ironisa la brune.
- Au faite, ta technique de se concentrer sur un seul bruit pour ne pas entendre les autres ça ne marche pas. J'arrêtais pas de t'entendre parler une autre langue.
- Tu m'as entendu parler espagnol ? Questionna Léna en fronçant les sourcils.
- Bah oui, ta salle est juste à coté.
- Kara, ce n'est pas possible, j'étais en examen toute la matinée. Je n'ai pas parlé une seule fois.
- Quoi… mais… je t'assure que c'est toi que j'ai entendu. Je connais ta voix Léna, c'était toi. Mais, c'était très bizarre, j'avais l'impression de t'entendre dans ma tête.
- Comme des pensées ? Demanda Léna sceptique.
- Oui, on dirait que je pense mais c'est ta voix qui se trouve à la place de la mienne. Comment tu le sais ?
- Parce qu'il m'arrive la même chose depuis que tu t'ai transformé. Je t'entend dans ma tête. Kara, je crois qu'on… qu'on peut communiquer par la pensée.
- C'est un truc de Loup ?
- Absolument pas. Du moins, pas à ma connaissance.
- Donc on devient folle, c'est parfait ! s'exclama Kara en levant les mains au ciel.
- Ce n'est pas parce que je n'en n'ai jamais entendu parler que ça n'existe pas. Je vais essayer de faire quelques recherches.
Alex devait passer la soirée chez Maggie, c'est pourquoi Kara marchait tranquillement sur le trottoir pour rejoindre sa maison. Il était prévu qu'elle voit Léna plus tard dans la soirée.
Elle n'était plus très loin de chez elle, mais une sensation étrange la tenait depuis son départ du lycée. L'impression que quelqu'un l'épiait persistait, malgré ses nombreuses vérifications.
Devant sa demeure, la jeune femme décida de continuer son chemin vers le bois, mué par son instinct.
Rendue au milieu de la forêt, Kara chercha son téléphone portable dans toutes les poches de sa veste. Son coeur s'emballait, ses mains tremblaient et la sensation qu'elle était survie, subsistait au fond de son être.
Trouvant son portable, la jeune femme chercha le contact de Léna en urgence mais elle n'eu pas le temps de lancer l'appel, qu'une main sur son épaule la fit se retourner brusquement et lâcher son appareil. Les yeux jaunes, dû à la peur, la jeune Danvers essaya de se reculer.
- Ne t'inquiète, je ne te veux aucun mal.
La personne en face d'elle était un homme, grand, la peau mate et le visage dur.
- Qui êtes vous ? Questionna Kara en s'éloignant le plus possible de lui.
- Un ami de tes parents. Je m'appelle John Jones. Je suis un loup, comme toi.
Sur ses mots, Kara se calma et ses yeux reprirent leur couleur bleu naturel.
- Vous faites parti de la meute des EL ? Questionna Kara encore réticente.
- Oui et j'aimerais que tu me suive.
- Pourquoi ?
- Tu as les yeux jaunes, cela veut dire que tu es seule, et un loup seul ne reste jamais en vie bien longtemps.
- Je ne suis pas seule, rétorqua Kara.
- Je sais, Léna Luthor te suit à la trace, je ne sais pas qu'elle relation mais tu dois me suivre.
- Comment être sûr que vous ne faite pas partie de la meute de Lex ?
- Je ne peux pas le garantir, tu dois seulement me faire confiance.
Une partie de l'être de Kara lui criait de fuir le plus loin possible pendant qu'il en était encore temps. Mais l'autre partie, avait l'intime conviction que cet homme lui voulait du bien. Elle avait ce vague souvenir d'un homme gentil présent à tout les repas de famille. C'était flou et peut-être même un faux souvenir au vue de sa mémoire superficiel. Mais elle se laissa tout de même guider par cet homme, seul passerelle entre sa vie d'aujourd'hui et ses souvenir enfouis.
