Trois ans plus tard, Drago Malefoy avait tenu sa promesse faite à son père sur son lit de mort. Aussitôt la succession réglée, il était reparti dans des contrées lointaines faire Merlin ne sait quoi avec Merlin ne sait qui.
Mais Narcissa Malefoy ne s'en inquiéta pas plus que cela, obtenant la promesse de revoir un jour prochain son fils. Néanmoins, après quelques mois d'attente à espérer le retour du jeune homme, elle abandonna la demeure familiale qui avait représenté le lieu d'épouvantables événements durant la seconde guerre des sorciers et s'installa en France pour y mener une vie paisible, loin de tout ces souvenirs qui l'avait hantée ces dernières années.
Ce fut un matin de février deux-mille-huit, que Drago, son fils unique, sonna à la porte de son appartement parisien. Et ce fut une joie nouvelle qui habita Narcissa, ses espoirs se réalisant enfin.
Drago, mit au courant du nouveau lieu de résidence de sa mère, avait, en définitive, décidé de la retrouver.
Ayant à présent près de vingt-huit ans, le blond, qui s'était considérablement métamorphosé durant ses années d'errance, était à présent fatigué d'avoir tant voyagé, et souhaitait se poser et considérer son avenir.
Bien évidemment, il était hors de question pour lui, de rompre sa promesse, mais peut-être qu'une vie plus saine et moins débauchée lui serait bénéfique. Et puis, il avait besoin de renouer avec ses amis, ses anciens camarades de Serpentards, qui avaient eu bien plus de nouvelles ces dix dernières années que ses propres parents.
Un mois après son retour, Narcissa et lui se trouvaient dans la salle à manger donnant vue sur le Champ de Mars et la Tour Effel, partageant le petit-déjeuner comme ils en avaient pris l'habitude.
Un elfe lui servit des toasts et son café, puis repartis dans les cuisines, alors qu'il poursuivait la lecture de son journal.
- Que vas-tu faire aujourd'hui ? demanda Narcissa. Un autre monument parisien à visiter ?
- Non, Blaise est de passage en France et comme je lui ai demandé un tuyau pour obtenir un nouvel emploi, il va me présenter quelques personnes au ministère français qui pourraient m'aider dans ma recherche.
- Je serais enchantée de revoir ce jeune effronté de Zabini, sais-tu ? rétorqua Narcissa, évitant soigneusement de faire une remarque sur l'éventuel futur emploi du jeune homme.
- Nous verrons cela. C'est un homme extrêmement pris à présent.
- Oui, j'ai entendu parler de sa récente promotion en tant qu'adjoint au Ministre de la Magie.
- Effectivement, c'est pour cela que je profite de sa visite pour me faire de nouvelles relations. Et d'ailleurs en parlant de ça, ajouta-t-il en lançant un coup d'œil à sa montre, je dois y aller. Nous avons rendez-vous rue Furstenberg dans une quinzaine de minutes.
Drago se redressa et contourna la longue table en bois d'acajou pour embrasser tendrement sa mère sur la tempe.
- Passe une bonne journée, mon chéri.
Le jeune homme hocha du chef et se dirigea vers l'entrée où un bruit sonore indiqua à Narcissa que le blond venait de transplaner.
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Hermione Granger apparut dans une étroite ruelle perpendiculaire à la place Fustenberg et chemina vers l'entrée du ministère, comme tous les matins depuis près de deux ans.
La jeune femme avait quitté l'Angleterre, suite, au remaniement du gouvernement britannique de la communauté sorcière et avait accepté avec complaisance un poste à l'ambassade magique du Royaume-Uni à Paris.
Sa rupture deux ans plus tôt avec Ron Weasley, ne l'avait fait que pousser à partir et encouragée par ses amis, elle s'était ainsi donc laisser convaincre et était partie vivre à Paris.
À présent, en jeune femme accomplie de vingt-neuf ans, elle gratifiait Merlin chaque jour d'avoir pris cette décision et elle se sentait plus qu'épanouie professionnellement et … personnellement également.
Ses hauts talons battaient le pavé alors qu'elle traversait la place et elle emprunta les marches dans ce qui faisait office d'une bouche de métro désaffectée.
