Disclaimer : Les personnages ne m'appartiennent pas !
16/10/2022 - O.S relu et corrigé !
Chicago !
Vendredi soir !
Connor n'était pas sorti s'amuser depuis bien longtemps. Quand il était au Moyen-Orient, il était resté concentré sur ses études et sa carrière, et depuis son retour à Chicago, il n'avait pas pris le temps de sortir. Il ne cessait de travailler, mais ce soir, il avait ressenti le besoin de relâcher la pression. En clair, il avait besoin de sexe. Il était ouvertement bisexuel, même s'il ne ressentait pas forcément le besoin de le dire haut et fort chaque fois qu'il arrivait quelque part, et n'avait caché sa sexualité que durant les quatre dernières années. Le Moyen-Orient n'était pas vraiment un endroit où l'on pouvait être soi-même, mais ce n'était pas grave. A son arrivé au Chicago Med, il avait flashé sur l'interne en traumato, Will Halstead, et tous leurs affrontements au sujet des patients qu'ils traitaient le rendait dingue. L'excitait plus que de raison. Connor était plus porté sur les hommes que les femmes. Le Docteur Zanetti, une belle blonde interne en chirurgie, avait essayé de le draguer mais elle ne l'excitait pas autant que le rouquin qui ne cessait de contester ses décisions. Connor savait bien juger les gens, mais il n'était pas encore parvenu à savoir si le beau Docteur Halstead serait partant pour un petit cinq à sept. En tout cas Connor était plus que partant, et chaque fois qu'il fermait les yeux, il voyait Will et fantasmait à ce qu'ils pourraient faire ensemble dans un plumard.
Payant son entrée, il immergea dans l'effervescence portée par la musique du Rainbow. C'était un club que la communauté LGBTQ de Chicago aimait fréquenter. Connor y était déjà venu avant de quitter la ville pour ses études, et ça n'avait pas tellement changé. L'ambiance régnait, et après avoir déposé ses effets personnels dans les vestiaires, il alla au bar pour se commander un verre. En s'y rendant, il dû passer par la foule compacte des corps qui dansaient, et les regards d'appréciations qu'il reçut sur son passage le fit sourire. Ouh oui, son corps avait besoin de relâcher cette tension sexuelle qu'il accumulait depuis toutes ses années, et encore plus depuis qu'il avait rencontré Will Halstead.
« Une bière, s'il vous plaît ! » commanda-t-il au barman.
Il dû hausser un peu la voix pour se faire entendre, et remercia le type au cheveux violets bardé de tatouage qui lui tendit sa boisson. Avec un clin d'œil en prime. Connor s'adossa au comptoir, et laissa son regard se perdre dans la foule de gens qui dansaient sur la piste. Il irait les rejoindre, dès qu'il aurait fini sa boisson. Voilà une ambiance qui lui avait manqué. Depuis combien de temps n'était-il pas venu dans une boîte comme ça ? Une boîte qui accueillait gays, lesbiennes, trans, bisexuels et plus encore. Ça remontait à loin. Il n'était pas sûr de ramener quelqu'un chez lui ce soir, mais rien ne l'empêchait de s'amuser. Un baiser par-ci par-là et quelques caresses volées durant une danse n'avaient jamais tué personne. Portant le goulot de sa bière à la bouche, il avala une gorgée juste à temps, lui évitant de s'étouffer quand il vit, au milieu de la foule qui s'écartait devant lui, une silhouette plus que familière.
Grand, des cheveux roux indétectables à cause de la lumière tamisée et des stroboscopes, Will avait aperçu Connor quand ce dernier se rendait au bar. Quelle surprise ! Comme ça, le beau ténébreux avec qui il se prenait la tête depuis près d'un mois, avait un penchant pour les hommes ? Il n'avait pas manqué les regards et les sourires qu'il rendait chaque fois que quelqu'un lui en faisait un. Hum, alors qu'il pensait devoir se servir parmi les beaux inconnus qui se massaient autour de lui, Will se disait que, peut-être, il allait pouvoir réaliser le fantasme qui lui trottait dans la tête depuis un petit moment déjà. Se mordant la lèvre, Will sortit de la foule et avança vers Connor, sans le lâcher des yeux. Ce dernier ne détourna pas les siens.
« Rhodes, surprenant de te voir là. »
Il se lécha les lèvres en lorgnant sa tenue. Un jean, un t-shirt et des baskets. Le jean et le t-shirt le moulaient, et Will se demandait si le jean qu'il portait rendait hommage à ce fessier qu'il avait longtemps rêvé de posséder, d'empoigner et parfois de mordre.
« Je pourrais te dire la même chose. » répondit Connor.
« Tu danses, beau gosse ? » demanda Will en lui tendant la main en guise d'invitation, alors qu'un remix de Crazy In Love de Beyoncé retentit.
« Oui ! »
Connor posa sa bouteille de bière à moitié vide sur le comptoir, et glissa une main dans celle de Will. Bien, la soirée allait finalement se finir dans un lit. Connor avait terriblement envie de lui arracher les vêtements qu'il portait. Un jean et une chemise à moitié ouverte, dont il ne saurait dire la couleur à cause de la luminosité sombre de l'endroit.
Will emmena Connor au milieu de la piste. Leurs corps se collèrent comme s'ils s'étaient toujours connus. Les deux médecins constatèrent qu'ils s'emboîtaient à la perfection. Ouh, ça leur donnait, à chacun, de plus en plus envie d'aller plus loin. Même si cette boîte était assez souple sur les démonstrations d'affections en public, et qu'une partie de cet endroit était prévu pour les couples furtifs qui voulaient du sexe, les deux hommes prirent sur eux. Ce ne serait pas la première fois pour Will, qui avait déjà laissé son côté exhibitionniste faire surface plusieurs fois, mais pas ce soir. Pas avec Connor. Pas pour cette première fois. Il était certain que leur nuit serait fabuleuse, mais pour l'heure, ils dansèrent.
Will glissa ses mains dans le dos de Connor, et lui agrippa les fesses pour le coller davantage contre lui. Le beau brun ne résista pas, et noua ses doigts derrière sa nuque. Leurs visages étaient très proches de l'autre. Leurs corps se mouvaient au rythme lent et sensuel de la musique. Leurs bouches se touchèrent enfin. Ce fut exactement ce que chacun pensait. Espérait. Un violent torrent de désir les frappa. Le baiser les électrisa. Connor se tourna dans ses bras, son dos contre son torse et surtout, lorsque Will l'emprisonna, ses fesses contre une érection. Will posa sa bouche dans le cou de Connor, qui passa un bras en arrière pour l'entourer autour du cou de Will.
« Tu veux te barrer ? »
Malgré la musique, Connor l'avait entendu. Will avait murmuré ses mots à son oreille, avant de la lui mordiller. La réponse de Connor était rapide. Un hochement de tête limpide et sans appel. Ils passèrent aux vestiaires récupérer leurs effets, et quittèrent la boîte.
« T'es venu en voiture ? » demanda Will.
« Non, et toi ? » dit Connor.
« Non, j'habite à dix minutes à pied. »
C'était bien trop long, Connor était sûr que sa queue ne tiendrait pas, mais ils n'avaient pas le choix. Il ne résista pas à nouer ses doigts à ceux de Will, qui sourit.
« Tu y vas souvent, dans cette boîte ? » lui demanda Connor, pour palier à l'attente du trajet.
« Chaque fois que j'ai mon week-end de libre. » répondit Will. « Et je suis très content du retournement de la soirée. »
« Et moi dont ! » souffla Connor.
Arrivé devant son immeuble, Will ouvrit la porte et tira Connor jusqu'au troisième étage. Il était tard, alors ils montèrent les escaliers à la hâte en essayant de ne pas faire de bruit. Ils passèrent la porte de son appartement, verrouilla derrière eux, et là, Connor lui prit la bouche. Les vestes tombèrent par terre, et le beau rouquin fut forcé de s'asseoir sur une chaise. Son comparse prit place à califourchon sur lui, fourrageant dans ses cheveux pendant qu'ils échangeaient un baiser très langoureux.
« Putain, Halstead ! » souffla Connor, le front contre le sien et le souffle haletant. « Tu n'imagines pas depuis quand j'attends ce moment. »
« Pourquoi t'as rien fait plus tôt ? » voulut-il savoir.
« Je… je ne savais pas si tu serais partant. » dit Connor. « Combien de fois j'ai voulu t'attraper, t'embrasser et… »
« Me baiser ? » finit Will à sa place. « Oui, moi aussi j'aurais voulu que tu le fasses. On va enfin pouvoir assouvir nos envies. »
« Y a tellement de choses que j'ai envie de te faire, et que j'ai envie que tu me fasses. » susurra Connor. « Jusqu'où t'es prêt à aller ? Je veux dire, t'as des limites ou pas ? »
« Hum, pas vraiment. » dit Will. « Pour l'heure, là ce que j'aimerais que tu fasses c'est que tu t'agenouilles entre mes jambes. Tu vois ce que je veux dire ? »
« Oh oui, je vois ! »
Un long baiser suivit. Chemise et t-shirt étaient retirés, et ils avaient enfin accès à la peau de l'autre.
« Merde, t'es canon. » dit Will. « Et toi, Rhodes, t'as des limites ? »
« Pour être honnête, je n'ai pas baisé depuis si longtemps que je ne saurais pas te répondre exactement. » admit ce dernier.
« Alors, il va nous falloir plus qu'une nuit, je pense. » dit Will, un sourire en coin.
« T'es en train de me dire, que tu ne veux pas que d'un coup d'un soir ? » s'étonna Connor.
« Ça semble t'étonner ? » demanda Will. « J'ai envie de toi depuis l'instant où t'as franchi les urgences, et plus le temps passait, plus j'avais envie d'une vraie relation avec toi. Je ne te fais pas une déclaration hein, juste que j'ai des sentiments pour toi. Je ne veux pas que coucher avec toi. »
« Dieu merci ! »
Sur ce, Connor l'embrassa.
« Hum, attends ! » Il s'écarta. « Euh, je me suis fait tester il y a deux jours. Et toi ? »
« Je me fais tester chaque fois que je sais que je vais sortir en boîte. » dit Will. « Rien à signaler. »
« Génial ! Pareil pour moi. »
Le baiser reprit. La bouche de Connor dévia dans le cou de son amant avec faim.
« Doucement, Rhodes ! » Will lui tint le visage en coupe, et planta son regard dans le sien. « On a tout le week-end. On a tout notre temps, alors ne me force pas à t'emmener dans ma chambre et à t'attacher à mon lit. »
Connor haussa les sourcils, amusé mais néanmoins excité.
« Et, tu te servirais de la cravate que je t'ai offerte ? »
« Entre-autre ! » dit Will d'une voix traînante. « Je te montrerais mon coffre à jouet plus tard. »
Un nouveau baiser, et Connor quitta le confort de ses jambes pour s'agenouiller entre elles. Il déboutonna le jean de Will, et libéra son sexe massif. Merde, il était imposant. Il était certain de se faire écarteler tant il était gros, et long. Il n'avait pas fait ça depuis trop longtemps, mais c'était comme le vélo, ça ne s'oubliait pas. Ce ne serait pas sa première pipe, mais ce serait la première depuis des années. Il échangea un regard avec Will, et enroula sa main autour de sa queue au même moment. Leurs regards noircis de désir se chargèrent d'intensité. Connor le caressait lentement de bas en haut, puis, se pencha et embrassa le bout de son sexe. Sa langue glissa sur sa longueur, avant de le prendre entièrement dans sa bouche. Will dû résister à l'envie de fermer les yeux pour s'abandonner pleinement. Une main dans les cheveux de Connor, l'autre agrippée sur le bois de la chaise sur laquelle il était assis, il ne le quittait pas des yeux. Voir sa queue disparaître dans la bouche de Connor était un rêve qui devenait réalité. Lui non plus, n'avait pas baisé depuis des semaines. Il s'était rendu au Rainbow deux fois, depuis qu'il connaissait l'autre chirurgien, mais il n'avait rien fait d'autre que danser. Chaque fois qu'un ou une inconnue venait se frotter contre lui, il rendait la politesse et des baisers étaient échangés, mais Will n'avait pas pu aller plus loin. Il était sans cesse hanté par cet homme qui lui faisait une fellation démente. Ouais, il était foutu. Il ne voudra jamais le laisser partir.
Lapant une perle chaude et salée, Connor se laissa aller par la frénésie du moment et aspira le sexe de Will avec plus de faim. Sa tête partait en avant et en arrière à chaque mouvement. Oh oui, il était prêt à avaler chaque goutte qui allait s'échapper de Will. Ce dernier lui bloqua la tête au moment où il éjacula. Ça faisait peut-être longtemps, mais Connor n'eut aucun mal à tout avaler.
« Putain ! » souffla Will, le corps lâche et libéré de toute cette frustration qu'il se traînait depuis des semaines.
« Ouais, c'est exactement ce que je pense. » dit Connor, qui traçait un chemin de baisers le long de son torse, jusqu'à son oreille alors qu'il s'assit de nouveau sur Will. « J'ai bien envie que tu me baises, maintenant. »
« Ah oui ? T'es sûr d'être prêt pour moi, Rhodes ? »
« A toi de faire en sorte que je le sois, Halstead ! » Il lui mordilla le cou. « Dis-moi ce que tu attends de moi. »
« Finis de me déshabiller ! » ordonna Will.
Redescendant de ses jambes, Connor s'accroupit et défit Will de ses chaussures. Les chaussettes suivirent, puis, il tira sur son jean, emportant le caleçon en même temps. Will était nu.
« A ton tour ! »
Se relevant, Connor se déshabilla. Il ne manqua pas l'éclat de satisfaction dans le regard de Will, qui se leva.
« Viens ! »
Will lui prit la main et l'emmena dans la salle de bain. Sa douche n'était pas très grande, mais elle pouvait facilement accueillir deux personnes de leur gabarit.
