Une explosion, au cœur de la jungle de Palombe. Un crash d'hélicoptère qui allait marquer le début d'un ultime affront. Tout a commencé deux jours auparavant. Bibi, la fille du marsupilami, s'était faite capturée par des braconniers, revendue par la suite à des paramilitaires qui comptaient bien faire des recherches sur Bibi dans le but d'en faire une arme. Sans plus attendre, son père s'était lancé à sa rescousse. Son voyage l'avait mené jusqu'à un complexe scientifique non loin de Chiquito. La sécurité des lieux, avec toutes leurs armes, ne fût pas de taille face au marsupilami. Voyant que la situation leur échappaient, les ravisseurs de Bibi prirent la fuite en hélicoptère, et elle avec. Le marsupilami rattrapa l'hélicoptère à temps. Grâce à sa queue qui lui servait de lasso. Mais à l'intérieur, il reçut l'accueil de son grand adversaire de toujours: le chasseur Bring M. Backalive.
Marsupilami parvint, comme toujours, à donner une bonne leçon aux vilains et à sauver sa fille. La confrontation à bord de l'appareil fût brutale. Tout le monde à bord n'arrêtait pas de s'agiter, jusqu'à ce que l'un deux percuta le pilote, assommant ce dernier et lui fit perdre connaissance. Plus personne n'étant aux commandes, l'hélicoptère tournoya violemment à mesure qu'il perdait de l'altitude. Certains hommes à bord furent propulsés à l'extérieur de l'appareil, les entraînant tous dans une gigantesque chute. Leur sort demeura incertain. Backalive, qui était toujours là, n'arrivait pas à mettre la main sur son fusil. Même face à une mort imminente, l'obsession qu'il vouait à abattre l'animal demeurait tenace. L'appareil se rapprochait de plus en plus du sol. Ne pouvant rien faire, le marsupilami agrippa sa queue à une barre de maintien, protégea sa fille dans ses bras.
– Bi Bi Bi ! Biiiiiiii ! paniqua la petite marsupilamie.
– Houbaaaa !
L'hélicoptère heurta violemment le sol, provoquant une explosion qui raisonna presque dans toute la jungle Palombienne. Le feu de l'explosion éclaira une grande partie de la jungle plongée dans les ténèbres de la nuit. Par chance, Bibi et son père avaient survécu, mais pas sans être indemne. Le marsupilami s'était blessé la queue. Incapable de l'utiliser d'avantage, il l'enroula autour de son épaule, telle une corde. Son genou gauche était également blessé. Cette dernière blessure était soutenable, mais l'empêchait de marcher correctement. Tout à coup, surgissant des débris de l'hélicoptère, Backalive avait survécu. Le chasseur était fou de rage.
Marsupilami n'avait pas peur de Backalive. Peu importe ce qui se passait, et peu importe les pièges et autres obstacles que lui tendait ce chasseur maniaque, le marsupilami en sortait toujours vainqueur. Mais ce coup-ci, ne pouvant pas se battre à cause de ses blessures, le marsupilami n'avait pas d'autre option que de prendre la fuite avec Bibi. En voyant l'animal dans un sale état, la folie meurtrière de Backalive se mélangea à une énorme satisfaction. Pour lui, il n'y a plus aucun doute possible : il tient enfin sa chance ; la chance de vaincre cet animal qu'il rêve de tuer depuis longtemps. Le chasseur s'empara de son fusil, prit le temps de vérifier ses munitions, et se mit en chasse du marsupilami.
– La chance me sourit enfin, marsupilami ! Cette fois tu ne pourras pas m'échapper ! hurla le chasseur.
La douleur de ses blessures était de plus en plus insoutenable. Marsupilami essayait de courir du mieux qu'il pouvait, tenant fermement Bibi dans ses bras. Mais Backalive était plus rapide et allait bientôt les rattraper. Désespéré, le marsupilami posa sa fille et lui indiqua la direction de leur nid. Il ordonna à Bibi d'aller rejoindre sa famille au plus vite, de courir sans se retourner. Mais Bibi avait très peur et ne voulait pas laisser son père tout seul. Néanmoins la présence de Backalive venant vers eux, elle n'avait pas d'autre choix que de respecter la volonté de son père.
