Bonjour à toutes et tous,

Merci à Shippeusesamnjack et Dana LMM qui veillent sur mes textes et les rendent meilleurs par leurs retours et leurs corrections !

Toutes les erreurs sont les miennes.

Balises d'épisodes:

Post séries: post SG1, post Atlantis, post Universe.

Référence à l'épisode 7X13: Voyage intérieur/ Grace

Références à la saison 10.

Jack/Sam établis. Daniel/Vala établis

Référence à une autre de mes fics: La machine qui ne servait à rien.

J'espère que vous vous amusez autant à lire cette histoire que moi à l'écrire, dans un cas comme dans l'autre, n'hésitez pas à me le dire ;)


Partie 5:

Daniel regarda les vidéos pour la troisième fois, la tête dans les mains. Il comprenait mieux maintenant pourquoi il avait aperçu leurs anciennes tenues dans le fond de la caisse, sous les armes anti-guerriers Kull. Même si sa raison lui soufflait que tout ceci était absurde, une petite voix dans sa tête ne pouvait s'empêcher de lui dire que les arguments de Grace tenaient la route. Ils avaient convaincu Jacob en tout cas.

La petite fille vint s'assoir au sol, en tailleur en face de lui, imitant sa position. Sa tête émergea au-dessus de l'écran de l'appareil qu'il avait placé sur ses genoux. Elle s'était changée, les cheveux détachés et peignés pour une fois, elle portait une robe blanche unie à fines bretelles, la même que sur la vidéo. Elle pencha la tête sur le côté, attrapant son regard :

— Tu me crois maintenant ?

Daniel soupira, saisissant l'arrête de son nez entre son pouce et son index, juste au-dessus de ses lunettes :

— Je ne sais pas Grace, tout cela me semble si…

— Invraisemblable ?

— Oui.

Elle haussa un sourcil dans un mouvement que Teal'c ne lui aurait pas envié :

— Plus que de mourir, s'élever et ressusciter ? Deux fois ?

Daniel inspira, cherchant quelque chose à répondre, en vain.

— Elle vous a eu Daniel, se moqua Jacob en lui tapant sur l'épaule au passage.

L'archéologue soupira et se rendit :

— Très bien, qu'est-ce que tu veux que je fasse ?

Grace referma l'écran et lui tomba dans les bras, enserrant son cou de ses petits bras frêles :

— Merci oncle Danny !

— Je ne peux rien te refuser, hein ?

— Non. Comme tu ne peux rien refuser à maman. Ou à papa.

— A ce sujet, je n'aime pas l'idée de jouer avec les sentiments de tes parents, tempéra-t-il en posant le lecteur plus loin.

— Sérieusement ? s'amusa Grace. Tu es le premier à avoir voulu les voir ensemble, et ne me dis pas le contraire !

— C'est vrai, je suis heureux qu'ils se soient trouvés, et oui, je le reconnais, ça commençait à faire long, mais il fallait que cela vienne d'eux. Je n'ai jamais interféré.

— Ah oui ? ricana la petite fille en plantant son regard inquisiteur dans le sien. Tu n'as jamais tenté quoi que ce soit pour les influencer ? Même pas le jour où il a tant plu pour l'anniversaire de maman ? Tu sais le temple, au milieu de la forêt, chez les Valiens ?

Daniel se sentit virer pivoine :

— Qui t'a raconté ça ?

Grace fit une moue amusée, haussant les épaules, mais ses yeux volèrent une fraction de seconde vers Teal'c.

— J'aurais dû m'en douter, grinça-t-il en regardant son ami qui prit le visage le plus impassible possible. Tu sais qu'il n'y a que toi qui arrive à le faire parler ? C'est assez fascinant d'ailleurs, soudain pris d'un doute il planta son regard dans celui de la fillette : tu sais ce qui s'est passé pendant les cinquante années qu'on a passé sur l'Odyssée, n'est-ce pas ?

Il la sentit rire dans ses bras :

— Possible.

— Et tu ne me diras rien ?

— Rien du tout, motus et bouche cousue. Contrairement à toi, je suis une tombe.

— Hé ! Tu vas me payer cette remarque Grace O'Neill !

Il fit mine de la chatouiller et l'enfant explosa de rire par anticipation. Cet instant suspendu allégea pour un temps l'angoisse qui sourdait en lui. Il surprit le regard attendri que Vala posa sur eux alors qu'elle sortait les vêtements de la caisse et tendait à Teal'c de quoi se changer. Elle lui accorda un sourire qu'il lui rendit et un poids quitta sa poitrine.

— Tu n'es pas encore tout à fait sorti d'affaire, lui souffla Grace à l'oreille.

