Petit mot de l'auteure : texte écrit pour la 150e nuit du FOF sur le thème "variante" (que clairement j'ai juste placé vite fait) car la contrainte était surtout de faire un acrostiche.


Jour 15 : Arbre

Contexte : Azkaban


Semaines, mois, années... Tout se mélangeait à Azkaban. Le temps filait entre ses doigts, sans qu'elle ne s'en aperçoive réellement. Il fallait dire que rien dans ce monde n'était changeant. Elle avait été placée dans le quartier le plus sécurisé, ne lui offrant aucune fenêtre sur l'extérieur qui pourrait lui montrer le défilé des heures, des saisons. Ses seules indications de la course du temps, c'était les variantes qui se produisaient dans son propre corps : des rides qu'elle sentait sur son visage, des cheveux blancs qui pointaient ci et là, autant de signes des années passées.

Ou bien signes de l'emprise des Détraqueurs ; elle n'excluait pas cette possibilité. Les monstres étaient présents à toutes heures près d'elles. Ils rodaient dans le couloir où elle était enfermée, s'approchant bien trop souvent de sa cellule pour qu'un être humain normalement constitué n'y survivre.

Elle n'avait jamais été un être humain normalement constitué, heureusement pour elle. Malgré la pression exercée par le pouvoir néfaste des sombres créatures, elle tenait bon. Par sa force naturelle, mais pas seulement. Elle avait en effet prit l'habitude de faire remonter à la surface un souvenir bien précis.

Un souvenir qui lui était douloureux : celui du départ de Andromeda. Elle n'avait pas été préparée à cette décision. Elle savait bien sûr que sa cadette n'appréciait pas vraiment leur famille, mais elle n'avait pas imaginé que celle-ci prenne la décision de les quitter... De la quitter. Et pourtant, elle était venue la voir sous le grand chêne où elles avaient passés tant de temps à jouer ensemble enfant, pour lui dire qu'elle comptait fuir. « Je vais me libérer de mes chaînes » avait-elle osé dire, comme si leur famille était une prison. Elle n'avait pas réussi à la convaincre de rester ; au final, elle n'avait pu que la regarder lui tourner le dos et s'évanouir dans l'horizon.

Rien dans ce souvenir n'était agréable. De ce fait, les Détraqueurs ne parvenaient à le lui retirer. Et c'était grâce à lui qu'elle parvenait à tenir, année après année, se jurant qu'un jour elle ferait payer à Andromeda de l'avoir abandonnée. Ou peut-être qu'au contraire, elle la remercierait de l'avoir encore une fois protégée...