Après un trentaine de minutes à marcher dans la forêt, John s'arrêta en plein milieu du bois. Il chassa quelques feuilles sur le sol à l'aide de son pied et s'abaissa pour révéler une trape. Celle-ci était dans le même style que celle où Léna l'avait emmené pour se transformer.
La panique grandissant en elle, Kara commença à reculer. John, remarquant son désarroi, lui tandis la main et l'encouragea à la suivre du regard.
- Je te promet que ce n'est pas un piège.
- C'est exactement ce qu'un homme sur le point de piéger quelqu'un dirait, rétorqua Kara.
- Tu ressembles vraiment à ton cousin, sourit John tristement.
Cette réaction avait permis à Kara de se rendre compte de la sincérité de John.
Kara agrippa la main de l'homme afin de descendre, puis la lâcha lorsque John sorti une lampe de poche pour éclairer le tunnel sombre.
- Où m'emmenez-vous ?
- Rencontrer ta meute.
Le tunnel s'étendait sur plusieurs kilomètres. Kara avait l'impression qu'elle ne reverrait jamais la lumière du jour. Mais alors qu'elle venait de penser à ses dernières heures à l'air libre, la jeune femme vit une porte se dresser face à eux.
John l'ouvrit à l'aide d'une clé et Kara se retrouva de nouveau éblouie par la lumière du jour.
À première vue, l'endroit était désert et abandonné, mais après avoir gravit les marches de ce qui ressemblait un vielle hôpital, Kara se rendit compte que l'endroit était habité par plusieurs personnes.
L'étage avait été aménagé minutieusement. Il y avait des chambres et une pièce commune avec une grande table et plusieurs chaises ainsi que des réchauds pour préparer à manger.
Des femmes, des hommes et des enfants s'activaient mais semblaient dévisager Kara et stoppèrent leurs activités lorsque la jeune femme passa.
- Où sommes-nous ? Questionna Kara, détaillant les lieux du regard.
- Dans un hôpital abandonné entre Midvale et la ville voisine. La clandestinité est la meilleure façon que nous avons trouvé pour nous protéger de Lex et de sa meute.
- Vous vivez tous ici depuis quatorze ans ?
John hocha la tête positivement.
- Nous sommes à environ une heure de la ville. Lex pense que nous sommes encore à Midvale.
- J'ai quitté mon poste de shérif de Midvale juste après la mort de tes parents. Lex ralliait certains loups à sa cause et les autres étaient tués. J'ai rassemblé les derniers encore en vie et nous avons trouvé refuge ici. J'ai condamné le reste de notre meute à vivre comme de vulgaire paria en attendant ton retour.
- Moi ?
- Tu es la dernière des EL, la tradition veut que tu deviennes notre Alpha.
- Vous saviez que j'étais en vie depuis tout ce temps ?
- C'est moi qui t'ai trouvé après le drame.
Flashback quatorze ans plus tôt:
John arrêta son véhicule devant la barrière de sécurité posée par le membre de son équipe, pour boucler le périmètre.
Lorsqu'il avait reçu l'appel, le shérif avait prié tous les dieux pour que l'urgence ne soit pas dans cette maison qu'il connaissait tant. Malheureusement les lumières bleues et rouges qui se reflétaient sur la façade de la demeure confirmait toutes ses craintes.
Il se précipita vers la maison des EL. Toute son équipe était déjà sur place et un officier le stoppa en plaçant une main sur son épaule.
- Je suis vraiment désolé shérif.
Plusieurs ambulances arrivèrent au même moment et John déglutit difficilement.
Lorsqu'il entra dans le salon l'odeur acre du sang lui monta immédiatement au nez et il les vit. Ses amis, sa famille étendue sur le sol.
John s'accroupit devant le corps inerte de celui qu'il considérait comme son frère. David Zor-El.
Sa femme, étendue un peu plus loin et leur neveux était également mort.
