Mot de l'auteur

/!\ Cette histoire est une réécriture en version boy x boy de "La quête des Livres-Monde" de Carina Rozenfeld, l'histoire et les personnages lui appartiennent ! Les livres peuvent être acheter sur amazon, fnac et en librairie ! (Environ 5 à 14 euros le livre et environ 30 euros l'intégrale) pour soutenir l'auteur et la financer dans ses projets ! /!\

PS : Les personnages autres que Nathan, Zayn, Lia et Aela ne m'appartiennent pas ! Ils sont de Carina Rozenfeld, une écrivaine très talentueuse que j'admire !


Un rayon de soleil chatouilla la joue de Nathan et le réveilla. Il ouvrit les yeux en pensant qu'il était déjà crevé avant même de mettre un pied par terre. Son réveil s'était déclenché depuis dix minutes, mais il n'avait rien entendu. Se retournant d'un coup dans son lit, il marmonna quelques mots indistincts et plongea la tête dans l'oreiller, prêt à se rendormir. De toute façon, l'année était terminée. Son sort était scellé, et le lycée fermait ses portes dans une semaine pour accueillir les épreuves du bac : il pouvait bien sécher les cours et dormir quelques heures de plus, ça ne changerait rien.

Puis, doucement, les événements de la nuit refirent surface, le forçant à ouvrir complètement les yeux.

- Des ailes, murmura-t-il.

Il se redressa brutalement et se précipita vers le miroir de son armoire. Elles étaient bien là, toutes blanches dans la lumière du matin.

- Ce n'était pas un rêve… Merde !...

Nathan les observa battre doucement dans son dos. Elles paraissaient avoir un peu grandi dans la nuit. Avec précaution, il passa une main sur celle de droite. Elle était faite d'une fine membrane, très douce. Il les regarda longtemps, comme si, en les fixant, il allait les faire disparaître et renvoyer toute cette aventure aux oubliettes. Mais elles semblaient disposées à s'installer dans son dos définitivement.

Nathan se rassit sur son lit et enfouit son visage entre ses mains.

- Pourquoi ce n'était pas un rêve ? Je ne veux pas avoir des ailes ! Je veux redevenir comme avant !

Il chercha dans sa mémoire quel crime il avait pu commettre pour être puni de la sort et ne trouva rien d'assez grave. Mais alors...

- Pourquoi ça m'arrive ? Je suis un mutant ? Un X-Man, c'est ça ? Ça existe vraiment en fait !

Les images des films qu'il avait vus sur les X-Men lui revinrent à l'esprit. Des ados avec des pouvoirs différents selon les cas. Il se souvenait de celui qui pouvait fabriquer de la glace à partir de rien, et un autre du feu en claquant des doigts. Évidemment, il pensa aussi à Angel, le mutant aux ailes d'ange. Celui-là l'avait particulièrement marqué parce qu'en voyant le film il avait trouvé ça cool d'avoir des ailes. Mais finalement, maintenant qu'il les sentait caresser son dos, il aurait bien laissé ce rôle à un personnage de comics.

Il repensa aussi à l'école du professeur Xavier dans laquelle tous les mutants allaient se cacher pour apprendre à maîtriser leurs facultés. Et si, dans la réalité, il y en avait aussi d'autres comme lui ? Il fallait qu'il les retrouve ! Nathan n'avait qu'un seul moyen de vérifier tout cela.

Il enfila un tee-shirt, alluma son ordinateur et se connecta directement sur Google.

Il tapa en mots-clefs « ailes ». « Pousser des ailes ». « J'ai des ailes dans le dos ».« Mutants ». « Ange ». « Ailes d'ange ».

Pendant un long moment, il effectua ainsi des dizaines de recherches, sans succès. Il trouva des articles sur Angel, sur les X-Men ou bien sur le film La cité des anges. Il y avait des poèmes de personnes qui avaient perdu quelqu'un de proche et qui parlaient de leur ange, il y avait des textes oniriques, des symboliques de rêves, des sites bloqués par le contrôle parental, il y avait des explications sur comment les oiseaux et les avions volaient... Des milliers de pages, et rien ne correspondait à ce qu'il cherchait. Visiblement, il était seul sur terre à avoir une paire d'ailes dans le dos. Ou alors personne n'osait en parler sur le Net.

