Chapitre 301 : A Curse born from mankind

Deux mains attentionnées viennent soulever la masse de cheveux pour masser nuque et épaules.

"Je peux te poser une question ?..."

"Tout dépend." poursuivant ses massages lents.

"Tu as... déjà couché avec Nanami ?"

"Directe !..." amusé. "J'aimerai te dire oui..." souriant. "Mais le grand blond est toujours demeuré de l'ordre du fantasme."

"S'il te proposait ?..."

"Aujourd'hui ? Ma foi..." suivant ses gestes du regard. "Tu trouverais à y redire ?"

"Non. Sauf si..."

"Continue."

"... tu venais à me négliger. Ta première, ça a été au lycée ?"

"Oui." souriant.

"Comment s'appelait-elle ?"

"Miyoko."

"Tu me racontes ?"

"Que souhaites-tu savoir ?" commençant à picorer ma nuque de baisers chastes.

"Comment tu t'y es pris pour... la séduire ?"

"Je lui ai cassé les pieds, j'ai été grossier et mufle." riant. "Je t'assure que je lui ai maintes fois manqué de respect !..."

"Satoru !..." riant avec lui.

"Par exemple... elle avait des arguments sur lesquels tous les gars lorgnaient. Un jour, durant l'interclasse, je l'ai prise contre moi et j'y ai posé le menton. L'espace privé, j'en avais strictement rien à faire !..."

Je ris. "Ça a finalement payé !... Incorrigible !..."

"Hey, je sais me tenir maintenant !..." reniflant.

"Mmm... toujours plus ou moins adepte du frontal." tendre.

Il pose la joue sur mon épaule, me regardant, main passant par derrière pour caresser l'opposé de mon visage, félin.

"Peut-être me suis-je... pas pris suffisamment de gifles pour retenir la leçon."

Je lève la main pour caresser sa nuque dégagée. Il demeure lové là un moment avant de soupirer. "Bon... c'est pas tout, j'ai entraînement. Faut que je tienne la forme en tant qu'instructeur."


L'entraînement est le seul moment où Satoru s'autorise de flirter outrageusement avec ses propres limites, se menant souvent à bout de capacités.

Outre son aura qui subit des variations de grande amplitude, son corps est également mis à rude épreuve. Et il ne fait aucun cadeau !...

En général, il rentre complètement éreinté, bon pour la douche et le somme.

Sauf que cette fois je ne l'entends pas vraiment de cette oreille !...

Il referme la porte, déposant son bandeau dans l'entrée, soufflant, quittant ses bottines chelsea, rompu.

"Pouh ! Je suis bon pour une douche, moi !..."

Se relevant, il me trouve dans le chemin.

Voyez-vous cela... un exorciste éreinté et qui a les yeux découverts !... La tentation ultime !...

Je l'attrape par la main pour le conduire jusqu'au canapé.

"Euh... je pensais... passer par la salle de b..."

Je le fais installer, mettant mon plan à exécution sans tarder, humant tout d'abord cette nuque moite avant d'y faire glisser une langue jusqu'à l'arrière d'une oreille, remontant le long du pavillon.

Le frisson est tel qu'il le perçoit dans la moindre fibre de son corps.

"Ah... OK." sourire audible. "Cette heure donc..." agréablement surpris que je puisse le trouver à mon goût dans cet état déplorable.

"J'imagine... qu'il t'en reste encore assez... pour moi..."

"Tu as de la chance : oui." tombe aussitôt.

Il passe une main jusqu'à ma nuque, me faisant basculer par la seule force de sa volonté par-dessus le dossier. Je me retrouve assise à ses côtés, un peu surprise par la manœuvre.

L'assaut est immédiat, bouche cherchant la mienne sans détour, m'offrant un baiser sulfureux.

Ce faisant, il ouvre son haut, le quittant sans rompre les joutes toujours plus voraces de nos langues se disputant la partie.

Toute sa peau demeure couverte par ce film moite et il est prévoir que nos exercices à venir ne vont guère y remédier, bien au contraire !...

L'urgence d'être nus, de se savourer à même la peau devient impérative. Je kiffe cette peau qui vient glisser sur la mienne, sans complexe - Satoru a toujours été à l'aise avec sa sexualité et son corps.

J'écarte les jambes dans un appel manifeste, appréciant sentir son extrémité éclose butiner l'entrée.

"Sa..."

