Bonjour à tous ! Je suis de retour pour une nouvelle fanfiction Eruri, dans un univers que j'aime beaucoup. En effet, l'idée plutôt étrange de mélanger Grey's anatomy et Snk m'est venue, et j'ai vraiment été très inspirée. Chaque personnage y a trouvé sa place, et j'espère que c'est une chose qui vous plaira :D
Chapitre 1 : Cerveau marmelade
Livai toussa violemment et se redressa sur son canapé. Il avait la gorge sèche, sans aucun doute à cause des clopes. Et la langue pâteuse à cause de l'alcool. Et bien d'autres choses, mais cette fois ci à cause du corps qui reposait à même la moquette à côté de lui. Livai se mordit la lèvre, et attrapa un coussin avec dégoût pour le jeter sur les fesses nues de l'inconnu. Ça le réveilla, et il tourna son visage mature encadré de fins cheveux blonds vers Livai. La première chose que se dit ce dernier était qu'il aurait grand besoin que quelqu'un prenne soin de ses sourcils. Puis Livai sembla réaliser peu à peu dans quelle situation il était, et il saisit la couverture du canapé pour s'enrouler dedans. Il attrapa sa montre et écarquilla les yeux.
- Il faut que t'y ailles, dit-il brutalement en donnant un coup de pied à l'inconnu.
Ce dernier se redressa en bâillant. Il regarda Livai avec incompréhension. Puis il tendit au brun son caleçon de la veille.
- C'est …
- Humiliant à tout point de vue, le coupa Livai en attrapant le sous vêtement. Tu dois partir. Je suis en retard pour mon premier jour de boulot, alors par pitié, fiche le camp. Euh…
L'inconnu blond sourit, et commença à enfiler ses vêtements. Il bouclait sa ceinture alors que Livai le dévisageait. Cet homme était immense. Certes, Livai n'était pas grand, mais l'homme avec lequel il avait couché la veille était d'une taille plutôt surprenante. Livai s'essuya le front. Il avait mal au crâne.
- Erwin, finit par dire le blond. Je m'appelle Erwin.
- Enchanté, je suis Livai, répondit Livai d'un air agacé. Et je te conseille fortement d'avoir fichu le camp quand je reviendrai de ma douche. Parce qu'on est pas obligé de faire ça, faire semblant de s'intéresser l'un à l'autre. Alors… Au revoir.
Livai tourna les talons, et se dirigea à la hâte vers l'escalier. Il se cacha un instant dans l'angle qui menait à l'étage, et poussa un soupir de soulagement lorsque enfin il entendit la porte d'entrée s'ouvrir. Puis il se rua vers la salle de bain. Il avait une gueule de bois à peine croyable, et prendre sa douche en quatrième vitesse lui retourna les tripes. Il finit par un brossage de dents expresse avant de sauter dans ses vêtements. Il se donna quinze secondes pour sortir de chez lui, saisissant d'une main tremblante ses clés de voiture, et entra dans sa vieille twingo pour démarrer en trombe. En retard. Il était parvenu à se mettre en retard pour son premier jour d'internat en chirurgie à cause de sa petite aventure de la veille. C'était un début absolument catastrophique, d'autant plus qu'il avait été admis de justesse dans le problème à cause de son âge plus avancé. Il allait se retrouver entouré d'une bande de gamin, et déjà que s'imposer du haut de son mètre soixante était difficile, être en retard et se faire remarquer comme un boulet n'allait pas l'avantager.
Livai se gara sur le parking de l'hôpital. Il sortit de sa voiture, et pesta en faisant tomber ses clés. Il se précipita vers l'entrée, et pénétra dans le bâtiment. Il avait déjà le chemin en tête, l'ayant fait la veille lors de la soirée d'intégration, mais il lui sembla courir une éternité. Finalement, il atteignit les vestiaires des internes. Il poussa doucement la porte, et fut soulagé de constater que la distribution des blouses avait à peine commencer. Il ne salua personne et se contenta de choisir un casier jusqu'à ce qu'un uniforme lui tombe dans les mains.
- J'avais jamais vu un mec aussi petit.
Livai tourna la tête et fronça les sourcils. Une femme ricanait à sa droite en le dévisageant. Elle était en soutien gorge et commençait tout juste à se changer. Elle était coiffée d'une queue de cheval brune proche d'un bouquet de paille, et deux mèches tombaient sur le coin de ses lunettes.
- J'ai le tyran, et toi ?reprit l'inconnue en enfilant le haut de sa tenue.
Livai passa sa blouse, et regarda sur la liste qu'on lui avait donnée la veille. Le tyran était leur patron, un résidant de cinquième année chargé de l'enseignement d'un groupe de cinq internes pour cette année. Il avait une très bonne réputation chirurgicale, mais pour ce qui était des relations humaines, il était visiblement proche du monstre d'horreur. Quelqu'un qui ne devait pas mâcher ses mots avec un surnom qui en disait long sur ce qu'il allait leur faire subir cette année.
