Bonsoir les giiiiiiiilrz !
Comment ça va bien ?
Me voici de retour pour le chapitre 4. Un chapitre qui m'aura donné pas mal de fil à retordre et pour lequel j'ai des "mixed feelings". Je ne suis pas entièrement satisfaite de la façon dont je l'ai écrit, même si la tournure prise est bien celle que j'avais prévue.
Et que j'assume.
Mais j'espère être parvenue à retransmettre les émotions que je souhaitais, sans tomber dans le "cringe".
Difficile numéro d'équilibriste...
Je tenais à remercier en particulier Eikyuu no Utsukushi pour son soutien et ses adorables reviews, puisque d'après ce qu'elle en dit elle-même, elle en laisse rarement. C'est d'autant plus précieux d'en recevoir donc.
Je m'attendais à un petit nombre de reviews en me lançant avec ce couple, alors je ne peux pas dire que je sois surprise ou déçue. L'essentiel, c'est que je prenne du plaisir à écrire cette histoire avant de reprendre celles en cours (AoKaga forever !), mais aussi que cette histoire vous plaise malgré tout. :)
Sur ce, ENJOY !
ATTENTION CHAPITRE GRAPHIQUE. (Contenu sexuel)
« Shogo… ? » Appela faiblement Kise d'une voix hésitante.
Il redescendait peu à peu de son nuage.
Pas de réponse. C'était comme si en l'espace de quelques secondes, il avait totalement disparu aux yeux d'Haizaki.
« Qu'est-ce qu'il y a ? » Insista le renard.
« Tu vois ces deux nanas là-bas ? »
« Hmm… oui mais… »
« … QUEL EST LE PUTAIN DE RAPPORT AVEC NOUS !? » Eut envie de lui hurler Kise. Aussi fort que possible et droit dans les tympans, de préférence. Histoire de bien les DETRUIRE, exactement de la même manière que le brun venait de saboter l'ambiance ! Haizaki n'avait-il donc aucune conscience que le moment était fort mal choisi pour reluquer d'autres personnes que lui ? En effet, Kise souhaitait être son seul centre d'attention le temps d'une soirée. Comme c'était encore le cas moins de trente secondes plus tôt, lorsque le tatoué n'avait encore d'yeux que pour lui et pour lui seul.
« Laquelle tu préfères ? » Poursuivit cependant Haizaki en Japonais, histoire que les deux biches pas du tout effarouchées ne comprennent ce qui était en train de se tramer dans leur dos sans leur consentement. (ou peut-être que si.)
Enfin, si tant est qu'elles puissent les entendre à une telle distance en dépit du volume sonore assourdissant de la musique.
Kise cligna des yeux, un peu étonné par cette soudaine question. Il n'était en effet pas encore tout à fait sorti de sa transe et se trouvait toujours dos-à-torse contre Haizaki.
« Heu... je ne sais pas… la brune… ? Je crois… ? » Répondit-il machinalement.
Mais sans grande conviction.
C'était quoi le but de la question déjà ? Ils choisissaient bien une bière non ? A moins qu'il ne s'agisse du morceau de viande qu'Haizaki comptait leur mettre sous la dent ? (ou plutôt sous les crocs…)
Aucune place au doute, quand le loup dévoila un sourire carnassier, signalant qu'il venait de passer en mode « prédateur »
« Ca tombe bien, j'préfère justement les blondes. »
C'était à se demander pourquoi… Bien que le renard ait sa petite idée sur la question... Mais Kise secoua la tête, préférant couper cours à cette pensée parasite. Ca n'avait évidemment aucun rapport avec lui. Après tout, pour quelle raison est-ce que ça aurait un rapport avec lui ?
« Au moins, on ne se battra pas pour la même fille ! Même si tu n'aurais clairement pas été de taille contre moi… »
Et alors que Kise s'apprêtait à protester, le brun reprit :
« Attends-moi ici, je reviens tout de suite. »
La bulle de sensualité dans laquelle le renard s'était lové éclata aussitôt que le loup relâcha son étreinte.
« Hein ? Mais qu'est-ce qu'il fabrique !? Il ne va quand même pas… ? On était bien là pourtant, rien que tous les deux, en train de danser ! »
Enfin… « danser » serait une description bien fallacieuse... Faire « frotti-frotta contre le bassin de son ancien ennemi juré » semblait être plus en accord avec la réalité. Parce que bon… Kise n'était même pas certain que son corps-à-corps avec Haizaki puisse être qualifié de près ou de loin de « danse ». D'autant que le brun bougeait à peine lui, trop occupé qu'il était à le peloter. Avec un dévouement tel, qu'on aurait juré voir un collégien en train d'explorer sa première paire de seins !
Et donc, Haizaki le planta là, sans le moindre remord.
Kise n'eut même pas la force d'essayer de le retenir, son corps et son esprit étant comme paralysés. Quelque chose venait de se briser en lui. Et le « quelque chose » en question n'était autre que son cœur, que le loup prenait à présent un malin plaisir (conscient ou non) à piétiner, tandis qu'il se dirigeait d'un pas décidé vers ses deux nouvelles proies.
Le mannequin eut alors le loisir d'observer la démonstration du « maître » : Tout d'abord, Haizaki s'approcha des demoiselles avec une démarche qui transpirait la confiance (justifiée) en soi. Un peu à la manière d'un pirate surarmé prêt à aborder un navire marchand. Puis, afin de les accoster, il se pencha vers la blonde et lui chuchota quelque chose à l'oreille. Des mots apparemment magiques qui lui arrachèrent d'abord un sourire, rapidement suivi d'un rire aux éclats.
Et enfin, il acheva d'harponner sa proie toute désignée, en replaçant savamment une mèche dorée derrière l'oreille de sa propriétaire. Il s'agissait surtout d'un prétexte parfait pour glisser ses doigts dans la chevelure de la jeune femme et ainsi établir un contact physique entre eux. Un dernier coup d'œil en direction de Kise et le tour fut joué.
Si bien que les deux jeunes femmes ne bronchèrent absolument pas quand il passa ses bras autour de leurs cous. Cet improbable Cerbère à trois têtes fendit ensuite la foule des danseurs le plus naturellement du monde, afin de rejoindre le Kitsune esseulé.
« J'y crois pas… le culot de ce mec ne connaît donc aucune limite : il a serré en moins de trente secondes ! » Nota le blond, admiratif bien malgré lui.
Haizaki était indéniablement fort, très fort même !
Sacrée performance…
Et malgré le manque de luminosité ambiant, Kise n'eut aucun mal à reconnaitre la jeune femme blonde qui les avait abordés précédemment dans ce bar Irlandais fréquenté par le brun. Ce soir, elle portait une robe à sequins dorés, très courte, faisant encore davantage ressortir ses interminables jambes et son hâle impeccable. La Barbie californienne dans toute sa splendeur, prête à jouer dans « Alerte à Malibu ».
Ses cheveux étaient rassemblés en un chignon assez strict cette fois, contrastant avec leur première rencontre, alors que sa chevelure de sirène cascadait librement sur ses épaules. Et contrastant également avec Haizaki qui avait justement les cheveux attachés lors de leur première rencontre, tandis qu'il avait choisi de les laisser libres aujourd'hui.
Quant à la seconde biche que le loup était parvenu à attraper…
Elle était brune, la peau pâle comme un rayon de lune. Un visage mutin et un nez aquilin réhaussés par des tâches de rousseur la faisant paraître très jeune. Sans doute plus qu'elle ne l'était réellement. Elle aussi portait une robe, mais une robe bustier noire toute simple. Elle avait peu de formes comparée à la blonde incendiaire, mais son corps restait néanmoins harmonieux. Tout était à l'échelle, bien proportionné. La jeune femme fixait intensément Kise de ses yeux clairs comme l'océan Pacifique. Une fois le regard du Kitsune accroché par le sien, elle lui adressa un sourire empli de timidité.
Encore une fois, cela partait d'une bonne intention. Haizaki lui amenait juste un peu de compagnie, histoire de lui changer les idées. Or, ça n'engageait à rien de bavarder un peu hein ?
« Je te présente Amber. » Regarde la blonde, puis désigne son amie. « Et voici Stacy. »
Kise déglutit, ravalant douloureusement sa tristesse encore vibrante, l'histoire ou plutôt la non-histoire avec Aomine et il s'efforça d'adresser son plus beau sourire de mannequin sur commande à la créature qu'Haizaki avait chassée pour lui.
« Enchanté, moi c'est Ryota. »
Et de lui faire un baise-main, tandis qu'Haizaki les guidait jusqu'à une table libre pour… faire plus ample connaissance…
Ok.
Tout compte fait, Haizaki n'avait visiblement pas envie de discuter.
Ok, pas grave, ça ne dérangeait pas Kise de faire la conversation en son nom également mais…
Il ne se serait jamais attendu à ce que le loup passe à l'attaque aussi vite, sa langue déjà profondément fourrée dans le gosier d'Amber. Les deux tourtereaux se trouvaient d'ailleurs à moitié affalés sur la banquette.
Juste sous ses yeux.
…
Dire que ça aurait pu, non, que ça aurait DU être lui, même, à la place de cette poupée siliconée…
« Et donc hmm… Shogo nous a dit que tu étais un top model de renommée internationale, c'est bien cela Ryota ? »
Kise reporta son attention sur la brunette, qui le fixait nerveusement.
« C'est exact ! » Répondit à sa place Haizaki.
Il s'était interrompu dans sa tâche juste le temps de répliquer, les lèvres légèrement enflées et le regard étincelant d'excitation.
« D'ailleurs, il est sur un méga projet en ce moment ! Mais c'est top secret, alors il ne peut pas en parler… »
Quel méga projet ? C'était plutôt le MEGA chômage qui le guettait oui, si sa carrière ne décollait pas significativement dans les semaines à venir !
Mais le regard de la brune s'illumina d'admiration. Elle avait mordu à l'hameçon, comme une débutante. Kise n'arrivait pas à croire qu'elle avait pu tomber dans un piège aussi grossier...
« Vraiment ? »
« Ah je vois, c'est donc ça que tu leurs as dit pour les prendre toutes les deux dans tes filets… Smart move Haizaki… »
Kise fixa le contenu de son verre un instant, avant de relever la tête vers Stacy. Ca ne lui plaisait pas vraiment d'être utilisé comme appât, même Aomine évitait de le faire parce qu'il savait que le blond avait horreur de ça. Mais avec Haizaki… à bien y repenser… les choses avaient toujours suivi ce schéma. Déjà au collège, combien de fois le tumultueux ex-argenté s'était-il servi de lui dans le but d'harponner des filles peu farouches ? « Mannequin ». « Top model ». A croire qu'il s'agissait d'une formule magique capable de leur ouvrir toutes les cuisses, pourvu qu'elles appartiennent à des femmes…
Haizaki n'avait pas changé.
Enfin, pas à ce niveau-là en tout cas. « La fin justifie les moyens. » La « faim », même dans son cas. Car il apparaissait indéniable que loup avait justement faim de chair fraîche…
« En effet, Shogo dit vrai. »
Autant jouer le jeu et observer tranquillement où cela allait les mener. Kise descendit cul sec l'intégralité du liquide alcoolisé contenu dans son verre.
« Fantastique ! Je… voyez-vous je… je me suis toujours beaucoup intéressée au mannequinat… » Rougit la mignonne Stacy. « A vrai dire… j'adorerai en faire mon métier ! »
« Tiens… comme c'est original. Ca change de celles qui rêvent uniquement de s'envoyer un mannequin… Non, elle, elle veut carrément en devenir un. » Pensa Kise avec une pointe de mépris.
Mais il n'en laissa rien paraître.
Bien-sûr, il éprouvait une forme de ressentiment envers ces deux filles. En effet, à cause de leur présence, Haizaki avait aussitôt cessé de lui témoigner de l'intérêt. Mais d'un autre côté, Kise savait qu'il avait tout intérêt à soigner son image, cette apparence charmante et conviviale qu'il arborait tel un masque pour mieux se fondre aux autres.
A la manière du Kitsune des légendes Japonaise, capable de tromper son monde en maîtrisant l'art de changer de forme dès que le besoin s'en fait sentir.
« Enfin… c'est sûrement stupide de se faire de faux espoirs comme ça… Après tout, je suis loin d'être assez jolie pour pouvoir devenir mannequin… » Continua t-elle.
Pfff... Evidemment que non, elle n'était pas assez « jolie ». Et puis pour devenir mannequin, il faut un peu plus qu'être simplement « jolie ».
BELLE. CANON. BANDANTE.
Ca, oui.
Mais « jolie », c'est un peu léger.
« Pour devenir mannequin, le physique seul ne suffit pas. Connaître quelqu'un qui se trouve déjà dans ce milieu et possède des relations, est tout aussi primordial. Le mannequinat, c'est surtout un métier de réseau. » Sourit gentiment Kise. « Par exemple, dans mon cas, c'est ma sœur aînée qui m'a pistonné en quelque sorte. Elle s'est portée garante pour moi et m'a présenté à des gens d'influence, c'est ce qui a lancé ma carrière. »
« Oh mais… je ne connais personne pour me servir d'intermédiaire, malheureusement… »
« Maintenant si. Tu connais Ryota ! »
…
Espèce de…
« Et je suis certain qu'il sera RAVI de te parrainer, hein R~y~o~ta ? »
« Bien-sûr. » Mentit Kise, sans se départir de son sourire solaire. « Je suis toujours heureux de pouvoir mettre le pied à l'étrier des nouveaux talents de la profession ! »
La brunette lui retourna son sourire. Elle y croyait. Vraiment.
