Chapitre 305 : The words that came from deep inside my gut...
"Je kiffe... la couleur de mes amours avec toi." au creux de l'oreille.
"Blue ? Red ? Purple ?..." taquin, évoquant tour à tour la palette de ses attaques.
"Toutes. J'aime à la fois le Satoru déjanté, terrible, cinglant, puissant, torturé."
"Tu prends tout le package si j'ai bien compris ?..." amusé.
"Oui. Avec toutes les options." sillonnant le long de son ventre remarquable, saluant d'un coup de langue la belle endormie qui repose contre son aine.
Il crispe des poings dans les draps. Il est du matin, lui aussi.
"Oooooh... comme j'aime... être entre tes mains..." sur un soupir vibrant.
Je remonte jusqu'à lui pour un baiser incomparable, main fouillant du côté du tiroir de la table de nuit pour y pêcher un bandeau - c'est là qu'il les cache, le canaillou !
Il avise l'accessoire familier. "Whut ? No way !... I want..."
Je barre ses lèvres de l'index.
"Let's play, OK ?"
Grognement un tantinet contrarié en face. Je sais que malgré le bandeau, toutes les sensations, y compris visuelles, lui seront fidèlement restituées.
A sa grande surprise, je bascule sur le dos, lui laissant les commandes.
Il entreprend de me parcourir de la langue, s'attardant sur les points sensibles, m'arrachant des geignements marqués.
Son sourire s'étoffe. Ses sens s'affinent.
Il est à présent bien raide.
Il me retourne sur le ventre, écartant mes jambes au moyen des siennes, calé contre mon entrejambe et le matelas.
Ses hanches simulent déjà ce qui va suivre mais il se refuse l'entrée, mettant nos sexes au supplice de la frustration.
"Toi... tu ne sais même pas ce qui t'attend... ni ce que je te réserve..." à mon oreille dont il mordille le lobe, gourmand, récupérant mes mains pour y passer les doigts.
Et il peut jouer un moment comme ça, ignorant volontairement ses propres élans pour m'abreuver de plaisir.
Quel kiff de m'entendre appeler, à la limite de supplier.
Et cette promesse qui s'ébat toujours plus durement entre mes jambes et dont seul le matelas profite !
"Sa... plea..."
"Let me see." me testant du doigt, lâchant un son étranglé de délice. "Mmm... juicy."
Le doigt avancé s'invite à l'intérieur sans produire le moindre effort. Satoru simule même le mouvement, me sentant immédiatement palpiter.
"You !..." frustrée, me vengeant sur l'oreiller.
Son sourire se précise contre mon oreille.
Il savoure mes fesses contre son bas-ventre. Sa stature est telle qu'il me recouvre en totalité.
"OK, my sweet beauty..." atteignant lui aussi ses limites, libérant une main pour se guider, coulissant jusqu'à la garde.
Je jouis sur-le-champ et il apprécie les contractions rythmées autour de son membre surtendu.
"What a... child..." se moquant tendrement.
Je griffe l'extérieur de sa cuisse en représailles.
Il mordille ma joue pour toute réponse.
Hissé sur ses bras, il daigne enfin mouvoir ses hanches, soupirant à l'unisson avec moi.
C'est... fantastique de sensations !...
A son tour de palpiter durement au fond de moi.
"Ooooooh... that's... just..."
Nous sommes dans un état tel que la jouissance nous cueille après quelques secondes seulement. Elle s'applique, généreuse pour lui, profonde pour moi.
Rien de plus hideux qu'un humain transfiguré. La spécialité est somme toute totalement "Mahitonienne".
Même Satoru a du mal devant les corps affreusement déformés.
Nanami est également présent.
"C'est bon, j'en ai assez vu." à Ijichi qui referme la housse mortuaire.
"Tu penses comme moi, je suppose."
"Oui. Ce petit con doit être dans le secteur."
Ah, dès qu'il s'agit de Mahito, l'exorciste en chef a les mots !...
"Il faut l'exorciser une fois pour toutes, Satoru."
"Je suis bien d'accord. De toute manière, l'affaire est personnelle à présent."
Combat à mort. Mahito n'a qu'à bien s'accrocher face à la tornade force 5 qui va s'abattre sur lui !...
"Tu t'amuses bien, je note." apparaissant sur le haut mur d'un bâtiment.
Mahito glisse sa langue d'une commissure à l'autre. "Voyez-vous cela... la crème des exorciste daigne enfin m'adresser de l'attention."
"Tu ne devrais pas t'en féliciter. Plutôt préparer ta garde."
