Chapitre 294 : The hateful curse : Mahito

"Eh bien... le temps ne va pas s'écouler rapidement ici..." tiraillé entre plusieurs squelettes.

Cette prison n'est pas seulement un enfermement provisoire, elle demeure également une salle de tortures. Cependant Satoru a déjà trouvé la parade pour y échapper, imbriquant rapidement les idées, usant de son pouvoir pour se tenir au-dessus du sort.

"J'espère qu'elle va se dépêcher. Je n'ai vraiment pas envie de moisir ici."


Mes pas me mène jusqu'à la station de Fukutoshin, en plein Shibuya.

"Regarde qui voilà... tu as perdu quelque chose ?... Quelqu'un ?..." laissant le terme rouler sur sa langue perverse.

J'observe l'hétérochromie qui me fait face.

"Laisse-moi partager quelque chose que je trouve absolument dégoûtant chez les humains... c'est qu'il y en a beaucoup trop !" ouvrant les bras pour m'inviter à combattre. "Et toi..." me reniflant de loin. "... tu es pleine de ce... Satoru Gojô !... Ma pauvre créature... il t'a retourné le cerveau, je vois !... Que t'avais-je dit au sujet de cet acte abominable que vous appelez amour ?"

"Mahito. Ce que Satoru m'a appris ne peut être que la stricte vérité. Ses yeux à lui ne mentent pas." défiant celui qui me fait face. "Les tiens par contre..."

"Grrr ! Petite..." bouche déformée par la rage.

"Ses yeux et sa façon de faire l'amour ne peuvent mentir, Mahito." pour enfoncer le clou. "Si tu étais autre chose qu'un fléau, tu aurais pu le cerner, toi aussi. Et toi qui observes dans l'ombre... Suguru Geto... toi qui méprises les humains au point de les nommer macaques..."

Geto sort de l'ombre, épaules secouées de rire. "Ainsi donc, voici la carte maîtresse de Satoru Gojô. A toi de jouer, Mahito."

Mahito me charge, joueur et audacieux comme à son ordinaire. Je bascule entre ses jambes ouvertes, me retrouvant derrière lui, lui assénant un coup dans l'estomac - si tant est qu'il en possède un ! - puis passe devant, main allant attraper son cou, explosant toutes les coutures, me frayant un chemin jusqu'à la précieuse trachée. Même cela lui fait de l'effet et il en exulte.

"Toi qui aimais tant ça, j'espère que tu apprécies d'autant plus !..."

Il gargouille quelque chose de répugnant.

Je lui fais littéralement sauter le tête, lui l'arrachant de l'autre main avec la dernière des violences. C'est évidemment peine perdue vu la capacité de transformation de Mahito. Sa tête repousse illico !

"You're a hateful curse, Mahito."

"So glad~ !" se portant à nouveau à l'assaut.

Il n'y a qu'un seul moyen, c'est de le sceller. Cela demande concentration et énergie mais je peux le faire.

Sceller Mahito. Je peux le faire !

Mes doigts adoptent par eux-mêmes les mudras nécessaires.

Le visage de Mahito se déforme de rage.

Scellé !

"Un sur deux !..." se congratule Satoru du fond de sa prison maudite.

Je me tourne vers le prochain.

"A nous deux, Suguru Geto."

Là où Mahito faisait preuve d'inexpérience, Geto ne commettra pas la même erreur.

A l'intérieur du cube, Satoru sourit. "Elle est... remontée."

"Je suis assez surpris de découvrir une telle puissance chez toi."

"Quelle erreur de débutant pour quelqu'un d'aussi avisé que toi."

Nous nous tournons autour, prêts à bondir.

"Mais tu fais erreur : Satoru s'est servi de toi comme de sa dernière carte à jouer."

"Ooooh, tiens donc !..."

"Satoru s'est toujours servi de l'environnement à des fins personnelles. Tout lui est donné, rien qu'il n'eut jamais mérité. Voilà pourquoi... Satoru Gojô est aussi... détestable."

Je stoppe mon pas, lui faisant face. "Tu sais... je crois que Satoru t'a donné beaucoup d'amour. Et que tu as manqué d'y faire honneur."

Il sourit. "Son don, je m'en contrefiche, jeune fille. Par ailleurs... sceller Mahito au lieu de le détruire ne fait que renforcer mon opinion à ton sujet ; le fait est que tu y tiens encore. Férocement."

Il frappe vraiment là où ça fait mal !... Il sait. Et si lui sait alors Satoru sait également. Mon faible avéré pour Mahito. Comme une épine, une écharde dans le pied.

"La porte d'entrée..." fermant les paupières. "... jusqu'en ton âme." ciblant le lieu de l'index avant d'en profiter pour filer.

"REVIENS ICI !"


Satoru effectue quelques moulinets de bras.

"On est à l'étroit là-dedans."

