Aucun rendez-vous n'avait été placé dans mon emploi du temps ce matin là, et comme bien souvent j'en profitais pour travailler de chez moi. L'après-midi était toutefois différent et j'arrivai peu après la pause déjeuné à l'agence où je travaillais depuis plusieurs années maintenant. Installée à mon bureau, je profitai de l'heure que j'avais devant moi pour étudier quelques manuscrits que j'avais reçus la semaine précédente. Certains étaient intéressants, certes, mais aucun ne trouvait grand intérêt à mes yeux. Je ne recherchais pas seulement un bon scenario et des personnages plus ou moins complexes. Moi, ce que j'aimais, c'était ressentir toutes les émotions de l'auteur au travers de ses mots et de seulement quelques lignes enchevêtrées les unes aux autres. Peut-être allais-je donner sa chance à l'un, mais d'aucuns n'égalaient le niveau et le talent du dernier auteur que j'avais décidé d'éditer : le fleuron de la couronne, comme j'aimais le dire. La couronne risquait cependant de perdre son fleuron si cet auteur ne se décidait pas à travailler plus sérieusement afin de me rendre ses manuscrits en temps et en heure. Parier sur elle, c'était jouer gros. Mais le risque, selon moi, en valait largement la chandelle.
—Si l'on m'avait dit un jour que notre éditrice en chef se laisserait ainsi abuser par ses émotions personnelles, je ne l'aurais pas cru.
—Qu'est-ce que tu racontes, Dorothea ? fis-je sans lever les yeux des quelques feuilles devant moi. Il ne s'agit pas de cela, c'est juste que…
—Que ? répéta la brune sous le chambranle de la porte, sourire aux lèvres. Le mot que tu cherches serait-il laxisme, par hasard ? Tu n'es pourtant pas du genre à accorder une telle indulgence.
Dorothea n'avait pas tort. Pour moi, travail était synonyme d'emploi du temps très carré et dés que je sortais des délais ou que retard se présentait, je me sentais tendue. Que fallait-il pour réceptionner mes manuscrits à temps, que je braque un flingue sur la tempe de mes auteurs ? Non, ça n'aurait jamais fonctionné. Concernant mon dernier fleuron, les choses étaient toutefois différentes puisqu'elle fonctionnait à la pression. Plus la date limite approchait, plus son talent se révélait. Hélas, je ne recevais donc jamais les pages dans les temps. J'aurais régulièrement pu la réprimander ou la menacer mais elle subissait déjà le poids des contraintes de temps en dépit de ses apparences de fainéante procrastinatrice. Pour le côté fainéant, je ne pouvais rien faire. Le talent de cet auteur lui valait bien un peu de compassion. Ca, et évidemment mon intérêt plus personnel pour ne pas dire sentiments inappropriés.
—Dire qu'elle ignore qui tu es… Et toi, tu ne lui as rien dit !
—Comment veux-tu que je lui dise, Dorothea ? En y laissant un mot entre deux échéances ?
Quelque chose comme « on se retrouve sur le territoire des loups ce soir ? » aurait certainement terminé de l'achever, et ce fameux territoire des loups, je l'aurais ensuite parcouru seule. Non, c'était une très mauvaise idée. Une part de moi redoutait le moment où ma partenaire découvrirait ma véritable identité.
—En tout cas, c'est bientôt l'heure. Tu n'es pas trop tendue j'espère.
—C'est un rendez-vous professionnel. On ne fera que parler de travail. Je sais faire la part des choses.
—Ho, Edie, le mensonge est un vilain défaut !
La brune au regard malachite leva l'index devant ses lèvres et son sourire prit un peu plus de place sur son visage – comme si cela était possible. Elle se passa de me faire la remarque selon laquelle, je ne lui accorderais pas chaque fois un délai supplémentaire si je savais vraiment faire la part des choses. Je savais toutefois qu'elle n'en pensait pas moins.
—Bonne chance, Edie !
Je n'eus le temps d'émettre une quelconque remarque, que Dorothea disparut et regagna sa place au rez-de-chaussée, j'imaginais. Elle avait raison, et l'heure du rendez-vous approchait au fur et à mesure que mon estomac se nouait. Mes doigts tapotaient sur mon bureau de bois devant mon sourire nerveux. Professionnelle ? J'étais bien tout sauf ça à cet instant.
