Je ne possède aucun des personnages de la série

PRE SERIE : Vietnam, un soir de 4 juillet de 1969. Alors que les soldats profitent d'une légère pause, le lieutenant Templeton Peck n'imagine pas que ce jour là deviendra bientôt pour lui aussi un jour particulier.

Ce texte a été écrit pour l'anniversaire de Dirk Benedict

Bon l'Agence Tous risques, on ne va pas se mentir c'est MON premier fandom, c'est MA série préférée de tous les temps, mais même si j'ai l'impression d'avoir écrit dessus depuis la nuit des temps, j'ai du mal à franchir le pas de publier "en public" dessus parce que c'est ma Madeleine de Proust, je les aime, y a des réflexions que j'utilise encore régulièrement dans ma manière de parler de tous les jours. Alors oui, j'ai publié des textes dans des recueils multifandom mais là c'est que le deuxième que je publie directement dans le fandom.

Bref, j'arrête et je vous laisse lire !

Bonne lecture

PS : Au fait j'ai commencé à faire du tri et à remettre de l'ordre dans mes publications en faisant une sorte de table des matières dans mon profil alors n'hésitez pas à y faire un tour ;)


UN SOIR DE 4 JUILLET

Vietnam. 4 juillet 1969

Pour une fois, il régnait sur la base, un léger air de fête. Cela changeait grandement de l'odeur de mort qui semblait planer la plupart du temps. Il fallait dire qu'on était le matin du 4 juillet. Ce soir, même s'ils étaient en pleine guerre, les soldats prendraient quelques heures pour penser à autre chose que l'enfer vert qui se trouvait tout autour d'eux et semblait les happer un par un, les massacrant, les mutilant et les faisant disparaître à jamais.

Certains hommes recevaient des cadeaux de leurs familles, d'autres les appelaient même au téléphone, tout le monde baignait dans une atmosphère un peu différente. C'était agréable et même Templeton en profitait, même si les coups de téléphones et les cadeaux en provenance du pays n'étaient pas pour lui. Avec Noël, le 4 juillet était le deuxième jour qui rendait toute cette guerre un peu plus supportable. C'était agréable, surtout que la veille cinq membres de leur unité étaient morts dans une attaque suicide de l'ennemi. Cela pesait lourd sur le moral de tout le monde. Ils avaient l'impression par moment que personne ne rentrerait au pays. Il voyait bien certains militaires être à deux doigts de craquer, il voyait bien que l'hôpital de campagne ne désemplissait pas… Ces cinq morts de plus les avaient profondément marqué, mais Templeton essayait de ne pas trop y penser, son unité des renseignements, le premier cercle autour du colonel allait bien. Ils s'en étaient sortis indemnes, c'était sans doute égoïste, mais Templeton s'était senti soulagé… C'était la première fois qu'il avait l'impression d'appartenir à un groupe, d'avoir des amis, des frères d'armes, il savait qu'il ne pourrait pas supporter de les perdre…

Comme tous les autres Hannibal, Murdoch et Barracuda étaient partis téléphoner à leurs familles, Templeton lui s'amusait de la surprise qu'il avait concoctée pour tous les gars qui étaient stationnés avec eux sur cette base. Le jeune lieutenant était aussi l'intendant de l'unité alpha. Un rôle qu'il prenait très à cœur et qu'il exerçait avec un vrai talent. Un talent qu'il avait mit depuis quelques jours au service de tous les types qui étaient dans la même galère qu'eux. Avec un peu de charme, de la persuasion et pas mal de ruse, il avait ramené des caisses de champagne, des bières, avait trouvé des mets plutôt rares dans le pays, un jukebox pour la musique et même des fusées pour tirer un semblant de feu d'artifice. La soirée serait donc un minimum festive malgré l'ambiance pesante et c'était ce dont ils avaient tous besoin !

Et sa surprise fonctionna parfaitement…

En découvrant la musique, le champagne, le repas, tout le monde fut ravi et la guerre s'éloigna des esprits quelques heures. Les hommes rirent entre eux, vidèrent les fûts de bière et les magnums de champagne. Puis, ils se lancèrent dans un feu d'artifice improvisé. Une coupe à la main, Templeton était lui aussi ravi de sa surprise et de son effet sur le moral de ses compagnons, d'autant plus que personne ne lui avait posé la question de savoir comment il avait fait, parce que tout le monde pensait que ça devait venir de leurs officiers supérieurs, ce qui n'était pas un problème. Il préférait autant que personne ne sache, cette fois-là au moins, que c'était lui, il n'avait pas fait ça pour avoir de la reconnaissance, juste pour offrir à ces types avec lesquels il combattait un moment de distraction.

Perdu dans ses pensés, Templeton remplit une nouvelle fois sa coupe et écouta sans vraiment chercher à le faire, deux soldats discuter entre eux à côté de la table. Ils parlaient des coups de téléphone à leurs familles, l'un d'eux aurait une permission dans quelques jours pour rentrer chez lui après avoir été blessé, il serait à la maison pour l'anniversaire de son fils et il avait hâte de le retrouver.

