Bonjour à tous, voici la suite des aventures de Grace (en attendant celle de Jack dans Le temps du monde qui ne devraient pas tarder)
Un grand merci à Shippeusesamnjack pour les relectures, la motivations, et les encouragements. Un grand merci à Dana LMM pour les corrections et les suggestions. Merci à vous deux de rendre mes textes meilleurs et pour les discussions !
Toutes les erreurs sont les miennes.
Balises d'épisodes:
Post séries: post SG1, post Atlantis, post Universe.
Référence à l'épisode 7X13: Voyage intérieur/ Grace
Jack/Sam établis. Daniel/Vala établis
TW: mentions somnifère/drogue
N'hésitez pas à commenter pour me dire si cette histoire vous intéresse toujours ;)
Partie 4 :
Daniel tendit le bras à Jack pour l'aider à s'extraire de la caisse où Vala l'avait recroquevillé maladroitement. L'ancien général grimaça en faisant jouer ses genoux, puis son regard se posa sur sa fille :
— Gracie ? Qu'est-ce qu'on fait là ?
La petite se tordit les mains avec un sourire crispé mais son père, encore à moitié groggy, était déjà passé autre chose :
— Jacob ? Vala ? On est dans un jumper ?
— Un verre ? lui proposa Vala en lui tendant un gobelet.
L'inquiétude de Daniel monta d'un cran, Jack n'était clairement pas lui-même :
— Vala ?
Elle se tourna vers lui, un sourcil relevé alors que Jack portait déjà la boisson à ses lèvres comme un automate, en avalant une bonne moitié avant de s'étrangler :
— Pouah, qu'est-ce que c'est que cette horreur ?
— Une sorte de thé, répondit Vala en haussant les épaules.
— Une sorte de thé ? répéta Daniel en articulant chaque mot. Et il y a quel genre de substance active dans ce thé ?
— Je reviens, assura la jeune femme en tapotant l'épaule de Jack avant de se relever.
Elle attira Daniel vers elle :
— Ça aide juste à se détendre et à dormir, ce n'est rien. Sur ma planète, quand j'étais petite, on en donnait même aux bébés pour les aider à faire de bonnes nuits.
— Vraiment ? grimaça l'archéologue. Ça explique certaines choses, je suppose. Aïeuhhh ! s'exclama-t-il alors que le poing de Vala lui rentrait dans le bras.
— On en donne très peu aux enfants…
— Et là, tu lui en as donné combien ?
— Plus qu'un peu…
— Vala !
— Assez pour faire dormir un homme adulte, mais il n'y a rien de dangereux, je te le promets, se défendit-elle.
Une moue dubitative traversa le visage de Daniel :
— Mouais.
Il se tourna vers son ami, qui, à défaut d'en avoir bu assez pour dormir à nouveau, avait perdu toute inhibition :
— Jacob ! Vous êtes vraiment là ?
La colère et l'amusement se disputaient sur le visage du tok'ra :
— Oui Jack, je suis là.
— C'est vraiment vous ? insista-t-il en tendant le bras pour toucher le visage de Jacob. Oh pour l'amour du ciel ! Mais vous êtes vraiment là !
— Oui…
— Si vous saviez comme je suis content de vous voir ! s'exclama brutalement Jack en tombant dans les bras de son beau-père embarrassé.
— Quelqu'un peut me sortir de là ? grogna ce dernier.
Vala haussa les épaules, un sourire dans la voix :
— Pourquoi ? Il a l'air bien installé là.
Daniel pouffa avant de se raidir aux mots du général Carter :
— Ah parce que vous trouvez ça drôle Daniel ?
— Non…pas du tout… je …
L'archéologue se glissa sur le banc de l'autre côté de Jack et l'attira contre lui, libérant le père de Sam de son beau-fils qui, pour une fois, avait visiblement envie de parler :
— Vous savez que j'aime votre fille ?
Le rouge monta aux joues de Daniel en même temps que la salive quittait sa bouche. Que Jack aimât Sam n'était un secret pour personne et ce, depuis bien avant que ces deux-là ne s'avouent leurs sentiments à eux-mêmes et n'y cèdent. Mais entendre son ami le dire, aussi simplement, et à Jacob par-dessus le marché, avait quelque chose d'à la fois émouvant et gênant.
— J'ai cru comprendre ça en effet, répondit le tok'ra d'un ton un peu sec.
Grace se redressa, frappant dans ses mains, mal à l'aise sans doute, de voir son père dans un état de faiblesse qu'elle avait elle-même induit :
— Bon, sur ces bonnes paroles, je vais réparer l'occulteur, ça ne va pas se faire tout seul !
