tw: drogues, scène de sexe


Chapitre IIIStraight outta Hell

Depuis la semaine dernière, les choses sont allées très vite, à tel point que je n'arrive presque pas à suivre. Il est vingt et une heure, et Chrollo et moi sommes les derniers à quitter l'agence, sortant de l'immeuble en manquant de trébucher sur les marches alors que nous nous dévorons mutuellement les lèvres. Je n'abandonne sa bouche qu'un instant, le temps de héler un taxi et d'entrer à l'intérieur, et avant même de m'en rendre compte nous sommes chez lui, dans son appartement situé au dernier étage du Cemetery building.

Chrollo s'est rendu dans la salle de bain, où il se déshabille, je crois. Pendant ce temps, j'en profite pour inspecter les lieux, le souffle presque court, observant chaque recoin des pièces immenses où il vit. Je suis particulièrement interpellé par le nombre démesuré de livres qui se trouvent dans l'appartement. Il y en absolument partout, remplissant à ras bord les nombreuses bibliothèques qui décorent son intérieur, dans toutes les langues, de toutes les sortes. Son salon est un large séjour qui offre une vue imprenable de la ville que l'on aperçoit depuis des fenêtres tout en longueur, surplombées de vitraux. Un canapé blanc, d'angle, compose au milieu du salon un îlot central avec la table basse en verre à laquelle il fait face. Il n'y a pas de télévision, mais un gros poste de radio chromé est posé sur le bar. Contre le mur Ouest, une vitrine, énorme, qui monte presque jusqu'au plafond, où sont exposées des armes. Je m'approche pour mieux les voir.

La vitrine est majoritairement remplie d'armes blanches. Sur fond de velours pourpre, impeccable, sont exposés près d'une centaine -je dirais, à vue d'œil- de couteaux de toutes époques et de toutes provenances. Alors que je me penche pour observer la dernière rangée, celle qui est tout en bas, Chrollo revient, la chemise ouverte. Il sort une bouteille de champagne et nous nous installons tous les deux sur le sofa.

« Tu possèdes une collection plutôt impressionnante. » Fais-je, désignant la vitrine du pouce. Il hausse les épaules.

« J'aime bien les lames. » Répond-il simplement en remplissant deux flûtes. Nous trinquons et il commence à boire, mais moi, ce n'est pas le champagne qui m'intéresse. Je me penche sur lui et l'embrasse en lui mordant les lèvres. Lorsqu'il recule, je sors trois grammes de coke de la poche de ma veste.

J'ouvre l'enveloppe du bout des doigts et, précautionneusement, fait tomber la poudre blanche sur le plateau de verre. Je sors ma carte pour en faire des lignes, et, mon portefeuille toujours ouvert, j'en tire un billet de dix mille jénis -le premier qui me vient- que j'enroule et que je tends à Chrollo. Des mèches de cheveux lui retombent sur le front lorsqu'il se penche pour s'enfiler la ligne. Il l'aspire entière, d'un coup, comme s'il avait fait ça toute sa vie et je réalise soudain qu'avec un poste comme le sien qui demande une excellence si impitoyable qu'il ne doit sûrement pas en être à sa première, comme je m'y étais si innocemment attendu, ce qui d'ailleurs ne me ressemble pas.

Lorsqu'il relève la tête, le billet de dix mille jénis toujours roulé entre son majeur et son index, il a à peine le temps de balayer d'un geste de la main ses cheveux rebelles qu'une perle de sang s'échappe de la narine par laquelle il vient de sniffer son rail, rouge, luisante, lourde, et elle se met instantanément à couler sur ses lèvres. Surpris par le sang chaud, il porte un doigt à son visage mais je l'arrête avant qu'il ne puisse le passer sur sa peau. Je le repousse en arrière, mes doigts enroulés autour de son poignet et je me met à l'embrasser avidement, contenant non sans mal mon euphorie lorsque le goût sucré de sa langue contre la mienne se mêle à celui, cuivré, de son sang. Dans nos gestes précipités, le billet lui échappe des mains et dégringole derrière un coussin. Mais ni lui ni moi ne nous en formalisons, car je suis déjà occupé à glisser une main à l'intérieur de sa chemise alors que mes dents s'attaquent à son cou délicieux que je ne peux m'empêcher de fantasmer brisé et couvert d'ecchymoses. Je passe mes doigts sur sa joue et lui relève la tête. Ses narines sont cerclées de poudre blanche.