Templeton s'éloigna, ce genre de conversation brisait, pour lui, le côté festif de la soirée. Lui, il n'avait de coups de téléphones à passer à personne, il n'avait pas de famille qui attendait de ses nouvelles, pas de famille pour lui envoyer quoi que ce soit comme colis ou pour lui remonter le moral en lui répétant de tenir bon dans l'espoir de les revoir. Lui, il était seul depuis qu'il avait cinq ans, seul, sans nom, sans date d'anniversaire, sans personne pour se soucier de sa vie à part les nonnes de l'orphelinat, mais elles avaient d'autres enfants à s'occuper maintenant, alors plus personne ne devait penser à lui… et jamais il ne lui était venu à l'idée de demander une permission pour rentrer… Qu'est-ce qu'il pourrait bien faire là-bas de toute manière… les seules personnes à qui il tenait, se trouvaient là, avec lui…

D'ailleurs, presque sans s'en rendre compte, il se mit à les chercher du regard. Pendant une grande partie de la soirée, il avait parlé avec tout le monde, comme toutes les personnes trop seules, Templeton était particulièrement sociable. Hannibal disait souvent qu'il n'avait besoin de le laisser seul que trois minutes dans une pièce bondée pour qu'il fasse la connaissance de tout le monde… et qu'au bout de dix minutes, il était capable d'obtenir tout ce dont il avait besoin, ce qui faisait de lui un intendant des plus précieux… avec lui rien ne semblait impossible à trouver quelque soit le lieu…

A ce sujet, il se demandait bien ce que le colonel pensait de sa petite soirée et s'il savait, lui, qui était le vrai organisateur de tout ça, mais avant il devait mettre la main dessus. Il chercha Barracuda et Looping sans les trouver non plus et constata que même Ray était absent de la pièce. Où Diable étaient-ils donc tous passés ?

Après avoir fait le tour du mess, Templeton déposa sa coupe vide sur une table, puis délaissa les rires, la musique et la fête pour sortir. Il n'avait pas fait trois pas qu'il vit Murdoch venir vers lui en faisant des bonds, visiblement surexcité.

- Futé !

Bien, il en avait retrouvé au moins un.

- Futé !

- Ne crie pas, je ne suis pas sourd, répéta le jeune lieutenant alors que son ami le prenait par les épaules.

- Justement je venais te chercher !

- Me chercher ?

- Oui, viens, mais ferme les yeux.

- Que je ferme les yeux ?

- Oui !

- Oh Looping, vraiment, il fait nuit, ce n'est pas une bonne idée.

- Mais si, et puis je te tiens, alors ferme les yeux.

- Looping !

- Allez !

- Bon, apparemment tu as décidé de ne pas céder, mais je te préviens, si je tombe à cause de toi !

- Tu ne tomberas pas !

Templeton soupira et ferma les yeux. Quand son ami avait une idée en tête, ce n'était même pas la peine de tenter de le faire changer d'idée et puis, de toute manière, Looping était l'une des rares personnes en qui Templeton avait totalement confiance… Lui qui était méfiant en permanence, qui était habitué à l'abandon et à la solitude, cette guerre, aussi horrible qu'elle soit lui avait apporté depuis trois ans une étonnante stabilité, avec des amis qui étaient devenus une réelle famille, chose étrange pour lui qui ne se souvenait pas d'en avoir eu une jour.

Looping sourit, se glissa dans son dos et lui posa les mains sur les yeux. Futé soupira.

- C'est obligatoire ça ?

- Avance !

Templeton soupira, mais se laissa faire. Looping le fit partir sur la droite, l'éloignant des bâtiments et se dirigeant en direction des plateformes des hélicoptères, pas étonnant le connaissant… Il prit ensuite sur la gauche et le jeune lieutenant comprit qu'il l'emmenait vers les tables aménagées par les pilotes pour discuter en attendant de repartir en rotation. Ils marchèrent encore quelques secondes, puis s'immobilisèrent. Looping retira les mains de ses yeux.

- Allez, ouvre les yeux maintenant !

Templeton le fit et se figea. Lui qui ne restait jamais sans voix et dont le sens de la répartie était légendaire dans toute l'unité, il resta la bouche ouverte sans dire un mot. Pas étonnant qu'il n'avait pas réussi à mettre la main sur Hannibal, Barracuda, Looping ou Ray, ils n'étaient pas à la fête, ils étaient là… Ils avaient récupéré deux bouteilles de champagne et un gâteau sur lequel ils avaient posés des bougies, comme pour un anniversaire, ainsi que quelques feux d'artifices. Pas sûr de comprendre ce que cela voulait dire, le jeune lieutenant laissa glisser son regard sur chacun de ses amis.

- Mais qu'est-ce que…

- Eh bien, dit le colonel en se redressant tu as pris soin de tout le monde ce soir, les gars passent une belle soirée, mais personne ne sait que ça vient de toi, n'est-ce pas ?

- Ce n'était pas le but, répliqua Templeton en haussant les épaules.