"Oooooh ! C'est qu'on l'a mauvaise ce matin ?" moqueur. "Qu'est-ce que tu ne digères pas, l'exorciste, dis-moi..."
Petit sourire de guerre de Satoru. "Qu'en plus de ton job conventionnel de fléau, tu te sois attaqué à un pan de ma vie privée." sautant du mur pour se retrouver devant Mahito.
"Ah, oh, je vois !... La belle de tes nuits, c'est ça ?"
"Ne joue pas à ce jeu avec moi. Prépare plutôt ta garde ; je vais t'atomiser."
"Bien, Monsieur-le-professeur." déployant une énergie monstrueuse.
Bien peu pour impressionner un guerrier aguerri comme Satoru.
La riposte ne se fait guère attendre !...
Mahito tient compte des faiblesses de l'exorciste ; s'entourant d'une foule dense - Satoru étant dans son élément lorsqu'il demeure seul, dixit Geto - il nargue celui qui lui fait face.
"Je suis curieux de voir jusqu'où tu iras au niveau des collatéraux !..."
"Tu n'en as pas la moindre idée, pas vrai ?... Tu ignores combien de temps est imparti pour limiter les dégâts, pas vrai, patchface ?" se préparant à utiliser son attaque la plus terrible. "Je vais donc te l'apprendre : 0,2 seconde." lançant la Limitless pour s'occuper de Mahito dont il fracasse tout d'abord copieusement le visage, faisant sauter la plupart des sutures.
Gojô est si rapide que le fléau n'a pas le temps de changer de forme, lui offrant son flanc le plus vulnérable.
Satoru ne ménage pas ses poings et chaque attaque rapproche davantage Mahito de la mort.
"Ta grande erreur... a été de me challenger... à titre personnel." affirme l'exorciste, en rage.
Ce qui sauve la mise à Mahito sont les sentiments négatifs, qui prennent sur la neutralité requise, de Gojô.
Ils lui permettent d'ouvrir une fraction de son territoire pour s'y glisser.
"REVIENS ICI, ENFOIRÉ !"
"Viens me chercher !" s'y engouffrant totalement, sur un pied-de-nez.
Le poursuivre à ce stade se révèle risqué. Satoru hésite puis, finalement, au moment de désarmer, se rappelle des paroles de Nanami : "Il faut les exorciser une fois pour toutes, Satoru."
"OK." pourchassant Mahito.
Le fléau n'en revient pas de la hargne affichée par son adversaire de toujours.
Il commence à comprendre pourquoi Gojô est tant craint dans le milieu !...
Mahito se sent traqué jusqu'à ce qu'il considérait comme étant sauf pour lui !...
L'aura de Gojô le serre de partout et il pense son corps en train d'imploser sous la pression immense que lui impose l'exorciste.
Ce type... est véritablement... un monstre ! Quelle ironie dans de telles paroles pour un fléau !...
Gojô lui fait payer au centuple ce qu'il m'a infligé et la façon dont il s'est joué de Junpei.
Mahito rampe, raidi de terreur. Derrière lui l'ombre qui se profile n'a définitivement rien d'aimable.
"Besoin d'aide, Mahito ?" questionne la voix doucereuse de pseudo-Geto, apparaissant là.
"GETO !"
Le maître-fléaux l'exorcise sur-le-champ pour l'insérer à sa collection.
Ainsi se termine le chemin pour Mahito. "J'en étais sûr... après tout, je suis né... des humains..."
"J'ignorai... à quel point tu étais capable de haïr, Satoru."
Ce corps... aujourd'hui possédé mais qu'il a aimé à en perdre la raison durant leur collaboration... ce corps chaque fois le remue si fort !...
Satoru a choisi de se taire. Shh. Silence.
Je me rendrai bien compte par moi-même de l'extermination dans les règles du fléau.
Exorciser un fléau revient à s'en approprier les pouvoirs, notamment lorsqu'on est un maître fléaux comme l'est pseudo-Geto.
Satoru pensait simplement éradiquer Mahito... or l'intervention de pseudo-Geto vient de lui compliquer lourdement la tâche. Et elle me met définitivement en danger !
Dealer avec un fléau est une chose... devoir composer avec un maître-fléaux en est une autre.
"Oh mais... tu y tenais vraiment, imbécile ?... Tu étais encore plus dégénéré qu'un macaque, Mahito." ricane pseudo-Geto en découvrant le lien que Mahito entretenait à mon égard. "Moi, tu vois, cette faiblesse ne m'échappera pas. Je vais l'exploiter et causer un maximum de torts à Satoru. Car, vois-tu, il mérite ce traitement ce choix vu les pertes qu'il a déjà infligé à nos rangs."