- Il s'appelle comment déjà ?demanda la fille, ne comprenant visiblement pas que Livai ne souhaitait pas parler.
- Keith Shardis, soupira Livai, n'y tenant plus.
Cela parut satisfaire son interlocutrice qui lui adressa un grand sourire.
- Super, on sera torturé ensemble !s'exclama-t-elle alors que les autres résidents commençaient à faire l'appel de leurs internes. Je suis Hange. Hange Zoe.
Livai la regarda de haut en bas. Il finit malgré tout par lui tendre une main.
- Livai, répondit-il avec un brin d'agacement.
- Vous avez le tyran vous aussi ?
Livai et Hange tournèrent la tête pour tomber face à une petite rousse au regard doux et penaud. Elle était encore plus petite que Livai et semblait flotter dans sa blouse. Elle souriait bêtement, tenant contre elle un petit carnet de notes. Livai fit la moue. Pour l'instant, il n'était pas plus emballé que ça par ses collègues.
- On s'est déjà vu, dit la rouquine. À la soirée d'intégration. Tu portais un beau costume.
Livai hocha la tête par politesse, mais n'ajouta rien, ce qui fit pouffer Hange.
- Ackerman, Ral, Zoe, Bossard, Gin !
Livai tourna la tête. Un médecin venait de les appeler. Hange se leva de son banc. Elle regarda Livai et lui fit signe de la suivre. Livai s'exécuta, et comprit que c'était une personne qui ne manquait pas d'assurance. Elle semblait très sûre d'elle et de ses capacités, et prenait visiblement un malin plaisir à mettre les gens en boîte. Livai comprit qu'il allait soit l'adorer, soit la haïr. Elle ne faisait pas partie des trois quarts de la population que l'on peut ignorer ou caser dans une partie neutre de son cerveau.
- Shardis ?demanda Hange lorsqu'ils se retrouvèrent tous face au résident.
- Au bout du couloir, lui répondit le médecin.
Il désigna un homme plutôt grand qui gribouillait sur un dossier. La petite rousse serra un peu plus son carnet contre elle. Sans doute des notes de cours pour ne pas oublier les bases et éviter de tuer quelqu'un à cause d'un mauvais calcul. Hange commença à avancer, et une moue légèrement inquiète lui déformant le visage.
- Il a pas l'air aimable, dit-elle.
- On l'appelle le tyran, ça aurait dû te mettre sur la piste, rétorqua Livai avec un certain dédain.
- C'est peut être de la jalousie professionnelle, tenta la petite rousse en gagnant la hauteur de Livai. Il est peut être très bien, et tout le monde l'appelle le tyran pour lui faire une mauvaise réputation.
Hange tourna vers elle un visage peu convaincu, et tous se plantèrent devant le médecin au crâne dégarnit. Il fronça les sourcils en les voyant, tournant à peine un œil vers eux. La rousse se mordit les lèvres.
- Ou peut être pas… murmura-t-elle avec inquiétude.
- Enchanté, je suis Auruo Bossard, lança l'un des cinq internes de leur groupe.
Le résident Shardis finit par se tourner entièrement vers eux, et Livai fut presque mal à l'aise de sentir son regard si acéré les fusiller tous un à un.
- En fait, j'ai cinq règles, attaqua-t-il alors. Règle numéro un, inutile de me faire de la lèche, je vous déteste déjà et ça ne risque pas de changer.
Puis il leur désigna plusieurs bipeurs ainsi que des carnets mode d'emploi.
- Numéro de bipeurs, mode d'emploi, sur absolument tout, et c'est à apprendre par coeur, lâcha le résident en se dirigeant déjà vers un autre endroit. C'est la règle numéro deux.
Tous les internes le suivirent, et Shardis ouvrit une porte au détour d'un couloir. Plusieurs lits superposés étaient installés, ainsi que des fauteuils.
- Les salles de repos, dit Shardis. Elles sont faites uniquement pour dormir. Quand je dors, ne me réveiller pas, c'est la règle numéro trois. Ce qui nous amène à la quatre, si vous me réveillez, c'est uniquement parce que quelqu'un est entrain de crever. S'il meurt, non seulement vous m'aurez réveillé pour rien, et vous auriez par la même occasion tuer un patient sous ma garde.
Livai déglutit en silence. Cette année d'internat allait s'avérer plus ardue que prévue, il en était absolument certain. Finalement, la petite rouquine de la troupe leva la main, et Shardis la regarda de haut en bas pour lui dire de parler.
