Un petit OS indépendant et, je l'espère, léger et tendre. Oui je recommence avec mes machines qui ne servent à rien ;)

Avertissement préalable: la franchise Stargate, ses personnages, ne m'appartiennent pas. Ce texte n'a aucune visée commerciale et vise juste au divertissement.

Balises d'épisodes: post saison 10 SG1, post saison 4 Atlantis, pendant la saison 5 d'Atlantis, environs deux mois avant Enemy at the Gate/ l'Empire contre attaque. Sam/Jack établis

Note: J'ai décidé que, dans l'intimité, après toutes ces années, Daniel et Jack se tutoyaient. Cela me paraissait assez incohérent qu'ils continuent à se vouvoyer dans le privé, surtout une fois que Jack n'est plus à la tête de l'équipe et, à fortiori, avec la présence de Vala, qui n'aurait pas manqué de leur faire remarquer l'absurdité de la situation. Ils se tutoient donc tous ici.

Merci Shippeusesamnjack, mon accro à Stargate préférée

Merci Dana LMM, la reine de la virgule.

Toutes les erreurs sont les miennes.


La machine qui ne servait à rien – le retour (sans mauvais tour)

« Rah mais c'est pas vrai !

De l'autre côté de la porte du labo de Sam, Jack grimaça, il n'aimait pas vraiment l'énervement et la frustration qu'il entendait dans sa voix. Il épousseta son costume, dont il avait toujours horreur, même si après trois et demi au pentagone il s'y était habitué, inspira profondément, frappa un coup, fort et clair, et passa la tête dans l'entrebâillement :

— Bonjour colonel.

Carter sursauta, leva rapidement la tête vers lui, rougissant très brièvement. Il se mordit l'intérieur de la joue pour ne pas afficher le sourire suffisant qu'elle détestait, et qui lui vaudrait à coup sûr une remarque en rentrant à la maison. Mais il aimait tellement voir cette expression fugace sur son visage, prouvant, s'il en était besoin, l'étendue de leurs liens, que c'était difficile. Elle était maintenant parfaitement professionnelle, au garde-à-vous, impassible :

— Mon général ?

— Repos Carter.

Elle leva vers lui deux yeux bleus, brillants, un poil mutins, comme à chaque fois qu'ils jouaient ce qu'elle appelait « le jeu des grades » alors que rien ne l'obligeait, si ce n'était peut-être les caméras de la base mais il n'y avait plus guère de secret à préserver pour qui que ce soit dans cette base, et bientôt, il y en aurait encore moins. Elle se laissa retomber sur son siège, soupirant un peu et, se plaçant dans son dos, il se pencha au-dessus son épaule, se collant à elle bien plus qu'il n'était censé le faire :

— Sur quoi tu travailles ?

— La machine de Daniel, grogna Sam en retroussant le nez.

— La machine de Daniel ?

— Oui, ils l'ont trouvée sur les indications de Vala, d'après d'anciens souvenirs de Qetesh, Daniel a traduit ce qu'il y avait d'écrit tout autour et il a convaincu tout le monde qu'il s'agissait d'une arme. C'est devenu la « priorité numéro un ». Du coup, on m'a retiré des rotations de missions pour que j'y consacre tout mon temps, mais tu le sais déjà, puisque tu as signé les papiers, cracha-t-elle presque.

Grillé.

Il appuya un peu plus sa tête contre la sienne, de sorte que sa voix résonne en elle, il savait que cela la calmait :

—Je sais, admit-il doucement, mais c'est vraiment important et les autres ont…

— Tous échoué à la faire marcher, je sais, le général Landry me l'a déjà dit.

Jack ne put s'empêcher de rire face à la mine boudeuse de sa femme :

— Que veux-tu, c'est ça d'être la meilleure.

— Ouais, c'est ça, et arrête de te moquer moi ! ordonna-t-elle en le poussant un peu de l'épaule.

— Hé, je ne me moque pas. Mais je sais la chance que j'ai d'avoir épousé la meilleure scientifique de toute la galaxie.

— Pfff, arrête.

Jack resserra son étreinte, satisfait de la sentir plus détendue contre lui.

— En plus, je ne suis pas qu'une scientifique, ajouta-t-elle un sourire retenu dans la voix.

Il pouffa contre son cou :

— Oui, tu es la meilleure tireuse, la meilleure pilote, la meilleure combattante, la meilleure commandante et la meilleure femme des deux galaxies réunies.

Elle éclata de rire, l'éloignant un peu d'elle et lui administra une petite tape sur la main :

— Les flatteries ne vous mèneront à rien, Jack O'Neill.

La main sur le cœur, Jack faussement offusqué s'exclama :

— Quoi ? Colonel, de quoi m'accusez-vous là ?

Elle secoua la tête, riant toujours, puis son regard se posa sur la machine et il vit le sérieux retomber sur son visage.

— Merci, souffla-t-elle alors qu'il plaçait ses mains sur ses épaules.

— De quoi ?

— D'être passé, d'être là.