Elle sortit une carte de transport identique à celle des usagers franciliens moldus et passa la carte sur une des bornes de métro. Le tourniquet la laissa passer et elle avança jusqu'au mur carrelé blanc qu'elle traversa sans hésitation à l'instar de la voie 9 ¾ à la gare King's Cross à Londres.
Ce fut à cet instant qu'elle se retrouva dans un hall spacieux, illuminé par une verrière qui donnait vue sur le ciel parisien. Les murs étaient faits de tapisseries richement brodées aux couleurs grisés, montant le long des multiples balconnets bordés de garde-corps en fer au dessin sinueux et complexe.
Hermione, dont les talons résonnaient le marbre laiteux parmi les centaines d'employés qui allaient et venaient, salua Marie, postée derrière le comptoir d'accueil. Elle emprunta le chemin de droite qui menait vers les ascenseurs placés circulairement.
L'ancienne gryffondor pénétra l'un d'entre eux, suivie de plusieurs autres agents. Elle salua quelques collègues tandis que les derniers arrivants finissaient d'entrer. Quand l'habitacle fut plein, la grille se referma sèchement, et l'appareil se mit à monter dans les étages.
- Ministère des Jeux et Sports magique, annonça une voix féminine.
Quelques employés entrèrent dans l'ascenseur et d'autres, en bon français qu'ils étaient, râlèrent, car la place commençait à manquer.
Hermione bascula au fond de l'appareil et soupçonna une présence frôler son épaule. Elle tourna la tête et heurta un regard métallique qu'elle n'avait plus vue depuis près de dix ans. Son cœur s'arrêta soudainement, prenant conscience de qui se tenait à côté d'elle : Drago Malefoy.
Lui aussi l'observait fixement, mais son visage restant neutre, elle se demanda s'il l'avait réellement reconnue. Après tout, la jeune femme avait nettement changé depuis ces dix dernières années. Tout comme le blond.
Il avait toujours ce nez et ce menton en pointe, mais son visage, tout comme sa carrure, se faisaient bien plus imposante et athlétique que lorsqu'ils étaient à Poudlard. Même perché sur ses talons, il la dépassait d'une demi-tête.
Hermione détourna le regard, soudainement mal à l'aise devant l'impassibilité de son ennemi de toujours. Les images de leur scolarité chaotique, de sa torture au manoir Malefoy et de la bataille de Poudlard, revenant dans son esprit tel un boomerang. Le procès Malefoy, où Harry, Ron et elle avaient pris part par leur témoignage en faveur de Narcissa Malefoy et de Drago avait eu pour conséquence de réduire la peine de Lucius et innocenter son épouse et son fils. Ce qui permit au blond de rentrer en dernière année à Poudlard et obtenir ses A.S.P.I.C.S, tout comme elle. Après ça, Drago avait pris la poudre d'escampette et plus personne ne l'avait revu.
Les étages défilaient, ainsi que les différents ministères associés à chaque particularité de la protection de la communauté magique française et étrangère et ainsi l'ascenseur se vidait progressivement.
- Ministère du Garde des Sceaux et de la Justice Magique.
Deux agents du ministère quittèrent l'appareil, plongés dans une discussion animée, et Hermione se rendit compte qu'elle se trouvait à présent seule avec Malefoy. Elle lui jeta rapidement un regard en coin et constata qu'il fixait la grille devant lui, l'expression neutre et l'attitude indifférente.
- Ministère des Relations Internationales Magique et Ambassades des communautés sorcière attachée à l'Union Européenne.
Hermione amorça un geste et entreprit de sortir de l'appareil quand elle fut interrompue par une voix nonchalante alors qu'elle atteignait le couloir.
- Granger, salua Malefoy d'un ton neutre.
Hermione fit volte-face, la mine stupéfaite et fut quasi muette par la déclaration du blond, durant plusieurs secondes.
- Heu… Malefoy, dit-elle prise au dépourvue.
Il lui fit un hochement de tête et la grille se referma aussitôt laissant l'ascenseur grimper dans les étages restants.
La jeune femme resta immobile sur place durant plusieurs minutes.
Quelle était la probabilité de rencontrer Drago Malefoy, à Paris, dix ans après la guerre ? Tout compte fait, il l'avait bien reconnu.