John retenu ses larmes, une boule d'anxiété prit place dans son estomac et sa rage montait en lui petit à petit.
- Nous avons identifié les trois victimes, avait dit un officier a son supérieur. David, Alura et Kal Zor-El.
- Attendez, vous avez dit qu'il n'y avait que trois victimes ?
- Oui Monsieur.
John se retrouva sans plus d'explication et monta à l'étage.
Il inspecta toutes les pièces, tous les placards avant de décider à utiliser sa super ouïe pour se concentrer sur un bruit en particulier. Des pleures d'enfants.
Le shérif s'approcha doucement de la salle de jeu et rentra sans faire de bruit . Il fit le tour de la pièce avant de se baisser et d'apercevoir un petite tête blonde recroquevillait derrière le canapé.
- Kara ?
La petite fille sursauta et s'écarta encore plus loin du shérif, sans tourner la tête.
- Kara, c'est terminé, je suis là pour te mettre en sécurité.
Sur ces mots, l'enfant releva la tête et essuya ses petites joues pleines de larmes.
- Oncle John ? Demanda Kara en reniflant.
- Oui, c'est moi, vient là.
La petite fille sortie de sa cachette et se précipita dans les bras du shérif, pleurant de plus belle.
- Ils sont morts, s'exclama la blonde. Ils sont tous morts ! Pleura t'elle.
- Je suis désolé Kara, mais je te promet que je vais retrouver les responsables.
John avait déposé Kara sur la banquette arrière de sa voiture, la petite fille observant les brancards rentrer dans les ambulances.
Pendant ce temps le shérif, discutait avec ses collègues de la situation actuelle.
- C'était un meurtre prémédité, celui qui a fait ça visait l'entièreté de la famille Zor-El.
- Qu'allons nous faire de la petite ? Elle est surement en grand danger.
- Pas si elle est déclarer morte. Je vais la confier à la protection de l'enfance et changer son nom. Arrangez-vous pour que le monde entier pense que Kara Zor-El est morte avec le reste de sa famille.
Sur ses mots, John monta dans son SUV et démarra le véhicule. Direction, Boston.
Flashback: Huit ans plus tôt.
John avais passé ses huit dernières années à se cacher de la nouvelle meute de Midvale. Il avait quitté son poste de shérif et vendu sa maison dans la foulé. Tout le monde pensait que John était parti sur une ile tropicale pour finir ses jours mais la réalité était tout autre. L'homme était à seulement quelques kilomètres de sa ville natale. Plus aucune transaction ni d'achat au nom de John Jones, pour le monde entier il avait littéralement disparu de la surface de la terre.
Depuis qu'il avait confié Kara à la protection de l'enfance, l'homme avait passé son temps à épier les moindres mouvements de la petite fille.
Les familles dans lesquels elle tombait refusait constamment l'adoption et Kara repartait dans le système. Cela attristait l'ancien shérif, qui ne comprenait pas comment une aussi gentille petite fille pouvait encore se retrouver en foyer d'accueil après tellement d'année.
C'est donc déterminé, que John contacta un ami de longue date.
- Allo ?
- Jeremiah, C'est John Jones, comment vas-tu?
- John ! Ça fait une éternité que tu n'as plus donné signe de vie ! Je vais bien et toi ?
- Très bien. Ta femme et toi cherchait toujours un enfant à adopter ?
En réalité, John avait déjà la réponse à cette question. Il avait épluché avec minutie les listes d'attentes pour l'adoption et il y avait vu le nom de son ami.
- Oui toujours, la procédure et longue.
- Et si je te disais qu'une petite fille de dix ans attend depuis huit ans qu'on l'adopte ? Qu'en penserais-tu ?
- Je te dirais que je l'adopterai tout de suite mais je ne suis pas prioritaire sur la liste.
