Lieu : inconnu

Date : inconnue

Chapitre 2

Yono le Destructeur

Lieu inconnu ? Date inconnue ? Bah ça nous avance, ça, dis donc.

... Chut, taisez-vous, ça commence.

"Bonjour et bienvenue à tous dans cette rétrospective des aventures de Kim Possible, au Musée des Possibles où tout est Possible." annonça le Directeur du Musée, les bras écartés. "À votre droite, observez notre magnifique Manipulateur de Vortex pan-dimentionnel... il a bien failli détruire le monde, à de maintes reprises."

"Attendez deux secondes, je vous reconnaît : vous êtes le Professeur Démentor !"

L'inconnu pointa du doigt une photo accrochée dans le tableau récapitulatif des ennemis récurants de Kim Possible et de Rufus... si vous regardez bien, on peut aussi y lire le nom de Robin Trépide mais il faut des yeux d'aigle pour réussir à en deviner les premières lettres. La foule lâcha un hoquet de surprise : c'était luiii !!!

"C'était il y a longtemps..." bougonna celui qui se faisait surnommer Professeur Démentor, il y a vingt ans. "Je préfère Prosper Demenz, désormais, si ça ne vous dérange pas... j'étais en train de vous parler du Manipulateur de Vortex pan-dimentionnel qui, comme je vous le disais a bien failli détruire le monde."

"Mais c'était de votre faute !"

"Ahem..." le visage de Prosper Demenz s'empourpra et il secoua les bras pour embrouiller les visiteurs. "C'était il y a longtemps, on ne sait plus trop... et... oooh, regardez là-bas : c'est le coffre pirate de Cocard-au-beurre-noir !!! Il m'a fallu batailler pour le récupérer, celui-ci..."

"Ah, les batailles juridiques !" le rassura un vieux gardien de Musée, l'air compatissant.

Monsieur Demenz le regarda quelques secondes sans comprendre puis il secoua la tête :

"Non, non... c'était une famille de requin, le refrain résonne encore dans ma tête : doo doo doo doo doo doo... brrr."

Un visiteur curieux posa un doigt sur l'Attitudinateur et le Directeur poussa un hurlement strident :

"ON NE TOUCHE PAS !!! C'est extrêmement dangereux... ne restons pas là."

Il repensa brièvement au vernissage de ce nouveau musée qui avait bien failli tourner à la catastrophe quand Robin Trépide avait mis la main sur cet objet... il aurait détruit la moitié de la ville si Rufus le Taupinet tondu n'avait pas été là pour rééquilibrer ses ondes positives en inversant la polarité (quoique ça veuille dire).

"Ici, notre magnifique caleçon fusée..." dit-il.

"Wooohaaa."

"Là, le Projet Cornibus..." enchaîna-t-il.

"C'est un pot de cornichon ?"

"Non, voyons, c'est le Projet Cornibus... qui se trouve être un pot de cornichon mais ne soyez pas vexant, je ressens ses mauvaises ondes et il risque de se vanger..."

"Se vanger ? Le pot de cornichons ?"

Le Professeur Dément... euh... pardonnez-moi, Prosper Demenz garda le silence mais il n'en pensait pas moins. Ah ça non : se moquer du Projet Cornibus était un drame absolu. On parle quand même de dévisser un pot de cornichon, ce n'est pas rien.

"Et juste ici, remarquez Le Yono, parfaitement conservé dans la pierre..."

La pièce qui renfermait le Yono était isolée... et pour cause : un homme-mi-singe, Lord anglais aux pouvoirs simiesques était d'une mocheté à faire frémir. Robin avait poussé un hurlement en le voyant... avant que Kim ne lui rappelle que c'était LUI qui l'avait combattu avec l'arme la plus terrible au monde : sa petite sœur. Oui, oui, croyez-moi, il n'y a pas d'arme plus dangereuse au monde qu'une petite sœur... c'est vicieux ces trucs.

NE TIREZ PAS LA POIGNÉE, DANGER

"Excusez-moi, Professeur Démen-"

"DEMENZ !!! JE M'APPELLE DEMENZ !!!"

"Oui, oui... bah ça va, pas besoin de crier comme ça... on voit l'ancien méchant détraqué en vous."

"Je ne me considère pas comme un méchant détraqué... juste détraqué tout court, je vous prie."

On lui demanda ce qu'il pourrait y avoir de si terrible en tirant la poignée... alors Prosper Demenz esquissa un sourire ravi et il sortit un vieux livre poussiéreux de sa poche : Comment invoquer Yono ?

"Laissez-moi revenir aux origines de toute cette fascinante histoire..."

Ainsi commença le supplice. La première heure ne fut pas la plus longue, ce fut le cas de la seconde bien qu'étant toutes deux des heures, elles étaient égales mais vivez donc la troisième heure et vous comprendrez la relativité du temps... la nuit commençait à tomber quand il referma le livre.