[13 :48] Dorothea : Elle est dans l'ascenseur !
Seigneur Dieu. Je pris une grande inspiration mais l'oxygène semblait ne pas vouloir emplir mes poumons. Les secondes s'égrainèrent, jusqu'à plusieurs minutes entières même. Le couloir n'était pourtant pas si grand, et j'avais bien cru entendre quelques bruits de pas. Je me décidai finalement à me lever afin d'aller ouvrir moi-même la porte.
—Ha. Euh. Bonjour.
Niveau de tension : imbattable.
—Mademoiselle Hresvelg.
A défaut de connaitre le nom de sa camarade de jeux, elle connaissait au moins celui de sa patronne. Puis je vis sa main se tendre devant mes yeux alors je l'attrapai mécaniquement.
—Edelgard suffira.
Je ne pouvais lui demander de m'appeler Dedel ici et puis, elle aurait immédiatement fait demi-tour avant de bloquer mon contact et de se trouver une autre agence si elle ne déchirait pas ses manuscrits dans l'heure. Il valait mieux me comporter comme celle que j'étais à ses yeux à cet instant, et je l'invitai donc à venir s'asseoir avant de la rejoindre.
Ma bouche était sèche et ma respiration lourde mais je dus faire fi de ces quelques symptômes gênants alors fermai les yeux une seconde avant de les rouvrir plus sérieusement. Elle, n'avait cessé de me fixer de ses grands orbes bleuet.
Je trouvais le personnage intéressant, bien différent de la femme à qui j'avais à faire lorsque je n'étais pas au travail. Pour ma part, j'avais toujours su qui elle était. Après plusieurs parties en ligne j'avais effectué quelques recherches à son sujet et de fil en aiguille, étais tombée sur son profil sur un site de fanfiction sur lequel elle publiait des textes. Pas mon genre, de base, mais sa plume avait quelque chose de spécial et ses mots avaient tracé sur mon écran bien plus que de simples histoires. Ils étaient forts, puissants. Je l'avais alors contacté par le biais de mon agence afin de lui proposer un contrat afin de l'éditer tout en continuant à discuter avec elle par le biais des jeux en ligne. J'avais donc eu en direct chacune de ses réactions. Sa joie et sa surprise le jour où la véritable moi l'eut contactée, et puis ses peurs, ses doutes et ses craintes lorsqu'elle se mettait à paniquer. Elle avait typiquement le syndrome de l'imposteur. Sans même parler de son envie de se jeter d'une falaise lorsque chaque échéance se rapprochait. Peut-être n'aurais-je pas du accepter toutes ces parties, elle aurait ainsi eu le temps d'écrire son manuscrit. Ce retard était en partie de mon fait, retard que je lui passais donc. La grande éditrice en chef, si faible. Ma fierté et mon égo étaient à terre.
—Byleth.
Je n'eus le temps de terminer ma phrase que mon homologue se redressa sur sa chaise comme si son sang avait été remplacé par du ciment en train de prendre. Dans le genre tendue, difficile de la battre.
—Sachez tout d'abord que c'est un plaisir d'enfin vous rencontrer en personne. Point d'indigestion cette fois-ci.
—Non, pas cette fois, made…
—Edelgard, la coupai-je brusquement.
J'avais été un peu sèche, je le réalisai à peine mon prénom évaporé. C'était toutefois mieux que d'avoir dit « Dedel » par habitude. Qu'il était difficile de revêtir un masque sur sa propre personnalité. J'avais l'impression d'être deux personnes différentes à la fois, et à ses yeux, c'était sans doute vrai.
—Je dois bien vous avouer que vos derniers chapitres m'ont laissée…
J'aurais presque pu jurer l'avoir entendue avaler sa salive comme si des tessons de verre s'y trouvaient. Etait-ce possible d'être à ce point stressée en ma présence quand elle se révélait être une personne du genre « je-m'en-foutiste » en compagnie de Dedel ? Elle m'avait même demandé en mariage, après tout. Une part de moi se sentait coupable : j'avais l'impression de lui mentir.
—Admirative, finis-je après quelques secondes. J'ai pu lire nombre de scénarios et histoires dans ma vie, mais la votre est tout aussi bien construite que complexe. J'ai même pu ressentir cet agacement de ne pouvoir en découvrir la suite.
