Contribution : Isa'ralia Faradien


#7 – Chapitre n°7
« Attachement »

Cognus et Sirannon quitteraient Ciutric cette nuit pour se diriger, en plusieurs étapes, vers l'une des lunes de Zaadja. C'était ce que Zannah avait décidé, et elle ne comprenait pas pourquoi cela la tracassait autant à un niveau personnel.

- Tu t'es trop attachée à notre fille, lui reprocha Bane.

Zannah ne chercha même pas à nier cet état de fait particulièrement flagrant.

- Il faut croire que je n'ai pas su avoir le même recul que vous lorsqu'il s'agit d'élever une enfant.

- Le lien qui t'unit à elle n'est pas comparable à celui qui existait entre nous à l'époque. Je t'ai recueillie dans l'unique but de faire de toi mon héritière. Tu me considérais probablement comme une figure paternelle, mais nous n'étions pas du même sang. Tu as mis Sirannon au monde, tu l'as élevée depuis le berceau, mais tu la voyais davantage comme l'héritière potentielle de Cognus que comme la tienne. Tu n'avais pas totalement cette prétention à être celle qui la formerait, et cela change un certain nombre de choses.

- Et j'ai fait tout cela pour l'envoyer mourir aux confins de la galaxie, murmura Zannah en se prenant la tête entre les mains.

- Tu devrais t'astreindre à rompre ce lien. Il t'affaiblit. Ton Apprentie n'attend que la meilleure opportunité pour s'en servir contre toi.

- Vous êtes paranoïaque...

- Et c'est ce qui m'a gardé en vie ! lança Bane sur un ton de reproche.

- Ne me faites pas croire que vous avez entièrement réussi à vous abstenir de tisser un lien avec moi !

- Il est inévitable que deux personnes vivant ensemble forment un certain lien, reconnut-il. Tu étais une présence familière depuis longtemps, et je sais que tu t'es sentie déroutée durant plusieurs semaines après ma défaite, car tu n'étais pas habituée à évoluer dans un monde où je n'existais plus. Cependant, tu as su te ressaisir. Et désormais, il est inévitable que cette « cohabitation » nous rapproche, comme jamais auparavant, mais n'étant plus le dirigeant de l'Ordre Sith, je n'ai plus à m'en soucier. En revanche, cela devrait être ta préoccupation principale.

Zannah sentait poindre une migraine. Bane avait entièrement raison, bien évidemment – comme d'habitude –... mais appliquer ses conseils lui prendrait un temps considérable.

Pourtant, elle devait absolument se ressaisir. Elle était la Dame Noire en titre !

Et Sirannon allait mourir à cause d'elle...

- Toutes les Sirannon ne sont pas forcées de connaître un destin tragique, dit Bane d'un ton plus doux.

Zannah ne se souvenait pas l'avoir déjà entendu faire le moindre rapprochement sur le prénom commun à sa mère et à sa fille. Ni le moindre reproche, d'ailleurs. C'était comme s'il avait instinctivement compris ce que son ancienne Apprentie avait voulu faire, ce jour-là, à la maternité.

Elle réalisa alors que Bane approuvait entièrement le choix du prénom, à sa manière si particulière, et elle trouva cette idée quelque peu réconfortante.

- Non... ce n'est pas une malédiction, approuva-t-elle lentement, car il n'existe rien de tel. Ce ne sont que des superstitions.