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Cette commande a été passée par Cocolita 1804 : Harry en a assez des sorciers et devient un pirate. Il entretient une étrange relation avec Jack Sparrow et d'autres personnes.

Note de l'auteur : alors c'est un UA dans l'univers Pirates des Caraïbes mais où j'ai changé quelques trucs, j'espère que ça vous plaira quand-même.


Harry en avait assez de s'entendre appeler « le Survivant », d'être dévisagé chaque fois qu'il mettait le nez dehors, d'entendre chuchoter derrière son dos... Harry aurait voulu être comme tous les autres garçons de son âge et se fondre dans la masse. Le jeune homme avait 16 ans, et il en avait assez de cette vie ! Il finit donc par se lever et décida de changer de vie. Alors sans rien dire, le brun quitta tout simplement le monde sorcier. Il prévint simplement Ron et Hermione qu'il voulait passer à autre chose mais sans donner plus de détails. Le brun avait demandé à ses meilleurs amis de ne pas poser de questions et de simplement accepter sa décision. Le jeune homme n'avait pas envie de terminer sa scolarité à Poudlard, il sentait que sa place n'était pas dans le monde sorcier. Il n'avait pas envie que tous les regards soient constamment braqués sur lui jusqu'à sa mort ! Harry avait lu des tonnes de livres sur les pirates et il avait décidé que c'était la vie qu'il lui fallait : de l'aventure, passer sa vie en mer, n'avoir aucune règle, ne rien devoir à personne... le brun était séduit par cette idée.


En effet le jeune Potter était devenu une espèce de Dieu dès sa naissance, non seulement parce que ses parents formaient un couple populaire, puissant et riche au sein du monde magique, mais aussi parce qu'il avait survécu à un sort auquel il était normalement impossible de survivre. La tragique histoire de cette famille aimée de tous avait nui à Harry bien plus qu'elle ne lui avait apporté. Après tout, il avait dû être élevé chez la sœur de sa mère, et son oncle, sa tante et son cousin étaient des êtres horribles. Son oncle était commerçant, il vendait du tissu. Sa tante restait à la maison, et son cousin passait son temps à l'insulter et même le frapper. Les Dursley avaient considéré Harry comme leur domestique, et lui avaient assigné les tâches les plus basses dès qu'il avait été en âge de pouvoir se rendre utile, soit 5 ans. Son cousin Dudley qui avait le même âge que lui n'avait jamais eu à faire la moindre tâche dans la maison. Quand ils sortaient, la famille prenait la charrette, Harry, lui, devait les suivre à pied.


Avec une grande surprise il avait reçu à 11 ans une lettre lui indiquant qu'il était accepté à l'école de Sorcellerie de Poudlard. Le brun avait été surpris car il avait lu des livres parlant de sorcières et de magiciens ainsi que de créatures en tous genres, mais il avait cru que ce n'étaient que des contes. Toutefois Hagrid, chargé des créatures magiques à Poudlard, était venu le chercher pour lui faire découvrir le monde magique, et acheter les choses dont il avait besoin pour ses études. Harry avait alors découvert tout un univers qu'il n'avait jamais soupçonné. Dès son arrivée dans le monde magique, les gens avaient commencé à le pointer du doigt, à murmurer dans son dos, et il avait remarqué que la plupart du temps le nom « le Survivant » revenait. Certains s'inclinaient même sur son passage, c'était tout bonnement incompréhensible ! Harry s'était senti très mal à l'aise devant ce constat, car il ne savait pas pourquoi tout le monde se comportait ainsi face à lui. Hagrid lui avait alors raconté la véritable histoire de sa vie. Non ses parents n'étaient pas morts d'une maladie, ils avaient été tués par un Sorcier maléfique parce qu'ils étaient Sorciers eux-mêmes, et que par conséquent il en était un lui aussi. Hagrid lui avait expliqué que le monde sorcier respectait ses parents, et que lui-même, alors qu'il n'était qu'un bébé, avait réussi à faire échouer le plus grand sorcier maléfique de son époque !