Maudit Haizaki… ça l'amusait de jouer ainsi avec les espoirs de cette fille, dans le seul but de mettre sa copine dans son lit ? Kise avait la désagréable impression d'être le dindon de la farce également. Et puis merde quoi, c'était lui qui aurait du se trouver à la place de cette blonde incendiaire, dans le cou de laquelle les lèvres d'Haizaki se promenaient à présent…
Exaspéré, mais bien décidé à ne rien en laisser filtrer, Kise le leva soudainement et il tendit la main vers Stacy.
« Tu viens, j'ai envie de danser ? »
« J'en ai marre de regarder ces deux chiens en chaleur se rouler des pelles ! »
Elle jeta un dernier regard à son amie, comme pour quérir son approbation. Mais la dénommée Amber était tellement occupée à… se faire tripoter comme une poupée gonflable par Haizaki, qu'elle ne lui adressa qu'un geste de la main pour marquer son accord. C'est qu'elle ne pouvait même pas tourner la tête vers sa copine, pauvrette ! Haizaki l'accaparait complètement… Totalement. Dans son entièreté. Et autres synonymes du genre.
Bon allez, pas la peine d'épiloguer sur les velléités d'accouplement du brun, Kise avait un besoin réel de se changer les idées. En particulier lorsqu'Haizaki lui jeta un regard qui en disait long sur son état d'excitation. Un regard luisant de lubricité. Presque… comme s'il était en train de le provoquer sciemment. Kise ressentit donc l'envie pressante de s'éloigner de l'autre Japonais et il fut donc soulagé lorsque Stacy attrapa sa main pour l'accompagner sur la piste de danse.
Kise choisit de se dissimuler parmi la foule de danseurs. Il ne voulait pas voir Haizaki et sa poule. Il voulait se couper d'eux au moins visuellement. Une rage étrange lui rongeait le cœur, un sentiment qu'il n'avait plus éprouvé depuis des années et jamais de manière aussi virulente. Etait-ce… de la jalousie… ? Oui, sans aucun doute. Mais il n'avait pourtant aucune raison d'être jaloux, pas vrai ? C'était ridicule ! Il se fichait d'Haizaki en plus ! Peut-être que c'était… davantage une histoire de fierté mal placée. Ce qu'il ne digérait pas en réalité, c'était d'avoir été remplacé aussi rapidement par une cette blonde au rabais… Le loup avait tellement dévoré les lèvres de sa biche que tout son rouge à lèvre rouge PUTE heu… pétard… avait débordé, s'étalant sur les contours de sa bouche. Très classe. Elle ressemblait à un clown saccagé comme ça.
Kise secoua la tête, soupirant.
Il se foutrait des claques s'il pouvait, tiens…
Ca ne lui ressemblait pas de penser à mal de quelqu'un, surtout lorsqu'il ne connaissait pas la personne. Cette Amber était sans doute une fille très respectable et… et puis même si c'était la dernière des dépravées, quoi ça le regardait ? Il ferma les yeux et se mordit la lèvre inférieure.
Fort.
La faisant rougir comme le maquillage utilisé par la blonde.
Frustré.
Oui voila, il était frustré.
Tout simplement.
Haizaki l'avait bien chauffé tout à l'heure sur la piste, juste avant de l'abandonner sans le moindre remord. Son corps avait réagi à la stimulation et comme il était à présent incapable d'évacuer la tension sexuelle emmagasinée, ça lui occasionnait des réflexions peu gratifiantes à l'égard de celle qui lui avait injustement volé sa place…
Soudain, il sentit une paire de mains fines se poser sur son visage. Il ouvrit les yeux instantanément pour constater qu'elles appartenaient à Stacy. La jeune femme le fixait avec désir… et douceur à la fois. Rien à voir avec Haizaki. Haizaki dont il n'avait même pas croisé le regard durant leur joute physique…
Et c'était bon d'être regardé ainsi, avec chaleur et délicatesse. Si bien que sa colère s'évapora et il passa ses mains sur celles de Stacy pour les faire descendre dans son cou. Puis il attrapa la taille de la jeune femme pour la rapprocher de lui. Avait-elle compris ? Etait-elle parvenue à capter la tristesse qui ternissait les prunelles du Kitsune ? Sans doute pas. Mais Kise avait besoin de ce contact avec elle. Juste… de se sentir compter pour quelqu'un. Sentir qu'il suscitait du désir autour de lui, quand bien même il venait juste de se faire jeter de la même façon qu'un mouchoir usagé et sans valeur.
Ca faisait du bien.
Stacy et lui restèrent un moment ainsi, à maintenir une distance entre eux tandis qu'ils s'apprivoisaient avec les yeux. Mais bientôt, les lèvres de la brunette trouvèrent les siennes, timidement. Presque comme si elle avait peur de le blesser ou de le faire fuir. Cette tendresse était agréable et Stacy sentait bon. Un mélange sucré de monoï et de sable chaud. Rien à voir avec le parfum épicé et musqué d'Haizaki, ce parfum sans aucune subtilité qu'il détestait tant et raaaah mais bordel Haizaki, dégage de la tête de Kise ! Oui, même moi je m'y mets en ma qualité d'auteure de cette histoire ! Kise avait besoin de respirer et de sortir de l'emprise du piège à loup (LOL the irony…) dans lequel son cœur s'était empétré par mégarde.
Et pas que son cœur, d'ailleurs…
Ce que ne manqua pas de comprendre Stacy, qui vint coller son bassin contre celui, encore enflé, du blond et Kise eut l'impression de se prendre une violente décharge ! Décharge qui le ramena immédiatement sur Terre, lorsqu'horrifié, il comprit…
« Merde ! Elle va s'imaginer que… »
C'était elle qui lui faisait cet effet.
Alors que non, pas du tout. Il s'agissait simplement du reliquat de sa proximité avec un certain brun. Kise eut donc un sursaut, un mouvement de recul et décontenancé, il lâcha la jeune femme.
L'électrochoc, pile au moment où il commençait à se détendre.
« Attends-moi là, je vais voir si nos deux amoureux ont envie de danser maintenant eux aussi. » S'excusa t-il.
Minable, il était minable ! Comme si elle allait croire à un prétexte pareil ! Elle allait le prendre pour un couard, battant en retraite la queue entre les jambes ! (C'était le cas de le dire…)
« Haizaki, je vais te buter ! Tout ça, c'est de ta faute ! Elle doit penser que j'ai envie d'elle maintenant ! »
Fonçant vers la table précédemment occupé par leur quatuor improbable, Kise comptait bien s'abattre sur le brun tel la misère sur le monde ! Malheureusement pour lui et comme on pouvait s'y attendre, le loup avait déjà quitté sa tanière. Accompagné de sa blonde. Kise balaya rapidement la salle du regard, mais aucune trace d'Haizaki. Amber avait d'ailleurs laissé son sac sans surveillance sur sa banquette, semblant indiquer qu'elle ne devait pas être passée bien loin… Banquette qui apparemment ne suffisait plus à contenir leurs ébats. Kise supposa donc que les deux tourtereaux étaient partis en quête d'un endroit plus intime pour pouvoir passer à l'étape supérieure.
Probablement les chiottes.
Son cœur paniqua dans sa poitrine et la musique cognait furieusement dans sa boîte crânienne.
Il avait besoin de se calmer.
« Reprends-toi Ryota… C'était couru d'avance qu'ils n'en resteraient pas là. »
Inspirant profondément pour encaisser la nouvelle, Kise remarqua alors que tout près de lui se présentait encore un bien meilleur moyen de relâcher la pression. En effet, laissé à l'abandon sur la table, se trouvait le paquet de clopes d'Haizaki. Il tendit la main quasi par réflexe et constata avec soulagement que celui-ci n'était pas totalement vide. Le jeune homme extirpa alors une tige de nicotine, se disant qu'Haizaki ne lui voudrait probablement pas de lui avoir taxé. Et même si c'était le cas, qu'il aille bien se faire mettre !
Parce que c'était à cause de lui, si Kise se sentait aussi mal à présent ! D'habitude, il ne s'autorisait à fumer que pour apaiser son stress, juste avant un shooting important par exemple. Autant dire que sa consommation était plus que sporadique. En se rendant au bar tout à l'heure, Kise se rappela avoir remarqué une sortie donnant sur l'arrière du night club. Parfait pour aller cloper discrètement et surtout, prendre un peu l'air. Il commençait en effet à trouver l'atmosphère carrément oppressante et difficilement respirable ici…
Bon… Au moins, Haizaki ne s'était pas barré sans lui, c'était déjà ça de gagné…
On se console comme on peut…
Kise traça donc son chemin jusqu'à la sortie secondaire et il avança un peu dans la ruelle. L'air était frais sur son visage. Vivifiant, presque. Il s'adossa au calme à un muret en briques rouges et il alluma la cigarette qu'il porta finalement à ses lèvres. La bouffée de nicotine lui fit immédiatement un bien fou. Il aurait du s'attendre à un tel débordement... Enfin, pour être totalement transparent, il s'y était attendu dès lors qu'il avait accepté l'invitation à sortir. Et pour cause, Haizaki restait Haizaki sur certains aspects. C'était un alpha, un mâle dominant et il aimait donc faire valoir ses droits lorsque des femelles se trouvaient dans les parages.
Presque comme si… il ne pouvait pas s'en empêcher. Kise avait bien compris que cela faisait partie de sa nature et que même lui ne parviendrait pas à le changer. Mais en avait-il seulement envie ? Non, bien-sûr que non. Trop fier pour se l'avouer, Kise appréciait pourtant ce côté mordant et sauvage. Ce côté sans peur et sans reproche, qui déteignait sur lui. Aomine aurait hurlé qu'il s'agissait d'une mauvaise influence, mais tant qu'elle restait limitée et que Kise ne faisait que profiter de l'énergie déployée par le loup sans pour autant dépasser les bornes, alors il n'y avait aucun mal pas vrai ?
Et… le pire, c'est qu'il ne pouvait même pas dire qu'il avait passé une mauvaise soirée... Du moins, jusqu'à l'arrivée des deux filles… Au contraire, il s'était plutôt amusé et c'était bien la première fois depuis longtemps ! Pour cela, il était reconnaissant envers Haizaki et prêt à lui pardonner ses "travers". Si tant est qu'il s'agisse bien de travers… Après tout, le loup avait bien le droit de s'amuser lui aussi. Rien ne l'obligeait à rester collé à Kise toute la soirée…
Mais…
N'y avait-il pas là quelque chose qui relevait du devoir moral… ?
Il avait insisté pour inviter puis emmener Kise ici, de son propre chef. C'était son choix et dès lors, on pourrait arguer qu'Haizaki était responsable de son invité. Ce qui impliquait donc ne pas le lâcher d'une semelle afin de s'assurer qu'il passait une soirée parfaite. Il était presque question d'un engagement tacite, de la manière dont les choses s'étaient goupillées.
Mais ça encore, Kise pouvait fermer les yeux dessus.
Ce qui le perturbait, lui, c'était davantage ce qui s'était produit lorsqu'ils dansaient. Et il loucha d'ailleurs sur le dommage collatéral direct occasionné par Haizaki. Cette foutue bosse qui déformait son pantalon beige et ne voulait pas dégonfler ! Mais le plus vexant dans toute cette mascarade, c'était sans doute que Kise n'ait pas provoqué le même effet au brun. En effet, ce qu'il avait senti pressé contre ses fesses était resté désespérément… plat… !
Bon ok, Haizaki avait l'air de préférer les filles et puis de ce que Kise en avait déduit concernant ses absences des derniers soirs, le loup semblait bénéficier d'une vie sexuelle épanouie. Tandis que lui… il était en manque ouais, même s'il avait d'abord refusé de le reconnaître. Ou peut-être n'en avait-il tout simplement pas conscience, mais c'était à présent un fait prouvé et avéré par les caresses scandaleuses de son homologue chevelu.
Mais c'était un hasard !
Haizaki l'avait touché de façon un peu trop intime et son corps avait juste réagi ! Il en aurait fait de même avec n'importe qui d'autre !
Pfff… imbécile… Il ne trompait que lui en se raccrochant à cette pensée futile. Quoique même pas, en réalité.
Aomine en personne n'avait jamais réussi à l'enflammer avec si peu.
C'était vraiment…
BOIIIINNG…
Hmm… ?
Kise tourna la tête vers la gauche. Il venait d'entendre le bruit d'une boîte de conserve peut-être, enfin, de quelque chose de métallique qui heurterait le sol. Et en effet, une canette de soda vide roula à ses pieds. Sans doute… des rats occupés à faire la fiesta dans une benne à ordures. Sauf que des halètements bien humains eux, ne tardèrent pas à se frayer un chemin jusqu'à ses oreilles. Suivis de couinements. Est-ce que quelqu'un était en train de se faire agresser ? Par curiosité mais prêt à intervenir, Kise s'approcha en silence de leur source pour en avoir le cœur net et …
… Ce qu'il vit le glaça.
Haizaki tenait Amber plauqée contre le mur, lèvres dans son cou et la blonde avait passé une jambe autour du bassin d'Haizaki pour accentuer leur étreinte enfiévrée. La main gauche du brun avait complètement disparu entre les cuisses d'Amber et les joues rosies de la demoiselle ne laissaient aucun doute quant à ce que le loup était en train de lui faire à l'abri des regards indiscrets ou pas, puisque le couple s'était placé juste sous un lampadaire.