"Satoru. Tu dois m'exorciser. Maintenant !" consciente du danger que je représente.

Il m'affiche ce sourire qui en dit si long et si peu à la fois. "J'aime le risque. Je ne le ferai pas."

"Satoru !" outrée par son caractère joueur. "Il s'agit d'une menace permanente ! Tu as entendu Geto à ce sujet !"

"En effet. La faille dans ta cuirasse de guerrière. Tu sais... un de mes élèves s'est bouloté un doigt de Sukuna et est habité par lui... le Conseil a voulu sa tête, comme il revendiquera la tienne. J'y ai opposé un refus catégorique. Yûji, toi... êtes des personnes spéciales. Ne te laisse pas abattre pour ça. C'est ce qu'ils veulent."

"Mais... Satoru..."

"Allez, viens." me prenant sous son bras. "Cet endroit clos et stérile m'a ouvert l'appétit."


"Cesse de te tourmenter." me voyant sur les nerfs et agitée.

"Je ne puis le tolérer."

Satoru se frotte les mains devant les plats qu'on lui apporte - il a pratiquement commandé toute la carte !...

"Tu sais qu'en agissant de la sorte, tu apportes de l'eau à leur moulin ?" commençant à déguster, m'en proposant du bout de ses baguettes.

"J'imagine... des lieux comme l'ont été Auschwitz..." réalisant soudain.

"Ça a été un banquet royal pour eux." ne se privant pas.

"J'ai peur... Satoru..."

"Tout ce qu'ils aiment." glissant un regard par-dessus ses verres fumés. "Lors de l'attaque de la station de métro, j'ai entendu Mahito suggérer à Jogô de laisser saufs quelques humains pour les relâcher en forêt et leur donner la chasse durant le week-end."

Je me tends. "L'animal..."

"Ah oui, peut-être, mais tu kiffes, Senshi." résonne la voix joueuse de Mahito, imprimé en moi.

"Shut the fuck up, damned you !"


"Tu sais de quelle manière tu dois t'y prendre, Mahito." amène Geto.

Le fléau tire la langue. "Yep."

"Attrape-la dans ses propres filets. Je sais que tu en es capable, Mahito."


Ma plume cesse. Il s'offre une chaise, s'y installant à l'envers.

"Qu'est-ce que tu veux ?!"

"M'assurer que tout va bien chez toi, Senshi." glissant délicatement une mèche derrière mon oreille.

"Tes grimaces, je les connais maintenant par cœur, Mahito." agacée.

"Regarde..." dressant rapidement son véritable portrait sur la feuille. "... voilà à quoi je ressemble en réalité. Toujours à ton goût ?..." moqueur.

"Espèce de..."

Un long tracé de langue sur ma joue. "Miam miam. Tu peux pas savoir quelle est la saveur de cette faiblesse avérée, comment elle me remue tout l'intérieur, Senshi."

"Tu n'es... qu'un démon, Mahito." fixant enfin son hétérochromie expressive.

"Et moi la faille qui va te... déchirer, Senshi." sur un sourire prometteur.

Je me lève, bousculant ma chaise, sous le regard interloqué du fléau.

"SATORU ! TUE-MOI !" hurlé. "TUE-LE !" désignant Mahito d'un index, l'en faisant loucher.

Il cligne, finissant par éclater de rire.


"Je vois..." s'amuse Geto, soufflant dans la paille, libérant quelques bulles de savon qui éclatent devant le nez de Mahito. "... tu vas profiter de l'accès qu'elle t'a si généreusement offert." suivi d'un rire à vous dresser l'intégralité des cheveux sur le crâne. "A toi l'honneur, Mahito."


"Senshi." m'attrapant pour me basculer sur ses cuisses, assis. "Tu m'as initié à tant de choses... que je dois m'en montrer reconnaissant." de sa voix la plus caressante.

"Back off, Mahito !" tentant de m'en défaire.

Je m'agite dans le lit, si bien que Satoru ouvre un œil puis les deux, se tournant vers moi, me prenant contre lui, me communiquant bien plus que son aura chaleureuse.

"Tu me racontes... la première fois avec Suguru ?..." humant son odeur douce comme du sucre.

Je le devine rosir. "Hein ?... Je n'ai... jamais raconté ça à personne." embarrassé.

"Nevermind." fourrant le nez dans son cou.


"Royaaaaal !" devant le petit-déjeuner qui s'étale sur la table.

"Hé ! Après une nuit pareille, il te faut des forces !..." me servant une omelette directement de la poêle avant de s'installer en face moi.

Ses yeux découverts sont chaque fois un régal !...

"Monsieur-je-vois-tout."

Petit rire en face. "Parfois je m'en passerai volontiers."

"Cracher sur l'héritage, tss." taquine.

"Cracher sur bien plus que l'héritage !..." riant.