Elle secoua la tête, tâchant de remettre ses idées en place et se dirigea vers le secteur où se trouvait son bureau. Elle déboucha donc dans un open space qu'elle devait franchir chaque matin pour accéder à son propre bureau. Les employés, déjà au travail, la saluèrent à son passage, avec tout le respect qui était dû à son poste.
- Bonjour Léa, fit Hermione en saluant sa secrétaire qui était logée dans un espace confiné.
- Bonjour Hermione, répondit cette dernière d'un ton enjoué.
Léa demeurait une jeune femme d'à peine vingt-deux ans, sortant tout droit de l'Université Magique de la Sorbonne et également de l'Académie de Beaubâtons. La Française était ambitieuse et toujours pleine d'entrain et par-dessus tout, vouait une admiration sans borne à l'ancienne Gryffondor, héroïne de guerre. Elle avait tout du style de la jeune Parisienne : cheveux long blond foncé et style décontracté chic, habillé d'un tailleur-pantalon à la dernière mode, tout comme Hermione.
- Des messages ? demanda cette dernière.
- Oui, répondit Léa en jetant un coup d'œil à son post-it. Monsieur Potter à joint notre service pour une urgence – Hermione leva les yeux au ciel exaspéré – il faut que vous le contactiez aussitôt que vous êtes arrivée.
- Connaissant Harry, ça ne doit pas être si urgent que ça, soupira Hermione qui ne connaissait que trop bien son meilleur ami. Je le contacterai cet après-midi après le déjeuner.
- En second lieu, le « Petite France » réitère sa demande d'interview pour votre portrait dans leur journal.
- Dites à ce malheureux chiffon qui se dit journal : non.
- Bien Madame !
Hermione marcha vers la porte de son bureau qu'elle pénétra, puis se délesta de son trench ainsi que de sa serviette avant de s'asseoir et d'y sortir ses dossiers.
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- Ah Dray ! s'exclama Blaise Zabini en dressant les bras pour l'accueillir. T'en as mis du temps.
- Je croyais que l'on devait se retrouver devant l'entrée du ministère, dit ce dernier alors que les deux anciens camarades se donnaient l'accolade. J'ai galéré pour rentrer, c'est pire qu'Azkaban ici ! fit-il la moue rebutée.
- Désolé mec, j'ai oublié de te prévenir, mais je devais passer au ministère des Jeux et Sports magique ainsi que celui des Relations Internationales en vue de la coupe du monde de Quidditch qui se tient cet été dans le sud de la France.
- Lâcheur ! grogna le blond.
- Je constate que tes multiples découvertes de ce monde et tes voyages ne t'ont pas changé. Ça fait plaisir à voir, sourit le métis.
- J'ai rencontré Granger, dit Drago de but en blanc.
Blaise le considéra un instant tandis qu'il commençait à se diriger vers les quartiers du Ministre Français.
- Oui, je sais. À la suite du remaniement de notre gouvernement, elle a accepté un poste à l'Ambassade. Je suis souvent en relation avec elle.
- J'ai failli ne pas la reconnaître, si tu veux mon avis. Elle a agréablement changé depuis le temps de Poudlard.
Blaise pouffa d'un rire moqueur et lui donna une tape amicale :
- Crois-moi, beaucoup de choses ont changés depuis dix ans. Au fait, Pansy, Théo et Daph' ont fait le déplacement jusqu'ici, et on compte bien rattraper ce temps perdu, ce soir, dans un bar.
- Quelle joyeuse nouvelle ! soupira Drago sans joie.
- C'est l'occasion de tous se retrouver… comme avant.
- J'imagine que Pans' à de multiples questions et qu'elle ne va pas me lâcher de la soirée ?
- Tes lettres n'ont pas suffi, effectivement. Désolé, vieux !
Drago haussa des épaules et ils s'arrêtèrent devant une double porte de chêne close au bout du couloir. Blaise chemina vers un bureau ouvert à la droite de celles-ci et toqua sur le panneau de bois. Une secrétaire qui tapait à la machine à écrire, releva la tête.
- Que puis-je faire pour vous ?
- Dites au ministre que Monsieur Zabini et Monsieur Malefoy sont là, pour le rendez-vous de dix-heures.
La secrétaire jeta un coup d'œil à l'agenda flottant dans l'air devant elle, plissant les yeux.