- Mais nous on sait que c'est toi, dit Looping.

- Et du coup ça nous a donné une idée, dit Ray.

- Je vois ça, c'est l'anniversaire de qui ? Demanda Futé en souriant.

- Le tient, répliqua Barracuda.

Futé se figea, ouvrit la bouche et ne dit rien, ses yeux se posant sur Hannibal comme il le faisait à chaque fois qu'il avait besoin de vraies réponses ou de soutien. Ce dernier lui sourit tout en allumant son cigare.

- Ecoute, tu as créé un club pour que les gars viennent se détendre entre les missions, tu as réussi à faire de ce 4 juillet un moment festif, tu nous as même trouvé un canon à neige, dieu sait où pour Noël dernier…

Un sourire se dessina sur le visage du lieutenant, ça il en était assez fier.

- Pendant quelques minutes ou heures tu rends tout ça plus supportable.

Il haussa les épaules.

- C'est ça ou devenir fou. En trois ans, il…

- Justement, le coupa Hannibal. En trois ans, tu nous as souhaité à tous nos anniversaires, mais nous on ne peut pas parce qu'il n'y a aucune date dans ton dossier…

- Ce n'est pas important.

- Bien sûr que si ! Répliqua Barracuda.

- Du coup on a réfléchis, dit Ray.

- Et te connaissant, ajouta Looping, on s'est dit que tu préférais l'été pour les plages et les filles en bikinis… et que le 4 juillet tu pourrais revendiquer les feux d'artifice pour toi.

- Arrête, souffla Futé, non s'en s'empêcher de sourire.

- Donc, bon anniversaire ! Lança Hannibal. Du coup ça te fait quel âge aujourd'hui ?

La question était anodine, juste pour lui faire entrer cette idée dans la tête, mais à la manière dont son sourire se fit triste pendant qu'il glissait les mains dans se ses poches avant d'hausser les épaules, Hannibal regretta presque immédiatement de l'avoir posée.

- Officiellement 22. Officieusement, je n'en ai pas la moindre idée, dans ces eaux là en tous cas.

Hannibal se leva du banc, ce devait être assez terrible de n'avoir ni nom, ni date d'anniversaire, ni famille, c'était bien ce qui l'avait frappé trois ans plus tôt quand il avait été affecté à son unité. Il se rapprocha lui sourit et lui donna une tape dans le dos tout en lui tendant un cigare.

- On va garder ça alors, 4 juillet 1947, ça te va ?

Templeton sourit. C'était étrange pour la première fois d'avoir une vraie date à dire à haute voix. Oh, il en avait utilisé plusieurs depuis son enfance quand on lui posait la question. Habituellement il en changeait régulièrement, ce qui était assez pratique, mais celle-ci avait subitement un air plus officiel. Il hocha la tête.

- Ça me va.

- Parfait !

Hannibal lui donna alors une accolade en lançant.

- Joyeux anniversaire gamin.

Futé sourit et lui murmura un merci sincère avant de tomber dans les bras de chacun de ses amis.

- Bon, on les souffle ces bougies ! Lança Murdoch.

Templeton frémit. Souffler des bougies ? Aussi loin que veuille bien remonter sa mémoire, il ne se souvenait pas de l'avoir fait. Hannibal sortit son briquet et les alluma avant de lui faire signe. Futé frissonna, se baissa et souffla pendant qu'ils continuaient à crier des « joyeux anniversaires » sonores qui lui firent plaisir, mais qui le mirent aussi un peu mal à l'aise. C'était assez déroutant. Quand il se redressa, Looping le reprit par les épaules.

- Bon, un petit feu d'artifice maintenant ?

- Je m'en occupe, tu vas nous faire sauter la base, marmonna Barracuda en allant les installer.

- Par contre, on est désolé, dit Ray, avec l'opération qui vient de se terminer, on n'a pas eu le temps de trouver un cadeau.

Futé sourit, de son sourire sincère et doux qui était relativement rare.

- C'est faux… J'en ai un de cadeau… Vous êtes là… Merci.

Hannibal sourit, lui qui ne s'ouvrait jamais, c'était touchant de le voir aussi hésitant.

- De rien petit, répondit le colonel pendant que Looping et Ray le prenaient par les épaules et que Barracuda alluma les fusées qui illuminèrent le ciel.

A cet instant, la guerre était si loin…


Défis des Défis Galactiques

Les anniversaires de vos personnages : Dirk Benedict : 1 mars 1945

Écrire sur un personnage blond – recyclons (anniversaire)

Blessure 24 : Abandon

Le métier de votre personnage 39 : Soldat

Horoscope du 27/01/2022 : Taureau : "Ouvre les yeux"

Défi de Sarah et Voirloup n°76 : Ecrivez sur un fandom dont vous n'avez pas l'habitude (moins de 10 fics)

Quatre aspects de... Fanita (IRL) : Poté : écrire sur quelqu'un qui a un drôle de surnom

Trèfle 5/17 : Dix de trèfle : Écrivez sur un orphelin.

50 nuances de fandom méconnus (18/50)