Daniel fronça les sourcils :
— Grace ?
Elle balaya son inquiétude d'un revers de main :
— Ça va.
— Je l'ai toujours aimée vous savez, depuis la première fois que je l'ai vue…
— Jack…, tenta Daniel, en vain.
— Daniel ?
— Oui ?
— Chut Daniel ! Papa doit savoir, c'est important ! Je n'ai pas pu faire les choses dans les règles, donc c'est important !
Une certaine tendresse passa sur le visage du général Carter, et d'un geste, il fit signe à l'archéologue de laisser faire.
— D'accord, Jack. Comme tu veux.
— Je ferai toujours tout ce que je peux pour la protéger, même si elle se protège très bien toute seule, gloussa-t-il pour lui-même, et pour qu'elle soit heureuse, vous le savez ça ?
Jacob tapota l'épaule de son gendre :
— Je n'en n'ai jamais douté fiston.
Jack se décala pour se rapprocher de son beau-père, malgré Daniel qui le tenait par le bras, et lui chuchota, trop fort, mais sur le ton de la confidence tout de même :
— On a eu une fille vous savez…
Jacob retint difficilement un rire :
— J'ai cru comprendre ça, oui.
— C'est elle là-bas, elle est maligne et magnifique. Elle a tout pris de sa mère, heureusement.
Jacob cachait de plus en plus difficilement l'affection qu'il avait pour Jack. Ça non plus ce n'était pas une surprise, mais Daniel se sentait à la fois privilégié et intrus d'assister à ce moment d'intimité familiale. Le vieil homme passa une main dans le dos de son gendre et lui serra l'épaule :
— Grace est un heureux mélange de vous deux, elle est parfaite. Et je sais que tu rends Sam heureuse…
— Je l'ai épousée ! s'exclama soudain Jack.
Jacob secoua la tête en riant :
— Encore heureux !
— J'aurais voulu que vous soyez là, j'aurais voulu vous demander sa main…
Jacob fronça les sourcils en reniflant :
— Malheureux, surtout pas, elle t'aurait tué si tu avais fait ça.
Jack fit maladroitement non de la tête, brusquement sérieux :
— Non, c'est important, j'aurais voulu faire ça dans les règles…
Jacob leva un sourcil et chercha à détendre l'atmosphère :
— Jack O'Neill, suivre des règles ? Depuis quand ?
— Pas avec Sam. Pour Sam, j'ai toujours suivi les règles. Jamais je …
— Chut, je sais ça. Je sais fiston.
Jack baissa la tête, l'air sombre :
— Mais je n'ai pas pu vous demander sa main parce que…
— Parce que j'étais mort ? proposa doucement Jacob.
Jack renifla et Daniel sentit son cœur se serrer de voir les émotions de Jack mises à nu aussi facilement.
— Vous manquez à Sam, déclara ce dernier, la voix plus rauque que la normale. Vous nous manquez à tous.
Jacob soupira, les yeux un peu trop brillants, et attira son gendre contre lui :
— Tu t'en sors bien Jack. Je t'ai toujours fait confiance pour Sam et je sais qu'elle t'aime. J'aurais dit oui. Je t'aurais certainement fait la leçon, mais je t'aurais dit oui et j'aurais été heureux pour vous deux. Je suis heureux pour vous deux.
Daniel sentit le corps de son ami s'affaisser contre son beau-père, et une pointe d'angoisse l'aiguillonna :
— Vala !
Cette dernière se glissa vers eux, laissant courir ses doigts sur la gorge de Jack :
— Il va bien, c'est juste la plante qui fait effet. Là, il s'endort, tout va bien.
— Papa est mort mais il est là. Je rêve, c'est ça ?
— Oui fiston, le rassura Jacob, tout en indiquant d'un signe de tête à Daniel qu'il était inutile de le déplacer pour le moment. Dors, tout va bien.
% % %
Daniel sursauta en s'éveillant, il était assis mais avait basculé en partie sur Jack qui ronflait doucement, allongé sur l'un des bancs du jumper. Quelqu'un avait posé une couverture sur chacun d'eux. Il ne sentait plus sa jambe droite. Tout en prenant soin de ne pas réveiller son ami, il se redressa, replaçant ses lunettes après s'être frotté les yeux : Vala dormait assise par terre, en boule contre sa jambe. Tout en la soutenant, il se déplaça pour l'allonger sur le sol, la tête sur sa propre couverture qu'il avait roulée en boule. Quand il se redressa, Teal'c le fixait de son regard bienveillant :
— Le général Carter est avec la jeune Grace, elle va bien. Nous sommes dans l'hyper-espace depuis un peu plus de six heures, nous devrions bientôt être arrivés à destination.
