Chapitre 317 : The curse of love
Satoru a le nez dans un bouquin.
"Bonjour." appuyant une bise sur sa joue.
Il demeure statique, fermé.
"OK." allant me préparer quelque chose de chaud dans la cuisine.
"J'ose au moins espérer qu'il aura le triomphe modeste."
C'est rauque. Presque grogné.
"Sat'. Tu ignores par où il est passé..."
"Ça n'excuse rien."
OK. Buté.
"Tu veux un thé ? Café ?"
Il quitte sa lecture et s'installe assis, envisageant ma silhouette qui s'affaire dans la cuisine ouverte. L'envie est forte. Très forte. Trop forte.
"Bon." me propulsant, d'une salve d'énergie, contre un meuble, m'immobilisant.
"SAT' !" surprise et choquée.
Il se lève, main dans la poche tandis que l'autre exprime clairement une attaque lancée ; index et majeur joints.
"Je vais être clair : je ne compte pas continuer comme ça."
Il est ramassé. La rage vient d'éclater dans tous ses organes.
"J'ai déjà demandé mais je vais m'y reprendre : qu'est-ce qui te fascine autant chez Suguru ? Sa descente aux enfers ?" s'approchant, pas assuré.
Impossible de me défaire de cette pression que son énergie débridée imprime sur mon corps.
"ARRÊTE DE DÉCONNER, GOJÔ !" aboyé, blanc des yeux injecté.
"Je... déconne ? Ha ! N'inverse pas les rôles, je te prie." proche, arrêté devant moi.
Je peux percevoir toute la puissance et la colère du prof. Ma mâchoire crispe.
Ça va se jouer serrer.
"Ben alors ? Fâche-toi. Libère-toi." me provoque-t-il.
"ESPÈCE DE... !"
Son sourire s'affine. "Fous-moi une baffe, vas-y."
Impossible d'arracher mes membres à l'emprise qu'il exerce.
Je le fixe. "Tu es en train de... faire quelque chose que tu viendras à regretter."
"Mes regrets ne regardent que moi. Je te traite de la façon dont tu mérites."
Il est arrivé à Undertaker d'user de propos blessants à mon égard mais jamais il ne s'est permis de lever la main sur moi.
Satoru me punit par le dédain associé à l'action.
Il s'approche du canapé, y récupérant sa veste. "Tu vas demeurer un moment dans cette position qui va, je l'espère, te permettre de méditer sur ton acte."
"TOI ! TU RESTES ICI, TU ME LIBÈRES ET ON EN DISCUTE CALMEMENT."
"Je ne pense pas." s'installant pour enfiler ses baskets montantes avant de ciller. "Tiens, tiens... mais qui voilà ?..." avisant ce qui est en train de s'immiscer sous le seuil de la porte.
"Montre-toi."
La porte s'ouvre brusquement et il apparaît.
Satoru se lève pour l'opposition.
"SUGURU !"
"Libère-la. Tout de suite. Satoru."
Le sourcil blond hausse. Il finit par éclater de rire. "L'intervention du prince pour défier le dragon et sauver la demoiselle en détresse du donjon qui la retient prisonnière, c'est ça que tu es venu jouer, Suguru ?"
"Je trouve que tu vas trop loin, Satoru."
"Et à qui devons-nous cet égarement, rappelle-moi ?"
"Tu réagis comme un enfant. C'est regrettable."
"Tes leçons, tu peux te les garder, Suguru.
"Rachel ne t'appartient pas."
"Ça te va bien de dire ça. Regarde !" s'écartant pour laisser champ libre dans le couloir. "Elle est... littéralement souillée par tes impuretés !"
"C'en est assez. Libère-la immédiatement, Satoru."
"Peut-être. Si tu le demandes poliment." abaissant son bandeau d'un œil, perçant.
"Je ne t'ai jamais craint, Gojô Satoru. Ce n'est pas aujourd'hui que ça va commencer." poussant Satoru sur le côté pour entrer.
"Où est-ce que... tu te crois ?!" acculant Suguru contre le mur, d'une salve tout aussi puissante, le traînant le long du mur, renversant quelques meubles au passage.
"SUGURU !"
Le maître des fléaux libéra quelques précieux spécimens de son imposante collection.
"Ridicule." les balayant d'un revers d'énergie. "Trouve mieux."