Finalement, il se connecta sur son blog. Il voulait juste lire les commentaires. Ce matin, il n'était plus le Nathan de la veille, le garçon léger dont le seul souci était de savoir s'il passerait en première S. Il ne se reconnaissait plus dans ce qu'il avait écrit ces derniers jours. La blague de Mosquito-Man ne le faisait plus rire du tout.

Il y avait bien deux nouveaux commentaires :

Posté par I_Love_Blood à 13h35 : Coucou Nathan, ça faisait longtemps que je n'étais pas passé sur ton blog. J'ai rattrapé mon retard et je voulais te souhaiter bonne chance pour demain. Tu n'oublies pas de venir nous raconter comment ça s'est passé, ok ?

Posté par Eyver à 8h40 : Bonjour, James. J'espère que ta nuit n'a pas été trop mouvementée. Ne t'inquiète pas, après, ça ne fait plus mal. Par contre, tu vas voir, tu vas « planer ». Bonne journée.

Nathan sursauta à la lecture de ce commentaire. Il le relut une fois, puis deux. Eyver ! Encore lui ! Ce mystérieux Eyver avait raison. Il n'avait plus mal depuis que les ailes étaient sorties. Et il lui parlait de « planer ». Il était au courant ! Il savait ce qui lui était arrivé ! C'était la seule explication possible. Comment était-ce possible ? Qui était ce Eyver ?

Sous l'effet de la surprise, le jeune homme se leva d'un bond. Des milliers de questions tournaient à toute allure dans sa tête. Quelque part derrière un écran, il y avait une personne qui le connaissait, qui savait tout à son sujet. Il fallait qu'il la contacte, qu'il la rencontre, qu'il lui demande pourquoi et comment. Nathan s'habilla, perdu dans ses pensées, et se rendit dans la cuisine, affamé.

Sur l'ardoise, sa mère lui avait adressé un petit mot avant de partir au travail : « j'espère que tu vas mieux, appelle moi quand tu te réveilles. Maman. » Nathan sourit. Il se demanda pourquoi elle signait toujours ses petits mots « Maman ». Il savait très bien que c'est elle qui lui écrivait !

Le garçon sortit deux chocolatines du congélateur et les posa sur le plateau du micro-ondes. En les observant tourner dans le four du coin de l'œil, il appela sa mère.

- Salut, maman, c'est moi... Je vais mieux... Je crois que j'ai dû avaler un truc que je n'ai pas digéré... Oui, ça doit être l'angoisse... Maintenant c'est passé... Je vais au lycée...Non, non, ça va, je t'assure. Je n'ai pas envie de rester ici à tourner en rond... Je t'embrasse, maman, à ce soir.

Nathan raccrocha, sortit les chocolatines brûlantes et les dévora comme s'il n'avait pas mangé depuis des semaines. Il finit de se préparer et, avant de partir, vérifia que ses ailes ne se voyaient pas sous ses vêtements. A son grand soulagement, rien ne se devinait. On avait juste l'impression qu'il avait les omoplates un peu saillantes.


Une fois arrivé au lycée, il se rendit directement en cours d'histoire et se glissa près de Lia alors que le professeur entrait dans la pièce.

- Tiens, te voilà ! Tu es guéri ? chuchota Lia.

- Oui, ça va mieux.

Nathan mourrait d'envie de tout lui avouer, mais il avait trop peur de la réaction de son amie pour oser dire quoi que ce soit. Alors il se tut.

- Tu as quand même une sale tronche. On dirait que tu n'as pas dormi de la nuit.

- C'est un peu ça...C'était quoi le film que tu avais loué ?

-Randonnée intersidérale. Tu n'as rien manqué, c'est un navet intergalactique. Je n'ai même pas regardé la fin.

Nathan sourit. En s'immergeant dans son univers familier, il se détendit. L'espace d'un instant, il oublia qu'il était différent et se sentit un élève comme les autres. Puis, comme une brèche dans la réalité, le souvenir de la nuit lui revint et son cœur se figea quelques secondes dans sa poitrine. Il se tassa sur son siège pour masquer ses omoplates étrangement pointues

La classe entière bâillait. Lia envoyait des textos à un mec qu'elle avait rencontré sur un forum Internet et Nathan griffonnait des anges sur son cahier. Il était perdu dans ses pensées, se demandant comment contacter ce mystérieux Eyver.

Enfin, la sonnerie retentit et les élèves filèrent à toute vitesse dans la cour.

- Comment tu te sens pour ce soir ? demanda Lia en rangeant son téléphone dans sa poche.