— Et destination qui est ?
— Je pense qu'elle sera visible dans peu de temps.
— Tu sais où on va et te ne me diras rien. J'aurai dû m'en douter, soupira Daniel, résigné.
Cette mission était éprouvante et pas uniquement parce qu'il n'en n'avait pas fait depuis longtemps. Physiquement, il n'y avait rien de compliqué pour l'instant, même si dormir n'importe comment lui donnait maintenant mal au dos, mais les implications émotionnelles allaient crescendo, sans parler des risques à jouer avec le temps, il n'était pas sûr d'aimer cela. En fait, pour être honnête, il avait horreur de tout cela. Il détestait savoir que dans son dos, sa femme et sa nièce partaient en mission à bord d'un engin capable de faire des bonds spatio-temporels. Il aurait aimé pouvoir dire que cela l'étonnait, mais en vérité, c'était tout le contraire. Comment avait-il pu être assez naïf pour croire que quelqu'un comme Vala resterait sagement au même endroit, occupée seulement par du baby-sitting et quelques réceptions diplomatiques ? Rien que d'y penser, il avait envie de rire. Il n'avait rien vu car il ne voulait pas savoir. Il s'était berné, s'était persuadé que sa femme apprécierait sa vie calme et bien rangée, ou au moins s'en contenterait. Quant à Grace…, sa filleule n'avait rien d'une enfant ordinaire, mais sur cela aussi, il avait préféré fermer les yeux. Le problème de cette mission résidait là : elle l'avait arraché à sa béate ignorance et lui donnait l'impression désagréable d'être le dindon de la farce.
Bien décidé à avoir des réponses, il se dirigea vers l'avant du jumper où il trouva deux générations de Carter en pleine discussion :
— Je t'assure qu'ils ont fait d'autres Star Wars et ils sont chouettes !
— Tu m'en diras tant, et tes parents savent que tu regardes tout ça ?
— Je les regarde avec tonton Teal'c !
Jacob éclata de rire :
— Évidemment, j'aurais dû m'en douter.
Daniel se racla la gorge :
— Grace ?
— Oncle Danny ! Tu es réveillé ! Et papa ?
— Il dort. Grace, insista-t-il, j'aimerais que tu me dises maintenant où nous allons, et ce que tu veux faire.
Jacob ouvrit des yeux ronds comme des soucoupes, ce qui ne rassura pas l'archéologue :
— Parce ce qu'il ne sait rien ? Grace fit non de la tête et le général recommença à rire : Pourquoi ?
L'enfant grimaça :
— Parce qu'il est toujours en train de s'inquiéter pour tout…
— Hé !
Jacob en rajouta une couche :
— Reconnaissez qu'elle n'a pas tout à fait tort Daniel.
— En plus, il n'aurait pas été d'accord avec le principe et il aurait fallu argumenter des heures et des heures pour que finalement il se range à mon avis, c'était plus simple comme ça, trancha Grace d'un haussement d'épaule. Maintenant qu'on est là, il a moins de questions à se poser !
Daniel n'était pas du genre à s'emporter mais il sentit céder une à une les digues qui retenaient jusqu'à présent sa colère :
— Grace Elisabeth O'Neill, maintenant ça suffit ! Je veux des réponses et je les veux maintenant !
— Hé ! Moins fort ! grogna Vala depuis le fond du vaisseau avant de se rouler en boule dans l'autre sens.
Jacob afficha son visage implacable et sortit d'un ton tranchant :
— Eh bien alors Daniel, on fait une petite crise d'autorité ? Sur une enfant de neuf ans ? Vraiment ?
L'archéologue se renfrogna :
— Ses parents me l'ont confiée, à moi. Tout le monde la trouve géniale, et à raison, elle est géniale…
— Merci tonton !
Soufflé au milieu de sa phrase, Daniel se tourna un instant vers la fillette :
— Grace, ce n'est pas le propos ! il refit face à Jacob : Elle reste une enfant, et elle a besoin qu'on la protège. Je ne peux pas la protéger si je ne sais même pas où l'on va !
— On est arrivé, annonça gravement la petite fille alors qu'elle les sortait de l'hyper-espace et basculait sous l'occulteur.
Avec un geste d'énervement, Daniel abandonna sa joute verbale contre le père de Sam et contempla ce qui occupait l'espace devant eux. Il déglutit. Ça ne pouvait pas être ça.
— Est-ce que c'est…
— La nébuleuse, compléta Grace. Oui.
— Celle où Sam avait disparu ? grimaça Jacob.
