Mot de l'auteur
/!\ Cette histoire est une réécriture en version boy x boy de "La quête des Livres-Monde" de Carina Rozenfeld, l'histoire et les personnages lui appartiennent ! Les livres peuvent être acheter sur amazon, fnac et en librairie ! (Environ 5 à 14 euros le livre et environ 30 euros l'intégrale) pour soutenir l'auteur et la financer dans ses projets ! /!\
PS : Les personnages autres que Nathan, Zayn, Lia et Aela ne m'appartiennent pas ! Ils sont de Carina Rozenfeld, une écrivaine très talentueuse que j'admire !
Avec douceur, Jérôme prépara Eyver pour la nuit et le coucha dans son lit. Son maître n'avait pas dit un mot depuis le départ des trois jeunes gens. Le majordome ne savait pas ce qui s'était passé, mais il avait appris à ne pas poser de questions.
Juste avant qu'il n'éteigne la lumière, Eyver redressa la tête.
- Jérôme, vous vous souvenez de ce que je vous ai demandé, au cas où il reviendrait ?
- Oui, monsieur. Parfaitement.
- J'ai bien peur que cela ne se produise. Il faudra certainement en arriver à cette extrémité.
- Je garde tout à portée de main au cas où, monsieur, ne vous inquiétez pas. Il sera fait selon vos souhaits.
- Merci, mon cher Jérôme, merci.
Eyver reposa sa tête sur l'oreiller. Jérôme éteignit la lumière.
Lia regardait fixement l'écran de son ordinateur. Il répondait à Denis, qui lui racontait sa journée sur une fenêtre Skype, le tout agrémenté d'émoticônes tous plus farfelus les uns que les autres. Mais il ne parvenait pas à la faire sourire. Elle ne pouvait pas lui raconter sa journée à elle. Pourtant, elle aurait aimé pouvoir faire sortir de son esprit les images des visages torturés de ses amis.
Elle n'était pas chébérienne et, pour la première fois, elle s'en félicitait. L'Avaleur de Mondes ne pourrait pas s'en prendre à elle. Enfin, elle l'espérait. Mais Nathan et Zayn ?
Sans prévenir, elle quitta sa fenêtre de conversation et éteignit son ordinateur. Elle ne pouvait pas continuer à faire comme si rien n'était et prétendre que tout était normal.
Elle se demandait à quoi ressemblait cet Avaleur de Mondes. Est-ce qu'il avait une grande bouche pour engloutir les planètes ? Elle saisit un crayon posé sur son bureau et se mit à griffonner un Avaleur de Mondes sur une feuille, telle qu'elle se l'imaginait. Ainsi, jusque tard dans la nuit, elle exorcisa ses peurs...
Zayn contemplait l'agitation autour de lui sans parvenir à se raccrocher à la réalité. Il sentait encore, tout au fond de lui-même, la douleur qu'il avait ressentie plus tôt dans la journée. Ce soir, alors qu'il regardait ses cousins hurler en jouant aux jeux vidéo sur leur immense écran plat, il ne pouvait prétendre que tout cela n'avait été qu'un rêve. Non, c'était bien la réalité. Il avait retrouvé un livre extraordinaire dans lequel étaient stockées les milliers de vies des habitants d'une planète entière. Il avait ouvert ce livre et, ce faisant, réveillé un être dont l'existence n'était même pas concevable.
Il eut envie d'entendre la voix de ses parents. Il avait besoin de réconfort et, à cet instant, il se sentit terriblement seul. Laissant ses cousins à leurs jeux de combats sauvages, il alla s'isoler dans sa chambre pour téléphoner.
Il laissa sonner longtemps. Finalement, le répondeur se déclencha.
"Welcome home ! We are busy and can't answer right now."
- Allô, papa, maman ? Vous êtes là ? C'est moi, Zayn. J'aimerais vous parler. Bon, rappelez-moi quand vous aurez ce message...
Il raccrocha en soupirant. Comme d'habitude, il n'y avait personne. Même le week-end, le grand appartement était vide. Il se releva, tourna en rond quelques instants puis reprit son portable. Cette fois, on décrocha tout de suite.
- Nathan ? Tu vas bien ? J'ai besoin de te parler...
Nathan raccrocha. Sa discussion avec Zayn lui avait fait du bien. Il avait passé toute la soirée allongé sur son lit, à fixer le plafond, tournant et retournant sans cesse les dernières heures dans sa tête.
"- Est-ce que tu veux abandonner ? lui avait demandé Zayn.
- Je me pose la question. Ça devient vraiment dangereux maintenant...
- Oui, je sais.
- Et toi ? Tu veux abandonner ? avait demandé Nathan à son tour.
- Je me suis aussi posé la question. Mais maintenant, je ne me la pose plus.
- Ah ?
