tw: scarifications, agression sexuelle
Chapitre IV – Hemmorrhage
Mardi soir. Je suis au Tunnels avec Chrollo. En attendant que les plats arrivent -les tomates séchées au soleil avec leur caviar doré aux piments pour lui, tandis que j'ai pris l'espadon, une valeur sûre – mon boss descend à une vitesse assez phénoménale un verre de vin blanc. Je repense au jeune garçon que j'ai torturé la veille dans une ruelle, à quelques pas d'ici. Ses derniers gargouillements sanguinolents ont hanté ma journée ainsi que le début de ma nuit mais lorsque je repose les yeux sur Chrollo, assis face à moi, et que je regarde sa gorge se mouvoir alors qu'il termine déjà son premier verre, j'oublie tout instantanément et plus rien d'autre que lui ne compte. Je sens tout mon corps tressaillir d'appréhension en observant son visage, ses épaules, ses mains sur la nappe immaculée brodée au nom du restaurant, son corps entier que je fantasme ruiné, déchiqueté, réduit en bouillie, mort, vidé de son sang, et peut être même a moitié dévoré si le cœur m'en dit. Il n'y a pas a dire, il me plaît. C'est moi qui le tuerai.
Nous quittons le Tunnels presque deux heures plus tard, et pour une raison qui demeure inconnue, mon boss a bu plus d'une bouteille de Chardonnay et je dois le soutenir, passant un bras autour de sa taille tout en hélant un taxi, car il a du mal à marcher droit. Nous nous engouffrons dans l'habitacle lorsque le chauffeur s'arrête à notre hauteur et je lui donne mon adresse tout en installant mon chef sur la banquette arrière, puis il démarre.
Chez moi. Alors que j'aide Chrollo à se débarrasser de sa veste, que je range sur un cintre dans le placard de l'entrée et que je le regarde tituber jusqu'au canapé où il s'affale en me demandant si je n'ai pas du whisky ou quelque chose comme ça, je me maudits intérieurement de ne pas avoir pensé à inviter Illumi, que j'aurais bien aimé voir coucher avec lui, là, sous mes yeux, à même le canapé dans lequel il vient de se laisser tomber, sachant que vu son état (qui ne vas pas s'arranger avec ce que je vais lui servir) il ne sera capable de refuser aucune avance. Mais il est déjà tard et Illumi est probablement occupé, alors je prendrais soin de Chrollo moi même. Je vais dans la cuisine et lui prépare un verre de J&B, auquel j'ajoute un somnifère que j'ai préalablement réduit en poudre. Lorsque je reviens au salon, il a desserré le nœud de sa cravate et s'est allongé en longueur dans le canapé. Je m'assois près de lui et lui tend le verre qu'il boit à moitié avant de se rendre compte du goût étrange -à cause du médicament- et il fait la grimace. Je repousse son verre contre ses lèvres du bout des doigts pour le forcer à finir.
« Ton whisky est bizarre.
-Mais non. Tu as trop bu, c'est tout. »
L'alcool qu'il a déjà dans le sang fait qu'il passe vite à autre chose, et il termine son verre. Je le ressers immédiatement. Je vois à son regard, voilé, qu'il est déjà en train de partir ailleurs. Je passe une main dans ses mèches, derrière son oreille, dans son cou. Sa peau est brûlante.
Pendant plusieurs secondes, aucun de nous deux ne parle. Et soudain, au bout d'une minute, peut-être, Chrollo souffle :
« Tu sais, j'étais chef d'orchestre, avant de monter mon entreprise. » Me confie-t-il en faisant danser le whisky dans son verre, l'air ailleurs.
« Oh, vraiment. Je ne l'aurais pas deviné. Tu es tellement jeune. »
Il laisse échapper un petit rire. Il est totalement ivre. Les jambes croisées et le menton au creux de la paume, je le regarde droit dans les yeux. Il est tellement alcoolisé que j'ai l'impression de pouvoir lui demander tout ce que je veux.
« J'aimerais beaucoup te faire saigner. » Dis-je en changeant complètement de sujet. « Tu n'y vois pas d'inconvénient ? »
Il ne répond pas de suite, fronçant les sourcils comme s'il ne comprenait pas. Sa tête semble lourde, et je crois que les somnifères commencent à faire effet.