« Très subtil, Docteur Halstead ! » railla Connor, alors qu'ils étaient l'un contre l'autre sous l'eau chaude qui coulait abondement. « Est-ce que c'est ta manière de me dire que j'ai un problème d'hygiène ? »
« Bien sûr que non, tu es parfait sur tous les points. » lui dit Will. « C'était seulement une excuse pour te voir tout mouillé. »
« Tu n'es pas mal non plus. Bon sang Will, tu n'as pas idée à quel point tu me rends dingue. Mon corps n'a jamais été aussi envieux de quelqu'un. J'ai tellement envie de toi, mais ça fait longtemps que je n'ai pas été avec un homme. »
« Tu me fais confiance ? » demanda Will.
« Oui, sans hésiter ! »
Coupant l'eau, Will sortit de la douche et, dès qu'ils furent tous les deux secs, ils allèrent dans la chambre de Will.
« Allonge-toi ! »
« Ne va pas prendre goût à me donner des ordres. » le prévint Connor, en souriant néanmoins.
« T'adore ça ! » lui fit remarquer Will, en pointant son érection évidente.
Connor leva les yeux au ciel, mais s'allongea tout de même sur le lit. Will prit dans le tiroir de sa table de nuit, du lubrifiant et un préservatif, avant de grimper sur le lit à son tour. Il admira la vue.
« Est-ce que tu sais, que la plupart des femmes de l'hôpital rêveraient d'être à ma place ? »
« Etant donné que Zanetti a voulu se frayer un chemin dans mon pantalon, je dirais que oui. » Connor tendit les bras, et Will entrelaça leurs doigts. « Ne te fous pas de moi mais, j'appréhende un peu. Je n'ai pas couché avec un mec depuis longtemps. Je crois que la dernière fois, ça remonte à cinq ans. »
« Pourquoi je me moquerais de toi ? Tu n'es pas le seul à n'avoir rien fait pendant des années. » le rassura Will.
« Tu parles d'expérience personnelle, Halstead ? » le taquina Connor.
« Oh non, moi je ramasse tout le temps depuis que j'ai dix-sept ans, sauf pendant les trois années que j'ai passé au Soudan. » répliqua Will. « Je suis certain que je peux t'apprendre des choses. »
Il se pencha et allongea l'avant de son corps pour pouvoir embrasser Connor.
« Je t'emmènerais à un vrai rencard, mais avant je vais te faire perdre la tête. » susurra Will. « A tel point que tu ne voudras personne d'autre après moi. »
« Tiens ta promesse, et c'est moi qui t'inviterais. » dit Connor.
« Allonge-toi sur le ventre ! »
Connor se tourna, et enroula ses bras autour d'un coussin, qu'il ramena le plus près de lui. D'instinct, il poussa ses fesses en arrière et se frotta contre le sexe de Will. Le jeune homme se pencha, et lui mordilla l'oreille.
« Dis-moi, Rhodes, est-ce qu'il y a une chose que tu n'aimerais pas que je fasse ? »
« Euh, je t'avoue qu'avoir ta queue qui se frotte contre mon cul ne me donne pas vraiment le loisir de réfléchir correctement. » répliqua-t-il. « Pourquoi ? Qu'est-ce que tu as en tête ? »
« Oh j'ai des tas de chose en tête, mais je vais d'abord te préparer à m'accueillir en toi. » dit Will. « Si jamais ce que je vais faire te déplait, tu me le dis, et j'arrête. D'accord ? »
« Arrête de parler et fais-le ! »
Il tourna la tête du mieux qu'il put et ils s'embrassèrent. Will se redressa afin de pouvoir caresser le dos de son tout nouvel amant. Il en avait rêvé des nuits entières. Sentir la peau et le corps de ce beau gosse sous ses mains, descendre plus bas et palpant ses fesses qui ne demandaient qu'à être palpées, mordues. Fessées !
« Hey ! » s'écria Connor. « Tu pourrais prévenir, non ? »
« Pourquoi ? Où serait le plaisir ? » dit Will, en lui claquant une nouvelle fois les fesses.
« Tu ne serais pas un peu sado maso sur les bords ? » demanda Connor.
« Ça se pourrait. » répondit vaguement Will. « Remonte tes jambes, et plies les genoux. »
Il s'agenouilla entre elles lorsque le beau chirurgien fut dans la position adéquate.
Les mains de Will qui pétrissaient ses fesses ne cessaient de faire monter le désir en Connor. Un désir qu'il cumulât depuis des semaines, et une tension sexuelle qui grandissait depuis des années. Se masturber n'avait pas le même effet que de partager l'acte en lui-même avec un partenaire. Ça soulageait, mais pas longtemps, surtout quand il bossait au même endroit que l'objet de ses fantasmes. Une autre claque sur sa fesse le fit tressaillir. Ça lui plaisait plus qu'il ne l'aurait jamais cru. Il n'avait pas couché avec beaucoup d'hommes par le passé, mais jamais aucun d'entre eux n'avait osé faire ce que Will faisait. Jouer, le taquiner, lui mettre des fessées en guise de préliminaires. C'était un nouveau monde pour Connor, et il était curieux d'y entrer. Accompagné du beau Docteur Halstead, il était prêt à tout expérimenter. Lorsqu'il sentit la bouche de son amant sur ses fesses, et ses mains les lui écarter, il comprit aussitôt ce que Will avait l'intention de faire. Ça aussi, c'était inédit pour Connor. Il était curieux, et c'est pourquoi il n'arrêta pas Will lorsqu'il le prépara avec sa langue. Au contraire. C'était une sensation nouvelle, fabuleuse, et érotique. Il ne retenait pas ses gémissements. Il n'en avait rien à foutre des voisins. Il n'avait pas baisé depuis trop longtemps pour en avoir quelque chose à battre de qui pourrait l'entendre prendre son pied. La sensation disparut.
« Pourquoi tu t'arrêtes ? » gémit-il. « Will… »
« Patience, beau gosse. »
Attrapant le lubrifiant, Will en versa un peu sur son majeur, et le posa sur l'anus de Connor. Il le caressa doucement, arrachant une nouvelle plainte de plaisir au jeune homme.
« Will… »
« Patience ! » répéta-t-il. « Si je vais trop vite, tu auras mal. Personne ne s'est aventuré là… » Il donna une pression sur l'orifice. « … depuis longtemps, alors je suis prudent. Je sais ce que je fais. »
« C'est une torture. » geignit Connor. « Et si moi je te faisais languir comme ça, hein ? »
« La différence, c'est que moi je n'ai pas mis ma vie sexuelle entre parenthèse pendant cinq ans. » Will inséra le doigt. « Mais si tu veux me faire languir pour ton plaisir personnel, je ne serai pas contre. »
Il bougea son doigt lentement, prenant le temps de savourer la sensation. Ses fantasmes devenaient réalité. Connor Rhodes, était un fantasme ambulant. Combien de nuit avait-il passé à rêver de lui ? A se masturber en pensant à lui ? A se servir de ses accessoires en imaginant que c'était Connor qui le possédait ? Toutes celles qui étaient passées depuis qu'ils avaient échangé leur tout premier regard. Versant du lubrifiant, il inséra un deuxième doigt. Connor grogna sous l'invasion. Will stoppa son geste.
« Ça va ? »
« Oui, oui ne t'arrête pas. »
Alors il continua. Il prit son temps avant de rajouter plus de lubrifiant et un troisième doigt. Là, il était bientôt prêt. Retirant ses doigts, il déroula le préservatif sur son large sexe, l'enduisit de lubrifiant, et mit une petite claque à Connor.
« Redresse-toi un peu ! »
« Comme ça ? » dit Connor, en se mettant à quatre pattes.
« C'est parfait. » Will déposa des baisers le long de son dos jusqu'à sa nuque. « Je vais y aller doucement. Au début. »
Connor se contenta d'acquiescer. Il se pencha un peu en avant, prenant appui sur ses avant-bras. Il était nerveux. C'était comme s'il avait dix-huit ans de nouveau, la première fois qu'il avait couché avec un garçon. La seule différence, c'était que cette fois, il le faisait parce qu'il en avait envie, pas parce qu'il était parti de chez lui sur un coup de tête après une énième dispute avec son père. Il s'était retrouvé au Rainbow pour la toute première fois, et il était reparti de là-bas avec un garçon, un étudiant de la fac, et il avait eu sa première relation sexuelle avec un homme.
Aujourd'hui, avec Will, il avait ce sentiment de découverte, mais en même temps de familiarité. Il n'avait pas oublié les sensations merveilleuses que procuraient la sodomie, mais ça faisait si longtemps. Mais Will était celui qu'il avait choisi. Vraiment choisi. Il le voulait depuis quatre semaines, et c'était chose faite. Est-ce que ça allait tenir sur la durée ? Seul le temps leur dirait, mais pour l'instant Connor se focalisa sur ce qu'il se passait. Le bout du sexe de Will poussa à son entrée, et il lâcha un grognement. Ça tirait, mais pas tant que ça. Il ne saurait pas dire combien de temps Will avait passé à le préparer, mais il a dû s'y prendre de manière à ce qu'il ne ressente rien de plus qu'un étirement.
« Détends-toi, bébé. Respire ! » lui dit Will.
Bébé ? Ils en étaient déjà aux surnoms affectueux ? Pourquoi est-ce que ça ne le dérangeait pas ?
« Connor, tu es trop crispé. »
« Je préférerais te regarder dans les yeux. » avoua le chirurgien.
Will haussa les épaules, se retira et l'aida à se mettre sur le dos. Il lui remonta les jambes, moula leurs corps et le pénétra, mais cette fois en une seule fois mais sans brutalité. Connor cambra le dos et rejeta la tête en arrière. Will était en lui jusqu'à la garde, et il avait eu raison. Il l'écartelait, mais de manière délicieuse. Le rouquin n'attendit pas qu'il se remette, et donna une première impulsion. Il avala le cri de Connor dans sa bouche. Les mains de ce dernier se joignirent dans son dos, et il remonta un peu plus les jambes. Ça donnait toujours plus d'ampleur, et il le sentit car Will atteignit sa prostate à chaque coup de reins.
« Tu vas jouir pour moi, Connor ? »
« Oui ! » geignit-il.
« Retiens-toi un peu, j'y suis presque. »
« Enfoiré ! » jura Connor, mais il hoqueta lorsque Will donna un puissant coup de reins.
Il accéléra le rythme, son propre orgasme à la surface.
« Vas-y Connor, jouis pour moi ! »
Il n'en fallait pas plus au beau brun pour éclater. Sa semence jaillit entre leurs corps, et Will suivit après trois pénétrations supplémentaires.
Ils avaient chauds. Ils étaient à bout de souffle. Le corps en sueur. Mais qu'est-ce que c'était bon ! Will était tenté de donner une nouvelle impulsion du bassin, mais s'abstint. A la place, il embrassa Connor, joua avec sa langue, caressa ses cheveux.
« Hum, c'était encore meilleur que je l'espérais. » dit-il.
« Docteur Halstead… » Connor haletait entre deux baisers. « … tu es… plein de… surprise. »
« Tu es encore très loin du compte, beau gosse. » dit Will. « Tu ne sais pas tout ce que j'ai pu faire. Tout ce que je peux te faire. »
« J'ai hâte de le découvrir. » dit Connor.
Ils restèrent ainsi jusqu'à ce que le sexe de Will, toujours enfoui en Connor, ne se relâche. Ils allèrent prendre une nouvelle douche ensemble, puis dans la cuisine, uniquement vêtus d'une serviette autour de la taille.
« C'est quoi, ça ? » demanda-t-il, en désignant le tiroir de la cuisine remplie de confiseries et de barres chocolatées.
« Oh, ça ? C'est ma réserve personnelle. » répondit Will en haussant les épaules. Il lui tendit la boîte de boules au chocolat blanc. « T'en veux un ? »
« Oui, merci. » Connor fronça les sourcils en prenant un chocolat. « Comment tu fais pour avoir un corps pareil, et manger autant de chocolat ? Je ne croyais pas vraiment aux rumeurs qui circulent sur toi et ton addiction mais, là, je ne peux que m'incliner. »
« Je me dépense. » dit Will, en lui faisant un clin d'œil.
Il referma la boîte et la rangea dans son tiroir, puis, il sortit deux bouteilles d'eaux du frigo. Il en donna une à Connor, et alla s'asseoir sur le canapé. Il vida la moitié de sa bouteille, la posa sur la table basse et alluma la télé. Il mit une chaîne quelconque, mais baissa le son. Connor le rejoignit, et prit ses aises en s'allongeant sur le dos, la tête posée sur les cuisses de Will.
« Alors, où ça nous mène, tout ça ? » demanda-t-il. « Est-ce que ça reste sexuelle ? »
« Je te l'ai dit, Rhodes. J'ai des sentiments pour toi. » répondit Will, qui baissa les yeux vers son amant. « Je veux une vraie relation, si t'es partant aussi. »
« Je le suis. » affirma le beau brun. « Moi aussi j'ai des sentiments pour toi, et je te dois un rencard vu que tu m'as complètement retourné la tête. T'es doué, bébé ! »
Will sourit !
« J'ai énormément de pratique. » dit-il. « On va dire que j'ai profité de la vie. Et de la fac. Mais je risque de te choquer avec tout ce que j'ai pu faire alors je vais me taire. »
« Mais non, raconte. » dit Connor. « Je veux tout savoir sur ta vie sexuelle. T'as dit que tu n'avais pas vraiment de limites. Ça veut dire que t'as expérimenté pleins de trucs. »
« Tu n'as pas idée. Même Jay ne sait pas tout. » Will hésita, mais finit par abdiquer. « Eh bien, ça a vraiment commencé à la fac. Je savais que je n'étais pas attiré par la personne en fonction de son sexe dès le lycée. J'avais dix-sept ans quand j'ai perdu ma virginité. »
« Homme ou femme ? » demanda Connor.