- Je vais prévenir le Ministre de la Magie que vous êtes présent, fit la secrétaire en se levant de son fauteuil pour se diriger vers le bureau à la double porte de chêne.
Une minute passa, le silence s'établissant dans le couloir.
- Vous pouvez entrer Messieurs, dit la secrétaire en ressortant du bureau.
Blaise pénétra le bureau du Ministre de la Magie français suivi de près par le jeune Malefoy.
La pièce était circulaire et plutôt lumineuse par ses boiseries et moulures au plafond typiquement haussmannien. Le parquet était en chevron et une table en verre faisait face à une fenêtre qui donnait sur un jardin intérieur où platane et marronniers avaient été plantés et filaient vers le haut du bâtiment.
Le Ministre de la Magie, un homme d'une soixantaine d'années, les cheveux grisonnant et la moustache en pyramide, leur serrèrent la main et les invitèrent à s'installer sur les deux fauteuils de style napoléoniens d'un geste de main.
- Bien que puis-je pour vous Monsieur Zabini ? Vous êtes bien à l'initiative de cette réunion, n'est-ce pas ? demanda le ministre dans un anglais parfait.
- Monsieur Malefoy, ici présent, m'a récemment contacté avec la volonté de travailler au Ministère de la Magie français. J'ai pensé qu'un poste dans les Relations Internationales serait tout à fait approprié.
- Je crois savoir que votre mère a élu domicile dans la capitale il y a quelques années ? questionna le ministre en se tournant vers l'ancien Serpentard.
- Oui, Monsieur le Ministre, opina Drago avec un sourire charmeur. Elle se plaît grandement ici.
Le Ministre hocha la tête et se mit à réfléchir, effleurant sa moustache. Plusieurs minutes passèrent durant lesquels les deux anciens serpentard furent plongés dans l'expectative.
- Je crois…, fit-il au bout de quelques minutes. Je crois, qu'il y aurait effectivement un poste pour vous Monsieur Malefoy. Un de nos conseillers à la coopération magique, rattaché à l'ambassade britannique vient tout juste de prendre sa retraite et je suis certain que notre Chargé des Affaires Consulaires ne verrait aucun inconvénient à ce que je lui propose un candidat.
- J'en serais très honorée, fit Drago ne s'attendant pas à une réponse aussi prompte.
Blaise toussota et Drago le fusilla du regard, se demandant ce qu'il lui prenait.
- Vous faut-il des références ?
- Monsieur Zabini m'a déjà fourni ce qu'il fallait. Vous avez fréquemment voyagé Monsieur Malefoy et connaissez à présent les cultures diverses de notre communauté internationale. Vous avez obtenu vos A.S.P.I.C.S à Poudlard avec cinq Optimals et un Effort Exceptionnel. Ce qui vous a valu la deuxième place du classement. Et bien que vous n'ayez pas fait d'études secondaires, je pense que vous représenterez un bon élément pour notre ministère. Et avec la Coupe du Monde qui arrive dans quelques mois, je suis certain que vous saurez vous rendre utile. N'est-ce pas ?
- Je le pense aussi, Monsieur le Ministre. Ce serait un tremplin pour ma carrière professionnelle.
- Bien alors, je vais prévenir Miss Granger, pour qu'elle puisse vous recevoir dans l'après-midi, annonça-t-il en se relevant.
- Je vous demande pardon ? fit Drago abasourdi. Miss Granger ? répéta-t-il presque affolé. Comme Hermione Granger ?
- Eh bien, oui, notre Chargé des Affaires Consulaires, répondit le ministre comme si cela était évident.
Le blond distingua Blaise étouffer un rire.
- Vous vous connaissez ? demanda naïvement le ministre.
- Miss Granger et Monsieur Malefoy sont de vieilles connaissances, répondit Blaise qui se retenait d'éclater de rire.
- Alors je suppose que vous serez très heureux de travailler en étroite collaboration avec elle, se réjouit le ministre. Bien Messieurs, je vais devoir vous laisser là.
Drago n'eut le temps de répliquer quoi que ce soit qu'il vit déjà Blaise se lever et serrer à nouveau la main du ministre. C'est donc machinalement et bien plus abasourdi qu'il ne paraissait qu'il imita son ami.
