Tiens, tiens, tiens... petit retour XD


Chapitre 306 : Memories that didn't exist

Aiacos se laissa choir à côté de Minos, sur le canapé cosy. Il avisa son acolyte avec un sourire particulièrement vicelard et narquois.

"Tu ne m'attendras pas pour souper, Nos. Je serai en train de satisfaire d'autres appétits."

Minos haussa son sourcil fin. "Encore tes sites de rencontres ?"

La perche qu'Aiacos attendait !

"Les larves ont pour habitude de dire que c'est dans les vieux fonds qu'on fait les meilleures soupes."

Minos n'eut pas besoin de davantage de métaphores. Il bougonna en norvégien tout sauf distingué et replongea dans la lecture de son magazine. Mais il en fallait bien plus pour faire lâcher une aussi belle opportunité à Garuda !...

"On dirait bien que ton charme a vacillé, Minos."

"Fiche-moi la paix, Cos." grogné.

Le sourire d'Aiacos s'allongea. "Quel effet cela fait-il de se retrouver sur le banc de touche, uh ?"

Minos savait que son frère n'allait pas le lâcher avant d'obtenir querelle et savourer un triomphe.

"Tu le sauras dans peu de temps, Garuda, l'effet que cela procure. Et je me demande bien sur quelle épaule tu iras t'épancher..." penchant soudain du côté de l'oreille de son frère. "Si je puis te livrer un conseil avisé : évite celle de Béhémoth."

"Souhaites-tu que je t'enseigne de quelle façon entretenir la flamme, Griffon ?" y allant toujours dans la même provocation.

"Inutile, Cos. Je puis néanmoins t'assurer de ma présence lorsque tu te seras brisé les ailes. Je serai hautement satisfait en te voyant te lamenter sur ton sort et ravaler ton orgueil de rapace, tout ceci pour une petite dinde écervelée."

"Parlant de soupe, il me semble que tu craches dans la mienne, non ?"

"Si je pouvais te verser tout le contenu de l'assiette sur la tête, je serai à la fête, mon bon vieux Cos."

"La défaite te rend bien amer, cher Griffon."

"C'est toi qui as choisi de venir me voler dans les plumes."

"J'espérais un duel de haut vol. Au lieu de cela je me vois la cible de bien faibles attaques. Tu vieillis, mon frère. Voilà pourquoi elle te délaisse. Tu ne possèdes plus la fougue et la hargne d'autrefois. Cela ne m'étonne guère, dès lors, qu'elle vienne chercher chez moi ce qui te fait défaut."

"Je vais prendre un plaisir à te voir te casser le bec tantôt. Ton triomphe ne sera alors plus qu'un mouchoir roulé dans une poche. Ton orgueil ? Envolé, Garuda. Pshh !" avec le geste.

"Peut-être, Minos. Quoi qu'il en soit, ce soir, c'est moi qui passe à table et ce sera un festin de roi." affichant un sourire cruel. "Je te souhaite une très bonne soirée en compagnie du canapé et de tes lectures." penché vers l'intéressé.

Minos ne pouvait empêcher sa mâchoire de crisper. "Le canapé, au moins, m'est fidèle, lui."


Je le débarrasse à l'entrée et il s'installe sur le canapé. Je l'y rejoins, proposant quelques verrines et autres amuse-bouches.

Il savoure les mets raffinés - son palais est fortement habitué au côté relevé des plats népalais - jugeant cependant que cela manque d'épices.

"J'ai fait la misère à Griffon avant de venir." m'avoue-t-il.

"Roooh ! Pas bien, ça, Garuda !..." rieuse, basculée contre l'accoudoir, laissant ma main glisser le long de son bras, faisant volontairement traîner le geste qui se fait caressant.

"Il a évidemment eu bien du mal à admettre sa cuisante défaite."

"Minos et moi, nous nous sommes trop aimés."

Il monte une jambe sur l'assise, posant une verrine vide sur le plateau. "Alors vous avez choisi de vous entredéchirer ?"

"Nous préférons nous éviter."

"Je vois." amusé. "Quoi qu'il en soit, c'est toujours un régal de titiller son orgueil blessé." avec une certaine affection dans la voix.