—Je… Merci.
Son regard se déroba du mien un instant et je me demandai si les compliments étaient quelque chose qui la mettaient mal à l'aise et ses orbes bleuet se posèrent sur le revers de son poignet équipé d'un cadran.
—Je crains hélas ne pas pouvoir vous accorder de délai supplémentaire cette fois-ci et vous vous êtes engagée pour deux chapitres supplémentaires d'ici demain.
Si Dedel avait été présente, Byleth lui aurait certainement dit que ce délai était impossible à tenir et qu'il valait mieux s'allonger sur un passage à niveau. Après, elle m'aurait proposé de farmer un donjon pendant une heure. Une heure qui se serait changée en une nuit toute entière. A défaut de me répondre, Byleth jeta un œil à sa montre de nouveau, furtivement. Un mouvement que je ne manquai pas cependant.
—Je… J'ai seulement besoin de quelques jours supplémentaires. La fin est particulièrement difficile à écrire.
Elle appelait cela le syndrome de la page blanche. Moi j'appelais ça du laisser-aller.
—Je ne peux vous les accorder, j'ai des délais à tenir.
Puis je pris une très profonde inspiration, avant de sentir mes lèvres s'étirer légèrement. Je commençai à me détendre, sans doute que la professionnelle que j'étais prenait le pas sur la partenaire de jeux par intermittence.
—Ecoutez, Byleth. Si j'ai parié sur vous c'est parce que je suis certaine que vous en êtes capable.
Les encouragements faisaient toujours plaisir aux auteurs, de façon générale.
—Alors tâchez de ne pas me décevoir.
Lorsqu'ils n'étaient pas ternis par un excès d'autorité.
Le fleuron de ma couronne ne répondit point mot tandis que ses yeux avaient du mal à me fixer. Ils ne faisaient que jongler entre moi et sa montre comme si elle était pressée de partir. Lui faisais-je si peur que cela pour qu'elle souhaite à ce point que ce rendez-vous ne prenne fin ? En autre que l'engagement professionnel qu'elle avait pris envers moi, mon attachement personnel s'en retrouvait particulièrement secoué.
—Êtes-vous attendue quelque part ? finis-je par demander, inquiète bien qu'impassible d'apparence.
—Pardon ?
—Vous ne cessez de regarder votre montre.
—Ha, je… Veuillez m'excuser.
Je la scrutai un instant, redessinant les traits de son visage, l'observant lourdement, silencieusement. Chaque seconde passée la faisait se tendre un peu plus. Elle devait vraiment me craindre pour ainsi réagir.
—C'est juste que…
Je levai un sourcil curieux lorsque son regard se déroba mais d'une façon très différente des fois précédente. Elle avait l'air gênée, et cela m'interpella.
—Vous allez trouver cela ridicule…
—Il n'y a rien que je ne trouve ridicule. Dîtes-moi ?
—Je…
Elle regarda le plafond, puis la porte à ma droite, avant de s'apensanter quelques secondes sur la plante grasse posée à côtés du téléphone sur le bureau de bois. Finalement, ses yeux finirent par retrouver chemin des miens. Pendant une seconde, j'eus presque cru devoir lui dessiner une carte pour que cela puisse être possible.
—J'ai rendez-vous avec une amie, un peu plus tard.
Rendez-vous ? Avec une amie ? Quand ça ?! Elle ne m'avait pas parlé d'une telle chose. Ce ne fut pas le fait d'apprendre qu'elle avait finalement des amis qui m'agaça une minute, mais bien qu'elle ne m'en ait point parlé. Je dus cependant rester de marbre et inflexible devant cet aveu.
—Enfin, ce n'est pas vraiment un rendez-vous. C'est une personne avec qui je discute en ligne mais je ne l'ai jamais vue.
Evidement, Byleth n'avait pas pu éviter de parler de sa vie personnelle même devant sa patronne. Une part de moi trouvait cela adorable. Une autre était particulièrement déroutée et peu certaine de bien comprendre si elle faisait bien, ou non, allusion à Dedel. Enfin, à moi.
