Ils rentrèrent à la BSU et retrouvèrent leurs collègues dans l'openspace. Antoine avait les traits tirés et semblait souffrant. Candice le remarqua mais n'osa rien dire de peur de le brusquer.

« On a récupéré les téléphones de Simon, Fabien et Vincent !, lâcha Marquez.

- Super !, s'écria Candice en observant son commissaire du coin de l'œil.

- Ouais enfin super… Pas sûre que ce soit le mot hein. Entre les photos dans le téléphone et celles sur les réseaux y en au moins 800… On va y passer la nuit !, lâcha Val dépassée par la quantité de travail qui se profilait à l'horizon.

- Mais vous allez vous y mettre à 3 ! Ça va aller plus vite !

- Mouais…

- Bon allez au boulot !, lâcha sèchement le commissaire en quittant la pièce.

- Ça n'a pas l'air d'aller mieux… observa Medhi.

- C'est un petit peu compliqué. Mais Antoine vous en parlera lorsqu'il le voudra ok ? En attendant, continuez à faire comme d'habitude. Vous êtes incroyables ! Bonne soirée. »

Les trois collègues se regardèrent, surpris par la réaction de leur commandante. Ils se commandèrent des pizzas et plongèrent la tête dans leurs photos et vidéos. Candice s'était dirigée vers le bureau d'Antoine. Elle ouvrit doucement la porte et le trouva assis sur son fauteuil en train de se masser les tempes.

« Ça va ? lâcha-t-elle doucement en s'approchant du bureau.

- Oui ça va !

- T'as l'air fatigué. T'es sûr que tu veux pas rentrer te reposer ?

- Mais non ! Je te dis que ça va ! Je vais pas rentrer alors que j'ai trois tonnes de boulot.

- Tu devrais te ménager avant l'opération quand même. On sait jamais si…

- Bon écoute Candice ! J'ai pas besoin d'être materné ok ?, la coupa-t-il sèchement.

- Ok, ok… répondit-elle légèrement blessée.

- Bon excuse-moi ! lâcha-t-il en se rendant compte de son comportement.

- Non mais ça va… Je m'inquiète juste c'est tout.

- T'as pas à t'inquiéter ok ?, affirma-t-il en se levant du bureau pour s'approcher d'elle.

- Oui… Mais après, rien ne t'empêche d'emmener le boulot à la maison tu sais hein. Tu seras mieux pour travailler. Ou si tu veux, je peux même venir t'aider aussi…

- Jennifer doit me déposer Suzanne tout à l'heure. C'était pas prévu mais j'avais envie de profiter d'elle avant… fin, t'as compris quoi.

- Bien ! T'as raison. Alors vas-y maintenant. Ce sera peut-être mieux.

Antoine souffla.

- Ok !, affirma-t-il en l'embrassant.

- Alors à demain ?

- Tu peux venir aussi tu sais…

- Mais, y a ta fille.

- Et alors ?

- Bah je veux pas vous déranger.

- Alors, de 1 tu ne nous dérangeras pas et de 2 faudra bien qu'elle s'habitue à te voir plus souvent…, précisa-t-il en la prenant par la taille.

Candice l'observa en souriant.

- D'accord. Alors je passe vite fait chez moi et je vous rejoins.

- Parfait !, conclut-il en l'embrassant.

- À toute à l'heure. »

20h30. Assis dans son canapé, Antoine observait sa fille dessiner sur la table basse du salon lorsque la sonnette retentit. Suzanne posa soudainement son crayon et courut ouvrir la porte d'entrée sous les yeux observateurs de son père. Elle fit entrer Candice et retourna colorier l'arbre qu'elle avait dessiné. La blonde vit tout de suite que son compagnon n'allait pas bien. Il avait les traits tirés, les cernes sous les yeux et souriait faussement. Il parvint à se lever et s'approcha d'elle. « Elle est jolie cette robe ! » déclara-t-il en l'observant. Candice le remercia sans oser l'embrasser, gênée par la présence de sa fille. Il installa cette dernière dans le canapé avec un dessin animé et s'occupa de mettre la table, aidé par sa compagne.

« Suzanne a déjà mangé. Je lui donne pas quinze minutes avant de s'endormir. Je crois qu'elle est très fatiguée.

