Cette fanfiction est un défi « Voeux » réalisé pour Félicia, du groupe Papote, écriture, lecture et bonne humeur. Elle voulait une fiction sur Dudley adulte qui se retrouve avec un.e enfant sorcier.e ! Elle ne voulait pas voir ses parents les Dursley, ce que j'envisageais pour une fic sérieuse, du coup je suis plutôt partie en crac fic.

Félicia, j'espère que ton vœu te plaira ^o^ !

Note : le flipendo est un sort permettant de renverser son adversaire dans le jeu video HP Lego.


SURPRISEEEEEE..

Enfant, Dudley avait adoré les surprises. Il les avait réclamées, exigées à corps et à cris, sous formes de cadeaux devant s'empiler si haut qu'une avalanche aurait pu lui être fatale. Si ses parents avaient le malheur de résister, il leur vrillait les tympans à n'en plus finir. Il avait du coffre et pas de cadillac. Quand il gueulait, il l'ouvrait si grand qu'il aurait filé des complexes à un détraqueur. Il aurait fait le bonheur des parents d'Hermione, s'il n'avait pas eu la sale habitude de mordre. On aurait pu garer le Poudlard Express dans cet antre maléfique où disparaissaient autant de cochonneries qu'il y avait de paquets sur la table lors de ses anniversaires. Le petit Dudley avait pensé que personne ne pourrait jamais le battre dans ces deux domaines, gueuler et engloutir : il avait eu tort.

Il était resté le maître incontesté de la beuglante moldue des années durant, puis un jour, le monopole lui avait échappé. D'abord il y avait eu sa femme, Ellie. C'était une femme pleine d'humour, aussi sportive que Dudley ne l'était pas, passionnée de photo et travaillant dans un magasin de chaussures appelé « La botte magique ». Elle était nettement plus sympathique que lui, même s'il était devenu une personne vivable et même plutôt agréable depuis l'époque de ses excuses auprès d'Harry. Il s'était même réconcilié avec ce dernier, avec beaucoup de bonne volonté et un chouia de trouille. Il avait appris bien malgré lui la nouvelle de la mort de Qui-a-cassé-sa-pipe, par un couple de sorciers bourrés au whisky-praline venu faire des galipettes ésotériques dans les buissons sous sa fenêtre. Ils lui avaient appris, en plus de la très célèbre position du Flipendo, le nom de celui qui avait éliminé le sorcier le plus flippant de tous les temps : Harry Potter, nul autre que son damné cousin. Même s'il avait des petits airs de troll, Dudley n'était pas complètement idiot et avait compris où était son intérêt. Comme le dit le dicton, on ne peut pas faire une licorne avec un sombrâne, mais un poney fringuant, pourquoi pas ?

Mais revenons-en à Ellie et à la fois où elle surpassa son mari dans le domaine de l'enfournage de boustifaille et du beuglement. D'abord, elle avait avalé des tonnes de sandwich au fromage tartiné de nutella durant sa grossesse, jusqu'à ressembler à un charmant chaudron. Ensuite, elle avait hurlé pendant son accouchement, si intensément qu'elle aurait fait passer les cris de la goule du grenier des Weasley pour d'adorables miaulements. La naissance avait toutefois été rapide et l'heureux papa s'était pensé tiré d'affaire, jusqu'à ce qu'on lui mette Isabelle « Isa » Durslsey dans les bras. Il avait découvert avec horreur le son qu'un bébé contrarié peut produire et ce son n'avait plus quitté sa vie depuis.

La petite fille lui ressemblait plutôt physiquement : mêmes yeux, même rondeurs, même petit nez, mais elle était bien plus maligne qu'il ne l'avait été. Elle avait mis au point plus tôt que lui la technique du hurlement de banshee pour obtenir ce qu'elle voulait et ses premiers mots avaient été « Isa veut » et « nooooon », à son grand désarroi. Dans les rares occasions où l'utilisation prolongée de son clapoir ne lui permettait pas de parvenir à ses fins, ses grands yeux menaçants de déborder de larmes lui assuraient la victoire sur Papa et Maman, ses deux elfes de maison. Comme Dudley à son âge, elle réclamait de nombreux, de très nombreux présents, toujours plus imaginative pour rallonger sa liste de souhaits et sur les manières de s'assurer de les obtenir.