« Les deux. » dit Will. « Ouais je sais, ça fait traînée de dire ça. »
« Mais non, t'as profité de ta jeunesse. » le rassura Connor. « Tu sais, à dix-huit ans je me suis barré de chez moi après une dispute avec mon père et j'ai atterri au Rainbow pour la première fois. Je suis reparti avec un étudiant deux heures après, et on n'a pas fait que parler, si tu vois ce que je veux dire. »
« Tu t'es fait déflorer par un inconnu ? » s'amusa Will.
« Oh la ferme ! »
Connor se redressa et s'assit sur lui. Il passa un bras derrière sa tête et laissa ses doigts se perdre dans la tignasse rousse de son homme.
« Continue, s'il te plaît ! »
« Quand je suis arrivé à la fac, j'ai décidé de rester sur le campus, et j'ai partagé ma chambre avec un autre étudiant de ma promo, qui s'est avéré être très sexy, bisexuel, en couple et polyamoureux. »
« Tiens dont ! T'en as profité, j'imagine. »
« Pas toute de suite, j'étais concentré sur mes cours, même s'ils n'ont pas caché leur intérêt pour moi. » dit Will.
« Cela va de soi. » dit Connor. « T'es tellement sexy qu'on ne peut pas te résister. »
« Crétin ! » Will se laissa embrasser. « Je peux continuer ? C'est toi qui veux tout savoir de ma vie sexuelle, je te rappelle. »
« Mais je vous en prie, Docteur Halstead, continuez ! »
Will leva les yeux au ciel, mais poursuivit.
« A la fin des premiers partiels, j'avais tellement bossé comme un dingue que je suis allé décompresser au Rainbow, et c'est là que je les ai vu. Mon coloc et sa copine. Ça a été mon premier plan à trois. »
« Ouh, une vraie bête. » siffla Connor. « Je ne sais pas si je dois être jaloux ou excité. »
« L'un ou l'autre, tant que tu ne me demandes pas de réaliser un fantasme lointain, parce que je ne suis pas partageur. » dit Will. « Je ne suis pas du tout polyamoureux, et quand je m'engage avec toi, il n'y a pas de trio. »
« Détends-toi, je ne suis pas du tout tenté par former un trouple ou pour un plan à trois quelconque. » le rassura Connor. « Je suis excité de savoir que tu aies pu vivre ta sexualité aussi librement, et jaloux parce que je n'ai pas eu la force d'en faire autant. »
« Tu sais, un ami que j'ai rencontré à New-York m'a dit que j'avais raté ma vocation. » Connor haussa les sourcils. « Il disait que j'étais tellement doué au pieu que j'aurais pu devenir acteur porno. »
« Euh, ouais non, je ne t'aurais jamais rencontré sinon. » dit Connor en secouant la tête. « Et je préfère que tu gardes tes talents rien que pour moi, désormais. »
« Que pour toi ! » assura Will.
« Qu'est-ce qu'ils sont devenus, tes amis de la fac ? » demanda Connor.
« On a continué à se voir pendant nos études, et je te passe les détails sur certaines soirées assez… corsées, on va dire ça comme ça. On a fait nos internats dans différents endroits, et je ne les ai pas revus depuis un moment, mais ils sont mariés. »
« Ils sont toujours polyamoureux ? »
« Toujours, mais ils ne demandent jamais à l'autre personne de s'engager à cent pour cent avec eux. » dit Will. « C'est ce qui m'a plu, quand je les ai connus. On s'est bien marré, même si on a privilégié nos études. »
« Bien sûr. » dit Connor. « Euh, ce copain de New-York… »
« C'est juste un copain. » dit Will. « Ok, on a couché ensemble une fois, mais c'est tout. Il a ouvert une chaîne de sex-shop qui marche du tonnerre. Ça marche tellement bien qu'il me file un pourcentage de ventes chaque fois qu'il me demande de tester un accessoire et de lui donner son avis. »
« Je te demande pardon ? » s'étrangla Connor.
Will voyait bien que Connor avait peine à le croire.
« Tu veux que je te montre mon coffre à jouets ? »
Connor hocha la tête.
Dans la chambre, Will sortit de sa penderie un coffre sculpté à la main, qui était assez grand en largeur. Il fit le code du cadenas, pour le déverrouiller, et souleva le couvercle. Connor n'en revenait pas. Il s'agenouilla pour mieux voir ce qu'il y avait à l'intérieur, et il en fut complètement retourné. Il siffla lorsque Will souleva des compartiments qui rendirent la malle encore plus pleine.
« C'est du sur-mesure ? » demanda Connor.
« Ouais ! » dit Will. « Ne l'ébruite pas, d'accord ? Tout le monde pense que je ne m'en sors pas avec l'argent, vu que j'ai dû me démerder et bosser comme un dingue pour payer mes études, mais je n'ai plus une seule dette depuis que je teste des accessoires pour mon ami. Jay est le seul à être au courant. Je lui en ai même refilé certains pour qu'il pimente sa vie sexuelle avec Hayley. Je préfère qu'on pense que j'ai des problèmes d'argents plutôt que le contraire. »
« Hey… » D'une voix douce, Connor prit la joue de Will en coupe. « Ton secret sera bien gardé avec moi. Mais j'ai une question. »
« Je t'écoute ! »
« C'est un bâillon à boule ou j'hallucine et j'ai besoin de dormir ? » demanda Connor, en prenant un accessoire.
« Euh, non, tu n'hallucines pas. » dit Will, sans rougir le moins du monde. « Je ne l'ai jamais utilisé, c'est juste mon pote qui me l'a envoyé pour me faire une blague. »
« Et tu l'as gardé. » s'étonna Connor. « Je ne suis pas sûr de savoir si tu comptes t'en servir avec moi ou pas. »
« Je ne le ferais pas, ne t'en fais pas. » Il remit le bâillon à sa place. « Voilà, c'est ma petite boîte du plaisir. Je ne m'en sers que pendant mes relations sérieuses, et seulement si mon ou ma partenaire est partant. Le sexe basique me convient aussi. » Il se tourna vers Connor. « Si ça fait trop pour toi, je referme tout et je le fourre au fond de ma penderie sans jamais le ressortir. »
« Eh bien, mis à part le bâillon à boules… » Connor lui sourit. « Je veux bien jouer avec toi. »
« Oui ? »
« Oui ! » Il l'embrassa avant de bâiller. « Oups, désolé ! »
Will ferma sa malle, la rangea dans la penderie et le nouveau couple prit cinq minutes pour faire un passage express à la salle de bain chacun leur tour.
« Je te préviens, je dors à poil. » dit Will en enlevant la serviette qu'il avait autour de la taille.
Il la plia et la posa sur la chaise près de son lit avant de se glisser sous sa couette. Son téléphone branché a un deuxième chargeur, il s'étira au moment où Connor le rejoignit.
« La prochaine fois qu'on aura un week-end de repos, on pourra retourner au Rainbow et y rester plus longtemps. » proposa-t-il, à moitié allongé sur Will.
« Ouais, ce serait super. » dit-il. « Tu as quelque chose contre le sexe au réveil ? »
« Non ! » répondit Connor.
« Alors, je pourrais te réveiller comme je veux ? »
« Si je peux faire pareil, si je me réveille avant toi. »
« Marché conclu ! »
…
Samedi !
Le lendemain matin !
Un bip provenant de son téléphone le réveilla. Merde, lui qui dormait si bien. Will roula sur le dos, puis de l'autre côté du lit et attrapa son téléphone. C'était un texto de son ami de New-York.
Le contrat est signé. Ton nom n'y est pas désigné comme tu me l'as demandé. Attends-toi à recevoir un plus gros pourboire mon pote. Merci pour tout.
Will sourit. Son ami avait voulu créer sa propre marque de sex-toy à partir de son propre sexe, mais même stimulé il ne se trouvait pas assez satisfait. Il avait alors demandé à Will un service, et ce dernier avait accepté à condition que son nom ne soit jamais mentionné. Condition acceptée. Clairement, Will n'aurait plus jamais besoin d'argent. Tant mieux, il n'aurait plus à trimer pour joindre les deux bouts comme lorsqu'il était à la fac. Il répondit à son ami, reposa le téléphone puis, la bouteille de lubrifiant sur la table de nuit attisa son désir. Il la prit ainsi qu'un préservatif, se tourna de nouveau et se rapprocha de Connor. Lubrifiant ses doigts, après avoir enroulé la capote sur son sexe, il chercha son orifice et y inséra d'abord son majeur. Connor s'éveilla lentement, soupirant mais ne chercha pas à arrêter son nouveau compagnon. Il l'avait senti s'éloigner, ce qui l'avait réveillé mais il avait préféré garder les yeux fermés. Il gémit en sentant un deuxième doigt envahir son cul.
« Ah, t'es réveillé ! » souffla Will. « Remonte ta jambe, s'il te plaît ! »
Connor s'exécuta. Il était pleinement réveillé.
« Putain Will, arrête de me faire languir. » claqua-t-il entre ses dents.
« Comme tu voudras. »
Will guida son sexe jusqu'à son entrée, et poussa à l'intérieur après avoir relevé un peu plus la jambe droite de Connor avec sa main.
« Dis-moi si ça fait mal. »
« Merde Will, arrête de prendre des gants et baise-moi. »
« Tu l'auras voulu. »
D'une seule poussée, sans être brusque, Will le posséda entièrement, et n'attendit pas pour se mouvoir en lui. Lorsque Connor rejeta la tête en arrière, Will enfoui la sienne dans son cou. La main du chirurgien dans ses boucles rousses se crispèrent sous l'assaut de ses coups de butoirs. Connor alla même jusqu'à pousser ses fesses en arrière pour aller à sa rencontre. Les larmes lui montaient aux yeux chaque fois que sa prostate était touchée, envoyant des pics de plaisir dans tout son corps. Il n'était pas loin de jouir. C'était déroutant de voir à quel point il avait privé son corps de sexe. Plusieurs années sans faire l'amour, à se contenter de masturbation rapide, sans penser à qui que ce soit en particulier. Depuis que Will était dans sa vie, il voyait le visage de cette tête brûlée chaque fois qu'il s'allongeait dans son lit et qu'il se laissait aller à se caresser pour relâcher un peu de tension. Pouvoir enfin être possédé par lui était plus que de l'extase. C'était indescriptible.
« Jouis, Connor ! »
Son corps ne lui appartenait plus à l'entente de ces deux mots. Il jouit dans un cri guttural. Son corps entier se tendit, et Will continua de l'assaillir jusqu'à jouir à son tour.
« Bonjour, beau gosse. »
Haletant comme jamais, Connor rit.
« Salut ! Quel réveil ! »
« Je peux recommencer, si tu veux. » proposa Will.
Avant de répondre, l'estomac de Connor se manifesta.
« On va prendre des forces, d'abord. » dit Will, qui sourit dans son cou. « Je vais te requinquer. »
« Mais on est tellement bien, comme ça. » geignit Connor, qui ne voulait pas bouger.
« Le week-end n'est pas fini. » lui dit Will. « J'ai bien l'intention de te baiser encore une ou deux fois. T'as du retard à rattraper. »
« Tu seras mon professeur, Halstead ? » minauda Connor en ondulant son bassin.
Ce qui eut pour effet de réveiller le sexe de Will toujours enfoui en lui.
« Ok, temps mort ! » Will se força à sortir de son cul étroit et chaud. « A la douche, ensuite on mange, et on reprend les festivités. »
Le temps passé sous la douche resta sage. Un baiser par-ci par-là, mais rien de plus. Will ne trouva pas de raison de s'habiller, puisqu'il n'avait pas prévu de sortir de son appartement. Il croisa les volets afin de laisser un peu de la lumière du jour s'infiltrer, et laissa une fenêtre dans le salon ouverte, mais rien de plus.
« Café ? » proposa-t-il au beau brun qui le rejoignit dans la cuisine.
« Oui, s'il te plaît ! » dit Connor. « Je peux t'aider à faire quelque chose ? »
« J'ai envie de pancakes. Tu m'aides à les faire ? » dit Will.
Ils préparèrent le petit-déjeuner en duo. Les serviettes autour de la taille étaient une tentation pour tout arrêter à laquelle ils résistèrent. Un seul geste et hop, ils seraient nus et prêts à se jeter l'un sur l'autre.
« Au fait, j'ai un truc à t'avouer. » dit Will, alors qu'ils venaient de finir de manger.
« T'es porté sur le SM ? » plaisanta Connor.
« Un petit peu, je l'avoue. » dit Will. « Mais ce n'est pas ça. Euh, mon pote de New-York, tu sais celui qui a plusieurs sex-shops, et bien, il y a un an, il m'a contacté parce qu'il souhaitait créer sa propre marque de sex-toy basé sur son propre sexe. Sauf qu'il n'a pas le même potentiel que moi et m'a demandé d'être le modèle à la place. »
« Quoi ? » fit Connor. « Tu… »
« J'ai accepté. » Will se mordit la lèvre. « J'ai seulement posé la condition que mon nom ne soit jamais révélé, et il a accepté. Le nom du modèle reste anonyme, et moi je vais toucher encore plus de pourcentage une fois qu'il sera sur le marché, maintenant que le contrat est signé. Je voulais que tu le saches pour ne pas avoir à te cacher quoi que ce soit. Dis quelque chose, s'il te plaît ! »
« Tu… t'es en train de me dire qu'il va y avoir des sex-toys moulés à partir de ta queue ? » Will acquiesça. « Oh putain ! »
Connor avait soufflé cette dernière partie. Will crut qu'il avait été trop loin en lui parlant de ce contrat passé avec son ami. Il déglutit quand Connor recula la chaise pour se lever, mais il n'eut pas le temps d'essayer de le rassurer, que l'autre homme s'avancer jusqu'à lui pour s'asseoir sur lui. Il prit sa bouche en otage d'un long baiser. Will se détendit et répondit au baiser.