- J'ai des contacts. Kara était la fille d'un ami. Il est malheureusement mort dans des circonstances dramatiques, ainsi que sa femme et son neveu. Sa fille et la seule à avoir survécue et elle est dans le système depuis cet evenement. J'ai promis à David de protéger sa famille coûte que coûte. Pour des raisons personnelles je ne peux pas m'occuper d'elle cela la mettrai en danger mais je sais que je peux compter sur toi.
- Quand pouvons-nous l'accueillir ?
- Ce soir.
Fin du Flashback
- Donc… les Danvers m'ont adoptés… uniquement parce que vous leur avez demandé ? Questionna Kara songeuse.
Elle se souvenait de ses huit années. La petite fille changeait de famille d'accueil presque tous les ans et aucunes d'entres elles ne voulaient d'elle. Elle se sentait rejeté et personne ne lui donnait d'amour. Le jour où Jérémiah était venu la chercher, que Éliza lui avait dit qu'il la ramenait à la maison et qu'elle avait découvert qu'elle aurait une grande soeur, Kara avait reprit espoir et elle avait commencé à aimer et à considérer cette famille comme la sienne. Durant son année de harcèlement, au moment ou les élèves lui disaient qu'elle n'était aimée par personne, Kara s'était réfugiée dans son idée, que les Danvers l'aimaient comme leur propre fille. Aujourd'hui, John remettait en question tout ce en quoi elle croyait.
- Non Kara, les Danvers cherchaient à adopter un enfant et je leur ai permis de le faire tout en sachant que tu serais en sécurité dans leur famille. Quand j'ai appris que tu avais emménagé ici, je t'ai observé pour te protéger. Le jour de ta transformation, j'ai voulu venir te chercher mais Léna Luthor est arrivée avant. Son ton était devenu plus amère à l'évocation du prénom de la brune. Tu ne dois pas continuer à voir cette fille, c'est la soeur du meurtrier de tes parents, elle te livreras à lui.
Kara secoua négativement la tête immédiatement.
- Non, Léna cherche seulement à me protéger. Vous devez me croire, elle n'est pas une menace.
- C'est une Luthor.
- C'est une adolescente, sous le contrôle d'un Alpha manipulateur. Léna est dans cette meute parce qu'elle n'a pas le choix. Si elle l'avait, croyez-moi elle serait ici, avec moi. Depuis Septembre, elle se démène pour empêcher sa meute de mettre la main sur vous. Elle était présente durant ma transformation et à bien d'autres moments. Je lui fais confiance et vous devriez le faire également. Personne ne devrait être jugé par son nom mais uniquement par ses actes. Je suis sûr que vous avez connu Léna enfant ?
- Oui, vous étiez très proche.
- Et c'est toujours le cas. Léna cherche à faire le bien autour d'elle.
- Je voudrais que tu rejoignes notre meute.
- Je… je vais y réfléchir.
Léna venait de récupérer Kara et toutes deux étaient parties faire un tour dans la forêt. La lune n'éclairait pas aussi bien que pendant une pleine Lune mais leurs yeux de loup-garou leurs permettaient de voir dans le noir.
La brune avait liée sa main à celle de sa petite amie qui semblait avoir besoin d'un contact physique pour revenir sur terre. En effet, la jeune femme avait l'air ailleurs depuis que Léna était arrivée chez elle et la brune sentait que quelque chose n'allait pas.
- Est-ce que tout va bien Kara ?
- Hein ? Oui bien sûr… menti la jeune femme.
- Tu as l'air ailleurs, et je ressens quand tu ne vas pas bien, avoua Léna. On ne peut plus rien se cacher, alors dis-moi ce qui ne va pas.
- J'ai rencontré un membre de la meute de EL aujourd'hui.
- C'est vrai ? Comment s'appelait t'il ?
- John Jones
Léna hocha la tête.
- Tu le connais ?
- Oui et j'étais sûr que c'était lui qui te trouverais, tu le considérais comme un oncle à la l'époque.