Bibi courue aussitôt rejoindre sa mère et ses deux frères. Le marsupilami regarda sa fille partir, voulant être sûr qu'elle soit hors de portée du chasseur. Il sentait l'odeur de Backalive qui n'était plus très loin. Réunissant un maximum de ses forces restantes, le marsupilami bondit vers les buissons et se cacha dans un fossé. Le chasseur fou aperçut les traces de pas de son adversaire s'arrêtant là. Il comprit que la bête était tout près.
– On dirait bien que tu viens de perdre ton arme la plus puissante ; celle sans quoi tu n'aurais jamais pu t'en sortir vivant, marsupilami. Sans ta queue, comment feras-tu pour me battre ce coup-ci ? Sans parler de tes blessures qui t'affaiblissent ? Tu ne peux plus rien contre moi. Ne pense pas pouvoir m'échapper, marsupilami !
Il avait raison. Marsupilami ne pourrait éternellement se cacher. Il réfléchît à une stratégie. S'il parvenait à escalader un arbre il pourrait échapper au chasseur en se frayant un chemin à travers les branches et les lianes. Marsupilami se faufila doucement dans le buisson, rampant vers l'arbre le plus proche. Resté discret ne fut pas chose aisé, en partie à cause de ses blessures. Mais avec de la chance et de la rapidité, le marsupilami réussit à atteindre l'arbre et se cacha derrière, manquant au passage de se faire tirer dessus par Backalive. Aussitôt il grimpa jusqu'au sommet de l'arbre. Backalive tira à deux reprises, sans succès.
– Ah tu veux jouer à ça ? Très bien ! Je sens que ça va être comme faire de l'accro-branche, mais en beaucoup plus marrant ! grinça-il en se mettant à grimper pour rattraper sa cible.
Le marsupilami examina les alentours à la recherche de la moindre liane. Dès qu'il en aperçut une, il n'hésita pas un seul instant, ne réfléchît pas, il exécuta le geste, s'accrochant d'une liane à l'autre. Courant et sautant sur les branches, en plus de rester en équilibre, jamais s'enfuir n'aura été aussi compliqué pour le marsupilami. Il ne savait pas où il allait, mais peu importe, du moment que cela l'éloignait de son poursuivant. Au bout d'un moment, le marsupilami ne pouvait supporter davantage la douleur de ses blessures. Par miracle, il aperçut un vieux tronc d'arbre dans lequel il se cacha.
Il tenta de reprendre son souffle. Est-ce que Backalive l'avait rattrapé ? Est-ce que Bibi était parvenue à rejoindre sa famille ? Autant de questions angoissantes qui ne cessaient de traverser l'esprit du marsupilami. Il avait besoin d'en avoir le cœur net pour se sentir rassuré.
Marsupilami prit le risque de jeter un œil sur les environs. Mais à l'instant où son flair sentît le danger à proximité, Backalive débarqua par surprise et, à l'aide d'une machette, détruisît le tronc dans lequel s'était réfugié sa cible.
– Je te tiens ! sourit le chasseur en essayant de saisir son fusil.
Mais ce fût trop tard, le marsupilami avait déjà reprit sa fuite à travers les arbres. Plus tard, notre héros s'arrêta sur ses pas, prenant soudain conscience que l'environnement autour de lui avait changé. En regardant vers le bas, il ne voyait rien d'autre qu'un brouillard obscur et épais cachant le sol. De plus, il se trouvait sur d'énormes branches reliées entre chaque arbre. Le marsupilami comprit que ces branches appartenaient à des Relius Labyrathus, une espèce de platanes qu'on ne peut trouver que dans un seul endroit de la jungle Palombienne : juste au dessus de ce que les explorateurs surnomment La Grande Crevasse de la Mort. Une gigantesque faille terrestre réputée pour être maudite, car tout ceux qui osait la traverser en empruntant ces branches n'arrivaient jamais à atteindre l'autre côté et finissaient par tomber dans les profondeurs de l'abîme.
Le marsupilami avait peur de cet endroit que même lui n'avait jamais osé la traverser. Mais il ne pouvait plus faire machine-arrière, car son poursuivant était en train de le rattraper. Marsupilami se lança dans ce dangereux parcours végétal. C'était la seule échappatoire qu'il lui restait. Backalive arbora un sourire diabolique en voyant sa cible emprunter ce chemin périlleux.