En y réfléchissant, Dudley n'était plus tellement sûr d'aimer les surprises. Il y en avait eu de bonnes, bien sûr, comme sa rencontre avec Ellie qui lui avait renverser son eau à la fraise sur les genoux lors d'une sortie au cinéma qui s'était terminée en rencart. Il y avait eu la nouvelle de sa grossesse, due a une pilule inefficace, mais qui s'était révélée la source d'une grande joie pour les deux concernés, qui avaient déjà des projets bébé en tête.

Mais il y avait aussi eu des tas, des tas de mauvaises surprises, telles que :

- Son engagement dans la boîte de perceuses dont son père était devenu le patron, et qui s'appellerait bientôt « Dursley et fils », alors qu'il rêvait de faire carrière dans tout autre chose.

- Découvrir le goût (et non le talent) pour le chant lyrique d'Isa.

- L'invitation de la tante Marge pour les 3 ans de la petite fille.

- Les deux excités de la baguette revenus écraser ses bégonias.

- La visite de ce drôle de vieux chat qui apparaissait chaque année à la même date et qui le fixait désagréablement.

Mais la pire de toutes, la petite cerise confite au venin de basilic sur ce foutu gâteau d'événements inattendus désastreux, se produisit lors du sixième anniversaire de sa fille.

Elle était jolie comme un cœur, mais c'était aussi la reine des piques. Elle possédait un sacré vocabulaire pour son âge, dont elle se servait pour faire chialer tous les mômes qui tentaient de se foutre de sa poire. Ayant hérité de la force de sa mère, grande, sportive et de la carrure de papa, elle leur mettait aussi occasionnellement des pêches et des châtaignes, ce qu'ils encourageaient secrètement. Elle avait un sale caractère, mais un bon cœur et elle n'avait jamais cogné pour de mauvaises raisons, ce dont s'assurait Dudley. Il se souvenait trop bien de quel genre de petit garçon il avait été et de l'impact que ça avait eu sur Harry. Il était profondément soulagé que l'éducation qu'Ellie et lui avaient fournie à Isa, ait évité ce type de comportement. Il était fier.

A vrai dire, comme presque tous les parents, Dudley trouvait sa fille parfaite. Brillante même. Il aurait accepté sans sourciller l'idée qu'elle soit peut-être une enfant surdouée. Par contre, ça...cette petite possibilité-là, qu'il avait toujours eu dans un coin de l'esprit, ça il ne pouvait pas l'accepter.

Comment allait-il pouvoir le dire à sa femme ? A ses parents, bon sang de bonsoir, à ses parents surtout ? Non, ça ne pouvait pas être ça. Il devait se tromper.

Il avait pourtant la vérité sous les yeux et elle se voyait comme l'absence de nez au milieu de la figure. Isa était assise sur sa petite chaise rouge, à croquer dans une robe qui la faisait ressembler à une meringue. Jusque-là, rien d'inhabituel, tant qu'on ne levait pas les yeux au ciel. Le gâteau d'anniversaire de la petite fille, au chocolat et comportant autant d'étages qu'un nargol possède de dents, flottait dans les airs à quelques centimètres du plafond. Les yeux de l'enfant lançaient des éclairs et elle prenait peu à peu la couleur de sa chaise, entourée par sa forteresse de cadeaux menaçant de s'écrouler comme un château de cartes. Centimètre par centimètre, l'énorme sucrerie se déplaçait pour se rapprocher de son père.

Dudley, son épée de chantilly au-dessus de la tête, était aussi figé que le sucre glace. Il se rappelait de cet étrange épisode, quand il devait avoir dans les douze ans, où son propre gâteau d'anniversaire s'était promené dans le vide à cause d'Harry. L'infortunée pâtisserie s'était écroulée sur la femme du patron de son père et ça avait été le drame. Un drame qui menaçait de se répéter. Prenant son courage à deux mains, à défaut du gâteau, il demanda :

― Ma chérie, pourquoi es-tu si contrariée ?

La petite, serrant ses poings, s'époumona :

― Il en manque uuuuuuuuuuun.