Hello à tous ! Voici le deuxième chapitre de cette fanfiction. J'espère qu'il vous plaira !


Chapitre 2 : Que la lumière soit

- Je vais avoir besoin d'aide.

Livai baissa les yeux et regarda la patiente. C'était une gamine de quinze ans sédatée pour les examens médicaux qu'elle avait du subir suite à ses crises de convulsions. Une emmerdeuse de première pour Livai qui devait la promener dans tout l'hôpital depuis que son dossier avait atterri dans ses mains. Cette fille, Kati Brice, le prenait pour son hôtesse de croisière. Et pire encore que la patiente hystérique aux convulsions mystérieuses étalée dans le lit devant lequel étaient installés les cinqs internes de Shardis, il y avait le regard bleu profond et préoccupé d'Erwin Smith. Il parcourait en long et en large le dossier de Kati, et un soupir d'incompréhension finit par passer la barrière de ses lèvres. Il releva les yeux, et son regard tomba immédiatement sur Livai. Ce dernier se mordit l'intérieur de la joue et tenta de se décaler un peu pour disparaître derrière la queue de cheval d'Hange Zoe. Cette dernière haussa un sourcil.

- Je sais que vous avez beaucoup de travail, reprit finalement Erwin. Vous êtes en garde depuis vingt-quatre heures, vous êtes épuisés, mais cette fille est un mystère pour moi. J'ai besoin de plus de cerveau. Aussi si l'un de vous m'apporte l'explication des convulsions de cette fille, je l'emmène au bloc avec moi pour une intervention capitale.

Le coeur de Livai se mit à battre plus fort. L'odeur de la chirurgie alléchait tous les internes. Elle commença à se rependre entre eux, et des sourires apparurent sur les lèvres de tous les collègues de Livai. C'était une occasion inespérée pour eux d'assister ainsi un neurochirurgien renommé dès leur première garde, mais curieusement, Livai n'était pas aussi enthousiaste qu'eux. Le pire dans cette histoire était qu'il détestait perdre et qu'il était le médecin assigné à Kati, aussi il était tout désigné pour cette victoire. Malheureusement, la simple idée de sentir à nouveau l'odeur d'Erwin Smith lui fit froncer le nez. Livai acceptait de tuer des gens, l'erreur médicale restant humaine. Mais avoir une aventure avec son supérieur était au-delà de ses capacités. Il refusait d'être mis sur la touche pour une partie de jambe en l'air, aussi il préférait se retirer pour un temps de la neurochirurgie. Le cerveau le fascinait, mais la jalousie des autres internes si cette histoire venait à se savoir le tentait moins. Il devait se défaire au plus vite de cette situation embarrassante, et cela signifiait éviter Smith le temps qu'il l'oublie. Livai n'allait donc pas travailler sur le cas de Kati. C'était certes cruel pour cette gamine, mais l'idée de lire un magazine planqué à la cafétéria était plus au goût de Livai.

- Bien, je vous libère, finit par lâcher Erwin. Venez me voir si vous avez la moindre piste.

Le chef de la neuro quitta la chambre de Kati Brice, et Shardis en profita pour engueuler un instant ses internes avant de partir à son tour. Livai fit la moue. Il regarda le dossier de Kati, et tendit la main pour le prendre, mais Hange le devança.

- Prends le, j'en veux pas, marmonna Livai.

- Alors pourquoi t'allais le prendre ?demanda Hange. C'est toi son médecin. T'as plus de chance que nous d'aller au bloc avec Smith.

Livai soupira, agacé, alors que les autres internes commençaient à loucher sur le dossier. Hange le referma sous leur nez mais le garda fermement entre ses mains. Petra se mordit la lèvre. Livai tourna les talons. Il estimait n'avoir plus rien à faire dans cette chambre, mais Hange le rattrapa rapidement. Elle saisit le bras de Livai et ce dernier se retourna vers elle avec colère.

- Quoi ?grogna-t-il.

- On peut bosser ensemble, proposa la jeune femme. On fait équipe, et on a une chance sur deux d'aller au bloc.

Livai croisa les bras contre son torse. Un instant, il réfléchit.

- Je bosse avec toi mais je veux pas de l'intervention, céda-t-il. Si on trouve, elle est à toi.

Hange haussa les sourcils, mais un sourire se dessina rapidement sur ses lèvres.

- Je ne veux pas la moindre question, l'avertit Livai alors que les lèvres de sa collègue commençaient à s'ouvrir.