Satoru est déprimé. Plus de sourires, plus de blagues.
Il utilise la Limitless de façon continue depuis plusieurs jours pour me protéger et commence à en sentir les effets sur son corps.
"Je veux que tu ailles à l'école d'exorcisme de Tokyô un certain temps." me dit-il un matin.
"Pour... quoi ? Satoru, qu'est-ce qui se passe ?" froncée.
"Ne discute pas, prépare tes affaires. Je t'y amène sans tarder."
"Me crains-tu à ce point, Satoru ?..."
Je... ne suis pas la seule à avoir entendu cette voix, n'est-ce pas ?...
"Satoru... qu'est-ce qui se passe ?!" le dardant d'un regard dur.
Il baisse la tête. "Je te l'expliquerai en chemin." sentant déjà sa Limitless faiblir.
"Je vais te faire 'danser' comme jamais, Gojô Satoru !..." sur un rire dément.
Satoru est sombre. Je ne l'ai jamais vu ainsi. Pas un mot décroché de tout le trajet, statique, bras croisés, peinant à conserver tout le potentiel de la Limitless. Ce n'est qu'à l'approche des bâtiments qu'il se permet de souffler.
"J'ai... eu une confrontation avec patchface voilà trois jours. Cela ne s'est pas déroulé comme attendu. Geto est... intervenu. Il a exorcisé Mahito et, de fait, s'est garanti un accès auprès de toi."
Je hoquète de terreur. On ne rigole plus là !... Autant Mahito avait, en quelque sorte, des sentiments à mon égard, autant pseudo-Geto est une bête sanguinaire !...
"J'ai conservé la Limitless active autour de nous plusieurs jours mais je commence à fatiguer."
"Satoru..." caressant sa cuisse. "Merci."
"La colère m'a aveuglé... j'aurai dû laisser les choses telles que. En voulant y remédier, j'ai fait venir le pire sur nous." amer.
Nous sommes accueillis par l'ancien instructeur de Satoru : Masamichi Yaga.
"Qu'as-tu fait, Satoru ? Je t'ai déjà enseigné de ne pas agir sous le coup de la colère..."
Satoru a un geste las. Il peut enfin relâcher la Limitless, la maintenant à un niveau très inférieur.
"Tu viens d'offrir un pion de choix à notre adversaire. Un adversaire qui connaît tes techniques, de surcroît. Satoru, tu as manqué du plus élémentaire principe de précaution."
"Inutile de le charger davantage." dis-je.
"Je fais simplement la leçon à mon élève, jeune fille." réplique Yaga.
"Il nous reste un pion à jouer." amène Satoru. "Je demeure persuadé que l'âme de Suguru dérive quelque part. A nous d'en découvrir l'endroit et la faire réintégrer son corps."
"Comme si l'opération ne comportait aucun risque, Satoru."
"C'est toujours mieux que demeurer ici les bras croisés." agacé.
"Bien. Je vais enquêter." se levant.
"J'ai peur, Satoru..."
"Il ne faut pas, ici tu ne crains rien." cherchant ma tête pour l'appuyer contre son épaule, main tenant la mienne.
Je cesse mon pas. "C'est à l'intérieur même de cette barrière, prétendue impénétrable, que Toji t'a assassiné jadis suite au défaut de la Limitless. Les conditions sont exactement les mê..."
"ARRÊTE !" froncé, se tournant vers moi, crispant ses doigts sur mes bras. "Il ne t'arrivera rien. J'ai foi en Suguru. Je sais qu'il est là, quelque part."
"Tu m'as... dit qu'il ne reviendrait jamais... était-ce un mensonge, Satoru ?"
"La situation l'exige. Nous n'avons plus le temps de tergiverser maintenant." me presse l'exorciste.
"S'il revient..." effrayée.
"Tu n'as rien à craindre de Suguru, je puis te l'assurer."
"Et de toi ?..."
Satoru se laisse choir sur la banquette.
"Dure journée, Satoru ?" le questionne pseudo-Geto, installé à l'opposé de la pièce.
L'exorciste se ressaisit aussitôt.
"J'ai hésité, vois-tu... entre te laisser t'épuiser ou m'en prendre directement à l'âme que tu chéris."
"Tu n'as pas encore gagné !" dans un sursaut d'orgueil.
"J'ai pourtant obtenu un très beau point et effectué une belle percée."