Après cela, ce traitement stupide n'avait jamais cessé. Harry était la légende vivante, tout le monde attendait son approbation, son amitié ou ses conseils. Seul un garçon à Poudlard n'était pas ainsi : Drago Malefoy ! Le blond avait détesté Harry dès son arrivée, et ça avait soulagé le brun. Enfin quelqu'un qui ne lui faisait pas de courbette et qui ne le regardait pas avec des étoiles dans les yeux comme s'il était la chose la plus merveilleuse au monde ! Harry et Drago étaient un peu les ennemis jurés, mais en réalité le brun attisait cette haine pour que le blond continue de le tester et donc de le traiter normalement. Tous les professeurs avaient une préférence pour Harry, toutes les filles espéraient qu'il tombe amoureux d'elles, tous les garçons espéraient qu'il devienne leur meilleur ami. Harry avait espéré que les choses changeraient après sa première année à Poudlard et sa « découverte » auprès des sorciers et sorcières, mais non, ça n'avait fait qu'augmenter. Alors le soir Harry se plongeait dans ses livres de pirates, ses histoires de capes et d'épée, et il s'évadait.


Harry quitta donc Poudlard pour les vacances et décida que c'était le moment parfait pour accomplir son rêve. Il paya une voiture qui emmenait les sorciers de Poudlard jusqu'à Londres. De là le brun décida que la folle aventure allait enfin pouvoir commencer. Harry embarqua donc sur un bateau en direction des Caraïbes. Il ne savait pas encore précisément quel était son plan, il voulait juste s'éloigner. Grâce à l'héritage de ses parents il avait de quoi voir venir. Il monta donc dans un navire nommé l'Intrépide et un homme l'observa. Il avait un air distingué, des yeux bleus, une perruque blanche, une veste bleu marine et blanche avec des liserés d'or, et un tricorne noir et or. L'homme l'interpella de sa voix grave :

-Qui êtes-vous ? Je ne me rappelle pas vous avoir accepté au sein de mon équipage.

-Je suis nouveau, je m'appelle Harry Potter.

L'homme le regarda avec méfiance, plissant ses yeux perçants :

-Je n'ai pas souvenir d'avoir entendu parler de vous jeune homme. Que faites-vous ici ?

-Je voulais me rendre dans les Caraïbes.

-Et pourquoi ça ?

-Je ne sais pas trop...

L'homme fit la moue, puis lança :

-Ici le mot d'ordre est le travail. Je refuse que les hommes à mon bord restent là, à rien faire !

-Bien Monsieur.

-Je suis le Commodore Norrington. Au boulot jeune mousse.

Harry hocha la tête et partit pour se mettre au travail. Il se dirigea naturellement vers les autres jeunes de son âge, ils étaient trois. Un homme plus vieux arriva :

-Je suis Monsieur Gilbertson, c'est moi qui vais vous enseigner ce que vous devez faire. Alors vos attributions sont : laver le pont, nouer les cordes et les enrouler, ne pas rester dans les jambes des membres d'équipage lors des manœuvres difficiles... être aussi invisibles que possible.

Harry hocha la tête, les instructions étaient simples. Le brun se mit donc au boulot, il devait enrouler des cordes pendant que les autres nettoyaient le pont. Harry était content d'être tout seul, et ici personne ne semblait le connaître. Pour la première fois de sa vie Harry Potter n'était rien de plus qu'un jeune anonyme. Il enroula donc toutes les cordes puis on vint le chercher pour lui annoncer qu'il était temps d'aller manger. Harry suivit donc les autres jusqu'à la cale où étaient disposées des tables et des bancs. C'était assez sommaire, mais Harry n'en demandait pas plus. Le repas était simple : des haricots et du lard. Harry mangea le contenu de son bol puis se dirigea vers un hamac vide où il dormirait.


