Je ne possède ni les personnages, ni la licence Fire Emblem. Bonne lecture et prenez soin de vous.
« Cette mission n'entre pas dans vos attributions mensuelles, et nous exigeons de vous la plus grande discrétion. Sous les ordres du capitaine Jeralt, vous trois, les fleurons de nôtre académie, devrez voler au secours de la professeure de l'Aigle de jais, Byleth Eisner, dont l'enlèvement nous a été signalé aujourd'hui même par nos espions. » Déclara la majestueuse Rhea, dont le visage intemporel était parsemé d'angoisse à l'idée qu'un membre si éminent de son corps enseignant eut été enlevé sous son nez, et que ce membre fut Byleth, en qui elle cache des espoirs dont personne n'avait conscience.
Les fameux « fleurons » de l'académie n'étaient autre que les délégués des différentes classes, une équipe qu'on ne sortait qu'en cas d'extrême urgence. Le rude personnage qu'était le capital Jeralt, père de Byleth, dont le visage ne semblait pas si anxieux que celui de l'archevêque, se gratta la barbe en toisant les trois gringalets qu'il allait devoir se traîner pour la mission. Des bambins à peine majeur comme tous les enfants qui étudiaient ici, et qui tous semblaient apprécier sa fille pourtant bien peu bavarde. La déléguée de l'Aigle de jais était la plus sérieuse au sujet de l'enlèvement, celui des lions de saphirs gardait son air stoïque et royal, tandis que le Cerf d'Or étirait ses lèvres dans un de ses regards énigmatiques qui donnait envie au capitaine d'enfoncer son poing dans ce nez si parfait pour donner du charme à un visage qui n'a pas l'air d'avoir connu assez de coups.
« Les gamins, on m'écoute et pas de vagues. Les espions nous ont donné la localisation de ma fille, nous n'avons qu'à nous y rendre et la récupérer. Je ne vais pas vous traiter comme des sangs bleus, si vous vous chiez dessus à la vue du sang, vous dégagez et j'y vais seul. Rudoya-t-il ses trois soldats trop raides à son goût.
-Avant d'être des sangs bleus comme vous dites, nous sommes de fiers étudiants de Garreg Mach, nous sommes entraînés ! S'exclama le blondinet des lions de saphir.
-Et puis, il est curieux que cette femme ait été enlevé, au vu des capacités dont elle a fait preuve à la bataille de l'Aigle et du Lion... S'extasia le brun au nez trop parfait.
-Peu importe, partons au plus vite, il est de mon devoir de retrouver nôtre professeure ! » Grogna en serrant les dents la blanchette dont Byleth était responsable.
Si ce n'étaient que des gosses, ils avaient le mérite d'avoir la gnak, et c'était appréciable aux yeux du vieux capitaine et ancien mercenaire. Il aurait aimé qu'ils soient un peu moins raides, les bourgeois n'avaient pas le charme des troupes de mercenaires grossiers et vulgaires qui savaient se battre avec la brutalité de dix, pour vaincre une centaine, mais il ferait avec.
« Bien. Je ne ménagerai ni vous, ni vos montures. »
Le quatuor monta en selle et fila comme le vent dans le sillon de l'étalon entraîné du capitaine, ressentant une confiance infinie en cet homme dont l'expérience exhalait de tout son être, comme si son aura de général était si palpable que son corps semblait géant. C'était donc de cet homme que Byleth avait appris ? Ce qui surprenait le plus était son manque d'inquiétude quant à la situation : Sa fille enlevée, l'homme ne montrait aucun doute sur son sort. Il donnait à ses trois soldats la certitude qu'ils la sauveraient, alors même qu'aucune nouvelle rassurante ne s'était faite entendre. Le cœur des jeunes gens battait la chamade à l'unisson avec les sabots de leurs chevaux, enivrés par cet homme dont la prestance ne se ressentait que lorsqu'on travaillait sous ses ordres.