"Le roi des cieux est suffisamment cruel pour cela, oui." déchaussant, conduisant mon pied jusqu'à sa cuisse.

Il l'attrape et le glisse jusqu'à son entrejambe, lâchant un soupir pour le moins prononcé. "Tu sais pourtant que je ne souffre d'aucun chemin détourné." croquant une chips tout en maintenant la pression sur mon pied.

Nos regards sont explicites mais nous tenons malgré tout encore la distance.

"Alors, dis-moi, Lév', puisque je figure au menu, de quelle façon souhaites-tu nous voir sombrer ce soir ?"

"Si je te disais tout, ce ne serait plus du jeu, Garuda." coquine, croquant dans un pickle.

"Tu me laisses crépiter ?... Certes habile mais dangereux."

"Je prends le risque."


"My Lady." lors d'une de ses visites à la morgue.

"My King."

Il embrasse délicatement le dos de ma main.

"J'ai de bonnes nouvelles."

"Vraiment ?" souriante.

"Je suis parvenu à localiser l'âme de Suguru Geto."

"Ah !..."

"Elle est scellée."

Mon sourire tombe.

"Je suis malgré tout parvenu à entrer en contact."

"Et ?"

"Il m'a beaucoup parlé de son ami. Il hésite à revenir du fait qu'ils sont à présent opposés d'idées. Il redoute une nouvelle confrontation ; la dernière lui ayant coûté la vie. Par contre, je l'ai senti très campé sur ses convictions."

"Je parlerai à Satoru. Merci, Undy." attrapant ses deux mains.

"Il a l'air impliqué mais un peu buté." évoquant Satoru.

"Cela fait un moment qu'il n'obéit plus aux injonctions de ses supérieurs." avec un petit sourire.

"Sur ce point, on ne peut que le féliciter."


Je glisse lentement les doigts entre ceux de Satoru, lui adressant un sourire doux avant d'avancer d'un pas pour quitter la barrière.

Il me suit, un peu hésitant. "Tu es certaine ?..."

"Oui. Viens."

J'avise les environs. Rien ne se passe.

"There."

Je sens mon compagnon un peu plus rassuré.

Nous progressons jusqu'au bout de la rue.

"Tu as... revu ton contact ?"

"Oui. En début d'après-midi."

"Et ?"

"Cela progresse apparemment. Mais l'âme de Suguru manifeste quelques réticences pour réintégrer son corps. Notamment le fait que vous soyez désormais frères ennemis."

Satoru pose son dos contre un mur, pensif. "Il y a un tel passif entre nous..."

"Il ne manifeste, en revanche, aucun repentir par rapport à ses actions et ses convictions."

"Bien sûr. Comment le pourrait-il ?... Il s'est engagé sur cette voie avant même d'être possédé."


Pseudo-Geto a le visage défait par la rage. Il brise ainsi plusieurs objets et déchire un pan de son vêtement, hurlant comme un damné, crâne serré entre ses mains crispées !

La carte folle, il ne l'a pas vue venir ! Ce... maudit shinigami qui trafique les lanternes cinématiques et menace son plan qui vient tout juste d'aboutir !

Avec un tel atout dans les parages, il doit redoubler de prudence !...

Son poing défonce une cloison.

"Espèce de petite..." en rage après moi.

Il lui reste néanmoins un dernier joker à jouer ! Et pas des moindres : Suguru lui-même !


Une âme, si elle a conservé ses contours, est toujours capable de restituer un corps. Et c'est pseudo-Geto qui offre à nouveau un corps à Suguru.

Le rictus de pseudo-Geto se fait cruel. "Monkey." faisant apparaître un fléau exorcisé, le présentant devant les lèvres crispées de Suguru dont il maintient les cheveux défaits au niveau de la nuque dans une prise ferme et sans concession. "Allons. Ce n'est pas comme c'était la première fois, monkey."

C'est ici que pseudo-Geto commit sa plus grossière erreur tactique en faisant ingérer à Suguru la forme exorcisée de Mahito.


"Que se passe-t-il lorsqu'un maître des fléaux périt ?..."

"Tu veux parler du sort des fléaux qu'il contrôle ?"

"Oui." caressant la jolie chevelure blonde tirant vers le blanc.

