Hello le monde!
Kizzbloo, malgré son agenda chargé de fou, a pris le temps (et le courage!) de corriger ce chapitre! (Et le 11 qu'elle avait corrigé dés sa réception parce que 'Fuck la logique') Donc vous allez avoir droit ce weekend si tout se passe bien à la 'fin' de Reverse!
Je suis émue. Encore un projet assez fat qui prend fin.
J'ai cru comprendre que beaucoup d'entre vous sont en plein exams à la fac. Je vous encourage de toutes mes forces !
Et je vous présente ces quelques lignes de divertissement en espérant que ça vous mette du baume au cœur!
Summary:
L'heure de vérité a enfin sonnée. Livaï s'attend à tout, être haï; perdre l'amour et la confiance de son Oméga, de la violence. Il s'attendait à tout. Du moins, c'était ce qu'il croyait. Il avait juste oublié qu'Eren Jaëger était un maître de l'impensable.Cinderella Complex Reverse
Chapitre 10: Once Upon A Dream,
The Ghost of Us
Livaï
Part 1
Le retour vers le palais impérial secondaire fut trop rapide pour que Livaï réfléchisse à la manière dont il allait faire sa révélation.
Est-ce qu'il existait un cadre, ou une condition, qui puisse atténuer le sentiment de trahison qu'éprouvera Eren en apprenant la vérité ? Il en doutait fortement. Et sur le coup, il refusait d'avoir à se confronter aux insinuations grivoises de Farlan parce qu'ils avaient découchés. Ou pire, de devoir avouer à son meilleur ami le contenu de ses angoisses et ses doutes. Livaï savait qu'il était tenu de tout révéler avant leur départ vers Sina : il n'avait plus la moindre chance de repousser l'inévitable. C'était la raison pour laquelle, une fois arrivé au palais, l'Alpha s'était dirigé vers le lac artificiel de Chika et s'était débrouillé pour n'y croiser personne.
Assis dans l'herbe rase, Livaï contemplait en silence les éclats changeants des rayons de soleil sur la surface lisse de l'étendue d'eau. Il savait qu'il aurait beau y réfléchir pendant des heures, aucune solution miracle n'allait soudain lui sauter aux yeux. Mais le calme de l'endroit lui permettait au moins de résister à la panique. Livaï finit par s'allonger et fermer les yeux. Presque aussitôt, des souvenirs de leur nuit lui revinrent. Vifs et si intenses qu'ils eurent l'incroyable effet d'à la fois faire exploser une boule de chaleur au creux ses reins et lui pincer le cœur. Ce moment d'intimité avait été incroyable mais aussi, sans aucun doute, une nouvelle façon abominable d'avoir trahi la confiance de l'Oméga.
Eren aurait tous les droits de lui en vouloir à mort d'avoir laissé ça arriver, sans lui avoir dit toute la vérité au préalable.
Est-ce que ne pas 'vraiment' regretter d'avoir cédé à ses pulsions faisait de Livaï un salop ? Assurément.
Et s'il n'avait plus jamais aucune chance de partager ce genre d'expérience avec l'Oméga ? Eren pouvait tout à fait décider de mettre un terme à leur relation après avoir appris qui était Livaï. Plus effrayant encore, l'Oméga avait déjà prouvé à maintes reprises qu'il était assez intelligent (et doué en politique) pour faire fi de ses sentiments personnels s'il y trouvait un avantage quelconque au bout du compte. Est-ce qu'Eren irait jouer le jeu malsain de la Cour ? Est-ce qu'il allait accepter leur union pour l'avenir Eldien, mais soigneusement masquer sa rancœur et son dégout pour Livaï ? Était-il seulement possible que l'Oméga écoute ses explications et choisissent honnêtement de lui pardonner ?
''Au moins, s'il accepte de m'épouser parce qu'il y trouve un intérêt, j'aurais une chance. Avec le temps, peut-être qu'il finira par vraiment me pardonner ou qu'il se rappellera pourquoi il m'appréciait à la base…'' Quelle pensée pathétique. Livaï en était venu à un point où il acceptait parfaitement d'être pitoyable s'il existait ne serait-ce qu'un espoir qu'il conserve l'affection d'Eren. L'Alpha écrasa une main contre son visage et poussa un long grognement de frustration. A quoi bon continuer à sombrer dans le pathos, tout seul dans son coin ? Entre le temps qu'il avait mis pour rejoindre le lac et son larmoyant moment à fixer dans le vide, ça devait déjà bien faire plus d'une heure qu'il avait quitté l'Oméga devant l'auberge.