Kise resta con, il n'y avait pas d'autre mot, les pupilles dilatées et incapable de détourner le regard ou même de bouger. Une soudaine envie de hurler remonta dans son ventre. A moins que ce ne soit une envie de vomir irrépressible, mais dans tous les cas, son estomac se tordit de dégoût.
Et de fascination malsaine.
Mais aucun son ne sortit.
Rien.
Et lorsque le principal agresseur réalisa que lui et sa belle avaient un spectateur inattendu, son regard se planta dans celui du renard comme un harpon et il s'évertua à arracher des cris d'extase à sa partenaire plus que réceptive et consentante. Le corps longiligne de la jeune femme tremblait comme une feuille, incapable de repousser ou même de contenir les assauts du marionnettiste qui la manipulait littéralement du bout des doigts.
Et en parlant de doigts… la poupée blonde se tendit brusquement, s'arquant avec souplesse. Puis, elle s'écroula d'épuisement sur Haizaki, dont les doigts sortirent enfin de leur cachette. Ils luisaient encore des fluides de sa proie et sans lâcher Kise des yeux, le loup les porta à sa bouche pour pouvoir goûter le nectar de sa belle.
Choc.
Surprise.
Malaise.
Kise en fit tomber sa cigarette à peine entamée au sol.
Et ce fut alors comme la malédiction qui l'empêchait de décamper venait d'être levée.
Voulant s'éloigner le plus possible de la scène de crime, Kise tourna les talons aussi vite que ses jambes encore flageolantes le portèrent.
Il avait vu Haizaki donner un orgasme à Amber…
Non, pas juste « vu » mais regardé plutôt ! Admiré, même ! Et une part de lui s'était même sentie excitée par la situation…
Bon sang… il avait vraiment trop bu.
Et tandis qu'il fuyait le plus loin possible pour chasser ces images obscènes de sa tête, il ne fit pas attention à ce qui se trouvait devant lui et il percuta une autre personne.
Stacy !
Elle l'avait sûrement suivi pour s'assurer que tout allait bien et Kise ne voulant pas l'inquiéter davantage la prit gentiment par la main pour la ramener à l'intérieur.
« Tu les as retrouvés ? » Demanda t-elle.
« O-oui… ils sont juste encore en train de fumer une cigarette dehors. Ils nous rejoignent dès qu'ils ont terminé. » Répondit-il, blême, croisant les doigts pour qu'elle n'ait rien remarqué.
Pourquoi avait-il choisi délibérément de mentir à la brune ? C'était son côté preux chevalier blanc qui le poussait à préserver Stacy de la sorte. Cette pauvre fille n'avait effectivement rien demandé et surtout pas à voir sa copine en train de se faire doigter OKLM par Haizaki dans une ruelle aussi sombre que sordide. Ca pourrait être… assez traumatisant comme expérience. Et il parlait en connaissance de cause.
« Tu veux boire quelque chose en les attendant ? » Sourit-il, à nouveau tout mielleux.
Sa main lâcha celle de Stacy et il la passa plutôt dans son dos pour la guider vers le bar.
« Une Margarita ! »
« Ok. Une Margarita et un verre de Scotch dans ce cas. »
Il avait au moins besoin de ça pour se remettre de ses émotions. Heureusement, discuter de son métier avec Stacy parvint à le détendre un peu. Elle avait l'air gentille et même si ses intentions envers lui étaient clairement évidentes, elle n'essayait pas de lui forcer la main. Finalement c'était agréable d'échanger avec quelqu'un qui s'intéresse à ce que vous avez à dire et Kise se montrait toujours extrêmement passionné lorsqu'il était question de sa profession. En général, Aomine n'était pas très friand de ses anecdotes de mannequin, alors Kise se montrait intarissable maintenant qu'il avait trouvé un auditoire.
Kise était tellement concentré dans son récit qu'il ne réalisa pas tout de suite qu'Haizaki était revenu près d'eux.
Il posa une main ferme sur l'épaule du blond et Kise s'interrompit automatiquement. Cette main… était-ce celle avec laquelle il avait tripoté la blonde ? Beurk ! Pas certain que le brun se les soit lavées après joué avec, Kise l'ôta assez sèchement. Mais Haizaki ne s'en formalisa pas, ne semblant même pas le remarquer.
« Pas assez croustillantes tes anecdotes... Je suis sûr que Stacy a plutôt d'envie de savoir si la rumeur selon laquelle certains photographes aiment sniffer de leurs rails de coke directement sur le cul des mannequins, est vraie ! »
Gros blanc.
Mais Kise ne se laissa pas démonter et il tourna légèrement la tête pour adresser un regard assassin à Haizaki, sourcils froncés pour accentuer sa colère.
Non mais c'était quoi son problème ? Si c'était censé l'aider à draguer – ce dont Kise n'avait ABSOLUMENT PAS besoin – c'était raté !
« C'est à cause des gens comme toi qui colportent de ce genre de ragots, que le mannequinat a mauvaise presse ! »
« Ah bon ? C'est pas plutôt à cause des producteurs véreux, des scandales à répétition autour des mannequins anorexiques et des photographes qui ne pensent qu'à piéger des débutants en revendant leurs nudes sans accord, t'es sûr ? »
Il souriait de toutes ses dents, visiblement fier de lui. Ah pas de doute, Haizaki devait se trouver extrêmement malin à cet instant. Mais ça n'amusait pas Kise qu'on tienne des propos aussi dégradants sur le métier qu'il était fier d'exercer de manière tout à faire légale et respectueuse !
Qu'est-ce que Kise avait envie de lui envoyer son poing en plein dans la mâchoire pour détruire ce rictus moqueur…
Heureusement que Stacy l'en empêcha de manière inconsciente, par une simple prise de parole.
« Où est Amber ? »
« Oh elle est juste partie se repoudrer le nez dans les toilettes. Et par se repoudrer le nez, je veux dire… sûrement faire comme ces photographes dont Ryota nie l'existence. » Rit Haizaki, moqueur.
« Je ne dis pas qu'ils n'existent pas. Mais il ne s'agit que d'une toute petite minorité de moutons noirs qui font du tort à la profession. Et personnellement, aucun photographe ne m'a jamais proposé de faire ça. »
« Vraiment ? Et de poser à poil pour quelques billets supplémentaires ? »
« Qu'est-ce que tu cherches à la fin Haizaki ? »
Pour quelle raison le brun finissait-il systématiquement par se montrer agressif envers lui ? Antagonistic comme disaient les anglophones...
« Il y en a toujours qui essaient. Mais il suffit de refuser, rien n'oblige à dire oui. Et ces types-là, il faut absolument les dénoncer pour les empêcher de continuer à sévir ! »
« C'est facile à dire pour toi. T'es un mec, tu peux te défendre tout seul en leur collant un pain. En plus, t'es déjà connu dans le milieu et t'as un manager qui s'occupe de sécuriser tes contrats à ta place. Mais pense à toutes ces pauvres nanas jeunes et naïves, qui sont physiquement incapables de repousser ces porcs. Elles sont censées faire comment, elles ? »
« Et bien… »
Evidemment que ça arrivait et c'était malheureux. Mais que pouvait-il y faire, lui ? Foutre en l'air de système de l'intérieur ? Non. Pas tout seul. Lorsqu'il remarquait qu'un photographe manquait de respect à ses partenaires féminines, Kise intervenait. Mais bien entendu et assez logiquement il était impuissant par rapport à tout ce qui se passait derrière son dos, en coulisses.
« C'est vrai que le milieu du mannequinat au Japon est entièrement contrôlé par les yakuzas ? » Interrogea soudainement Amber, qui venait de les rejoindre à son tour.
Mais d'où ça sortait encore cette idée reçue !?
« Tu en as déjà rencontré Ryota ? Il paraît que ces types sont tatoués de partout et portent toujours des costards hors de prix ! » Poursuivit Stacy.
Et les deux amies de regarder Haizaki de haut en bas.
Kise ricana en vidant son verre.
« Bah alors Sho~goooo, t'es beaucoup moins affable tout à coup on dirait ! »
« Tsss… pas du tout. Et tu crois vraiment que Ryota a une tête à fricoter avec ce genre de mecs ? Nan, il est beaucoup trop honnête pour traîner avec des gars aux méthodes louches. D'ailleurs, il est notoirement connu dans le milieu pour son intégrité, alors jamais des yakuzas ne prendraient le risque de l'approcher. Pas directement en tout cas. »
Ohhh mais c'est que ça sonnerait presque comme un compliment, ça ! Alors Haizaki ne le prenait pas vraiment pour la dernière des michetonneuses, finalement ou juste pour un mec aux discours aussi beaux que son cul, mais sans réelles convictions morales ? Bien entendu, Kise n'était pas sans connaître les affres qui gangrénaient son métier, mais il faisait tout son possible pour lutter contre les dérives du mannequinat au quotidien. Souvent même, il refusait d'être mieux payé que ses collègues féminines, juste pour le simple fait d'être né homme.
Mais les réjouissances furent de courte durée.
« Bon et si on s'arrachait ? On pourrait aller continuer cette passionnante discussion à un endroit plus adapté pour la suite des événements, qu'en dites-vous les filles ? »
Et qu'entendait exactement Haizaki par « suite des événements » ? Nul besoin de s'appeler Paco Rabane pour deviner que le brun ne comptait pas se satisfaire d'un simple « jeu de mains, jeu de vilains »…
« Super ! On va chez vous plutôt ? » Proposa Amber en se pendant au cou d'Haizaki.
Elle non plus n'en avait pas eu assez, visiblement…
Hors de question qu'Haizaki ramène ces deux poules chez eux… heu… chez lui techniquement… enfin… Kise n'avait rien contre Stacy, mais si Amber pénétrait dans la tanière du loup, ce ne serait certainement pas pour apprendre à jouer au sudoku. Ni au Poker.
« A vrai dire, j'ai une bien meilleure idée… »
« Oh il me tarde de l'entendre ! » Sourit la sculpturale blonde.
« Il se trouve qu'un ami m'a prêté les clés de sa villa. En fait, il a dû s'absenter pour le reste de la semaine suite à un voyage d'affaires et il m'a dit que ça le rassurerait que j'y fasse un saut, histoire de surveiller qu'il n'y ait aucun rôdeur qui traîne autour. »
Tiens, c'était bien la première fois qu'Haizaki faisait mention de cela. D'ailleurs, qui était le fameux ami en question ? Pareil, Kise n'en entendait parler que maintenant. Et puis, pourquoi aurait-il besoin qu'Haizaki vienne y monter la garde, alors que la villa était certainement dotée d'un système de surveillance, comme c'est habituellement le cas lorsqu'on possède un bien de valeur ?
« Y a même une piscine. » Se sentit presque obligé de préciser le brun, comme pour donner plus de poids à son argumentaire.
« Oh mais… on n'a pas pris nos maillots de bain ! » Déplora Stacy en rougissant furieusement.
« Pas besoin de maillot pour prendre un bain de minuit… »
Ah oui évidemment, ne manquait plus qu'une piscine dans laquelle se baigner nus.
Kise aurait dû se douter que c'était trop simple.
Mais surtout à présent, il n'avait plus la moindre hésitation quant à la façon dont cette soirée allait se terminer…
Pour des raisons logistiques, il fut décidé d'appeler un taxi car un peu de bon sens suffisait à déterminer qu'ils ne tiendraient jamais à trois sur la moto d'Haizaki. Le brun communiqua l'adresse de la villa au chauffeur, avant de rejoindre Kise qui l'attendait sur le trottoir.
« On se répartit comment du coup ? » S'enquit le blond, pas franchement enjoué.
La grande quantité d'alcool consommée commençait à lui donner sérieusement envie de piquer du nez, à vrai dire. Mais comme Haizaki lui avait déjà dit qu'il avait l'alcool « à retardement », peut-être que d'ici une demi-heure, il en serait tout autrement.
« Hmm… toi et les filles dans le taxi et moi sur la moto, en éclaireur ? Non attends, je sais ! Je prends Amber avec moi, comme ça tu auras un peu d'intimité avec Stacy sur la banquette arrière. »
Et de lui adresser un clin d'œil entendu, surmonté d'un petit coup de coude dans les côtes. Si avec ça le message n'était pas clair ? Mais Kise fit semblant de ne pas comprendre. Il était très fort à ce petit jeu-là.
« Que dois-je comprendre ? »
« Et bien… ce que tu dois comprendre Ryota… » Souffla Haizaki en lissant le col de chemise du blond. « C'est que tu as quinze minutes, soit le temps du trajet, pour conclure avec cette chère Stacy. Alors je compte sur toi pour assurer comme un vrai bonhomme, d'accord ? » Expliqua t-il en posant fraternellement sa main sur l'épaule de Kise.
Ah oui d'accord. On en était donc là. Et Haizaki s'était chargé d'arranger un coup au blond. Mais le pire, c'est qu'il croyait SINCEREMENT que Kise allait s'envoyer une inconnue sur le siège arrière une voiture, tel un mort de faim.
« Et le chauffeur ? »
« T'en fais pas pour lui, t'auras qu'à lui donner vingt dollars supplémentaires pour le dérangement et j'suis sûr qu'il vous laissera conclure votre petite affaire tranquilles ! »
…
Oui, les choses étaient donc aussi simples que cela dans le cerveau malade d'Haizaki.