"Dans la soupe ?"

"Cracher tout court." provoc'

Et encore là, il s'est calmé en prenant de l'âge. Car durant son adolescence et ses débuts en tant que jeune adulte, Satoru Gojô était ce qu'on pouvait décrire comme une véritable terreur.

"Mon instructeur m'a dit un jour que j'étais fort... mais également rempli de moi-même. Ça m'a fait réfléchir bien des années plus tard."

Son regard vagabonde un instant à l'extérieur.

"Avec Suguru c'est arrivé... naturellement. La fin d'une chaude après-midi d'été... allongés, en pleine lecture..."

"Qui est venu trouver qui ?"

"Moi. En basculant pour récupérer un autre tome sur l'étagère. Le moment a été... extrêmement gênant si bien que j'ai eu le réflexe de m'écarter. C'est lui qui m'a retenu par le t-shirt." souriant au souvenir. "Nous étions... le meilleur duo. Le meilleur..." laissant à nouveau son regard s'offrir une halte par la fenêtre ouverte. "Nous nous sommes regardés, compris."

"Ça a dû être intense..." rêveuse, tentant de me rejouer la scène. "Même possédé, Geto demeure terriblement charismatique."

"Il n'a plus rien à voir avec ce qu'il a été." soupirant, posant le menton dans sa paume. "Ni avec celui que j'ai connu."

"Hey." me levant pour me placer dans son dos et l'étreindre, nez fourré dans le haut de sa chevelure dense.

Il finit par retrouver le sourire, glissant une main dans ma nuque. "Tu me le rappelles tant par moment... Il était capable de deviner chaque pensée qui m'agitait avec une précision redoutable."

"Tu n'en as pas fait mystère, il me semble." souriante dans ses cheveux, bras refermés autour de lui.

"Lorsque notre instructeur est venu me dire... la dernière des sauvageries avec laquelle Suguru avait décimé ce village... et s'était mis en tête d'en finir avec tous les non-exorcistes... à commencer par ses propres parents..." serrant le poing sur sa cuisse dénudée. "... c'était comme si un feu m'avait dévoré de l'intérieur. Il avait vrillé... totalement je veux dire !"

"Oui, il a vrillé. Totalement."

"C'est à cet instant que j'ai réalisé que je ne pouvais sauver que ceux qui souhaitaient l'être. Et le pire, c'est qu'un enfoiré s'est emparé de son corps parce que j'ai tardé à procéder à la crémation." amer, pouvant s'en foutre des baffes tant la douleur est aiguë.

Je bascule sur ses cuisses, avisant sa jolie bouche. "Hey, tu sais que là... tu es en train de leur donner à bouffer ?..."

Il pince ses lèvres.

Je glisse les pouces le long, y plaçant une intention qui lui redonne le sourire.

"J'ai une meilleure idée... si on leur cassait quelques vertèbres ?..." glissé à son oreille, posant mon front contre le sien, souriante.

"Je trouve que ce serait... une excellent façon de commencer notre journée... et de pourrir la leur." sur un sourire éclatant, large paume regagnant ma nuque.


L'amour avec Satoru a toujours eu une saveur particulière. Et ce depuis le commencement.

Parce que nous leur faisons véritablement la nique à tous ces fléaux enflés d'orgueil qui pensent pouvoir se payer le monde et nos têtes !

Nous avons regagné le divan proche et nous y sommes déshabillés à la hâte, communiquant par sourires et murmures.

Nos regards vacillent alors que je le caresse et qu'il s'érige, soupirs lourds à l'appui.

Je me sers des deux mains, les passant tour à tour, sur la face externe de sa verge joliment tendue contre son ventre.

"Wow !... Mmm !..." régalé, finissant par en rire de bonheur.

Je mordille et lape sa jolie pomme saillante et il la fait vibrer contre mes lèvres pleines.

Il s'aventure de mon côté, pouces fouillant là, doux et animés.

Que dire de son sourire lorsqu'il découvre l'effet qu'il me fait ?...

"Là... ça fait au moins six vertèbres en une fois..." dis-je.

"Je veux me faire la colonne entière... et attention, suivant leur taille, ils en possèdent bien plus de trente-trois..."

"Voilà qui est... très, très... ambitieux, Gojô Satoru."

"Je déteste... me contenter de peu." revenant dévorer langoureusement ma bouche, prometteur.

"Je veux... que tu prennes le commandement, Sensei..." basculant sur le dos, tête proche du bord, le laissant me rejoindre, câlin et expert à la fois, respectueux toujours - l'amour est une trop belle chose à ses yeux pour gâcher. Ses lèvres et sa bouche sillonnent, attentionnées, notant la peau qui granule sous l'effet, mon souffle qui monte, l'émoi qui m'enserre les reins.

Je l'appelle des mains, l'enserrant de mes bras dès qu'il se présente à portée.