"Tu n'as remporté qu'une manche. Il est bien trop tôt pour crier victoire."
"Ton petit plan avec Masamichi ne fonctionnera pas. J'y veillerai."
Une fois pseudo-Geto disparu, Satoru relâche la pression, passant une main lasse sur son visage. "Suguru... dis-moi que c'est... un cauchemar... j'ai vraiment... besoin de toi, là..."
Je fais lentement coulisser la porte de la pièce qui donne sur le corps de Satoru, allongé.
Je m'invite à l'intérieur, refermant derrière moi, m'avançant pour m'étendre à ses côté, dans son dos, passant une main sur son bras, caressante.
"Satoru..."
Je le sens frémir.
"Please..."
Il s'y refuse.
"I need you right now."
"Je ne suis qu'un con !..."
"Hey, stop, Sat'." le forçant à se retourner.
Il finit par basculer sur le dos et je peux me hisser sur son torse.
"C'est maintenant que nous avons besoin des bras de l'un et de l'autre, tu ne crois pas ?..." caressant les jolis cheveux clairs.
"J'ai merdé. Salement, je veux dire. Et tout ça pour quoi ? Parce que je ne supportais pas l'idée de..."
"Shh." barrant ses lèvres de l'index. "Arrête. T'autoflageler ne nous avancera à rien. Il faut... que nous soyons là l'un pour l'autre."
"Si tu savais comme je regrette... comme patchface me paraît un moindre mal, à présent..."
"Hey. On va s'en sortir, OK ?" rassemblant ses mains pour les embrasser.
"Tu es... bien gentille de me faire encore confiance après ça..."
"Gentille, non. Lucide plutôt." caressant son épaule, souriante.
"Cette fille t'est précieuse, Satoru."
Petit sourire de l'intéressé. "Cela... se voit donc tant que ça ?..."
Yaga lui rend son sourire. "Quand on te connaît un peu..."
"J'espère que Suguru va se secouer les puces."
"Vous avez toujours eu un lien très fort. Vous m'en faisiez voir de toutes les couleurs, lui un peu moins que toi."
"L'adolescence est une période compliquée."
"Surtout lorsqu'on deale avec les pouvoirs conférés par l'exorcisme. A votre niveau, ce n'était déjà plus anodin."
"Yaga, j'espère vraiment que Suguru va réagir. Il demeure notre ultime chance face à ce monstre."
"Je veux bien te croire... il a été capable de franchir la barrière qui entoure le lycée les mains dans les poches. Nous sommes vraiment une proie facile, Satoru."
"Je pourrai presque me réjouir de la vue... si ce bon vieux Suguru ne me soufflait pas de détourner le regard étant donné que... tu appartiens à son ami de toujours. Ces voix... quel agacement !..." les chassant telles des mouches.
"Tu fais ce que toi-même tu reprochais à Mahito !" me couvrant prestement.
Il croise les jambes. Vache ! Physiquement Suguru adulte est un enchantement pour les sens... si ce n'est la bête qui se terre en lui et qui me provoque quelques suées froides.
"Si Satoru te trouve ici..."
Pseudo-Geto se penche en avant. "Je sais très exactement quand Satoru utilise ou désactive la Limitless. C'est une technique qui, malgré l'atout indéniable du sixième œil, consomme une grande quantité d'énergie. N'importe quel exorciste un peu doué pourrait s'en apercevoir."
Il est redoutable. Bien plus que tout ce que j'aurai pu imaginer.
"Déguerpis."
"Il va falloir te montrer plus convaincante, jeune fille !..." se levant pour me faire face. "J'ai promis de faire danser Gojô Satoru et, pour ce faire, tu vas te montrer des plus utiles."
Il glisse une main sur le haut de mon crâne, se saisissant de plusieurs mèches pour y tirer.
Je pince les yeux. Sa poigne... est telle qu'il est capable de m'emporter toute la tête !... Mais soudain son visage se crispe et ses doigts relâchent un à un.
"Quelle plaie..." soupire-t-il face à Suguru qui vient de prendre le contrôle.
"Ton plan semble encore manquer d'une certaine finesse, semble-t-il." affichais-je.
"Ne triomphe pas. Il s'agit d'une simple mise au point." disparaissant.
Je souffle de soulagement, m'affaissant sur le lit, me damnant de représenter une telle prise pour ce fou, me questionnant au sujet de Suguru. N'avait-il pas déjà dévié avant même d'être possédé ?... N'a-t-il pas juré la perte de tous les non-exorcistes ?... N'avait-il pas eu des idées extrêmes ?...