"Je n'en ai absolument aucune idée." sombre.

Je vois.


Il me laisse m'installer à la table de cet humble restaurant de rue. Les rendez-vous avec pseudo-Geto ne tiennent jamais de l'anodin !...

Il nappe un dessert de chocolat chaud - le faisant curieusement ressembler à un fléau exorcisé - dans un geste maîtrisé.

"Souhaites-tu savoir à quel moment Suguru a basculé ?"

Je hausse les épaules.

"Lorsqu'il est venu en aide à deux enfants dotées de capacités surnaturelles que les habitants d'un village voulaient éliminer. Au final, c'est le village entier qui a été décimé."

"Si l'on suit sa propre conviction, cela se justifie." laconique.

Il me regarde, sourire s'ouvrant sur des canines ajustées. "Combien de temps penses-tu pouvoir encore tenir ton côté sombre en bride, dis-moi."

Je l'avise avec le même sourire, sans me laisser démonter.

"Tu as déjà fait un pas dans notre direction lorsque tu t'es laissée approchée par Mahito."

"Je pense qu'un être comme toi ne peut pas saisir."

"Oh, détrompe-toi. Même Gojô Satoru possède un côté sombre qui n'est pas pour te déplaire."

"Moi, le linéaire..." imitant un bâillement d'ennui.

"Celui dont tu t'es servi pour m'atteindre m'a surpris, je me dois de l'avouer. Je ne m'attendais pas à pareille carte lors de la battue. Ceci dit... je me suis assuré de conserver mon avance sur votre jeu, à Satoru et toi." sur un petit sourire explicite.

Évidemment il n'abattra pas ses cartes.

"Eh bien on peut dire que la partie promet d'être serrée..." régalée. "Je ne m'étais plus amusée de la sorte depuis un moment, Geto."

"Les jeux sont faits."


Je me défais, passant la chemise de nuit pour le moins légère et transparente, lorsqu'il m'apparaît dans un coin de la pièce.

OK. Wow ! Canon, comme à son ordinaire et, fait inusuel, sans aucune suture sur le front.

"Su... guru ?..."

Il m'avise, entouré de mystère.

Je penche la tête, m'approchant lentement.

Il a un petit sourire triste avant de s'évaporer dans une volute sombre.


"Il..." serrant le poing, mâchoire crispée.

Je pose la main sur le poing de Satoru. "Hey..."

"Il se sert de lui, j'en suis certain. Ce démon n'a définitivement aucun principe."

"Nous possédons un allié de taille et il le sait bien."

Satoru serra sa tête entre les paumes, tout le poids pesant sur ses épaules.


Suguru se tient le ventre, en proie à des nausées terrifiantes. Quelque chose, au fond de ses entrailles, remue depuis notre entrevue. Et il sait trop bien de qui il s'agit...

"Que... cherches-tu... à me faire comprendre ?..." s'adressant directement au fléau, vivace bien qu'exorcisé par pseudo-Geto.

Suguru manque la chaise, s'affaissant contre le mur pour s'y laisser glisser d'une épaule.

"Arrête... c'est... insupp... ortable..." manquant de le vomir.

Ne rien révéler à pseudo-Geto... sous aucun prétexte !...

"Nous devons... coopérer... te rebeller... ne fera que nous... exposer et nous desservir." ravalant une bonne rasade de salive.

Mahito se calme peu à peu, finissant par se 'rendormir'.

Pseudo-Geto attrape Suguru par l'arrière des cheveux, au niveau de la nuque - il s'agit de sa prise usuelle.

"Salue ma victoire, monkey. Évidemment, je t'éliminerai, toi et le fléau que tu contiens, une fois votre mission accomplie." sur un sourire sadique.

Mahito remue, provoquant une crampe terrible à Suguru qui déglutit, paupières papillonnant sous la douleur intense, se forçant à conserver connaissance.


Suguru tombe dans les bras ouverts de Satoru, traits tirés.

"Suguru !" horrifié.

Le concerné agriffe la tenue de Satoru, lui adressant un regard suppliant.

"Suguru ! Que..."

"Sauve-nous, Satoru..." soufflé dans ses ultimes forces avant de disparaître.

Satoru cligne. "Merde !" crispant les poings, jurant sur sa propre incapacité d'action.


