Les deux femmes marchèrent en direction de la sortie de la BSU lorsque Candice s'aperçut qu'elle avait oublié de prendre les photos. Elle fila ses clés de voiture à Val pour qu'elle la devance et fit rapidement demi-tour pour aller les rechercher. Elle sortit de la BSU quelques minutes plus tard lorsqu'elle entendit prononcer son prénom. Elle se retourna soudainement et observa Suzanne courir vers elle, précédée par son père.
« Oh. Mais qu'est-ce que vous faites là ? demanda-t-elle surprise.
- Suzanne voulait te dire bonjour !
- Mais bien sûr… répondit-elle en caressant les cheveux de la petite, Je croyais que tu devais te reposer.
- On est sortis faire une balade et je me suis dit que je pouvais passer faire un coucou. Tu partais ?
- Oui. Val m'attend dans la voiture. On allait interroger un suspect.
- Qui ça ?
- Antoine !
- Quoi ? Je m'intéresse c'est tout !
- On a dit repos !, s'exclama-t-elle en observant la fillette s'accrocher à sa jambe, Il est têtu ton père hein ! Suzanne acquiesça en rigolant, AH ! Tu vois, elle est d'accord avec moi.
- On fait juste un tour et on rentre. Promis !
Suzanne lâcha la jambe de Candice pour s'approcher d'un chien qui se baladait avec son maître un peu plus loin sur le trottoir.
- Bon. Je dois y aller !, s'excusa-t-elle en caressant le bras de son compagnon.
- On se voit ce soir ? demanda-t-il avant qu'elle ne parte.
Candice se mit à sourire en l'observant.
- J'ai prévu un dîner avec les enfants mais cette fois, c'est toi qui es le bienvenu. 20h ?
- Ok ! »
Antoine fixait Candice en souriant. Il avait tellement envie de l'embrasser. Mais plantés devant la BSU, il se retint, n'ayant pas envie de se montrer et d'alimenter les ragots. Candice comprit dans son regard son ressenti. Elle hésita à s'approcher mais se ravisa finalement, se contentant de caresser discrètement son bras. Elle fit quelques pas en arrière et s'excusa avant de se retourner en direction de sa voiture.
Une vingtaine de minutes plus tard elles arrivèrent au domicile du suspect. Candice s'avança la première dans l'allée qui menait à la porte d'entrée, suivie par Val qui observait à nouveau les photos prises pendant la soirée. La première toqua à la porte et attendit que l'homme vienne ouvrir. Elles se présentèrent et suivirent l'homme jusqu'au salon.
« Oui. C'est moi sur ces photos. Mais c'est pas ce que vous croyez.
- Nous vous écoutons.
- Je loue cette villa occasionnellement. Je l'ai récupéré d'un héritage et je n'ai jamais voulu la revendre, donc j'ai opté pour la location.
- Et qu'est-ce que vous y faisiez ce soir-là donc ?
- Simon m'a contacté via internet pour louer la villa sur trois jours. Sauf que le soir même les voisins m'ont alerté du bruit et du bordel qu'il y avait. Ils ont même menacé d'appeler la police. J'ai réussi à les en dissuader et je me suis rendu sur place, voilà.
- Cagoulé ?
- Oui. Je voulais pas qu'on me repère.
- C'est loupé… Peut-être qu'en ayant choisi un déguisement plus classique ce serait passé mais là… déclara Candice.
- Et donc c'est pour ça que vous l'avez tué ? À cause du bordel ? Vous aviez peur qu'ils vous retournent la villa ?
- Que j'ai tué qui ?, demanda-t-il surpris.
- Yann Jensac. Un de ceux qui ont organisé la soirée.
- Non mais ça va pas ! J'ai tué personne moi ! Quand j'étais repéré, j'ai pris mes jambes à mon cou et je suis parti.
- Bon. Et est-ce que vous auriez vu certaines choses qui pourraient nous aider ?
- Non. Mais j'ai des photos si vous voulez… Et des vidéos aussi. J'ai tout pris au cas où ils me rendaient la villa en sale état, au moins, j'avais des preuves !
- Bien. On va récupérer votre téléphone monsieur. Merci. »
Les deux femmes rebroussèrent chemin et montèrent en voiture. Val s'empara du téléphone du suspect et défila furtivement la galerie photo de l'appareil pendant que Candice conduisait.
« Putain, y en a encore pour des heures là…
- Mais non ! Vous êtes super efficaces. Ça va aller vite.
- Ah parce que tu comptes pas nous aider en plus ?
- J'ai rendez-vous avec le major dans une heure… Je ne peux pas être au four et au moulin Val.
- Et euh… Antoine part pour combien de temps ?
- Je ne sais pas. Il se fait opérer dans deux jours mais il doit rentrer à l'hôpital demain.
- Et il le vit comment ?