— Toujours Carter.

Elle appuya sa joue contre sa main :

— C'est juste que, tu comprends, c'est déjà compliqué d'être de retour ici après avoir commandé Atlantis, alors en plus être coincée au labo ! Ne te méprends pas, j'adore le SGC, j'adore être sur Terre et qu'on puisse passer plus de temps ensemble c'est juste que…

— L'aventure et le commandement te manque, compléta-t-il.

— Je crois, oui. Je suis désolée.

Jack laissa échapper un rire doux :

— Ne le sois pas, je comprends. Je te connais Carter : j'ai su que tu étais faite pour le commandement dès que je t'ai vue, je t'ai entraînée pour ça. Cela ne durera pas, le Phoenix sera pour toi, après tout ça, glissa-t-il à son oreille.

Elle bondit si vite sur sa chaise pour se tourner face à lui qu'elle faillit lui mettre un coup de tête :

— Vraiment ?

— Oui, il sourit et glissa un doigt sur ses lèvres : mais je ne t'ai rien dit, d'accord ?

— Je ne sais rien.

— Bien. Et ce sera pour après….

Il laissa sa phrase en suspens, agitant vaguement la main. Elle acquiesça rapidement :

— Oui, oui je sais bien, pas de problème.

— De toute façon, il faudra encore de nombreux mois avant qu'il ne soit fini, surtout avec toutes les modifications que tu y as fait apporter, et celles que tu demanderas encore maintenant que tu sais que c'est le tien, ajouta-t-il en lui faisant un clin d'œil.

Elle eut cet air de petite fille à la fête foraine qui le faisait systématiquement fondre :

— Je peux ? C'est vrai ?

— Oui, tout ce que tu veux. Dans la limite des budgets et du raisonnable, précisa-t-il rapidement alors que les yeux de sa scientifique préférée s'allumaient. Mais d'abord, tu dois t'occuper de ça, précisa-t-il en désignant la machine qui occupait sa paillasse et clignotait vaguement.

— Ah oui, ça, grogna à nouveau Sam.

— Tu as avancé ?

— Si on veut. J'ai compris qu'elle était endommagée, j'espère en tirer davantage de choses lorsque j'aurai fini de la réparer …

— Mais ?

— Les réparations n'en finissent pas, c'est fastidieux, et ennuyeux, et je ne vois pas pourquoi Lee ou un autre ne pourrait pas s'en charger. A moins que ce soit eux qui n'aient causé les dommages ?

Elle le fixa, il grimaça. Elle pinça les lèvres, expirant lentement par le nez, marmonnant entre ses dents tout en attrapant une pince :

— J'aurais dû m'en douter.

— Je vais aller te chercher quelque chose à manger, d'accord ?

— D'accord. Gelée.

— Sam, tu penses vraiment que c'est une bonne…

Elle ne le laissa pas finir, sa réponse claqua sans qu'elle ne relève la tête de l'appareil :

— Gelée.

— Ok, gelée, capitula Jack en reculant vers la porte.

Il sortit, repoussant doucement la porte et soupira malgré lui. La frustration et la colère de Carter lui mettaient toujours autant les nerfs en pelote, même après tant d'années, même en sachant qu'il n'en était pas l'objet. Être son mari ne changeait rien, c'était peut-être même pire. Tout ce qui la touchait l'atteignait, certaines choses restaient immuables.

Il remontait le couloir en direction du mess, quand la voix stridente et joyeuse de Vala le fit s'immobiliser :

— Jack !

Il adapta sa position, préparant ses genoux à l'impact, alors que la jeune femme fonçait vers lui, Daniel en remorque.

— Vala, s'étouffa-t-il, alors qu'elle lui sautait dans les bras. Daniel, ajouta-t-il en regardant, par-dessus l'épaule de la jeune femme, l'air navré de son ancien coéquipier.

— Vala, gronda l'archéologue.

Cette dernière l'ignora :

— Quand est-ce que tu es arrivé à la base ?

Il tira sur son bras pour regarder sa montre :

— Trois heures.

— Trois heures ? Mais pourquoi on ne se voit que maintenant ?

— Peut-être parce qu'on est revenu de mission il y a moins d'une heure ? marmonna Daniel.

Jack déposa la jeune femme et tapa dans le dos de son ami :

— Je vais chercher de la gelée pour Carter, vous venez avec moi ?

— Comment va Sam ? s'enquit l'archéologue en regardant ses pieds, tout en emboîtant le pas du général.

— Ça va. C'est Carter, elle n'aime pas quand une machine lui résiste.

Vala pouffa et les épaules de Daniel s'affaissèrent beaucoup trop pour quelqu'un d'honnête. Jack s'immobilisa :

— Qu'est-ce que je ne sais pas ?

Il fixa tour à tour Vala, dont un sourire barrait le visage d'une oreille à l'autre, et Daniel, qui évitait soigneusement son regard. Il n'avait pas à chercher loin pour trouver le maillon faible dans cette histoire :

— Daniel !

— Quoi ?