« Qu'est ce que tu as dit ? » Me demande-t-il enfin, et à cet instant, je me lève, quitte le séjour et me rend à la cuisine, où j'attrape l'un des nouveaux couteau que j'ai acheté chez Dean & DeLuca plus tôt cette semaine, et que j'avais hâte d'essayer. Je frémis presque d'impatience de savoir que c'est sur lui que je vais les inaugurer. Lorsque je reviens au salon, il s'est assoupi. Je m'assois près de lui et lui relève la tête.
« Chrollo ? Réveille toi, je n'en ai pas terminé avec toi. »
Péniblement, il ouvre les paupières en grognant et se tourne sur le flanc. Puis finalement, il est pris d'un haut le cœur, et il se redresse. Je dois le retenir par les épaules car il a du mal à se maintenir droit. Il s'accroche au dossier du canapé et me demande, la voix rauque :
« J'ai la tête qui tourne. Tu n'aurais pas… Mis quelque chose dans mon verre, par hasard ?
-Peut-être. » Je souris. « Peut-être pas. Tu ne crois quand même pas que je vais tout te dire. Bon, donne-moi ton bras. »
Lentement, il me tend son bras, et lorsqu'il aperçoit le couteau, il est déjà trop tard. D'un coup sec, net et précis, je lui trace une longue entaille sur presque toute la longueur de l'avant bras. Sa chair s'ouvre, découvrant d'abord une viande blanche avant que de grosses perles de sang ne se mettent à en jaillir et couler en grosses gouttes, traçant des sillons sombres sur sa peau pâle, presque grise. Il reste interdit, d'abord, les yeux fixés sur la plaie qui ne cesse de saigner de plus en plus, à tel point qu'on peut à présent entendre le sang tomber en pluie sur le sol, éclaboussant de petites taches rouges tout ce qui se trouve autour, dont le bas de mon pantalon de costume blanc et le bout de mes chaussures, mais aussi les pieds de mon canapé.
« Je ne sens rien. » Avoue-t-il dans un souffle.
Le manche de la lame fermement maintenu entre les doigts, je m'apprête à faire une nouvelle incision, presque curieux de savoir si je peux faire plus profond que celle que je viens de créer et qui ne cesse de déborder d'hémoglobine, si bien que je commence à me demander s'il ne va pas lui falloir des points pour pas qu'il ne se vide de son sang. Son visage est blême, et des cernes violettes cerclent le dessous de ses yeux. Il a l'air affaibli, son dos choit contre le dossier du canapé et ses épaules s'enfoncent dans la pile d'oreillers qui pullulent contre l'appui.
Je libère son bras et trace un nouveau trait, sur sa cuisse cette fois, déchirant son pantalon au passage. Il serre les dents, et bientôt, le tissu gris est assombri par une tâche de sang qui ne cesse de grossir.
Lorsqu'il se déshabille -avec mon aide- une poignée de minutes plus tard, je sens mon estomac bondir d'excitation en voyant que son corps est zébré de bien plus de marques que je ne le pensais. Nous sommes à présent dans mon lit, et si certaines de ces plaies ne saignent déjà plus, là où le sang a commencé à coaguler, d'autres, les plus sévères, commencent à tacher les draps d'auréoles rousses.
J'ai échangé la lame fine et précise du couteau contre une paire de ciseau en acier, neufs, eux aussi. Leur tranchant semble impeccable, et lorsque j'attrape son bras pour tracer une coupure au dos de son poignet, la chair se déchire, s'arrache, et de minuscules copeaux de peau ourlent l'énième ouverture que je lui trace sur le corps. Contrairement au couteau, les entailles faites au ciseau semblent agresser sa peau, car le pourtour de la plaie ne tarde pas à se teinter d'un hématome rouge et violet qui ne se manifeste pas autour des autres incisions. Je porte son bras à mes lèvres et essuie d'un coup de langue la goutte de sang qui s'échappe de l'énième ouverte, cherchant son regard. Mais il est presque à deux doigts de tomber dans les vapes, l'alcool et les somnifères dans son sang l'ayant envoyé dans un état de semi-conscience.