Ils s'arrêtèrent sur un promontoire qui donnait sur une église en ruine ayant appartenu autrefois au culte de Seiros, mais dont les membres s'étaient rebellés et détruits par l'église principale. Tous connaissaient l'histoire, car la connaissance du culte était importante pour chaque pays parsemant Fodlan, et les héritiers se devaient d'en savoir le plus possible. Le problème était qu'au lieu d'être déserté, l'endroit grouillait de brigands aux allures religieuses. Un culte à part s'était fondé sur les ruines ?
« Ils sont bien installés. On doit se dépêcher. Soupira Jeralt avec une légère tension.
-Vous vous inquiétez pour vôtre fille, finalement ? Cingla Edelgard sans pouvoir se retenir, tant elle bouillait à l'intérieur de l'envie de voir en cet homme un soupçon d'affection pour sa propre enfant.
-Avec elle ? Je m'inquiète de tout, tout le temps gamine. T'apprendras à faire comme moi si tu veux la suivre. »
La signification exacte de son inquiétude échappait à ses soldats, mais il prit le temps d'observer le terrain en silence pour s'assurer de ne rien laisser de côté, puis lâcha soudain.
« Ils sont bien défendus, les salauds. Bah, on va leur servir la sauce mercenaire, ça vous va ? Demanda-t-il en regardant les trois minots.
-Et, c'est à dire, capitaine ? Demanda le blondinet, tandis que le brun était tout sourire et que la blanchette soupirait.
-On leur rentre dans le lard et on les dégomme, gamin. Vous êtes pas les meilleurs étudiants de l'académie pour rien, vous allez me montrer ce que vous valez. Remontez à cheval. »
Si le manque de stratégie était préjudiciable à une attaque surprise, c'était une marque de confiance inconcevable aux côtés de soldats mal entraînés. Jeralt désirait croire en l'enseignement de Garreg mach qu'il savait très bon, mais surtout la force des trois héritiers ne lui échappait pas. Seul Claude était plus un stratège qu'un combattant, mais son arc redoutable pourrait lui donner du mal... S'il s'entraînait encore une vingtaine d'années.
L'assaut fut si brutal que l'alerte eut du mal à être donnée. Le chaos sur le champ de bataille devint vite entêtant, et seuls les maîtres et créateurs de ce chaos pouvaient profiter de l'élan qu'ils s'étaient créés. Ils formaient une véritable flèche de destruction dont la pointe acérée était la hache de Jeralt, et les sillons d'air tranchants, celle d'Edelgard ainsi que la lance de Dimitri, tandis que la précision de Claude assaillait les quelques survivants du premier assaut qui ne s'étaient pas pris cette flèche métaphorique de plein fouet. Des cris d'agonie tels grisants et effrayants se firent entendre dans leur sillage.
Chacun d'entre eux avaient connu les combats « nobles », voire l'affrontement contre des monstres, mais la façon de combattre de Jeralt était d'une sauvagerie telle qu'on eut dit un ours gigantesque qui dévorait ses proies, pris d'une rage infâme et sanguinaire. Le démon cendré, surnom de la professeure qu'ils devaient sauver, avait été procréé par le diable en personne.
Lorsque le carnage extérieur prit fin, Jeralt et les trois soldats descendirent de leurs montures, essoufflés par l'adrénaline plus que par l'épuisement. Les corps parsemaient les abords des ruines et aucun d'eux n'eut été effleuré par aucune lame, ni flèches.
« C'est ici que ça va se corser les gamins. Ils se sont concentrés à l'intérieur, et ils nous attendent. Grogna le capitaine.
-La mission était censée être discrète, capitaine. La professeure pourrait être torturée, ou ils pourraient décider de la tuer à cause de ce qu'on a fait. S'inquiéta Edelgard maintenant que son esprit reprit le dessus sur la folie du carnage.
-T'es du genre à trop penser toi, hein ? C'est toujours utile, je comprends que ma gamine t'aime bien, mais ça fallait y réfléchir avant, si on perds du temps ça va se gâter maintenant. Lui répondit Jeralt, sans trop s'inquiéter.
-Donc on y retourne à la sauce mercenaire ? Demanda Dimitri qui essuya la sueur de son front.