- Très bien, répondit Hange.

Elle gloussa, et Livai pesta en lui attrapant le bras pour les diriger vers la bibliothèque.

ooo

- Livai, dis moi pourquoi tu refuses de bosser avec Smith.

Livai hocha négativement la tête, et Hange poussa un profond soupir.

- Bon, elle n'est pas enceinte et n'a aucun antécédent cardiaque, lâcha-t-il en parcourant un livre médical des yeux. Qu'est ce qu'elle a cette fille …

- Allez, dis le, insista Hange avec un regard lourd.

Livai grommela et se tourna vers elle. Il inspira profondément.

- Pas de grimace, pas de commentaire, je ne veux rien du tout, dit-il.

Hange hocha la tête avec un grand sourire, et Livai commença déjà à regretter ce qu'il allait dire.

- On s'est envoyé en l'air, avoua-t-il.

Hange écarquilla les yeux, et entre ouvrit la bouche. Livai lui saisit la mâchoire pour la faire taire. Lorsqu'il la lâcha, la jeune femme se massa le menton.

- Bien alors… pourquoi pas un anévrisme ?demanda-t-elle en tâchant de passer outre l'information que venait de lui livrer son collègue.

- Non, le scan est nickel, soupira Livai.

Hange se gratta le dessus du crâne. Finalement, elle se tourna vers Livai.

- Et… c'est un bon coup ?craqua-t-elle. Enfin, ça a l'air d'être un bon coup.

Livai referma nerveusement son livre.

- On est à court de réponse, grommela-t-il.

Hange pinça les lèvres. Livai se massa les tempes d'un air agacé. Et finalement, il écarquilla les yeux. Hange l'interrogea du regard. Le brun se leva d'un bond et saisit le poignet de la jeune femme pour la tirer violemment à sa suite. Elle manqua de trébucher, et ils se mirent tous les deux à courir vers le couloir de la neuro.

- Elle s'entraîne pour un concours de gym, expliqua Livai, le souffle coupé. Elle est tombée !

- Oh mon dieu, souffla Hange, le regard plein d'espoir. Un petit anévrisme. Tout ce dont elle a besoin, c'est une angiographie !

Ils arrivèrent devant l'ascenseur. La porte se refermait sur Smith. Hange se jeta dans la maigre ouverture restante et poussa violemment la porte métallique pour qu'elle reste ouverte. Erwin Smith haussa un sourcil, et son regard ferme se posa sur Livai, qui venait d'arriver à la suite d'Hange. Le brun tenta d'éviter ses yeux bleus.

- Katy fait un concours de gym !cria presque Hange.

- Oui, je sais, mais on doit d'abord lui sauver la vie, répondit Smith avec un sourire poli.

- Elle est tombée.

Hange et Erwin se tournèrent vers Livai.

- Quand elle s'entraînait, elle est tombée, reprit ce dernier. C'était rien, pas même une bosse sur la tête.

- Mais elle est tombée !insista Hange avec violence. Rien ne prouve que c'est un anévrisme, mais ça pourrait en être un quand même !

Erwin sourit avec amusement, et poussa légèrement Hange pour que les portes de l'ascenseur se ferment. Cette dernière adressa à Livai un regard dépité.

- Il n'y a qu'une chance sur un million pour qu'une chute bénigne rompe un anévrisme, lâcha Smith.

Hange poussa un profond soupir. Puis les portes de l'ascenseur s'ouvrirent brutalement. Livai releva les yeux. Erwin se jeta dans l'ouverture et les dépassa, sa blouse déboutonnée volant derrière sa puissante silhouette.

- On y va, déclara-t-il.

- On va où ?s'étonna Hange sans comprendre.

Livai lui donna une tape sur le crâne.

- On va voir si Katy est le cas sur un million, espèce d'idiote, grogna-t-il avant d'emboîter le pas à Smith.

ooo

- C'est incroyable, souffla Hange. Il est minuscule !

Erwin sourit franchement et désigna une tâche sombre sur l'écran des résultats de l'angiographie de Katy Brice.