"Celui-là devrait t'occuper un moment." faisant surgir un géant dans le dos de l'exorciste.
Las... la colère décuplait la puissance déjà écrasante de Satoru.
"Humpf. Dire qu'on te surclasse S..." méprisant à souhait.
"T'AS PERDU LA TÊTE, MA PAROLE ?!" s'écrit soudain une voix familière.
"Reste en dehors de ça, Megumi."
"Mais... BORDEL !" faisant appel à son arcane la plus sauvage.
"Je t'ai dit de..."
Suguru vient de se jeter sur Satoru, déchaîné.
Ce dernier en rit. "Même si vous vous y mettiez à dix... vous ne seriez pas de taille !" le repoussant et l'immobilisant au plafond.
Suguru, malgré le fait qu'il soit sonné par la manœuvre, détecte quelque chose d'anormal qui émet des ondes maléfiques depuis le salon.
Son regard se porte sur Megumi. "FUSHIGURO ! LE BOUQUIN !"
Megumi, vif, esquive Satoru et détruit l'ouvrage intitulé "Cloud Giant".
Les regards se fixent sur Satoru qui secoue la tête, comme ramené à lui-même.
Les énergies relâchent et libèrent à la fois Suguru et moi-même.
"Revenu à toi ?"
"Euh... qu'est-ce qui s'est passé ?..."
"Un sort d'envoûtement." pose Suguru.
"Qui t'a fait salement péter les plombs." renchérit Megumi.
J'apparais dans le couloir, un peu sonnée.
"Ra... chel ?"
"Je préfère... ne pas t'avoir comme ennemi... Satoru."
Suguru me soutient mais lui-même vacille.
"Hey !..." nous soutenant tous les deux.
Suguru le repousse d'un geste sec. "Ne t'en approche pas !..."
"Suguru... arrête, c'est bon."
Satoru nous fixe, incrédule.
"Purée, on peut dire que tu nous as mis une sacrée raclée..." déclare Megumi, frottant sa nuque endolorie. "Comment t'as pu te laisser avoir ? Ton œil n'est pas censé voir ces trucs ?"
"Je... quelqu'un m'explique ?" complètement largué, ne se souvenant de rien.
"Tu as été possédé un court instant. Suffisamment pour faire quelques dégâts." déclare Suguru.
"Haha ! C'est une caméra cachée ou quoi ?"
"Ça ne me fait ni rire, ni sourire, Satoru."
"Oh làààà relaaaax !..." tâchant la décontraction.
"Si j'avais eu mon téléphone, je t'aurai filmé." soupire Megumi. "Ça valait le détour."
"Je ramène Rachel avec moi au temple."
Je m'en défais, souriante. "Ça va aller, Suguru, merci."
"Tu n'es pas sérieuse ? Rachel... tu as bien vu ce qui s'est passé ?!"
"C'était un accident, Suguru. N'insiste pas."
Des applaudissements. Mahito.
"TOI ?!" se retournant comme une flèche.
"Superbe, vraiment."
Megumi se met en garde.
"Je peux te dire que ta puissance mise hors de garde est... un régal pour les sens. Ceci dit, tu devrais te priver de lecture un certain temps." cynique.
Satoru se rue sur lui, téléportation.
"Voilà que ça recommence..." soupire Megumi.
La porte s'ouvre et se referme. Il soupire, posant son bandeau sur le meuble, avant de se déchausser. Percevoir ma présence le rassure.
"J'espère que tu lui as mis une trempe pour deux. Pardon, pour trois." depuis le salon.
"Je pense qu'il a eu son compte pour un moment." se relevant, apparaissant enfin dans l'encadrement de la porte du séjour, épaule posée, mains dans les poches. "Quoi que j'ai pu faire..."
"C'est bon, Satoru. Tu n'étais plus toi-même."
"Peut-être mais j'ai offert ma jalousie en tremplin à cette action."
"Viens." désireuse de le sentir proche, tendant la main.
Il sourit, venant s'installer à mes pieds, en bas du canapé.
Fidèle à ses habitudes, il vient glisser ma jambe sur son épaule, laissant le pied reposer sur sa cuisse solide.
Je glisse les doigts dans les mèches claires et il frotte sa joue contre l'intérieur de ma cuisse, s'en emparant d'une main, câlin.