- Vous avez dit cinq règles, fit-elle remarquer. Ça ne fait que quatre.
Shardis allait ajouter quelque chose, mais son bipeur d'urgence se mit à sonner. Il se précipita dans le couloir, bousculant au passage tous ses internes. La petite rousse manqua même de tomber, et Hange la rattrapa de justesse.
- Règle numéro cinq, quand je bouge, vous bougez !cria Shardis depuis le bout du couloir.
Il fallut à peine une demi seconde à Livai et au reste des internes pour se mettre à courir à sa suite.
ooo
- Cette fille a convulsé plusieurs fois, et elle a eut tout le Lorazepam disponible sur place, expliqua l'un des soignants des urgences.
Shardis saisit le dossier de la patiente, puis le tendit à Livai.
- Maintenant, c'est ta patiente, déclara-t-il alors que le brun s'emparait du classeur.
Livai se mordit la lèvre. Il commença à lire, et rapidement, il sentit une panique grandissante le gagner. Il avait étudié durant six ans en fac de médecine avant de se spécialiser en chirurgie, et aujourd'hui il était pour la première fois un véritable médecin, un de ces médecins qui n'avaient plus à pratiquer sur des mannequins mais bien sur de véritables êtres humains en détresse.
- Très bien, je…bredouilla-t-il. Je pense qu'il faut…
- Cesse de bafouiller, le coupa Shardis avec agacement. Petra Ral, la toute petite, j'aimerais que tu nous branches la patiente à l'oxygène.
La rousse, finalement nommée Petra, se jeta sur les câbles. Elle se trompa plusieurs fois sous le regard de colère de Shardis, qui n'hésita pas à lui aboyer dessus. Livai parcourut encore en long et en large le dossier, mais il ne parvenait plus à y voir clair. Finalement, il releva la tête.
- Il faut biper un neurochirurgien, dit-il en retrouvant un semblant de calme.
- Très bien, approuva Shardis. Alors cours jusqu'en neuro. Cette fille dépend de notre nouveau titulaire, le docteur Smith.
Livai hocha la tête et se jeta dans le couloir. Il prit plusieurs virages, peinant à s'y retrouver entre toutes les pancartes. Il dut se renseigner auprès des infirmières, et passa un nombre incalculable de fois dans les ascenseurs en se trompant d'étage. Finalement, il parvint jusqu'au couloir de neurochirurgie, et ouvrit violemment la porte du bureau de garde. Ses s'écarquillèrent. Plus loin dans la pièce, en pleine discussion avec un collègue se tenait un grand blond aux épaules solides. Dans cette pièce se trouvait l'homme avec lequel Livai avait eu une aventure hier soir. La seule chose qu'il trouva alors à faire fut de quitter immédiatement le bureau. Il claqua la porte, mais au dernier moment, le chirurgien le remarqua. Il ouvrit de grands yeux, et écourta sa discussion pour se précipiter vers le couloir. Livai se mit à courir, sa conscience de médecin ne parvenant pas à prendre le dessus sur sa peur d'avoir cet homme pour nouveau supérieur et instructeur. Il se cala dans un angle, près des ascenseurs, et posa une main sur sa poitrine. Son coeur battait fort, manquant d'exploser.
- Livai !
Livai sentit son sang se figer. Il fronça les sourcils, et regarda dans le couloir qui précédait l'angle où il se cachait désespérément. Erwin Smith, le neurochirurgien de cet hôpital l'avait pisté, et il se tenait à présent face à lui, impeccable dans sa blouse de titulaire.
- Docteur Smith, finit par articuler Livai. Faisons comme s'il ne s'était rien passé hier soir.
- Quoi, nous n'avons pas couché ensemble et tu ne m'as pas jeté ce matin ?ricana le grand blond. Parce que ce sont deux souvenirs auxquels je tiens beaucoup.
Livai inspira profondément.
- Il n'y a aucun souvenir, rétorqua-t-il. Nous ne sommes plus deux mecs en chien qui se draguent dans un bar. Et maintenant, j'ai une patiente qui convulse et qui a besoin d'un examen neuro au plus vite.
Et il tourna les talons pour se diriger vers les ascenseurs. Erwin le regarda plusieurs minutes avant de le suivre. Livai se planta devant l'ascenseur, et désespéra de le voir monter lentement les étages. Erwin se plaça à sa droite, et Livai appuya nerveusement sur tous les boutons d'appel. L'ascenseur arriva et s'ouvrit, et Livai se précipita dedans. Avant qu'Erwin n'ait le temps d'y monter, Livai appuya sur le bouton pour refermer les portes.
- Prenez le prochain, grogna-t-il.
Et la dernière chose qu'il vit fut le regard bleu et rempli d'une incompréhension cuisante d'Erwin Smith.