– La Grande Crevasse de la Mort ? Très bon choix, marsupilami. C'est l'endroit idéal pour en finir. Alors, lequel de nous deux survivra ? Le plus faible ou le plus fort ? Il ne peut en rester qu'un.
Le chasseur entra à son tour dans ce lieu maudit. S'il n'avait pas eu autant de détermination, Backalive n'aurait, lui non plus, jamais emprunté ce passage. Mais sa soif de vengeance envers le marsupilami lui faisait oublier toute peur et hésitation. Il arrivait presque à apercevoir la silhouette de l'animal en train de courir pour sa vie. Backalive s'empara de son fusil pour tenter de l'abattre, malgré la distance qui les séparait. Essayant de viser tout en se concentrant sur le chemin de branche à suivre, il fit feu. Le son du coup de feu raisonna dans toute la jungle. N'apercevant plus la silhouette floue de sa cible, Backalive se précipita avec une euphorie démentielle, une satisfaction mêlée de folie.
– Ha ha ! Ça y est, hurla-t-il. Je l'ai eu ! Enfin !
Mais une fois arrivé à l'endroit précis où il pensait avoir touché sa cible, il n'y avait rien. Pas la moindre trace du marsupilami. Il n'a pas pu tomber dans la Grande Crevasse. Soudain, Backalive entendît un son d'agitation dans les feuilles au-dessus de sa tête. Il fît volte-face et tira par réflexe. Encore une fois, il venait de manquer son coup. Le marsupilami était dans les environs, et il semblerait qu'il ait décidé de passer à l'attaque. Backalive se rendit compte qu'il n'avait plus qu'une seule balle dans son chargeur. S'il désirait tuer l'animal, il lui faudrait beaucoup de concentration, de précision, et de la chance.
La tension et l'adrénaline montaient pour les deux adversaires. Quand soudain :
– Houbaaaaaaa !
Le marsupilami se jeta sur Backalive, avant même que ce dernier n'eût le temps de se retourner. Se retrouvant plaqué au sol par le marsupilami qui tentait de le maîtriser. Étrangement, l'animal semblait avoir regagné en force. Backalive remarqua que le marsupilami portait des feuilles collées sur ses blessures. Il avait trompé le chasseur afin de prendre ce que la nature lui offrait pour soigner ses plaies avant de passer à l'attaque.
Ne l'ayant jamais combattu auparavant dans un corps à corps, Marsupilami se rendit compte de la force dont le chasseur pouvait faire preuve. Sans ses blessures, la force de son adversaire ne rivaliserait pas avec la sienne. Il reconnut que cet homme s'était bien préparé à ça. D'une main, le marsupilami porta plusieurs coups à la figure de Backalive, dans l'espoir de lui faire lâcher prise sur son fusil.
Mais Backalive saisit une petite branche qu'il arracha de son écorce pour la planter dans l'une des plaies de son adversaire. Le marsupilami hurla de douleur, perdant un court instant son attention sur le chasseur. Ce dernier en profita pour replier ses jambes et projeta l'animal au loin. Backalive profita de son avantage pour se relever puis assomma le marsupilami avec son fusil, avant de lui donner un coup de ses bottes en plein ventre. Le coup fût assez puissant pour mettre l'animal au tapis. Backalive s'approcha du marsupilami, prenant une immense satisfaction à voir son ennemi se retrouver à ses pieds.
– J'attends ce moment depuis plus de 20 ans. 20 ans de vie gâchée dans cette fichue jungle, à me faire humilier par la bête sauvage que tu es, marsupilami. Après toutes ces années de patience et d'échecs, je vais prendre un immense plaisir à te tuer. Et dire que j'avais prévu de te ramener vivant. Il est clair que tu m'aurais rapporté beaucoup plus d'argent. Mais ça n'a plus d'importance pour moi. Je me contenterai de ta famille. Quant à toi, tu resteras accroché sur mon mur. Je suis sûr que tu feras un merveilleux trophée. Morts ou vifs, vous allez tous me rendre riche, dit-il en pointant le canon de son arme sur sa cible. Adieu, marsupilami.