La traversée allait être longue, mais le jeune homme s'en moquait. Il aimait cette nouvelle vie, il s'était rapidement adapté à ce nouveau rythme. Ses mains étaient devenues calleuses à force de manipuler des cordes ou un balai à longueur de journée. Il avait régulièrement des échardes, s'était coupé en épluchant des pommes de terre, ses lunettes étaient cassées, ses tenues étaient à peine en meilleur état que des guenilles, et son corps avait gagné en muscles. Harry était assez fier que son corps ait changé, qu'il n'ait plus ce physique de garçon de 12 ans alors qu'il était un homme ! De plus de la barbe avait commencé à pousser, prouvant qu'il était définitivement en train de devenir un homme. Ce qui surprenait le plus Harry c'était que le commodore était toujours impeccablement rasé. L'ancien sorcier se demandait comment c'était possible, car la plupart étaient comme lui : crasseux et pas rasés. Pourtant le commodore était toujours parfait, il avait une classe et une prestance folles. Harry devait avouer qu'il l'admirait beaucoup, car en plus d'être un homme séduisant, il était fait pour diriger ! Il n'avait presque jamais besoin d'hausser le ton face à ses hommes, il parlait d'une voix calme mais de fer. Le jeune brun s'étira pour chasser ses divagations et Gary, un des autres mousses arriva :

-Hey Harry, il est temps de venir manger.

-D'accord, j'arrive tout de suite.

Le jeune homme posa le sceau qu'il avait à la main et descendit dans la cale pour le repas. Après ça il repartit pour terminer de nettoyer le pont. Contrairement à Poudlard, ici personne ne lui faisait de cadeau, tout ne lui tombait pas tout cuit dans le bec juste parce qu'il était « le Survivant ». S'il ne faisait pas son travail il risquait de graves conséquences, chez les marins les choses se méritaient. Par exemple si un matelot mettait les autres en danger ou ne faisait pas son boulot on ne lui donnait rien à manger, on lui retirait son hamac et on pouvait être presque sûr que les autres matelots risquaient de le battre, ou même dans les cas les plus extrêmes de le violer pour l'humilier. Harry se mit donc à redoubler d'effort avec sa serpillière, il refusait de subir les pires traitements ! Le commodore arriva :

-Attention, à ce rythme les planches vont céder, ça fait combien de temps que vous frottez comme ça ?

-Je fais ce que j'ai à faire. Je me rappelle très bien de votre phrase quand vous m'avez accepté à bord : le mot d'ordre est travail.

-Vous faites bien de retenir les leçons, vous irez loin. Toutefois faites attention aux fréquentations que vous aurez une fois à terre. Certaines personnes ne sont vraiment pas recommandables. Sur le navire le Capitaine ou n'importe quel officier peut intervenir pour que tout se passe bien, mais à terre vous serez livré à vous-même. Il vous faudra choisir judicieusement vos relations.

-Bien, merci pour vos précieux conseils Monsieur.

Harry lui sourit et se remit à passer la serpillière. Après ça il alla coucher, la lune était déjà haute dans le ciel et il en avait bien assez fait pour aujourd'hui. Harry avait beaucoup appris depuis que le navire avait quitté le port en Angleterre. Il n'avait jamais pris le bateau avant, mais l'ancien sorcier était content d'avoir constaté qu'il avait le pied marin. Avoir le mal de mer avait été sa plus grande peur quand il avait embarqué, car lire des livres de pirate et en devenir un étaient deux choses totalement différentes. Ce que le brun ne savait pas, c'était que le commodore gardait toujours un œil sur lui lorsqu'il était sur le pont. L'anglais avait remarqué le potentiel du jeune homme, et il avait bon espoir de pouvoir le former pour qu'il devienne lui aussi un officier de la Marine de Sa Majesté. James Norrington avait même fini par se prendre d'affection pour ce gamin qui semblait cacher un passé difficile, et qui paraissait enfouir un profond mal-être. Il voyait dans ses yeux bleus une espèce de tristesse qu'il ne connaissait que trop bien depuis qu'Elizabeth l'avait éconduit. Alors le commodore s'était dit qu'ils n'étaient pas si différents, et qu'avec de la chance il deviendrait son mentor.