- C'est une hémorragie méningée, expliqua-t-il. Elle saigne dans son cerveau…

Livai regardait l'écran avec fascination. C'était absolument incroyable pour lui de se retrouver si près d'un patient, si près de la chirurgie. Depuis qu'il avait quitté la fac il rêvait de travailler sur de vrais cas, et cette fois ci, il en avait un sous les yeux. Une gamine aux convulsions mystérieuses, et lui et Hange venaient de lui sauver la vie. Elle allait pouvoir devenir une femme, et Livai sentit soudainement sa journée s'améliorer, et ce malgré la présence de Smith à quelques centimètres de lui. Le brun le regarda un instant. Sa blouse moulait les muscles saillants de ses bras, et Livai frissonna. Un souvenir de la nuit dernière remonta dans un coin de sa tête, et il le chassa rapidement.

- Vous avez fait un excellent travail, merci, reprit Erwin en souriant. Mais je ne peux en prendre qu'un de vous.

Il se tourna vers Livai et lui tendit le dossier de Katy. Hange fronça durement les sourcils.

- Livai, on se voit au bloc, déclara le neurochirurgien.

- Hors de question, rétorqua le brun en attrapant le dossier pour le donner à Hange. Prenez Hange, elle y tient beaucoup.

Et il tourna les talons pour quitter la pièce. Livai savait parfaitement qu'il allait à l'encontre de tout son apprentissage en refusant ainsi une intervention en or pour des enfantillages, mais c'était au-delà de ses forces. Chaque fois que son regard se posait sur Erwin Smith, les souvenirs de sa nuit avec lui remontaient de sa mémoire pour le torturer. Livai ne parvenait toujours pas à croire que sa brève romance puisse s'avérer aussi désastreuse pour ses futures années de résidence, et pourtant, c'était la triste vérité. Il avait eu une relation sexuelle avec son patron, le patron de son patron, son enseignant, et même l'enseignant de son enseignant. Et le pire dans toute cette histoire était certainement le regard que Smith portait sur Livai. Il n'avait pas l'air réellement choquée de cette situation, si bien que Livai avait la désagréable impression de faire cavalier seul. Tout allait contre le sens moral et le respect de la hiérarchie, mais Smith semblait tout à fait déterminer à faire sauter ces principes.

Livai soupira profondément. L'opération de Katy allait avoir lieu sous ses yeux malgré tout. En effet, s'il avait refusé une place dans le bloc, il ne souhaitait en aucun cas se priver de la galerie d'observation. Il était après tout présent pour apprendre, et non pour se planquer toute la journée derrière un bureau.

- Merci !

Livai se retourna. Hange lui courait après, le dossier de Katy dans les mains. Et soudain, elle trébucha, et s'écroula lamentablement. Avant qu'elle ne touche le sol, elle se rattrapa à un bras passant à côté de Livai. C'était celui d'un jeune homme brun à la peau laiteuse et au regard embarrassé. Il glapit en sentant les ongles d'Hange s'enfoncer dans sa peau, et finit par tomber avec elle. Livai haussa un sourcil alors qu'Hange remettait ses lunettes sur son nez. Elle regarda l'inconnu, et lui sourit franchement. Ce dernier se dégagea avec gêne de la prise de la jeune femme.

- C'est fou ce que ça glisse dans les hôpitaux !s'exclama Hange en riant, sous le regard médusé des infirmières.

- Oui, un peu, répondit le jeune homme entraîné au sol.

Il se remit sur pied et épousseta sa blouse.

- T'es avec quel résident toi ?demanda Hange en tendant à son interlocuteur le stylo qui était tombé de sa poche.

- Je …répondit l'inconnu d'un air mal assuré.

- Docteur Berner !

Une infirmière venait de surgir d'un couloir. Hange fronça les sourcils.

- Un cas cardiaque vient d'arriver aux urgences, reprit l'infirmière en tendant un dossier au dénommé Berner. Le résident de garde a besoin de votre appui. Ça semble plutôt compliqué et mal engagé par le patient.

- Très bien, j'arrive, répondit le médecin en souriant.

Hange lâcha le stylo, qui tomba au sol. Le docteur Berner se pencha pour le ramasser, et au bout de quelques secondes il tourna les talons après avoir salué les deux internes. Hange regarda Livai avec un intense désespoir.

- C'est un titulaire, lâcha Livai. Et tu viens de te servir de lui comme carpette.

- Mais…bredouilla Hange. Il a notre âge à tout casser !

Livai haussa les épaules.

- Il est précoce, c'est pas possible, reprit la jeune femme en regardant les deux doigts avec lesquels elle avait attrapé le stylo.

- Pas sur tout les points j'espère, sinon sa vie doit être vraiment merdique, réfléchit Livai.

Il n'en fallut pas plus à Hange pour éclater de rire.