Hello !
Et oui, ça faisait longtemps ! il faut dire qu'ouvrir sa propre entreprise prends énormément de temps. Malgré tout, l'envie d'écrire est forte depuis quelques semaines alors… j'ai écris pendant mon temps libre !
J'espère qu'il vous plaira !
Merci a ma Bêta Noour, c'est la meilleure, elle a corrigé mon OS, ainsi qu'elle m'aide toujours autant, que ce soit dan la vie ou dans l'univers des fictions. Merci à toi d'être là pour moi !
Merci d'avance a vous tous qui allaient la lire.
Disclamer ! Les personnages, le monde et tout ça appartien Rowling !
Warning : Ceci est (toujours) un slash, alors homophobes passez votre chemin.
Rating : T
Résumer : se réveillant d'un très long comas, Harry se rend compte amèrement qu'il ne compte plus pour personne… Vraiment personne ? Slash / Yaoi
Voilà, j'espère sincèrement que ça va vous plaire. Merci a tous et à toutes !
Bisouuus
Eveil
Londres, 2 mai 2002.
C'était une journée pluvieuse, les gens dans les rues étaient pourvus de parapluies, marchant tête enfouie dans leurs cols remontés, les yeux rivés au sol. Tous foulaient les pavés dans un rythme endiablé, le bruit des voitures, des klaxons, des bus résonnait dans la petite rue.
Un homme, grand, baraqué, la peau noire, des yeux étrangement bleus, marchait à grands pas dans la grande rue, se faufilant au travers de la foule. Habillé d'un costume noir, muni d'une chemise verte, d'un veston gris-anthracite, d'une veste et d'un pantalon noir, un long manteau vert, son cou entouré d'une écharpe fluide verte également. L'homme dénotait alors qu'aucun parapluie ne le protégeait… Pourtant, personne ne fit attention à lui, comme s'il n'existait pas. Seul un œil averti aurait pourtant vu que malgré la pluie drue, l'homme n'était pas mouillé. Les gouttes glissaient autour de lui…
Tout à coup, il tourna dans une plus petite rue, jeta un œil autour de lui, la rue était presque vide, seules quelques personnes marchaient vites, tête baissée. Après un second coup d'œil, tout en avançant, l'homme sortit un étrange bout de bois, fit un geste et… Il disparut dans une vitrine poussiéreuse.
Blaise Zabini, parce que c'était lui, entra dans st mangouste. Il salua d'un geste du menton la jeune femme de l'accueil et poursuivit sa route dans l'hôpital. Après avoir pris l'un des ascenseurs magiques, il pénétra dans un long couloir. D'un geste de baguette, une des portes s'ouvrit et il pénétra dans la pièce.
Il en ressortit seulement quelques minutes plus tard, une liasse de papier dans les mains, une blouse blanche, son nom épinglé au-dessus de son cœur.
Plusieurs infirmiers et infirmières le saluèrent et il répondit par des bougonnements. Ses pas étaient vifs, il était plutôt décidé alors qu'il réfléchissait, faisant des calculs compliqués en même temps.
Quatre années s'étaient écoulés depuis la bataille finale de Poudlard. Beaucoup de choses s'étaient passées, d'énormes changements avaient eu lieu. Blaise avait cru, à tort évidemment, que le côté de la lumière ayant gagné, les choses seraient différentes. Que la date aurait dû être fêtée, les morts commémorés. Mais étrangement, personne ne parlait de la guerre. Voldemort, tu-sais-qui ou encore le seigneur des ténèbres, ce nom avait disparu des bouches. Tout comme les gens évitaient d'en parler. Comme si tous avaient occulté, oublié…
Rares étaient ceux qui en parlaient ouvertement. Tout comme le nom Harry Potter avait tout simplement disparu. Comme si le jeune adolescent qu'il était à cette époque n'avait pas sauvé le monde de la magie en tuant le plus grand mage noir… Comme s'il n'avait pas sacrifié sa vie pour les sauver tous.
Blaise grimaça alors qu'il se souvenait de ce jour comme si c'était hier… Il se souvenait de la noirceur, des lumières des sortilèges, des malédictions, du sang, des blessés, des morts gisant sur l'herbe du parc de Poudlard… Il se souvenait de la douleur de voir des amis, des coéquipiers, des camarades de classe, gisant mort dans leur sang… ou blessé… il se souvenait très bien d'avoir vu des horreurs ce jour-là, mais aussi tout au long de son enfance, de son adolescence…
Blaise secoua la tête alors que les images lui donnaient envie de pleurer. Il souffla doucement, chassant son mal, papillonna des yeux et finalement, il ouvrit la porte devant laquelle il était posté.
Il ne frappa pas, ce n'était pas la peine, la personne dans le lit n'avait pas ouvert les yeux depuis maintenant quatre ans. Blaise observa un instant les traits de la personne et souffla doucement alors que son cœur se serra dans sa poitrine.
Personne ne venait dans cette chambre. Jamais personne ne venait visiter le jeune homme endormi. Blaise déplora le fait que personne ne venait. La chambre était vide, pas d'effets personnels, la seule chose présente était le bouquet de fleurs qu'il apportait toutes les semaines… qu'il apportait lui-même. Blaise passa une main sur son visage las.