« Tu es plein de surprise, Will Halstead. » souffla Connor. « Tu me rends fous, et si tu ne me baises pas dans les dix secondes je vais exploser. »
Un petit moment plus tard…
Ils avaient réussi à atteindre la chambre, mais pas le lit. Essoufflés sur le sol, ils éclatèrent de rire, sans trop vraiment savoir pourquoi.
« Tu vas me tuer avant l'heure. » dit Connor. « Je ne suis pas sûr que je réussirais à marcher normalement lundi. »
« On va inverser les rôles, ne t'en fais pas. » dit Will, qui se redressa sur le coude. « Tu sais, je vais recevoir un exemplaire de ce sex-toy dont je suis le modèle, je l'utiliserais peut-être sur toi. »
« Fais ton malin, mais j'adorerais voir ta tête quand tu devras annoncer à Jay ton investissement là-dedans. » dit Connor.
« Oh, il est déjà au courant. » sourit Will. « Il n'y a aucun risque qu'il achète mon modèle par mégarde, vu qu'il passe par moi quand il a besoin d'un truc. Ouais je sais, on est des frangins bizarres. »
« Ok, on change de sujet » dit Connor, en se tournant face à lui, imitant sa position. « Je t'emmène dîner, ce soir ? »
« Hum, plutôt la semaine prochaine. Je veux qu'on reste encore dans notre bulle. Lundi, tout le monde sera au courant, même si je ne vais pas le crier sur tous les toits parce que ça ne regarde personne. »
« Il va bien falloir en parler à Goodwin. » dit Connor.
« Oui, mais on ne sera pas obligé de faire une annonce, tu vois ce que je veux dire ? On restera pro, et je t'avoue que je suis assez curieux de savoir s'ils vont se douter de quelque chose, aux urgences. »
« Personne ne sait que tu es pansexuel ? »
« Non, personne. A part Jay et Hailey, et Matt et Severide que j'ai surpris au Rainbow quelques temps après mon retour à Chicago. Je n'ai pas besoin de faire mon coming-out à la planète entière. »
Connor ne pouvait qu'acquiescer. Il combla la mince distance de leurs corps et passa sa jambe gauche par-dessus sa hanche.
« Ok, on fait comme tu veux. J'ai une question, cependant. Au sujet de Manning ! »
« Il n'y a rien entre Natalie et moi. » le rassura Will. « Je sais qu'elle flirte légèrement avec moi, mais je ne ressens pas cette attraction que j'ai pu avoir par le passé pour d'autres personnes. Quand je l'ai connu, elle était une jeune veuve enceinte, elle avait besoin d'un ami et c'est ce que j'ai été pour elle. C'est ce que je suis, et je ne veux rien de plus. Mais j'ai une impression bizarre, comme si Maggie, April et même Natalie attendent que je m'occupe d'elle, juste parce que j'étais près d'elle jusqu'à son accouchement. Je dois être parano. »
« A toi d'ouvrir l'œil. » dit Connor. « Bon, si tu me jures que tu n'as aucune attirance pour Manning, je ne me montrerais pas jaloux. »
« Oh, parce qu'on est du genre jaloux, beau gosse ? » Will sourit et laissa sa main se faufiler jusqu'aux fesses de Connor. « Hum, c'est bien, parce que moi non plus je ne partage pas. Du moins, pas si c'est sérieux. »
« C'est sérieux. Tu hantes mes pensées d'une force, tu ne sais pas à quel point. »
« Tu n'as qu'à me le montrer. »
…
Tu n'as qu'à me le montrer… Connor était légèrement anxieux, lorsqu'ils grimpèrent sur le lit après avoir nettoyé vite fait les traces de leur dernière étreinte. Voilà bien longtemps que Connor n'avait pas donné de plaisir à un autre homme. Certes, il avait fait jouir Will en le suçant, mais il y avait une différence entre fellation et pénétration. Son compagnon, allongé sur le dos, ne semblait pas être désarçonné par cette passation. Il avait calé ses mains derrière sa tête, et écarté et plié les jambes.
« T'as l'air vraiment à ton aise. » fit remarquer Connor.
« Détends-toi, et fais exactement ce que je t'ai fait. » dit Will. « Tu manques peut-être de pratique, mais tu n'es pas sans expérience. »
« Désolé, c'est débile d'être nerveux. »
« Mais non, je trouve ça plutôt excitant, mais je commence à avoir froid. »
Connor leva les yeux au ciel. En ayant un peu marre d'attendre, Will prit le lubrifiant et se prépara lui-même, vu que Connor était toujours hésitant. Ce dernier déglutit lorsque le vit insérer ses propres doigts en lui. Un, puis un deuxième.
« Will, tu… tu fais quoi là ? »
« A ton avis ? » gémit Will. « Mets le préservatif. »
« Hein ? »
« Mets le préservatif, allez ! » le pressa Will. « Bon sang, j'ai l'impression de donner un cours à un puceau de seize ans. »
« Oh ça va, hein ! » Connor glapit quand Will lui attrapa le sexe recouvert du latex de la capote, et commença à le branler. « Will… »
« Allez, je n'ai pas besoin de te montrer où mettre ta queue. » dit-il en le lâchant. « Si tu hésites, je n'hésiterais pas à aller me servir dans ma malle. »
Le chirurgien se pencha vers l'avant après avoir entré son gland dans son anus. D'un coup du bassin, il pénétra entièrement Will, et la façon dont il l'engloutit sans heurt l'électrisa. Cette sensation nouvelle mais à la fois familière lui avait manqué. Cherchant la bouche de Will, il donna une première impulsion du bassin, qui fit sourire le rouquin contre sa bouche. Will posa ses mains sur le dos de Connor, mais ne chercha pas à manœuvrer l'instant. C'était le moment de Connor, qui devait retrouver les automatismes qu'il avait eu autrefois. Être abstinent pendant cinq ans ? Fiou, Will n'aurait jamais tenu aussi longtemps. Il n'était pas un sexe-addict, mais quand son corps avait un besoin de contact physique, il faisait ce qu'il fallait pour combler son manque. S'il était célibataire, une sortie au Rainbow et il était bien pour un certain temps. Sauf depuis que Connor était entré dans sa vie.
« Je m'y prends bien, Docteur Halstead ? » le taquina Connor, sans cesser de se mouvoir en lui.
« Ouais, n'arrête surtout pas, Rhodes. » Will referma ses jambes autour de lui. « N'aies pas peur d'aller plus vite. »
« Et si j'ai envie de prendre mon temps ? »
« Alors prends ton temps. » susurra Will. « Mais embrasse-moi. »
Connor se fit un plaisir d'obtempérer. Leurs lèvres ne se quittèrent que le temps de prendre une goulée d'air par-ci par-là, jusqu'à ce que Connor n'en puisse plus et ne se trouve proche du gouffre.
« Va plus vite. » lui dit Will. « Plus fort. Fais-le ! »
Prit d'une frénésie, Connor se redressa, prit appuie de ses mains sur les épaules de Will, il accéléra ses pénétrations. Quand il vit le sourire de son amant, et qu'il entendit ses gémissements, il sut qu'il faisait ce qu'il fallait, alors il accéléra encore, ne s'arrêtant qu'une fois qu'ils atteignirent l'orgasme tous les deux. Connor se laissa tomber sur Will, enfouissant son visage dans son cou. Aucun d'eux ne prononça le moindre mot. Qu'y avait-il à dire ? Rien du tout.
La journée passa. La journée suivante aussi, sans qu'aucun d'eux ne sorte de l'appartement de Will. Ils s'étaient reposés, avaient fait l'amour pleins de fois, etc… mais dimanche avait sonné, et Connor était en train de se rhabiller.
« Je te préfère tout nu. » dit Will, qui finit par mettre un jogging.
« Tu sais quoi ? » Connor se tourna vers lui et se colla contre lui. « Moi aussi, je te préfère tout nu. Merci pour ce week-end, Will, tu m'as fait ressentir des choses que je n'avais pas ressenti depuis trop longtemps. J'espère que ça ne va pas se finir entre nous. »
« Il n'y a pas de raison. » dit Will. « Je suis accro à toi et à ton air suffisant. »
« Moi, j'ai un air suffisant ? » s'étrangla le chirurgien.
« Oh oui, mais tu sais quoi ? » Connor fronça les sourcils, attendant la suite. « Tu me fais bander quand même. »
Connor éclata de rire. Ce qu'il pouvait être con. Son rire mourut dans le baiser que l'autre homme demanda.
« Dommage que tu ne restes pas. » dit-il.
« Je serais resté, si j'avais ma voiture et des affaires de rechange. » Connor finit de s'habiller, et récupéra ses chaussures dans l'entrée, qu'il remit. « Mais je vais rentrer chez moi, me reposer et repenser à ce week-end d'enfer. »
« On se retrouve plus tôt que prévu, demain matin ? » dit Will. « Il va falloir qu'on parle à Goodwin. Le lundi elle arrive plus tôt que d'habitude. »
« Ça marche. » dit Connor.
Il s'assura de n'avoir rien oublié, que son téléphone était bien dans la poche de sa veste, puis, attrapa Will et ils échangèrent un long baiser.
« N'oublie pas, Rhodes, je ne partage pas ce qui est à moi. »
« Et toi rappelle-toi que je suis très jaloux. »
…
Lundi matin…
Chicago Med !
Will était en pleine forme, et très impatient de revoir son séduisant collègue avec qui il avait passé un week-end mémorable. Ils avaient passé leur soirée de la veille à s'envoyer des sms, et au moment de se coucher, Connor avait lancé un appel vidéo que Will avait accepté sans hésiter. Un long mois à fantasmer sur ce nouveau médecin avec qui il se prenait le bec pour pas grand-chose, et ils s'étaient retrouvés par hasard dans la boîte qu'il fréquentait depuis son adolescence. Retourner au Rainbow après son retour de New-York était la première chose qu'il avait faite, en revenant à Chicago, mais vendredi soir avait une saveur particulière. Y voir Connor était une aubaine qu'il n'avait pas laissé passer. Heureusement pour lui, l'autre médecin lui rendait la politesse et le week-end dernier avait été le meilleur que Will ait passé de toute sa vie. Une extase indescriptible. Il avait Connor Rhodes dans la peau, c'était un fait.
L'équipe médical ayant travaillé de nuit était sur le départ. Maggie n'était pas encore arrivée, mais les urgences fonctionnaient comme sur des roulettes. La remplaçante de Maggie avait intérêt à ce que ça reste nickel, si elle ne voulait pas se faire taper sur les doigts. Will eut un rictus. Personne ne serait assez fou pour vouloir s'attirer les foudres de Maggie Lockwood.
« Quelle vue splendide ! »
Levant les yeux au ciel, Will se tourna vers Connor. La salle de repos, qui servait aussi de vestiaires pour quelques médecins travaillant aux urgences tels que Will, Connor ou encore Natalie, était vide. Encore heureux.
« Docteur Rhodes, vous êtes bien matinal. » le taquina Will.
« Je voulais traîner plus longtemps au lit, mais sans mon mec avec moi ça n'en valait pas la peine. » dit Connor, en gagnant son casier. « Je suis tout courbaturé, mais qu'est-ce que ça fait du bien. »
« On remet ça quand tu veux. » dit Will, qui était prêt pour sa garde.
« Ce soir. » dit Connor, après avoir rangé ses affaires. « On finit à la même heure. Tu viens chez moi, et on recommence. »
« Ça me va, mais je passerais d'abord chez moi. » dit Will. « J'ai deux trois choses à prendre dans mon coffre. »
« Oh, d'accord ! »
Connor se mordit la lèvre. Will avait déjà envie de se servir de ses jouets. Pourquoi pas ?
« Allons voir Goodwin ! »
…
Bureau de Sharon Goodwin – Directrice de l'hôpital !
« Entrez ! »
La porte s'ouvrit sur les deux personnes qu'elle ne s'attendait pas à voir dans son bureau, et encore moins ensemble.
« Messieurs, quelle surprise ! » dit-elle en se levant de sa chaise. « Que puis-je faire pour vous ? »
« On a quelque chose à vous dire. » dit Will.
« Si c'est à propos de vos nombreuses mésententes aux urgences, je ne suis pas vraiment d'humeur. » les prévint-elle calmement.
Connor pouffa malgré lui.
« Euh, non. » dit Will, un sourire en coin. « Même si on vous promet que ça s'arrête dès aujourd'hui. »
« C'est une bonne nouvelle, et j'espère que vous tiendrez à cette promesse. » dit Sharon.
« Madame Goodwin, on voulait vous informer que, le Docteur Rhodes et moi sommes, eh bien en couple. »
« Excusez-moi ? » fit Sharon.
« Je vous épargne les détails du week-end qui vient de passer, mais Connor et moi sommes ensemble. » reprit Will, et rajouta : « C'est très frais, mais on est sûr de nous. On voulait que vous le sachiez pour ne pas avoir à vous cacher quoi que ce soit. »
Elle était prise au dépourvu, les deux hommes pouvaient le voir à son visage, mais Sharon se reprit et carra les épaules, reprenant cette posture qui faisait d'elle la femme qu'elle était.
« Bien, je vous remercie pour votre franchise. Considérez que l'information est bien accueillie, et j'en informerais les Ressources Humaines pour vous faire remplir les papiers nécessaires. Je vais laisser passer un délai d'un mois avant, pour être sûre que vous êtes sûrs de vous. »
« On l'est, mais vous avez raison. On va prendre le temps que vous nous donnez pour l'être vraiment. » acquiesça Will.
« On n'a pas l'intention d'en faire l'annonce aux autres, même si on ne va pas se cacher. On va juste rester professionnels pendant les horaires de travail. » dit Connor.
