Le froid. La noirceur. Les hurlements. Voilà les seules choses que Kara arrivaient à ressentir.
Recroquevillée derrière le canapé, Kara revivait inlassablement l'assasinat de ses parents. Elle était effrayée et fatiguée face à la situation. Elle était impuissante.
Tout à coup, ils cessèrent. Kara sortie doucement de sa cachette et descendit les escaliers d'un pas lent et soucieux.
Au rez-de-chaussée tout était calme. L'horloge du salon faisait sa cacophonie habituelle et la petite blonde marchait à chaque tic tac qu'émettait la trotteuse.
— Maman ? Papa ? Appela la blonde de sa petite voix enfantine.
Elle était redevenue une petite fille de quatre ans, celle qu'elle était le soir du meurtre.
Kara s'avança dans le salon mais la jeune fille se prit les pieds dans quelque chose et tomba à plat ventre sur le sol. Étendu de tout son long, Kara remarqua que tout son corps baignait dans quelque chose de liquide et de chaud…
Les rayons de la lune se mirent à éclairer la pièce. Pas suffisamment pour voir tout le salon, mais assez pour découvrir ce qui avait causé la chute de la blonde.
Un cris de terreur sortie de la bouche de la petite fille. Elle se recula à l'aide de ses mains, toujours assise sur le sol.
Le corps de son père était étendu sur le sol, les yeux grands ouverts et un trou béant au niveau de la gorge, les larmes de Kara dévalaient rapidement ses joues.
Soudain le cadavre de son père se mit à bouger. Kara recula de peur.
— Que fais tu debout à cette heure là, Kara ?
Kara se retourna subitement, tombant nez à nez avec sa mère. Seulement, la personne face à elle n'avait rien à voir avec la femme qu'elle avait pu être à l'époque. Elle n'était plus que l'ombre d'elle même et Kara mit sa main devant sa bouche pour retenir un cri d'horreur. Son teint habituellement bronzé, était à présent cadavérique, les cernes sous ses yeux la faisaient paraitre bien plus âgée qu'elle ne l'était et une partie de son visage était griffé profondément laissant des boues de chairs pendre de son visage. Sa chemise, auparavant blanche, était maculée de sang.
La blonde ne bougea pas, totalement horrifié par ce qu'elle voyais. Alura s'avança vers sa fille, une sourire étrange placé aux coins des lèvres. Elle se mit alors à tourner autour de Kara tel un fauve tournant autour de sa proie. Le coeur de la jeune fille se mit à battre tellement fort dans sa poitrine que la blonde ne pouvait plus s'entendre penser. Alura continuait son inspection, détaillant Kara de haut en bas.
— Tu aurais du mourir… dit-elle seulement.
Kara se mit à froncer les sourcils. Elle ne comprenait pas les mots de sa mère.
— Tu n'es pas légitime à être en vie, alors que ta famille ne l'est plus.
Voulant s'échapper Kara se retourna mais s'arrêta dans sa lancé en voyant son cousin aider son père à se relever afin de lui barrer la route.
— Où vas-tu Kara ? Demanda Kal-el en la regardant avec un sourire malveillant.
— Je veux m'en aller, laissez-moi partir ! S'écria la petite fille en pleurant.
— Tu veux encore nous abandonner, demanda son père.
— vous n'êtes pas réels, rien de tout cela ne l'est ! Cria Kara en se bouchant les oreilles.
— Viens avec nous Kara.
Son nom était répété sans cesse et Kara n'entendait plus rien d'autre que cet écho. Elle hurla de rage et de souffrance. Comme si le temps changeait en fonction de son humeur, le vent se leva à l'extérieur de la maison, le ciel se couvrit et le tonnerre se mit à gronder.
Sa famille se rapprochait d'elle avec des regards noirs menaçants. Son père lui agrippa le bras et Kara se débattis inlassablement contre lui.
— Arrêtez ! S'il vous plait, sanglota Kara, épuisée.
Dans ses dernières forces la blonde rejeta le bras de son père et s'éloigna des trois membres de sa famille, devenu inconnu à ses yeux. Un éclaire jaillit du ciel et détruisit la maison en deux atterrissant juste entre les jambes de la jeune fille, suivit d'un grondement.
— STOP ! Cria-t-elle.
Soudain le sol se fissura d'un coup et Kara se mit à tomber dans les profondeurs des limbes.
La chute ne dura que quelque instant et quand Kara heurta le sol dur, elle avait de nouveau son corps d'adolescente. Il faisait sombre, mais des lampadaires illuminaient la rue dans laquelle elle était tombé. Il n'y avait plus de vent et en levant la tête Kara aperçu les étoiles dans le ciel sans nuage.