Plus tard. Nous avons délaissé la coke -il reste un rail, intouché, sur la table basse- pour l'exta à laquelle je n'ai pas touché, seulement lorsque j'ai déposé un cachet sur ma langue pour le forcer contre celle de Chrollo et le lui faire avaler. Il est à présent définitivement sous l'effet des substances et n'est plus dans son état normal. Nous avons fini la bouteille de champagne, et lorsqu'il se lève pour aller chercher autre chose à boire, titube un peu, semble se perdre dans son appartement avant de revenir avec une bouteille de whisky qu'il a trouvée dans le bar. Je nous sers deux verres et descends d'un trait le mien, avant de le re-remplir derechef. Chrollo passe une main dans les cheveux rebelles qui lui retombent devant les yeux.

« Je crois que je suis peut-être un peu… Défoncé. »Dit-il en articulant avec difficulté, la voix pâteuse. Je n'écoute pas trop ce qu'il me dit, car je me sens dans un état de nerfs avancé, tous mes muscles tendus, prêt à lui bondir dessus. Sur ma langue, le whisky est amer.

« Tu ne voudrais pas qu'on aille dans la chambre ? » Je lui demande en le reversant en arrière, passant mes lèvres sur la peau de son cou. Il laisse échapper un petit rire et se dérobe à mon contact, puis se lève. Je fais de même.

Dans sa chambre. Un large lit japonais trône au centre de la pièce, séparé du dressing par deux grands rideaux, ouverts. Je me tiens derrière Chrollo, glissant mes mains sur son cou et les remontant sur sa mâchoire, le forçant à pencher la tête en arrière. Sa gorge est totalement à ma merci, et pendant un instant, je rêve à la quantité incroyable de sang qui pourrait se mettre à en jaillir si je lui tranchais le cou. Je lui retire sa chemise, ce qui ne me demande pas beaucoup d'efforts sachant qu'elle est déjà ouverte, et le renverse sur le lit. Il se laisse faire, engourdi, le corps lourd et me regarde avec un air nonchalant pendant que je déboutonne mon costume. Une fois déshabillé, je m'empresse de le rejoindre et l'embrasse à pleine bouche, sans plus pouvoir attendre. Je sens mon désir qui brûle au creux de ma poitrine et me consume à vif. Il sors la langue. Le goût des médicaments se mêle à celui de l'alcool.

Je sens ses mains courir sur moi tandis que ma langue se force un passage entre ses lèvres, et, un bras appuyé sur le lit, j'essaie d'ouvrir son pantalon à l'aide de ma main libre, mais j'ai du mal, car ses doigts ont glissés jusqu'à mon bas ventre et il a commencé à me caresser, ce qui me décontenance, et mon excitation, déjà à son paroxysme, à la limite extrême de devenir parfaitement incontrôlable est alors augmentée d'un cran, fatal, par les constatations suivantes : 1) mon érection, qui pulse contre ma cuisse, n'a jamais été aussi dure et douloureuse et la sienne également, il semblerait, et 2) il se trouve dans un tel état que je pourrais profiter de lui et le torturer à mort sans qu'il soit capable de lever ne serait-ce que le petit doigt pour se défendre. Chrollo est totalement à ma merci, détruit par la drogue, l'air clairement ailleurs, à moitié dans les vapes, ses yeux gris devenus parfaitement noirs. J'arrache son pantalon tout en pensant au reste de mes collègues, qui n'ont probablement jamais osé imaginer leur chef dans une situation aussi improbable et dégradante et le fait de savoir que je suis le seul, au monde, à avoir la chance de capturer un instant aussi rare, me plonge dans une extase immense que je n'avais jusqu'à lors que rarement ressentie.