Il sortit de ses pensées et commença son travail de médicomage. Il passa sa baguette sur le corps sans vie, du moins sans réaction. Blaise s'obligea à ne pas observer le visage pâle endormi et sortit rapidement de la chambre.
Il passa la matinée à voir ses patients, donner des ordres, écrire des ordonnances. Au détour d'un couloir, le nez toujours dans le même dossier, il fut sorti de son travail par son nom hélé.
Il releva le nez pour voir Draco Malefoy.
-Draco. Fit-il avec un mouvement de tête.
-Blaise. Dit Draco en s'approchant. Tu travailles encore.
-Effectivement.
Draco soupira.
-Blaise… commença-t-il.
-Écoute Draco. Nous avons été amis dans un passé lointain. Mais rien ne dit que tu dois me faire la morale pour quoi que ce soit.
Les yeux gris se plissèrent.
-Je te considère encore comme un ami, Blaise.
-Vraiment, nous n'avons pas eu cette discussion un nombre incalculable de fois ? Mes sentiments ne changeront pas, qu'il se réveille ou non.
-Tout ne tourne pas autour de lui ! cracha Draco. Je te parle de l'amitié qu'on avait quand on était à Poudlard. Je te parle de tout ce qu'on a partagé. Je me fiche de ton amour, même si tu aurais pu choisir beaucoup mieux, là n'est pas la question ! s'énerva le blond.
-Ah oui ? Blaise plissa les yeux. Alors pourquoi tous ces mots durs, quand je te l'ai dit, il y a plus de cinq ans ? Pourquoi tu n'as jamais accepté de prononcer son nom ?
-Je m'inquiétais pour toi, pour l'amour de Merlin ! s'exclama le Malefoy.
Blaise haussa un sourcil, plutôt surpris par l'énervement du blond, mais surtout par sa sincérité.
-Bref, j'aimerais beaucoup que cette amitié soit toujours là entre nous. Déclara Draco en lui tendant la main.
Blaise aurait voulu protester encore, mais il accepta, l'amitié du blond lui manquait. Parler à quelqu'un d'autre qu'un autre médicomage, ou les infirmiers, avec des personnes de son âge… après tout. Pourquoi pas ?
Il serra la main du blond, répondit au sourire. Peut-être qu'il avait eu raison. Sortir et voir d'autres personnes que ses collègues et patients était ce qui lui manquait après tout.
-Il ne s'est toujours pas réveillé ? demanda doucement le blond.
Blaise ne perçut pas de sarcasme ni rien qui aurait pu lui donner envie de regretter son dernier geste. Il soupira doucement.
-Non. Toujours pas. J'ai peur que le fait que personne ne vienne le voir… Il laissa en suspens le reste de sa phrase.
Draco devant lui fronça les sourcils, puis écarquilla les yeux.
-Attends. Tu veux dire que… Aucun… il faillit s'étouffer avec sa salive.
Blaise put voir l'indignation dans ses orbes gris, alors qu'il grinçait, littéralement des dents.
-Tu ne peux pas aller les voir ! tu le sais aussi bien que moi.
-Je ne comprends pas pourquoi le monde sorcier accepte tout ceci, ragea le plus petit.
Blaise haussa les épaules et poussa un petit soupir.
-Tu es là pour Théo ? demanda le noir.
-Oui, sourit Draco, il a fait une petite rechute, mais ils s'en occupent. Le médicomage Sand nous a dit qu'avec la nouvelle potion que tu as trouvée, il y avait une chance que le maléfice soit anéanti cette fois. Je voulais d'ailleurs te remercier, même si je sais que la potion n'était pas pour lui à la base, elle va beaucoup nous aider. Surtout que Théo voudrait un enfant. Sourit Draco avec douceur.
Quatre ans… pensa Blaise avec nostalgie. Il avait loupé quatre ans de vie de ses amis…
-Ce n'est rien Dray. J'espère que ça marchera.
-J'espère aussi que ça marchera pour…
-J'espère aussi.
-Tu… tu n'as pas peur quand il se réveillera ? demanda si doucement Draco que Blaise eu du mal à comprendre.
Il détourna les yeux, ne souhaitant pas en parler.
Après presque une minute de discussion, Blaise prit congé en vitesse de son ami, lui promettant de manger un de ces jours avec eux.
Il s'enferma dans son bureau, s'affala dans son fauteuil et passa ses mains sur son visage. Il était triste, fatigué et l'angoisse qu'il essayait de cacher chaque jour enflait dans son ventre, lui tordant les entrailles. Il observa la fiole de potion. Cette même fiole dont avait parlé Draco. Celle qu'il avait créée spécialement pour ce patient. Cette même fiole qu'il observait tous les jours depuis plus d'un mois. Celle qu'il n'avait jamais eu le courage de lui donner.
Les souvenirs de la guerre revirent tout à coup, lui faisant fermer les yeux. Et finalement, un souvenir en particulier revint.
C'était quelques heures avant la guerre. Alors que Draco, lui, Théo, Crabbe et Goyle suivaient le trio d'or. Alors qu'ils étaient dans cette salle, celle où il y avait tous les objets… Alors que Crabbe avait essayé de tuer Harry et que Blaise l'en avait empêché. Alors que le Feudeymon de Goyle ravageait tout… Alors qu'ils allaient mourir tous les cinq… Que Crabbe eût déjà été engloutit dans les flemmes. Harry était revenu, suivit de Ron et Hermione, ils les avaient sauvés, Théo, Draco et lui. Goyle ayant juste essayé de tirer Harry dans les flammes alors qu'il essayait de sauver Blaise.
