Mot de l'auteur

/!\ Cette histoire est une réécriture en version boy x boy de "La quête des Livres-Monde" de Carina Rozenfeld, l'histoire et les personnages lui appartiennent ! Les livres peuvent être acheter sur amazon, fnac et en librairie ! (Environ 5 à 14 euros le livre et environ 30 euros l'intégrale) pour soutenir l'auteur et la financer dans ses projets ! /!\

PS : Les personnages autres que Nathan, Zayn, Lia et Aela ne m'appartiennent pas ! Ils sont de Carina Rozenfeld, une écrivaine très talentueuse que j'admire !


PDV Zayn :

Zayn raccrocha. Son regard resta fixé un long moment sur le téléphone. Il était abasourdi. Etait-il possible qu'il puisse venir d'une autre planète ? Est-ce que ce garçon se moquait de lui ? Non, ça ne pouvait pas être un canular. Ce qu'il décrivait dans son blog ressemblait trop à ce qu'il avait vécu lui-même. Tout s'était passé quelques jours auparavant, mais les sensations restaient vives et le resteraient encore longtemps.

En se remémorant sa propre histoire, Zayn se releva et se rendit dans sa salle de bains. Il retira le chemisier qu'il portait et regarda son dos dans le miroir. Elles étaient toujours là, chaque jour un peu plus grandes, un peu plus fortes. Ses ailes. Faites d'une membrane de peau fine au duvet légèrement doré, elles brillaient dans la lumière. Il les fit bouger doucement comme il le faisait à chaque fois. C'était une manière de s'assurer qu'il ne rêvait pas.

En soupirant, il repassa son chemisier. Puis il ouvrit les portes de son dressing et admira les étagères remplies de piles de débardeurs parfaitement pliés, tous plus jolis et vaporeux les uns que les autres.

- Quel gâchis ! murmura-t-il. Je ne pourrais plus jamais les mettre. Il faut que je retourne m'acheter des t-shirts avec des manches, où le dos est bien couvert.

Cela signifiait des heures de shopping en perspectives, une activité qu'il détestait par-dessus tout.

De retour dans sa chambre, il regarda son mobilier comme si il le découvrait pour la première fois. Son immense lit couvert d'un boutis magnifique ramené d'Afrique par son père. La grande bibliothèque remplie de livres classés par ordre alphabétique.

Sur une étagère, une photo attira son regard. Il s'agissait de ses parents, plus jeunes, souriant, amoureux. Zayn était assis sur les genoux de sa mère, tout petit, la tête couverte de frisettes de bébé serrées et brun aux reflets dorés. Il avait mis deux doigts dans sa bouche et exhibait ses gencives sans dents dans un large sourire baveux.

Est-ce qu'on pouvait deviner, sur cette photo, qu'il n'était pas leur fils ? Il caressa du bout de son index les visages heureux de son père et de sa mère, illuminés par le soleil. Ils venaient de s'installer à New York et n'étaient pas encore devenus les esclaves de leurs métiers respectifs.

Zayn se sentit envahie par une bouffée de sentiments mêlés. Même s'ils n'étaient pas très présents, il les aimait. Il aurait aimé pouvoir leur parler de ce qui lui arrivait, du changement de son corps. Surtout aujourd'hui, après l'appel de Nathan qui bouleversait totalement son destin. Mais il ne s'était jamais senti assez proche d'eux pour leur parler de quoi que ce soit. Il était trop seul, trop différent aussi, pour se confier spontanément. Quand il était petit, il parlait à ses peluches. Dans le silence de sa gigantesque chambre, il leur racontait des histoires et leur confiait des secrets, comme une princesse solitaire dans un palais. Aujourd'hui, pour communiquer, il avait établi de nombreux liens virtuels sur le Net, où il partageait, discutait, échangeait. Il y avait trouvé de la compagnie, des histoires à lire, un peu d'attention aussi. Il avait moins de mal à se confier à des étrangers qu'à sa propre famille.