Il reprit conscience lorsqu'ils arrivèrent dans l'atrium.
- Tu le savais ?! se récria-t-il furieux à l'adresse de Blaise.
Quelques têtes, des employés passant dans les environs, se tournèrent vers eux.
- Qu'est-ce que ça change ? demanda ce dernier en haussant des épaules.
- Qu'est-ce que ça change ? répéta dans un murmure Drago en dévisageant l'homme qui se tenait devant lui. Qu'est-ce que ça change ?! fit-il plus fortement.
- Oh, ça va ! soupira Blaise en roulant des yeux. Tu n'aurais en aucun cas accepté si je t'avais dit ce qu'il en était réellement. Granger a besoin d'un nouveau conseillé à la coopération magique, tu as besoin d'un nouveau boulot et j'ai besoin que les choses avancent rapidement pour la Coupe du Monde. Tout le monde est gagnant dans cette histoire.
- Je suppose qu'elle n'est pas au courant de tes vils manœuvres ? cracha le blond.
- Que veux-tu ? Serpentard un jour, Serpentard toujours, s'esclaffa Blaise.
- Qui te dit qu'une fois qu'elle saura qui postule pour le poste, elle ne va pas refuser ?
- Parce que c'est Granger. On travaille conjointement quasi quotidiennement et je peux t'assurer qu'elle a mis ses préjugés de côtés depuis bien longtemps. Et surtout dois-je te rappeler qu'elle a témoigné en ta faveur à ton procès.
Drago grogna en guise d'approbation.
- Drago, c'est du passé tout ça. Tu es parti il y a dix ans, tout a littéralement changé dans notre monde. Alors détends-toi, réussis ton entretien avec ton charme légendaire et ensuite, on ira fêter ton nouveau poste avec les autres.
L'homme jaugea son ami durant quelques secondes puis finalement expira d'agacement. C'est bien parce qu'il devait trouver une situation plus stable qu'il était obligé d'en passer par là. Et si Blaise pouvait travailler quotidiennement avec elle, alors pourquoi ne pourrait-il pas faire de même ? Après tout, dix ans étaient passés, elle avait témoigné en sa faveur, il avait pu faire sa dernière année à Poudlard, obtenir ses A.S.P.I.C.S et démarrer une nouvelle vie.
- Tu fais chier Zabini ! jura Drago en faisant volte-face pour sortir du Ministère.
- Allons prendre un bon déjeuner, je connais un bistro pas loin, sourit Blaise en lui tapant amicalement sur l'épaule.
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Hermione était assise à son bureau et raturait sèchement un projet que l'un de ses collaborateurs avait rédigé sur la sécurité de la Coupe du Monde de Quidditch. Elle et son équipe devaient présenter ce projet durant la réunion de la semaine suivante et ils étaient loin du résultat qu'elle avait exigé.
Elle soupira de lassitude, agacée de devoir tout faire elle-même. Elle devait sérieusement penser à remplacer Pittson, son ancien conseiller à la coopération magique. Sinon, elle allait crouler sous la masse de travail qui s'amoncelait de jour en jours.
À cet instant, on toqua à la porte et elle invita sa secrétaire à entrer d'une voix distraite.
- Miss Granger, votre rendez-vous est là ?
- Mon rendez-vous ? demanda-t-elle intriguée en relevant la tête vers son assistante. Je n'ai pas de rendez-vous…
- Bien sûr que si. Le ministre vous a envoyé une note pour recevoir en entretien un candidat pour remplacer Monsieur Pittson.
- Ah oui, bien sûr, souffla-t-elle en se remémorant la note qu'elle avait reçu le matin même. Vous pouvez le faire entrer.
Léa se décala et tandis qu'Hermione reportait son attention sur le projet, la porte se referma.
- Installez-vous, je suis à vous de suite, dit-elle en faisant signe au nouveau venu de prendre place sans même lever la tête.
Un parfum musqué, voir même épicée parvint à ses narines et elle apprécia cette odeur tout à fait masculine, viril…Jusqu'à ce qu'elle relève la tête. Son sourire polie et accueillant disparurent aussitôt en constatant qui était ce candidat mystère proposé par le ministre lui-même.
- Eh bien Granger, tu en fais une tête ?