- Ce soir ? Y a quoi ce soir ?

- Nathan ! Arrête, ça fait des jours que tu stresses comme un malade pour le conseil de classe !

- Ah oui ! Je suis crevé, désolé ! Je ne sais pas. Je verrai bien. De toute façon, si je ne passe pas en S, ce n'est pas un drame !

- Hein ? On t'a lobotomisé cette nuit ou quoi ? Tu saoules la Terre entière avec ça depuis le deuxième trimestre à cause de ta moyenne de neuf en math et là, tu t'en fout ?

- Bah, si je ne peux pas devenir pilote, je trouverai un autre moyen de voler !

- Ouais, c'est ça. Je te vois bien en hôtesse de l'air !

Lia se mit à ricaner. Nathan lui donna un coup de coude dans les côtes.

- Crétine.

Ils se rendirent tranquillement vers la classe de physique. Mais leur professeur était absent.

- Cool, je vais pouvoir retourner discuter avec Denis ! s'exclama Lia.

- C'est qui celui-là ?

- C'est le mec des textos ! Il est génial. Je l'ai rencontrée sur un forum de ciné. Lui aussi a détesté Randonnée intersidérale.

- Ah oui, vous avez plein de trucs en commun alors.

- C'est ça, fous toi de moi ! Contrairement à d'autres, je rencontre du monde. Je ne reste pas bloqué comme un malheureux sur une fille qui ne veut pas de moi !

- Rassure-toi, Aela c'est terminé.

Au moment où il disait c'est mots, Nathan se rendit compte que c'était vrai.

- Ouais, c'est ça, hier tu pleurais encore sur ton blog.

- Mais aujourd'hui n'est pas hier. Tu viens, on rentre. J'ai besoin d'aller courir.

Comme Lia et Nathan habitait dans le même immeuble, ils rentraient toujours ensemble.

- Tu ne veux pas monter à la maison avec moi ? Tu vas toujours courir, mais après quoi exactement ?

- Bonne question..., répondit Nathan,songeur.


Dans ses oreilles, sa musique rythmait la course de ses pas. Il allait vite. Il accéléra encore et encore, comme s'il était poursuivi. Et d'une certaine manière, il l'était bien : à chaque mouvement de bras, il devinait le duvet des ailes qui lui caressait le dos. Cette sensation le surprenait, le déstabilisait, l'inquiétait. Rapidement, il se retrouva à bout de souffle et dut se rendre à l'évidence : même en courant comme le vent, il n'arriverait pas à les laisser derrière lui. Il lui faillait apprendre à les accepter, à vivre avec.

Il n'avait pas le choix.

Il repensa à ce Eyver. Durant la journée, une idée avait germé : en rentrant, il laisserait un article sur son blog, destiné à cet homme. Rassuré par cette solution qui se profilait, il courut encore plus d'une heure, porté par les giclées d'adrénaline qui secouaient son corps différent, étranger.

Il termina en marchant lentement pour retrouver son souffle et ôta ses écouteurs : il avait besoin de calme.

Soudain, un bruit étrange le fit sursauter. C'était un son de roue mal huilée, grinçant sur le gravier. Il l'avait déjà entendu, mais quand ? Il se retourna et eut juste le temps d'apercevoir une chaise roulante disparaître derrière un buisson de bambous. Ou avait-il entendu ce bruit auparavant ?

Une fois sous la douche, Nathan se demanda s'il devait savonner ses ailes. Comment ça se nettoyait des machins pareils ? Il les étendit au maximum et décida plutôt de les shampouiner. Il avait un shampoing doux, pour les cheveux délicats ; voilà qui lui semblait très approprié au duvet blanc qui recouvrait la membrane de peau. Il se contorsionna pour les frotter entièrement, et les trouva un peu plus grandes. Quelle taille feraient-elles à la fin ? Pourraient-elles le porter, le faire voler ? Cette idée merveilleuse commençait à se faire une petite place au fond de lui, l'aidant à accepter doucement leur présence.

Voler était le rêve de Nathan depuis qu'il était tout petit. Pour ses dix ans, ses parents lui avaient offert un tour en montgolfière. Et pour ses douze ans, un survol de la ville en hélicoptère. Chaque fois, il en était ressorti ébloui, avec la certitude qu'il ne serait heureux, dans sa vie, que dans le ciel. Depuis ce jour, il avait décidé qu'il deviendrait pilote de ligne pour vivre dans les nuages. Et voilà qu'aujourd'hui il avait des ailes !