- Non. J'ai décidé de continuer. Je n'arrête pas de penser à ces puces qui semblaient respirer dans le livre. Je ne peux pas les laisser... Je ne pourrais pas vivre avec cette image, cette idée.
- Tu n'as pas peur ?
- Si. Bien sûr que j'ai peur. Mais si on ne tente pas tout, on est sûrs de perdre. Et je ne veux pas laisser l'Avaleur de Mondes gagner deux fois sans au moins essayer.
Silence. Nathan réfléchissait à ce que venait de lui dire Zayn. Il avait raison. Lui non plus ne pouvait pas chasser de sa tête les nano-puces. Si les choses avaient été différentes, il aurait pu être dans l'une d'entre elle, comptant sur quelqu'un pour le sortir du long sommeil dans lequel les Chébériens étaient plongés.
- Si tu continues, je continue aussi. On va trouver un moyen d'échapper à l'Avaleur de Mondes."
C'était là.
Il le sentait, même si le courant de douleur qui l'avait guidé jusqu'ici s'était tari.
C'était là.
Il étira sa forme éthérée sous le ciel bleu de la Terre, le voilant légèrement, comme un nuage de poussière passant au-dessus de la ville.
Il n'arrivait plus à sentir la source de la distorsion avec exactitude, mais il cherchait son écho, la trace qu'elle avait laissée. Il cherchait autour de lui, reniflait, fouillait la surface de ce monde qu'il connaissait pour y être déjà passé, il y avait une petite éternité de cela. Le temps passa, la nuit tomba.
Enfin, il découvrit quelque chose et fut surpris. Ce n'était pas ce à quoi il s'attendait. Ce n'était pas la source de la douleur, c'était autre chose. Il se recroquevilla et s'approcha.
Il y avait une vibration étrange, qui perturbait l'univers. C'était tellement léger que, sans la douleur de la distorsion pour le mener ici, il ne l'aurait jamais sentie. Mais maintenant qu'il avait parcouru ces distances immenses, il la percevait, l'apercevait même, comme un scintillement, un éclat inhabituel.
Il se glissa sur le sol, se coula dans les rues, s'éleva vers les toits des maisons. Il y avait quelqu'un, ici, qui n'aurait jamais dû s'y trouver, une anomalie, une petite déchirure dans le tissu de l'univers. Il s'en approchait. Il se percha sur l'un des carrés de lumière qui perçaient les murs des immeubles et observa.
L'anomalie était là. C'était un être qui ressemblait à un Terrien. Un garçon aux cheveux châtains. Mais ce n'était pas un terrien. Il le sentait, en avait la certitude. La vibration était forte autour de lui. A ce moment-là, le garçon ôta un vêtement qui le couvrait et déplia des ailes blanches. Les Terriens n'avaient pas d'ailes ! Il comprit que cet être était lié à la distorsion qui l'avait réveillé, était responsable de sa douleur ! Il sentit une colère froide comme le vide de l'espace l'envahir. Personne, jamais, ne lui avait fait mal et cette... chose, cet être minuscule prétendait lutter contre son œuvre ! Il allait regretter de s'être attaqué à lui !
L'être, l'anomalie, tourna alors son regard vers lui, comme s'il pouvait le voir. Ses yeux fouillèrent le nuage éthéré qui le constituait. D'un pas lent, il s'approcha de la fenêtre.
L'Avaleur de Mondes recula et se fondit dans la nuit. L'être pouvait le sentir aussi ! Cela compliquait tout. Il allait devoir être prudent, mais il lui fallait absolument rétablir l'équilibre de l'univers, réparer sa toile. C'était son rôle. Pour ça, il devait éliminer l'anomalie, cet être aux ailes qui n'avait pas sa place sur cette planète. Y en avait-il d'autres comme lui ? Il se laissa flotter en reniflant l'air autour de lui... Oui, il semblait bien ressentir une autre vibration, un peu plus loin ! Combien étaient-ils ?
Il devait aussi découvrir ce qui avait provoqué la distorsion qui l'avait blessé, comment l'être ailé s'y prenait pour déchirer la structure de l'univers. Il devait fouiller en lui, voler ses souvenirs, et alors il saurait et pourrait éliminer l'anomalie puis détruire la source de douleur.
Fouiller et éliminer l'anomalie, voilà qui ne lui demanderait pas beaucoup de mal. C'était un être vivant tout ce qu'il y a de plus fragile et périssable. Son cerveau était aussi poreux qu'un nuage de gaz, il en aspirerait le contenu et la force vitale en quelques secondes. Il en avait avalé de nombreux comme lui...
Mais il devait rester prudent : l'être ailé pouvait le sentir et avait le pouvoir de lui faire mal. Il ne devait pas agir n'importe comment. Il devait réfléchir.
Alors, tapi dans l'ombre, il se prépara à l'attaque...