« Essayez de ne plus vous entretuer, la prochaine fois que vous n'êtes pas d'accord sur le traitement d'un patient. » leur dit-elle. Ils le promettaient. « Bien, maintenant sortez de mon bureau. Votre garde va bientôt commencer. »
Ils quittèrent le bureau de leur patronne, et ne dirent pas un mot jusqu'à ce qu'ils pénètrent dans l'ascenseur. L'appareil descendit après avoir fermé ses portes métalliques, mais Connor le mit en arrêt. Esquissant un sourire, Will ne fut pas surpris de voir l'autre homme se jeter sur lui pour l'embrasser.
« Hum, j'en avais besoin pour tenir toute la journée. » dit Connor.
« Je sais, je suis aussi addictif qu'une friandise. » plaisanta Will. « Une fois qu'on m'a goûté on ne peut plus se passer de moi. »
« C'est assez prétentieux, mais tellement vrai. » accorda Connor.
Un dernier baiser, et il remit l'ascenseur en marche.
La matinée fut calme. Will ne se hasarda pas à s'en plaindre à voix haute, loin de là. Il ne s'en plaignit pas non plus en pensée. De toute façon, ça n'allait pas durer très longtemps. Oh, ils avaient des patients, mais des visites communes, cherchant pourquoi tel patient s'était réveillé avec une douleur lancinante à la tête, ou bien rassurer une jeune maman sur le rhum de son enfant.
« Salut, Will ! »
La tête dans la paperasse de son dernier patient, qu'il venait de laisser repartir, Will salua celle qui venait de l'aborder d'une voix douce.
« Salut, Nat ! »
Il replongea dans le dossier de son patient, qu'il signa avant de le remettre à Maggie.
« Tu as passé un bon week-end ? » demanda Natalie.
« Oui, excellent, merci. » répondit Will. « Et toi ? Comment va Owen ? »
Owen était le fils de Natalie, qui était né quelques semaines plus tôt. Juste avant l'arrivée de Connor au Med.
« Il va bien, merci. » sourit la jeune maman. « J'ai passé le week-end toute seule avec lui, ça m'a fait du bien. Je culpabilise un peu de ne pas être plus souvent avec lui. »
« Tu sauves des vies, il comprendra en grandissant. » la rassura Will.
Oh oh, elle se rapprochait dangereusement de lui. Aurait-elle décidé de passer à la vitesse supérieure ? Cherchait-elle à lui faire comprendre qu'elle avait fait le deuil de son mari, et qu'elle était prête à aller de l'avant ? Sur le moment, Will ne savait pas comment gérer l'information. Il n'était pas du tout attiré par elle. Il ne disait pas qu'elle n'était pas jolie. Il avait des yeux et savait apprécier la beauté d'une femme, et Natalie était une très belle femme, mais il ne ressentait aucune attirance pour elle. Que ce soit physique ou émotionnelle. Il ne pouvait pas dire que la venue de Connor avait affecté cette possibilité qui aurait pu se passer quelque chose entre eux. Elle était enceinte et en deuil quand il l'avait connu. Ce n'était pas vraiment son genre de profiter de ce genre de situation pour espérer quoi que ce soit de quelqu'un. De toute façon, Natalie était une amie, et elle ne serait jamais rien de plus.
En parlant de Connor, il arriva aux urgences, l'air d'être sur le point d'étrangler quelqu'un. Will mit sa main à couper que cette personne était le Dr. Zanetti.
« Tout va bien ? » lui demanda Will.
« Non ! » répondit Connor. « Je ne la supporte plus. Elle est tout le temps sur mon dos, et je ne vais pas la supporter plus longtemps. »
« Qui ça ? » demanda Natalie.
« Zanetti. » lui répondit Will.
« Elle veut peut-être sortir avec toi. » dit Natalie à Connor.
« Alors là, je préférerais embrasser un lépreux plutôt que de sortir avec cette vipère. » répliqua ce dernier. « Maggie, t'as un trauma pour moi ? Un patient, n'importe lequel, du moment que je suis loin de cette fille. »
« Un bras cassé au lit n°5. » dit Maggie, en lui tendant une tablette, avec le dossier du patient.
« Génial ! » souffla Connor, en s'en emparant.
Mais avant d'y aller, en passant près de Will, il lui demanda :
« On déjeune toujours ensemble ? »
« Ouais, on se retrouve à la cafète dans une heure. » dit Will.
« Super ! »
Connor rejoignit son tout nouveau patient. C'est là que Will remarqua les regards incrédules de Natalie, Maggie et April. Même Doris, la pire commère de toutes les urgences, semblait surprise de l'échange qui venait d'y avoir entre les deux médecins.
« Quoi ? »
« Depuis quand tu déjeunes avec Connor Rhodes ? » demanda Doris. « Y a une semaine encore, vous vous preniez la tête. »
« Une petite mésentente de rien du tout. » dit Will, en haussant les épaules. « On a fait la paix, depuis. »
Il se retint de ne pas sourire bêtement. Oh ça oui, ils avaient fait la paix. Il avait arrêté de compter au bout de la sixième fois, le nombre de fois qu'ils avaient fait l'amour. Entre les baisers, les caresses, les fellations et tout le reste, en seulement deux jours, il y avait de quoi perdre le compte.
« Depuis vendredi ? » railla Natalie.
« Connor et moi, on n'est pas ennemis, et on ne se déteste pas. » C'était même tout le contraire. « Et puis je déjeune avec qui je veux. »
En quoi sa vie les regardait-elle ? Il pourrait très bien leur balancer, là tout de suite, qu'il sortait avec Connor, mais ils avaient tous les deux décider de ne pas le faire, justement. Ils préféraient que ça se fasse naturellement.
« Will ! »
Il se tourna vers le Docteur Choi.
« Tu peux venir, s'il te plaît ? J'aimerais ton avis sur mon patient. »
« J'arrive. » dit Will.
Il laissa les quatre femmes, et rejoignit l'autre médecin.
« Tu as aussi un avis sur la question ? Sur le fait que je vais déjeuner avec Connor à midi ? » demanda-t-il.
« Non, tu fais ce que tu veux. » répondit Ethan.
« A la bonne heure ! » dit Will. « Bon, c'est quoi le souci ? »
Pause déjeuner !
La nourriture de la cafétéria n'était pas le grand luxe, mais ce n'était pas aussi mauvais que ce qui était servi aux patients. Picorant ses frites, il ruminait. Après avoir aidé Ethan avec son patient, il avait évité tout contact plus que nécessaire avec Nat et les autres. Il n'avait toujours pas digéré les regards étonnés d'April et Maggie, et les commentaires affables et railleurs de Doris et Natalie. Non mais il était en plein cauchemar, ou quoi ? Ce n'est pas parce que Connor et lui avaient eu certains désaccords sur certains cas qu'ils n'étaient pas amis auparavant.
« Je peux m'asseoir ? »
Il ravala sa lassitude et se contenta de hocher la tête. Natalie posa son plateau sur la table et s'assit en face de lui. Connor n'allait pas tarder, mais Will ne montra pas son impatience. Par contre, il n'hésiterait pas à éclater si Natalie lui prenait la tête.
« Si t'es venu pour me parler de ma relation avec Connor, tu peux aller t'asseoir ailleurs. » dit-il avant de croquer une frite.
Il était conscient d'avoir usé du mot relation, il voulait voir si elle allait relever.
« Je… je suis désolée Will, c'est juste que je trouve ça bizarre que vous soyez devenu copains du jour au lendemain. » dit Natalie.
« On n'est pas à la maternelle. » dit-il. « On a le droit d'être en désaccord au boulot et être amis en dehors. Qu'est-ce qui te prend, tout à coup ? »
« Je m'inquiète pour toi, c'est tout. » dit-elle.
« Eh bien arrête ! » dit-il sans élever la voix. Il ne voulait pas faire de scène au beau milieu de la cafète. « Je suis un grand garçon, et j'ai besoin de personne pour veiller sur moi. Connor est mon ami, et que ça te paraisse bizarre ou je ne sais quoi d'autre, ce n'est pas mon problème. »
« Ouh là, il se passe quoi ? »
Will était si occupé à remettre Natalie gentiment à sa place qu'il n'avait pas vu Connor entrer dans la cafétéria, et encore moins s'approcher de la table. Il posa son plateau et prit place à côté de Will, puisqu'en face c'était déjà occupé.
« Rien du tout. » dit Will. « T'en as mis du temps. Maggie t'a filé un patient à la dernière minute, ou quoi ? »
« Non, le Docteur Downey voulait me parler, c'est tout. » dit Connor. « Je te raconterais plus tard. »
« Bon, je crois que je suis de trop. »
Natalie prit son plateau et alla rejoindre April, qui venait d'entrer dans la cafète.
« Quelle mouche l'a piqué ? » demanda Connor.
« Je te raconterais ce soir. » dit Will. « Mais sache juste que ça a un rapport avec les plausibles regards bizarres que tu recevras de la part de certaines personnes. »
« Ok ! » dit Connor. « Je dois m'inquiéter ? »
Will souffla, blasé.
En effet, tout le reste de la journée, chaque fois que Connor et Will étaient dans la même pièce à s'échanger des banalités, ou que l'un demandait un avis à l'autre sur un patient, il avait remarqué des regards furtifs et légèrement suspicieux tournés vers eux.
« Tu veux que je commande à manger ? » demanda Connor, alors qu'ils se dirigeaient tous les deux vers le parking après leur journée.
« Ouais, si tu veux. » dit Will.
« Hey… » Connor lui prit le poignet, et son visage se peignit d'inquiétude. « … si tu veux qu'on remette la soirée à une autre fois… »
« Non, je n'ai pas envie d'être seul. » dit Will. « Et si je laissais ma voiture ici ? On viendra ensemble demain. »
« Ouais, d'accord. »
Connor vit, plus loin, Natalie regarder dans leur direction, mais il s'en moqua. Will regarda dans sa direction, mais se détourna aussi vite et suivit Connor jusqu'à la voiture de ce dernier.
« Je t'attends ici. » dit le beau brun, une fois en bas de l'immeuble de Will. « Si je monte avec toi et que je te regarde ouvrir ta malle, pas sûr qu'on reparte. »
« Je me dépêche. » dit Will, un sourire en coin.
Appartement de Connor !
Sur le trajet, ils s'étaient arrêtés acheter une pizza, qu'ils mangèrent directement une fois à l'appartement luxueux de Connor.
« J'ai vu les fameux regards dont tu m'as parlé à midi. » dit-il. « Tu m'expliques ? »
« Elles trouvent bizarre qu'on soit devenu supers copains alors qu'il y a encore une semaine, on se tirait sur la gueule. » expliqua Will.
« Supers copains ? » répéta Connor. « Elles ont quel âge ? »
« Laisse tomber. » souffla Will. « Bon, de quoi le Docteur Downey voulait te parler ? »
« Il veut me former, à la cardiochirurgie. » dit Connor. « J'ai opéré plusieurs fois avec lui, et il me trouve doué. Il pense que je perds mon temps aux urgences, et que je gâche mon talent. »
« Je ne dirais pas que tu perds ton temps, vu que ça nous permet de passer du temps ensemble, mais c'est une opportunité pour toi. » dit Will. « Et je suis d'accord avec Downey, t'es doué, et avec lui comme mentor, tu vas tout fracasser. T'as accepté ? »
« Je voulais t'en parler avant. » dit Connor.
« Eh bien, considère que c'est fait. » Will lui fit un clin d'œil. « On risque d'avoir des emplois du temps différents, mais ne laisse pas passer cette chance d'apprendre avec Downey. C'est une pointure. »
Will vida le fond de sa bière, et poussa un soupir las et fatigué.
« Tu sais ce que j'ai dans ma salle de bain que tu n'as pas dans la tienne ? »
« Non, mais quelque chose me dit que je ne vais pas tarder à le savoir. »
« Une grande baignoire. » dit Connor. « Partant ? »
« Oui ! »
Mais le téléphone de Will sonna.
« C'est mon frère ! » dit-il après avoir vu le nom de Jay s'afficher.
« Tu n'as qu'à me rejoindre. » dit Connor.
Il se leva et lui vola un baiser. Will décrocha.
« Salut frangin, quoi de neuf ? »
« Salut Will, tu viens au Molly's ce soir ? »
« Ah non, désolé Jay. Je suis avec mon mec ce soir. »
« Ton mec ? Depuis quand t'as quelqu'un ? »
« Depuis vendredi. Je résume : vendredi je suis allé au Rainbow, et je suis tombé sur Connor. On est ensemble depuis, mais je ne t'ai rien dit, d'accord ? A part Goodwin, personne ne sait. »
« Depuis quand tu caches tes relations sérieuses, toi ? »
Il pouvait clairement entendre l'étonnement dans la voix de son frère.
« On bosse ensemble, et on doit rester pros. On l'a promis à Goodwin. Et puis, avec qui je couche ne regarde personne. »
« C'est seulement du sexe, entre vous ? »
« Non, c'est plus que ça. Je suis carrément dingue de lui. »
« Il connait tes petits secrets ? »
« Ouais, je lui ai tout dit, et il ne m'a pas jeté donc tout va bien. On se prendra une bière une autre fois ? »
« Ouais ne t'en fais pas. Et on se protège, frangin. »
« Merci Jay, j'avais oublié que c'était toi le médecin de la famille. »
Il raccrocha sur l'éclat de rire de son frère. Will n'avait jamais couché avec qui que ce soit sans préservatif. Du moins, il le faisait quatre-vingt-quinze pourcents du temps. Les rares fois s'étaient durant ses relations durables, et les deux se faisaient toujours testés. Quand il était à la fac, avec son coloc et sa copine polyamoureux, ça leur arrivait de ne pas se protéger, mais de façon exceptionnelle. Ils étudiaient tous les trois la médecine à l'époque, alors ils connaissaient les dangers des relations sexuelles non-protégé. Aucun d'eux n'avait jamais attrapé la moindre MST, et Will touchait du bois pour que ça reste ainsi. Ça et le fait qu'il était médecin.