Assis devant son écran, il regarda la lucarne vierge de son nouvel article clignoter. Que devait-il écrire ? Comment présenter les choses ? Il fallait être assez subtil pour que seul Eyver comprenne ce qui se passait. Ce, n'était pas simple de trouver les mots...

Alors qu'il s'apprêtait à se lancer, le téléphone sonna. Il jeta un coup d'œil sur le nom qui s'affichait. C'était le délégué de classe ! Il sortait du conseil ! Nathan décrocha, fébrile.

- Allô ?

- Nathan, c'est Louis.

- Bonsoir, Louis. Ça y est ? C'est déjà fini ?

- Eh oui ! Et je t'appelle pour écourter ton angoisse.

- C'est cool, merci. Alors ?

- Alors c'est bon, tu passes en S ! Les profs ont trouvé que tu avais vraiment bien remonté tes moyennes au dernier trimestre et,selon eux, ça veut dire que tu es capable de fournir des efforts en première. Par contre, ils te conseillent de travailler plus, sinon tu vas être largué.

Nathan ferma les yeux et souffla. Il avait réussi ! Il passait en S !

-Merci, Louis. Je prends note de tout ça...

-Pas de quoi, je te laisse, j'ai un double appel, c'est certainement un autre élève qui vient aux nouvelles.

-Merci encore, bonne soirée… Au fait ! Et Lia ?

-Elle passe en S aussi.

-C'est génial ! A demain au lycée !

-Salut !

Nathan coupa la communication et regarda le téléphone comme si c'était lui qui avait annoncé la bonne nouvelle. Quel soulagement ! Revenant à sa nouvelle préoccupation, il se tourna vers son écran. Il n'avait toujours pas écrit un mot. Il était temps de lancer une bouteille à Eyver.


Le blog du Bric à Brac !

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I am a champion my friends !

Oyez, oyez, brave gens, accourez pour lire la grande nouvelle : JE PASSE EN PREMIÈRE S !

Vous pouvez souffler, je ne vous gaverai plus avec ça, je ne viendrai plus me plaindre que j'ai les méga boules à l'idée de ne pas y arriver. Mais ne vous en faites pas, je trouverai rapidement un autre sujet passionnant pour illuminer vos journées !

Depuis hier, ma vie a changé !

J'ai été malade cette nuit. J'ai passé un sale moment, et ce matin, j'ai eu la certitude de ne plus être le même. Que plus jamais je ne serai le même. Vous vous souvenez de la chanson dont je vous ai parlé hier ? « I believe I can fly », c'est son titre. Ça veut dire « Je crois que je peux voler ». Eh bien, ce soir, j'en suis sûr. Je me sens léger. A croire que des ailes m'ont poussé dans le dos. D'ailleurs, l'un d'entre vous m'a laissé un commentaire ce matin qui me disait que ça allait planer pour moi. Je remercie cette personne pour sa prédiction exacte. J'aimerais bien qu'elle me contacte en privé pour que je puisse en parler avec elle !

Allez, trêve de plaisanterie. Ce soir, je vais fêter et savourer ma petite réussite, alors je trinque avec vous ! Tchin !


Nathan relut sa prose, posta le texte et resta planté quelques minutes devant son écran. Il savait que certains de ses lecteurs recevaient une alerte pour leur signaler qu'un nouvel article était en ligne. D'ici cinq minutes, il aurait des commentaires. Eyver en ferait-il partie ?

Pour faire passer le temps, il mit de la musique. Puis réactualisa la page. Rien, pas de commentaire. Il attendit la fin de la chanson et réactualisa à nouveau.

Posté par ThéAuJambon à 20h04 : Yeeeesss ! Bravo mon chéri ! Tu es le meilleur, mais je n'en doutais pas ! Et si, pour fêter ça, tu demandais un billet de train à tes parents ? Je pourrais m'occuper de toi pour faire passer les tensions que tu as accumulées ces derniers jours. Qu'est-ce que tu en dis ? ;-)

Nathan rougit en lisant la réponse de ThéAuJambon. Même si c'était très tentant, ce n'était pas celle qu'il attendait...

Au bout de dix minutes, il avait deux autres commentaires qui le félicitaient pour sa réussite. Mais aucun n'était de Eyver. Finalement sa mère l'appela pour le dîner. En soupirant, Nathan se détourna de son ordinateur en espérant qu'à son retour il aurait le signe espéré...