Le navire arriva enfin aux Caraïbes, en Jamaïque plus précisément. Par chance ils avaient eu une mer d'huile pendant toute la traversée et le vent leur avait été favorable. Harry descendit et partit en direction de la taverne comme la plupart des matelots. Il s'installa à une table avec Gary et Roger, deux autres mousses. Le brun commanda une bière ainsi qu'une assiette de poisson et de pommes de terre. La jeune serveuse arriva bientôt et déposa la commande devant eux. Après ça il partit marcher sur la plage. Ça lui faisait bizarre de retrouver la terre ferme après des semaines passées en mer. Il finit par s'asseoir sur le sable et vit un homme qui errait avec une démarche titubante. Le brun arqua un sourcil et observa cet homme qui avançait. Il était habillé en marron quasiment en intégralité : son gilet, son pantalon, ses hautes bottes de cuir, ses nombreux ceinturons et son tricorne. Il portait une chemise blanche sous son gilet, et un bandeau rouge sur ses cheveux sous son tricorne. Ses cheveux étaient un amas de dreads avec des perles et cordons de cuir qui les décoraient, il avait de la barbe et de la moustache. Dans l'ensemble c'était un assez bel homme. L'homme tenait une bouteille marron à la main. Il retira le bouchon avec ses dents et le cracha dans le sable. Il bu le contenu de la bouteille d'un trait et reprit son chemin. Il s'arrêta près de l'ancien sorcier et l'observa :

-T'es qui toi ?

-Harry, et toi ?

-Je suis le Capitaine Jack Sparrow.

Harry ne put retenir un sourire, cet homme était pour le moins surprenant. Il se laissa tomber sur le sable à côté du jeune homme. Harry passa une main sur sa joue, il était intrigué par cet homme étrange. Jack l'observa :

-Tu viens d'arriver à Port Royal n'est-ce pas ?

-Si en effet.

-Je vois, alors je vais te faire visiter les lieux de la meilleure façon qui soit.

Le cadet hocha la tête et observa Jack qui se levait. Il l'imita et ils commencèrent à marcher sur la plage. Le Capitaine lança :

-Je suis un pirate, mon bâtiment se nomme le Black Pearl. Si tu veux faire partie de l'équipage je t'y accueillerai avec plaisir.

-Euh... d'accord, merci.

Jack fit visiter tous les lieux de débauche à Harry. Le jeune homme était à la fois mal à l'aise et amusé : les tavernes, les bordels, les coupe-gorges en tout genre... Harry devait avouer qu'il s'amusait beaucoup avec ce drôle de personnage. En chemin un homme plus âgé que Jack les avait rejoints, Gibbs, l'éternel bras droit du Capitaine. Harry l'aimait bien, il était superstitieux, gentil et était prêt à tout pour Jack. Le jeune homme refusa poliment quand une fille de joie lui proposa une passe dans l'une des très nombreuses maisons closes de Port Royal. Harry suivit le pirate jusqu'à son navire. Ils burent encore une bonne partie de la nuit jusqu'à tomber de sommeil.


Les jours suivants se passèrent de la même façon. Jack était un homme très intéressant et Harry s'amusait beaucoup avec lui. La phrase du commodore s'immisçait au fond de son esprit de temps à autre. Toutefois il ne voyait pas vraiment comment Jack pouvait lui faire du mal, car bien qu'il soit ivre en permanence, il était très gentil. Il n'avait pas du tout le vin méchant, au contraire, il était presque naïf. Alors qu'ils étaient assis sur la plage à regarder la mer, Jack demanda :

-Je vais repartir en mer avec le Pearl, tu seras à mon bord ?