Il observa attentivement mais ne trouva aucune trace de vaisseaux ce qui le rassura un peu, même si du coup, il ne comprenait pas ce qu'ils faisaient là. Comme si elle lisait dans ses pensées, Grace précisa doucement :
— Si mes calculs sont bons, le Prométhée n'arrivera que dans quatre heures. J'ai préféré prévoir plus large, et j'ai besoin de dormir aussi, avant qu'on ne commence.
Daniel se passa la main sur le visage, une nouvelle fois :
— Qu'est-ce qu'on vient faire là ?
— S'assurer que tout se passe comme prévu. S'assurer qu'à terme, je vienne bien au monde.
Daniel grimaça, perdu :
— Attends, quoi ?
— Ce qui s'est passé dans ce vaisseau a été déterminant pour maman, quoi que ce soit, il faut que ça se passe exactement de la même manière.
Daniel se souvenait du rapport de Sam, et aussi des conversations plus personnelles qu'il avait eues avec elle ensuite, il hésita. Il ne savait pas dans quelle mesure il pouvait révéler le contenu des confidences de Sam à qui que ce soit, surtout à son père ou sa fille, mais puisqu'ils étaient tous là, visiblement pour ça, il trancha et s'assit sur son éthique :
— Écoute Grace, je ne sais pas ce que tu imagines mais quoi qu'ait vécu ta mère dans ce vaisseau, c'est ça qui l'a poussée à s'éloigner de Jack et …
Il ne savait plus comment continuer, surtout sous le regard inquisiteur de Jacob. Grace lui facilita la tâche :
— Je sais. Mais ça doit arriver, pour qu'elle comprenne, pour qu'elle se rende compte de ce qu'elle veut vraiment, elle eut un regard pour son père qui dormait toujours, pour qu'ils se trouvent enfin.
Il y avait tellement de gravité dans l'expression de Grace que toute la colère, les doutes et l'énervement de Daniel fondirent dans l'instant. Ne restait plus que l'inquiétude :
— Qu'est-ce qui te fait penser qu'on doit intervenir ?
Grace soupira et se leva, extirpant d'un coffre de rangement du jumper, un sac rempli de dossiers et un lecteur DVD portable :
— Ça.
Avec un sourire triste, elle lui tendit l'ensemble. Au milieu de plusieurs notes et rapports, une pochette contenant des disques portait l'inscription :
Pour Grace – vidéos de surveillance du Prométhée – classifiées
Daniel reconnu sans difficulté l'écriture du général Hammond, ce qui ne le rassura pas. George n'avait jamais connu la petite fille, il était mort d'une crise cardiaque au début de la grossesse de Sam et sa disparition les avait tous dévastés et laissés un peu orphelins. Il laissa ses doigts s'égarer sur les lettres au tracé familier, et d'une voix presque étrangère à lui-même, il demanda tout en connaissant déjà la réponse :
— Ce sont les vidéos des quatre jours que ta mère a passé toute seule sur le vaisseau ?
— Oui.
— Je croyais que le système d'enregistrement avait été endommagé et que nous n'avions aucune image.
— C'est ce que dit la version officielle, oui, confirma Grace.
— Et la version officieuse ?
— Il y a des choses sur ces vidéos qui auraient pu poser problème alors papi George les a faites disparaître.
Daniel fronça les sourcils, se rappelant de ce que Sam lui avait confié :
— Parce que ta mère parle toute seule ? Elle a mentionné qu'elle avait eu des hallucinations, Janet avait expliqué que c'était dû à la commotion. En plus, ta mère a dû passer une nouvelle évaluation psychologique à la suite de tout ça. Attends, tu as dit « papi George » ?
Elle grimaça :
— Longue histoire. Tout à l'heure. Promis.
Il céda, acceptant, pour le moment, qu'elle botte en touche. Autre chose le préoccupait davantage :
— Dans tous les cas, je ne vois pas en quoi voir ta mère parler dans le vide pendant quatre jours aurait pu poser problème.
Grace se mordit la lèvre et soupira :
— C'est le problème, justement, elle ne parle pas toute seule.
Daniel eut l'impression que le sol s'ouvrait sous ses pieds alors que les pièces du puzzle se mettaient lentement à leur place.
— Tu veux dire que…
— Il va vraiment falloir que je dorme un peu tonton, mais tu devrais regarder les enregistrements. Vous devriez tous les regarder, ajouta-t-elle en regardant brièvement son grand-père.
Elle piocha une couverture dans un coffre et se dirigea vers son père, avant de changer d'avis pour finalement s'allonger contre Vala où il y avait plus de place. Sans se réveiller, la jeune femme écarta ses bras et l'enfant s'y nicha.
(à suivre)