Le temps qu'il retourne à Chika et se change, Eren allait se demander un million de fois où Livaï avait bien pu disparaitre. Et vu l'incertitude qu'avait exprimé l'Oméga la veille, il valait certainement mieux que son amant s'abstienne de lui laisser le moindre loisir de s'imaginer qu'il était du genre à 'profiter de lui' puis l'ignorer. Livaï se redressa, s'épousseta et entreprit de retourner vers le palais impérial secondaire d'une démarche lourde.
Par chance, il ne croisa que quelques domestiques en se rendant dans sa chambre. Il se changea rapidement et prit la décision d'immédiatement partir à la recherche d'Eren. Il valait mieux arracher le pansement d'un coup. Livaï n'avait aucune garantie de se sentir plus prêt à sauter le pas maintenant qu'il ne le serait dans trois heures ou dans dix ans. Il avait une vue plongeante sur l'entrée principale quand il remarqua Armin Arlert, le majordome de l'Oméga, qui, l'air complètement paniqué, s'entretenait vivement avec un Chevalier impérial. Visiblement perturbé, l'homme lança en direction de Livaï un regard perdu alors que le blondinet s'agitait de plus en plus. Livaï fronça les sourcils, acheva de descendre les larges escaliers qui conduisaient à l'étage et se dirigea vers la commotion.
Il arriva à peine à leur niveau qu'Armin le prit vivement à partie : « Où se trouve le Prince ?! Vous devez bien le savoir, vous ?! » Un morceau de papier écrasé dans la paume, l'Alpha blond avait l'air affolé. Secoué de tremblements nerveux, il semblait supplier Livaï de son large regard azuré de lui apporter la solution miracle à tous ses problèmes. Une boule d'angoisse se logea dans la gorge de l'Alpha. Livaï affirma sur un ton qui se voulait rassurant : « Je le sais. Mais ce serait peut-être mieux qu'on m'explique ce qu'il se passe avant… » Le blondinet se passa une main nerveuse dans les cheveux, puis se mordit la lèvre inférieure. D'un geste vif, il présenta le papier froissé qu'il tenait de l'autre main et expliqua : « Il faut lancer un avis de recherche ! Rattraper Eren avant qu'il ne fasse une bêtise ! » Le sang de Livaï lui reflua du visage.
L'Alpha saisit le papier qu'on lui présentait d'une main nerveuse et tenta de déchiffrer les mots qui y étaient griffonnés. Même si son esprit était incapable de vraiment saisir ce qu'il lisait. Sa vision se troubla un instant alors qu'Armin continuait de parler : « …et j'espérais qu'il aurait au moins la décence de me prévenir avant de prendre une décision aussi radicale ! » Comment est-ce qu'Eren avait pu apprendre la vérité ? Qui ? Quand ? Comment ? Plus important : c'était ça, sa réponse ?! S'enfuir ?! Livaï redressa la tête et serra à son tour la note écrite dans sa paume jusqu'à ce qu'elle eût presque disparue. Il ordonna au Chevalier présent : « Lancez immédiatement un ordre de recherche pour retrouver l'Oméga Jaëger ! Fouillez tout Mitras s'il le faut, bloquer les voies de sortie… » L'homme acquiesça vivement et partit immédiatement faire respecter l'ordre reçu.
Troublé, Armin demanda soudain : « Est-ce qu'il ne faudrait pas d'abord alerter le Prince ? » Livaï cherchait encore quoi lui répondre lorsque Farlan fit irruption et s'écria : « Levi ! Je viens de croiser Gelgar ! Tu as lancé un avis de recherche pour Eren ?! Je croyais que vous étiez ensemble hier soir ! Qu'est-ce qu'il s'est passé ?! » L'Alpha vit Armin se raidir à ses côtés. Bien que le majordome semblât savoir que son protégé entretenait une relation interdite avec le présumé Héritier du Nord, se voir confirmer que le Prince Couronné était plus qu'au courant de toute l'affaire avait de quoi le rendre extrêmement mal à l'aise. Livaï s'efforça de répondre, la voix brisée : « Je… je crois qu'il a appris la vérité. Et qu'il a décidé de… » Les mots lui manquaient. Armin lui lança un regard incrédule : « La vérité ? Quelle vérité ?! » De son côté, Farlan pâlit à vue d'œil.