Blaise se souviendrait toujours de ce jour. Il avait perdu deux connaissances… Mais ce souvenir, cet instant, alors que Blaise était assis sur ce balai, alors qu'il faisait face à Harry, qu'il voyait les flammes, des dragons, des serpents, même un phœnix… Alors que la chaleur était suffocante. Alors que Blaise regardait ces yeux trop verts. Ces yeux qui hantaient ses rêves. Alors que le jeune homme face à lui était dans toutes ses pensées, jours et nuits.
Les lèvres d'Harry avaient effleuré les siennes, et Blaise avait tout oublié. Les yeux plongés dans les pupilles émeraude.
Blaise avait alors fait quelque chose qu'il avait rêvé de faire pendant si longtemps. Il avait embrassé Harry avec tout l'amour qu'il lui vouait pendant qu'ils sortaient de cet enfer.
Ils eurent le souffle coupé et atterrirent durement dans le mur, observant les portes se refermer sur ce qui semblait être un pur enfer.
Blaise avait encore des papillons dans le ventre alors qu'il échangeait un dernier regard avec ces orbes émeraude. Puis la bataille finale… Puis la mort d'Harry… Puis le dernier combat.
Blaise observa cette fiole. Celle qui contenait la potion qui pourrait peut-être réveiller Harry.
Voilà des semaines qu'il hésitait. La peur rongeant son estomac aussi surement que de l'acide.
Pourtant, il attrapa la fiole, et se leva avec détermination. D'un geste de la main, il fit apparaitre un tempus. Bien, sa garde se finissait bientôt. Ainsi, il pourrait attendre dans la chambre d'Harry.
Il attrapa ses affaires, ainsi que ses papiers. Puis fit le chemin jusqu'à la chambre. Il entra en silence. D'un geste de baguette, il envoya le liquide pâle dans l'estomac du jeune homme.
Pour la première fois depuis des mois, il observa le visage.
Les rondeurs de l'enfance étaient définitivement parties. Son visage carré s'était affiné avec les années, ses cheveux avaient poussé, lui arrivant aux épaules. Les infirmières le rasaient de près tous les trois jours, mais aujourd'hui, une barbe apparaissait sur son visage. Les longs cils laissaient une ombre sur ses joues.
La cicatrice s'était estompée, presque invisible maintenant qu'elle avait convenablement été soignée. Blaise se souvenait après la bataille, elle était ouverte alors les médicomages l'avaient soigné. À cette époque, Blaise n'était pas médicomage. Il avait dû étudier deux ans, avant d'être accepté en tant que stagiaire. Il avait bien sûr son diplôme et était embauché à présent. Quatre longues années après la guerre.
Quand au loin, la grande horloge de Londres sonna 19h, Blaise se défit de sa blouse et la rangea d'un coup de baguette. Il sortit un livre d'une de ses poches et s'installa confortablement. Comme il le faisait depuis déjà quelque temps.
Pourtant bien vite, il dut fermer son livre, ses pensées éparpillées loin des lignes qu'il lisait.
Blaise ne se souvenait pas quand exactement, il s'était aperçu de ses sentiments. Il ne se souvenait plus, et préférait laisser ses souvenirs sombres loin derrière lui. C'était incongru alors qu'il était en quelque sorte son ennemi, il était tombé amoureux au fil des années… La seule chose dont il se souvenait, c'était d'avoir vu derrière le masque du survivant. Des bribes de souvenirs s'invitèrent devant ses yeux. Quelques fois, Blaise était tombé sur Harry, les yeux dans le vide, des cernes noirs sous ses yeux magnifiques. D'autres fois pleurant. Parfois, la colère animait ses traits.
Blaise ne faisait pas exprès de trouver Harry. Parfois, le brun venait exactement à l'endroit où il était, caché dans l'ombre. Blaise se souvenait de ces moments où il observait Harry à la dérobé.
Il soupira doucement en fermant les yeux, la tête rejetée en arrière.
Il avait dû somnoler, la chambre était plongée dans l'obscurité quand il rouvrit les yeux. Pendant quelques secondes, Blaise se demanda ce qui l'avait réveillé… quand il entendit un bruit ténu venir du lit.
Il se releva, à présent bien réveillé. Il observa avec incrédulité les doigts serrer le drap, les yeux bouger sous les paupières. Le cœur de Blaise s'accéléra, battant à tout rompre ! il retint sous souffle alors qu'un gémissement sortait des lèvres entrouvertes.
Pendant une seconde, Blaise paniqua, mais le médicomage en lui prit le relai et il sortit sa baguette, se mettant sur ses pieds en quatrième vitesse. Jamais il n'avait pensé que la potion aurait un effet si tôt… Il pensait qu'il aurait fallu au moins trois doses, et plus d'un mois avant de voir de réelles améliorations.
Cependant, tout en jetant de nombreux sortilèges, il constata que Harry se réveillait !