-Je propose qu'on reste en bloc tout de même, si on fonce sans réfléchir on va mourir vu qu'ils nous attendent, mais on a pas le temps de chercher une autre entrée. Proposa Claude, intrigué par la suite des événements, jubilant presque de cette situation aussi intrigante qu''épuisante.
-T'es pas qu'un beau gosse on dirait, gamin. On va faire comme ça, en groupe serré, on se protège et on attaque, une blessure dans le bloc est une blessure pour tout le monde. Pigé ?
-Oui, Capitaine ! » S'exclamèrent-ils à l'unisson, portés par l'aura indécente du capitaine.
La porte de l'église en ruine explosa, et un mage tenta de les assaillir d'une boule de feu, avant qu'une flèche du beau brun ne se plante dans sa pomme d'Adam. Le bloc suivait les pas rapides et entraînants du capitaine. Edelgard et Dimitri tuaient avec froideur ceux qui venaient à leur encontre, bien que les adversaires étaient nombreux. Leurs bras s'engourdissaient à mesure de l'affrontement, mais ils avançaient, sous la panique ennemie face à seulement quatre personnes. Les cris puissants de Jeralt résonnaient dans la salle à chaque fois qu'il abattait sa puissante hache sur le crâne d'un inconscient, terrorisant ceux qui pensaient avoir une chance face à l'incarnation diabolique qu'ils affrontaient.
Le côté d'Edelgard commençait à se faire envahir, assaillie par plus d'ennemis dans cet espace fermé, et un sort de glace s'apprêtait à s'abattre sur son visage quand une flèche explosa le projectile, et qu'une seconde suivit dans la foulée pour tuer le mage qui s'apprêtait à tuer l'héritière impériale.
« Vous m'en devez une, Edelgard ! s'exalta Claude, avant qu'une hachette de lancer frôle son cou pour se planter dans le crâne d'un ennemi qui s'étaient faufilés derrière le bloc.
-La dette est réglée, mon cher Claude. Lui répondit-elle d'un sourire goguenard légèrement charmant, et pour lui répondre, ce fut la lance de Dimitri qui frôla son beau visage de neige, pour lui éviter de se faire avoir par derrière.
-Vous flirterez plus tard, non ?! S'écria-t-il dans le tumulte.
-Il n'y aura peut-être pas de plus tard, Dimitri, vous voulez que je flirt avec vous aussi ?! Rit Claude, qui donna envie au prince de Faerghus de lui enfoncer sa lance dans la gorge (Ceci n'est pas sale).
Lui aussi fut sauvé d'une mort presque certaine par ses camarades, mais la dynamique du groupe impressionnait le capitaine qui pouvait se concentrer sur le carnage qu'il exécutait devant lui. Ces jeunes nobliaux en avaient plus dans le bide qu'il ne l'avait imaginé, Byleth avait bien éduqué cette princesse et nulle doute que les autres avaient pris exemples sur ses qualités martiales en l'étudiant en tant qu'adversaire depuis la bataille de l'Aigle et du Lion.
Ils ne purent respirer que quand la salle fut nettoyée de toute vie autre que les leurs, malgré que le mot « nettoyé », n'était pas le plus approprié pour un endroit qui puait la mort, la sueur et l'urine. Les odeurs classiques de la mort.
Le capitaine n'avait pas besoin de guide dans cet endroit qu'il semblait connaître, et savait où Byleth serait retenue : Dans les tombeaux de l'église, un endroit plutôt facile à défendre, mais l'homme semblait tendu. Devant les portes magnifiques du tombeau ancestral qui n'avaient pas été souillées par le temps, il s'arrêta, et regarda ses trois soldats, l'air plus sérieux qu'à l'accoutumé.
« Je vais pas vous mentir les gamins, vous m'avez impressionné. Mais j'espère que vous avez encore l'estomac bien accroché, ça pourrait bien être une boucherie là dedans, on ne sait pas ce qu'on y trouvera, soyez prêts... » Le capitaine les examina, et ce fut Edelgard qui sembla se raidir le plus à cette remarque, et il comprenait ses craintes bien qu'elle ne l'ait peut être pas compris totalement. Elle craignait certainement de voir leur professeure torturée ou morte.