Ses boucles blondes parfumées au shampoing fruits rouges et …, il renifla encore…, une odeur ferreuse non-identifiable, lui chatouillèrent le nez :

— Qu'est-ce que tu as encore été fabriquer ? Tu as quoi dans les cheveux ?

— J'ai bidouillé l'hyper-espace pour qu'il soit plus stable pendant que tu dormais.

Il soupira :

— Bidouillé hein ?

— Selmak m'a aidée, elle est trop forte, Meredith va être vert.

Daniel pouffa :

— Arrête de l'appeler comme ça, il en a horreur, tu le sais bien.

— Justement.

— Tu es impossible, la gronda-t-il gentiment en la mettant sur ses pieds.

Elle lui offrit un visage radieux :

— Merci.

— Pfff. Bon, qu'est-ce qu'il faut que je fasse ?

— Vala ! appela la petite en se tournant vers elle.

— Tiens, c'est celui que tu avais caché dans la penderie, dans la boite à souvenirs, ajouta sa femme avec un clin d'œil, j'espère que tu rentres encore dedans.

Il lui fit une grimace alors que son cœur se réchauffait de retrouver leur complicité. Grace éclata de rire avant d'ajouter :

— N'oublie pas les cheveux.

Un sourire carnassier traversa le visage de Vala et Daniel déglutit :

— Qu'est-ce qu'ils ont mes cheveux ?

— Il faut qu'ils soient plus…, Grace hésita.

— Plus ébouriffés ? Plus sauvages ? proposa Vala, s'approchant tout en sortant une paire de ciseaux de sa poche.

Il recula par réflexe :

— Ne t'approche pas de moi avec ça !

— Oh arrête de faire le bébé, s'amusa Vala.

— Teal'c a dû faire un bien plus grand sacrifice, fit remarquer Grace.

— En effet, confirma ce dernier, de nouveau complètement chauve.

Daniel ne pouvait pas lutter, il grogna :

— Fais attention, d'accord ?

Vala sauta sur place, souriant d'une oreille à l'autre :

— J'ai toujours rêvé de faire ça !

— Ça ne me rassure pas !

— Et il faut changer tes lunettes ! lança Grace alors qu'elle farfouillait dans la caisse.

— Qu'est-ce qu'elles ont mes lunettes ? C'est toujours le même modèle !

— Pas tout à fait, les verres sont un peu différents, argumenta la petite fille en lui retirant sa paire du nez. La couleur et l'épaisseur ne sont pas les mêmes.

— Parce que j'ai changé de correction en quatorze ans.

— Si je l'ai vu, maman le verra, trancha Grace en lui mettant une ancienne monture sur le nez.

Le monde de Daniel était maintenant flou :

— Ta mère a une commotion et d'autres chats à fouetter que la couleur de mes lunettes.

— On ne peut pas prendre ce risque, objecta l'enfant.

— Mais je ne vois rien avec ces lunettes.

— Mais si, ça ira, lui assura Vala en déposant un baiser papillon sur sa joue. J'ai fini. Tu vois ? Tu as toujours tes deux oreilles.

— Grace a raison, Sammy le verra, renchérit Jacob.

Daniel se releva et d'un geste de la main se rendit, puisque tout le monde était contre lui de toute façon. Soit, il allait faire cette mission totalement abracadabrante, dans un vieux pantalon qui le serrait plus qu'il ne l'admettrait jamais et en n'y voyant pas à deux mètres avec ses vieilles lunettes. Après tout, qu'est-ce qui pouvait mal tourner ? Comme si elle avait lu dans ses pensées, Vala se glissa derrière lui et enserra sa taille avant de poser son menton sur son épaule :

— On est SG1, nos plans foirent toujours, mais on s'en sort à la fin. C'est notre marque de fabrique, non ?

— Ça fait un moment qu'on n'est plus SG1, soupira Daniel, bien conscient qu'il était à l'origine de cette décision et que c'était pour lui, et à cause de lui, que Vala avait renoncé aux missions, officielles du moins.

Elle appuya sa joue contre la sienne :

— On sera toujours SG1. Sam, Jack, Teal'c, toi, Mitchell, et moi. Peu importe qui porte les insignes. C'était vous SG1, dès le début, et puis bon, certes, on s'est un peu imposé.

— Ah bon ? ironisa Daniel.

— Tu m'as adorée dès le départ…

— Non.

— Avoue, insista-t-elle en resserrant son étreinte.

— Possible, concéda-t-il en décalant un peu sa tête pour effleurer sa joue de ses lèvres.

— Je l'ai toujours su.

— Tu mens.

Elle eut un rire doux :

— Possible.

— Je suis désolé tu sais, comme elle ne répondait rien mais s'était tendue contre lui, il continua, la gorge un peu serrée : je n'ai pas toujours été très sympa avec toi.