Sa bouche vient prendre mon souffle avant de se hasarder dans mon cou et mon buste.

Ses paupières sont closes pour limiter l'afflux d'informations concernant la masse moléculaire.

Nos doigts se croisent et il bascule sur le dos, m'invitant à venir me servir.

Je lui octroie tout d'abord une jolie gâterie buccale avant de lui tourner le dos, le chevauchant, le guidant pour qu'il entre dans la moiteur délicieuse.

Je bouge sans tarder, cherchant notre plaisir à tous les deux.

Ce moment où tout ne devient que sensations, où nos cerveaux déconnectent du monde pour ne cibler plus que le plaisir, quand tout monte jusqu'au point de non-retour.

"Je vais... jouir !..." m'avertit-il dans un rauque éblouissant.

Je contracte autour de lui pour plus d'effet et il se rend dans un spectaculaire mouvement de corps, offrant tout et même plus.

Après cet instant, je repose dans ses bras, savourant cette pause câline.

"Tu tiens le coup ?..."

"Tu vas me voir ramper jusqu'à la douche... mais à part ça." sur un sourire de chenapan. "Nous venons de dégager... beaucoup de positivité d'un coup."

"Uh ? Vertèbres brisées ?... Combien, selon toi ?"

"Ooooh, une colonne entière !..."

L'amour vu comme une manière d'exorciser à part entière. Ma foi, je n'avais, jusqu'à Satoru, jamais vu les choses sous cet angle !...


Je relève la page du magazine. "Les hôpitaux... les maladies ?... Les... shamans ?..."

"Hmm mmm. Les fléaux, comme toujours." posé, se régalant d'une tartine de pain grillé généreusement couverte de confiture. "Ils demeurent à l'origine de bien des maux."

"Tu pourrais... tous les exorciser d'un coup ?"

Il rit. "D'un coup, non. Ce serait un travail fastidieux et de longue haleine. Et j'estime qu'ils sont là pour nous enseigner en quelque sorte. Notamment sur notre nature et nos actions."

"Je commence... à réaliser... Satoru..." appétit coupé.

"Ne t'en fais pas." posant une main sur la mienne, tremblante. "Nous vivons tous avec ça." terminant sa tartine. "Aurais-tu... préféré l'ignorer ?..."

Je secoue la tête. "Si j'avais voulu demeurer parfaitement naïve, j'aurai épousé un de ces riches à la personnalité creuse et à l'existence morne."

Il siffle. "Sans concession. J'adore !..." caressant mon visage.

"Le genre d'homme qui ne parvient à l'orgasme que lorsque ses actions en bourse flambent."

Il rit de bon cœur. "God !"

"Au lieu de cela... j'ai préféré la voie la plus sinueuse... et j'y ai fait d'exceptionnelles rencontres." lui souriant pour confirmer qu'il y est inclus.

Il dévie le regard et le fiche sur ma bague. "On dirait bien... que j'arrive après la bataille." sur un sourire triste.

"Si tu crois que c'est facile de passer après le superbe couple que tu formais avec Suguru..." comme un écho à nos histoires respectives. "... le challenge est juste... immense."

"Rassure-toi... tu as le niveau." souriant, glissant quelques doigts doux sur ma bouche. "Je n'avais plus ressenti toute cette... jolie tempête émotionnelle depuis qu'il était passé par là."

"Tu adorais... lui faire l'amour, Satoru. C'était d'ailleurs souvent toi qui initiais." le devinant parfaitement.

"Suguru était... un garçon réservé. Tout mon contraire." se léchant consciencieusement les doigts. "Je ne l'ai compris que depuis peu de temps mais... vu mon job, je ne peux être en couple qu'avec des personnes du même métier. Toutes mes autres relations étaient vouées à l'éphémère même si elles étaient sympa sur le moment. Et je comprends mieux pourquoi maintenant. C'est impossible pour un exorciste de s'installer dans une relation durable avec quelqu'un qui n'est pas du métier ; les deux ne regarderont jamais dans la même direction et l'un devra toujours protéger l'autre ; un job à plein temps, épuisant."

"Je ne fréquente plus que des hommes capables de se protéger eux-mêmes depuis un certain temps déjà et je comprends mieux pourquoi maintenant : je n'ai aucune envie de jouer le rôle de la nounou ou de la maman."

"Et moi le rôle du père protecteur !..." amusé par nos idées qui se rejoignent parfaitement sur ce point.