"C'est le moment... de te mettre au chaud..." sur un sourire doux. "Come inside... Sensei..."

Il sourit, s'y guidant, appréciant l'accueil réservé. "Là... c'est sûr... c'est la colonne entière... qui y est passée... qu'elle avait trente-trois vertèbres... ou plus du double..." riant de bonheur.

C'est le moment où mon cerveau aimerait lui poser trente-six questions sur sa vie sexuelle qui, je le devine à ses façons, a dû être extrêmement riche !...

Combien de filles ? Combien de garçons ?... Les plus marquants... non, non, non ! Tu te tais et tu savoures !... Et hop, un doigt d'honneur à Mahito !... Connard, tu l'auras pas volé, celui-là ! Je sais qu'il nous voit, qu'il soit proche ou non, et que ça le révulse au point d'en vomir.

Satoru éclate de rire. "Je te kiffe !..." revenant me cajoler, proche.

Sa jolie tête repose contre le creux de mon épaule. Il vient de s'offrir quelques heures de sommeil pillées à toutes ces nuits où il ne dort que d'un œil.

J'aime le garder contre moi, doigts perdus dans ses cheveux pendant que je veille sur son sommeil.

Je tente de composer la relation qu'il entretenait avec Suguru, silencieusement, dans ma petite tête.

"A vomir."

"Dégage, Mahito, tu n'es pas le bienvenu."

Satoru ouvre un œil. "T'as pas entendu ?"

"Ha ! Le Seigneur et Maître des exorcistes vient de parler." cynique. "Regarde-toi, Gojô ! Tu gis là, à poil... c'est à en pleurer autant qu'à en vomir."

Satoru sourit. "Un geste et je t'explose, petit con."

"Je voudrai bien voir ça, tiens !"

Satoru se redresse lentement, sans lâcher Mahito du regard.

"Viens, Gojô Satoru ! Montre-moi la puissance qui a déjà renversé tant d'entre nous !" le provoquant ouvertement.

Satoru lève la main, majeur placé contre le pouce, lui délivrant la puissance nécessaire pour littéralement le disséminer aux quatre coins de la pièce.

Il se redresse, enfilant son boxer. "Nous serons tranquille pour un moment... j'ai disséminé son âme d'un point à l'autre de l'infini. Il va avoir du mal à en recoller les morceaux."

Je viens ronronner contre son épaule. "Je kiffe quand tu fais ça..."

"J'allais pas le laisser gâcher notre journée !... Aujourd'hui, je te présente Nanami." sur un large sourire.


"NANAMIIIII !" bondissant sur lui.

L'ex-salryman rehausse ses lunettes, embarrassé. "Tch. Toujours aussi démonstratif." ripant sur le côté, déstabilisant Satoru qui manque de se vautrer et se rattrape de justesse.

Je ne peux m'empêcher de rire à ce duo improbable.

"Ah mais Nanamiiiii !..." déçu. "Dire que j'ai pris sur mon précieux temps pour te présenter notre dernière recrue."

"Ne me fais pas croire que tu es débordé, Satoru." sévère.

"Ah mais si ! Ah mais si !..."

Excédé, le salary-man tourné exorciste consulte sa montre de prix.

Je m'approche de l'oreille de Satoru. "Il est... toujours comme ça ?"

"Toujours. C'est un genre qu'il se donne."

"Je vous entends." se vexe Nanami.

"Bah, nous n'en tirerons rien aujourd'hui, si tu veux mon avis. Mauvaise pioche." se détournant pour partir dans l'autre sens.

D'abord totalement incrédule, je finis par le rejoindre, lui prenant la main au détour d'une rue.

"Oh, regarde ! Si nous prenions de quoi pique-niquer ?..." désignant une supérette.

"Pourquoi pas." souriant, séduit par l'idée de la quiétude d'un parc.


Je donne un léger coup de coude à Satoru, désignant un fléau qui hante l'écran d'une des caisses.

"Vu. Toujours agir discrètement en public. Tu t'en sens capable ?..."

"Euh..."

"Watch. And learn." levant rapidement le doigt pour se gratter le bout du nez tout en jetant le sort visant à l'exorcisme.

Sur un couinement sourd, le fléau disparaît de l'écran. Ni vu ni connu.

"Par contre..." agacé par le cirque de deux gamins mal élevés derrière lui qui lui adressent des coups de pieds pour s'amuser, à l'abri du regard de leur mère. "... eux vont se prendre une tout autre leçon."

Je suis curieuse !...

Grâce à l'aura qui l'entoure, Satoru détourne le prochain coup qu'il destine à l'un des deux garnements. Le geste dégénère rapidement en dispute entre les deux.

Satoru place ses mains derrière sa tête et sifflote. "Et voilà le travail !..." souriant de toutes ses dents.