-Avec plaisir.

Harry sourit à son nouvel ami, il avait hâte de repartir à l'aventure ! Le brun l'observa :

-Avant tout il va te falloir une épée. Nous allons aller voir un ami, il aura ce qu'il nous faut !

Les deux bruns partirent donc en direction de la ville. Ils lézardèrent dans les ruelles sinueuses et arrivèrent devant une échoppe. Ils entrèrent et trouvèrent un homme d'une trentaine d'années. Ses cheveux mi-longs étaient attachés en une petite queue de cheval, il portait une chemise blanche et un pantalon marron. Il soupira en voyant Jack :

-Mais qu'est-ce que tu fais là ?!

-Mon ami Harry ici présent a besoin d'une épée, nous repartons en mer demain matin.

-Hors de question.

-Voyons Will, je te rappelle que je t'ai sauvé la vie.

Le forgeron lança un regard incrédule au pirate :

-Vraiment ? Tu as la mémoire bien courte dis donc !

-Je te rappelle que j'étais ami avec ton père, Bill le Bottier.

Le dénommé Will fit la grimace et leva les yeux au ciel :

-D'accord.

Il alla chercher une malle et l'ouvrit, dedans une bonne dizaine d'épées y étaient rangées. Harry pencha pour une épée simple, il n'avait pas envie de se compliquer la vie. Ils continuèrent de discuter, puis une femme arriva. Elle avait les cheveux châtains, les yeux noisettes et portait une robe simple qui laissait entrevoir un ventre bien rond. Jack sourit :

-Elizabeth, toujours aussi belle ! Tu as conscience que cet homme ne te mérite pas ma colombe ?

-Il me mérite bien mieux que toi, sale pirate.

Les trois bruns s'observèrent puis éclatèrent de rire. Harry ne savait pas vraiment comment réagir, mais il se doutait que ces trois-là devaient avoir une histoire importante car ils étaient très proches. Harry savait que seules des épreuves vraiment dures pouvaient autant rapprocher des gens qui semblaient venir d'horizons si différents ! Car rien que par sa façon de se tenir et de parler, il était évident qu'Elizabeth était de bonne famille, Will était forgeron mais apparemment fils de pirate, et Jack ne nécessitait plus d'être présenté.


Le soir Harry se retrouva seul, Jack et Gibbs avaient décidé de partir au bordel pour profiter pleinement de la compagnie féminine avant de repartir plusieurs mois en mer. Le jeune brun se dirigeait vers l'auberge où il allait passer la nuit, lorsqu'il croisa le commodore Norrington qui marchait en sens inverse pour retourner vers la plage. Celui-ci le regarda d'un air grave :

-J'ai constaté que vous passiez beaucoup de temps avec ce Jack Sparrow.

-Capitaine Jack Sparrow.

-C'est cela, et il est exactement le genre de personnes contre lesquelles je vous ai mis en garde.

-Pourquoi cela ?

-C'est un ivrogne avec un petit pois dans la tête, il vous mènera à une mort certaine si vous le suivez. Je vous ai observé pendant la traversée, vous avez du potentiel, vous pourriez devenir commodore vous aussi d'ici quelques années.

-C'est très gentil, j'apprécie beaucoup vos conseils et votre aide, vraiment. Mais toute ma vie on m'a donné des ordres et on m'a forcé à faire des choses que je ne voulais pas. À présent je veux vivre ma vie comme je l'entends, même si cela se révélera peut-être une mauvaise idée plus tard.

-Vous préférez donc risquer votre vie simplement parce que vous ne voulez plus écouter autrui ?

-Tout à fait. Je sais que vous devez désapprouver, mais j'ai besoin d'aventure. Au début de ma vie on m'a traité comme un vulgaire esclave, de mes onze ans jusqu'à mon départ pour embarquer sur l'Intrépide on m'a traité comme un dieu vivant pour quelque chose dont je ne suis même pas responsable.