J'avance la main et caresse son cou, traçant le parcours saillant de cette jolie pomme.


"Oh dis donc, j'ai une idée un peu folle !... Un parcours de cross sans harnachement, aucun !... Ouais !... Quoi ? Nan, j'ai pas envie de me rompre les os, je veux juste voir comment Na'ir va réagir !..."

Satoru écoute d'une oreille distraite, amusé par ma conversation et la façon dont je m'active en cuisine, nous concoctant un petit gratin maison.

"Quoi, qu'en pense Sat' ? Bah, je sais pas. Il faut son autorisation ?" toujours en ligne avec Mia. "Quoi, Lune ? Roooh mais arrête !..."


Les gestes ne trompent pas ; moi qui l'érige, lui qui s'assure de mon état à le recevoir.

Les sourires, les mots... la tendresse du moment.

Je lui demande d'être au-dessus, ce qu'il s'emploie avec plaisir, cherchant le maximum pour nous.

Peu avant de basculer, c'est le visage de Mahito qui m'apparaît et je manque d'appeler son nom maudit !... Je ravale le tout avant que la bombe n'explose à l'ouïe aiguë de Satoru.

L'orgasme nous engloutit l'un l'autre. Je m'applique à noter les expressions qui défilent sur son visage depuis que les sensations se sont faites vives, regagnant ses bras après qu'il eut basculé, pensées tournées vers un autre dont j'ai envie du corps et de la bouche... la bouche !... Cette saloperie ourlée de chair !...

Je me hisse, conquérante, sur ce corps qui n'appartient désormais qu'à moi, possessive, cherchant cette bouche impie, y liant ma langue.

"Senshiii !..." amusé par mon empressement.


Je referme derechef la porte du placard, cœur battant, respiration courte.

C'était bien... la tête de Mahito, là... au milieu de la vaisselle, n'est-ce pas ?...

"Beautiful is boring." me susurre la voix suave de Mahito.

Je glisse le regard jusqu'à Satoru, confortablement calé sur sa chaise, petit-déjeuner.

Lentement, je réouvre ladite porte. La vision a disparu.

Beautiful

They said they did not want my face in their magazine

'Cause I'm not beautiful

Am I the most fucking fantastic freak

You've ever seen? Did I make you scream?

Do we make you sick?

Do our imperfections make your blue breath run thick?

Give me scars and stripes

It does not please me to be easy on any of your eyes

Any of your eyes

Beautiful, Beautiful Is Boring

You're never gunna save those soul suckers

You're never gunna save their souls(**)

Je m'installe, troublée, tandis que Satoru s'étire.

Fort heureusement il n'a pas prévu de me "scanner" aujourd'hui... sans quoi... je serai faite ! Son œil remarquable noterait immédiatement des atomes qui s'agitent là sans raison apparente...

"Alors, c'est aujourd'hui que tu vas te rompre les os ?" questionne-t-il, un poil taquin.

"Très drôle, Satoru." reniflant, me tartinant un pain craquant.

Il se lève, préparant ses affaires.

"Ne m'attends pas, j'ai une journée de malade au lycée. Bye !..." m'embrassant avant de filer.


"Il..." cligne Mia avant d'éclater de rire.

"Ce n'est pas drôle."

"Nan mais Lévichoute aussi... pourquoi il t'en faut toujours deux et qu'ils soient totalement à l'opposé l'un de l'autre ? T'aimes à ce point les emmerdes ou quoi ?" renchérit Lune.

"Bah... ça apporte un équilibre."

"L'équilibre de la terreur, hein, c'est ça le trip ?" questionne Mia, bien au fait.

"Tu ne viendras pas pleurer quand la bombe t'aura emporté la moitié du cœur." renifle Lune.


Étant né de la haine que les humains se vouent, Mahito a tôt fait de renaître et causer des torts.

C'est dans un cinéma qu'il a commis ses premières exactions, s'en prenant sauvagement - le terme est faible - à trois lycéens dont il vient de déformer les crânes, y exerçant une pression intracrânienne intolérable qui leur a littéralement broyé le cerveau, tout en les rendant hideusement difformes.

L'art, selon Mahito.

Ce faisant, il ne se doutait pas un seul instant que le jeune homme présent dans la salle le repèrerait !... Aux yeux de la grande majorité des humains, Mahito passe inaperçu du fait de son statut de fléau.