Un mélange de terreur et d'espoir lui étreignait le cœur. Blaise n'arrivait pas à croire que sa propre potion avait pu faire autant. Bien sûr, en premier lieu, le fait qu'Harry soit resté si longtemps dans le coma n'était pas normal en soi. Mais Blaise savait que le dernier combat entre Harry Potter et le seigneur des ténèbres avait été destructeur pour les deux. Bien sûr, le mage noir était définitivement mort, mais Harry avait sombré dans un sommeil sans réveil.
Les médicomages de l'époque avaient combattu de nombreux poisons et de nombreux briseurs de sorts de Gringott's avaient tout fait pour enlever les nombreux sortilèges connus et inconnus. Il n'en restait plus un seul. Enfin, presque.
Une dernière chose c'était attaché au sorcier face à lui. Quelque chose de noir, de sombre, entre le sortilège, la potion et le poison…
Quelque chose d'inconnu jusqu'alors. Blaise avait passé les quatre dernières années à essayer de l'annihiler. Et il avait créé une potion. Il l'avait breveté. Fait des essais sur des patients. Et finalement, la potion avait été approuvée, brevetée et le nom de Blaise était sur toutes les lèvres. Le plus jeune médicomage ayant fait avancer la science.
Blaise s'étonnait toujours que les parents de Neville soient sortis de leur état de folie grâce à sa propre potion…
Blaise repensa au blond et au brun. Ses deux amis. Draco et Théo. Il espérait que la potion aiderait ce dernier. Comme elle l'avait fait avec de nombreuses personnes.
Les yeux face à lui papillonnèrent, lourds de sommeil. Le jeune homme qui faisait battre son cœur poussa un gémissement et Blaise se pétrifia alors que son regard croisait deux pupilles absolument incroyables. Il écarquilla les yeux alors qu'il rencontrait une pupille bleue et l'autre émeraude.
Les orbes s'encrèrent dans ses yeux à lui, alors que Harry prenait lentement conscience de son environnement.
Blaise avait la gorge compressée par une boule, le ventre noué par l'appréhension. Il retint sa respiration alors que les longs cils papillonnaient encore quelques fois avant que les paupières ne se referment lentement.
Son cœur cessa de battre l'espace d'un instant alors que Blaise regardait le visage avec appréhension.
Il dut reprendre son souffle avant de bouger sa baguette plus vite. Et souffla de soulagement, alors qu'il s'apercevait qu'Harry avait besoin de repos.
Blaise bougonna pendant plusieurs minutes alors qu'il était pourtant médicomage et qu'il savait que même chez les sorciers, sortir du coma était contraignant. Il se rassit lourdement, lançant dans un même temps un tempus qui lui indiqua qu'il était plus de vingt-deux heures.
Il se frotta les yeux indécis. Il ne pouvait de toute évidence pas rester à st mangouste, c'était déjà suspect qu'il y passe autant de temps, mais si en plus il dormait ici, dans cette chambre, beaucoup de sorcier et sorcières se poseraient des questions.
Blaise se demanda si maintenant que le jeune homme était réveillé, tout serait différent ? Est-ce que les gens allaient se rappeler ? Ou au contraire, est-ce qu'ils allaient brimer Harry pour tout ce qui s'était passé ? Est-ce qu'ils allaient lui poser des questions ? Est-ce que ses anciens amis reviendraient vers lui ? Ou alors il allait vivre dans l'indifférence ?
Il fut sorti de ces pensées quand il entendit la porte s'ouvrir doucement. Blaise fronça les sourcils, sa baguette dans sa main avant même de ne pouvoir formuler la pensée.
Seulement Blaise écarquilla les yeux en voyant la personne qui entra dans la chambre.
Neville Londubat se tenait là, dans l'encadrure de la porte… bientôt, une légère lumière s'alluma et il referma la porte derrière lui.
-Médicomage Zabini. Salua doucement l'autre homme.
Blaise hocha la tête, abasourdi.
-Alors c'était toi ?
Blaise fronça les sourcils alors que Neville faisait apparaitre un fauteuil de l'autre côté du lit.
-Qui apportait ces fleurs ? qui venait le visiter ?
-Je ne t'ai jamais vu dans sa chambre…
C'était à moitié une accusation. Blaise ravala ses paroles.
-Non. Effectivement. Ronald et Hermione m'en ont empêché au départ. Je veux dire… tu sais ce qu'ils sont devenus pas vrai ? Ils ont simplement profité de sa notoriété ils se sont empressés de l'oublier… D'oublier ce qu'il a fait pour eux… mais je ne pouvais pas le laisser tomber, tu comprends, il a fait beaucoup pour moi, pour Luna également. Donc je viens la nuit.
-Je lui ai donné la potion…
Neville pencha légèrement la tête sur le côté en l'observant.
-Celle que tu as créée ?
-Je l'ai créé pour lui.
S'il fut surpris, le brun n'en montra rien.
-Je ne t'ai jamais remercié sur ce point…
-Pas besoin !
-Bien sûr que si. Ta potion a sauvé non seulement mes parents, mais elle a sauvé Luna. Je ne vois pas pourquoi je ne te remercierais pas. Surtout si elle peut le sauver.
-Il s'est réveillé… chuchota Blaise en observant Harry.
Cette fois, les yeux de Neville s'ouvrirent légèrement, Blaise put voir la flamme de l'espoir dans les yeux marrons de l'autre homme.