Se levant de table, il suivit le bruit que faisait l'eau qui coulait et atterrit sur le seuil d'une immense salle de bain. Une grande douche italienne dans laquelle il se voyait déjà y plaquer Connor attira son attention. Ce dernier Connor entoura Will par derrière.
« Je te le dis tout de suite, j'inaugure la baignoire. » dit le beau brun. « Et je n'ai rien pour faire mousser l'eau. »
« On s'en fiche. » Will se retourna et l'embrassa. « Et si on s'amusait, dans le bain ? »
« Qu'est-ce que tu as en tête ? » demanda Connor.
« Je reviens, tu verras. »
Will alla prendre son sac, qu'il avait posé dans la chambre de Connor, et en profita pour se déshabiller, ne restant qu'en caleçon. De sa malle, il avait pris un plug anal de taille semi-medium en silicone, une boîte de préservatifs et du lubrifiant. Il avait hésité à prendre un de ses anneaux pour pénis, mais ils travaillaient demain. Il préférait utiliser certains accessoires pour les jours où ils auraient ne serait-ce qu'une matinée de libre. Il posa la boîte de capote et le lubrifiant sur la table de nuit, et prit le plug avant de retourner à la salle de bain. Connor avait fermé le robinet, et il était déjà immergé dans le bain, dont les vapeurs de l'eau chaude flottaient autour de lui. Quand il vit ce que Will avait dans la main, un objet violet, il haussa les sourcils sans faire de commentaires. Esquissant un sourire, Will enleva son caleçon, et s'avança vers la baignoire. Connor se décolla du bord et laissa son compagnon se placer derrière lui.
« Oh oui, ça fait du bien ! » soupira Will.
Il enroula ses bras autour de Connor, qui se blottit contre son torse.
« J'imagine que ça va atterrir directement dans mon cul ? » dit ce dernier, en prenant le plug des mains de Will.
« Hum hum ! » acquiesça le rouquin. « A moins que tu ne veuilles inverser les rôles ? »
« Eh bien, je ne suis pas contre, mais tu as eu une journée plus pourri que la mienne. » dit Connor. « T'as besoin de contrôler, c'est ça ? »
« Ouais, surtout quand on me juge et qu'on me fait chier. » dit Will. « Tu sais, j'ai eu envie de leur balancer qu'on avait baisé tout le week-end, mais ça ne regarde personne. »
« Ça finira bien par sortir. » dit Connor, qui se tourna pour mieux le voir. « Imagine que quelqu'un du Rainbow nous ai vu vendredi soir, débarque aux urgences, nous reconnait et fasse une remarque sur nous deux ? »
« Je ne démentirais pas, parce que je n'ai pas honte d'être qui je suis, et d'être en couple avec toi. » dit Will. « Je préfère que ça se fasse comme ça, plutôt que je doive annoncer que je sorte avec toi comme si c'était une obligation. »
« Moi aussi, je t'assure, et j'aimerais être tactile avec toi au boulot. » avoua Connor.
« Tu fais ce que tu veux, Connor, je ne vais pas t'empêcher de me toucher sous prétexte qu'on a décidé de rester professionnel. » dit Will, en prenant son visage dans une main. « Mes sentiments pour toi sont bien là, et ils ne vont pas disparaître. Je ne veux pas qu'ils disparaissent, parce qu'avec toi je me sens bien. Je me sens à l'aise comme je ne l'ai jamais été avec personne. Je ne sais pas où ça va nous mener sur la durée, mais je veux que ça marche. »
Connor fondit sur sa bouche. Will l'accueillit avec un sourire et mêla leurs langues sans tarder. Il récupéra le plug des mains de Connor, et quand le baiser prit fin, il remit le jeune homme dans sa position précédente. Dos contre torse. La baignoire était assez grande pour qu'ils puissent écarter tous les deux leurs jambes.
« Pose tes mains sur le rebord. » Connor s'exécuta. « Parfait. Je vais commencer avec les doigts, et ensuite je t'insère le plug, et tu vas le garder jusqu'à ce que je le décide. »
« Pourquoi ça m'excite quand tu me donnes des ordres ? » geignit Connor.
« Parce que tu sais que tu vas prendre ton pied. » Will avait glissé ses mains sous ses bras, et de sa main droite il agrippa le sexe de Connor. « Garde tes mains sur les bords. J'arrêterais de te toucher si tu les enlèves. »
« Putain Halstead, tu peux être sûr que je vais te le faire payer. » dit Connor entre ses dents.
« Ah ouais ? » Will lui mordit le lobe de l'oreille, tout en caressant le gland de sa queue. « Tu pourras utiliser mes jouets sur moi, si tu veux. »
Il fila sa main le long de sa queue, attrapa ses bourses pour les pétrir puis, suivit du majeur la ligne jusqu'à son anus, qu'il s'amusa à titiller sans le pénétrer.
« Will, s'il te plaît ! »
Oh oui, il aimait l'entendre le supplier. Il était tenté de faire durer le plaisir, mais c'était pour ça qu'il avait apporté le plug. Il allait mener Connor au bord du précipice.
« Une dernière chose. » dit Will, en insérant son majeur et son annulaire en même temps. « Ne jouis pas ! »
« Tu fais chier. » grogna Connor, qui resserra sa prise sur les bords de la baignoire.
« Si tu savais tout ce que je peux t'apprendre, beau gosse. » Will lécha son cou, tout en bougeant ses doigts. « Tous tes fantasmes tu pourras les réaliser, avec moi. »
« Oh j'en ai des tonnes depuis que je te connais. » avoua Connor. « Comme te bâillonner parce que tu parles trop. »
« Et tu m'attacherais ? » Connor acquiesça. « Tu me baiserais ? »
« Putain, oui j'te baiserais. »
Will continua de l'échauder, jusqu'à ce qu'il n'enlève ses doigts de son cul et ne les remplace par l'embout du plug anal.
« Ne te crispe pas. » lui dit Will.
« Désolé, ça m'a surpris. » dit Connor, qui se racla la gorge.
« Soulève un peu le bassin. Super ! » Will se servit de sa main libre pour lui écarter une fesse. « Ce serait plus facile si tu pouvais toi-même t'écarter, mais je ne veux pas que tu te touches. »
« On t'a déjà dit que t'étais un enfoiré ? » maugréa Connor.
« Tu m'adores. » susurra Will, en poussant davantage le plug.
Il n'eut aucun mal à le faire entrer en Connor, l'objet n'était pas si gros que ça. Will en avait des plus gros dans sa malle, mais il les gardait pour une prochaine fois. Ça viendrait avec le temps.
« Tu peux lâcher la baignoire et venir m'embrasser, maintenant. »
Connor ne se fit pas prier, mais quand il changea de position, la sensation dans son cul était évidente et lui arracha un hoquet. Il s'agenouilla entre les jambes écartées de Will, mais en s'asseyant sur ses talons, il fit bouger le plug encore plus profondément en lui.
« Merde ! » jura-t-il. « Comment veux-tu que je ne jouisse pas avec ce truc dans le cul qui n'arrête pas de bouger à chacun de mes mouvements ? »
« Tu veux jouir ? » demanda Will. L'autre homme hocha la tête. « Ok, sortons de là ! »
Il dû s'empêcher de rire devant la difficulté évidente de Connor à ne pas haleter comme un ado de quinze ans chaque fois qu'il faisait un pas. Le pire était quand il sortit de la baignoire.
« Ne va pas croire que j'ignore que ça te fait marrer de me voir dans cet état. » rétorqua-t-il au rouquin.
« Tu veux que je te fasse jouir, ou tu vas continuer à râler longtemps ? » railla Will.
Devant le silence de Connor, il sourit. C'est bien ce qu'il pensait. Il le fit s'allonger, attrapant sa bouche au passage.
« Tu vas m'enlever ce truc du cul ? » demanda Connor.
« D'abord, ce n'est pas un truc, mais un plug anal. » rectifia Will. « Et oui, je vais te l'enlever. Sois patient. »
« Ecoute chéri, je t'adore et tu me fais complètement perdre la tête depuis que je te connais. » dit Connor. « Mais si tu ne me baises pas tout de suite, je te tue. »
« Puisque tu insistes. »
Will lui écarta un peu plus les jambes et lui claqua l'intérieur des cuisses. Puis, il attrapa la boîte de capotes et le lubrifiant sur la table de nuit. Il prit un emballage et le posa sur le torse parfait de Connor.
« Puisque tu es si pressé de te faire baiser, mets-le-moi ! »
Connor se redressa, gémissant au passage quand le plug bougea en lui, déchira l'emballage du préservatif, mais avant de l'enrouler sur la longueur de Will, il le prit dans la main et le branla. Un sourire en coin, l'autre homme bascula la tête de Connor en arrière et prit sa bouche tout en bougeant fluidement ses hanches dans la main de son amant. Le besoin d'air se fit sentir, et Connor en profita pour enrouler le préservatif sur toute la queue érigée de Will. Il se rallongea, et dû ravaler le enfin qui menaçait de sortir de sa bouche lorsque le plug anal lui fut retiré. Il ne cacha cependant pas son étonnement quand il lui releva les jambes pour les passer par-dessus ses épaules. Il se cambra néanmoins et souffla de soulagement quand Will le pénétra.
« Putain oui ! » lâcha-t-il.
« J'ai bien envie de prendre mon temps. » le taquina Will.
« Oh non, non, non et non. Pas après ce que tu m'as fait endurer avec ce truc. » dit Connor en s'emparant du plug, qu'il jeta au bout de la chambre. « Baise-moi vite et fort. »
Il lui agrippa les cheveux et le tira pour un baiser plein d'urgence, ce qui rendit Will fou. Il bougea une fois, puis une deuxième, et il accéléra au fur et à mesure. Leurs bassins claquèrent, et chaque coup de butoir touchait la prostate de Connor, lui arrachant des cris de plaisir. Will jouit, mais ne s'arrêta en aucune façon. Il continua de baiser Connor, encore et encore jusqu'à ce que sa semence ne jaillisse entre leurs corps.
Il libéra ses jambes, qui retombèrent mollement sur le matelas.
« Ne bouge surtout pas. » murmura-t-il contre la bouche de Connor.
Il se leva du lit pour aller jeter le préservatif à la salle de bain et se nettoyer, et quand il revint dans la chambre, il grimpa sur le lit, se faufila entre les cuisses de Connor et le nettoya avec sa langue. Il lécha chaque traînée et chaque goutte de sperme qui avait jaillit par son orgasme. Il en aspira la moindre trace jusqu'à la queue de Connor, qui retombait sur son ventre, et le prit dans sa bouche.
« Will… » hoqueta-t-il, et sa tête retomba sur le coussin quand Will le prit entièrement, jusqu'au fond de sa gorge et ne bougea plus. « Mon Dieu ! »
Dans un pop bien sonore, Will remonta le long de son corps et glissa sa langue dans la bouche de Connor, empli de sa saveur.
« Hum, beau gosse, c'est définitif, t'es menotté à moi pour le restant de ta vie. »
« C'est un peu prétentieux de l'affirmer, étant donné que ça ne fait pas quatre jours qu'on est ensemble. » dit Connor, non sans sourire. « Tu crois au coup de foudre ? »
« Bien sûr, j'en vis un avec toi. » dit Will. « Mon premier, pour être honnête. »
« Oh, j'en suis très flatté. » sourit Connor. « C'est pareil pour moi. Je crois même n'avoir jamais été réellement amoureux de ma vie, jusqu'à ce que je te rencontre. »
« On en est déjà là ? » s'amusa Will.
« Enfin, je ne pense pas que ce soit le bon moment pour le dire à haute voix mais, c'est ce que je ressens. » dit Connor. « Et toi ? Est-ce que tu ressens plus ou moins la même chose ? »
Will se redressa pour pouvoir l'embrasser, et marmonna contre sa bouche :
« Pour la première fois de toute ma vie. »
…
Trois semaines plus tard !
Mardi !
Ils avaient plus ou moins emménagé l'un chez l'autre. Malgré la spécialisation de Connor en cardiochirurgie et son nouvel emploi du temps, ils trouvaient quand même le temps d'être ensemble en dehors de l'hôpital. Pendant leurs gardes, Connor prenait le temps de passer aux urgences après une lourde opération, ne serait-ce que pour voir Will sous prétexte de vouloir donner un coup de main. Ce rapprochement de plus en plus évident n'échappait à personne. Hormis Mrs. Goodwin, le Docteur Charles avait deviné que l'amitié entre les deux médecins étaient plus que ça.
« Ce qui se passe entre vous et le Docteur Rhodes est évident, quand on sait observer correctement. » avait-il dit à Will, un jour au déjeuner. « Votre secret est bien gardé, même si ça n'en est pas vraiment un. »
« Ce n'en est pas un. On préfère juste qu'ils s'en rendent compte par eux-mêmes. » avait répondu Will.
« Ce qui risque de prendre du temps, si vous prenez trop de précautions. »
Le Docteur Charles avait bien évidement raison. Will avait rapporté chaque mot de cette conversation à Connor, et ils avaient décidé de s'afficher plus. Ils ne s'embrassaient pas non plus au milieu des urgences, mais ils étaient proches. Assez proches pour que les Docteur Sarah Reese et Ethan Choi aient compris ce qui se passaient, mais ils n'avaient fait aucun commentaire. Ça ne les regardait pas, et si leurs collègues étaient heureux ensemble, et bien grand bien leur fasse. Même le Docteur Downey avait fait une remarque sous forme de blague à Connor, après avoir fini de parler avec les proches d'un patient qu'ils venaient d'opérer.
