Disclaimer : Magnificent Century Kösem est l'oeuvre de Yılmaz Şahin .

Résumé : Elle a épousé Osman en femme libre. Alors, c'est tout aussi libre qu'elle s'en va une fois veuve. [Magnificent Century : Kösem]

Note de l'auteur : Cet écrit a été réalisé dans le cadre de l'atelier d'écriture du Discord «Défis Galactiques» du 09/04/2022. 30 minutes sur le thème de la poésie. Ecrire sur le poème ou le prompt donné. N°1 : Votre perso se rend sur la tombe de son compagnon/sa compagne

Liste des dettes du Discord « Défis Galactiques » : 50 nuances de personnages historiques (24/50)

Celle qui est libre

Contrairement à Meleksima, elle, elle est libre. Libre d'être appelée une veuve. Les concubines ne le sont pas. Libre de s'en aller si elle le veut.

Et Akile s'en va.

Comment rester dans cette ville où elle a connu les plus grands bonheurs et les pires tragédies dans la vie d'une femme ?

Comment rester dans ce palais où on assassine des bébés parce qu'ils ont eu le malheur d'être nés héritiers et mâles ?

Comment rester dans ce lieu où sa fille aussi a péri ?

Elle est une femme libre, alors elle s'en va.

Mais pas sans dire au revoir en premier à Osman.

Alors elle est là, dans la superbe mosquée bleue du sultan Ahmed, son dernier cadeau à son peuple, pour se recueillir près du cercueil de son époux, reposant aux côtés de ceux de leurs enfants.

Le jeune sultan ne l'a jamais aimée comme il a aimé sa favorite. Elle en a conscience. Son cœur était dévoué à Meleksima. Il ne l'a épousée que pour des jeux d'alliance, de pouvoir... mais il l'a traitée avec gentillesse. Avec respect. Avec attention. Là où il aurait pu juste se contenter de l'honorer jusqu'à ce qu'elle lui donne des shezades, des sultanes. Leur mariage, d'ailleurs, avait été mal vu... Elle aime à penser que son mari était visionnaire, en avance sur son temps et que bientôt, on imiterait ses idées. C'est une drôle de consolation...

-Majesté. Murmure-t-elle, les doigts sur le tissu recouvrant la dernière demeure du jeune homme. Je m'en vais. Je quitte votre cité, votre palais. Ma place n'est plus ici. Sans vous, je ne suis plus rien et j'ai trop de fierté pour demeurer dans un lieu où je ne ferai figure que de relique du passé.

Akile s'efforce de ne pas regarder les tombes de ses jumeaux, sentant que cela la tuerait à coup sûr.

-Mais je ne voulais pas partir sans vous dire adieu. Et merci. Merci pour votre douceur, votre gentillesse, alors que je n'étais pas celle que vous aimiez. Merci de m'avoir donné deux merveilleux bébés, même s'il a plu à Allah de les rappeler à lui. Je vous les confie. Je n'ai pas besoin de vous demander de veilleur sur eux : vous étiez si bon pour Omer, nul doute que vous le serez pour Mustafa et pour Zenyep.

Dehors, un vent léger se lève, fait chanter les branches des arbres et elle aime y voir un signe.

-Adieu, Majesté. Et sachez que même si je venais à refaire ma vie, une partie de vous demeurerait avec moi. Puisse l'Histoire nous juger tous les deux plus tendrement que nos contemporains.

Elle part sans se retourner.

La liberté l'attend.

FIN