J'entre en lui sans le préparer, et je jurerais sentir sa chair se déchirer contre ma queue. Il rejette la tête en arrière en ravalant un feulement de douleur et d'extase, s'agrippant aux draps, tout le corps tendu, rigide, perlé de gouttes de sueur. Mais je sais, et il n'y a qu'à voir les yeux qu'il me fait pour le deviner, qu'il adore ça, et qu'il ne tardera pas à en demander plus.

Sa jambe repose sur mon épaule, et la chaleur de sa peau se diffuse contre la mienne. Je peux entendre les battements de son cœur – à moins que je ne les confonde avec les miens- et sa respiration rauque, irrégulière. Tout en tapant au fond de lui, je laisse la marque de mes griffes sur son abdomen. Il gémit. J'ai envie de le dévorer tout entier, de lui arracher les organes, de le détruire.

Son souffle est court, haché, et son torse (blanc, impeccable) se soulève en désaccord. Nos regards se croisent, et je crois soudain percevoir dans ses yeux une étincelle d'incertitude, comme s'il était perdu, et qu'il n'avait aucune idée de ce qu'il pouvait bien faire ici, avec moi, s'adonnant a de telles atrocités, passant à côté d'une vie qui aurait pu être la sienne. Puis sa tête roule en arrière, dans le vide. Son regard se perd, ailleurs, abruti par la drogue.

Je le saisit par le bas du visage et lui force à relever la tête, cherchant son regard. Mais ses yeux sont perdus dans le vide, voilés. Il est à des lieux de là, totalement inconscient de ce qui est réellement en train de lui arriver, incapable d'avoir la moindre pensée cohérente à cause de toutes les drogues qu'il a ingurgitées et qui engourdissent son cerveau et son corps. Il n'est même plus lui même, incapable de garder son self-control, incapable de maîtriser les sons qu'il fait, incapable de redevenir maître de la situation. Il est absolument incapable de se défendre. Il n'est plus rien qu'une épave bourrée de drogues. Je le baise alors qu'il est défoncé à mort.

Au bout de quelques minutes, je me sens déjà prêt à venir, le souffle court, le cœur battant à tout rompre dans ma poitrine. Chrollo ne semble pas en meilleur état, et je l'attrape par le bras pour le faire se redresser. Sans sortir, j'échange nos positions et l'assoit à califourchon sur moi, le retenant à deux mains car le geste a été trop brutal et lui a fait perdre son équilibre. « Bouge », je siffle entre mes dents, les doigts agrippés à ses cuisses, mais il lui faut quelques secondes durant lesquelles il reprend tant bien que mal son souffle, son haleine formant de petits panaches de vapeur. Puis, enfin, il se reprend et essaie de bouger.

Ses gestes sont maladroits et désordonnés, et je dois l'aider en donnant des coups de bassin et en le retenant par la taille. Visiblement, je tape sur un point sensible car Chrollo bouge les hanches, à moitié conscient, laissant échapper des éclats de voix qui me rendent fou. Mais soudain, son saignement de nez, qui s'était arrêté, reprend tout à coup et il s'en met partout, et bientôt, ses lèvres, son menton, son cou et son torse et son ventre sont couverts de gouttes sombres, pendant que son sang forme des bulles à ses narines. Il ne m'en faut pas plus pour que je vienne en lui dans un gémissement étouffé et rauque, et Chrollo jouit lui aussi, d'un orgasme prolongé et puissant, avant de s'effondrer, inconscient, sur moi.

Sur son ventre, son sperme s'est mêlé à son sang et forme un jus rose clair. Ses yeux ont roulé dans ses orbites. Il a perdu connaissance.

...

Midi. Nous déjeunons dehors, au Daniel's, Phinks, Sharnalk et moi, et bien que la perspective de passer le déjeuner en compagnie de cette brute ne m'enchante que très peu, il s'avère que depuis ce matin, il a l'air d'avoir envie de parler de tout et de rien, notamment de notre chef -et ça, ça m'intéresse. Alors lorsque Sharnalk m'a gentiment proposé de me joindre à eux, j'y ai vu l'occasion de glaner encore quelques informations sur Chrollo, et j'ai accepté.