Le jeune garçon, qui était la cible permanente des trois autres, lui courut après, le questionnant sur ses agissements, lui demandant s'il était possible que lui aussi parvienne à exécuter de tels actes. La perche idéale pour un fléau !...

Nanami s'est rendu sur les lieux de de la scène, accompagné de Yûji, devenu son protégé.

Ils ont tôt fait de capter les pas, empreints d'énergie maudite, laissés par Mahito.

Pendant qu'ils procèdent à leurs investigations, le fléau s'amuse comme un petit fou avec son nouveau jouet.


Comment définir le job de Satoru ?... Appelé n'importe quand pour aller n'importe où et ce pour une durée indéterminée.

Depuis que nous nous connaissons, il s'arrange cependant toujours pour conserver le lien au moins une fois par jour - et davantage si la situation le permet.

Et bien entendu il y en a un à qui les événements profitent...

"Senshi, tu fais peur."

"Dégage, Mahito."

Il me suit tel un chien, bien décidé à ne rien lâcher.

"Dégage, j'ai dit !..." m'en agaçant.

"Mais... Senshi..." faisant mine de ne pas comprendre où je veux en venir.

"Fous le camp ou je t'exorcise !..." levant la main, index et majeur joints pour y procéder - autant dire que vu ma puissance, le fléau de grade spécial ne fait guère le poids !...

Grands yeux outrés en face. "Tu me déçois, Senshi. Beaucoup."


Une présence. L'aura ne saurait me tromper, infini en arrière-plan. J'en souris, me recouvrant davantage avec la couette avec un soupir doux.

Enfin !...

Douche. Puis regagne le lit, m'interceptant contre lui.

"Bonjour..."

"Bonjour." sur un sourire audible, appréciant l'accueil qui lui est réservé.

"Ça... a été ?..."

"Un peu corsé." laconique, comme à son ordinaire.

Évidemment, vu qu'ils ont fait appel au meilleur, c'est que le déplacement valait le détour.

Il est réellement décalqué et je devine, à ses gestes câlins sans dérapage, qu'il a besoin de repos et de ma présence, ce que je lui accord bien volontiers sachant que généralement le lendemain il ne manquera pas de me faire ma fête !...


Il a besoin de légèreté le lendemain après cette chasse effrénée qui ne semble pas l'avoir épargné, entamant un peu plus son insouciance.

Pour ce faire, nous rejoignons ses élèves dans un parc pour un pique-nique improvisé.

Le petit groupe est ma foi fortement sympathique - à l'image de son prof.

Généralement, dans les parcs et les jardins, il y a très peu de fléaux... si ce n'est dans une mare où un enfant se serait noyé...

Nous jouissons donc d'une paix relative.

Mon partenaire a quitté sa tenue stricte d'exorciste pour un habillage plus casual ; haut clair porté sur jeans, sneakers. Oublié le bandeau opaque ; les lunettes teintées sont de mise.

Rien de notre relation n'a été affiché officiellement mais lorsqu'après le repas, Satoru a posé sa jolie tête contre ma poitrine, le message a été on-ne-peut plus clair.

Petit sourire en coin pour certains, grands yeux surpris pour un autre.

La seule présence féminine de l'équipe - Nobara Kugisaki - sait son prof "actif" avec les femmes. Quant aux éléments masculins, la vie sentimentale et sexuelle de leur instructeur est le cadet de leurs soucis !... Tout ce qu'ils demandent à Satoru c'est de demeurer la crème des exorcistes.

En attendant, leur prof profite de la légère brise soufflant dans les feuillage, doigts croisés sur sa poitrine, tête contre mon sein.

Megumi s'est mis à la lecture, Yûji et Nobara jouent à un jeu de société.

"Au fait, il ne t'a pas importuné durant mon absence, j'espère." questionne soudain Satoru.

La voix est suffisamment basse pour que seul Megumi, le surdoué, puisse en capter le contenu.

"Il a vite été remis à sa place." sur un sourire audible. "C'est toi que j'attendais."

"Je kiffe définitivement cette vision d'un fléau la queue entre les jambes et les oreilles basses." sur un petit soupir satisfait.

"Senseiiiii ! Nobara triche !..." se plaint soudain Yûji, désignant la fille d'un index accusateur.

"Silence ou je te défonce la tête à coup de marteau !..." faisant référence à son arme de prédilection.

Megumi récupère ses écouteurs qu'il fiche dans son portable pour se couper totalement du monde.