- J'en est marre. J'en est marre que les autres connaissent ma vie mieux que moi. Je suis même pas capable de me rappeler de mes parents ou de la vie que j'avais avant.
- Mon coeur, tu étais toute petite, avait rétorqué Léna en s'arrêta et en entrainant sa petite amie avec elle.
- Tu avais le même âge que moi Léna et pourtant tu te rappelles très bien de cette époque là.
- Je ne veux pas que tu te rendes malade pour ça Kara. Tu as vécu quelque chose de terrible et c'est pourquoi tu ne t'en rappelle pas. Que t'a dit John ?
- Il m'a demandé de rejoindre la meute.
- Et qu'as-tu répondu ?
- Que je voulais y réfléchir. Je dois le revoir dimanche pour lui donner ma réponse.
- Pourquoi n'as-tu pas dit oui tout de suite ?
- Parce que si je dis oui je sais que tu ne seras pas avec moi pour mes prochaines transformations. Tu deviendras mon ennemie et je ne suis pas sûr de le vouloir. Je veux pouvoir continuer à te prendre dans mes bras, à t'embrasser et continuer à dire que tu es ma petite amie. J'ai peur Léna. J'ai peur qu'a partir du moment où je dirais oui, notre amour soit rompu à jamais.
- Kara, je t'ai promis que je serais toujours là pour toi. Alors, peu importe ta décision, je serais auprès de toi pour ta prochaine transformation et toutes les autres. Et si je dois me battre avec John pour me retrouver cinq minutes auprès de toi alors je prendrais le risque. Ensemble, nous somme invincible.
- Tu crois qu'on pourrait négocier avec lui ? Faire en sorte que tu sois avec moi durant les pleines lunes.
- Nous essayerons Kara, avait dit Léna avant de déposer un baiser sur la tempe de Kara et de la prendre ses bras. Et si on ne peut pas, on partira toutes les deux, très loin de cette ville… murmura la jeune femme.
Léna regardait Kara s'activer à faire leurs cafés dans la cuisine de la maison Danvers. La brune venait d'arriver, incapable de rester plus longtemps loin de sa petite amie. Elle scruta le moindre mouvement de la blonde, détaillant de haut en bas, le corps parfait de celle qui partageait à présent sa vie.
Kara tendit son café à Léna. La brune avait saisit la tasse fumante dans ses mains touchant la peau de la blonde au passage. Kara frissonna et retentit des picotements à l'endroit même où les mains de Léna c'étaient posées.
La jeune Luthor n'avait pas manquée le petit tressaillement de la blonde, donnant à la Léna une envie de titiller sa petite amie. La brune avança pour coller son corps à celui de Kara. Le coeur de la blonde rata un battement et elle respira difficilement. La jeune Danvers se mordit la lèvre inférieure et scruta les yeux émeraudes de sa belle.
Léna se rapprocha des lèvres de Kara mais dévia au dernier moment pour atteindre son oreille. Frustrée, la blonde soupira et ferma les yeux.
Dans un murmure à peine audible pour un être humain, Léna remercia Kara. Cette dernière frissonna de plus belle en sentant le souffle chaud de Léna sur sa peau. Puis la jeune Luthor se recula comme si de rien n'était laissant Kara, troublée, au beau milieu de la cuisine. La blonde sentit le rouge lui monter aux joues et secoua la tête pour reprendre ses esprits.
Kara prit les trois tasses sur le comptoir et les emporta dans le salon où Eliza, Alex et Léna l'attendaient. La jeune Danvers prit place sur la chaise au côté de Léna autour de la table face à sa mère et sa soeur d'adoption.
Cette situation aurait pu être gênante, mais Éliza adorait Léna et Alex la tolérait, depuis que la brune avait ramenée sa petite soeur saine et sauve deux semaine plus tôt.
Automatiquement, la jeune Danvers s'était rapprochée de Léna tout en laissant une distance raisonnable entre elles. Éliza pensait que Léna était une très bonne amie de lycée de sa fille cadette et Alex refusait d'accepter que sa soeur grandissait.