—Malgré cela, j'attends qu'elle se connecte avec plus d'impatience à chaque fois. Ce que j'éprouve pour elle, c'est…
Mon cœur manqua un battement et je dus lier mes doigts entre eux afin qu'ils ne se mettent pas à danser violemment sur la table devant son regard naïf mais surtout devant son incompréhension.
—Elle ne sait même pas à quoi je ressemble alors comment mes sentiments pourraient-être réciproque.
Je ne sus quoi répondre et rester pro' fut éprouvant puisqu'elle venait de me faire une vraie déclaration sans le savoir. Mais mon silence, éloquent pour moi, fut certainement mal interprété.
—Vous voyez, c'est ridicule.
—Jamais je ne qualifierai ce genre de chose ainsi.
Bien au contraire même. Et ce n'était pas peu dire.
—Ne jamais l'avoir vue ne vous empêche pas d'éprouver des sentiments pour elle, alors peut-être qu'il en est de même pour cette personne.
—J'en doute. Je n'ai pour ma part jamais caché mon identité et je suis presque certaine qu'elle pourrait très facilement trouver mon profil sur les réseaux sociaux. Mais elle, reste particulièrement discrète quant à sa vie privée.
Ce n'était pas peu dire, là encore, puisque il ne m'avait fallut que quelques minutes pour trouver sa page PatteBook. C'est bien pour cette raison que je n'avais été guère surprise en la découvrant derrière ma porte. Cette chevelure et ce regard bleuet, je les avais déjà vus en photo. Bien-sûr, l'éclat de ses yeux était bien plus intense maintenant qu'au travers d'un écran et je devais faire attention afin de ne pas m'y égaré trop longtemps tant j'appréciais l'observer. Cette femme qui doutait de tout en permanence ainsi que de son charme ne se rendait absolument pas compte de l'effet qu'elle avait sur moi. Ni de mon cœur qui battait bien trop fort.
—Je sais bien qu'en ligne, chacun est libre de révéler ce qu'il désire. Cependant, plus je m'attache à elle plus je me pose de questions. Je n'aime guère les mauvaises surprises ni que l'on me cache d'importantes choses.
J'eus du mal à déglutir en entendant ces mots puisque c'était à peu de choses près exactement ce que je faisais avec elle. J'étais mitigée quant à ce que j'éprouvais à l'instant. Une part de moi était heureuse d'entendre l'importance que j'avais désormais pour elle quant une autre avait peur du jour où elle apprendrait qu'Edelgard von Hresvelg, sa patronne, et Dedel, sa partenaire de donjon, n'étaient en fait qu'une seule et même personne.
—J'imagine que je ne devrais pas me poser toutes ces questions. Ce n'est pas comme si elle me devait quelque chose, après tout. Nous ne sommes que camarades sur un jeu eu ligne. Si je me suis attachée à elle, c'est uniquement mon problème. Non le sien.
Alors qu'elle n'arrivait pas à aligner plus de trois mots lorsqu'il s'agissait d'aborder ses deadlines et son travail, me concernant les longues tirades s'enchainaient avec une facilité déconcertante. La bleue avait-elle seulement conscience d'être face à sa patronne ou avait-elle à ce point besoin de se confier sur ce qu'elle éprouvait ? Après tout, elle ne pouvait pas le faire directement à Dedel.
—Je vous laisse deux jours. Pas un de plus. Votre manuscrit doit être dans ma boite mail pour lundi matin.
—Vraiment ?!
Je détournai la tête à demi tant son regard jusqu'ici assombri s'illumina d'un tout nouvel éclat. Si j'avais su que lui accorder un délai supplémentaire lui ferait oublier ses petits tracas amoureux, peut-être aurais-je du commencer par là. J'étais vraiment une femme faible, à plier une énième fois. Qu'y pouvais-je si cette femme avait le don de me toucher en plein cœur ? Particulièrement lorsqu'elle parlait de moi.
—Oui. Allez rejoindre votre amie, maintenant, avant de la faire attendre.
Laxiste. C'était le mot. J'étais une patronne laxiste.
Byleth fila plus rapidement qu'un éclair une fois la très bonne nouvelle intégrée dans son cerveau fatigué. Quant à moi, je m'attardai une minute sur ses longueurs sauvages qui se soulevèrent dans son sillage. Je ne fus même pas certaine qu'elle remarqua avoir croisé Dorothea en descendant les escaliers.