"Je ne voulais pas... te faire peur."
"Tu es redoutable, en colère, Satoru."
Il lève le regard sur moi. Je l'embrasse lentement, laissant nos bouches se redécouvrir dans cette position inversée.
Sa langue vient lécher mon menton et il se fait plus dévorant, désir commençant à prendre le pas sur lui.
Je glisse les mains sous son haut, passant par le col en V. Mmm... à peine suant.
Mon pied bouge pour se placer là où il est attendu, voûte le caressant entier - il vient d'écarter les jambes, les tenant ouvertes.
Sa paume grimpe le long de ma cuisse, autre main venant en appui sur le pied coupable.
"Dis-moi... c'est quoi que je sens là ?..."
Petit rire. "L'effet que tu me fais ?..."
"Où est Megumi ?"
"Aucune idée, j'ai pas checké en arrivant..."
Sa bouche est joliment entrouverte.
"Attends..." cherchant son portable d'une main dans sa poche, textotant rapidement.
"Qu'est-ce que... tu lui as dit ?..." surprise.
"Qu'il n'a pas intérêt à rentrer tout de suite." sur un sourire de pur garnement, déposant le téléphone sur le tapis, retournant à ses occupations premières.
"Vilain !..." nous offrant un nouveau baiser renversant.
"Quoi ?... Il peut comprendre ça à son âge, non ?..."
J'avance l'autre pied, ambitieuse, glissant sur sa cuisse.
Son souffle est instantanément pris. "Tu es en train... de me rendre dingue..."
"Avec si peu ?... Vraiment ?..."
"Je ne t'ai pas fait mal ce matin ?..."
"Un moment j'ai eu très peur pour mes os."
"Je ne me le serai jamais pardonné..."
Je glisse les doigts le long de la jolie pomme, quittant la chaleur du sweat.
Me relevant, je prends place sur ses cuisses, bras refermés autour de sa nuque, souriante, rapprochant le bassin. C'est lui qui y imprime le contact, paumes passées sur mes fesses.
Agréablement tendu à l'avant !...
"Dis quelque chose."
"Quoi ? Que je t'aime ? Tu le sais, ça." plaçant le front sur mon épaule, laissant sa langue remonter le long de mon cou, geignant à la manœuvre. "Que je meurs d'envie de toi en ce moment même ?..."
"Par exemple..." souriante.
"Tu le sens, ça." explicite.
"Hmm mmm. D'ailleurs... nous pourrions en faire quelque chose, tu ne crois pas ?..." aspirant sa lèvre inférieure entre les deux miennes.
"Ce que... tu voudras..."
"Il va falloir m'aider un peu..."
Il porte un pantalon jogging, sans ouverture.
"OK." soulevant les fesses sans grande difficulté, pour que je tire tout vers moi.
"Si Megumi ne voit pas ton message ?..."
"T'inquiètes. Il est greffé à son écran." souriant, caressant mon visage alors que je l'extirpe.
"Oui mais s'ils sont au ciné ?..."
"Shh, hey. C'est bon je te dis." passant la paume sur ma bouche, la faisant lentement glisser vers le bas. "Embrasse-moi plutôt." m'attirant par la nuque.
Échanges croisés de regards à l'arrivée de Megumi, peu après nos ébats.
Petit sourire de l'adolescent. "Vous êtes marrants aussi, il caille dehors !..." nous taquinant gentiment.
"On a capté, Megumi."
Il se prépare une boisson chaude. "Vous aviez terminé, c'est l'essentiel." prenant la direction de sa chambre. "Bon. J'ai encore mes cours à bosser."
Regard complice à l'attention de mon partenaire, index posé sur mes lèvres, sourire espiègle. Sourire mutin en retour, même geste.
"T'as toutes tes affaires ?"
"Commence pas." grogne Megumi, montant les jambes, casque sur les oreilles. "Je déteste le décollage et tu le sais."
Petit rire de Satoru. "L'avion est énorme. On ne sent presque rien."
"Tch."
"Tu veux un petit plaid ou ça ira ?"
"La paix !"
Je ne peux m'empêcher de sourire au portrait de Satoru qui en rajoute.
Le vol se passe dans une atmosphère cosy.
Les températures ne sont guère plus clémentes dans le Land de Bade.