« C'est pas la question et tu le sais très bien ! On n'est pas tous des exhibitionnistes comme toi ! »
Pour Kise, il était évident qu'Haizaki avait déjà pratiqué la bagatelle de la façon précédemment décrite, pour savoir que le chauffeur pouvait être corrompu ! De toute façon, le top model avait bien vu tout à l'heure que le loup n'était pas du genre à s'embarrasser d'un éventuel public lors de ses ébats privés…
« Y a pas de mal à fournir un peu d'animation, alors fais-moi honneur et attaque Kitsune ! »
Ohhh oui, Kise avait une furieuse envie d'attaquer, c'était vrai. Et pourquoi ne pas commencer par les testicules d'Haizaki ? Un bon coup de pied dans les valseuses comme on dit lui semblait même être un excellent début !
Mais avant que le mannequin n'ait eu le temps de mettre sa vengeance à exécution, Haizaki lui avait faussé compagnie.
« Hey Amber, tu grimpes avec moi ? » Fit-il en lui tendant le second casque qu'il possédait.
« Génial, ça fait trop longtemps que j'ai pas fait de la moto ! Mais… on ne risque pas de voir ma culotte ? »
« Comme si t'en avais une… » Ajouta mentalement Kise. « Et même si c'était le cas, t'as l'air du genre à la montrer à tous ceux qui en ont envie, alors en quoi ce serait un problème qu'on puisse la voir ? »
Kise roula des yeux en voyant Haizaki rouler des mécaniques devant Amber. Il faisait exprès de jouer exagérément avec l'accélérateur pour faire pousser de petits cris de panique à sa blonde. Et comme la demoiselle était du genre « vocale », ainsi qu'avait pu s'en rendre compte Kise…
Cependant, le renard décida de ne rien laisser paraître de son agacement. Gentleman jusqu'au bout, le comportement limite d'Haizaki ne justifiait pas que lui se laisse emporter. Il ouvrit donc la portière du taxi à sa belle, l'invitant à s'installer la première, puis il y entra à sa suite.
Et à peine eut-il mis le pied dans la voiture que Stacy l'attrapa par le col de sa chemise et l'attira à elle pour un baiser enflammé. Mais surtout, elle se pressa contre lui, l'acculant contre la vitre. Kise en fut tellement surpris qu'il ne réalisa pas tout de suite ce qui lui arrivait. Mais quand il parvint à reprendre ses esprits parmi les effluves alcoolisés, il éloigna gentiment la brune de lui.
« A-attends… on peut discuter avant non ? »
« Oh bien-sûr, je comprends... » Sembla t-elle enfin réaliser, avant de se retourner pour fouiller dans son sac à main…
Ouuuuuuuuuf !
… Sac à main dont elle sortit un préservatif encore emballé.
Pas ouuuuf !
« Non, non ! » Fit Kise en secouant la tête. « C'est pas ça le problème, je… je veux juste qu'on prenne notre temps. Rien ne presse, on n'est pas obligés de se sauter dessus de façon aussi sordide à l'arrière de ce taxi, tu ne penses pas… ? »
« Pourvu que ça marche… »
Il espérait vraiment que cela suffise à calmer les ardeurs de la sirène brune…
En y réfléchissant bien, ce n'était pas la première fois qu'il repoussait quelqu'un de la sorte. Kise avait en effet horreur d'avoir l'impression de profiter de la faiblesse d'autrui. Et Stacy avait pas mal bu… Il pouvait le sentir à son haleine chargée d'alcool. Qui n'était probablement pas pire que la sienne, cela dit… Peut-être que l'aspirante mannequin l'avait sentie et s'était donc convaincue que le moment paraissait particulièrement bien choisi pour lancer l'offensive.
Merde…
Enfoiré d'Haizaki, encore une fois, tout était de sa faute !
C'était lui le responsable ! Celui qui lui avait jeté cette fille dans les pattes ! Kise n'avait rien demandé ! Le loup l'avait-il pris en pitié, l'estimant incapable de mener à bien sa chasse lui-même ? A un détail près : Kise n'avait pas envie de chasser ce soir. Pas plus que les autres soirs, d'ailleurs. Mais Haizaki semblait s'en moquer… Il n'en faisait qu'à se tête, comme d'habitude, ne se souciant de personne d'autre que de lui-même ! Et à cause de lui, Kise se trouvait à présent dans une situation embarrassante !
Pas qu'il trouve Stacy moche ou quoi que ce soit, c'était même tout l'inverse mais… il n'était pas obligé de lui sauter dessus non plus ! Parce que c'était exactement ce qu'Haizaki attendait de lui, mais Kise ne comptait pas céder aussi facilement aux lubies de son compatriote ! Il y avait aussi une question de fierté dans l'affaire… Haizaki avait l'air de penser que Kise n'était pas capable de se dégoter une fille tout seul, sans son aide. Mais bon sang, le blond se sentait parfaitement bien avant que les deux demoiselles ne captent l'attention de son loup ! Il passait même un agréable moment dans les bras d'Haizaki… aussi dérangeant que puisse être ce constat.
Mais il voyait bien que ses paroles avaient causé de la peine à la brune face à lui.
« Attendons au moins d'être arrivés à Villa, d'accord… ? » Tenta t-il sans grande conviction.
Raaah mais pourquoi s'était-il senti obligé de rajouter ça ? C'était un mensonge ! Il ne comptait rien faire de plus, que ce soit dans ce taxi ou ailleurs ! Il n'allait juste rien se passer entre eux ! Jamais ! Alors pourquoi lui donner de faux espoirs ?
Parce qu'une fois de plus, il était trop gentil. Il détestait décevoir les gens, d'autant que Stacy avait l'air plutôt sympa et elle n'avait pas mérité de se faire rembarrer comme ça… Le jaune devait au moins y mettre les formes.
« Ok. » Approuva t-elle.
Elle recula et Kise lui prit la main, déposant un petit baiser dessus comme pour se faire pardonner.
Il se sentait soulagé qu'elle n'ait pas insisté. Mais il se doutait qu'il s'agissait uniquement de reculer pour mieux sauter. Haizaki avait dit que le trajet durerait une quinzaine de minutes et Kise avait vraiment besoin de ce court répit pour souffler un peu.
Lorsqu'ils arrivèrent devant la maison, située dans le quartier huppé de Bel Air (rien de moins), Kise nota que le brun et sa compagne les attendaient bien devant l'immense portail de la propriété. Cela le rassura. Au moins, puisqu'ils étaient déjà là, cela signifiaient qu'ils n'avaient fait aucun détour.
Haizaki laissa d'ailleurs Amber aller retrouver son amie, tandis qu'il alpaga Kise en l'attrapant par la nuque. Raaaah ! Le blond détestait qu'il fasse ça ! Haizaki avait toujours tendance à serrer trop fort, comme s'il voulait lui tordre le cou ! Les deux hommes s'éloignèrent ensemble en direction de l'imposante grille.
« Alors, c'était comment avec Stacy ? »
« Il ne s'est rien passé ! Et vire tes sales pattes ! »
« T'es sérieux ? C'est quoi le problème ? J'avais l'impression qu'elle te plaisait au bar… »
Le brun marqua un temps de silence, pensif. Ah il allait peut-être enfin comprendre qu'il avait faire une erreur de calcul…
« Ah je vois ce que c'est… »
Mais non, ça aurait été trop beau, n'est-ce pas ?
« … Tu veux qu'on échange c'est ça ? »
« Pardon ? » Répondit Kise, incrédule et choqué.
On parlait de filles là, pas de cartes Pokémon !
« Ben ouais. J'prends Stacy et j'te laisse Amber. Ce sera sans doute plus facile pour toi, étant donné que je l'ai déjà bien détendue la petite, si tu vois ce que je veux dire… »
Brrr quelle horreur ! Il ne voyait que trop bien ce à quoi faisait allusion Haizaki, hélas !
Et rien que l'idée de passer derrière lui, donnait des hauts le cœur à Kise !
« Mais comment tu peux proposer ça aussi calmement et sérieusement ? »
« Ecoute, moi, ça m'est égal. Les deux me vont, alors choisis juste celle que tu préfères. C'est pourtant pas compliqué. »
Non mais il s'entendait parler, ce porc ? Ils discutaient de deux autres êtres humains là, pas de cendriers pour se vider les …
« Quoi encore ? » Devina Haizaki, face à la mine peu réjouie de Kise. « Tu veux peut-être qu'on tire à la courte paille ? Ou mieux, qu'on leur demande de choisir à notre place ? Moi ça me va hein… mais viens pas te plaindre après, si c'est uniquement moi qui récolte leurs faveurs ! »
« Désolé, mais les vêtements que quelqu'un a déjà ENFILES, ça me donne de l'urticaire ! Garde là ta Amber, j'en veux pas ! D'ailleurs, vous vous êtes bien trouvés, quel beau couple vous faites ! Aucune classe, aucun savoir-vivre… »
… Fuck.
Est-ce qu'il venait vraiment de comparer la blonde a … un vulgaire morceau de tissu ? Un objet, donc. En cela, il ne valait pas mieux qu'Haizaki et ça faisait du mal à encaisser… Kise regretta immédiatement ses paroles. Le Kitsune s'était laissé emporter, parce qu'il prenait sur lui depuis trop longtemps déjà, à partir du moment où ces deux filles avaient accaparé Haizaki… Alors non seulement ce type le rendait dingue, mais il commençait également à avoir une mauvaise influence sur lui !
« Tu sais quel est ton plus gros problème Ryota ? T'es trop fier. Et t'as beaucoup trop de fierté mal placée à revendre… Tu te crois meilleur que tout le monde parce que t'as réussi professionnellement et que tu portes des fringues hors de prix ? Tu penses que ça te donne le droit de juger les autres ? Alors qu'au final, t'as juste de la chance d'être né avec un joli minois. C'est ça ton seul talent et là, tu viens de montrer ton véritable visage. Et laisse-moi te dire que t'es aussi laid à l'intérieur, que tu es paradoxalement beau à l'extérieur. »
Et histoire de bien enfoncer le dernier clou dans le couvercle du cercueil…
« Pas étonnant que Daiki se soit lassé de toi… »
Wow.
Touché, en plein dans le point faible.
That escalated quickly, comme on disait dans cette partie du globe.
Kise vit rouge. Comment cet enfoiré osait-il lui parler d'Aomine… ?!
« Tu vas trop loin Haizaki ! » Gronda Kise, poing serré.
Avec une furieuse envie de l'envoyer valser dans la tronche de cet arrogant irrespectueux !
« Je dis juste la vérité. Il faut bien que quelqu'un le fasse et puis… je croyais que tu avais horreur des mensonges, alors ça tombe bien, non ? »
« Ce n'est pas la qu-… ! »
« Ok, admettons que ce que je viens de dire est faux. Prouve-moi le contraire alors, montre-moi que tu ne souffres d'aucune fierté mal placée… Celle-là même qui t'empêche d'avancer, tout comme elle t'a empêchée de déclarer ton amour à Daiki. Vas-y, je t'écoute. Dis-moi que t'es jaloux. Avoue-le. »
« Jaloux ? »
Mais jaloux de quoi, au juste ? Ou plutôt de qui ?
« Ouais, c'est évident ! Tu crèves de jalousie envers Amber ! Dès l'instant où j'ai posé le regard sur elle, ton comportement a changé. Tu croyais honnêtement que j'avais rien remarqué ? Ok, c'est vrai, je le reconnais, t'es bon comédien. On sent que t'es habitué à cacher tes véritables sentiments derrière ton joli visage et que tu maîtrises bien l'art de la langue de bois heu… diplomatie. Mais admets-le… T'es jaloux d'elle. Exactement de la même manière dont tu étais jaloux du tigre de Seirin avant. Alors mets ta fierté de côté et juste… dis-le. »
« Ca t'amuse de me provoquer comme ça Haizaki ? Qu'est-ce que tu cherches à entendre ? Et à quoi ça peut bien t'avancer ? Tu penses sincèrement que je serai jaloux de la première fille venue que tu as ramassée sur le trottoir ? (Ironique, sachant qu'Haizaki l'avait lui-même ramassé sur un trottoir également. En quelque sorte.) Et pourquoi je serai jaloux, d'abord ? De Kagamicchi encore, je veux bien… mais d'elle ? De toi ? J'en ai rien à foutre de vous… Et tu ne m'atteins pas. »
…
Kise mourait d'envie de lui balancer ces mots à la figure (à défaut de son poing), mais pour une raison inconnue, il n'y parvint pas et à la place, il se mit devant le portail de la résidence luxueuse. Ses deux mains se posèrent fermement sur les épaules d'Haizaki, dont elles apprécièrent la rondeur sous ses paumes. Puis, il leva un regard déterminé vers le loup et souffla d'une voix profonde :
« Je ne suis pas jaloux et je n'ai aucune fierté mal placée. Maintenant, ouvre cette putain de porte, qu'on puisse enfin aller baiser ces deux truies comme elles le méritent… »
Les yeux d'Haizaki s'illuminèrent et un grand sourire s'étira sur son visage.
« J'ai bien cru que tu ne me le demanderais jamais babe ! »
…
C'était le seul moyen.
Mentir. Se fourvoyer.
Détourner l'attention d'Haizaki.
La confrontation frontale avec le loup n'aboutissait jamais à rien de bon et Kise avait appris depuis longtemps à user de techniques de renard pour le tromper. Après tout, n'est-il pas dit dans les fables que le renard est plus rusé que le loup ? Sur le plan de la force brute, il ne peut gagner, mais en manipulant son confrère canin, le renard parvient toujours à ses fins.
Bien-sûr qu'il n'avait pas la moindre intention de passer à l'acte avec aucune de ces deux biches, mais tant qu'il parvenait à en véhiculer l'illusion, tout irait pour le mieux.