—Tu as encore cédé, j'imagine.
—Elle touche le fond. Tu aurais du la voir.
—Tu devrais te voir toi, Edie. Tes joues sont rouges.
Mes mains se posèrent sur ma peau par réflexe comme si j'essayais de cacher cette évidence. Inutile de regarder mon reflet, j'avais les joues en feu tant j'avais du garder une impassibilité indélébile pendant ces longues minutes. Qui resterait de marbre face à quelqu'un avouant ses sentiments ? Certainement pas moi, en dépit de mon apparence froide. Ce furent les vibrations de mon téléphone sur mon bureau qui me fit reposer pieds à terre.
[14 : 26] Byleth : Je viens d'obtenir deux jours de délai ! \o
—Eh bien, elle n'aura pas tardé.
En effet, et même si j'allais prendre du retard dans mon emploi du temps puisqu'avais initialement prévu de lire son manuscrit durant le week-end, je ne pouvais nier que recevoir un message à peine fut-elle partie me fit extrêmement plaisir et sourire par la même occasion.
[14 : 27] Byleth : On va donc pouvoir farmer ma pano dés que je rentre ! ((((= ('. ')
Désespoir et joie se mêlaient. Je me sentais abusée. Mais ça, je ne pouvais lui dire.
[14 : 29] Moi : J'ai du travail.
[14 : 30] Byleth : ... ._.
Je retournai finalement à mon bureau afin d'étudier quelques manuscrits. La partie de jeux devrait attendre l'heure que nous avions convenues de base. Rester à l'agence fut finalement plus une question de forme que de réelle implication puisque je réalisai très vitre être incapable de me concentrer plus de quelques minutes tant j'étais tracassée. Il ne s'agissait pas de l'échéance, mais bien de ma rencontre avec Byleth. Surtout de ce sentiment pénible de lui mentir et l'appréhension de sa déception prochaine en découvrant que je savais, depuis le début. Je m'étais mise dans un sacré pétrin.
Ma partenaire était déjà connectée lorsque j'arrivai chez moi et j'eus la désagréable surprise de la voir en ligne sur un tout nouveau jeu que je ne connaissais point. Me sentais-je trahie ? Peut-être un peu. L'idée qu'elle puisse jouer avec d'autres que moi était fort déplaisante. La sonnerie du compte Stweam ne tarda cependant à retentir.
—Ha ! Te voila enfin ! J'ai cru que tu allais être en retard !
—Je t'ai pourtant dit que j'avais du travail.
—Tellement ennuyeux…
—Et tu devrais t'y mettre aussi.
—Oui oui, après, promis.
—Ne fait pas des promesses que tu ne sauras tenir, Byleth.
—Je n'ai pas vraiment le choix, ma patronne est vraiment tyrannique !
Byleth ignorait mettre les deux pieds dans le plat chaque fois qu'elle critiquait son éditrice en chef. Cela avait un côté mignon, d'une certaine façon, mais ladite éditrice en question s'en retrouvait largement vexée.
—Elle t'a accordé un délai supplémentaire, elle ne doit pas être aussi dure que tu la dépeints.
—C'est surtout parce qu'elle a eu pitié de moi.
—Pour quelle raison ?
Il me tardait d'entendre la réponse à la question que je venais de poser bien que parfaitement au courant de la raison de ce délai supplémentaire. Byleth se méprenait cependant : il ne s'agissait pas de pitié. Seulement d'une faiblesse de ma part. Faiblesse causée par ces sentiments prenant plus de place jour après jour.
—Eh bien…
Comment allait-elle justifier s'être déclarée devant sa cheffe ?
—Surement à cause de mes cernes, j'imagine. Elle dit que j'ai du talent.
—Si elle le dit, c'est que c'est certainement le cas.
Et c'était le cas.
Après cela, Byleth et moi farmèrent quelques heures afin d'obtenir le dernier artefact nécessaire pour compléter sa panoplie. Je ne la vis point se connecter du week-end ce que je trouvais étrange, mais finalement, pas plus que cela lorsque je découvris les deux derniers chapitres imprimés et déposés directement dans la boite-aux-lettres de l'agence le lundi matin. Je n'en avais demandé tant, mais était particulièrement satisfaite qu'elle ait tenue sa deadline.