Mais notre héros avait, lui aussi, plus d'un tour dans son sac. Arrachant une poignée de mousse verte se trouvant à proximité, il la jeta sur le visage du chasseur avant que ce dernier ne puisse ouvrir le feu. Vite, le marsupilami chargea Backalive, et tous les deux tombèrent sur une autre branche en dessous. Dans la chute, Backalive perdit l'emprise de son arme. Le marsupilami s'en empara et fit face à son adversaire encore aveuglé par la mousse sur sa figure. Une fois qu'il retrouva la vue, Backalive vit le marsupilami tenant son arme. Tous les deux restèrent immobiles pendant un court instant mêlé d'adrénaline. Et dans un effort monumental, le marsupilami tordit le canon métallique, rendant l'arme inutilisable.
– Mon fusil ! NON !
– Houba ba ! Houba ! rugît le marsupilami en jetant l'arme tordue dans l'abîme.
Backalive observa son fusil disparaître dans l'abîme de la Grande Crevasse de la Mort. C'était comme s'il venait de perdre son compagnon le plus fidèle ; ce fusil avec lequel il a tué tant d'animaux de chaque espèce. Backalive se retourna vers le marsupilami et le toisa d'un regard haineux.
– Grhouba ! Bahou ! rugît le marsupilami en tapant deux fois du poing sur sa poitrine, montrant qu'il était le plus fort.
Mais Backalive n'était pas complètement désarmé. Car il lui restait une dernière arme de secours qu'il sortit aussitôt : sa machette. Le chasseur attaqua le marsupilami avec une grande férocité. Notre héros fit plusieurs bonds en arrière, esquivant la lame tranchante du chasseur aliéné. Cette fois-ci, ça n'était plus une simple colère qu'il voyait sur le visage de cet homme, mais une véritable rage meurtrière. Ne prenant pas garde à l'endroit où il mettait les pieds, le marsupilami perdît l'équilibre, ne s'étant pas rendu compte qu'il se trouvait au bord du précipice. Backalive en profita pour porter un autre coup de machette, mais ce fût trop tard : le marsupilami venait de tomber dans le gouffre.
Par miracle, le marsupilami parvint à s'agripper à une liane, l'aidant à ralentir sa chute. Ce coup-ci, il avait vraiment cru que son heure était venue. À quelques mètres devant lui se dressait un mur de roche. Il venait d'atteindre l'autre côté de la Grande Crevasse de la Mort. Le marsupilami n'en revenait pas d'avoir accompli cet exploit. Mais il ne fallait pas crier victoire trop tôt, car son ennemi rôdait toujours dans les parages, bien décidé à en finir une bonne fois pour toutes. Vite, le marsupilami grimpa la liane, mais s'arrêta net lorsqu'il entendit le cri de rage de Backalive qui résonna partout dans les environs. Levant le regard vers le haut, il aperçut au loin la silhouette de son adversaire se jeter sur une liane et glisser dessus pour rattraper sa cible, tenant sa machette entre les dents.
Dans sa précipitation, la marsupilami chercha du regard dans toutes les directions, à la recherche d'une échappatoire. Sur la paroi, à quelques mètres du bord de la faille, un grand arbre dont les racines étaient ensevelies dans la roche. Cela semblait une cachette parfaite. Le marsupilami sauta de liane en liane pour atteindre le pied de l'arbre. Il se faufila le plus loin possible à travers les racines avant l'arrivée de son adversaire. Une fois bien caché, le marsupilami reprit son souffle en espérant que Backalive ne l'ait pas vu. Quand soudain, un coup de tonnerre retentit dans le ciel, libérant brièvement une forte lumière qui éclaira toute la jungle. A travers la lumière, le marsupilami aperçut la silhouette de Backalive derrière les racines de l'arbre.
Suspendu à une liane, le chasseur trancha les racines à coups de machette, tout en poussant des cris de rage. Le marsupilami en était terrifié. Jamais il n'avait vu pareille folie meurtrière déformer le visage de son adversaire. Backalive persista à donner des coups de machette, coupant les racines de l'arbre afin d'atteindre sa cible. Le marsupilami ne pouvait plus reculer, dos à la paroi rocheuse. Soudain, l'arbre sous lequel se trouvaient les deux adversaires se mit peu à peu à se déraciner. À cause des dégâts causés par Backalive, le tronc commençait à se pencher dangereusement vers le vide de la Grande Crevasse de la Mort. Il ne leur restait plus que peu de temps avant que les dernières racines ne se détachent de la paroi et les entraînent dans une chute mortelle.