« Prenez votre soirée, Docteur Rhodes. Vous avez bien travaillé aujourd'hui, et veuillez m'excuser auprès du Docteur Halstead pour avoir monopolisé votre temps. »
Connor s'était contenté de se mordre l'intérieur de la joue et de s'éloigner en se grattant la nuque. Will et lui en avaient bien rit, ce soir-là. Nus dans le lit du rouquin.
Ce que les deux hommes avaient du mal à comprendre, c'était comment les autres – Natalie, April et surtout Maggie – n'avaient pas encore fait le rapprochement. Ce n'est pas comme s'ils ne disséminaient pas d'indices. Combien de fois avaient-ils été surpris en train de rire dans la salle de repos ? A discuter près du distributeur automatique ? Merde, Connor était même venu faire un passage éclair aux urgences pour donner une barre chocolatée à Will. Ce dernier l'avait remercié d'un sourire, et Connor s'était éloigné après lui avoir fait un clin d'œil.
C'était désespérant !
« Il se passe quoi entre vous ? »
Enfin, on lui posait la question ! C'était plutôt une journée normale aux urgences, et Will appréciait de pouvoir prendre son temps pour traiter chaque patient, et ne voir personne débarquer sur un brancard et couvert de sang. Il faisait une pause dans la salle de repos, buvant un café tout envoyant des sms à Connor, qui devait arriver dans une vingtaine de minutes et qui était assigné aux urgences pour le reste de la journée pour une garde de huit heures. Etant tous les deux de repos le lendemain, ils avaient prévu d'aller dîner après leur journée, et de filer au Rainbow juste après. Ils y étaient retournés deux fois depuis, et Will commençait à être tenté d'emmener son homme dans la partie du club qui permettait aux couples de forniquer. Il y avait des alcôves qui pouvaient se cacher par un rideau, si le couple ne voulait pas avoir les regards sur eux. Bref, Will avait envie d'y emmener Connor. Ils n'en avaient pas encore parlé, et pour le moment il se tourna vers Natalie, qui était entrée dans la salle de repos.
Elle le regardait les bras croisés, en attente d'une réponse. Will répondit vite fait au dernier message de Connor, qui lui disait qu'il se mettait en route.
« Que crois-tu qu'il se passe ? » demanda-t-il, croisant les bras à son tour.
« Je te pose la question, justement. » répliqua-t-elle. « Je… j'essaye de me rapprocher de toi depuis quelques temps, mais c'est comme si tu ne le voyais pas. »
« Oh si, je m'en suis rendu compte. » lui dit-il. « Mais, une chose me tracasse. Ça ne t'a pas mis la puce à l'oreille que je ne flirte pas en retour ? »
« T'es en train de me dire que je ne t'intéresse pas ? » railla-t-elle.
« Oui, c'est exactement ce que je dis. » affirma-t-il. « Natalie, je n'ai jamais rien fait ou dit pour te laisser penser que je voulais sortir avec toi. Tu venais de perdre ton mari quand on s'est connu, et tu étais enceinte. Je ne suis pas le genre de mec qui profite du malheur d'une femme pour me rapprocher d'elle. Je suis ton ami, rien de plus. »
« Mais, tu as remarqué que je flirtais avec toi, pourtant. » dit-elle. « Pourquoi tu ne m'as pas dit d'arrêter, si je ne t'intéresse pas ? »
« Et moi qui croyais que les femmes laissaient tomber quand un mec ne leur montrait pas d'intérêt. » soupira-t-il en se passant les mains sur le visage.
« Je… j'essaye de comprendre, Will. Qu'est-ce qui ne va pas chez moi pour que tu ne veuilles pas de moi ? » voulut-elle savoir. « Est-ce que c'est parce que j'ai Owen ? »
« Non, ça n'a rien à voir avec ton fils, et il n'y a rien qui cloche chez toi, Natalie. » lui dit-il. « Quand je rencontre quelqu'un, j'ai besoin de ressentir quelque chose qui va au-delà de la simple amitié. Une attraction, un désir viscéral, que ce soit pour un coup d'un soir ou une relation durable, et je suis désolé mais je ne ressens pas ça pour toi. Il faut que tu arrêtes de flirter avec moi, et accepter que je ne sois qu'un ami. Quant à Connor, je ne comprends toujours pas comment tu peux ne pas t'en rendre compte. Le Docteur Charles, Ethan, Sarah, même le Docteur Downey, ont compris. »
« Explique-moi, alors ! » claqua-t-elle.
« Non ! » dit-il en gardant son calme, contrairement à elle. « Ouvre simplement les yeux, Natalie ! »
Un coup donné à la porte vitrée lui fit tourner la tête vers Maggie, qui lui fit signe de la rejoindre. Il laissa Natalie, et alla retrouver l'infirmière en chef des urgences.
« Qu'est-ce qu'il y a ? »
« Un patient vient d'arriver, lit 4. Il a demandé à te voir. » dit-elle.
« Il y a un dossier ? » demanda-t-il.
« Il a dit que tu savais déjà tout sur lui. Il ne veut être soigné par personne d'autre. » lui dit-elle. « April est avec lui. »
« Très bien, j'y vais ! » dit Will.
« Euh, ça semblait houleux, avec Natalie. » elle ne put s'empêcher de le faire remarquer. « Est-ce que tout va bien, entre vous ? »
« Oui, je lui ai simplement dit d'arrêter d'attendre après moi. »
Et il alla voir son nouveau patient. Les cheveux violets, tatoués un peu partout et avec un piercing à l'arcade sourcilière, Will reconnut sans mal le patient, qui faisait pression sur la paume de sa main droite. Le tissu imbibé de sang suffit à ce que le médecin comprenne.
« Qu'est-ce qui s'est passé ? »
« Je préparais le bar pour ce soir, j'ai cassé un verre et en voulant ramasser les morceaux, je me suis entaillé. »
« Fais-moi voir ! » dit Will. « Ça ne semble pas très profond, mais je vais quand même te faire des points. April, tu me prépares le kit de suture, s'il te plaît ? »
Il tira un tabouret pour s'y assoir, puis il nettoya la blessure de son ami, qui grimaçait.
« Arrête un peu de faire ta chochotte. » le taquina-t-il.
« J'aimerais bien t'y voir, toi. » marmonna l'homme aux cheveux violets.
« Ah, j'avoue, les médecins font les pires patients. » sourit Will, qui commença à suturer la blessure. « Désolé mec, mais tu vas devoir laisser ta place derrière le bar pour au moins deux semaines, le temps que ça se referme et que tu n'aies plus mal. »
« Je sais. Tu seras au Rainbow ce soir ? »
« Ouais, j'y vais avec mon mec. » dit Will.
En jetant un œil à April, il vit très clairement la stupéfaction sur le visage de l'infirmière, mais n'en fit pas grand cas et retourna à ses sutures.
« Euh, le Rainbow ? » releva April.
« C'est un club pour la communauté gay et… »
« Je sais ce que c'est que le Rainbow, Will. » le coupa-t-elle. « Je suis étonnée que tu y ailles. Euh, je ne savais pas que t'avais un copain. »
Will leva les yeux au ciel. Il nettoya la paume suturée de son ami au moment où le rideau s'écarta sur Connor.
« Ouh, Travis, qu'est-ce qui t'es arrivé ? » demanda le chirurgien.
« Un accident stupide avec un verre cassé. » répondit le barman. « Salut, Connor ! »
« Bon, tu sais comment changer le bandage et tout ce qui va avec. » dit Will à Travis. « Si t'as un problème, tu n'hésites pas à revenir, ou à m'appeler. Je vais te faire un arrêt de travail pour Lloyd. »
« C'est Ingrid qui va être contente, elle va avoir les clients pour elle toute seule. » plaisanta Connor.
« Docteur Rhodes, un trauma arrive pour vous ! » l'appela Maggie.
…
Will était prêt à faire la fête. Douché et habillé, il sortit de la salle de repos avec ses affaires. Il avait troqué sa blouse rouge contre un jean et une chemise noire dont les trois premiers boutons étaient défaits. Des baskets noires aux pieds pour être à l'aise quand il danserait. Il avait hésité à mettre un de ses pantalons en cuir dans son sac, mais il s'était dit qu'il le porterait quand Connor et lui iraient au club en partant directement de chez l'un ou l'autre.
« Docteur Halstead, whou, j'approuve ! » le complimenta Sarah Reese, l'une des internes du Docteur Charles, et qui connaissait la vraie nature de sa relation avec Connor.
« Merci, Docteur Reese ! » lui sourit-il.
« Tu crois que c'est une bonne idée d'aller faire la bringue une veille de boulot ? » demanda Doris, derrière le comptoir des infirmières, et le ton bardé de jugement.
« T'es qui ? Ma mère ? » railla Will.
« Tu te débrouilleras avec Goodwin si tu viens bosser avec la gueule de bois. » rétorqua Doris.
« J'ai fait tellement de trucs dingues dans ma vie, Doris, que ça te donnerait des cheveux blancs. » répliqua Will.
« Où tu vas ? » demanda Ethan, par simple curiosité, et pour éviter une altercation inutile.
Le chirurgien asiatique était sur le départ également.
« Au resto, et ensuite je vais au Rainbow ! »
« C'est une boîte gay, ça. » souleva Doris.
« Sans déconner ? » répliqua Will avec sarcasme, avant de regarder Ethan. « Elles n'ont toujours pas compris ? »
« Faut croire que non. » dit Reese, appuyé contre le comptoir.
« Ouais non, désolé pas ce soir ! »
Connor sortit de la salle de repos à son tour, vêtu d'un jean noir et d'un t-shirt slim bordeaux. Il était très sexy, et les regards qui se posèrent sur lui en était bien la preuve.
« Pas ce soir Claire, je suis occupé. » … « Ouais, c'est ça ! »
Il raccrocha et souffla. Son regard accrocha celui de Will, et la frustrante conversation qu'il venait d'avoir avec sa sœur fut de l'histoire ancienne.
« On peut y aller. »
« Attends, vous allez au même endroit ? Ensemble ? » demanda Maggie.
« Vous n'avez toujours pas fait le lien ? » se lamenta Connor.
« Laisse tomber. » dit Will. « Tu viens ? »
Les deux médecins quittèrent les urgences, se doutant que les regards étaient fixés sur eux.
Natalie n'en revenait pas. Elle avait passé la journée, voire des semaines, à se demander pourquoi Will ne faisait aucun pas vers elle. Elle avait fait le deuil de son mari, qui n'aurait pas voulu qu'elle finisse toute seule à élever Owen, et maintenant qu'elle était prête, le garçon dont elle était amoureuse ne voulait pas d'elle. Quand je rencontre quelqu'un, j'ai besoin de ressentir quelque chose qui va au-delà de la simple amitié. Une attraction, un désir viscéral, que ce soit pour un coup d'un soir ou une relation durable, et je suis désolé mais je ne ressens pas ça pour toi. Elle n'avait pas arrêté de ressasser ces mots de Will. Ouvre les yeux, Natalie. C'est en les voyant quitter les urgences ensemble qu'elle comprit, ou qu'elle pensait comprendre. Voulant en avoir le cœur net, elle sortit à son tour, tentant de les rattraper jusqu'au parking, quand ce qu'elle vit la statufia. Will et Connor, dans la voiture de luxe du chirurgien, et qui échangeaient un baiser. Un vrai baiser. Un baiser sur la bouche.
« Natalie ? »
Sortant de sa stupeur, elle remarqua que la voiture n'était plus là, et que Ethan l'avait rejointe.
« Tu as enfin compris ? »
« Tu… tu savais que… qu'ils… »
« Qu'ils étaient ensemble ? » dit-il à sa place. « Oui, j'ai fini par comprendre. »
« Pourquoi ne pas m'avoir dit d'entrée de jeu… pourquoi m'avoir laissé croire que qu'il était célibataire ? »
Elle était perdue, un peu en colère.
« Tu ne vas pas lui reprocher d'avoir préféré garder sa relation privée, quand même ? » dit Ethan. « Allez, rentre chez toi et passe du temps avec ton fils. Il devrait être ta priorité première. »
…
Rainbow Club !
La musique les transportait dans un autre espace-temps. Une bulle où rien ne comptait à part eux. Ils étaient arrivés depuis deux heures, faisant quelques stops au bar pour boire de l'eau. Ayant pris la voiture de Connor, ils avaient décidé de ne rien consommer d'alcoolisée et de garder l'esprit clair. Seule l'ambiance électrique du club combiné à leur désir commun les enivrerait tout le temps qu'ils passeraient au Rainbow. Collé le dos contre Will, et frottant ses fesses contre son érection, Connor fit volte-face, lui attrapa le visage et l'embrassa. Les mains de Will agrippèrent et palpèrent ses fesses tout en répondant au baiser. Ils avaient envie l'un de l'autre. Le rouquin porta ses lèvres à l'oreille de son amant et dit :
« Suis-moi ! »
Main dans la main, ils se faufilèrent à travers les corps dansants et dont certains s'embrassaient sans gêne. Will conduisit Connor jusqu'à la partie du club dédiée au plaisir brut de la chaire. Un regard vers l'autre homme, et il y lut le même désir que le sien. Oui, Connor était prêt.
Les alcôves occupées n'étaient pas une découverte pour Will. Il avait l'habitude de voir les corps nus ou à moitié s'emboîter, et les gémissements flotter. Il avait été l'un d'eux à plusieurs reprises. Certains rideaux étaient tirés, d'autres non, et Connor pouvait voir ce qui s'y passait. Des duos d'hommes, de femmes, et même des trios. Il vit même un homme, à quatre pattes sur le sol, se faisant prendre par derrière et suçant un troisième homme en même temps. Lui-même n'était jamais allé aussi loin, et une part de lui regrettait de ne pas avoir cédé à tous ces fantasmes qu'il avait pu nourrir avant de rencontrer Will.
