Voici le prologue et la toute première publication de ma dramione. Je vous laisse découvrir !

Enjoy :)


L'horloge de la bibliothèque de l'aile Est du Manoir Malefoy sonna minuit. De l'autre côté du corridor, dans une chambre lugubre et froide, on entendit les carillons résonnaient dans toute la maisonnée alors que Lucius Abraxas Malefoy était sur le point de rendre son dernier soupir.

Les dernières années de réclusions dans sa demeure, depuis la fin de la guerre, privé de magie et accompagné de son état continuellement éthylique dans lequel il s'était plongé, avait eu raison de lui.

Mais Lucius Malefoy tenait bon. Depuis plusieurs jours, plusieurs semaines même, allongé sur cet immense lit, il se raccrochait à la vie.

Sa femme, qui était assise à ses côtés, attendait tout autant. Néanmoins, après quoi patientait-elle ? Après sa mort ? Ou après ce « rejeton », cet héritier, qui n'avait pas daigné leur rendre une seule visite en sept ans ?

Ils avaient reçu des lettres, certes. Mais plus le temps passait, plus elles s'amenuisaient. Et des deux, Lucius en avait été le plus touché, lui qui avait tant porté d'importance à la suite de cette lignée si « pure » et qui constituait autrefois sa fierté.

Toutefois, le jour où son fils unique, Drago, avait plié bagage et avait franchi le portail en lui jetant un regard de dégoût, la culpabilité n'avait fait que grandir pour Lucius. Il avait pris conscience, à cet instant, qu'il avait personnellement déçu son fils. Ceci avait porté le coup fatal à sa déchéance.

Narcissa, elle, avait fait bonne figure, durant toutes ces années. Mais Lucius était également conscient qu'elle lui reprochait, du moins intérieurement, la fuite de leur progéniture.

Un bruit de rature se fit entendre dans la pièce, alors que le notaire de la famille rédigeait les dernières volontés de l'homme affecté.

Subitement, un bruit de pas fit écho dans la galerie et quelques secondes plus tard, un jeune homme blond ouvrit la porte sans délicatesse.

Narcissa se hissa de la couche, la bouche entrouverte de stupéfaction.

- Drago, souffla-t-elle.

- Mère, rétorqua ce dernier avec solennité, alors qu'il refermait la porte dans un claquement sec. J'ai reçu votre missive il y a deux jours, je ne savais pas si c'était une énième tentative pour me faire revenir ici ou c'était réellement sincère ?

- Mon garçon, ne soit pas si désagréable avec ta mère, intervint Lucius d'une voix caverneuse.

Le jeune homme détourna son regard vers l'homme qu'il reconnut à peine. Cela ne faisait aucun doute, Lucius Malefoy était sur le point de mourir, avec son teint cireux et ses cheveux argentés parsemés ici et là. Il ne ressemblait plus au gentleman qu'il avait autrefois connu et dont il était fier d'appeler « père ».

- Laissez-nous, bredouilla Lucius.

Narcissa flanqua un œil importun à son fils, puis adressa un hochement de tête au notaire et tous deux désertèrent la pièce, pour laisser les deux Malefoy face à face.

- Mon fils…, dit Lucius en tendant la main vers lui.

Drago s'avança à pas mesurés, de sa démarche nonchalante et considéra son père de son regard condescendant.

- Tu… tu es revenu pour me voir une dernière fois, reprit l'ancien mangemort. J'ai tant de choses à te dire…

- Ne vous fatiguez pas… père, dit Drago d'une voix glacial. Je ne suis pas revenu pour entendre vos semonces ou encore vos plaintes. C'est bien trop facile, après toutes ces années.

- Tu… tu verras quand un jour prochain, tu devras éduquer ton héritier. J'espère que tu comprendras ce par quoi je suis passé. Perdre le respect de son propre fils est bien trop malheureux.

Drago émit un rire étouffé, son éternel sourire en coin se glissant sur son visage.

- Il est étrange que vous parliez de ça, parce que je souhaitais vous déclarer une chose. C'est la raison de ma venue.

Lucius Malefoy, étendu sur le lit, l'observa d'une expression neutre. Drago se pencha alors et chuchota à son oreille :

- Sachez que… jamais je n'aurais d'enfants. En aucun cas je ne me marierai. La lignée des Malefoy s'éteindra avec moi. Il est hors de question que ma progéniture porte le fardeau de cette immondice de famille. Je ne sais trop bien ce que ça fait d'être un Malefoy. Et je ne pourrais imposer cela à un innocent enfant.

Il se redressa et vit les prunelles grisées de son père s'écarquillaient.

- Avez-vous bien compris, ce que je viens de dire ? termina Drago, plus fortement.

Pour toute réponse, Lucius Malefoy ouvrit la bouche, mais aucun son ne sortit et ne haleta sous le coup de l'arrêt cardiaque qui transperça son organe sur l'instant. Drago observa imperturbablement et impassiblement son père mourir et ce fut quand toute trace de vie s'évapora des yeux de son géniteur, qu'il expira enfin son soulagement.


Alors, qu'en pensez-vous de cette mise en bouche ? J'attends vos retours avec grande impatience !