-Cela a-t-il un rapport avec la cicatrice sur votre front ?

Harry fut troublé que le commodore ait remarqué ce détail chez lui. Ses cheveux avaient poussé et cachaient à présent ce stigmate de sa « victoire » contre Voldemort. Le brun fut envahi d'une drôle de chaleur, personne qui ignorait son histoire, n'avait jamais remarqué ce détail sur lui. Pour la première fois de sa vie il fut réellement touché que l'on fasse attention à lui. Il devait avouer que le commodore était dur, mais qu'au fond c'était un homme bon. Harry hocha simplement la tête :

-Disons qu'un homme a assassiné mes parents lorsque j'étais bébé, il a essayé de me tuer aussi, mais il s'est loupé. Je n'y suis pour rien puisque je n'étais qu'un enfant, mais de là où je viens, tout le monde croit que c'est un exploit. Alors après les gens chez qui j'ai été élevé qui me méprisaient, j'ai été à l'école, et là-bas tout le monde m'admirait et voulait un petit morceau de moi, j'étais sans cesse demandé. J'avoue avoir assez mal vécu tout cela, mais c'est de l'histoire ancienne. Maintenant j'ai choisi d'être un pirate, là où personne ne me connaît, et là où je pourrai enfin être moi-même. Je ne suis ni un survivant, ni un esclave. Je suis Harry Potter, et je mène la vie que j'ai choisie !

Harry chassa d'un revers de main les larmes qui avaient discrètement coulé sur ses joues. Norrington soupira et posa sa main sur son épaule d'un geste sincèrement amical :

-Nous avons tous un passé mon jeune ami, mais cela ne doit pas favoriser les mauvaises décisions. Vous n'avez rien à prouver à personne, ni même à vous-même. Toutefois je respecte votre choix. J'espère que vous vous en sortirez bien, et que votre avenir vous apportera tout ce dont vous rêvez pour être heureux.

-Merci Monsieur, je vous admire, vous êtes un homme bien.

L'anglais lui sourit et partit vers l'Intrépide, il dormirait dedans et repartait le lendemain lui aussi. C'est ainsi que leurs routes se séparèrent, et Harry fut forcé de constater qu'il était bien plus touché qu'il ne l'aurait cru. Le commodore avait toujours été sincère avec lui, et le jeune homme se rendait compte qu'ils auraient pu devenir amis s'il n'avait pas choisi la piraterie. Il le connaissait peu, mais Harry avait déjà la certitude que l'anglais lui manquerait.


Le lendemain Harry embarqua sur le Black Pearl qui quitta rapidement le port. Le jeune homme tourna la tête vers l'Intrépide et sourit, le commodore était près du gouvernail et regardait dans sa direction. L'officier anglais lui sourit légèrement, puis lui offrit un hochement de tête respectueux en signe d'adieu. Harry lui fit un léger signe de la main, leur discussion de la veille lui serrait encore le cœur, car jamais il ne s'était ouvert de la sorte à qui que ce soit. Bientôt le Pearl fut assez loin du port pour que le jeune homme ne pense plus trop à la discussion à cœur ouvert et se concentre sur l'avenir. Harry était heureux de repartir à l'aventure. De mousse il était devenu matelot, il avait gagné un rang ! Jack naviguait comme personne, c'était comme si aucune mer n'avait de secret pour lui. Harry était tout bonnement impressionné par cet homme ! Sur le navire il ne titubait jamais, et il buvait beaucoup moins. Le jeune homme compris que le pirate se comportait ainsi à terre car la mer lui manquait ! Tout à coup le Capitaine fronça les sourcils et cria :

-Préparez-vous, une tempête approche ! Les mousses, attachez les lignes de sauvetage, trois matelots vont aller replier les voiles, trois autres vont aller vérifier que les canons sont bien calés. John ramène-moi une bouteille de rhum, Luke va prévenir en cuisine que ça va secouer ! Maître Gibbs tu vas rester avec moi au cas où le gouvernail serait trop dur à manœuvre dans la tempête.