Haizaki avait ouvert le portail avec la clé qu'il possédait bel et bien, mais ce qui intrigua Kise d'entrée de jeu fut que le brun désactiva un système de vidéo protection. Bon, qu'il en connaisse le code n'était guère surprenant au vu de ce qu'il leur avait raconté un peu plus tôt, mais… si la maison était équipé d'un tel mécanisme, pour quelle raison l'ami d'Haizaki lui aurait-il demandé de venir veiller directement sur la demeure ?
Le quatuor pénétra à l'intérieur de l'immense jardin qui bordait la résidence. Un paradis végétal fertile, où florissaient des arbustes colorés et autres palmiers géants grâce au climat propice. Mais ils n'eurent pas vraiment le temps de s'y attarder, Haizaki étant passé devant pour les guider à travers ce jardin d'Eden luxuriant. La maison qui leur apparut alors au sommet d'une côte était à couper le souffle. Immense, lumineuse, bordée de vitres, respirant la modernité.
Elle proposait non pas un, mais deux balcon sur sa façade arrière. Balcons ou plutôt terrasses suspendues qui donnaient sur une piscine éclairée, dont le bleu lui conférait des allures de lagon. Et sa forme… un cœur. Avec un jacuzzi assorti juste à côté. Kise se demanda un instant s'il ne s'agissait pas en réalité d'une habitation secondaire de Hugh Hefner, feu patron du magazine Playboy.
Grandeur et démesure.
Démesure et décadence.
Kise frissonna. Comment avait-il accepté de suivre Haizaki jusqu'ici ?
Et pour quelle raison, déjà ?
Il ne voyait vraiment pas comment il s'en sortir sans se compromettre cette fois…
Mais le renard allait tâcher de rester fidèle à ses convictions.
Qu'Haizaki ait pu tout organiser et planifier à ce point, forçait l'admiration. Cependant, Kise ne comptait pas faire docilement tout ce que le brun avait prévu sans le consulter au préalable. Car il apparaissait clair aux yeux de Kise à présent que ce stratagème avait été mis en place depuis bien longtemps. Cette petite virée en boîte n'avait rien d'anodin et le véritable but avait toujours été de se rendre dans cette villa…
Sauf qu'Haizaki était un très mauvais mastermind.
Kise voyait clair dans son jeu. Comme au Poker. Et le Poker n'était-il pas justement la spécialité de l'ancien as de Fukuda ?
Hmm…
« Attention ! » S'écria soudainement Haizaki, pendant qu'Amber passait près du bord de la piscine. Il la poussa alors dedans, lui faisant facilement perdre l'équilibre. Pas étonnant, vu les échasses sur lesquelles elle était perchée !
« Aaaah idiot ! » Rit-elle un peu en barbotant dans le bassin, encore toute habillée.
Pfff quel con. Et si elle n'avait pas su nager ? Ils auraient été bien, tiens…
« T'en fais pas, on te rejoint tout de suite ma sirène ! »
Et de jeter un coup d'œil en direction de Kise, qui lui répondit une fois de plus par un de ses regards noirs dont il avait le secret.
« Tu me pousses comme elle et je te noie, c'est clair ? »
« Bon. On dirait que je vais être le seul à venir nager avec toi finalement. »
Il haussa des épaules avant de commencer à se déshabiller. Entièrement. Bain de minuit oblige. Après tout, c'était bien ce qui avait été annoncé, non ? Kise préféra détourner le regard. De toute façon, il avait déjà vu le brun en tenue d'Adam, ou presque. C'était tout comme, pour ainsi dire.
« Vous pouvez aller visiter la baraque, si vous voulez. Pas obligés d'attendre ici, faites comme chez vous ! »
Pourquoi pas tiens. Ce serait mieux que de rester à faire le piquet de grève au bord de la piscine…
« Tu viens Stacy ? On va boire un verre à l'intérieur dans ce cas. »
« Ca me va ! » Répondit la brunette avec un peu trop d'enthousiasme peut-être.
Ce dont Kise aurait du se méfier. Mais il prit les clés dans la poche de jean d'Haizaki au moment où ce dernier plongea à l'eau, faisant étalage à nouveau de ses tatouages virils…
Quel poseur…
Le renard ouvrit donc la demeure pour sa compagne et il… fut plutôt impressionné par la décoration. Le maître de maison avait du goût. Très… art déco. Mais Kise se sentit tout aussi intrigué. Il n'aurait su l'expliquer mais… il y a avait quelque chose dans le choix des couleurs ou la disposition peut-être… de typiquement féminin. Une certaine délicatesse qui se dégageait de l'endroit. Et Kise avait l'œil pour ce genre de choses.
« Oh heu assieds-toi je t'en prie, mets-toi à l'aise ! » Fit-il en désignant le magnifique sofa d'un rouge profond qui semblait vraiment très confortable.
Lui, il se dépêcha de mettre de la distance entre eux et d'aller farfouiller derrière le magnifique bar en marbre sculpté qu'il avait repéré au fond de la pièce. Ce salon était une merveille… même le sol était en marbre blanc d'Italie et bien plus grand à lui tout seul que l'intégralité de l'appartement d'Haizaki. Il y avait même un piano à queue !
Et le bar donnait sur un escalier dont la rambarde était en fer forgé. Ca faisait très… film des années 50-70 et il s'attendait à tout moment à voir une superbe créature engoncée dans une robe fourreau, descendre les marches avec une cigarette longue et une paire de gants blancs arrivant jusqu'aux coudes. A la Marylin Monroe…
« Hmmm… bon alors j'ai… du whisky et … du whisky à te proposer ! Dilemme cornélien... Tu préfères quoi ? »
Dans un beau flacon en cristal à l'ancienne en plus, attention !
« Oulaaaa on ne sait que choisir ! » Rit Stacy. « Mais allez, va pour le whisky ! »
« C'est votre dernier mot miss ? »
« Oui mon capitaine ! »
Kise versa donc un verre pour son… invitée et il fit de même pour lui. Il en était à son combitième verre d'ailleurs ? Le mannequin avait perdu le compte… Bon ok, il n'avait pas bu que de l'alcool mais… il se sentait un peu rond quand même. Rapidement, il apporta le whisky à Stacy, qui s'empressa de trinquer avec lui.
« Tu passes une bonne soirée j'espère Ryota. »
L'éclate.
Totale.
« Oui, pourquoi ? Hmm… et toi ? »
« Aussi. Mais elle serait encore meilleure si… »
Elle se mordit la lèvre inférieure et Kise comprit à quoi elle faisait allusion. La brune aimerait aller plus loin avec lui, elle l'avait clairement montré depuis le départ. Lui en revanche… ne lui avait témoigné que du désintérêt. Ou pas. Certes, ils avaient échangé quelques baisers mais… ça restait assez léger…
« On pourrait monter à l'étage, je suppose que c'est là où se trouvent les chambres à coucher. »
A coucher hein…
Ok, plus de doute possible sur les intentions de la brunette. Pas qu'il en ait eu, mais…
« On y serait bien plus à l'aise pour poursuivre notre conversation… »
Et la poursuivre en position horizontale, de préférence… Ouep, pas besoin de lui faire un dessin. Tous les voyants étaient au rouge. Aussi rouge que le canapé. Stacy se pencha d'ailleurs vers lui et posa même la main sur sa cuisse, remontant doucement vers…
Merde…
Il baissa la garde une nano seconde et la fille en profita pour capturer ses lèvres. Il ne la repoussa pas. Un moment de faiblesse. Juste un moment de faiblesse. Ce n'était pas révélateur. De toute façon, il n'était pas excité et elle allait vite s'en rendre compte et passer à autre chose. Kise l'espérait en tout cas. Mais tandis que sa langue se mêlait à celle de la brunette, son regard dériva l'espace d'un instant… Parce que Kise n'était pas « dedans ». Mais quelle erreur, quelle terrible et regrettable erreur. Il aurait mieux fait de garder les yeux fermés. Parce qu'à travers la baie vitrée juste face à eux, il avait une vue imprenable sur la piscine.
Et ce qui était beaucoup moins imprenable par contre, c'était Amber… Il la voyait de dos, acculée contre un rebord du bassin, ou plutôt, jouant les tampons entre ledit rebord et Haizaki. Et en parlant de tampon… le brun ne se privait pas de la tamponner fébrilement, lui. A tel point qu'elle en couinait encore plus fort que dans la ruelle ! Sa voix de crécelle vrillait les oreilles de Kise, c'était même à se demander pourquoi ça ne faisait pas débander Haizaki sur le champ ou comment Stacy faisait pour ne pas l'entendre.
Mais cette cursed image s'imprima dans son cerveau.
Amber et Haizaki nus, en train de s'ébattre dans le bassin à seulement quelques mètres d'eux et à découvert. Presque par provocation. Le regard d'Haizaki, qui était tourné vers les occupants de la maison, se verrouilla sur celui de Kise. Et cette fois, le blond parvint à le soutenir plus longtemps que lorsqu'il était tombé par hasard sur le couple à l'arrière du club. Enfin, « soutenir », ce n'était pas vraiment le mot. Mais disons que Kise ne s'en détacha pas tout de suite. C'était presque comme si Haizaki le défiait ou…
Non.
Il s'agissait d'autre chose.
Cette expression, Kise la connaissait mais il n'arrivait pas à l'identifier.
Qu'est-ce que ça pouvait bien être ?
Un nouveau relent de malaise s'empara de lui et il attrapa le visage de Stacy pour l'éloigner du sien, rompant par la même occasion sa connexion visuelle avec Haizaki. Il avait besoin de fuir, maintenant.
Avant que…
« C'est d'accord, montons. »
Il ne voulait plus voir Haizaki. Juste… S'enfermer dans une chambre, s'écrouler dans un lit et fermer les yeux. Avant d'avoir de ressentir l'irrépressible tentation de se crever les prunelles justement. Même si ça ne pourrait jamais effacer les images qui étaient déjà gravées dans son esprit.
Le mal était déjà fait.
Il ne voulait pas voir Haizaki s'envoyer en l'air avec une autre, mais c'était trop tard.
Par contre, il pouvait encore empêcher Stacy de connaître le même sort.
« Pourquoi changer d'avis tout à coup ? » Demanda la jeune femme, qui n'était pas dupe. « J'ai plus envie de bouger maintenant, on est bien là ! »
Elle se leva uniquement pour aller s'asseoir sur les genoux de Kise et elle reprit ses baisers humides dans l'espoir de le faire plier.
Mais… peut-être par manque de réaction de la part du blond, elle s'interrompit plutôt rapidement.
Ou plutôt, parce qu'elle venait d'avoir une révélation.
« Ohh ça y est j'ai compris ! T'as peur qu'ils nous voient faire, c'est ça ? » Dit-elle en désignant les deux tourtereaux toujours en train de s'accoupler dans la piscine façon Loana et Jean Edouard. (les plus jeunes d'entre vous ont bien de la chance de ne pas connaître.)
Elle croqua le lobe d'oreille d'un Kise à moitié léthargique à cause de la trop grande quantité d'alcool ingérée.
« Faut pas t'en faire pour ça… On a l'habitude de baiser ensemble moi et Amber. Enfin pas dans ce sens là, mais l'une à côté de l'autre quoi. »
QUOIIIIII ?
Le cerveau de Kise fit un blackout.
« Ca te choque ? Vous ne faites pas pareil toi et ton pote ? Vous devriez essayer, c'est très excitant… »
Le renard s'attendait vraiment à tout sauf à ça. Finalement, les deux biches étaient loin d'être innocentes… Et dire que lui depuis le début, il se la jouait prince charmant, ah Stacy devait bien se moquer de lui au fond d'elle… Le trouver ridicule et vieux jeu. Et au train où allaient les choses, il sentait qu'elle n'allait pas tarder à lui proposer un foursome…
Oui, c'était très probablement la prochaine étape, à en croire la façon dont Stacy se frottait à présent à son bassin. Avec une insistance qui lui rappelait le dernier épisode de « Survivors » le « Koh Lanta » local, dans lequel l'équipe bleue avait tenté sans relâche et surtout sans succès d'allumer un feu ! Ouep c'était totalement la même chose, l'analogie parfaite même. Et la similitude des deux situations prouvait à quel point Kise n'était pas dans le mood… Car dans son entrejambe le feu peinait à démarrer… Pas la moindre braise.
« Pas de BRAISE = pas de BAISE… » Conclut-il mentalement.
Stacy allait certainement finir par comprendre le message et cesser ses efforts d'elle-même. Parce que lui, ça avait tendance à le refroidir d'imaginer qu'on puisse le voir faire… Ou de regarder d'autres personnes faire la chose. Ok oui, c'était un peu… ironique pour un mannequin de ne pas aimer s'exhiber mais hey, le contexte était totalement différent. Non parce que si Kise avait aimé qu'on le mate en train de fourrer une dinde, il serait devenu soit cuisinier, soit acteur porno. Et en parlant de porno justement, ça n'avait jamais trop été le truc du blond.
Alors bien-sûr, comme tous les hommes ou une majorité d'entre eux du moins, il aimait bien s'en jeter un petit derrière l'oreille de temps en temps. En particulier, lorsqu'il éprouvait des difficultés à s'endormir, mais ça restait quand même assez exceptionnel de son côté. Le plus souvent, il en consommait en compagnie d'Aomine, parce que ce dernier détestait bizarrement en regarder seul. En effet, le basané se sentait toujours obligé de commenter l'anatomie des actrices et de consulter l'avis de son partenaire de visionnage sur ses goûts. Kise n'était pas certain que Kagami accepte de se prêter à l'exercice, d'ailleurs. Que ce soit dans un futur proche ou même lointain !