Sans le vouloir, Kara frôla la jambe de Léna avec la sienne. La brune déglutit difficilement. Entendant le coeur de la brune s'accélérer, Kara compris qu'elle venait de faire de l'effet à Léna.
Buvant une gorgé de son café, la jeune Danvers jeta un coup d'oeil à sa gauche. Léna essayait de paraitre neutre face à la situation qui venait de la déstabiliser. Cette scène éveilla l'esprit de vengeance de Kara. Léna était-elle vraiment préparée à ce que Kara s'apprêtait à faire ? Absolument pas.
C'est donc avec détermination, que la blonde mit son plan à exécution.
Elle ramena sa main sous la table et caressa le genoux de sa petite amie dans l'indifférence la plus totale.
Léna écarquilla les yeux, surprise, mais se repris aussitôt.
Elle jeta un regard désapprobateur à la blonde, cette dernière lui souriant victorieusement.
Ce geste avait déconnecté la jeune Luthor du monde qui l'entourait, ses pensées divaguants vers des idées beaucoup moins chastes.
Léna s'efforça d'oublier ces images et tenta de se reconcentrer sur la conversation.
Malheureusement, elle abandonna vite lorsque la main de Kara glissa dangereusement sur le haut de sa cuisse. Léna fit brusquement claquer sa tasse sur la table et se saisit de la main, un peu trop curieuse, de sa petite amie.
- Ça ne va pas Léna ? Questionna innocemment la jeune Danvers, un sourire taquin aux lèvres.
- Si. Tout va parfaitement bien, rétorqua Léna.
Kara s'échappa de la poigne de Léna et porta sa tasse à ses lèvres.
- Si elle s'avait ce que je lui ferais pour me venger.
Tout d'un coup, des images affluèrent dans la tête de la blonde à la suite des pensées de Léna. La silhouette svelte et dénudé de Léna penchée au dessus du corps toute aussi nu de Kara. Les deux jeunes femmes faisant l'amour presque bestialement.
Kara recracha instantanément son café, sous le choque, fixant Léna d'un regard autrui.
Surprise, Léna haussa un sourcil avant de subitement se rendre compte que Kara venait de voir toute la scène qu'elle s'était imaginée.
- Eh merde ! Laissa échapper Léna.
- Mais enfin qu'est-ce qui vous prend à toutes les deux ? Questionna Éliza d'un ton rieur.
- On… on vient de se rendre compte qu'on avaient oublié de faire un travail en espagnol. Il faut qu'on le face.
- Oui… oui c'est ça ! Du coup, on va monter dans ma chambre pour le faire, abdiqua Kara.
A peine avaient-elles expliqué leurs désarroi, que les deux jeunes femmes s'étaient sauvées à l'étage.
Réalisant les paroles de la brune, Alex fut prise d'un éclat de rire incontrôlable. Désemparée, Eliza questionna sa fille du regard.
- Mais, Kara ne fait même pas espagnol ! s'exclama Alex hilare.
Kara referma la porte de sa chambre et tourna vivement la tête vers une Léna essayant d'étouffer son rire.
- Il s'est passé quoi au juste ? Demanda Kara en se rapprochant de Léna.
- Je crois qu'on peut voir les pensées de l'autre maintenant ! Ria Léna en enroulant ses bras autour de la taille de Kara. Cette dernière passa ses mains dans le cou de la brune.
- Donc, tu as pensé à nous de cette façon ? Demanda Kara taquine.
- Humm… Je peux te montrer en vrai si tu veux ?
Sur ses mots, elle scella ses lèvres à celles de la blonde, intensifiant le baiser rapidement et plaqua sa petite amie contre la porte. Un gémissement de surprise sortit de la bouche de Kara.