Ils restèrent silencieux pendant un instant.
-Tu crains sa réaction ? demanda doucement Neville.
Blaise regarda l'autre en fronçant les sourcils d'incompréhension.
-Je sais que tu l'aimes.
Blaise cligna des yeux.
-Comment… souffla-t-il.
-J'ai observé Harry…
Blaise plissa des yeux.
-J'ai observé Harry, j'étais son ami. Il m'a parlé un peu. Il craignait d'avouer à Ronald et Hermione qu'il était homosexuel. Mais il m'en a parlé. Mais je ne savais pas de qui il était amoureux. Alors je l'ai observé. Et c'est toi qu'il regardait. Puis je t'ai observé également. Et j'ai compris. C'est tout.
Blaise plissa plus des yeux, indécis.
-Eh bien, d'accord. Je l'aime. Et j'appréhende son réveil, c'est vrai. J'appréhende les séquelles également…
-Bien sûr, je le fais aussi. J'aimerais juste qu'il aille bien. Qu'il est enfin la vie normale dont il a toujours rêvé !
Le silence s'installa entre eux et finalement Neville se leva, le salua d'un geste de tête et la minute suivante il était parti.
Blaise se décida également il se leva et après quelques gestes de baguette pour s'assurer qu'Harry allait bien, Blaise hésita. Seulement quelques secondes avant de se pencher lentement. Il posa une main près du visage d'Harry, il observa les traits avant de poser ses lèvres sur son front.
Il était parti la seconde suivante, se demandant ce qui lui avait pris.
.
Après avoir passé une nuit trop courte, Blaise était de retour à son bureau. Il avait acheté un bouquet de fleurs comme il le faisait tous les deux ou trois jours, avant qu'il se rappelle que Harry était peut-être réveillé… Il se demandait juste si finalement il allait l'offrir au jeune homme ou non.
Blaise n'était pas quelqu'un de courageux… du moins s'en persuada-t-il, puisque sans même s'en apercevoir, il était sur le chemin de la chambre d'Harry, le bouquet à la main.
Il entra, sans frapper comme à son habitude, regardant les lys blancs sans vraiment les voir.
Quelqu'un bougea et il releva les yeux pour tomber sur Harry, relevé en position assise. Un infirmier était présent alors qu'il aidait le brun à manger un bouillon.
Heureusement que sa peau noire ne laissait pas apparaitre le rouge sur ses joues, pensa Blaise alors qu'il sentait son visage chauffer…
-Médicomage Zabini ! s'exclama l'infirmier. Vous avez loupé le réveil de notre patient ! je vous attendais justement pour voir avec vous… Vous savez…
-Je sais Stevens, nous devons en discuter avec toute l'équipe. Je vais m'en occuper pour le moment s'il vous plait. Prévenez le personnel de l'étage. Et prévenez Jason également.
-Bien monsieur.
L'homme d'une quarantaine d'années se leva et même s'il fronça les sourcils, il partit sans dire un mot. Blaise en fut soulagé. Il n'aurait pas su comment se justifier.
Il observa les fleurs pendant quelques instants avant de finalement bannir l'ancien bouquet et le remplacer par celui-ci.
-Est-ce que les fleurs viennent toujours de toi ? demanda doucement une voix grave et rauque, plus grave que ce dont se souvenait Blaise.
Blaise se racla la gorge mal à l'aise.
-Eh bien, oui. J'ai apporté des fleurs ici tous les deux ou trois jours… Une certaine façon de rompre la monotonie de la chambre.
-Cela veut-il dire que personne d'autre n'en amenait ?
Blaise prit place dans le fauteuil et aida Harry à manger pendant un instant. Seulement, Harry était toujours aussi têtu. Il soupira, plaça un charme de chaleur sur la nourriture et croisa enfin le regard étrange du jeune homme.
-De quoi te souviens-tu ? demanda-t-il doucement.
Les yeux se plissèrent.
-Écoute, Zabini, je ne suis pas bête. Je sais exactement combien de temps est passé depuis la fin de la guerre. Et je n'ai pas besoin que tu prennes des pincettes avec moi. Bordel. J'ai passé quatre ans, enfermé dans mon propre corps si on peut dire. Alors ouais, je sais foutrement bien que tu sois la seule personne à être venue me voir.
-En fait, avant quelques jours je le pensais aussi. Mais une autre personne est venue.
Harry eut une moue dubitative.
-Neville.
Cette fois, les yeux vairons s'écarquillèrent.
-Il venait la nuit. Tes… amis, l'on empêcher de venir le jour, alors il a trouvé un autre moyen.
-Ils ne le sont pas. Et je pense qu'ils ne l'ont jamais été dans un sens. Est-ce que le Ministère va rappliquer ? Est-ce que je vais être enfermé ou je ne sais quoi ?
Blaise eut une grimace. Harry plissa les yeux un peu plus.
-Je… commença Blaise, avant de s'arrêter.
Blaise détourna les yeux, trouvant le fil qui dépassait de sa blouse plus intéressant que le regard accusateur face à lui.
-Je t'ai fait passer pour mort.
-Quoi ? souffla l'autre.
-Ils voulaient t'enfermer à Azkaban… Je veux dire… Même dans le coma.