- Comme son papa…

- C'est normal. C'est toujours plus dur en fin de journée… On passe à table ? esquiva-t-il. »

Candice acquiesça et tous deux s'installèrent pour dîner. Ils passèrent un agréable moment à discuter de tout et de rien. Antoine avait au moins eu raison sur un point Suzanne s'était très vite endormie. À la fin du repas, il éteignit la télé et la porta jusqu'à son lit pendant que Candice débarrassait la table. Elle était en train de laver un plat lorsqu'Antoine arriva derrière elle. Il l'enserra par la taille et lui déposa un baiser dans son cou. Candice le laissa faire en se collant davantage contre son torse.

« Tu restes dormir ?

- C'est une question ou une affirmation ?

- Huuuum. C'est à toi de voir.

- Ok !, se laissa-t-elle tenter par la proposition de son compagnon.

- Je vais prendre une douche et j'arrive, précisa-t-il en lui déposant un baiser sur sa joue. »

Candice termina sa vaisselle et grimpa à l'étage. Elle retrouva une de ses nuisettes qu'elle avait laissé chez Antoine, se changea et se faufila sous la couette. Elle entendit son téléphone vibrer sur la table nuit et fronça les sourcils, surprise que quelqu'un l'appelle à cette heure-là.

« Allô ?

- Oui. Dis-voir, tu sais pas où se trouve la télécommande de la télé ? Ça fait dix minutes qu'on la cherche.

- Euh… Bah non je sais pas non. Vous avez regardé dans le tiroir de la table ?, demanda-t-elle en observant son partenaire monter les marches.

- Bah évidemment maman ! Et avant que tu demandes, oui on a aussi regardé dans le meuble. Mais y a rien.

Antoine la regarda et fronça les sourcils, se demandant qui était derrière le téléphone.

- Beh écoute Emma, je ne sais pas moi. C'est vous qui vous en êtes servi en dernier. »

Le commissaire esquissa un sourire en sentant l'agacement de sa compagne face à sa fille qui ne semblait pas vouloir la lâcher. Taquin, il s'approcha d'elle et déposa des baisers sur ses épaules afin de la déconcentrer.

« Et tu rentres bientôt ? Peut-être que tu la trouveras en cherchant avec nous.

- Euh… Oui ! Enfin… Non ! Je… J'vais pas rentrer ce soir, tenta-t-elle de dire, déconcentrée par les caresses de son partenaire.

- Ah tu dors chez Antoine ?

- Oui voilà, c'est ça !, lâcha-t-elle en essayant de stopper son partenaire.

- Ah ok. Et donc je te dérange là ?, demanda-t-elle malicieuse.

- Bon écoute Emma, on verra ça demain. Bonne nuit !, conclut-elle en raccrochant

Antoine rigola face à l'agacement de sa compagne. Elle lui déposa une tape furtive sur le haut de son torse et s'allongea dans ses bras. Le commissaire se pencha et éteignit la lumière. Un silence s'installa dans la chambre envahie par l'obscurité. Candice attendit quelques minutes avant de le briser.

« T'as peur ?

- Candice…

- Quoi ? T'as le droit d'avoir peur tu sais.

- Ça va bien se passer. Y a pas de raison d'avoir peur, mentit-il.

- Je sais… Mais quand même.

- J'ai bien réfléchi et je pense que t'as raison. Je vais pas retourner au bureau demain.

- Bien sûr que j'ai raison ! Faut que tu te reposes Antoine.

- Ouais… Enfin c'est surtout que j'aimerais passer une journée avec ma fille, profiter d'elle quoi.

- Sage décision commissaire. Tu vois quand tu veux !, le taquina-t-elle gentiment.

- Oui bon ça va. N'en fais pas trop, après je pourrais changer d'avis.

Candice rigola.

- Comme ça je pourrais en profiter pour te piquer ton bureau ! Le retour du commissaire Renoir.

- Hélas…

- Comment ça « hélas » ?, s'indigna-t-elle face à la remarque d'Antoine.

- Rien !, affirma-t-il en l'embrassant, Bonne nuit !

- C'est ça oui… Bonne nuit !, répondit-elle faussement vexée. »

Antoine rigola à nouveau en s'imaginant la moue boudeuse de sa compagne. Elle se réinstalla dans ses bras et embrassa son torse. Un nuage de bonheur qui permit à Candice de s'endormir rapidement.