Le silence s'installe peu à peu derrière moi. Assis sur le seuil de la cabane, je laisse mon regard dériver. Nous sommes sortis de la forêt. Les alpages qui nous abritent se trouvent sur un versant d'où la cité en flammes n'est pas visible. Seuls les filaments orangés qui serpentent dans le ciel couvert rappellent que tout ce que nous avons vécu n'était pas un cauchemar.

J'ai vraiment essayé de ne pas entendre, de ne pas me montrer indiscret mais… Avec la meilleure bonne volonté du monde, j'ai des oreilles en bon état de marche. Les échanges à mi-voix de mes compagnons m'ont brisé le coeur. Ils m'ont aussi surtout rappelé que je suis seul. C'est sans doute égoïste de ma part mais je me demande si mon frère a lui aussi survécu. S'il est dans ce monde et… s'il a rencontré les trolls comme nous ou s'il a eu plus de chance. Je devrais m'estimer heureux d'avoir pu le croiser devant le Mur des Enfers. Mais… j'aurais voulu avoir plus de temps…

Un soupir m'échappe.

Un bruissement m'alerte. Mais c'est juste Milo qui s'approche. Il avance lentement et de la main, j'effleure ses doigts avant qu'il n'aie basculer tête la première à mes pieds. Il sursaute.

— Eh… je souffle.

Un petit sourire vient jouer sur ses lèvres et il me laisse prendre sa main pour le guider à mes côtés.

— Ça… va ?

Je me sens idiot de lui poser cette question mais je ne vois pas quoi dire d'autre.

— Ouais.

Il me répond sur le même ton, un chuchotis, tandis qu'il s'assied à mes côtés. Nous restons épaule contre épaule un long moment en silence puis, je redemande :

— Et pour de vrai ? Comment tu te sens ?

Un souffle un peu tremblant lui échappe.

— Je suis dehors. C'est déjà ça.

Dehors.

Hors de la prison dans laquelle il est resté enfermé avec Kanon.

— Tu n'as pas sommeil ?

— Je… ne sais pas.

Ce n'est pas tout à fait la réponse que j'attendais. Comment il peut ne pas savoir ?

— Je…

Il fronce les sourcils avant de soupirer.

— C'est juste… trop. Je peux pas…

Il s'interrompt à nouveau, ses lèvres prennent un pli compliqué. Vulnérable. Je n'aime pas cette expression sur son beau visage.

— Je peux… rester un peu ? Près de toi, je veux dire.

Depuis quand il a besoin de demander ? Je ne suis pas le plus aimable de nos camarades mais… il sait qu'il est le bienvenu. Je ne le souligne pas, je ne sais pas trop quoi répondre. Alors, j'opte pour la simplicité :

— Ouais.

Un sourire me récompense. Il a l'air un peu plus lui-même à présent. Son épaule vient donner contre la mienne et nous restons silencieux dans la nuit qui s'écoule lentement.


Invité : je te remercie de ton passage ! Je suis ravie que mes loulous te plaisent toujours. Et… hum… il aura fallu attendre près de 2 ans avant d'avoir une suite à la fic. J'espère être bien relancée. Croisons les doigts !

Hemere : Aiolia est un bon ami. Il veille à ce que rien ne vienne embêter les trois loulous. Hum… Milo doit-il vraiment être réparé ? C'est la question. Quant à Camus… disons qu'il est handicapé socialement…

Saharu-chan : pas de soucis. J'ai mis 2 ans à pondre un chapitre de plus… on va dire balle au centre ? Il me donne du fil à tordre le Camus mais je prends beaucoup de plaisir à l'écrire mine de rien. Pour les autres… hum… bonne question. Je me concentre sur cet arc-ci en priorité et je me pencherai sur le trio terrible et Mu, Saga et Cie après. Je sens l'écurie du coup j'avance un max sur Milo et compagnie la suite viendra en cours de route en bonne jardinière-archéologue qu je suis.