— Qu'est-ce qui se passe avec cette machine ?

— Rien du tout.

— Daniel, menaça O'Neill.

Daniel grimaça, gigotant légèrement :

— Vala…

Cette dernière leva les yeux au ciel, les attrapa chacun par le bras et les tira jusqu'au labo de Daniel. Quand la porte fut refermée sur eux, elle se planta devant Jack :

— Elle ne sert à rien.

Jack s'étrangla :

— Je vous demande pardon ?

— La machine ne sert à rien, répéta Daniel.

— Ah, donc tu confirmes que tu étais au courant ?

Daniel soupira et marmonna un truc incompréhensible. Jack sentit l'énervement le gagner :

— Vous allez m'expliquer à quoi vous jouez tous les deux ? Toutes les huiles sont surexcitées par cette machine, ils espèrent que vous avez ramené une nouvelle arme ancienne !

Vala haussa les épaules :

— Ben ils vont être déçus.

Jack se passa une main sur le visage :

— OK, et pourquoi a-t-elle été construite alors ?

— Pour gagner des paris.

— Quoi ?

Vala sauta sur le bureau de Daniel pour s'assoir et ce dernier rattrapa une pile de papiers in-extremis :

— C'est simple : vous dites à quelqu'un, un grand mécano de préférence, avec un gros ego, que cette machine est irréparable. Vous le regardez vous expliquer en long, en large, et en travers, à quel point il est doué, et vous dire que lui peut réussir là où vous, pauvre femme, avez échoué, vous prenez le pari, vous le laissez s'énerver sur la machine, qui est prévue pour systématiquement déclencher une nouvelle panne quand vous en réparez une, et vous encaissez la monnaie !

— D'après mes traductions, je pense que cela a été conçu comme une machine d'entraînement pour former des mécaniciens atlantes, tempéra Daniel mais Jack ne l'écouta pas vraiment :

— C'est diabolique, admira Jack, et je peux comprendre l'intérêt face à un importun mais pourquoi est-ce que vous faites ça à Sam ?

— Pour la tenir occupée et loin des missions, c'est bien ce que tu voulais non ? demanda Vala en sautant du bureau pour se planter devant lui.

Jack déglutit et bafouilla :

— Je ne vois pas de quoi tu parles.

Daniel le fixa :

— Jack.

— Quoi ?

— On sait que tu as demandé à Landry d'affecter SG1 uniquement à des missions secondaires depuis un mois.

Jack grimaça :

— C'est Hank qui vous l'a dit ? Il va m'entendre.

— Le général Landry n'a rien dit, précisa Daniel.

— Il n'en a pas eu besoin ! C'était évident ! s'exclama Vala. Je ne te critique pas, je comprends pourquoi tu l'as fait, mais elle aurait fini par se douter de quelque chose, alors on a trouvé cette solution. Comme ça, elle est en sécurité au labo, et nous, on peut refaire de vraies missions !

— Vala, avertit Daniel.

— Quoi ? C'est vrai, non ? J'en ai marre de déménager des villages, réparer des clôtures ou accompagner les infirmiers pour les campagnes de vaccination ! Là, tout le monde est content : Sam reste en sécurité au SGC en attendant la naissance du bébé et nous, on peut aller botter les fesses de l'alliance luxienne.

Jack perdit très légèrement l'équilibre et balbutia :

— Alors tous les deux vous êtes au courant pour… est-ce que c'est Sam qui…

Vala sourit :

— Non, elle n'a rien dit, mais toi tu viens de le confirmer.

Jack se sentit blêmir. Face à lui, Daniel affichait ce regard qui disait « désolé, elle t'a eu ».

La jeune femme éclata de rire :

— De toute façon, ça aussi c'était évident.

Daniel se racla la gorge et leva les yeux vers elle par-dessus ses lunettes. Vala se rendit :

— Bon d'accord, on n'avait rien deviné du tout, c'est Teal'c qui nous l'a dit, modification des odeurs corporelles ou un truc comme ça, ce type a l'odorat d'un chien.

Daniel s'avança d'un pas :

— Du coup, c'est la vérité ? Sam est vraiment … elle et toi vous allez avoir…

Jack sentit un poids s'envoler de ses épaules alors qu'il lisait une émotion vibrante dans les yeux Daniel. Il laissa un sourire étirer son visage et confirma :

— Oui, Sam est bien enceinte. Elle voulait attendre que la grossesse soit plus avancée pour vous le dire, au cas où, mais je voulais qu'elle se ménage, et vous la connaissez, si on n'intervient pas elle…

Daniel ne le laissa pas finir, tombant dans ses bras et l'étouffant presque dans son étreinte :

— Félicitations Jack, je suis tellement heureux pour vous deux.

Le cœur de Jack se serra légèrement à la voix tremblante d'émotion de son ami. Il lui rendit son étreinte alors que Vala lui faisait un clin d'œil, une expression satisfaite sur le visage :

— Vous voyez qu'elle sert quand même à quelque chose cette machine ! »

( Fin)