Petit mot de l'auteure : Au moins de juillet, la Bibliothèque de fiction (cad moi) a organisé la troisième édition du "Sur votre 31"! Le principe est d'écrire un recueil mettant en scène un même couple de personnages (canon ou ship) : les deux peuvent être dans les textes amoureux, justes amis voir ennemis, l'essentiel est qu'ils apparaissent comme un duo. L'autre contrainte est d'écrire autour d'une liste de mots imposés (qui peuvent être le sujet du texte ou simplement être placés). Les textes n'auront (sauf mention contraire) pas de liens les uns avec les autres.

Après Geralt et Jaskier (The Witcher), je fais une deuxième version sur Andromeda et Bellatrix ! C'est un duo sur lequel j'ai eu plaisir à écrire lors d'une micro fic et j'ai eu envie d'en faire une édition SV31.


Jour 1 : Sable

Contexte : canon pre livre


Le temps est assez clément pour ce début du mois de juin. Il ne fait pas vraiment chaud, mais au moins le soleil perce derrière les nuages, réchauffant la plage sans toutefois la menacer par de dangereux rayons. En somme, malgré l'air froid qui parcourt leurs corps, il s'agit d'un temps parfait pour la petite sortie familiale qu'on prévu leurs parents.

Ces derniers, toujours aussi stricts qu'à l'accoutumée, se tiennent prêt à reprendre leurs trois fillettes, comme s'ils attendaient qu'elles fassent une bêtise pour prouver qu'ils avaient raison et que toute cette histoire de plage était une mauvaise idée – ils étaient des Black, par Merlin, pas de vulgaires moldus qui s'amusaient sans grâce dans le sable ! Mais voilà, les prestigieux Malefoy avaient emmenés leurs enfants à la plage, les Parkinson aussi, et bientôt, toute la société sang-pure avait déclaré du dernier chic de faire une virée à la mer en famille. Bien évidement, les parents Black avaient dû se plier à cette nouvelle tradition, quand bien même ils la trouvait farfelue et idiote. Ils s'étaient donc résignés, en avertissant bien leurs filles d'être aussi gracieuses et distinguées que d'ordinaire – cette recommandation s'appliquant surtout pour Narcissa – et de bien vouloir ne pas leur faire honte avec leur caractère tempétueux – là, c'était Bellatrix et Andromeda qui étaient visées.

Malheureusement, malgré tout leur bon sens sang-pur, Cygnus et Druella Black assistent impuissants à la déchéance des leçons d'éducation qu'ils ont mis tant de temps à apprendre à leurs filles, car les voilà qui courent, tombent dans le sable et maintenant, comble de l'horreur, utilisent leurs mains pour façonner un château avec les grains dorés.

Si Cygnus et Druella étaient de meilleurs parents, des parents plus soucieux du bonheur de leurs filles que de leur réputation auprès de gens qui n'étaient même pas présents sur les lieux du « crime », ils auraient pu être heureux de voir leurs filles s'amuser. Pour une fois, Bellatrix, Andromeda et Narcissa ne se disputaient pas, mais travaillaient au contraire de concert pour concevoir un château de sable – le plus beau de tous les temps, lancé par défi par la deuxième. Bien évidemment, la première répond avec ferveur – hors de question que Bellatrix laisse Andromeda la distancer en quoi que ce soit, alors même si construire des châteaux ne lui plaît pas vraiment, construire un château elle fera. La dernière, Narcissa, se contente comme à son habitude de suivre ses aînées. Et le résultat paie : à la fin de leur dur labeur, c'est une forteresse qui s'élève dans le sable.

Huit tours, un donjon, une muraille sertie de coquillages, un fossé, même la rigide Druella Black est obligée de complimenter l'ouvrage.

À croire qu'elles pourront presque passer une bonne après-midi, sans disputes ni leçons. Mais voilà que Druella leur demande dans un sursaut d'intérêt à quoi elles destinent ce château. Narcissa, quatre haut, répond ni une ni deux qu'il est destiné à les abriter des monstres en attendant qu'un beau prince vienne les sauver et gagne ainsi la clef de leurs cœurs. Andromeda, six ans, hoche la tête en soutient à la blonde. Les deux sont si jeunes mais connaissent pourtant bien la leçon : elles, de belles demoiselles en détresse, et un beau – et surtout riche et de bonne famille – prince pour les sauver. En somme, de quoi ravir Druella finalement, cette idée de plage n'était pas si mauvaise. Elle a renforcé les liens entre les sœurs tout en inculquant les idées de la bonne société.

Mais voilà, reste Bellatrix.

Bellatrix, huit ans, toute menue et frêle, qui bombe fièrement le torse pour dire :

- Moi, je me sauverai moi-même. Je n'ai pas besoin d'un prince.

- Ah oui ? Et que sera ton mari pour toi, s'il n'est pas ton prince ? Demande sa mère.

Druella a posé cette question avec le ton que ses trois filles ont appris à se méfier, ce ton qu'elle utilise avant de les punir ou de les traiter de moins que rien le ton doucereux de celle qui fait semblant de s'intéresser à elles tout étant prête à n'entendre qu'une chose, ce que elle-même a décidé comme étant la bonne réponse.

- Je ne me marierai jamais, dit-elle sur un ton de défi.

Forcément, ce que répond Bellatrix ne convient pas.

Et voilà. Le bel après-midi, le presque beau-temps, la château et ses tours... tout ces beaux éléments sont remplacés par deux gigantesques baffles – une pour on ne parle pas à sa mère sur son ton, la deuxième pour tu te marieras, en tant que femme c'est ton devoir de perpétuer notre noble lignée. Le tout rapidement suivi par un discours tout fait sur son rôle attendu dans la société, conclus par la terrible sentence : nous rentrons à la maison !

Narcissa s'exécute en souriant – le sable commençait à la gratter de toute façon –, Bellatrix suit le mouvement sans baisser les yeux, et Andromeda traîne.

Elle, elle aurait voulu y rester, à la plage. Mais encore une fois, sa sœur n'a pas su se taire, alors qu'elle aurait dû. Dans son esprit d'enfant, naît alors deux sentiments très diffus le premier, une haine incontrôlée envers Bellatrix qui a fait avorter leur si bel après-midi, et le second, plus inattendu, d'un respect immense envers sa grande sœur qui a su rester sur ses positions et garder la tête haute, malgré le sang qui coule maintenant sur ses lèvres.