-Bien Capitaine.

Gibbs cria pour les hommes :

-Vous avez entendu le Capitaine ? Au travail bande de fainéants ! Vous allez me faire le plaisir de bouger vos fesses !

Aussitôt les membres d'équipage se mirent à courir dans tous les sens pour effectuer la tâche que Jack leur avait attribuée. Harry faisait partie de ceux qui devaient replier les voiles. Il commença donc à escalader le mat après qu'un des mousses ait solidement noué une corde autour de sa taille. Le jeune brun grimpa donc et aida Tom et Chen à replier l'immense voile. Après ça ils montèrent encore et replièrent les autres. Le brun sentait l'adrénaline monter, d'épais nuages noirs avaient envahi le ciel en quelques minutes. Le vent se leva d'un coup et des éclairs zébrèrent le ciel. Les trois marins redescendirent du mat et Jack cria :

-Maintenant allez tous dans la cale, on vous appellera si on a besoin de vous !

Harry demanda :

-J'aimerais demander la permission de rester sur le pont Capitaine.

-Accordée, mais j'espère que tu as l'estomac bien accroché !

Les autres marins partirent dans la cale pour se mettre à l'abri. Harry resta près du gouvernail, il voulait vivre pleinement cette première tempête dans sa carrière de pirate ! Gibbs le regarda et sourit :

-Toi je t'aime bien !

Les vents violents provoquaient d'énormes vagues et faisaient tanguer le bateau dans tous les sens. Harry avait du mal à rester debout, mais il trouvait ça vraiment très bien, il vivait enfin la vie dont il avait toujours rêvé. Ici il n'était plus « le Survivant », il était un marin comme les autres. Le brun ne savait pas vraiment quoi faire à présent. Jack lança :

-Tu veux prendre la barre ? Il n'y a pas d'obstacles ici, nous n'avons presque pas virer de bord donc tu ne te heurteras à rien.

-Euh...

-Oui ou non ? Si tu n'es pas prêt tant pis.

-D'accord.

Le cœur du jeune homme battait à tout rompre, il avait l'impression qu'il allait lui sortir de la poitrine, il l'entendait battre dans ses oreilles. Il posa ses mains tremblantes sur les petits manches de bois et les saisit fermement. C'était beaucoup plus dur à tenir qu'il n'y pensait ! En réalité, les vagues étaient si fortes qu'Harry avait l'impression que ses épaules et ses bras allaient casser tant il devait lutter pour que le gouvernail ne se mette pas à tournoyer frénétiquement. Jack sourit tout en sirotant tranquillement sa bouteille de rhum. Malgré la tempête qui faisait rage c'était comme si il ne la sentait pas, comme si elle n'avait aucun impact sur lui. Il hocha la tête avec un sourire en coin :

-Pas mal pour un matelot qui n'a pris la mer pour la première fois il y a seulement quelques mois !

-En effet Capitaine, ce jeune homme est prometteur. Il a un avenir brillant dans la piraterie !

-Je confirme Gibbs.

Une pluie battante leur frappait le visage mais ils y prêtaient à peine attention. Harry faisait de son mieux pour garder le cap, il était très concentré.

Peu à peu la tempête se calma. Harry ne se rendait pas compte qu'il respirait à peine tant il était tendu. Le ciel bleu revint, le vent se calma, et la pluie cessa. Jack hocha la tête avec contentement :

-Tu as fait du très bon travail. Je suis fier de toi jeune homme.

Il se tourna vers Gibbs :

-Il est temps de dire aux autres de remonter. Ils vont prendre un peu les commandes pendant qu'on va aller se reposer un peu.

-Bien Capitaine.