Nous sommes dans la salle non-fumeur, et la rumeur des cuisines et de la salle me parvient par vagues, avec les bribes d'une conversation au sujet des débuts de Phantom Group entre mes deux collègues, tandis que dehors, une voiture de police remonte silencieusement la rue à contresens sous un ciel bas et gris.

Phinks, aujourd'hui, a commencé à jacter dès son arrivée à l'agence, puis encore là, à l'instant, où il a continué de délirer devant ses trois J&B's à l'eau, quoique de manière intéressante, à propos de son adorable boss. Phinks ne sait pas se taire. Faisant semblant de ne pas m'intéresser à ce qu'il dit, j'écoute d'une oreille, mais à mon plus grand regret, ses jacassements ne m'apprennent rien de nouveau concernant Chrollo. Et puis, après tout, je le connais mieux que n'importe lequel d'entre eux, et je souris à cette constatation, car j'ai passé la nuit dernière en sa compagnie jusqu'à le rendre complètement fou.

Perdu dans mes souvenirs, sentant l'ennui commençant à se glisser, insidieux, sous mes paupières qui se font soudainement lourdes, les plats arrivent, et alors Phinks est coupé dans son monologue. Je jette un œil aux assiettes, au carpaccio de saumon, à la viande de bœuf bleue sur son lit d'asperges, à la soupe d'endives et de noix, et soudain, une avidité insoutenable me prends, et l'envie d'arracher, de déchirer, de tuer est si grandissante que je me sens comme assommé, la seule envie, le seul besoin de mordre dans la chair tournant en boucle dans mon esprit comme une unique pensée obsédante, et bientôt, je n'entends plus le bruit autour de moi, ma vision devient incertaine, et je suis obligé de m'accrocher de toutes mes forces aux bras de mon siège jusqu'à ce que ma soif de sang passe. Elle s'estompera totalement plus d'une heure plus tard, de laquelle je ne garderai qu'un vague souvenir, distordu et flou comme un rêve, ne me rappelant même pas avoir quitté le restaurant pour rejoindre l'agence.

...

Par moments, je me sens englouti par un vide immense. Le désespoir qui me prend est si incommensurable que je n'arrive même plus à savoir qui je suis, ni même à trouver une raison à mon existence. J'ai du mal à faire la différence entre mes rêves et la réalité. L'odeur de cadavre qui flotte dans mon appartement se fait parfois si forte que je croirais défaillir, mais par moments, elle semble avoir totalement disparu. La nuit, je rêve que je tue Chrollo en lui ouvrant le ventre. Le jour, il se tient pourtant devant moi, bien vivant, palpable, réel.

Dehors, derrière les vitres de mon appartement, il ne fait pas encore nuit, mais presque. J'ai avalé trois Halcion (car mon organisme s'est si bien adapté que la drogue ne me fait plus dormir -elle éloigne seulement la folie totale) et allumé le poste de télévision qui braille, mais je n'écoute pas. J'ai dans la main une mèche de cheveux, noire, qui appartiens à mon boss. Je l'ai coupée lorsqu'il était trop défoncé pour s'en rendre compte, l'autre soir.

Depuis quelques jours, je n'ai plus trop d'appétit, et en guise de dîner, je mâchonne un morceau de viande crue, d'origine inconnue, que j'ai retrouvé dans le frigo, derrière une bouteille de jus de citron. Le goût n'est pas terrible mais ça ne fait rien, car toutes mes pensées son tournées vers Chrollo. Il est passé chez moi il y a quelques jours et son odeur émane encore faiblement de mes draps, que je n'ai pas changés, et qui sont encore maculés de gouttes d'un sang devenu marron et sec, de tâches de sperme et d'auréoles de sueur. Sa présence atténue un peu le vide qui me ronge, et je ne peux pas attendre de le revoir.