"C'est enfin fini ?!" demandèrent les visiteurs. "On peut partir ? S'il vous plaît..."

"Oh non, non. Ceci n'était que l'introduction de l'introduction. Je compte bien vous lire les dix volumes de l'introduction et si vous êtes sages, je continuerai demain pour la première partie de l'axe 1." assura-t-il.

"Pitié ! J'ai une femme, des enfants et trois alligators... je vous en prie, ayez pitié : qui va s'occuper de mes alligators ?!"

"Soyez sage et vous saurez peut-être ce que fait cette poignée d'ici la fin du mois..."

Un homme fondit en larmes et serra sa femme contre lui, ils étaient désespérés... il y eu des pleurs et des cris... et forcément, le drame.

"Bon, ça suffit, découvrons ce que fait cette poignée par nous-même !"

Un archéologue spécialisé dans les pouvoirs simiesque pris les choses en main... en l'occurrence la poignée en main et il tira fort dessus : il y eût une secousse et Lord Hugo Rille sembla prendre vie. Peut-être parce qu'il était bel et bien en train de reprendre vie ? Mmmh, peut-être, nos experts sont sur le coup.

"JE ME VENGERAI, KIM POSSIBLE !!!" hurla-t-il. "Et toi, mon cher Robin Trépide... surveille bien ta petite sœur... oh surveille-la car qui sait..."

Lord Hugo Rille cligna des yeux, déconcerté quand le Professeur Dément MAIS J'EN AI MARRE À LA FIN, C'EST PROSPER DEMENZ ! DEMENS, LE FOU : EST-CE TROP DEMANDÉ ??? Ahem... bref, il... euh... cligna des yeux. TOUT ÇA POUR ÇA ?! Oui bon... cessez de m'interrompre !!!

"Où suis-je ? Et pourquoi es-tu habillé de la sorte, Démentor... c'est ridicule."

"Je m'appelle..." répéta-t-il avant de soupirer. "Oh, je laisse tomber."

"Est-ce que c'est un musée ?" demanda Lord Hugo Rille. "J'accepte de t'aider à voler la chose que tu es venu voler si tu m'aide à détruire notre ennemi en commun : Kim Possible."

"Je ne vais pas voler ce musée, c'est MON musée !!!" s'offusqua Demenz. "Et ça fait bien longtemps que Kim Possible n'est plus notre ennemi... à quel siècle vis-tu ?"

"Tu as raison, ce Robin Trépide est..."

"Robin Trépide m'aide à entretenir mes rosiers, je ne vais pas l'attaquer... c'est très délicat, les rosiers, tu sais."

Lord Hugo Rille ricanna méchamment, tant pis. Il était capable de la jouer solo... s'il le fallait. Au pire, il y avait tout pleins d'autres méchants : Duff Kiligan ou bien Drakken et Shego pour ne citer qu'eux.

"Qu'est-ce que tu raconte, enfin : Killigan n'est plus qu'une marque de Club de Golf, vraiment très performants d'ailleurs... quant à Shego, c'est Kim qui l'a aidé à accoucher." expliqua Demenz. "Où est-ce que tu crois être ? QUAND crois-tu être ?"

"Je suis dans un musée pour une raison qui m'échappe et Kim Possible m'a filé une raclée hier... et c'est la dernière, oh crois-moi."

Il se dégagea de la pierre en secouant son pieds puis il cabra son corps en arrière avant de ricanner de plus en plus fort... d'un rire qui ressemblait de plus en plus à celui d'un singe. Ses mains levés vers le ciel, il ignora les avertissements de son collègue comme quoi il avait été piégé dans la pierre pendant des années et des années, c'était impossible.

"Mouhahahaha..."

"Ça fait vingt ans, les choses ont bien changés depuis tout ce..."

"Et mes alligators alors ?! Vous aviez juré de me libérer !!!" s'impatienta l'un des visiteurs.

"SILENCE !!!" hurla Lord Hugo Rille.

Ses mains balancèrent un éclair jaune qui pétrifiantes instantanément tous les visiteurs... ne resta plus que le Professeur Démen...z et lui-même : voici un nouveau pouvoir offert par le Yono, très pratique.

"Je trouverai ma vengeance moi-même." siffla-t-il avant de sauter par une fenêtre pour s'en aller.

Prosper Demenz soupira, haussa les épaules puis il s'assit sur le sol au milieu des visiteurs piégés dans la pierre. Il posa une pile de livres plus haute que lui-même et commença la lecture :

"Comment invoquer le Yono ?" lut-il. "Ah, ça y est... vous avez enfin décidé de vous taire pour m'écouter. C'est très bien, parfait : quel bon public."

Il n'y eut aucune réaction.

- Fin du 2ème chapitre -

... à suivre...