Le second partit donc dans la cale pour rappeler les autres marins. Harry décrispa doucement ses mains qui tenaient toujours les manches en bois avec force. Jack lui tapa dans le dos d'un geste amical et masculin :

-Tu t'en es très bien sorti moussaillon. Il est temps pour nous d'aller manger et nous reposer.

Les deux bruns descendirent donc et s'installèrent à la table. On leur apporta bientôt de quoi manger, ce n'est qu'à ce moment qu'Harry réalisa qu'il mourrait de faim et que toute son énergie semblait l'avoir quitté. Il mangea son assiette tout en discutant avec Jack et Gibbs. Le plus vieux lança :

-Capitaine, Harry est presque aussi doué que vous.

-C'est gentil Gibbs.

Il lui sourit. En effet les deux hommes s'étaient rencontrés quand Jack avait quasiment le même âge quand il avait rencontré Gibbs et qu'ils avaient navigué ensemble pour la première fois. Jack sourit et posa une bouteille de rhum devant lui :

-Tiens petit, tu l'as bien méritée. Tu es blanc comme un linge, mais tu t'en es très bien sorti là-haut. Tu as dompté Poséidon lui-même !

Ils burent et jouèrent aux cartes avant d'enfin retourner sur le pont.


Quelques jours plus tard, Harry vécu enfin son premier abordage. Il était nerveux car il allait devoir se battre à l'épée, et il ne l'avait jamais fait ! Le temps que les deux navires soient assez proches pour l'abordage à proprement parler, les deux échangèrent des tirs de canon sans merci. Les bateaux furent enfin assez proches, il était temps ! Ils lancèrent les crochets d'amarrage pour garder les deux bateaux accrochés, et aussitôt des marins des deux camps bondirent sur le navire adverse. Harry inspira profondément et sauta lui aussi en face. Il commença à se battre à l'épée contre un grand homme baraqué. Il était noir avec des tatouages partout, le jeune homme le trouvait absolument terrifiant, non à cause de la couleur de sa peau, mais à cause de tous ses tatouages et du regard meurtrier qu'il lui lançait. Le colosse fonça sur lui, prêt à l'étriper. Harry eut juste le temps d'esquiver le coup. Il commença donc à se battre du mieux qu'il pouvait, il essayait simplement de sauver sa vie. Le molosse en face semblait fatiguer à force de mettre toute sa force dans ses coups. Harry en profita et réussit à tirer parti de sa faiblesse, il lui planta son épée en plein ventre. L'ennemi fronça les sourcils sous la surprise, puis s'écrasa au sol. Harry n'eut pas le temps de profiter de sa victoire, un autre ennemi lui fonçait déjà dessus pour le tuer ! Le brun se défendit donc au mieux, il savait que ses talents de combattant à l'épée n'étaient toujours pas assez suffisant.

Après un moment qui sembla durer une éternité, le dernier ennemi se retrouva terrassé. Ils avaient dû tuer tout l'équipage puisque leur Capitaine avait refusé de se rendre, il avait donc condamné ses hommes à une mort certaine. Harry était couvert de sang, il avait mal partout, et à bout de souffle. Les autres matelots prirent tout ce qu'il y avait à piller et ils repartirent à bord du Black Pearl. Seuls deux hommes du Pearl avait péri dans la bataille. Leur bateau repartit comme si rien n'était arrivé, et ils repartirent sur l'eau turquoise. Harry était heureux de cette nouvelle vie, même s'il avait une blessure à la jambe et une au bras. Il ne regrettait pas un seul instant d'avoir choisi cette voie, il était très heureux d'avoir pu vivre cette aventure. Il savait qu'il en vivrait encore plein d'autres, mais en attendant il mit des bandages sur ses blessures et se remit au travail, un bateau ça ne naviguait pas par magie ! Harry était heureux d'être dans un monde où il n'y avait plus besoin de magie ni de baguette, il était heureux qu'ici tout se passe par la force des bras, par les actions ! Harry Potter n'était pas un magicien, au fond de lui il avait toujours été un pirate !


Fin.