Je profiterai de lui jusqu'à ce que l'aube se lève, sans qu'il ne soit capable de faire le moindre geste pour m'en empêcher. Le lendemain matin, à mon réveil, il sera profondément endormi, ou alors peut-être inconscient, à cause des somnifères.
...
Vendredi soir. Nous sommes chez Chrollo. L'idée de le voir coucher avec une autre personne -sortie de nulle part- n'a eu cesse de me hanter ces derniers jours, et j'ai décidé de lui faire la surprise, ce soir, en appelant une escorte avant d'arriver chez lui, histoire de voir comment est ce qu'il pourrait bien réagir. J'ai choisi l'agence avec une attention toute particulière, car je voulais un garçon, un travesti, et rien d'autre.
Nous nous mettons rapidement à boire lorsque j'arrive à son appartement, et il se montre, à ma plus grande surprise, assez impatient lorsque je l'informe que j'ai une surprise pour lui. L'escorte que j'ai commandé sonne près d'une heure plus tard, et, allant lui ouvrir, je suis réellement stupéfait par son air androgyne, ayant presque du mal à croire qu'il s'agisse vraiment d'un homme. Son visage de poupée est encadré par de longs cheveux blonds cendrés, et ses yeux, noisettes, sont ourlés de ces interminables cils qui lui donnent un air innocent, détonnant avec la froideur dont il fait la démonstration à peine entré à l'intérieur. Alors que je referme derrière lui et que je le regarde se diriger vers le salon, je ne peux empêcher un long frisson d'excitation remonter tout le long de ma colonne en imaginant que c'est sur ce petit trésor que Chrollo va peut-être défouler ses pulsions les plus sauvages, et je tire par réflexe sur le col de ma chemise déjà ouverte en fantasmant sur l'idée qu'il puisse commettre l'irréparable. Je n'ai pas grand-chose à foutre d'avoir des problèmes avec l'agence qui nous l'envoie, et je suis prêt à payer le prix fort pour voir jusqu'où mon chef adoré ira, lui qui semble à première vue incapable de faire du mal à qui que ce soit, bien que je sache qu'il s'agisse en réalité de toute une part de lui, sombre, terrifiante, et profonde comme un gouffre, que j'ignore encore et qu'il cache très bien.
Lorsque je regagne le salon à mon tour, notre invité est assis sur le canapé aux côtés de Chrollo qui le dévore du regard, installé dans une position nonchalante, sur le flanc, s'appuyant contre le dossier avec son coude et une jambe ramenée sous lui alors que l'escorte se tient le dos droit et les jambes serrées, une main sur sa cuisse, l'autre sur le pied de la coupe de champagne qu'il vient probablement de lui servir. Je préfère rester en retrait pour l'instant car le jeune homme semble nerveux -je peux le deviner à la rétractation extrême de ses pupilles- et je ne voudrais pas interférer dans l'issue de ce qui se profile ce soir. Je suis enchanté, et presque un peu jaloux de voir que le garçon que j'ai demandé semble absolument au goût de mon boss qui ne l'as pas lâché une seule seconde des yeux et qui l'assomme de questions. Je ne le savais pas aussi bavard.
En face de lui, le type répond à peine. Il a peut-être senti, trop tard, qu'il est tombé dans un piège.
« Comment tu t'appelles ? » Fait Chrollo de sa voix la plus douce en se rapprochant de quelques centimètres de l'autre garçon qui ne bouge pas, mais frémit. Maintenant que j'y pense, c'est peut-être ma présence qui l'intimide. Il détourne le regard, et répond dans un souffle :
« Kura… Pika.
-Bien, Kura. Je vais t'appeler Kura, d'accord ? » Enchaîne Chrollo, « ça sera plus simple. » Et sans attendre, il pose une main sur sa cuisse, près de ses hanches, et cette fois, lui arrache un sursaut qu'il a du mal à contenir. Kura porte une robe noire ultra courte aux épaules dégagées et au décolleté plongeant sur son torse plat, des collants en satin gris perle très fins et délicats et une paire d'escarpins rouges, assortis à ses lèvres.