Par miracle, un passage s'ouvrit entre les racines sortant de la paroi rocheuse, juste au-dessus du marsupilami. Ni une ni deux, l'animal saisit l'occasion, s'agrippa aux racines et les escalada, manquant au passage de se faire transpercer par la machette de Backalive. Cela ne fut pas aisé de se faufiler à travers les racines qui lui frottaient le visage, en plus des morceaux de terre qui lui tombait dessus. Ne se décourageant pas, le marsupilami continua à avancer. Son adversaire fou étant moins souple et agile que lui eut du mal à le rattraper.
Lorsque le marsupilami parvint à remonter le bord du gouffre, ce fût un moment historique que personne ne pourrait immortaliser. Le marsupilami devint le premier être vivant à avoir traversé la Grande Crevasse de la Mort. Lui-même n'en revenait pas de ce qu'il venait d'accomplir.
De son côté, Backalive tentait toujours de passer à travers les racines. Sa maladresse causée par sa colère meurtrière fit que son pied se retrouva emmêlé dans une racine, l'empêchant de progresser davantage. À l'aide de sa machette, il coupa toutes les racines qui le gênaient autour de lui. Et ce fût là la plus grosse erreur que commit Backalive : toujours à vouloir aller jusqu'au bout de son but, détruire le moindre obstacle, mais sans jamais penser aux conséquences. Plus il scalpait les racines, plus l'arbre perdait de l'équilibre. Ayant maintenant plus d'espace, le chasseur suspendu à une grosse racine n'avait plus qu'à se libérer le pied.
Hélas, il se rendit compte beaucoup trop tard et à ses dépens que l'arbre était en train de se déraciner, s'apprêtant à basculer dans le vide. Son visage remplit de haine changea aussitôt pour ne laisser place qu'à la peur. Une peur que le chasseur n'avait jamais ressenti en lui : celle de se retrouver face à une mort immédiate. Backalive s'agrippa à la paroi et regarda vers le haut. Quand il s'aperçut que le marsupilami était parvenu à remonter jusqu'au bord de la falaise, l'angoisse de Backalive se transforma en pure panique. Il savait ce que cela signifiait.
– Non… non… ça ne peut pas finir ainsi. Je suis Bring M. Backalive, le plus grand chasseur de tous les temps ! Ce n'est pas à moi de mourir ! Non, c'est impossible !
Le marsupilami observait son adversaire dans ce qui semblait être sa dernière heure. Notre héros à bout de force était hésitant. Devait-il sauver cet homme fou qui le pourchassait depuis plus de 20 ans, pour le laisser recommencer à s'en prendre à lui et à sa famille ? Ou valait mieux-t-il le laisser mourir ? Le marsupilami était face à un choix difficile. Jamais il ne laisserait mourir qui que ce soit. Mais Backalive, méritait-t-il vraiment de vivre, après tout ce qu'il avait commis ?
– Houba.
L'arbre finit par se déraciner totalement, se détachant de la paroi pour tomber dans le vide, emportant avec lui le chasseur qui lâcha prise sous l'énorme poids du tronc. Backalive sombra dans l'abîme de la Grande Crevasse de la Mort, libérant un immense cri qui s'évapora en même temps qu'il disparut.
Le marsupilami était choqué par le fait d'avoir vu son adversaire disparaître définitivement sous ses yeux. Ne devrait-il pas être heureux de ne plus jamais avoir affaire à lui ? Non pas qu'il regrettait la mort du chasseur, mais le fait de l'avoir vu disparaître aussi vite lui fît un véritable choc.
La pluie commençait à tomber sur l'animal blessé, mais victorieux. Le calme planait de nouveau sur la jungle. C'en fût presque surnaturel. Marsupilami était resté méditer un long moment au bord du précipice, repensant à son vieil ennemi. À présent il n'avait plus à s'en faire. Tout danger était écarté. Il devait repartir. Quelque part, dans la jungle, sa famille l'attendait. Ils avaient besoin de le savoir vivant, et lui aussi avait tant besoin de les revoir. La marsupilamie savait mieux que personne guérir une éraflure. Sa queue se rétablira vite.
Demain allait marquer le début d'une nouvelle ère dans la jungle Palombienne. Le marsupilami et sa famille vivraient enfin en paix, pour l'éternité.