-Ils voulaient me tuer… fit Harry abasourdit.
-Je suis désolé… Je sais que…
-Je le savais pourtant. Je savais que c'était une possibilité… Mais je ne pensais pas qu'il me condamnerait à mort sans au moins pouvoir me défendre.
-Ils ont oublié ton nom. Le tient et celui du seigneur des ténèbres.
-Vol…
-Ne le dis pas s'il te plait. Ils ont mis un tabou sur ce nom, et sur ton nom de famille.
-Est-ce que c'est pour ça que le jeune homme m'a appelé Mr Evans ? Comment connais-tu ce nom ?
Blaise se leva et se posta devant la fenêtre, il fut tenté pendant un instant de poser sa tête sur le verre froid, mais soupira simplement.
-J'ai fait de nombreuses recherches, avoua Blaise à demi-mot.
-Est-ce que mon prénom aussi est tabou ou alors ils m'ont aussi enlevé ça ? demanda-t-il avec aigreur.
-Non Harry. Je n'ai pas changé ton prénom.
-Comment as-tu pu faire tout ceci sans être inquiété ? demanda Harry.
-Je connais du monde Harry… C'est tout. C'est assez facile de changer d'identité. Surtout que les gobelins m'ont permis de la faire, ils ont même mis la plupart de tes coffres à l'abri du ministère.
-Bien sûr, ils voulaient ma fortune…
-Ta famille a accumulé beaucoup plus que tu ne le pensais Harry. Ils ont été heureux de récupérer ce qu'ils ont eu. Mais crois-moi, ça n'a même pas entamé un huitième de ce que tu as. Et je suis sûr que depuis ta présumée mort, les gobelins ont rebouché ce trou.
Harry cligna des yeux.
-Merci…
Blaise détourna les yeux alors qu'il sentait ses joues rougir de nouveau.
-Je vais quitter l'Angleterre. Déclara doucement Harry.
-Je savais que tu le ferais. Chuchota le noir alors que son cœur se serrait douloureusement dans sa poitrine.
Bien sûr que Blaise avait fait tout ça par amour pour Harry. Qu'il lui soit partagé ou non. Mais ça faisait toujours mal de savoir que cet amour ne serait jamais partagé. Blaise écarta d'un geste sec de la main les souvenirs du baiser qui lui revenait en mémoire. Il n'allait pas y penser maintenant. Il n'allait pas pleurer au nom de merlin, il n'allait pas s'effondrer non plus ! pas avant qu'Harry soit ailleurs, en sécurité.
-Viens avec moi… chuchota la voix rauque d'Harry.
Blaise cligna des yeux, pensant avoir mal entendu. Il jeta un regard vers le lit.
-Tu as bien entendu. Si tu as fait tout ça pour moi, me sauver, changer mon nom, mettre ma fortune à l'abri… Tout ça… il y a forcément une raison derrière... Et je ne parle même pas des fleurs.
Blaise regarda Harry pendant un instant, il savait que l'espoir qu'il ressentait dans son cœur allait forcément lui valoir une déception, mais il ne pouvait pas s'en empêcher.
-Attends… Est-ce que les gobelins ont changé mon apparence à ce point ?
-Quoi ?
-Eh bien, toute la communauté sorcière sait à quoi je ressemble. Les médicomages et le personnel ici ont bien dû parler.
-Ah, ça… les gobelins ont amélioré un sort de leur crue. C'est un mélange de sortilèges du secret, et de fidelitas. Sauf qu'il est posé sur toi, sur ton apparence. Si tu croises quelqu'un, il aura l'impression de te connaitre, il se souviendra peut-être de toi pour les plus proches. Mais s'ils se souviennent, ils oublieront quand tu seras parti.
-Attends… comment Neville…
-Je… ne sais pas. Nous lui demanderons. Peut-être que comme il savait que tu étais ici avant que le sortilège soit lancé, il est passé au travers du secret… réfléchit Blaise.
Blaise laissa un instant le silence reprendre ses droits. Il poussa un léger soupir en se demandant si Harry était sérieux. Mais il ne voulait pas avoir trop d'espoir…
Il se rassit, bien décider à finir de donner son « repas » liquide à Harry.
-Je n'ai pas faim, Blaise. Déclara doucement Harry. Tout ce que je veux c'est prendre cette seconde chance que tu m'offres et aller vivre une vie normale quelque part loin de l'Angleterre…
-Ton corps a besoin de temps pour guérir. Tu es resté quatre années dans le coma Harry…
-Ouais, je sais, je ne peux même pas bouger les orteils sans avoir mal à des muscles que je ne connaissais même pas.
-Ça te laisse tout le temps de réfléchir à ton avenir. Conclut Blaise en se levant.
Il avait après tout une réunion avec ses collègues.
Blaise souffla en fermant les yeux alors qu'il s'adossait à la porte. Il essaya tant bien que mal de calmer son cœur qui battait la chamade dans sa poitrine. Lui qui avait redouté toutes ces années qu'Harry avait passées endormit, que celui-ci ne se réveille jamais. Maintenant, il redoutait de ne plus jamais le voir. Que l'homme qui avait volé son cœur avec ses yeux trop verts s'envole loin de lui et qu'il ne croise plus jamais ces orbes merveilleux.