D'un mouvement lent, il se détourna de la photo et alla se planter devant la fenêtre. Sa chambre était équipée d'une grande baie vitrée devant laquelle Zayn pouvait passer des heures à regarder New York vivre et s'essouffler sous ses yeux.

En cette saison, Central Park étalait son vert d'été ainsi qu'une débauche de fleurs roses et blanches. Les joggers, aussi minuscules que des fourmis besogneuses, couraient autour du Réservoir, cette étendue d'eau lisse au milieu du fameux parc. Zayn regardait tous les matins les centaines de personnes qui trottinaient, en rythme, le long des allées du jardin. Et toujours, il s'interrogeait : qu'est-ce qui pouvait pousser les gens à courir en rond ?

Aujourd'hui, alors qu'il assistait au même spectacle, il se dit qu'il aurait pu ouvrir la fenêtre, se percher sur le balcon et sauter. Ses ailes auraient-elles la force de la maintenir dans les airs ? Ou alors dégringolerait-il le long des quarante-cinq étages ? A cette idée, un vertige le saisit. Décidément, avoir des ailes, ce n'était pas fait pour lui qui détestait le vide !

Il regarda encore la ville pulser tout en bas. Les taxis jaunes défilaient le long de l'avenue, le monde, sur les trottoirs, semblant obéir à un ballet étrange, réglé par les feux des croisements. Au loin, on entendait les sirènes d'une voiture de police. Il aimait New York où il se sentait comme au centre de l'univers, là où tout se passait, là où tout se trouvait.

Pourtant, la semaine suivante, il serait à Paris, comme tous les ans à la même période. Il adorait y aller, malgré sa passion pour la Big Apple. Paris, c'était sa ville natale, son histoire familiale. Le français était sa langue maternelle. D'ailleurs, chez lui, on ne parlait pas anglais. C'était réservé à l'extérieur, au travail et à l'école.

Un frisson parcourut l'échine de Zayn : cette fois, il savait que ce voyage le transporterait vers un destin incroyable. Là-bas, il deviendrai un Chébérien, il aurait des Livres-Mondes à retrouver, des âmes à ramener à la vie, un monde à recréer. Était-ce bien réel ?

Oui, ça l'était ! Ses ailes en témoignaient ! Il sourit à son reflet dans la vitre. Il avait un but désormais, une utilité, une noble mission. Il en avait toujours rêvé ! Il s'était toujours senti à l'étroit dans son histoire. Son quotidien était étriqué, sans ambition, alors que ses envies étaient immenses. Le héro qu'il rêvait d'être allait pouvoir se réaliser, exister vraiment. Evidemment, tout cela faisait un peu peur. Il y avait toujours des dangers quand on était un héros.

Mais aujourd'hui, il se rapprochait des personnages des romans qu'il lisait : au départ, ils menaient une vie banale, puis, un jour, un événement venait tout transformer, les sublimer et faire d'eux des êtres hors du commun, pleins de courage et d'abnégation. Pourvu qu'il soit à la hauteur ! Il ne lui manquait plus que de tomber amoureux et tout serait parfait !

Il se demanda si Nathan était mignon. Il faudrait vérifier sur son blog s'il avait mis des photos. Puis il se mit à rire, se réprimant d'être aussi fleur bleue et rêveur.

Zayn se retourna et sursauta. La toile accrochée au-dessus de son lit était là depuis si longtemps qu'il n'y prêtait plus attention. Pourtant, elle était toujours là, cette femme aux cheveux dorés qui observait son épée, ses grandes ailes étendues de chaque côté de son dos. Comment ce tableau était-il arrivé ici ? C'était sa mère qui l'avait emmenée voir une exposition sur des jeunes artistes. Zayn avait dix ans. Il était tombé en admiration devant cette toile. Il avait serré la main de sa mère très fort et lui avait dit d'un ton assuré :

- Moi aussi, un jour, je serai un ange...