« Monsieur Pogny, pourquoi ne pas nous avoir parlé de votre dispute avec Yann pendant la soirée ?

- Quoi ? Mais quelle dispute ?, s'indigna-t-il.

- Celle qu'on peut apercevoir ici. Ah et ici aussi, précisa Candice en déposant les photos sur la table basse du salon.

- Et ici aussi !, renchérit Mehdi en montrant un extrait vidéo.

- Ah ça ? Mais c'était pas vraiment une dispute ça…

- Pardon ?, s'offusqua la commandante. On vous voit très clairement hurler après lui, et là, lui tenir l'avant-bras assez violemment quand même.

- Oui bon peut-être…, finit-il par avouer.

- Donc on vous écoute. Qu'est-ce qu'il s'est passé ?

- Je l'ai engueulé à cause de son appel sur les réseaux là. Tout le monde commençait à arriver, j'ai senti que ça pouvait déraper très très vite… Donc oui, peut-être que j'y ai été un peu fort. Mais je l'ai pas frappé, j'ai juste pris son téléphone et sous le coup de l'énervement je l'ai brisé en marchant dessus.

- Et il est où ce téléphone ?, demanda Candice.

- J'en sais rien. Je l'ai jeté dans les buissons… Mais si vous voulez mon avis vous devriez réinterroger sa femme…

- Ah oui et pourquoi ça ?

- Ils se sont engueulés aussi ce soir-là… Enfin apparemment de ce que nous disait Yann, c'était très tendu entre eux ces derniers temps…

- Bien on vous remercie. »

Ils sortirent de la maison et montèrent en voiture pour débriefer.

« Qu'est-ce qu'on fait maintenant ?

- J'en sais rien !, s'agaça Candice. On piétine et j'aime pas ça.

- C'est vrai qu'on avance pas beaucoup quand même, renchérit Mehdi pour enfoncer le clou.

- Et moi j'ai surtout l'impression que tout le monde nous prend pour des quiches… Pas vous ?

- Ouais…

- Bon on va chez sa femme ? proposa Val.

- Non. On va d'abord tenter de retrouver le téléphone portable de notre chère victime, trancha Candice en allumant le moteur de la voiture. »

Arrivés dans la villa, ils ressortirent les photos afin de retrouver le bon endroit de la dispute dans l'immense jardin. En effet, l'intégralité de l'extérieur était entourée par des haies buissonnantes. L'équipe se plongea donc dans cette mission quasi impossible et arpentèrent le terrain à la recherche du téléphone perdu. 1h30 plus tard, l'équipe désespérait. Ils avaient beau fouiller, ils ne trouvaient rien. D'autant plus que la nuit commençait à tomber, Candice décida de mettre un terme à leurs recherches. Ils repartirent bredouilles et sans avancée. La commandante les déposa à la BSU et prit le chemin pour rentrer chez elle. Lorsqu'elle passa le pas de la porte, elle fut accueillie par une douce musique qui résonnait dans la pièce. Elle retrouva Emma qui s'affairait en cuisine avec Jules.

« Bonsoir mes amours, les salua Candice en déposant un baiser sur leurs fronts respectifs. Qu'est-ce que vous faites ?

- Le repas pour ce soir !

- Oh. Et la table est mise en plus ? Formidable.

- Et oui ! Rien que pour te faire plaisir.

Candice les regarda suspicieuse.

- Oh vous, vous avez un truc à me demander.

- Non !, répondirent-ils en cœur.

- Ah bon ?

- Oui. Comme t'allais pas bien ces derniers temps... Bah on voulait juste te faire plaisir quoi.

- C'est gentil… répondit-elle en souriant à ses aînés. Et les jumeaux, ils sont où ?

- Ils sont dehors. Ils expérimentent leur nouveau drone.

- Un drone ? Quel drone ?

- Bah tu sais, avec l'argent que tu leur as donné la dernière fois bah ils ont acheté ça.

