Le vent siffla faisant bouger mes mèches roses. Je n'en tins pas compte, toute mon attention portée sur la déesse qu'était Hinata dans sa robe de mariée. Ses lèvres, rendues encore plus pulpeuses par le léger ajout de maquillage, s'étiraient en un doux sourire tandis qu'elle regardait mon ami, Naruto. Mon coeur se pinça en voyant leurs deux regards remplis de tendresse, mais j'ignorai ce sentiment grandissant pour détailler le reste de la lente avancée de la jeune femme. Ses pas reflétaient la grâce d'un ninja et ses genoux faiblement pliés indiquaient sa mise en garde continuelle. Si l'on observait bien, presque toute l'assemblée se tenait similairement, mais personne n'y faisait attention, car les yeux de tous étaient dirigés vers la sublime Hyûga. Lorsqu'une nouvelle brise souffla, ses cheveux relevés dans une magnifique coiffure se balancèrent emportant son parfum avec elle. Une douce odeur de lilas envahit mes narines et je pensai avec une certaine mélancolie qu'Hinata était vraiment la femme faite pour l'Uzumaki. Je lorgnai du coin de l'oeil celui que j'avais pris pour mon meilleur ami, mais qui était définitivement plus pour moi. Hélas, le temps avait défilé sans que je m'en aperçoive amenant avec lui, mon réveil tardif. Malgré cela, je chérissais plus que tout ma position de dame d'honneur parce que je ne voulais que le bonheur des deux. Tandis que Hiashi s'assit et que sa fille se positionna face à Naruto, la voix basse de la personne récitant les engagements retentit. Lorsque le ton de mon ancien coéquipier résonna pour énoncer ses voeux, je vis les prunelles d'Hinata briller de larmes. L'expression du blond s'adoucit et il n'attendit pas la phrase: «Vous pouvez embrasser la mariée.» Il saisit le menton de sa femme et l'embrassa avec une passion évidente. Tout le monde applaudit en souriant. Je fis de même, mais je savais que ma mimique comportait une tristesse égoïste. Je l'effaçai pour la remplacer par une plus chaleureuse. Il était trop tard et il en serait toujours ainsi. Je devais jeter aux oubliettes tout ce que j'avais cru pouvoir ressentir envers le blond parce que ça ne ferait qu'amener une souffrance à des gens qui ne le méritaient pas. Je cadenassai cette partie de moi-même dans le fin fond de mon être. Je laissai, néanmoins, la réconfortante brûlure de douleur marquer inlassablement au fer rouge mon âme. Accompagnée de cette sensation, j'entrepris de me délecter visuellement de la danse d'ouverture. Les mouvements des engagés étaient d'une symbiose hypnotisante. Je perdis la notion du temps en les regardant se mouver. Ce fut la voix de Kakashi m'invitant à guincher qui me sortit de ma contemplation. Je clignai des yeux ne saisissant pas tout à fait la situation. J'acceptai en comprenant que c'était une sorte de tradition. Nous gardâmes une distance fort raisonnable. Nonobstant l'espace entre nous deux, j'entendis parfaitement les paroles qui sortirent à travers son éternel masque.

-Dois-je conserver le costume pour un futur mariage ?

L'alto du shinobi à la chevelure grise était rieur alors que son doigt pointait la missive de Sasuke dans un des replis de ma robe. Je compris parfaitement son sous-entendu et souris doucement. J'avais oublié que pour le monde extérieur, j'étais encore folle du noiraud.

-À vous de voir si vous irez à leurs mariages, répondis-je en désignant de la tête Ino, Saï, Shikamaru, Temari, Chôji et Karui.

Lorsque je tournai ma tête vers sa silhouette, il bloqua mon regard dans le sien. Après un certain temps, j'y lus une relative surprise.

-Plus intéressée en Sasuke, alors ?

Je secouai ma caboche et laissai tomber sa main de la mienne en me reculant alors que la musique s'arrêtait lentement. Je partis en direction de la table des breuvages et malgré la fraîcheur incalculable des breuvages, la même douloureuse chaleur ne quittait pas mon être. La morsure lancinante ne me déplaisait pas, elle me donnait la force de continuer afin de voir l'être aimé heureux. Tandis que je dégustais mon énième verre de saké, je pus observer l'épanouissement de ceux qui avaient été jadis mes camarades de classe. C'était à mon tour de suivre leurs pas et d'éclore, car après tout «ça n'a pas de sens, une fleur qui ne s'épanouit pas», n'est-ce pas ?