Sans m'en rendre compte, je me suis endormi sur mon canapé, sans avoir fini la viande. Lorsque j'ouvre les yeux, la télé est toujours allumée et le jour ne s'est pas encore tout à fait levé. Le bleu sombre de la nuit laisse place à une pâle lueur naissant à l'horizon, derrière les buildings. Ma montre s'est arrêtée et je ne sais pas quelle heure il est. Cinq heures et demie, six heures, quelque chose comme ça. Ma nuit fut courte et moite. Ces jours-ci, le soir lors qu'enfin je parviens à m'endormir, je ne rêve de d'abysses profondes et insondables, des ténèbres noires d'où sortent des centaines de mains décharnées, couvertes de chair pourrie, les os saillant, qui m'attrapent à m'attirent avec elles jusqu'au fond du gouffre. Je me retrouve sous terre, enterré vivant, et lorsque je remarque que mon corps n'est qu'en fait plus qu'un cadavre déjà dévoré par les vers, je suis incapable de bouger, écrasé par les tonnes et les tonnes de terre qui me maintiennent éloigné de la surface, seul dans ma tombe. Je me réveille généralement trempé de sueur, ayant envoyé mes draps aux pieds du lit, et je sens ma respiration qui s'emballe alors qu'essayer de chasser la panique ne fait que l'augmenter encore plus. Ma vie est un enfer.

Je ne sais plus trop quel jour nous sommes. Je suis seul, chez moi. J'erre dans mon appartement dans un état de semi-conscience. Tous les stores sont fermés, et je ne sais pas si la nuit est tombée. J'aimerais appeler Illumi, mais je ne me souviens plus de son numéro. Je me tiens devant la fenêtre qui donne sur la Cinquième Avenue, mâchonnant un médicament au goût âpre qui me donne envie de vomir. Je ne sais plus pourquoi je l'ai pris. Peut-être que j'avais la migraine. L'envie soudaine de me dévorer la langue me prend, puis elle passe.

Je quitte le salon pour me rendre à la salle de bain, pour me faire un soin du visage. J'ouvre la pharmacie à la recherche du tube, neuf, que j'ai acheté hier, mais je ne le retrouve pas, alors j'avale plutôt deux Xanax que je retrouve au fond d'une boîte. Je croise mon reflet dans la vitrine. Je ne sais pas pendant combien de temps je me perds dedans, mais lorsque je reviens à moi, il fait nuit, et l'appartement est plongé dans le noir.

Je divague jusqu'à la cuisine où j'ouvre les placards sans faire attention, pour finir par me faire un thé détoxifiant et amincissant aux fruits rouges, à la rhubarbe et au guarana, qui laisse une petite flaque pourpre au fond de la tasse, semblable à du sang. Alors que je regarde fixement la flaque, une vague de mélancolie me submerge soudain, brutale, irrépressible, lorsque je me dis que si je disparaissais, là, tout à coup, personne ne remarquerait mon absence. Tout le monde… S'en… Foutrait. En fait, si quelqu'un remarquait mon absence, ça serait sans doute avec un indéfinissable sentiment de soulagement. C'est vrai, le monde se porte mieux quand certaines personnes ont disparu.

Dans mon appartement, la puanteur de la décomposition rend l'air irrespirable. Je pense que j'aimerais bien voir Illumi prendre Chrollo sous mes yeux. Je pense à Machi. J'aimerais que sa tête soit dans mon réfrigérateur, à portée de main. J'aimerais goûter à sa chair. Je pourrais peut-être faire bouillir ses os, aussi, avec ceux de Chrollo. Je pense au cadavre que j'ai enterré dans le parc, et peut-être que j'aimerais bien savoir dans quel état il est, maintenant, s'il a été totalement dévoré par les vers ou s'il lui reste de la peau sur le corps, si elle est flétrie et sèche ou si elle est suintante, molle, comme de la viande trop cuite qui tombe en lambeaux. Peut-être que j'irai, ce soir, et que j'en récupérerai un morceau, en souvenir, que je ramènerai avec moi au bureau demain.

Puis j'oublie tout, et me perds à nouveau dans un semi rêve.