L'instant d'après, la main de Chrollo abandonne sa jambe et remonte jusque sur sa mâchoire, et, le forçant à tourner la tête, l'attire à lui pour l'embrasser avec impatience. Je peux déjà apercevoir la bosse qui commence à naître dans son pantalon, et il m'est alors impossible de contenir un sourire, ravi de voir que mon idée lui plaît autant. Il ne suffit que de quelques secondes d'un roulage de pelles dans les règles de l'art pour que le rouge sur la bouche de Kura ne soit transféré sur celle de Chrollo, qui s'essuie d'un revers de pouce avant de se lever pour traverser la pièce, allant ouvrir les portes de sa chambre, et de se retourner vers le gamin en lui ordonnant de le suivre d'un signe de tête. Il ne se fait pas prier et se lève, reposant le champagne qu'il n'a pas touché sur la table basse avant de disparaître avec lui dans la pièce.
Discrètement, je m'approche à pas de loup et me poste dans le salon, près du bar. De là, les deux portes ouvertes m'offrent une vue plongeante sur le lit japonais installé au centre de la chambre. Chrollo a poussé Kurapika sur le lit, et, à deux mains, déchire ses collants et les sous-vêtements qui se trouvent en dessous sans même prendre la peine de les lui retirer correctement. Pourtant, il garde une expression très calme, ce qui semble troubler le gamin qui se redresse sur ses coudes mais qui se fait immédiatement plaquer sur le matelas et immobiliser, une poigne ferme retenant ses deux poignets au dessus de sa tête alors que Chrollo a déjà sorti son attirail et s'apprête à entrer en lui sans même le préparer. Comme Kura porte toujours sa robe, j'ai du mal à voir ce qui se passe mais je comprends, lorsqu'il retient un glapissement de douleur ou de surprise ou les deux, qu'il l'a pénétré, et il ne perd pas une seconde car ses mouvements de hanche se mettent instantanément à suivre, arrachant à la blonde sous lui des hoquets qui ne sont pas des gémissements de plaisir.
La scène ne dure qu'une poignée de minutes durant lesquelles l'escorte prend sur lui du mieux qu'il peut les incisives plantées de toutes ses forces dans sa lèvre inférieure qui semble prête à exploser d'une seconde à l'autre, en silence. Enfin, Chrollo, qui avait accéléré si bien que la tête de lit se met cogner contre le mur auquel elle est accolée, vient dans un grognement animal, le nez enfoui dans les mèches blondes. Pendant les secondes durant lesquelles ils reprennent tous les deux leur souffle, je m'assois sur un des fauteuils du salon et m'allume une cigarette. La trêve semble de courte durée, car déjà, je vois Chrollo qui se redresse et se met à tâtonner sous ses oreillers, à la recherche de quelque chose.
Kurapika, encore occupé à reprendre ses esprits, ne s'en est pas rendu compte, mais moi, de là où je suis assis, j'ai vu. Chrollo a tiré une lame de rasoir de sous les coussins, et je la distingue grâce à un éclat de lumière qui se reflète dessus, dans la pénombre de la chambre, où leurs deux silhouettes sont découpées comme des ombres, noires, sur un fond de ciel rendu rouge par les lumières de la ville. À partir de ce moment là, tout se passe très vite. D'une main, Chrollo maintient fermement Kura qui redresse la tête, et il ne lui laisse même pas le temps de comprendre que d'un geste vif et très précis, il lui entaille le cou avec la lame. Pendant une seconde, ils restent tous les deux parfaitement immobiles, se regardant droit dans les yeux, et puis, lentement, l'escorte baisse le regard sur la lame de rasoir que Chrollo tient entre ses doigts, et porte la main à sa gorge. Lorsqu'il sent le sang chaud -qui a coulé jusqu'à tâcher le tissu de sa robe- il se met à paniquer et à crier, et s'empresse de bondir, voulant fuir. Mais les draps défaits tombés au bas du lit l'entravent, et il se prend les pieds dedans, tombant sur le sol dans un bruit sourd. Chrollo n'a besoin que d'un geste pour le saisir par le bras et le remettre dans le lit, le saisissant par les poignets pour le maintenir immobile. Mais Kura se débat, et il dit quelque chose que je ne comprends pas, car il crie et sanglote à moitié, et il remue avec tellement d'énergie -probablement à cause de l'adrénaline- qu'il réussit à libérer un de ses poignets des mains de Chrollo et lui envoie un puissant coup de poing en plein visage. Chrollo se met à saigner du nez. Il jure entre ses dents, et lui envoie lui aussi un coup en retour, deux fois plus puissant, qui assomme instantanément l'escorte. Le corps de Kura retombe mollement entre les oreillers, et sa tête roule sur le côté. Il lui a ouvert la lèvre.