Sa présence, qu'il sait faire fort discrète lorsqu'il le souhaite, ne m'a pas immédiatement sauté aux yeux.
Jusqu'à mon passage à proximité de la morgue dans laquelle œuvre Shoko Ieiri, l'exorciste tournée légiste, qui a fait ses classes avec Satoru, Nanami et Suguru.
Là, même de dos, la silhouette et l'aura ne pouvaient me tromper.
Il est en train de charger des corps. Je me recule. Il note immédiatement ma présence et m'adresse un geste poli avant de s'éloigner prestement avec le chariot chargé pour placer les corps dans le véhicule mortuaire, à l'intérieur du caisson prévu à cet effet.
Je l'aborde lorsqu'il referme le coffre.
"Tu officies à Tokyô, à présent ?" sans agressivité.
"L'air saturé de la capitale tokyoïte me manquait, my Lady. Hihihi !"
Même de dos, la vue de sa silhouette me remue.
"Je suppose que l'école d'exorcisme n'a pas été un choix délibéré ?..."
Il se tourne enfin vers moi, souriant. "En effet." ne s'en cachant pas. "Mais je ne suis pas ici pour te dicter ta conduite, simplement... me rappeler à ton bon souvenir et garder un œil bienveillant sur toi."
Nous nous regardons en silence, appréciant la vue et tout ce qui la compose.
"J'ai cru comprendre ce qui te retenait ici... même si je n'ai pas encore eu l'honneur d'être officiellement présenté. Il faut dire qu'on ne l'approche guère aisément." évoquant Satoru. "Peut-être ne le serais-je jamais, note, compte tenu de mon statut de travailleur de l'ombre. Hihi !"
Il ne manifeste aucune hostilité, demeurant franc de bout en bout.
"Satoru traverse une période de grand stress en ce moment... la conséquence de décisions pour le moins malheureuses." faisant référence aux événements récents.
"La fougue de la jeunesse, hihihi. Il apprendra à s'en méfier en prenant de l'âge." ouvrant une petite boîte pour m'offrir une dragée. "Quoi qu'il en soit, si tu te trouves dans une position inconfortable, tu peux toujours compter sur ma présence." penchant adorablement la tête sur le côté.
"Disons que... celui qui m'a prise pour cible... n'est pas un enfant de chœur... loin de là."
"Le crains-tu ? T'a-t-il menacé ?..."
"Plus ou moins, oui. Où tiens-tu boutique ?"
"Oh !..." tirant une jolie carte de visite de sa veste en me la tendant de la façon la plus courtoise qui soit : tenue des deux mains, haut du corps penché en avant. "Ma porte te sera toujours ouverte, my Lady." se dirigeant jusqu'à la portière du véhicule. "Oh et... pour ce qui est de l'âme qui fait défaut, je saurai où la trouver et lui rendre sa noblesse d'origine."
"Sat'..." m'installant à ses côtés, glissant la main dans les mèches claires. "Nous pouvons sortir, à présent."
Il cligne. "Aurais-tu... perdu l'esprit ?..."
Je triture la bague offerte par Undertaker. "Il est là. Et il veillera sur nous."
Satoru avise le geste, revenant prestement à mon regard. "Je... tu n'as pas l'air de comprendre..."
"Je t'assure qu'il n'y a plus aucun risque, même hors de la barrière."
"Rachel..." prenant sur lui pour ne pas me secouer trop durement. "Il s'agit de..."
"Oui, je sais. Mais celui qui nous assure sa protection demeure plus puissant encore."
Satoru se frotte le visage, incrédule. "Tu as... perdu l'esprit."
"Il s'agit d'un dieu de la mort, Satoru. Déserteur, certes, mais qui a conservé toutes ses facultés."
Satoru ouvre la bouche sans proférer le moindre mot.
"Il m'a promis de s'occuper de l'âme de Suguru. Nous pouvons lui faire confiance." cherchant la main crispée de l'exorciste.
"Je... n'aime pas du tout la tournure des événements."
"Pourquoi ? Parce qu'elle t'échappe ?..."
Il fronce. La salve va être violente. "Ce type... même bâti de bonnes intentions n'est pas habilité."
Je ris, me relevant. "Tu réagis précisément comme les supérieurs qui te font horreur, Satoru."
Nouveau soupir. "Je... n'ai pas d'autre choix que de lui faire confiance, si j'ai bien compris."
"Hmm mmm. Et tu ne le regretteras pas."