"C'est pire qu'au Japon."
"Tu exagères, Megumi."
"Il a raison : nous sommes en hauteur."
"Ha !"
Satoru se saisit de sa capuche pour la passer par-dessus la tête hirsute sombre.
"RAAAAH ! Commence pas !" repoussant le geste.
"T'es toujours pas d'accord pour cette photo de famille en costume traditionnel ?"
"Purée pourquoi tu rappliques avec ça ?"
"Bah, j'y tiens !"
"Je vois ça." fourrant les mains dans ses poches.
Mon père arrive en voiture pour nous cueillir.
"La forme, Megumi ?"
"Ouais. Il caille dans votre pays."
"Oui mais... nous avons inventé un tas d'astuces pour nous réchauffer !..." sur un clin d'oeil. "A commencer par le vin chaud."
"A peine arrivés, tu veux saouler mon fils, Richard ?" se fend Satoru.
"L'alcool chaud n'a jamais tué personne." rétorque mon père.
Nous arrivons, aussitôt accueillis par ce bon vieux Patou.
"Hey, toi !..." se précipite Megumi, toujours aussi porté sur le canin.
Patou est en joie, queue recourbée remuant en tout sens.
"Il est animé." note mon père, riant.
"Il a retrouvé un pote." sourit Satoru. "Au fait, ton fils est resté au Japon ?"
"Oui. Il avait un shooting photo."
"Dommage."
En rentrant, des tasses fumantes de vin chaud parfumé aux épices nous attendant, sur une table dressée par quelques membres du personnel domestique.
"Pourquoi on n'a pas ça chez nous ?" questionne Megumi au sujet du personnel.
"Pour que tu continues à faire ta chambre." sourit Satoru.
"Tch." goûtant le vin chaud, faisant la moue d'abord mais finissant par apprécier.
"Si c'est trop fort, on a le jus de pommes chaud aussi." avance mon père.
"C'est pour les gosses, ça." rétorque Megumi.
"Il a l'air tranquille comme bonhomme." lance mon père, avisant Megumi qui écoute calmement de la musique dans le fauteuil.
"Ouais. Avec de gros problèmes de discipline en classe." avoue Satoru. "Souvent convoqué. Bref... Son père aussi vivait en marge. Je présume que les Fushiguro ont ça dans le sang."
"Oh je suis certain que nous tenons, à cette table, un autre dans le même genre."
Petit sourire de Satoru. "Je n'ai pas eu de jeunesse. Je n'en ai pas eu le droit. Pas avec mon pouvoir. C'est pour ça que je veux que Megumi et mes élèves vivent les leurs à fond."
"Quel tintamarre !" se bouchant les oreilles, œil fermé, devant l'orchestre ambulant.
Je ris. "C'est sûr que ce n'est pas la distinction qui étouffe les Allemands !..."
"Moi j'aime bien." annonce Satoru.
"Ouais, nan. T'es pas objectif."
Nous nous régalons des mets des fêtes, tournant dans la petite ville.
Je me marre parce du fait de ses cheveux clairs et de son teint de porcelaine, Satoru se fait souvent aborder en langue allemande. Il s'amuse à répondre en japonais pour le fun.
Yeux ronds en face.
"Tiens, Megumi, n'est-ce pas le moment de tester ce que valent tes familiers en mode chiens de traineau ?" suggère Satoru, taquin.
"Appelle-les huskies, pendant qu'on y est !..." grogne l'adolescent. "Ose et je te les lâche aux fesses."
"Ça va aller ? Tu auras assez chaud ?" questionnant Megumi alors qu'il squatte le lit de la chambre.
"Ouais, t'inquiètes." se retournant sur le ventre, attrapant son portable.
Je referme la porte de la chambre, aussitôt harponnée par une présente câline. Bras noués autour de mon ventre, lèvres attentionnées dans mon cou.
"Hey..." souriante.
"Viens..." me conduisant jusqu'à la chambre dont il referme la porte d'un coup de pied, reprenant ses faveurs, toujours plus appuyées et humides.
Mes doigts crispent sur l'étoffe de son sweat tandis que nos langues n'en finissent pas de se saluer. Nos geignements viennent voluptueusement ponctuer l'échange.
Me défaisant, il vient haleter délicieusement et de plus en plus vivement à mon oreille.