Pseudo-Geto s'amuse comme un petit fou de nos faiblesses !...

La brèche ouverte, il s'y engouffre, faisant saigner nos cœurs.

Les termes de Satoru à son égard se font chaque jour plus durs.

Chaque nouvelle apparition de Suguru fait prendre conscience à Satoru de la présence d'un fléau exorcisé tapi au fond de ses entrailles.

Aussi, la mesure prise est radicale : il frappe d'un grand coup l'estomac de Suguru et ce dernier recrache le fléau exorcisé.

Suguru s'effondre.

Satoru avise le fléau, roulé en boule, sombre, qui gît sur le sol, au milieu des fluides organiques digestifs.

"Give it back." grogne pseudo-Geto, apparaissant devant Satoru.

"Crève !" lançant son attaque Hollow Purple qui éventre une partie du bâtiment.

Sur un cri de rage, peudo-Geto est englouti dans la violence de l'attaque.


Satoru sourit à Suguru, allongé dans le lit, douillettement bordé d'oreillers.

"Hey..." s'installant à son chevet.

Faible sourire de Suguru avant de tourner le regard vers la fenêtre.

"Je n'ai pas changé... Satoru."

Les paroles frappent Satoru en plein.

"Je ne veux pas... te perdre une seconde fois, Suguru."

Suguru éponge son front. "J'ai l'impression de... mourir de l'intérieur."

Satoru crispe la mâchoire. Il sait ce que son ami d'antan réclame ; sa nourriture devenue quotidienne de fléaux exorcisés.

Mais l'exorciste s'y refuse obstinément. Il est évident que l'addiction dont souffre Suguru ne doit pas être prise à la légère.

"Tu vas guérir. Tu vas pouvoir t'en passer. J'ai foi en toi, Suguru." lui assure-t-il.

Suguru pose le regard sur le blond. "Tu n'as plus eu besoin de moi... tu n'as plus eu besoin de quiconque, Satoru..."

"Suguru..." attrapant sa main pour en baiser le dos, fervent.

All odds against us, this life is a battleground

Blessing the curse

Will you live in darkness or fight the heartless?

Down in the gutter, my senses start failing now

Through all the clutter, I'll find you because I know

No matter what we're together, remember

To hell and back

We're starting over from the heart

(Don't look down, keep looking up)

No one can stop us anymore

Nothing could ever brеak our will

To hell and back

We'll fight and nevеr fall apart

(Don't look down, keep looking up)

To all my brothers and my sisters

In arms rise

This is our time

The moment we've waited for

This is our time to call the storm

This is the time we've waited for

This is the time to let them know

We're here to stay indefinite

We're here to stay to defend

It's not right or wrong

Here in this war, nobody wins in the end

We fight to breathe for another day

It's not right or wrong

Here in this war, we're gonna find in the end

The will to survive, fear to die, comes the same

Senses started failing but I know

You will be there if I let go

No matter what we said, we'd be together

So promise me you'll always remember

Always remember(*)


Sous l'analyse de Shoko, Mahito révèle son identité, information aussitôt relayée à Satoru.

L'exorciste demeure dubitatif sur le sort du fléau.

"Tu me poses vraiment un souci d'éthique, patchface." ronchonné. "Je veux bien te rendre ta forme, à condition que ce soit celle d'origine."

Mahito frémit pour toute réponse.

"Oh, et ce n'est en aucun cas négociable." lui inflige l'exorciste.


Je prends place au chevet de Suguru après avoir arrangé la composition florale près de la fenêtre, posant les yeux sur son profil parfait.

"J'ai... longtemps redouté ce moment où tu réapparaîtrais. Compte tenu des ravages que tu as produit dans le cœur de Satoru."

Il tourne la tête vers moi sur un sourire presque triste.

Je suis bien partie pour monologuer.

"Je vais te dire les choses sans filtre, Suguru : tu es... splendide. Un de ces êtes solaires comme il en existe peu."

Il fixe un endroit de la pièce, comme embarrassé par mes propos.

"Qu'importe le chemin que tu as choisi d'emprunter. Tu demeures à une place de choix dans le cœur de Satoru du fait de votre passif."