« Et Haizaki ? Je me demande quel genre il aime… Sûrement les gonzo. Ohhh ouiii, des gonzo bien trash ! »
« Oh ! » Sursauta Stacy.
Hmmm quoi encore ?
…
Oh. OOOHHH en effet !
Merde !
Pourquoi avait-il commis l'erreur de penser à Haizaki dans un moment pareil ? Ca venait de lui filer une érection ! Et maintenant, Stacy n'allait plus le lâcher et croire que c'était grâce à elle ! Et puis d'abord, depuis quand ça l'excitait de penser à Haizaki ? N'était-il pas en colère contre le loup, il y a encore à peine moins de trois secondes ? Et être en colère contre quelqu'un, ça ne fait pas bander aux dernières nouvelles !
…
Ok peut-être… qu'il comprenait mieux Aomine et son attirance bizarre et quelque peu contre nature envers Kagami, à présent !
Quelqu'un peut donc royalement vous taper sur les nerfs et vous attirer en même temps.
Très bien, il en prit bonne note mentalement mais…
Ca ne résolvait pas son urgence du moment !
« Je commençais vraiment à désespérer ! » Sourit Stacy.
Et à l'instant où il ne s'y attendait plus, elle descendit de ses genoux.
Ouf ! Sauvé par le gong. Ou plutôt par le big dong…
Malheureusement pour Kise, il était beaucoup trop tôt pour se réjouir. Ses ennuis étaient en effet loin d'être terminés. Stacy n'avait pas abandonné, bien au contraire. Elle changeait juste de stratégie, sans doute fatiguée d'utiliser ses fesses dans le but d'obtenir la réaction escomptée.
Ses doigts agiles trouvèrent la fermeture éclair du pantalon de Kise, qu'elle fit rapidement descendre après avoir débouclé sa ceinture également. Ce qu'elle comptait faire devenait plus qu'évident, mais le corps et le cerveau de Kise étaient trop anesthésiés par l'alcool pour qu'il puisse réagir à temps pour empêcher Stacy d'extraire son membre encore timidement gonflé de sa cachette…
« Bon sang… On va vraiment faire ça ici et maintenant ? Juste comme ça ? »
Ca manquait tellement de… romantisme… d'élégance… de douceur… Ce n'était pas lui. Evidemment, les coups d'un soir, il en avait connu, ce n'était pas le problème, mais même là il s'était toujours débrouillé pour qu'il y ait un réel échange et de la chaleur. Pas juste deux corps qui s'emboîtent mécaniquement.
Kise avait besoin de plus…
Alors il ferma les yeux en sentant une paire de lèvres s'emparer de son sexe. Il n'avait pas envie de ça D'ailleurs, le renardeau n'était pas très vaillant ce soir. Enfin, bien moins qu'en début de soirée, lors de son lascif corps-à-corps avec Haizaki. Mais après tout… quel mal cela pourrait-il bien lui faire de laisser Stacy faire un peu mumuse ? Elle se lasserait plus vite que lui…
Pas que la brunette ne lui fasse pas envie mais…
Quelque chose n'allait pas.
« Hmm ! »
… C'était bien ses dents qu'il sentait là, non ?
Pourquoi ne les rentrait-elle pas ? Elle allait lui rayer le casque si elle continuait !
Quelle désagréable sensation… La jeune femme était… incroyablement mauvaise ! Ca le peinait d'avoir à le reconnaître mais elle frisait l'amateurisme ! C'était même surprenant, même sa bouche était trop sèche. Et sa langue un peu râpeuse aussi. Il s'agissait de la pire pipe qu'on lui ait jamais faite et de loin ! Stacy mettait du cœur à l'ouvrage, pas de doute mais elle ne savait absolument pas s'y prendre ! C'était presque scandaleux à ce niveau-là !
Ok, ok, mieux valait la laisser finir et serrer les fesses. Ce n'était qu'un mauvais moment à passer après tout…
Mais cela lui semblait durer une éternité. Et si Kise l'obligeait à le lâcher maintenant, elle serrait si fort qu'il y avait une chance pour qu'elle lui arrache…
Il opta donc pour les yeux et tenta de penser à quelque chose de plus… inspirant à la place pour s'efforcer de jouir rapidement.
Haizaki…
Son regard glisserait sur la hampe déjà gonflée de désir de Kise. Il l'effleurerait alors du bout des doigts, l'embrasserait du bout des lèvres. Sans préservatif comme maintenant, parce que le loup voudrait sentir le goût de sa peau, la sentir vibrer sous les assauts de sa langue souple et longue. Après avoir titillé l'extrémité en dardant cette fameuse langue piercée qui intriguait tant Kise, Haizaki s'appliquerait tout particulièrement en prenant le sexe tout entier du blond au chaud, dans sa bouche.
Ce geste arracherait un gémissement de plaisir à Kise quand Haizaki accentuerait le mouvement, et resserrerait ses doigts autour de la base de sa queue. C'est à ce moment précis qu'il ferait glisser sa langue sur cette partie si sensible où la peau est si fine. Kise se crisperait alors en empoignant les
accoudoirs. Haletant, la tête renversée en arrière, il avancerait ses hanches pour se faire dévorer de plus belle. Haizaki le reprendrait donc volontiers entre ses lèvres, l'aspirant à nouveau pour le faire disparaître.
Le corps tout entier de Kise se tendrait comme la corde d'un arc prêt à rompre. Puis, ce serait le ventre d'Haizaki qui se contracterait au son des gémissements de son Kitsune. Après tout, il n'y avait pas de raison que seule cette foutue poupée Barbie qui puisse se lancer dans un concours de vocalises, si c'était le genre de trucs qui excitaient le brun ! Oh oui… Haizaki… et ses grands airs de mâle alpha… Kise s'évertuerait à les lui faire ravaler ! Car en effet, ce serait le tatoué cette fois qui devrait se faire violence pour ne pas se lever afin d'aller s'empaler sur la désirable hampe de chair de Kise. Hmm… quelle bonne idée… ils inverseraient les rôles et Kise lui ferait alors comprendre à quel point il n'avait pas besoin que le loup chasse à sa place…
« Sho…» Lâcha t-il du bout des lèvres.
…
« I'm right by your side babe. »
Une voix profonde lui fit écho.
!
Kise ouvrit instantanément les yeux, affolé, les pupilles encore dilatées.
Il sentit une main se poser sur son épaule.
Une main… mouillée… Comme tout juste sortie de l'eau.
Et quelle surprise… quelle vision…
Il ne l'avait pas entendu et pourtant Haizaki était rentré dans la maison et se trouvait à présent adossé au mur près de l'accoudoir du canapé. Toujours nu et Amber aussi. Agenouillée, la tête fort occupée entre les cuisses du loup. La main d'Haizaki cascada lentement et doucement, il prit celle de Kise. Leurs doigts s'entrecroisèrent tandis que la main libre du brun s'ancrait dans les cheveux d'Amber pour l'enfoncer un peu plus sur son sexe et lui intimer d'approfondir sa gâterie. Instinctivement, Kise l'imita et s'évertua à guider Stacy du mieux possible pour se satisfaire.
Il ne savait plus où il était.
Le temps s'était comme arrêté.
« Pas bon ? » S'enquit le brun, en Japonais pour éviter que les filles ne les comprennent.
Son regard désigna la brunette toujours affairée à faire reluire le petit soldat de Kise qui était déjà un peu plus vaillant que tout à l'heure grâce à son petit stimulant virtuel.
« Non. Mais au moins, elle essaie du mieux qu'elle peut. »
« Oh ça alors ! Non mais écoute-toi à parler comme le nice guy de service… »
« Désolé de ne pas être un connard blasé, contrairement à certains. »
« Et par 'certains', tu veux dire moi j'imagine ? »
« Entre autres. Je suis surpris… que tu aies réussi à deviner ça tout seul gnnnh ! »
Ca commençait vraiment à devenir douloureux là par contre…
Et le regard de Kise vagabonda en direction de l'entrejambe de son ancienne Némésis, dans le but de s'évader mentalement de la torture qu'il subissait tout d'abord, mais surtout afin de pouvoir observer comment la blonde s'y prenait de son côté. En espérant qu'elle soit plus douée que son amie.
Non ça allait…
Amber avait l'air d'assurer et d'avoir la situation bien en main ou plutôt en bouche, elle.
« Je t'avais bien dit qu'on aurait dû échanger… »
« Laferme… j'arrive pas à… tu m'empêches de… »
Profiter ? Apprécier ? Savourer ?
Mensonges.
« J'ai pas rêvé, je t'ai pourtant bien entendu appeler mon nom tout à l'heure… C'est donc que tu requérais ma présence. »
Kise s'apprêtait à répliquer sans grande conviction mais à cet instant, Amber recula pour respirer, s'octroyant un frugal répit. Et ce faisant… elle lâcha sa proie encore luisante de salive.
Et quelle proie ! C'était presque injuste ! Pourquoi Haizaki ne pouvait-il pas être monté comme une saucisse apéritif !? Tout à coup, l'image du serpent prenait tout son sens. Mais surtout… Kise eut la mauvaise idée de loucher sur l'extrémité du membre et là…
Un hoquet de surprise, suivi d'un petit cri étouffé lui échappèrent au moment où il constata qu'Haizaki aurait du nommer sa queue « Monaco » ou « Le Rocher » parce que le Prince Albert en personne s'y trouvait !
Et ok, c'était sans aucun doute et de très loin la chose la plus outrageusement sexy qu'il ait jamais vu de sa toute vie mais… cette découverte lui arracha paradoxalement un frisson d'effroi. Ce n'était pas le moment ni l'endroit pour tourner de l'œil, mais brrrr… ça lui rappelait de fort douloureux souvenirs ! Kise avait en effet souffert le martyr quand il s'était fait piercer l'oreille au collège ! A tel point que même s'il avait eu un temps l'envie de faire celle de droite également, l'agonie ressentie l'avait rebuté ! Heureusement que son métier interdisait les piercings, ça l'arrangeait quelque part parce que c'était juste un calvaire à poser ! Ca faisait un mal de chien, sans exagérer !
Et sur cette partie, réputée comme étant la plus sensible de l'anatomie masculine, Kise n'osait imaginer l'ampleur de la douille, même si, à en juger par l'expression d'extase qui avait élu domicile sur son visage, Haizaki ne semblait pas du tout regretter son choix à l'heure actuelle. Peut-être même lui semblait-il particulièrement justifié au vu du traitement dont il se voyait gratifié…
Une belle plus-value, en quelque sorte.
« Ryota babe… »
Tiré de sa contemplation en entendant son prénom, Kise releva la tête pour fixer Haizaki. Son regard se planta dans le sien, comme s'il s'agissait d'un point d'ancrage. Stacy commençait à montrer de sérieux signes de faiblesses, sans doute liés à des crampes à la mâchoire. Non vraiment, même l'indulgence caractéristique de Kise n'y pouvait rien : cette pauvre fille était nulle à chier, au-delà même de toute rédemption en matière de fellations.
Aucun talent.
Zéro.
« Only look at me. » Souffla chaudement son ex-bourreau.
Comme hypnotisé par le serpent, tel Mogwli face à Kaa dans « le Livre de la Jungle », Kise garda les yeux bien ouverts et sa respiration se calqua d'office sur celle d'Haizaki. Ses gémissements, d'abord timorés, également. Il n'y avait plus qu'Haizaki et lui dans cette pièce. Plus rien d'autre ne comptait sinon eux et leur plaisir combiné. Les expressions faciales du brun étaient tellement sensuelles, que Kise aurait pu atteindre l'orgasme rien qu'en les admirant. Elles étaient toutes plus incroyables et sexy les unes que les autres. La voix et le regard féroce d'Haizaki lui paraissaient si captivants à présent…
Le pic d'ivresse approchait dangereusement. Kise pouvait le sentir rien qu'à observer Haizaki. La façon dont les muscles du brun se tendaient dans son cou. Ou encore la manière dont sa respiration devenait saccadée. Kise avait presque peur du pouvoir qu'Haizaki avait sur lui. Mais il ne voulait ni lâcher son regard, ni sa main. Les deux jeunes hommes étaient enfin parvenus à rétablir une connexion aussi fragile fut-elle et ô combien inappropriée, au regard de l'atmosphère générale mais…
« Come for me Kitsune. » Susurra Haizaki.
C'était le signal que Kise attendait pour lâcher prise.
Des bruits obscènes de succion plein les oreilles.
Subitement, les deux rivaux explosèrent en mille morceaux au même moment.
Ensemble, mais séparément.
Et ce fut la fin de tout ce que Kise avait connu jusqu'ici.
Après cet orgasme aussi fulgurant qu'étrange, Kise ne se rappelait plus vraiment du reste de la soirée. Ses souvenirs étaient flous et son cerveau embrumé… Ce dont il était certain cependant, c'est qu'après la partition de flûte enchantée que leurs avaient joué les deux filles, il n'y avait plus eu aucun interlude de nature sexuelle.
Ca l'avait vidé… dans tous les sens du terme, du plus littéral au plus abstrait.
Mais sur un petit nuage tout duveteux à présent…
Et honnêtement, il n'avait pas envie de réfléchir tout de suite aux sérieuses implications d'avoir joui au son de la voix d'Haizaki. Sur commande, même.