— Tu es le premier à m'avoir fait confiance, tu m'as ouvert les portes d'un monde où m'installer enfin, avec un travail et une famille, je crois que c'est davantage que ce qu'offre la plupart des hommes, non ?

Il reconnut sa réponse pour ce qu'elle était : une tentative d'alléger la conversation, mais il avait l'âme trop lourde de ce dont cette mission lui faisait prendre conscience pour saisir la perche tendue :

— Je t'ai coupé les ailes.

Il la sentit froncer les sourcils :

— Je n'ai jamais eu d'ailes.

— C'est une expression, ça veut dire que je t'ai enlevé ta liberté et…, il la sentit vibrer contre lui : mais tu le sais déjà et tu me fais marcher.

— Daniel, son ton était plus sérieux et l'émotion gagna l'archéologue, changer tout le temps d'endroit parce qu'on est obligé de fuir, de voler, de mentir. Ne dépendre de personne car les seuls qui se soucient de votre existence sont ceux qui veulent vous tuer, ce n'est pas la liberté. Tu ne m'as rien pris du tout. Toi, et SG1, vous m'avez permis de trouver qui j'étais, d'être celle que j'avais envie d'être. Elle est là ma liberté Daniel.

— Mais c'est…

Elle le coupa immédiatement :

— Non. La décision d'arrêter les missions, de sortir de SG1, était la nôtre, tu ne m'as obligé à rien.

— C'est ma peur qui a dicté cette décision, Vala.

— Cette mission…, il la sentit inspirer plus profondément et sa joue tressauta, alors que lui-même essayait de refouler ses souvenirs : c'était vraiment horrible. On a tous eu peur Daniel. Moi la première. Sam a eu peur aussi. Je crois que même si on n'avait pas pris cette décision, elle ne nous aurait jamais laissés repartir, pas après ça. C'était le moment d'arrêter. On a fait notre part Daniel.

Il leva le bras pour caresser les cheveux de sa femme :

— Et pourtant nous sommes là.

— Oui, elle grimaça, ces missions avec Grace, je sais que c'est une entorse à notre pacte mais ce qu'elle fait est vraiment important, je ne peux pas la laisser faire seule.

— Si ce que vous faites, quoi que ce soit, doit être fait, alors je suis content et soulagé de la savoir avec toi, concéda-t-il.

— Vraiment ? releva Vala d'un ton rieur.

— Oui, grogna Daniel, mais ne lui dis rien.

— Elle est géniale, glissa-t-elle en regardant la petite fille qui dissertait avec son grand-père tout en contournant la nébuleuse.

— Et exaspérante.

— Et adorable.

Daniel se perdit un instant dans la contemplation de la fillette radieuse qui racontait joyeusement tous les éléments de sa vie à un grand-père dont la rencontre défiait la mort, étourdi par la compersion qu'il ressentait à cette vue. Quelque chose se brisa un peu en lui, comme la pointe d'une flèche qu'on enfoncerait lentement dans son cœur, suffisamment pour le blesser, insuffisante à le détruire, le laissant battre avec la gêne et la douleur d'une présence. La place du vide.

— Je suis désolé, souffla-t-il d'une voix trop rauque.

Vala resserra son étreinte :

— De quoi encore ?

— De ne pas avoir pu t'offrir ça. Avec un autre…

— Je n'aurais voulu ça avec personne d'autre. Et on ne peut pas dire que ma première expérience en la matière…

Sa voix se brisa un peu et la gorge de Daniel se serra davantage :

— Vala… Pour Adria, tu…

— Je sais, elle secoua imperceptiblement la tête comme pour chasser le souvenir de sa fille et de son absence, ce n'est rien. C'est du passé tout ça. Et puis, soyons honnête, on n'est déjà pas trop de cinq pour s'occuper de Grace, alors imagine s'il avait fallu gérer un mini-Daniel en plus ?

La douleur éclata comme une bulle et un rire remonta dans la gorge de Daniel :

— Ou pire, une mini Vala ! Hé ! cria-t-il quand le genou de sa femme lui heurta l'arrière de la cuisse.

La montre de Grace bipa :

— Les campeurs, accrochez-vous, c'est l'heure !

Ils se rapprochèrent de l'avant et Daniel fronça les sourcils, réalisant soudain qu'il y avait des paramètres auxquels il n'avait pas songé tandis que Grace manœuvrait pour s'approcher des portes du pont d'envol du Prométhée :

— Et comment comptes-tu ouvrir le hangar ?

La fillette haussa les épaules :

— Grace au programme qu'on a installé à bord du X-303.

Si sa mâchoire n'avait pas été si bien accrochée, il l'aurait sans doute perdue :

— Pardon ? Tu as fait quoi ? Et quand ?

Vala lui tapota dans le dos :

— Longue histoire.

(A suivre)