Pendant que la langue de Léna partait à la découverte de la bouche de sa compagne, les mains de la brune devenaient de plus en plus baladeuses, passant sous le tee-shirt de Kara. La jeune Danvers frissonna au contact des mains de Léna contre sa peau et une palpitation naissait dans son bas ventre. Ses mains remonta le long du cou de Léna pour se perdre dans les cheveux soyeux de sa partenaire.
Le plaisir irradiait de leur deux êtres et Kara comprit qu'il fallait arrêter maintenant avant qu'elle ne perde définitivement le contrôle.
- Léna… murmura difficilement Kara. La brune avait lâcher ses lèvres pour s'attaquer à son cou et sa clavicule. Léna… il faut qu'on s'arrête…
En entendant les paroles de sa compagne Léna se stoppa et rencontra les yeux plein d'amour et de désir de Kara. S'arrêter là était une réelle torture pour les deux, mais elles se devaient d'y mettre un terme avant de déraper.
Leurs souffles courts et erratiques se mêlaient. Leurs lèvres étaient rougis et gonflées de part leurs échanges.
Kara papillonna des yeux et tenta de reprendre ses esprits. Elle avait encore la sensation des lèvres de Léna sur son corps.
- On devrait y aller doucement…
- Tu as raison, sourit Léna en remettant une mèches de cheveux blonde derrière l'oreille de sa petite amie.
Elle déposa un dernier baiser sur ses lèvres avant de se séparer définitivement de la blonde et de s'installer sur le lit de cette dernière.
- La télépathie devient un gros problème je trouve.
- Jusque là on a réussi à entendre l'autre sans vraiment le vouloir mais je pense qu'on peut s'entraîner pour entendre l'autre quand on le veut. On pourrait peut-être developper le lien sur plusieurs kilomètres.
- Comment tu veux procéder ? Questionna la blonde en s'asseyant face à la brune.
- Le mieux serait de s'entrainer. On va, chacune notre tour, penser à une phrase et le but de l'autre sera de la deviner.
- D'accord, ça ne devrait pas être trop compliqué. Je commence.
Kara se rapprocha de la brune et plongea ses yeux bleu dans ceux de sa petite amie. Au vu du visage sérieux de la blonde, Léna rigola.
- Lénaaa! J'arriverai jamais à me concentrer si tu rigoles.
- Je ne peux pas faire autrement Kara, s'exclama la brune en essayant de contenir son rire.
- Je n'y arrive pas, s'indigna la jeune Danvers.
- Rapproche toi, suggéra Léna. Elle prit les mains de la blonde dans les siennes. Essaye de penser à notre lien et à ton envie de lire dans mon esprit, ne pense qu'à ça.
Kara soupira mais reconnecta aussitôt ses yeux à ceux de Léna afin de faire ce que sa petite amie lui a demandée.
Elle pensa à Léna, à son regard, à son sourire et a son visage si parfait. Et tout à coup…
- Je crois en toi Kara Danvers.
Elle sortit précipitamment de l'esprit de Léna et lâcha les mains de sa petite amies pour le lever dans les airs.
- J'ai réussi ! S'écria la blonde fière d'elle.
- J'ai dis quoi ? Questionna Léna en relevant le sourcil gauche.
Kara approcha son visage de la brune. Mais s'arrêta à quelque millimètre d'elle.
- Que tu croyais en moi… murmura la blonde avant de déposer un baiser rapide sur les lèvres de la jeune Luthor. Bon aller à toi maintenant !
- Très bien.
Les deux jeunes femmes se remirent dans la position qu'elles avaient prise quelques minutes plus tôt.
Léna inspira et expira sans lâcher les yeux de sa partenaire. Et elle pénétra immédiatement dans l'esprit de la blonde.
- Mon dieu, qu'est ce qu'elle est belle ! Concentre toi Kara ! Pense à ta phrase, c'était quoi déjà ? À oui, le soleil brille aujourd'hui, le soleil brille aujourd'hui…
Léna explosa de rire.