Pendant que Kurapika demeure inconscient, Chrollo se lève. Il ré-enfile rapidement son pantalon -qu'il laisse ouvert- et quitte la chambre d'un pas vif, se dirigeant vers la vitrine où sont exposées ses armes. Je le vois se saisir d'un des couteau qui se trouve dans la rangée du bas. Il se retourne vers moi pour se rendre à la cuisine, et j'aperçois que son nez saigne toujours lorsqu'il s'essuie d'un revers de poignet, sa chemise maintenant maculée de tâches rouges. Puis il disparaît derrière le bar, et, comme je suis curieux, je me lève pour voir ce qu'il fait. Dans le placard qui se trouve sous l'évier, il attrape un pistolet et une bobine de fil de fer. Il traverse la pièce dans le sens inverse pour retourner dans la chambre, m'ignorant complètement, comme dans un état second. Dans le cendrier en cristal, posé devant moi, s'entassent les cendres de ma première cigarette. J'en allume une deuxième.
Kura s'est réveillé. Son torse se soulève à une vitesse effroyable. Chrollo l'a attaché au lit par les poignets avec le fil de fer et est assis sur ses hanches, le couteau dans une main, une cigarette dans l'autre, qu'il n'a allumée que pour lui faire des brûlures sur le corps. Le gamin le fixe d'un air paniqué, les dents serrées et je peux voir ses jambes trembler. Chrollo se penche sur lui pour lui souffler quelque chose, et je crois entendre « j'aimerais tellement te tuer ». Kurapika blêmit. L'instant d'après, Chrollo a tracé une nouvelle entaille sur son cou et a fait glisser le bout de sa lame sur son torse, déchirant sa robe, le faisant saigner de la mâchoire jusqu'au nombril. Mais ce n'est que la première d'une longue série, et Chrollo se met à le taillader de partout, lui zébrant les bras, les jambes et le ventre. Tout son corps maintenant recouvert de sang poisseux et sombre, là où le reste de ses vêtements en lambeaux ne protège plus sa peau. Finalement, il semble se lasser et abandonne le couteau pour le prendre encore, l'étranglant à deux mains. Le visage de Kura devient violet, et à nouveau, il perd connaissance, émettant un piètre gémissement. Lorsqu'il s'en rend compte, Chrollo se met à lui mettre de petites claques, pour le réveiller. « On a pas fini. » Fait-il, et alors, Kura se réveille, et la panique le prend et il se met à crier, le suppliant d'arrêter.
Chrollo se penche au dessus de lui et lui caresse le visage, lui soufflant : « Essaie de crier, crie, continue de crier… » Il passe ses doigts dans ses cheveux blonds qui se collent à cause du sang pendant que Kura le regarde comme s'il n'était pas humain. « Tu peux crier autant que tu veux… Tout le monde s'en fout. Personne ne t'entends. Personne ne viendra à ton secours. » Les larmes se mêlent au sang et au maquillage. Les sanglots et les cris résonnent dans tout l'appartement, ce qui commence à m'exciter. Je déboucle ma ceinture d'une main que je glisse dans mon pantalon, l'autre toujours sur la cigarette. Dans la chambre, Chrollo change de position. Il s'avance jusqu'à ce que son bassin soit au niveau de visage de l'escorte, et lui enfonce sa pénis dans la bouche sans prévenir. Kura s'étouffe sur sa queue qu'il lui fourre brutalement jusqu'au fond de la gorge. « Ne pense même pas à utiliser tes dents, » lui conseille-t-il avec un demi sourire, sur un ton à la fois doux et très ferme, ayant saisi le pistolet et lui posant le canon juste entre les deux yeux, « ou je te fais sauter la cervelle. » Mais son regard est vide, froid. Il m'est impossible de savoir ce qu'il pense. Il se met à lui baiser la gorge.