Blaise se demanda un instant pourquoi l'une des pupilles avait viré au bleu… Seulement, il secoua la tête pour sortir de ses pensées et prit la direction de la salle où ils se retrouvaient tous.
Quand il entra, tout le monde était déjà installé, débâtant de quoi dire ou non au patient sorti de quatre ans de coma. Blaise faillit rire devant l'incongruité de la chose. Pourtant il se retint.
La réunion dura deux bonnes dizaines de minutes. Blaise ayant participé.
Il se demanda un instant si Harry voudrait partir maintenant et être transféré dans un autre établissement, lui qui rêvait de partir.
Les sensations du seul baiser échanger lui revinrent en mémoire et il ferma les yeux tout en frissonnant. Il s'obligea à penser à autre chose alors qu'il devait continuer son travail. Voir tous ses patients…
Blaise avait commencé le cursus de médicomagie spécialement pour aider Harry. Il voulait déjà aider les autres, médicomage avait été une évidence. Seulement, le véritable rêve de Blaise était la fabrication de potion. Il rêvait de créer, modifier des potions.
Quand Harry partirait, Blaise décida qu'il reprendrait ses études !
.
Ce soir-là, Blaise quitta le travail avec soulagement. Il n'avait pas revu Harry, mais avait entendu de ses collègues que le patient s'améliorait beaucoup en une seule journée.
Blaise lui, savait pourquoi. La magie d'Harry était la plus puissante depuis Dumbledore et Voldy.
Chaque fois qu'il passait, Harry dormait, et d'un sens, ça rassurait Blaise. Il ne voulait pas voir l'homme partir, mais s'attacher plus encore qu'il ne l'était déjà… bref, c'est pourquoi il passa une semaine loin de cette chambre particulière. Il passait tout de même tôt le matin ou très tard le soir pour déposer les fleurs qu'il achetait toujours…
Il sut, par les bruits de couloirs, que Harry marchait tout seul, que la rééducation l'aidait beaucoup et qu'il passait beaucoup de temps à s'entrainer. C'est pourquoi au bout de seulement deux semaines, son chef lui donna l'autorisation pour le faire sortir.
Bien sûr, la rééducation pourrait continuer si Harry le voulait. Mais Blaise savait qu'Harry s'empresserait de partir. Pendant quelques secondes, alors qu'il observait le parchemin que lui avait remis son chef, Blaise s'autorisa à imaginer la vie aux côtés d'Harry. Jusqu'à ce que son cœur ne se serre douloureusement dans sa poitrine en même temps que ses rêves se brisaient.
La mort dans l'âme, Blaise se faufila dans la chambre d'Harry très tard ce soir-là. Évidemment, Harry dormait profondément et Blaise se permit le loisir d'observer ces traits qu'il avait appris à aimer. Les longs cils reposant sur les joues pâles. Les cheveux en désordre. Même plus longs ils avaient une vie propre. L'envie de plonger ses mains dedans était forte, mais Blaise se refusa de seulement toucher Harry.
Avec tout ce qui s'était passé, Blaise ne s'étonnerait pas qu'Harry soit éveillé au moindre son… ainsi, silencieusement, aidé par un sort de silence, il déposa le parchemin sur la table près du lit.
Le cœur au bord des lèvres, il fit ses adieux à Harry.
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En rentrant chez lui, Blaise ne put retenir plus longtemps sa détresse et pour la première fois de sa vie, les larmes débordèrent. Il se laissa tomber au sol, et pleura silencieusement sa peine. S'endormant le cœur lourd.
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Blaise passa trois jours enfermés. Il passa ses journées et ses nuits plongé profondément dans le passé, cherchant la moindre chose se rapportant de près ou de loin à Harry. Plongeant plus profondément dans sa détresse.
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Seul le coup fort à sa porte le sortit de sa léthargie. Il se leva difficilement alors qu'il n'avait rien avalé d'autre que quelques verres d'eau depuis trois jours. Il ouvrit la porte, prêt à s'énerver sur la personne insistante, seulement pour trouver Harry derrière celle-ci.
Blaise se frotta les yeux, peu sûr de croire en ce qu'il voyait.
-Qu'est-ce que… commença Blaise.
Il se tut en observant les yeux grands ouverts, le doigt d'Harry touchant sa poitrine alors que face à lui Harry parlait.
Seulement Blaise papillonna des yeux. Maintenant qu'il y pensait, arrêter de manger n'était pas la meilleure idée du siècle. Il se sentit partir en arrière alors qu'Harry le poussait plus fort…
Blaise s'écroula, littéralement sur le sol. Seule sa tête n'atteignit jamais le bois dur du parquet. Et il sentit quelque chose sur lui. Un corps réalisa-t-il en ouvrant les yeux.
Blaise ne sut jamais ce qui se passa ensuite, ses yeux se fermèrent et il plongea dans le noir.
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Quand Blaise se réveilla, la première chose qu'il sentit, ce fut une merveilleuse odeur d'œuf, de bacon et de pancakes. Il tenta tant bien que mal d'ouvrir les yeux, mais ses paupières étaient lourdes.
Une main passa dans sa nuque et il sentit le goulot d'une fiole sur ces lèvres. Il avala la potion sans faire d'histoire alors qu'il reconnaissait une potion fortifiante.
