Disclaimer: Final Fantasy 7 n'est pas de moi, mais l'idée de cette histoire oui.

Auteur : Les Zintrouvables


Titre : Mission Impossible

Prologue

Les manifestants, de jour en jour plus nombreux, s'amassaient au bas de la tour de la Shinra. Excédé par la situation, Rufus Shinra savait qu'il lui fallait agir tôt ou tard. L'annonce du nouveau projet de la Compagnie était loin, semble-t-il, de faire l'unanimité. Fidèle à ses ambitions, la Shinra ne s'avouerait pas vaincue pour si peu. Il en allait de même pour son jeune président.

Plusieurs plans parsemaient sa table de bureau, mais ils étaient tous aussi inutiles les uns que les autres pour remédier à la situation actuelle. Confortablement installé dans un fauteuil de cuir d'un blanc irréprochable, Rufus expira bruyamment.

- Cette bande d'idiots! S'exclama-t-il en lorgnant du coin de l'œil la fenêtre close où pourtant se faufilaient des cris indistincts.

Leurs clameurs lui causaient un de ses maux de tête sournois auxquels, dieux merci, il n'était que rarement incommodé. Du moins, pour l'instant. C'était une raison de plus pour mettre un terme à ces ridicules mouvements de contestation.

Accoudé à son plan de travail, les paupières fermées, il tâchait de soupeser les options qui s'offraient à lui. D'un geste lent, mais précis, il massait avec vigueur ses tempes douloureuses. Las, il était pourtant hors de question de crouler sous une avalanche de pression.

Un rictus déforma ses lèvres. Malgré lui, il avait pensé à ce mot précis : Avanlache… L'origine de ses tourments. La même qui avait contribué à la chute de son très peu regretté prédécesseur. Il y avait bien de quoi d'ironique. L'histoire ne se répèterait pas. Il y verrait personnellement.

- Monsieur?

Rappelé à la réalité, Rufus ouvrit les yeux. Son regard se posa sur sa subordonnée. L'air soucieux, la Turk Elena se tenait bien droite à ses côtés. Elle savait qu'elle aurait dû attendre qu'il lui adresse la parole le premier, mais elle n'avait pu faire fi de sa nature féminine. Encore une fois.

« Vous désirez un verre? » s'empressa-t-elle de demander afin de dissimuler la nervosité naissante qui l'assaillait à l'idée de se faire sévèrement réprimandée pour son audace.

En guise de réponse, Rufus hocha simplement la tête. Quelque peu rassurée, Elena contourna néanmoins, d'un pas raide, le bureau de la présidence afin de saisir la carafe d'eau près de la fenêtre. Lorsqu'elle vint pour le servir, Rufus attrapa son bras avant qu'une seule goutte ait pu franchir le bec du récipient.

- De l'alcool, Elena, de l'alcool.

Elle sourit timidement pour se redonner contenance.

- Bien sûr, Monsieur.

Elle s'acquitta de sa tâche avant de reprendre sa place dans un immobilisme presque parfait. Le liquide ambré au fond du verre créait des remous au rythme du balancement des doigts de Rufus. Subjugué par le mouvement, une idée traversa alors l'esprit, jusque-là préoccupé, du Président. Sans boire une seule once du liquide, Rufus reposa brusquement le verre sur son bureau.

« Quelque chose ne va pas, Monsieur? »

Rufus la fit taire d'un geste de la main.

- Ce sera tout.

Elena s'inclina respectueusement et prit congé, à la demande du président. Décidemment, elle devrait apprendre à tenir sa langue en sa présence.

Enfin seul, Rufus se détendit. Il allongea ses jambes, avec désinvolture, sur son bureau. L'idée qu'il venait d'avoir avait tout pour lui plaire. Comment n'avait-il pu y songer plus tôt? Il lui faudrait certes en peaufiner les détails, mais il aviserait en temps et lieu. Il ne servirait à rien de brûler les étapes. Il lui fallait bien commencer par le commencement.

Le bras du fauteuil dissimulait un dispositif de communication. Rufus n'eut donc qu'à soulever le coussinet. Chose faite, il mit le doigt sur la touche appropriée. Une voix masculine s'échappa presque instantanément du récepteur.

- Monsieur?

- Faîtes préparer l'hélicoptère, ordonna le Président.

- L'hélicoptère, Monsieur? La question reflétait toute la surprise de son interlocuteur. La demande du président n'était accompagnée d'aucun préambule.

- Vous avez bien entendu, Tseng. Ne me faîtes pas répéter.

- Bien, Monsieur. Vous souhaitez aller quelque part en particulier, Monsieur?

Rufus sourit devant la perspicacité de son homme de confiance, si tant est qu'il ait pu avoir confiance en qui que ce soit. Tseng s'était toujours montré, malgré tout, d'une docilité exemplaire et constante.

- Oui. Admit-il. « Au bar le Septième Ciel ».


À suivre...