La scène qu'elle venait de vivre n'était qu'un cauchemar, semblable à tous ceux qu'elle avait pus faire avant. Pourtant celui là était différent, il lui avait fait vivre les plus grandes craintes de la jeune femme. Elle n'avait pas simplement revu la mort de sa famille, elle avait entendu ses proches lui dirent qu'elle aurait dû mourir avec eux. Kara respira grandement, chassant par la même occasion, les images de son prétendant rêve. Observant les lieux, Kara découvrit qu'elle était dans une rue de Midvale, seulement, elle n'avait aucunes idées de comment elle était arrivé ici. Était-t-elle somnambule ? Elle tenta de se souvenir de la dernière chose qu'elle avait fait mais rien ne lui venait en tête. Elle avait l'impression d'avoir le cerveau dans le flou total et cela l'agaçait au plus haut point.
— Kara ?
La blonde se retrouva et fit face à sa mère et son père. Ils n'étaient pas défigurés et maculés de sang comme dans son rêve, ils étaient seulement normaux.
— Maman ? Papa ? Demanda Kara doucement pour en être certaine.
Alura s'avança d'un pas lent avant de prendre le visage de sa fille entre ses mains.
— C'est bien toi ? Ma toute petite fille ?
— C'est moi maman.
Alura entoura Kara de ses bras et lui fit l'étreinte la plus serrée qu'il était possible de faire.
— Je n'arrive pas à y croire, tu es magnifique ! S'exclama la plus vielle dans les cheveux de Kara.
— Est-ce que tu es vraiment là ? Demanda Kara en s'accrochant à sa mère. Ou tu es seulement un souvenir ?
— Je suis vraiment là, du moins, mon âme est ici. C'est un endroit où tous les loups vivent heureux et en harmonie. Nous sommes là où nous devons être Kara, mais…commença elle en fronçant les sourcil, toi, tu n'es pas à ta place ici, pas encore.
— Je ne veux plus me battre maman, c'est trop dur.
— La vie est une succession d'étapes ma fille, tu devras toujours te battre pour obtenir ce que tu veux.
— Je veux rester avec vous.
— Et rendre ta famille malheureuse ?
— C'est vous ma famille.
— Mais tu as une autre famille Kara, une famille qui, elle, est bien en vie. Tu ne peux pas partir et décider de tout abandonner.
— Ils n'ont pas besoin que je sois là, il seront bien mieux sans moi.
— En es-tu vraiment sûre ? Regardes.
Kara se retourne et n'est plus dans la rue. Sa mère et elle se retrouvait à présent dans un hôpital.
— Qu'est-ce qu'on fait là ?
— Je te montre ce pourquoi tu dois rentrer.
Alura, poussa la première porte qu'elles venaient de croiser et Kara la suivit sans comprendre ce qu'elle faisait ici. Elle fut surprise de découvrir son corps dans un lit. Branché à plusieurs machines, des médecins discutaient de son état avec sa famille.
Léna lui tenait la main assise à coté de son lit. La jeune femme avait le teint blafarde et écoutait attentivement les professionnels. Kara s'approcha pour mieux entendre ce qu'il se disait.
— Votre fille à de nouveau fait un arrêt ce matin. D'un point de vue clinique elle va parfaitement bien, mais pour des raisons obscures, elle refuse de se réveiller et continue de s'enfoncer. Nous n'arrivons pas à en comprendre la cause. C'est comme si son corps ne voulait plus se battre.
— Est-ce qu'elle a des chance de se réveiller ? demanda Éliza les larmes aux yeux.
— C'est à elle seule de décider si elle veux vivre.
Les médecins quittèrent la chambre après avoir gentiment saluer les trois femmes.
Léna reporta son attention sur Kara, elle passa une main dans les cheveux blond de sa petite amie et les larmes dévalaient ses joues sans qu'elle ne le veuille vraiment.
— Je t'en pris mon amour, tu dois te battre.
Alex, elle, pleurait à chaudes larmes, ses reniflements et ses yeux rouges, confirmaient qu'elle était anéantie. Elle prit la deuxième main de sa soeur et la serra très fort.
— S'il te plait Kara on a besoin de toi… Tu… es la personne la plus fo…forte que je connaisse, dit Alex la voix prise de plusieurs soubresauts. Tu es un membre de cette famille, et tout le monde t'aime Kara. Je sais que… que le début de ta vie n'a pas été facile pour toi. mais je veux que tu… que tu saches qu'on va tout faire pour que le reste de ta vie soit magnifique.
Éliza prit sa fille ainée dans les bras et lui déposa un baiser sur le haut du crâne.
— Vous devez continuer à lui parler les filles. elle vous entend et elle va se réveiller j'en suis sûr.
— Qu'est-ce qu'il se passe ? Demanda Kara à sa mère.
— Tu meurs. Répondit simplement Alura.
— Mais… c'est réel ? ça se passe vraiment ?
— C'est aussi réelle que ce que tu es en train de vivre Kara. Ta famille attend que tu te réveilles depuis deux jours, mais tu t'enfonces dans la mort.