Il se passa plusieurs minutes avant qu'il ne puisse seulement ouvrir les yeux correctement et que sa vision se fige. Le visage d'Harry entra dans son champ de vision. Il cligna des yeux indécis.
-Il faut que tu manges un morceau Blaise. Chuchota Harry.
Blaise acquiesça doucement et observa Harry alors que ces gestes doux réchauffaient quelque chose en lui. Harry l'aida à s'assoir et lui donna à manger, comme il l'avait lui-même fait pour le brun.
-Pourquoi tu as disparu ces deux dernières semaines ? demanda doucement Harry.
Blaise détourna les yeux du visage face à lui et soupira. Il ne voulait pas avouer à Harry quoi que ce soit. Son cœur battait déjà bien trop vite dans sa poitrine. Alors il garda le silence.
-Tu sais, commença Harry dans un chuchotement indécis, si c'est pour le baiser que j'ai pris sans ton consentement, alors je suis désolé Blaise… quand j'ai senti que tu me répondais… mon cœur n'a pas pu s'empêcher d'espérer… ce jour-là, lors de la grande bataille, je n'ai pas pu parler avec toi… Je n'ai pas pu t'avouer que…
Harry se détourna, Blaise voyait bien qu'il hésitait. Lui ne savait pas comment réagir.
-Je t'aime Blaise. Je ne sais pas quand ça a commencé… Ni pourquoi… Mais… je suis tombé amoureux de toi…
Le cœur de Blaise martelait son thorax à présent tellement il battait fort. Il était sûr qu'Harry pouvait l'entendre dans le silence de sa chambre.
-Je suis mort… J'ai accueilli la mort avec joie. Seulement pour comprendre qu'une infime partie était morte. Vol… dy… avait créé ces choses horribles pour devenir immortel. Et j'ai dû les détruire. Seulement, le jour de la grande bataille, quand Snape est mort, il m'a laissé des souvenirs, et alors j'ai compris que moi aussi je devais mourir, puisqu'un bout d'âme de l'autre était en moi depuis que mes parents sont morts… Alors, cette partie est morte. Et je suis revenu pour le tuer. J'ai cru mourir une deuxième fois. Et en quelque sorte c'est ce qui s'est passé. Mais alors que la première fois, Dumbledore me faisait face, la seconde fois, c'est la mort que j'ai vu.
Blaise écarquilla les yeux au fur et à mesure qu'il écoutait.
-Elle m'a accueilli avec douceur. Et elle m'a laissé le choix. Bien sûr, elle m'a fait comprendre qu'il me faudrait un peu d'aide pour me réveiller. Mais j'ai choisi de revenir. Parce que je voulais une vie simple. Loin du monde sorcier et loin de cette guerre. Loin de l'Angleterre.
Blaise réfléchit lentement aux paroles tout en observant le profil d'Harry.
-Le fait est que quand je me suis réveillé, la première chose que j'ai vue c'est toi. Et ensuite, j'ai appris tout ce que tu avais fait pour moi. Donc, l'espoir en moi s'est fortifié ! tu n'as pas répondu quand je t'ai demandé de partir avec moi… Et tu as disparu… comme l'espoir. Si je suis venu aujourd'hui… C'était pour comprendre. Pour savoir si mon amour était partagé… Savoir si tu voulais partir avec moi… souffla Harry en se détournant complètement.
Blaise resta interdit, réfléchissant à tout ce que Harry avait dit. Il fut sorti de ses pensées alors qu'Harry se levait du lit, la tête basse.
Blaise trébucha en voulant se lever trop rapidement. Il poussa un gémissement alors que sa tête tournait, pris d'un vertige soudain. Il tomba en avant, rattraper par les bras d'Harry sous les siens. Ils finirent tous deux, à genoux sur le sol, se soutenant l'un l'autre.
Les yeux de Blaise tombèrent dans ceux d'Harry. Il observa le visage, qu'il n'avait jamais pu observer de si près. Ses bras entourèrent Harry, le rapprochant de lui.
Blaise fondit, littéralement sur les lèvres vermeilles. Embrassant Harry comme s'il allait mourir. Des doigts passèrent dans ses cheveux alors qu'Harry répondait à son baiser.
Blaise ne sut pas comment, mais il se retrouva avec la virilité d'Harry pressé contre son ventre, son petit brun assis sur ses genoux, ses propres mains malaxant les fesses fermes d'Harry. Il poussa un grognement alors que tout son corps s'enflammait.
Peut-être que le lendemain, les gobelins faisaient le nécessaire pour vendre l'appartement. Peut-être que trois jours plus tard, une lettre fut envoyée à St Mangouste pour faire part de la démission de Blaise…
Peut-être que de l'autre coté du pacifique, deux jeunes hommes se regardaient avec douceur et amour, leurs doigts entrelacés alors qu'ils visitaient tout un tas de maisons…
Seuls deux couples furent au courant du réveil et de l'envol d'Harry. Le reste de la communauté sorcière continua à vivre comme si rien ne s'était jamais passé. Oubliant les deux guerres. Oubliant les erreurs commises. Tournant le dos aux autres communautés…
Mais sachez, mesdames, messieurs, que mon petit doigt m'a dit que nos tourtereaux vécurent heureux pour la fin de leur longue vie.
FIN