Que devait-il retirer de cette étrange expérience ?
Pareil. Pas le moment d'y réfléchir.
Mais une chose était pourtant limpide dans son esprit.
Il n'avait pas trouvé cela ni traumatisant, ni avilissant. Une fois que son cerveau avait lâché prise, son corps était parvenu à se détendre et à apprécier. Presque. En quelque sorte. Plus ou moins.
Ils avaient continué à boire. Enfin lui en tout cas. A se demander comment sa vessie et son foie n'avaient pas encore éclaté. Heureusement qu'il n'avait pas de shooting programmé demain, parce qu'il n'aurait pas été en état d'y participer.
Non, il n'était d'ailleurs plus en état de quoi que ce soit et ce, pour les prochaines vingt-quatre heures. Sauf pour dormir, ça, pas de problème. Les joues rosies, il était d'ailleurs en train de piquer du nez comme un bienheureux contre l'épaule d'Haizaki. Ok, le brun possédait un authentique don pour lui taper sur les nerfs, mais au moins, il faisait un coussin tout à faire acceptable. Ca, on ne pouvait pas lui enlever et mine de rien, c'était déjà plus que la moitié des ex de Kise…
Le blond entendait vaguement des rires aux tonalités féminines venir titiller ses tympans sensibles et l'empêcher ainsi de tomber dans la léthargie la plus totale. Mais que pouvait bien leur raconter Haizaki de si drôle pour qu'elles se mettent à glousser comme des dindes prêtes à être fourrées !?
Oh.
Ohhhh !
Le fait qu'elles soient prêtes à être fourrées, justement.
Mais pour le loup, Thanksgiving semblait être passé comme il avait assez mangé de blanc de dinde pour la soirée. Kise pouvait l'entendre et presque le sentir même dans l'intonation de la voix d'Haizaki : il n'avait plus aucun intérêt pour ces filles. Alors c'était donc ainsi que fonctionnait le brun ? Dès qu'il avait obtenu ce qu'il désirait, il se lassait et passait immédiatement à autre chose sans même regarder en arrière ?
Haizaki, contrairement à lui ou à Aomine, n'était donc pas un prédateur qui chassait dans le but premier de se nourrir, mais bien une machine à tuer ou plutôt à séduire, pour laquelle la traque était avant tout un art. Peu importait la finalité, ce qui comptait c'était les efforts et les stratégies déployées lors du passage à l'action. L'action en elle-même n'était que la cerise sur le gâteau et souvent pas à la hauteur de ce qu'Haizaki en rapportait. A bien y réfléchir, c'était peut-être même la principale motivation du brun, lorsqu'il avait attrapé Stacy pour Kise. On aurait pu se dire que cela résultait du fait qu'Amber ne l'aurait probablement pas suivi sans sa copine, mais ce serait se fourrer le doigt dans l'œil jusqu'au cervelet. En réalité, le but de la manœuvre avait toujours été de chasser pour le plaisir. Juste ça. Faire étalage de ses talents de braconnier.
C'était quelque chose que Kise ne comprenait pas vraiment, mais une fois la capture sécurisée et la mise à mort effectuée, Haizaki se désintéressait de ses proies. Se nourrir ne l'intéressait pas. En fixant son visage au moment de l'orgasme, Kise n'y avait pas décelé une once de plaisir véritable. Uniquement… une réaction mécanique ordonnée par son corps. Rien de plus. Kise se demandait même si le loup avait vraiment ressenti du plaisir ou s'il ne s'en était pas plutôt auto-persuadé.
Etrange…
Et tandis que son esprit semblait regagner en cohérence et en capacité de raisonnement, un bruit strident déchira la pièce.
Kise se redressa en sursaut, sortant de sa semi-torpeur.
Une alarme…
Attendez, quoi ? Une alarme ? Mais… !
« Shogo, fais-la cesser ! » Implora Amber, qui se bouchait les oreilles du mieux qu'elle le pouvait.
Haizaki bondit du confortable canapé pour se diriger vers un panneau métallique caché derrière le piano. Il l'ouvrit et cela lui donna accès à une sorte de clavier digicode sur lequel il tapa frénétiquement. Mais la sirène continuait à retentir, malgré son intervention.
« Argh ma tête va exploser ! » Se plaignit à son tour Stacy.
« Sho ? » Interrogea Kise, qui s'était déplacé jusqu'à Haizaki. « Qu'est-ce qu'il y a ? »
« Putain merde merde merde… C'est la grosse merde ! »
Ah oui, c'était à ce point-là donc.
Et effectivement, le constat du loup se vérifia lorsqu'ils entendirent le moteur du portail extérieur se mettre en marche.
Haizaki, qui était toujours aussi nu qu'au jour de sa naissance, rappelons-le, car il n'avait pas daigné se rhabiller après le service spécial prodigué par Amber (et sans doute pas pu non plus, avec Kise appuyé contre lui.), se dépêcha de ramasser ses vêtements et de sauter dedans à la hâte.
Pas bon signe…
Du tout.
« Tu vas m'expliquer ce qui se passe à la fin ? »
« Faut qu'on parte. Genre… maintenant. »
« Quoi ? Mais pour quelle raison ? »
« Parce que la proprio est rentrée plus tôt que prévu ! »
« 'LA' proprio ? Tu avais dit que c'était un homme ! Enfin bref, c'est qu'un détail ça à la limite… mais pourquoi tu flippes autant de son retour ? Je pensais qu'elle t'avait confié ses clés et…. »
Les yeux de Kise s'écarquillèrent soudain.
« Ne me dis pas que… ? T'as volé ces clés ? Mais Haizaki, t'es devenu complètement dingue ? Tu te rends pas compte des risques que tu nous as fait prendre en nous emmenant ici ! »
« Nan techniquement, j'les ai pas volées. On me les a vraiment prêtées mais… pas pour que je me serve de cet endroit comme lupanar, c'est vrai. Sauf que la question n'était même pas censée se poser, puisque la propriétaire devait être absente jusqu'à lundi prochain ! Je pouvais pas prévoir qu'elle débarquerait à l'improviste ! »
« Pourquoi ce genre de plan ne me surprend même pas, venant de toi ? » Fit Kise en s'écrasant une main sur le visage, consterné.
Il aurait du se douter qu'une catastrophe allait se produire. Forcément, c'était d'Haizaki dont il était question. Avec lui, ça commençait toujours bien mais la déception c'était son rayon et quand ça semble trop beau pour être vrai, c'est que ça l'est en général. Mais ce qui importait dans l'immédiat n'était pas de connaître les circonstances derrière ce prêt de clés aussi suspect soit-il et pour lequel Kise comptait bien obtenir des réponses non, l'essentiel, c'était de se tirer fissa avant que la maîtresse de maison ne retrouve deux garçons et deux filles à moitié nus et ronds comme des queues de pelle au beau milieu de son salon ! Elle risquait en effet de fort peu goûter le fait qu'Haizaki se soit cru autorisé à transformer sa demeure en « Sodome et Gomorrhe » durant son absence !
« Ok girls, the party is over ! » Asséna le brun en tapant dans ses mains pour attirer l'attention des deux belles plantes. « Il est l'heure de renter faire dodo chacun chez soi ! »
« Déjà ? Mais on commençait à peine à s'amuser… » Tenta Amber.
« C'est dommage ouais, mais il faut qu'on débarrasse le plancher ! On va repasser par là où on est venus, l'entrée arrière c'est plus sûr. »
Et avant que la blonde incendiaire n'ait eu le temps de protester à nouveau, Haizaki l'attrapa et la jeta sur son épaule tel un vieux sac à patates. Le manque de considération en plus.
« Héééé repose-moiiiii ! » Se débattit Amber.
« Allez on y va. »
Pas le temps de ranger les verres et la bouteille qu'ils avaient sortis. Haizaki éteignit juste la lumière en sortant et Kise attrapa la main de Stacy. Il savait pertinemment qu'ils allaient devoir courir, mais à cause des chaussures à semelles compensées que portait la brunette, leur fuite précipitée semblait casse-gueule à plus d'un titre. Et aussitôt que Kise s'était mis debout… la tête avait commencer à lui tourner. A moins que ce ne soit la pièce elle-même qui se soit changée en toupie géante. Son équilibre était précaire et il manqua plusieurs fois de trébucher dans le jardin non éclairé, tandis que comble du comble, c'était Stacy qui le tirait à travers les arbustes.
Non loin d'eux, on pouvait entendre le bien d'une voiture qui pénétrait dans l'enceinte de la résidence, indiquant que la propriétaire se rapprochait. Pour une fois, le chasseur n'était pas celui qu'on croyait… Haizaki quant à lui, cavalait déjà loin devant, à la façon d'un cabri excité, nullement entravé par le manque de luminosité ou l'alcool et encore moins le poids d'Amber. La blonde trouvait la situation beaucoup moins amusante et cocasse que lui d'ailleurs, en témoignait ses plaintes étouffées par le rire de possédé de son amant. Kise avait déjà du mal à suivre, mais lorsqu'un obstacle se dressa devant eux se dit que jamais il ne parviendrait à le franchir.
Le portail.
« Va falloir qu'on l'escalade. Pas le choix. Si je l'ouvre avec le code, ça va faire du bruit et attirer l'attention de la proprio. » Expliqua Haizaki.
Et merde.
Kise en était sûr. Evidemment qu'ils allaient devoir grimper, ça aurait été trop simple sinon. C'était déjà un miracle qu'aucun d'eux ne se voit tordu la cheville sur le terrain vallonné du jardin, même si, maintenant qu'il avait rattrapé Haizaki, Kise pouvait voir de là où il était que les cuisses d'Amber présentaient de légères éraflures. Sans doute occasionnées par les ronces présentes sur le chemin de la course folle du bien peu attentionné loup qui la transportait…
« Dites-moi que c'est une blague les garçons... » Articula difficilement Stacy.
Déjà en étant totalement sobre escalader le portail semblait compliqué à cause du manque de prise qu'il affichait, mais alors en étant bourré… booooonnnnneee chance !
« Pas la choix ma biche. Je passe le premier pour plus de sécurité. »
« Bah voyons… tu passes surtout en premier pour pouvoir te barrer tout seul ! » Pensa Kise.
Les deux filles, peu convaincues par le plan improvisé du loup, se tournèrent alors vers le renard pour consulter son approbation.
« Ne vous inquiétez pas, ça va aller. Vous n'avez qu'à passer toutes les deux après Haizaki et je fermerai la marche au cas où heu… l'une d'entre vous tomberait. Comme ça, je pourrai la rattraper. » Sourit Kise.
Il se forçait, voulant se montrer rassurant. Mais en vérité, il n'en menait pas large. Ce portail était quand même sacrément haut. Il devait toiser les trois mètres et une chute n'était donc clairement pas conseillée. Bon il sembla heureusement que son petit discours avait suffi à convaincre les filles. Amber marcha ou plutôt grimpa sur les pas d'Haizaki. Le brun lui indiquait où mettre les pieds et où s'accrocher. Il parvint d'ailleurs rapidement de l'autre côté. Pas étonnant, son passé d'ancien grand sportif se lisait dans chacun de ses mouvements.
Tout avait l'air si étudié dans son placement, dans sa souplesse, dans son agilité. Kise en serait presque jaloux. Pourtant, lui-même ne manquait pas de grâce non plus. Des années à arpenter les podiums dans des tenues aussi improbables qu'inconfortables, ça vous forge une démarche assurée et un sens inné de l'équilibre.
Cependant, quand il fut question de grimper juste derrière Stacy, Kise fut pris d'un vertige inexplicable.
La jeune femme tira nerveusement sur sa jupe, tentant vainement de cacher sa culotte. Comme si ça intéressait Kise dans un moment pareil, mais surtout… comme s'il ne l'avait pas encore vue ! Mais moins souvent que celle d'Amber, cela dit…
Ok, Amber et Haizaki étaient arrivés de l'autre côté et les attendaient à présent. Kise parvenait enfin au sommet, tandis que Stacy était déjà en train d'entamer la descente. Ca se passait bien. Doucement. Ne pas se presser. Haizaki offrit sa main à la brunette pour l'aider à toucher terre.
« Qui va là ? »
Soudain, les lumières du jardin s'allumèrent et le bruit d'une paire de talons frappant le béton résonna.
« Merde ! Elle arrive ! » Prévint Haizaki.
Kise se retourna pour vérifier. Il était à cheval sur le sommet de la grille, prêt à passer de l'autre côté. Il n'avait pas encore la propriétaire en ligne de mire mais il l'entendait se diriger vers eux. Le blond se figea. Bon sang et si elle était armée ? Tout le monde avait au moins un pistolet dans ce pays de malheur !
« Ryota dépêche-toi ! Elle va te voir ! »
Stacy sautillait nerveusement sur place. Amber, quant à elle se rongeait les ongles.
« Reste pas planté là ! Descends ! Putain, on peut pas rester là ! » Trancha la poupée gonflable.
Et le regard suppliant qu'elle lança à Haizaki n'inspirait rien de bon à Kise…
« Je rêve où… ils sont sérieusement en train de considérer l'idée de m'abandonner là et se barrer comme des lapins pour sauver leur peau !? »
« Elle a raison Kitsune. Si on t'attend et qu'elle te voit, elle va appeler les flics direct ! »
La faute à qui aussi, hein !?
La panique et la rage s'emparèrent de Kise. Mauvais cocktail. Son beau visage se décomposa.