- Oh non ! Elle a tout entendu
- C'est vraiment le bordel dans ta tête, continua Léna complètement hilare.
- Je suis désolé, s'excusa Kara amusée.
Contaminant la blonde avec son rire, les deux jeunes femmes s'étaient allongé sur le lit se serrant le ventre pour atténuer la douleur causée par leur fou rire.
Après cette petite action animé que éliza et Alex arrivaient probablement à entendre du rez-de-chaussée, Léna et Kara avaient réussi à se calmer et à retrouver une couleur normal.
- Demain on essayera de repousser l'autre de son esprit. Ce don est super mais je ne suis pas sûr que tu as envie d'entendre constamment ce que je pense.
- Mince, moi qui voulait utiliser notre lien pour obtenir les réponses aux examens de maths.
- Désolée chérie, mais ne compte pas sur moi pour ça.
Kara s'était figea au mot « chérie ». Était-ce un surnom que Léna venait de lui donner ou seulement un mot pour se moquer d'elle ? Elle reprit néanmoins une certaine convenance et réussit à faire comme si de rien n'était.
- Je te déteste
- Non tu m'adores. Il faut que je rentre mais on se voit demain pour notre entraînement ?
- Je suis vraiment obligée ? Demanda Kara en faisant une moue boudeuse.
- Oui, Je sais que tu détestes ça. Mais aujourd'hui, tu dois être capable de te protéger, je ne serais peut-être pas toujours là…
Léna avait récupérer ses affaires et avait enfilé son manteau avant de se pencher au dessus du lit pour embrasser Kara.
- Tu ne peux vraiment pas rester ? Demanda Kara.
Depuis leur rencontre, les filles savaient qu'un lien spécial les maintenait toujours près de l'autre. Mais ce lien avait augmenté depuis leur premier baiser. Se quitter, était un déchirement pour l'une comme pour l'autre. Sentiment qui s'intensifiant à chaque fois qu'elles s'éloignaient.
- Je suis désolée mais j'ai promis à Sam de venir avec elle dans la forêt cette nuit.
- Elle se contrôle mieux maintenant ?
- Il y a des haut et des bas. Elle a encore besoin d'entrainement.
- J'espère pouvoir vous accompagner un jour…
- Tu le feras bientôt je te le promet, ta première transformation était incroyable ! Très peu de jeune loup arrive à faire ce que tu as fait.
- Ne part pas, supplia Kara en agrippent le bras de la brune.
- On se voient demain et je t'appelle ce soir.
Kara fit une moue triste à laquelle Léna succombait toujours. Elle prit le menton de Kara entre ses doigts et embrassa cette dernière sur les lèvres. Le baiser dura quelques secondes avant que la brune n'y mette fin. Elle laissa ses doigts courir le long de la joue de sa petite amie avant de se retourner et de sortir de la chambre.
La blonde passa sa langue sur ses lèvres pour en recueillir le goût de Léna. Soupirant d'aise, la jeune femme s'écrasa sur son lit en passant une main dans ses cheveux. Elle repensait à ce moment où elles étaient sur le point de ne plus pouvoir faire marche arrière. Les joues de la jeune Danvers s'empourprèrent et Kara se couvrit les yeux à l'aide de ses mains.
Elle ne pouvait dire qu'une seule chose de cet après-midi. INCROYABLE !
Bonjour, j'espère que vous allez bien, je suis toujours très contente de vous retrouver avec ce nouveau chapitre qui j'espère vous aura plus ! Quand avez-vous pensés ?
À ce jour, il reste normalement plus que six chapitres à cette histoire, nous approchons doucement de la fin. Mais je travaille actuellement sur le premier chapitre d'une nouvelle histoire Supercorp que je posterais juste après celle-là et j'espère qu'elle vous plaira autant que celle-ci !
Je vous souhaite une bonne semaine et n'hésités surtout pas à me dire ce que vous avez pensés de ce chapitre.