Après avoir joui, le forçant à tout avaler sans en perdre une goutte, Chrollo le retourne pour le prendre par derrière, encore dur, sa queue luisante lubrifiée par la salive et le sperme. Les bras de Kurapika, toujours attachés, se croisent et je peux voir le fil de fer s'enfoncer profondément dans sa chair. Alors qu'il entame ses premiers mouvements, Chrollo tâtonne dans le lit jusqu'à poser enfin les doigts sur le manche du couteau qu'il a utilisé pour le saigner, et d'un coup brusque, lui trace une dernière entaille qui part du haut du dos, sur l'épaule, jusqu'en bas des côtes. Kura hurle, mais le son de sa voix est étouffé par le coussin dans lequel Chrollo lui maintient la tête enfoncée. La taie est tachée de maquillage noir et rouge, de larmes, de sang, et il étouffe. Son existence n'est plus qu'un enfer.
Le massacre s'arrête deux heures plus tard. Kurapika est allongé sur le dos, inanimé, dans le lit, et Chrollo à quitté la pièce pour aller prendre une douche. Il l'a détaché, et le fil de fer a créé de profonds sillons dans ses poignets. Il faut une quinzaine de minutes au gamin pour reprendre connaissance, et difficilement, se redresser. Ses gestes sont d'une lenteur extrême. Il a le regard vague, comme s'il venait de se réveiller d'un très, très mauvais rêve, et, lorsqu'il lève les yeux et me voit, l'épaule appuyée contre l'encadrement des portes de la chambre, tout semble lui revenir en mémoire d'un coup. Ses yeux s'écarquillent et il se ratatine sur lui-même, pris d'une incontrôlable crise de tremblements, si bien qu'il est même incapable d'amorcer un mouvement de recul lorsque je m'approche de lui pour lui jeter un trench -la première chose que j'aie trouvé en ouvrant le placard- car les habits avec lesquels il est arrivé tout à l'heure ne sont maintenant plus que des lambeaux qui traînent un peu partout dans la chambre, sur le lit, sous le lit, éparpillés aux quatre coins de la pièce.
Je le lui pose sur les épaules et il le saisit, l'enfile tant bien que mal car je ne l'aide pas et me contente de le regarder faire. Environ deux, ou peut-être trois ou quatre autres minutes plus tard, il semble avoir récupéré quelques forces, et il se lève.
Je jette un coup d'œil sur les draps. Un vrai carnage. Je me demande comment le gamin peut encore tenir debout en ayant perdu autant de sang, avant de me rendre compte qu'il ne s'agit peut-être pas que du sien. Kurapika s'apprête à quitter l'appartement, titubant sur ses jambes frêles, et m'arrache des mains l'enveloppe plus que soigneusement garnie que je lui offre en échange de son silence. Ce n'est qu'alors que je remarque qu'il portait en fait une perruque qu'il a dû perdre quelque part, car sa chevelure, la vraie, est maintenant découverte. Un carré effilé blond comme l'or. Mais j'ai à peine le temps d'admirer son visage qu'il s'est déjà enfui, fonçant vers la cage d'escalier sans même prendre le temps de refermer la porte et laissant sur son passage une myriade de gouttes d'un sang sombre qui sont immédiatement absorbées par la moquette qui tapisse le couloir.
Plus tard, je crois discerner l'aube qui pointe derrière la skyline de York Shin, et Chrollo vient seulement de sortir de la salle d'eau dans laquelle il a passé au moins une heure. Ses cheveux sont mouillés et lui collent au front, et il n'a qu'une serviette autour de la taille. Revenu dans la chambre, il se laisse tomber en arrière sur le lit avec un long soupir exténué. « Je suis crevé » fait-il, le visage tourné vers la fenêtre où la pénombre de la nuit laisse peu à peu place aux premières lueurs du jour.
Lorsque nous arrivons au bureau, je constate qu'il a des marques de griffures dans le cou et sur les poignets, et je me demande si le gamin est toujours en vie, ou s'il a succombé aux blessures que Chrollo lui a laissé. Mais nous entrons ensemble dans l'ascenseur et je finis par l'oublier.
Ma journée se passa sans encombres.
J'ai écrit le passage avec Kurapika il y a plus de six mois. Je suis contente de pouvoir enfin le poster, c'est l'un de mes préférés.
Je travaille sur la suite, elle sera postée dès qu'elle sera terminée.