— Pour… pourquoi ?
— Si tu décides de rester avec nous Kara, que tu dis adieu à ta vie humaine, tu mourras.
— Et si elle ne se réveillait jamais ? Demanda Alex abattu je ne pourrais pas vivre sans ma petite soeur, finit-elle par sangloter.
— Non, non Alex je suis là, je te vois, regardes moi !
Kara s'avança rapidement à coté de sa soeur et tenta de la toucher. Malheureusement sa main traversa la joue d'Alex.
— Qu'est-ce que… qu'est-ce qu'il se passe, pourquoi je ne peux pas la toucher ?
— Tu n'es pas au même endroit qu'elle Kara, elle ne t'entend pas, ne te vois pas et ne peux pas te sentir non plus. La Kara de leur monde, c'est celle que tu vois sur ce lit d'hôpital… expliqua Alura tristement.
Léna regardait Alex et Éliza tristement, ne sachant pas quoi répondre à la brune. Elle était totalement démunit et ne savait pas elle même si la femme qu'elle aimait aller se réveiller un jour. Ce constat faisait mal au coeur de la Luthor. Elle ne dormait presque plus, ne quittait plus la chambre de Kara et mangeait que le stricte minimum. Elle était dévastée et voulait revoir le sourire éclatant et malicieux de sa petite amie. Elle s'était rappelée de ce que John lui avait dit sur le lien d'âme soeur « si l'un des deux meurt, l'autre se laissera mourir aussi » et c'était vrai. Si Kara mourrait, Léna ne tarderait pas à la rejoindre, incapable de vivre sans elle. Elle le savait à présent, elle ne pouvait pas vivre sans la présence et l'amour de la femme qu'elle aimait. Elles étaient liées toutes les deux et elles ne pouvaient se défaire de ce lien si puissant, c'était indéniable.
— Je crois en elle, dit soudainement Léna. Elle est forte, elle déjà affronté pire que cela, elle va revenir, j'en suis certaine.
— Je suis là Léna, je suis auprès de vous… je t'aime tellement, si tu savais.
— Tu ne peux pas les abandonner Kara, surtout pas Léna. vous êtes âme soeur.
— Comment le sais-tu ?
— Je l'ai toujours su. Cette façon que vous aviez de vous protéger l'une et l'autre, de vous regarder, alors que vous n'aviez que quatre ans. J'ai tout de suite vu ce que vous étiez.
—Je l'ai perdu pendant tellement d'années…
— Vous êtes faite l'une pour l'autre. Tout comme tu es faite pour vivre dans la famille Danvers.
— Je ne veux pas vous quitter…
— Mais tu ne nous quitte pas Kara, nous sommes toujours là, avec toi, répondit Alura en touchant l'endroit où le coeur de Kara reposait.
Kara prit sa mère dans ses bras longuement avant de se détacher d'elle et de soupirer.
— Comment je fais pour y retourner ?
— Pense très fort à ton amour pour eux et à ton envie de retourner auprès d'eux, dans le monde des vivants.
Kara ferma les yeux et se concentra sur le lien qu'elle a avec Léna, à son amour pour elle et pour sa soeur, l'envie qu'elle a de serrer très fort sa mère adoptive dans ses bras. Puis tout devient flou. Kara se laissa porter par le courant, suivant la clarté qui semble prendre de l'ampleur dans son champs de vision. Le bruit des machines résonnaient dans ses tympans. Une main chaude tenait la sienne et Kara commença à remuer les doigts.
Léna sursauta au mouvement et dirigea son attention sur la main de la blonde.
— Elle a bougé les doigts ! S'écria la jeune Luthor.
— Quoi ?
— Elle a bougé les doigts, j'en suis sûre !
— Kara ? Tu m'entends ? Si tu m'entends sert ma main.
Kara se concentra grandement pour réussir à exercer une pression sur les doigts de sa petite amie.
Léna écarta les yeux de stupeur.
— Kara ?
Kara papillonna des yeux afin que la lumière ne lui agresse pas la rétine. La blonde grimaça et poussa un grognement.
— Oh mon dieu Kara, tu es réveillée ! s'exclama Alex qui se jeta sur sa soeur.
— Dou… doucement Alex… réussi à dire Kara d'une voix cassé.
— Bienvenue dans le monde des mortels ma chérie, s'exclama Éliza heureuse de voir sa fille adoptive enfin réveillée.
Léna sera plus fort la main de Kara et cette dernière fit de même en regardant sa petite amie qui pleurait de bonheur.
C'est la suprise du jour. Puisque je vais partir travailler à la fin de la semaine, je ne suis pas sur d'avoir du réseau la bas du coup je vais vous poster un chapitre tout les jours jusqu'à vendredi ! j'espère que celui-ci vous plaira. Bonne journée et à demain.
