Milo s'est levé. J'ouvre les yeux dans l'obscurité. Il n'est pas allé bien loin, je l'entends échanger quelques mots avec Aiolia. J'aurais dû me douter que ce serait trop d'un coup.

Est-ce que je le rejoins ?

Le savoir seul m'angoisse. La dernière fois que nous nous sommes perdus de vue, on s'est retrouvé dans cette arène cauchemardesque. Je me force à inspirer calmement, à combattre la panique. Quelques chose effleure ma joue. Je ne me suis pas rendu compte que j'avais fermé les yeux. Camus me regarde, baigné dans la pénombre. Il a replié un bras sous sa tempe et… ses doigts sont frais contre ma peau enfiévrée par le sursaut d'adrénaline.

Je…

Je ne sais pas quoi faire. Ice Cube se redresse légèrement et ses lèvres frémissent légèrement. Cet instant de trouble est assez étonnant pour que je jette un œil à mon tour. Aiolia a passé un bras autour des épaules de Milo. Je le vois se raidir légèrement – je me tends, prêt à réagir – puis sans prévenir, il se… laisse aller comme s'il n'avait plus la force. Ça me brise le cœur de le voir ainsi et de savoir que ce n'est pas moi qui lui permet de se détendre. Et ça me rassure en même temps : pas de crise panique. C'est… c'est bien. Ils chuchotent tous les deux et je vois le dos de Milo perdre la tension résiduelle qui ne l'a plus jamais quitté depuis les arènes et ce qu'il y a subi. Et… j'ai envie de hurler, d'attaquer Aiolia parce que je voudrais tant que ce soit moi qui puisse aider le Scorpion. Et en même temps de l'embrasser parce qu'il lui fait du bien. Il l'apaise plus que Camus et moi pourrions jamais le faire. Juste parce qu'ils sont amis sans ligne trouble entre eux.

Les doigts frais de Camus effleurent à nouveau ma joue. À mon grand embarras, je me rends compte que mes larmes coulent sans frein. Je veux essuyer mes yeux mais il m'en empêche, m'observe avec cette froideur qui me met tellement mal à l'aise. Puis, sans prévenir, ses traits s'adoucissent et je vois l'homme que Milo aime, plus accessible, plus jeune… plus humain. Alors, je le laisse m'attirer à lui, pose la tête sur son épaule et… Pour la première fois depuis… Saga – avant que notre relation ne s'empoisonne mutuellement – je m'endors avec la certitude d'être en sécurité.


Hemere : hehehe... oui, je suis de retour. Je ne sais pas jusqu'à quand alors, j'en profite pour avancer tranquillement. Les chapitres sont courts, en effet. Désolée. J'ai besoin de remettre le pied à l'étrier. Ça fait depuis 2019 que je n'ai plus écrit dans Soul of Mayhem, mine de rien.