- Oh bah tu le connais hein. Il montre rien. Il dit que ça va mais bon…
- Ouais… Antoine quoi…
- C'est ça !
- Et… Toi ? Tu le vis comment ?
- Comment ça moi ?
- Bah arrête Candice, on est pas bêtes. On sait bien que c'est pas qu'un collègue !, déclara Val bien décidée à mettre les pieds dans le plat.
Candice marqua un arrêt, bouche bée.
- J'essaye d'être là pour lui. Qu'est-ce que tu veux que je fasse d'autre ? Puis de toute façon, ça va bien se passer. Y a pas de raison que ça se passe mal hein. C'est une toute petite intervention de rien du tout. Ça va durer quelques heures et hop ! Il sera sur pied, affirma Candice pour se rassurer elle-même.
- On croise les doigts en tout cas ! »
De retour au commissariat, l'équipe se retrouva dans l'openspace. Ils se répartirent le boulot pendant que Candice attendait le major dans le bureau d'Antoine. Soudain la sonnerie de son téléphone retentit dans la pièce.
« Oui Antoine ?
- Euh. On a prévu un pique-nique au bord de l'étang avec Suzanne et c'était pour savoir si tu voulais nous rejoindre.
- Là tout de suite ? J'ai rendez-vous avec le major…
- On y sera dans une petite demi-heure je pense. Je crois que ça ferait très plaisir à Suzanne. Je sais pas ce qu'elle a mais depuis hier soir, elle ne parle que de toi.
Candice rigola.
- Bon beh d'accord. Je vous rejoins dès que j'ai fini.
- Alors à tout à l'heure, conclut-il d'un ton mielleux. »
Candice raccrocha en souriant et se réarma de son stylo afin de boucler le dossier qu'elle était en train de compléter avant l'arrivée du major Morin. Le reste de l'équipe quant à lui, commençait à scruter les photos et vidéos remises par le propriétaire de la villa. Ce travail de fourmi était si chronophage… D'autant plus que le moindre détail pouvait compter. Ils finirent par s'accorder une pause repas dans la salle de détente et aperçurent Candice quitter le couloir de la BSU pour rejoindre Antoine.
Elle marcha dans la direction qu'il lui avait indiquée et les aperçut au loin. Antoine était assis sur une grande nappe posée à même le sol et Suzanne jouait au bord de l'eau armée de ses bottes en caoutchouc. Elle arriva par derrière et le surprit. Il sursauta avant de rigoler en l'invitant à s'asseoir. Celle-ci s'exécuta et se posa à côté de lui. Antoine l'embrassa furtivement pour la saluer et lui présenta le panier avec les provisions.
« Vous avez déjà mangés ?
- Oui… On a bien marché ce matin, donc on ne tenait plus !
- Rassure-moi, tu comptes rentrer te reposer cet après-midi ?
Antoine tourna la tête.
- Oui t'inquiète pas !
- Mais si je m'inquiète Antoine ! Le médecin a dit repos total avant le jour-j et toi tu nous fais le marathon de Paris…
- Oh abuse pas ! J'étais avec Suzanne je te signale. Alors à ce que je sache c'est pas Usain Bolt hein.
- Mais quand même. Regarder un film dans le canapé, c'est bien aussi.
- Oui mais… Ça je préfère le faire avec toi, rétorqua-t-il dans un sourire taquin.
Candice hocha la tête en souriant.
- Ce sera au programme de soir ça…, lui répondit-elle en approchant son visage du sien.
- Alors oui mais j'avais une autre idée en tête…, précisa-t-il en s'approchant lui aussi.
- Ah oui laquelle ? demanda-t-elle en feignant l'ignorance. »
Antoine était sur le point de déposer ses lèvres sur celles de Candice lorsque Suzanne l'interpella. Il tourna la tête à contrecœur et observa sa fille qui essayait de faire des roulades. Il la brima gentiment, de peur qu'elle ne se fasse mal sous l'œil attendri de sa compagne. Il s'apprêtait à réitérer son geste lorsqu'ils furent de nouveau coupés. Candice fouilla dans son sac à main et s'empara de son téléphone qui sonnait :
« Oui Marquez ? … Ok… Il s'est bien gardé de nous le dire celui-là… Bon. J'arrive. Je passe vous chercher et on va chez lui. »
Antoine l'interrogea du regard.
- Je dois y aller !, s'excusa Candice en rassemblant les affaires qu'elle avait sortie de son sac.
- Rien de grave ?
- Non ! Marquez a du nouveau donc faut qu'on bouge.
- D'accord…, répondit-il légèrement déçu.
- Désolée..., s'excusa-t-elle en caressant sa joue.
- C'est pas grave!
- A tout à l'heure ! conclut-elle en l'embrassant brièvement avant de se relever. »
La commandante fila prendre ses collègues à la BSU avant de se diriger vers la maison de Simon.