Il laisse passer les mots, fermant les paupières par instant, donnant sur une rangée de cils d'une longueur époustouflante.

"Je me suis souvent imaginée te toucher... comme ceci..." glissant les doigts dans la crinière sombre et disciplinée.

Le geste le souffle.

"Tu as toujours fait partie de notre couple, Suguru."


Je m'installe aux côtés de Suguru qui prend le soleil de fin de journée, assis sur le bord de la coursive du jardin intérieur.

"Satoru a changé. Quoi que tu en dises." sur un petit sourire. "Il a admis un certain temps ta relation interdite avec le fléau Mahito."

"Je ne lui ai pas laissé le choix."

"Les choses ont changé, Rachel." admirant le jeu des rayons dans la mare végétale, pliant un genou pour y poser son avant-bras. "Satoru a fléchi. Il a admis que le monde était composé de nuances et pas seulement de noir et de blanc."

J'ai toujours su que Suguru était magnifique. L'avoir à présent à côté de moi ne fait que renforcer l'impression.

Besoin de le toucher, glissant une nouvelle fois les doigts dans ses cheveux, n'y mettant aucune hostilité, bien au contraire.

"Bon retour parmi nous, Suguru."


"Électron libre."

"Pardon ?" m'interroge Satoru.

"Suguru est devenu incataloguable. Pas totalement exorciste, pas tout à fait maître fléaux."

"Décidément !..." rit Satoru. "Les temps changent."

Je me glisse entre ses bras, lui faisant poser les paumes sur mes fesses soulignées par la jupette sombre que je porte.

"Et... il me plaît." à son oreille.

Il tressaille. "So unexpected." sourit à mon oreille, comme une évidence.

"Ça... pose problème ?..." mains venant caresser son torse.

"A toi de me le dire." posé.


"Je n'ai jamais voulu... ce qui s'est passé, Satoru. Mais je dois dire... que je ne me suis jamais grandement amusé dans mon job d'exorciste. Encore moins lorsque je suis passé dans ton ombre. Tu es... écrasant, Satoru." à l'oreille de son ami, renouant avec un geste de jadis.

"J'ai... pourtant essayé de me mettre à niveau, Suguru. Je t'assure."

Petit sourire en face. "De te rabaisser à notre niveau, Satoru ?... Quelque part, mon art t'a toujours fait horreur."

Satoru baisse la tête, jouant avec une pierre du bout du pied.

"Aujourd'hui, tu es tout simplement plus solide pour ne pas le nier." sur un sourire triste. "Avons-nous encore quelque chose à attendre l'un de l'autre, Satoru ?"

"Je souhaiterai que tes mots ne me touchent pas autant... Suguru."

"La tâche a été aisée pour toi, Satoru : tu es pour cela. Je n'ai pas eu le courage de te confronter à l'époque... parce que tu étais... celui à qui je tenais le plus au monde... mon... âme sœur. Je l'ai longtemps cru."

"Ça a été le cas !" colère pointant.

"Aujourd'hui tu t'es construit sans moi, Satoru. Et c'est très bien ainsi."

"Je ne t'ai pas vu sombrer, Suguru !..." crispant la mâchoire. "Et ça... je ne me le pardonnerai jamais."

"Qu'aurais-tu voulu y faire, Satoru ? La machine était en marche."

"J'aurai pu..."

Petit sourire triste de Suguru, volant toute parole à Satoru. "... m'exorciser ?..."

Satoru renifle. Tous les arguments sont recevables et pas un ne manque.

"J'ai démonté ton petit monde, Satoru. Parce que je me suis livré à la pire abomination à tes yeux. Jamais tu n'aurais pu comprendre... ce qu'ingérer un fléau exorcisé représente, le goût particulier que cela a... comme avaler un vêtement imprégné de vomissures. La première tentative m'avait d'avance condamné."

"Hey. T'as fait ton choix. Et ce fut le mauvais." redevenant sévère.

Suguru secoua la tête. "Tu n'écoutes à nouveau plus, Satoru."

"Ouais. Assez." se relevant. "Si tu veux chialer sur le passé, libre à toi. Aujourd'hui s'offre une nouvelle chance pour toi, essaye de ne pas la gâcher, OK ?"


(*) "Remember" by Masato (coldrain)