Jeralt ouvrit les portes, et la boucherie annoncée fit frissonner les trois soldats tant la scène était horrifique, sanglante. Les murs imbibés de sang ayant volé dans tous les sens, des tripes au sol et les mélanges des fluides corporels les plus immondes qu'on pouvait imaginer.
« T'en as même pas laissé un pour les interroger ?! On ne saura jamais pourquoi ils t'ont kidnappée, gamine, je m'en doutais ! » Hurla Jeralt en s'approchant de la seule survivante du massacre, laissant ses trois soldats bouche bées. Le capitaine vint donner un coup sur la tête de cette femme...
Byleth, le démon cendré comme on l'appelait, bien que « démon sanglant » soit plus approprié ici. Surprise de voir des renforts, et se frottant le crâne que son père venait de frapper.
« Vous en avez pas laissé non plus ? Je pensais m'occuper de cette salle et en garder un en vie à la fin. Qu'est-ce que vous faites là tous les trois ? » Demanda-t-elle, devant l'air choqué des trois bourgeois qui oublièrent toutes leurs craintes. Le gore et le grotesque se mêlait pour faire redescendre l'adrénaline, et Edelgard s'avança en première, si raide qu'il fallait être aveugle pour ne pas sentir la tempête venir.
« Vous... Vous alliez BIEN ?! » Une main gantée de blanc menaça sa joue, mais Byleth lui attrapa le poignet.
« Désolée de vous avoir inquiété Edelgard, mais ne salissez pas vos magnifiques gants, je ne suis pas très propre. » Sourit-elle charmeuse, ce qui surprit son père qui n'avait pas l'habitude de la voir exprimer des émotions.
Edelgard retira sa main, les joues rouges, perturbée de trouver cette femme salie de sang dans ce contexte, attirante. L'étrangeté faisait partie de sa vie, de toute façon. Les deux autres ne purent s'empêcher de rire de soulagement, et peut-être d'une partie de folie à cause de ce qu'ils avaient fait dans cette église et qu'ils n'oublieraient jamais.
« J'ai essayé de les prévenir mais ils ont mal compris je crois. Je voulais me dépêcher pour t'empêcher de tous les tuer. Tu fais TOUJOURS ça gamine, tu pourrais apprendre à te contrôler ? Et comment tu t'es faite chopée ? Demanda Jeralt.
-Oh, euh... J'ai été inattentive. »
Esquiver la question fut le meilleur des mouvements devant les trois héritiers, car avouer qu'elle s'était faite kidnappée pendant ses besoins dans la forêt était inconvenant. Surtout devant Edelgard. L'avis de Dimitri à ce sujet ne l'intéressait pas, et celui de Claude... Et bien, lui s'en moquerait mais surtout le ferait savoir au monastère entier, et elle se retrouverait alors avec des surnoms plus humiliants que « Démon cendré », qui seraient murmurés dans les coins du monastère.
« Soit, pardonnez moi de vous avoir inquiété, mes poussins. Dit-elle avec un sourire, ce surnom plutôt mignon n'étant pas le plus approprié, mais l'amusait beaucoup.
-Vous vous ferez pardonner en classe. Grogna Edelgard visiblement vexée, irritée, et beaucoup d'autres adjectifs peu agréables.
-Dis, Dimitri, tu ne trouves pas qu'elles forment un joli couple ? » S'amusa Claude, qui n'eut pour seules réponses qu'un soupir ennuyé du prince de Faerghus, et un regard d'Edelgard qui avait entendu cette question murmurée, qu'on pouvait qualifier de meurtrier. Le parme de ses yeux en était devenu orageux.
Si la mission fut un succès, et qu'il n'y avait pas de raison de s'inquiéter, le mystère resta entier quant à ce groupe qui kidnappa la pauvre professeure de l'Aigle de jais, alors même qu'elle urinait, et tout ça n'avait aucune importance car ils furent bien vite décimés.