"Sat'... le... lit..."
"Oublie." me soulevant par l'arrière des cuisses, dos calé contre la porte, me soutenant des hanches.
J'étouffe un rire émoustillé contre son sweat.
"Ho, Rachel, tu m'écoutes ou t'es en train de baver sur l'asperge blonde devant nous ?"
"Hein ?" éclatant de rire. "Non, je pensais..."
"Tu crois qu'il va s'en sortir ? La vendeuse n'a pas l'air de comprendre son allemand..." se grattant le crâne. "Je savais que c'était un coup moisi."
"Moi, tant qu'il ne fait pas un striptease devant elle..."
L'étudiant secoue la tête. "Pas sortables. L'un comme l'autre."
Je suis passée sous le bras de Satoru qui savoure ses marrons chauds, les ouvrant avec mille précautions, m'en proposant.
Megumi a un petit rire en le voyant me donner la becquée.
Nous nous posons dans le parc, observant le mouvement du couple de cygnes et des nombreux canards.
Mon regard traîne du côté des longues jambes étendues à côté que le slim rend d'autant plus désirables.
Satoru a toujours su s'habiller avec goût.
Il approche sa bouche de mon oreille. "C'est très agréable d'être regardé comme ça..." souriant, doigts se perdant dans ma nuque.
Je glousse.
"Vous n'arrêtez jamais..." soupire Megumi.
"Pas tant qu'on sera amoureux, je pense."
"Eh ben... vivement que ça vous passe." taquin.
"Tu parles très peu de ton père..."
"Je l'ai peu connu, il faut dire." répond Satoru.
"Tu avais quel âge lorsqu'il est parti ?"
"J'allais sur mes trois ans."
"Encore un point commun... moi, j'ai vu le Shinigami qui a emporté son âme." triturant la bague offerte par Undy.
"Wow..."
"Shinigami que j'ai retrouvé deux décennies après les faits... celui-là même qui nous a apporté notre aide lorsque nous étions en difficulté..."
Satoru bascule sur le ventre.
"Suguru m'a dit que cette bague dégage une immense énergie." dis-je.
"Je n'ai jamais osé le souligner mais c'est vrai. C'est parfois franchement dérangeant, même pour moi."
"Oh, je... j'ignorai que c'était à ce point."
"Ce bijou est chargé en énergie protectrice."
"C'est un cadeau du Shinigami en question... qui a déserté entre temps."
"Il a conservé un sacré pouvoir !..." impressionné. "Je n'aimerai honnêtement pas avoir à l'affronter."
"Ça n'arrivera pas." souriante, caressant le joli visage qui me fait face.
"C'est passé vite." déplore mon père.
"On reviendra pendant les vacances d'été."
"Prends soin de toi, Richard."
"Toi aussi, Satoru. Et veille sur ma fille."
"Papa, j'ai plus six ans !" dis-je.
"Ah, tu vois que c'est chiant !..." renchérit Megumi.
"Quel que soit ton âge, tu restes mon bébé..." sur un sourire tendre, caressant ma joue.
Vol retour. Aéroport bondé.
Je soupire en attendant nos valises.
Nous voyons la même chose au même moment. "VACHE !"
"Il est énoooorme !" avisant le fléau à six pattes qui vient de se détacher du sol.
"On se calme." nous tempère Satoru.
"Je vais me le faire !"
"Doucement, soldat. Ça grouille de monde ici." le reprend Satoru.
"Alors quoi, on se barre sans lui régler son compte ?"
"Je reviendrai m'en occuper quand ce sera plus calme." chargeant nos bagages.
Tenue de travail. J'en souris. Bandeau sur les yeux pour camoufler cette arme surpuissante.
"Le fléau des valises va morfler !..." s'amuse Megumi. "Sauf qu'il ne le sait pas encore."
"C'est un classe S ?" questionnais-je, curieuse.
"C'est un grade 1."
"Et... tu te déplaces pour ça ?..." hallucine Megumi.
Satoru fait craquer ses doigts. "Besoin d'exercice. Sur ce !..." quittant l'appartement.
Il se glisse sous la couette, venant coller mon corps, jambe passée par dessus-les miennes.
Ses façons possessives me font sourire mais mes pensées vagabondent déjà vers un autre. Qui lui aussi se languit.
