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Jour 2 : Domestic/Mariage – Space/Galaxy


Un matin


Ginga entrouvrit les yeux. La faible luminosité lui permit de se réveiller en douceur. Il battit des paupières, l'esprit quelque peu cotonneux, et jeta un œil à leur réveil posé sur la table de chevet. L'appareil affichait des chiffres verts à côté d'un lion endormi, le museau enfoui dans ses pattes. Même s'il ne le voyait pas depuis sa position, Ginga se figurait le logo de la TC sur le flanc du réveil. Kyouya profitait de son statut pour avoir tout un tas de gadgets personnalisés, principalement aux couleurs de Leone. Ginga ne critiquait pas. Il trouvait cela parfaitement compréhensible... surtout que Kyouya en profitait aussi pour lui offrir des accessoires customisés Pegasus.

Il est encore tôt, pensa Ginga avec satisfaction.

Il adorait partager des moments du quotidien avec Kyouya, et le réveil faisait sans conteste partie de ses favoris.

On est dimanche ! se souvint-il, une bulle d'enthousiasme se gonflant dans sa poitrine.

Un dimanche où Kyouya ne travaillait pas, plus précisément.

Ginga était parfaitement réveillé à présent. Son corps débordait d'énergie. Il avait presque envie de se lever et de courir pour l'évacuer. Sauf que...

Ginga glissa son regard vers sa poitrine. Il vit une masse de cheveux ébouriffés. Kyouya était lové contre lui, la joue appuyée contre son torse, un bras reposant en travers de son ventre. Son souffle, régulier et profond, chatouillait la peau de Ginga. Il avait agréablement chaud là où leur peau se touchait.

Kyouya se blottit un peu plus contre lui et frotta sa joue contre sa poitrine, comme s'il cherchait une position plus confortable.

- Je ne vais nulle-part, assura Ginga dans un souffle.

Kyouya gigota encore quelques instants puis s'immobilisa. Son corps se détendit. Ginga ne percevait aucune tension dans ses muscles. Il sentit son cœur fondre. Le surplus d'énergie était oublié. Kyouya faisait preuve d'un tel abandon, d'une telle confiance... Son cœur se gonfla d'affection.

Ginga dégagea sa main droite de la prise de Kyouya, provoquant des grommellements de protestation. Il la passa dans les cheveux verts, écartant des mèches du visage de Kyouya pour pouvoir caresser sa peau. Kyouya était de nouveau complètement détendu. Ginga se mit à jouer avec les cheveux situés à la base de sa nuque.

- Hmmm.

- Fais attention : ça ressemblait à un ronronnement, s'amusa Ginga.

- Quoi ?

La voix de Kyouya était à moitié endormie, mais c'était la première fois de la matinée qu'il formait un mot intelligible. La main de Ginga s'arrêta sur sa nuque.

- Je t'ai réveillé ?

- Non, marmonna Kyouya.

- Tant mieux.

Ginga connaissait son compagnon et il savait que, dans le cas contraire, Kyouya ne se serait pas gêné pour le lui dire. Il s'en serait même plaint ouvertement. Ce n'était pas un trait subtil de son caractère. N'importe qui le comprenait dès les premières secondes passées en sa compagnie – souvent à ses dépends, d'ailleurs. Mais, au contraire de nombreuses personnes, cette franchise mordante ne dérangeait pas Ginga.

Kyouya se redressa à demi et se passa une main sur le visage. Ses yeux se fermèrent. Il vacilla légèrement. Ginga posa une main sur sa hanche. Sa peau était toute chaude.

- Hey.

- Quoi ?

- On peut se lever plus tard. Tu ne travailles pas aujourd'hui.

Kyouya sembla sur le point de protester. Il glissa ses yeux vers leur réveil, se pinça les lèvres et se rallongea contre Ginga. Cette fois, son visage était au niveau de son cou et il avait nonchalamment posé sa main sur son ventre. Ginga retint un rire. Il déposa un rapide baiser sur le nez de Kyouya et s'installa plus confortablement. Il glissa un bras autour de sa taille et le serra contre lui. De sa main libre, il ramena leurs couvertures sur eux, bordant soigneusement son compagnon. Il ne faisait pas froid dans leur chambre, mais la chaleur sous leurs couvertures était bien plus agréable.

- Dis quelque chose, marmonna Kyouya.

- Quoi ?

- Ce que tu veux.

Ginga sourit.

- On a envie d'entendre ma voix ?

Kyouya lui frappa mollement le ventre pour protester. Ginga laissa échapper un rire. Son compagnon grogna.

Ginga se remit à caresser sa nuque, laissant son regard dériver vers le plafond. Que pouvait-il raconter ?

Tout en réfléchissant, il joua avec les cheveux à la base de la nuque de Kyouya.

- C'est agréable, de temps en temps, une journée de ce genre.

Si c'était tous les jours, Kyouya et lui finiraient sans doute par s'ennuyer. Ils aimaient l'action, et Ginga trouvait qu'il n'y avait pas de meilleure manière de profiter du calme et de la tranquillité de leur foyer qu'entre deux périodes chargées – que ce soit pour le travail très exigeant de Kyouya ou pour protéger le monde du Beyblade. Ça rendait ces instants encore plus précieux.

- Tu veux quoi au petit-déjeuner ?

- Ginga, grogna Kyouya.

Ah. Oui. Kyouya voulait l'écouter parler, mais il n'avait aucune envie de discuter. Le cœur de Ginga se réchauffa. Ce n'était pas la première fois que Kyouya formulait cette demande attendrissante.

- Peut-être que nous resterons à la maison.

Le cœur de Ginga fit un bond. Il adorait parler de leur maison, d'avoir ce foyer que Kyouya et lui s'étaient construits, juste pour eux. Ginga avait presque oublié ce que cela faisait, d'avoir un endroit rien qu'à soi, où l'on se sentait aussi bien, avant d'emménager avec Kyouya.

- Ou peut-être que nous partirons en pleine nature et que nous jouerons au Beyblade. Peut-être les deux. Ça nous correspondrait bien de passer un long moment tranquille, à la maison, de faire une virée Beyblade de quelques heures puis de revenir. Et peut-être dîner dans un des restaurants tenus par la TC. Un des plus chers, puisque tu tiens tellement à dépenser le plus d'argent possible.

Kyouya faisait la grimace devant les restaurants abordables. Selon lui, le prix faisait la qualité. Il désignait les restaurants dans lesquels Ginga allait pendant leur adolescence – avec un budget très restreint – comme non-comestibles.

- Une journée calme et paisible, comme nous en vivons rarement.

Que ce soit de leur fait ou à cause de circonstances extérieures.

La respiration de Kyouya était devenue plus lente et profonde. Il s'était rendormi, son corps complètement détendu contre le sien.

- J'aime que tu me fasses autant confiance, murmura Ginga avant de poser un baiser sur son front. Je t'aime.

Il se tourna légèrement sur le flanc et referma son autre bras sur la taille de Kyouya. Il ferma les yeux. Ils auraient tout le temps de parler – et de vivre – leur journée plus tard. Pour l'instant, il se contentait parfaitement de sa présence et de leur proximité.


FIN