- Bon ! Pour une fois que c'est calme… déclara Candice en s'approchant de la baie vitrée avant d'observer la table. Par contre, il va falloir rajouter un couvert. Antoine vient dîner à la maison.

- Ah ça y est tu lui fais plus la gueule ? demanda Jules surpris.

La mère de famille lui lança un regard noir.

- Je vais me changer, déclara-t-elle en s'éclipsant dans sa chambre »

La commandante avait revêtu une tenue plus décontractée tout en veillant à rester désirable pour son partenaire. Elle était en cuisine lorsqu'il frappa à la porte. Elle alla lui ouvrir et le salua en l'embrassant avant de se diriger vers le salon. Antoine était quelque peu gêné. C'était la première fois qu'il se retrouvait seul à dîner avec Candice et ses enfants. Leur relation prenait ce tournant officiel qui pouvait parfois en effrayer plus d'un. Il salua la fratrie Renoir et rejoignit Candice en cuisine. Ils discutèrent rapidement avant que la commandante ne donne le signal pour passer à table. Ils passèrent un moment convivial, quasi familial autour d'un bon repas. Emma proposa ensuite une sortie cinéma que Candice déclina. La séance était à 21h30 et Antoine était fatigué. Et surtout, la commandante avait envie de profiter d'un moment rien qu'avec son compagnon. Ils remirent finalement cette sortie à plus tard et chacun vaqua à ses occupations, laissant les deux flics seuls au rez-de-chaussée. Ils s'installèrent dans le canapé et Antoine observait fixement le dossier d'enquête posé sur la table basse.

« N'y pense même pas ! déclara Candice en ayant compris ses intentions.

Antoine leva les mains en l'air pour mimer l'innocent.

- Vous avancez quand même ? ne put-il s'empêcher de demander.

- Non !, lâcha t-elle dans un soupir, On stagne et ça m'énerve.

- Huuuum. Alors, je sais exactement ce qu'il te faut pour décompresser… lâcha-t-il en approchant son visage de celui de sa compagne »

Le commissaire l'embrassa et amplifia ses baisers en passant ses mains sous son tee-shirt. Candice ne put s'empêcher de rire sous ses caresses. Antoine la fit basculer en arrière et se plaça au-dessus d'elle pour l'embrasser. La blonde parvint finalement à le stopper et l'attira dans sa chambre, une atmosphère plus intime que le salon dans lequel ils étaient. Antoine referma la porte derrière-elle et la dirigea vers le lit où il la fit s'allonger.

Ils passèrent un agréable moment tous les deux avant de se retrouver allongés dans les bras l'un de l'autre. Pour la première fois depuis qu'il savait pour sa maladie, Antoine Dumas osa se confier.

« J'ai peur de plus jamais revivre ce genre de moment… avoua-t-il en caressant l'avant-bras de sa compagne.

- Dis pas n'importe quoi. Je suis sûre que ça va bien se passer, déclara-t-elle pour le rassurer.

- Et si ça se passe mal ?

Candice n'osa rien répondre. Les larmes aux yeux elle se contenta simplement d'embrasser son torse.

- Tu rentres à quelle heure à l'hôpital demain ?

- Pour 14h. Ils doivent me faire des examens avant l'opération.

- Je viendrai avec toi.

- Ok…

Un silence s'installa avant que Candice ne le brise.

- Antoine ?

- Oui ?

- Tu me fais confiance ?

- Bien sûr. Pourquoi ?

- Alors tout ira bien. J'en suis sûre. »

Pour la remercier, Antoine déposa un baiser sur le haut de son crâne. Candice releva la tête pour capter son attention dans la pénombre de la pièce. Leurs yeux s'accrochèrent. Elle caressa sa joue de sa main droite et approcha son visage pour l'embrasser. Antoine appuya le baiser en saisissant sa tête de ses mains et la fit basculer à nouveau, de sorte à se retrouver au-dessus d'elle. Il l'embrassa et la remercia avant de trouver du réconfort dans ses bras. Candice caressa ses cheveux en silence en attendant qu'il s'endorme, afin de pouvoir s'endormir à son tour.