Parlant de Will, il trouva une alcôve libre, y entraîna Connor et tira le rideau de velours pour les isoler. C'était la première fois que Connor allait être baisé dans un lieu public, alors autant y aller doucement d'abord. Personne ne trahissait jamais l'intimité de ceux qui préféraient se masquer derrière un rideau. Et même pour ceux qui aimaient qu'on les regarde en pleine action, ce qui se passait dans cette partie du club n'en sortait pas. Jamais. C'était une règle tacite du Rainbow.
« T'as déjà fait ça, n'est-ce pas ? » lui demanda Connor.
« Oui, et un jour je te prendrais à la vue de tous. » Will lui donna un baiser renversant et chaud. « Je veux qu'on sache que tu m'appartiens. »
« Ça va dans les deux sens. » répondit Connor. « Toi aussi tu es à moi, Halstead. »
Il tomba à genoux et défit le jean de Will, libérant sa queue qu'il lécha de toute sa longueur avant de l'engloutir. L'autre homme noua ses doigts derrière sa nuque, et ne le quitta pas des yeux. La lumière des stroboscopes qui se répercutait à travers le rideau rendait le tableau encore plus bandant. Être ici avec Connor avait un goût différent, bien meilleur que tout ce qu'il avait connu jusque-là. Il était avec l'homme de sa vie. Il était clair pour lui que Connor était la personne avec qui il voulait partager sa vie. La facilité et l'intensité avec laquelle il en était tombé amoureux était déroutante, mais bienvenue.
Ne voulant pas jouir ainsi, il retira sa queue de la bouche de Connor, le releva et l'embrassa.
« Tu me fais confiance ? »
« Tu sais bien que oui. » dit Connor. « Baise-moi ! »
« Tourne-toi, et donne-moi ton cul, Rhodes. »
Face contre le mur, contre lequel il prit appuie, Connor ne cacha pas son impatience lorsque les mains de Will lui défirent le jean, qu'il baissa sur ses genoux. Clac ! Will lui mit une fessée, puis une deuxième qui le fit presque jouir. Comment pourrait-il un jour se passer de Will Halstead ? Il ne le pourrait pas, c'était impossible. Il était fou amoureux de lui, et ne pourrait jamais aimer personne d'autre. Will était à lui, et vice-versa. Il voulait dormir et se réveiller à ses côtés tous les jours. Aller au travail ensemble, dans ce même hôpital où ils s'étaient rencontrés. Il voulait l'épouser et fonder une famille. Leur vie était intrinsèquement liée depuis le moment où leurs yeux s'étaient croisés dans ce même club.
Will poussa son sexe enroulé de latex et lubrifié entre les fesses de Connor, et il le pénétra. Il savait qu'il n'allait pas durer très longtemps, aussi se colla-t-il contre lui, durcissant ses coups de reins qui firent crier de plaisir l'autre homme.
« Ne jouit pas, bébé. » lui susurra Will. « Je veux avaler chaque goutte de ta semence. »
Connor était incapable de répondre autrement qu'en gémissant. Il prenait son pied. Mais vraiment. Qui aurait cru que le sexe dans un lieu public, où les relations sexuelles étaient autorisées, pouvait-être aussi jouissif ? Connor sentait qu'il n'allait pas jouir comme d'habitude, que ça allait être puissant et déroutant. Il entendit Will grogner et se figer après avoir frappé sa prostate si fort qu'il l'avait presque fait jouir. Connor attendit. Il attendit le moment où Will glissa hors de lui, et le retourna. Là, il s'accroupit et prit en une seule fois le sexe de Connor dans sa bouche. Il ne fallut pas plus de quelques aspirations pour qu'il n'éjacule des jets brûlants au fond de sa gorge.
In-Cro-Ya-Ble !
Quatre heures du matin !
Secoué d'adrénaline, le couple quitta le club en riant jusqu'à la voiture de Connor. Là, le chirurgien se jeta dans les bras de Will et l'embrassa avec fougue.
« Je t'aime, Will. J'attendais le bon moment pour te le dire, alors voilà. Je t'aime, et je veux passer ma vie avec toi, à me prendre la tête avec toi et être en désaccord sur un patient. Rentrer à la maison et nous réconcilier sur l'oreiller. Je veux tout, avec toi. »
« Il était temps que tu captes. » dit Will.
« J'attendais plus un je t'aime aussi, mais je vais m'en contenter. » dit Connor en fronçant les sourcils.
« Crétin ! » pouffa Will. « Je t'aime aussi, Rhodes. Et tu sais ce dont j'ai envie, là, tout de suite ? »
« Hum, non, mais tu vas me le dire. » dit Connor en se collant lascivement contre son copain.
« D'une pizza ! »
Connor éclata de rire. Il aurait dû s'en douter. Will avait toujours faim après une nuit comme celle-ci, à danser et à baiser. Mais surtout après le sexe.
« Allons manger une pizza ! » dit-il.
Onze heures du matin – Appartement de Connor !
Ils étaient réveillés depuis quelques minutes seulement, et ils s'embrassaient comme des adolescents.
« Et si t'emménageais ? » proposa Connor. « Mon appart est plus grand – même si tu as clairement les moyens de te payer quelque chose de semblable. » Will ne le contredit pas. « Et en plus, on est toujours soit chez l'un, soit chez l'autre. »
« Hum, c'est assez tentant. » dit le rouquin, qui se laissa allonger sur le dos et être chevauché. « Où je mettrais ma réserve de chocolat ? »
« Je te réserverais un placard entier de la cuisine à cet effet. » dit Connor, en faisant glisser le sexe non-protégé de Will dans son anus, les faisant tous les deux gémir.
Ils s'étaient fait tester deux jours plus tôt, et tout était négatif. Ils pouvaient baiser sans préservatif sans risque. C'était la toute première fois que Connor prenait cette initiative. Will ne voulait pas lui mettre de pression pour le sexe non-protégé, et il préférait attendre que l'autre soit prêt et fasse la démarche lui-même.
« Oh putain, c'est encore meilleur. » geignit Connor. « C'est toujours comme ça ? »
« Seulement quand on sait s'y prendre. » dit Will. « Si on emménage ensemble, je vais devoir donner ma nouvelle adresse à mon pote de New-York, tu sais, pour les colis qu'il m'envoie. »
« Ouais, ouais pas de problème. » dit Connor. « T'accepte, oui ou merde ? »
« Mais oui j'accepte, maintenant bouge ton beau p'tit cul. » le pressa Will en lui empoignant les fesses des deux mains.
…
Jeudi !
« Maggie, c'est bon ma patiente est prête à rentrer chez elle. » dit Natalie, en rendant le dossier de sa patiente qui souffrait de migraine chronique.
A ce même moment, les portes coulissantes des urgences s'ouvrirent sur Connor et Will, de très bonne humeur. Ils n'avaient pas l'air d'avoir passé la nuit à faire la fête, même si c'était bel et bien le cas. Maintenant qu'elle les avait vu s'embrasser, Natalie put voir ce qu'elle avait été trop aveugle pour comprendre ce qui se passait devant ses yeux.
« Vous êtes sûrs d'avoir fait la fête, tous les deux ? » leur dit Doris en guise de bonjour.
« T'es toujours si accueillante envers les gens, c'est déroutant. » railla Connor.
« Tu sais bien que le mot politesse ne fait pas partie de son vocabulaire. » rajouta Will. « Je vais t'expliquer en quoi ça consiste. Salut Doris, comment vas-tu aujourd'hui ? Nous on va très bien, on s'est éclaté comme des fous. Et toi, pas trop dur d'avoir bossé toute la nuit ? »
Maggie et April pouffèrent bruyamment, même Ethan et Natalie esquissèrent un sourire.
« Ah, merde, je crois avoir laissé ma propre politesse chez toi, Connor. » dit Will.
« Elle va vite te revenir. » s'amusa le chirurgien.
Le couple alla vers la salle de repos, quand Maggie les interpella.
« Minute vous deux ! » dit-elle en pointant son index sur Will. « Tu étais chez Connor ? Mais il se passe quoi à la fin ? »
« Maggie, toi qui vois toujours tout, tu n'as pas compris que Connor et moi on était ensemble ? » finit par dire Will, fatigué de recevoir les mêmes regards depuis plus de trois semaines.
« Hein ? »
Le biper de Connor sonna.
« Et merde, Downey a déjà besoin de moi. » souffla-t-il en enlevant sa veste. « Tiens, tu peux ranger ça pour moi ? »
« Ouais, pas de soucis. » dit Will en prenant ses affaires.
Maintenant que ce n'était plus un « secret », Connor partit après avoir embrassé Will. Sur la bouche. Au beau milieu des urgences. Sans qu'il ne l'en empêche.
Will ne fit pas grand cas des regards bizarres sur lui, et alla dans la salle de repos ranger les affaires de Connor dans son vestiaire, puis les siennes dans son propre casier. Il s'assura que son biper était bien en place, qu'il avait son stéthoscope et tout le tintouin, quand il se retourna pour voir Natalie, qui l'avait suivi. Génial, qu'est-ce qu'il allait se prendre encore comme reproche ?
« Pourquoi tu ne m'as pas dit que t'étais gay ? »
« Je ne suis pas gay, Natalie. » dit-il. « Je suis pansexuel, et je n'ai jamais ressenti le besoin de faire mon coming-out chaque fois que je débarque quelque part. Je l'ai déjà fait à quatorze ans devant mes parents et mon frère, ça suffit amplement. »
« Tu aurais au moins pu me dire que tu étais en couple. » lui reprocha-t-elle. « Au lieu de ça, tu m'as laissé espérer. »
« Je ne t'ai rien laissé espérer, Natalie. C'est toi qui as mal compris mes intentions. » rectifia-t-il. « Je suis ton ami, rien de plus. Et je te l'ai dit hier, je n'ai jamais voulu d'une relation avec toi. »
« Alors je n'avais aucune chance, n'est-ce pas ? » dit-elle d'une voix tremblante. « Depuis que Connor est arrivé, je n'avais aucune chance. »
« Même s'il ne s'était rien passé avec Connor, ça n'aurait rien changé. » dit Will. « Mais, c'est vrai que depuis que je le connais, plus personne d'autre ne compte à mes yeux. Je l'aime, et il m'aime alors, il va falloir que tu fasses avec, et que tu tournes la page. Je vais dire à Maggie de ne plus nous mettre en binôme sur un patient. »
Il eut presque des remords lorsqu'une larme coula sur sa joue. Presque. Mais ce n'était pas sa faute si elle avait mal interprété un geste d'amitié pour autre chose. Il n'avait jamais laissé croire à Natalie qu'il pourrait être intéressé, merde. Comment pouvait-on confondre de l'amitié avec un flirt ? Peu importe. Il alla travailler, et ne pensa à rien pour tout le reste de la journée.
Il bossa sans relâche, soignant des patients, et s'occupa d'un très lourd trauma avec Ethan. Si lourd qu'ils eussent été obligés de biper Connor, qui emmena le patient en état critique au bloc. Il était plus de vingt-deux heures lorsqu'il eut un moment de répit. Il alla à la cafétéria grignoter quelque chose, et retourna à la salle de repos où il trouva Connor, assis sur le canapé, la tête en arrière et les yeux fermés. Ils ne s'étaient pas beaucoup vus aujourd'hui, en dehors du trauma que Connor était venu récupérer, et pour prévenir la famille et Will que le patient allait s'en sortir. A part ça, le chirurgien était resté avec le Docteur Downey à préparer de futures interventions, ou à opérer. Pas étonnant qu'il soit épuisé. Will alla s'asseoir à côté de lui, ce qui eut pour effet de le réveiller.
« Salut ! » dit Will. « Tu veux que j'aille te prendre un truc à manger ? Ou un café ? T'as l'air d'en avoir besoin. »
« Non ça va, Downey m'a libéré. » dit Connor d'une voix fatiguée. « Il te reste combien de temps ? »
« J'ai encore une heure avant qu'on puisse rentrer. » dit Will.
Il prit un coussin, le posa sur ses cuisses et tapota dessus, invitant Connor à y poser sa tête. Ce qu'il fit. Avec la main du rouquin dans ses cheveux, à le masser lentement, il ne tarda pas à s'endormir. Will pria intérieurement pour que aucun trauma ne vienne requérir son attention. Il ne voulait pas briser le sommeil de Connor. Depuis qu'il avait changé de spécialité, il était de plus en plus épuisé, mais heureusement le Docteur Downey savait dire stop quand il le fallait. Comme aujourd'hui.
« Will ? »
Et merde ! Will leva la tête vers la porte, que Maggie avait ouverte.
« Un trauma ? » demanda-t-il.
« Non, rassure-toi. » lui sourit Maggie. « L'équipe de nuit vient d'arriver. Vous pouvez rentrer. »
« Déjà ? » s'étonna Will, en regardant sa montre.
Merde, une heure était passé sans qu'il ne s'en rende compte.
« Merci de me l'avoir fait remarquer. » dit-il à l'infirmière.
« De rien. » dit-elle. « Et pour ce que ça vaut, je suis désolée de ne pas avoir compris pour vous deux. T'es heureux ? »
« Oui, très heureux. » répondit Will.
« C'est tout ce que je voulais savoir. » sourit Maggie. « A demain, Docteur Halstead ! »
« A demain, Maggie ! »
Doucement, il réveilla Connor. Leurs affaires récupérées, il traîna un Connor fatigué jusqu'à la voiture, dont il prit le volant. Arrivés à l'appartement, il fit tout le travail et déshabilla Connor. Il le laissa en caleçon et remonta la couverture sur lui. Il s'était rendormi dès que sa tête avait touché le coussin. Will se dépêcha de faire un brin de toilettes, avant de le rejoindre après avoir branché leurs téléphones aux chargeurs. Le réveil programmé pour huit heures demain matin, Will s'endormit à son tour, allongé sur le dos et Connor blottit contre lui.
FIN !
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