Je repose la tête sur les cuisses de Satoru, assis.

"Tu me parles du clan Gojô ?..." curieuse.

"Le fameux... nous descendons de Sugawara no Michizane, homme politique, érudit et poète du Japon à l'époque du Moyen-Âge. Tous les clans en descendent, en fait. A sa mort, Sugawara est devenu un spectre et un des trois esprits vengeurs du Japon."

"Hmm mmm. Spectre donc..."

"Pas au sens où tu l'entends mais cela s'en rapproche. Ceci dit, les spectres ont toujours été hostiles à toute forme d'autorité, y compris celle des maîtres des fléaux."

"Je kiffe ton pedigree." levant la main pour caresser son visage. "Je pense que fléaux et exorcistes contribuent à une forme d'équilibre."

"Voilà pourquoi je refuse de me charger de leur destruction ; cela mènerait à une rupture."

"En t'enlevant tout moyen de pression sur les dirigeants ainsi qu'une raison d'exister."

Il sourit. Touché.


Il rentre, plongé dans cette tenue qui fait de lui un autre.

Et cet autre, je peux vous dire qu'il est bien chaud et terriblement audacieux. Il arbore en permanence ce petit sourire en coin, d'une supériorité absolue, dominant la situation, raffolant des défis.

Aussi vais-je le mettre à l'épreuve de la plus érotique des façons !...

Alors qu'il est installé dans l'entrée et qu'il souhaite retirer ses bottines, assis sur la marche qui donne en contrebas, dans le genkan(*), je viens l'y trouver, passant une jambe par-dessus son épaule.

D'abord surpris, il finit par apprécier le challenge qui lui est présenté, levant la main pour caresser la jambe entière, partant de la cheville, remontant lentement.

Ses cheveux encore hérissés m'indiquent que la tension demeure encore très forte en lui.

Je me penche jusqu'à son oreille, chevelure basculant en avant. "Tu gardes ton bandeau."

Je sais qu'il distingue parfaitement tout ce qui se présente à lui malgré l'opacité de l'accessoire.

"Je veux que ce soit l'exorciste qui me fasse l'amour ce soir."

D'un mouvement de corps, il me fait échouer sur ses cuisses, m'envisageant avec ce même, terrible sourire saturé d'assurance.

Il m'installe à califourchon sur lui, soulevant ma nuisette, y appréciant la nudité immédiate tandis qu'il demeure vêtu. Ses paumes circulent, m'éveillant.

Je me fiche de savoir qu'il vient du dehors. J'ai envie de lui ainsi.

Et Satoru ne va pas me le refuser.

Sa bouche exige la mienne, dans un baiser tournoyant plein de promesses osées.

La langue est vive, happant la mienne, s'emparant du pouvoir qui lui est tendu.

Sous le bandeau, les pupilles dévient ; le désir est tel qu'il lui provoque de véritable décharges dans tout le corps. Son dos crispe sous l'afflux qui lui grimpe jusqu'aux reins.

Il est haut en un temps record. C'est lui qui se défait pour se faire saillir.

Donc... cela se passera dans l'entrée ?... Fort bien. Je n'en attendais pas moins.

Il remonte ma tenue des deux mains et j'avance les hanches pour l'inviter en moi.

Il se glisse à l'intérieur, appréciant en suffoquant ce qui se referme autour de lui, chaud et accueillant, douillet à souhait.

J'ai les doigts crispés sur le tissu épais qui compose son haut sombre, au niveau des épaules.

Il se hisse sur un bras, m'annonçant clairement que c'est lui qui fera le job.

Mes jambes repliées reposent sur le parquet, me permettant de conserver la position, tandis qu'il amorce les premiers mouvements, le faisant coulisser à délice, visage prenant le pli d'un plaisir totalement inédit, menton se levant à mesure que les sensations enflent, surtendant son sexe de façon remarquable.

Nous deux, ça n'a jamais fait aucun doute... dès le commencement. Et nous ne nous sommes jamais posés la question de savoir si oui ou non. Nous avons saisi l'opportunité, nous installant immédiatement ensemble sans tergiverser longuement.

A la fin, je suis attachée à lui des deux bras, le laissant amorcer la dernière ligne droite avant l'orgasme fulgurant qui nous soulève tous deux dans un appel haut et fort, totalement décomplexé.


(*) Entrée des habitations japonaises

(**) Bones UK "Beautiful is boring"