Il n'arrivait plus à bouger. Tétanisé. Tremblant de colère et de peur. Les trucs illégaux, c'était nouveau pour lui. Et si cette folle était armé et le confondait avec un cambrioleur ? On était à L.A. après tout, tout le monde possédait un flingue ici, même Haizaki si l'on en croyait ses dires ! Et Kise se sentait moyen chaud pour se manger une balle perdue là tout de suite.
« Bon ok. » Comprit Haizaki. « Bouge pas, je remonte te chercher ! »
Mais Amber s'accrocha à son avant-bras pour l'en empêcher.
Fermement.
« Shogo, on n'a plus le temps ! Il faut partir MAINTENANT ! »
Violation de propriété privée, ça allait chercher dans les combiens de caution… ?
« Bon Ryota écoute-moi, je sais que tu ne me fais pas encore tout à fait confiance… »
Sacré euphémisme !
« … Surtout avec la tournure négative que vient de prendre cette soirée mais…je vais avoir besoin que tu te laisses tomber. Volontairement. Promis, je te rattraperai ! »
PAAAAAAARDON !?
Non, hors de question !
C'était trop haut ! Et Kise n'était pas pompier comme Kagami. Ni Haizaki, d'ailleurs. Une telle manœuvre était foutrement risquée sans entraînement ! Seulement… il s'agissait de l'ultime option disponible ET viable… Kise inspira donc profondément et il ferma les yeux. Haizaki se plaça bien en dessous de lui et il tendit les bras.
« Pense que c'est un trampoline qui t'attend en bas. C'est ça, un trampoline. Tu adoooores les trampolines Ryota… Rappelle-toi, comme celui que Maman avait loué pour ta fête d'anniversaire quand tu avais huit ans. »
Aussitôt, il lâcha prise.
A deux doigts de crier le « Géronimo » de circonstance. En tout cas, il était persuadé qu'Haizaki l'aurait fait si leurs rôles avaient été inversés.
Et miracle, Haizaki le rattrapa. Bon ok, ils s'écroulèrent tous les deux sur la route, mais le corps d'Haizaki avait amorti le choc. Bras passés autour de la taille de Kise, le brun le serrait contre son torse. Ils restèrent quelques secondes ainsi et Kise prit le premier l'initiative de se redresser.
Leurs visages étaient si proches.
Leurs souffles chauds se mêlaient.
Et leurs regards se capturèrent…
Une furieuse envie d'embrasser son sauveur lui brûlait le bout des lèvres. Haizaki passa une main dans les cheveux dorés, pendant que l'autre se mit à errer le long du dos du renard, se posant naturellement sur…
« C'est ton cul que je sens sous ma main Kitsune ? »
…
Haizaki avait encore raté une occasion de fermer sa gueule de loup…
« Nan mais vraiment hein. T'as la fesse à l'air. »
Enfin, une partie seulement.
Kise tourna légèrement la tête pour s'en assurer et…
« Nooooooon mon pantalon ! Il a du s'accrocher à une branche tout à l'heure pendant que je courrai et se déchirer ! Bon sang, je vais jamais pouvoir faire recoudre un trou pareil ! » Pleurnicha le jaune.
Un si beau pantalon haute couture en lin ! Quelle tragédie !
Il se releva d'un bond et Haizaki fit de même. Ils ne devaient pas trainer, la propriétaire serait là dans moins de dix secondes. Le quatuor se dépêcha donc de prendre la poudre d'escampette, déboulant dans la rue huppée et bien éclairée.
Et au regard des récents événements et du niveau de stress engendré, une seule réaction commune leur vint spontanément.
Ils éclatèrent de rire.
C'était nerveux…
Les quatre improbables mousquetaires avaient eu chaud ! Enfin métaphoriquement parlant parce que là, Kise avait plutôt froid à la fesse droite mais… ce n'était qu'un détail.
En attendant, l'heure des aurevoirs – pour ne pas dire « des adieux » - avait sonné.
« C'était sympa, j'espère qu'on se refera ça un de ces soirs… » Sourit Amber.
Pas rancunière la blonde. Apparemment, elle était même prête à remettre le couvert avec Haizaki, preuve que son ballet aquatique avec le loup de mer lui avait plu. Mais son partenaire semblait loin de partager son enthousiasme. Maintenant qu'ils étaient hors de danger, le brun les ignora et dégaina une cigarette pour récupérer de ses émotions.
Pas de réponse de sa part, donc.
Kise sentait pourtant que ce n'était pas l'envie de verbaliser sa pensée qui lui manquait mais… le faire de manière respectueuse lui apparaissait impossible. Alors Haizaki s'en abstint tout simplement.
Ce fut donc son comparse renardesque qui prit la parole à sa place.
« Pourquoi pas ? Tu n'as qu'à me laisser ton numéro et je lui donnerai heu… quand il sera de meilleure humeur et un peu moins alcoolisé. Disposé à le recevoir quoi. »
« Merci Ryota. Tu es vraiment gentil. » Sourit à nouveau Amber. Et vu qu'elle n'avait nulle part où l'écrire – ce qui était quand même ballot, vous en conviendrez – mais qu'elle réussit tout de même à mettre la main sur un stylo planqué au fond de son sac, elle inscrivit ses coordonnées à même la paume de la main droite de Kise.
Ok, pourquoi pas.
Il aurait juste pour en prendre note sur son téléphone, comme il le fit avec le numéro de Stacy mais…
C'était d'ailleurs lui qui l'avait proposé spontanément.
Peut-être plus par politesse et pour rester dans son rôle de parfait prince charmant, que dans le but réel de s'en servir un jour.
« Ca va aller pour rentrer ? Vous avez besoin d'argent pour le taxi ? »
Gentleman jusqu'au bout le blondin. Tout le contraire d'Haizaki qui s'était déjà tiré (sans dire aurevoir) pour aller chercher sa moto garée un peu plus loin.
Les deux amies ne refusèrent pas l'offre fort généreuse du mannequin et Kise se sentit presque obligé de lâcher un billet de cent dollars. Largement plus qu'il n'en fallait, sans doute. Un peu par galanterie, un peu pour se donner bonne conscience, mais surtout par culpabilité. C'était en quelque sorte une manière d'acheter leur silence concernant ses piètres performances sexuelles de la soirée…
Pour ne pas qu'elles aillent crier sur les toits que Kise Ryota était un impuissant qui jouissait au son de la voix d'un autre homme…
Pas qu'il ait honte d'être attiré par ses homologues masculins, sa bisexualité n'était sans doute plus un secret pour personne dans la profession, mais c'était le contexte entourant son orgasme qui était un peu… "chargé"…
En tout cas, Kise savait qu'il avait intérêt à se poser les bonnes questions et à tirer les enseignements de cette soirée dès demain…
En attendant, Haizaki venait d'arriver à leur hauteur et Kise grimpa sur le bolide, non sans avoir délivré un dernier baiser à Stacy. Dommage, parce que l'aspirante mannequin embrassait bien, mais alors pour ce qui était de se servir de sa bouche sur une queue, c'était le zéro pointé. Et encore, si Kise avait pu lui donner une note négative, il l'aurait fait sans hésiter.
Le renard d'or salua une dernière fois les deux jeunes femmes qui attendaient à présent leur taxi et il glissa doucement à l'oreille d'Haizaki :
« Ca va aller pour conduire ? »
« Ouais t'en fais pas, j'ai quasiment pas bu d'alcool moi, contrairement à toi. Pas étonnant que t'aies eu du mal à la lever tout à l'heure avec cette nana ! »
Inutile de nier, Haizaki avait raison.
Enfin, partiellement seulement.
En effet, ce n'était pas à cause de Stacy qu'il n'avait pas réussi à avoir une érection correcte au début, mais bel et bien à cause de cet raclure d'Haizaki qui était en train de troncher une scream queen au même moment et juste son nez ! Ca aurait refroidi plus d'un homme et à plus forte raison quand l'homme en question… ressentait de l'attirance pour lui…
Le reste du trajet se passa donc en silence entre les deux compatriotes.
Kise avait même commencé à s'endormir, lorsque la voix d'Haizaki le tira des bras de Morphée.
« Regarde à l'est, on commence déjà à apercevoir lumière du jour… »
« Quoi, il est si tard que ça ? Ou si tôt ? Je ne sais plus vraiment ce qu'on doit dire à cette heure-ci. »
« Ca te dit d'aller voir le lever du soleil ? Je connais l'endroit idéal pour ça. »
« Heu… si tu veux. »
Au point où ils en étaient, ils pouvaient bien faire un détour supplémentaire bien que Kise fut surpris par la proposition d'Haizaki. Qui aurait cru que le brun puisse être du genre romantique… ?
Surtout après la tournure prise par la soirée…
Et Haizaki n'avait pas menti.
La vue dégagée et vertigineuse sur les collines était à couper le souffle !
Ils s'étaient installés dans un petit parc situé juste à la sortie de la ville, en suivant la Pacific Coast Highway. Kise avait souvent emprunté cette route avec Aomine, mais en voiture uniquement. Les sensations étaient bien différentes en moto, on pouvait sentir l'iode même à travers un casque.
Kise s'était assis sur une balançoire et Haizaki était revenu pile avant que le spectacle ne commence, avec deux cafés chauds achetés dans un bar situé à seulement quelques mètres derrière eux.
Le ciel s'était paré de ses plus belles couleurs. Rose, orange, bleu. Chacun se mêlait au pastel des autres, formant une aquarelle harmonieuse. Timidement, le soleil pointa le bout de ses rayons, émergeant de l'océan dans lequel il paraissait plongé jusqu'ici. Sa lumière vitale baigna alors les collines environnantes.
« Tu avais raison, c'est vraiment très beau à voir. C'est la première fois que j'assiste à un lever de soleil depuis que j'habite en Californie. Et ça va bientôt faire quatre ans pourtant. »
« C'est triste, moi je ne pourrai pas m'en passer. »
« Tu viens souvent en voir ? » S'intéressa Kise.
« Aussi souvent que je le peux, ouais. »
« Je dois dire que je te comprends. C'est magnifique. Et au fait... on se trouve où là, exactement ? »
« Benedict. »
« Oh Hollywood Hills. C'est si… calme ici. J'aurai jamais cru. »
« Je suis content que ça te plaise. Parce que… je sais que… t'as pas exactement passé la meilleure soirée de ta vie alors… c'est ma façon à moi de me faire un peu pardonner. »
A ces paroles, Kise porta son gobelet à ses lèvres, sans quitter l'horizon coloré du regard.
« T'auras au moins réussi à finir en beauté, c'est déjà ça. »
Haizaki s'alluma une nouvelle cigarette, soufflant un nuage de nicotine grise en direction du soleil.
« Et sinon, t'as filé ton numéro à la brune ? »
« Ouais. Et Amber m'a donné le sien aussi… pour toi. »
Il montra l'intérieur de sa paume à Haizaki, qui eut un léger rire.
« T'es vraiment un brave type. »
« Pourquoi ça sonne comme un défaut dans ta bouche…? » Bouda un peu le renard.
« Parce que c'est le cas. »
Sans prévenir, Haizaki lui attrapa le poignet afin de mieux pouvoir lire les chiffres dessinés à la va vite s'y trouvant.
Et le loup eut alors un geste inattendu. Il glissa la main de Kise à l'intérieur de sa chemise, la faisant caresser son torse. Ou plutôt s'essuyer dessus pour effacer l'encre. Le jaune se tendit subrepticement. Toucher Haizaki, sentir sa peau chaude et ses muscles se tendre sous ses doigts… ça lui donnait la chair de poule. Il y avait de l'électricité entre eux. Toujours. Déjà au collège…
« Tu ne respectes vraiment rien toi… Elle va être déçue que tu ne la rappelles pas. »
« Mais je ne voudrai pas risquer de te rendre jaloux à nouveau. Et que tu sois déçu à nouveau. »
« Hein ? »
Pourquoi il lui disait ça maintenant ?
« T'as conscience qu'il ne se serait rien passé avec cette fille, si seulement tu avais accepté de mettre ta fierté de côté l'espace d'un instant, et avoué être jaloux… »
Haizaki dirigea la main de Kise sur son cœur tandis qu'il parlait. Ses battements étaient si lents et réguliers. Hypnotiques.
« Ce qui est fait est fait. » Commença Kise, sans nier. « On ne peut pas le changer. Mais au moins maintenant, j'ai l'assurance que je n'aurai plus jamais l'occasion d'être jaloux d'elle. »
Et de récupérer sa main toute propre à présent. Débarrassée du souvenir de cette fille.
Vierge, comme une page blanche sur laquelle tout restait encore à écrire.
Haizaki secoua la tête et gloussa à nouveau, expirant de la fumée.
« Baka. Mais... je ferai en sorte de me rattraper lors de notre prochaine sortie. Et cette fois, c'est peut-être moi qui serai jaloux, qui sait ? »
« I look forward to it Shogocchi. »
17800 mots fiiiiiiiiiou !
Dans la douleur, le sang et les larmes !
Comme d'habitude, n'hésitez surtout pas à me faire savoir ce que vous en avez pensé !
Je ne sais pas exactement encore quand arrivera la suite, parce que le prochain chapitre s'annonce d'ores et déjà compliqué à écrire en terme de cheminement.
J'espère juste que vous ne détestez pas Haizaki pour son comportement de la soirée et que j'arrive à retranscrire l'étincelle qu'il y a entre eux. C'est très différent de l'AoKaga et je dois encore apprendre à les apprivoiser :)
Mais j'aime vraiment écrire avec Kise. C'est un personnage qui gagne à être connu.
Des bisous et merci d'avoir lu !