Il s'était sans doute attendu à ce que l'Oméga s'énerve, s'insurge, mais qu'à la fin, un politicien aussi fin que semblait l'être Eren Jaëger accepterait de leur excuser ce mensonge. Que le Candidat pourrait comprendre ce qui avait pu pousser Livaï à mettre en place un tel subterfuge en premier lieu. Et, grand romantique qu'il était, Farlan s'était imaginé que 'l'amour triompherait de l'adversité' et que 'tout finirait bien' finalement. Mais si Livaï avait si longtemps hésité, c'était parce que dès le départ, il n'avait cessé d'avoir cette angoissante impression en regardant Eren vivre : d'éphémère, d'insaisissable. Et plus le temps était passé, et plus il avait pris conscience du caractère extrême de l'Oméga. Eren disposait de ressources dont ils ignoraient tout. Et même en prenant en compte la force phénoménale de sa magie, il avait tout de même pris la peine de s'entraîner au maniement d'armes afin de parfaire son arsenal. Depuis le départ, Eren s'était préparé à prendre la route et disparaître dans la nature à tout instant…
Farlan s'écria soudain : « Non, je refuse d'y croire ! Il avait l'air tellement concerné de la manière dont on a pu traiter son peuple ! Il aurait forcément essayé d'au moins comprendre ce qu'il se passait jusqu'au bout… ?
-… Apparemment, c'était bien moins important à ses yeux qu'on se l'imaginait. On dirait presque qu'il se croyait en danger… » Livaï baissa le regard vers la note écrite froissée contenue dans son poing tremblant. La confusion d'Armin atteint son paroxysme : « Attendez, de quoi est-ce que vous parlez au juste ? 'Son peuple' ? ... » L'Alpha lui jeta un regard incrédule. Est-ce que le majordome feignait l'ignorance ? Était-il seulement possible qu'Eren ne lui eut jamais révélé son ascendance Eldienne ?!
Pour ajouter au chaos, ce fut à cet instant que choisie Isabelle pour surgir à son tour. Elle descendit rapidement les marches et s'avança gaiement vers Farlan. Son large sourire s'atténua toutefois lorsqu'elle saisit la gravité des visages qui l'entouraient. Livaï avait complètement oublié que son meilleur ami avait décidé de laisser sa fiancée les rejoindre pour le voyage retour vers Sina… Inquiétée, Isabelle demanda : « Oh non, qu'est-ce qu'il s'est passé ? Est-ce que tout le monde va bien ? » Livaï leva les yeux au ciel et se força à répondre avec retenue : « Oméga Jaëger a disparu. Il a laissé une note qui annonçait qu'il n'avait pas d'autres choix que prendre la fuite et qu'il laisse la gestion de son domaine aux mains d'Armin Arlert, son majordome… » La rouquine cligna rapidement des yeux, confuse. Elle s'interrogea : « 'Pas d'autre choix que de fuir' ? Est-ce qu'il était menacé ? » Armin serra les poings et s'insurgea : « Impossible ! Il me l'aurait dit si quelqu'un le menaçait ! » Livaï préféra garder le silence.
Isabelle fixa Armin un moment, puis demanda : « Est-ce que vous êtes l'un de ses amis ? » Farlan répondit avant que le blondinet n'en ait l'occasion : « C'est Armin Arlert, le majordome d'Oméga Jaëger, et accessoirement, son meilleur ami depuis l'enfance… » Les yeux de la rouquine s'écarquillèrent soudain. Elle fronça ensuite les sourcils et désigna Armin d'une main en répétant : « Armin Arlert ? » Le majordome répondit d'un hochement de tête incertain. Isabelle répliqua soudain : « Il ne ressemble pas du tout au Armin Arlert que j'ai croisé il y a une heure ! » Un silence stupéfait s'abattit sur le groupe. Farlan saisit brusquement les épaules de sa fiancée et demanda avec urgence : « A quoi ressemblait la personne à qui tu as parlé ?
- Hm… Il était plus grand. La peau plus basanée, les cheveux longs. Il était brun, et ses yeux étaient magnifiques ! » Ce fut au tour de Livaï de blêmir.
Armin s'écria : « Eren ! Vous avez vu Eren ! De quoi avez-vous parlé ? » Toujours aussi confuse, Isabelle commença à résumer le contenu de leur conversation : « Je me suis présentée après qu'il eut annoncé être Armin Arlert. » Elle jeta un rapide coup d'œil en direction de Farlan et ajouta : « Je t'attendais dans ta chambre, comme convenu. » A cette réplique, Armin fronça les sourcils, perturbé. Isabelle continua sur sa lancée, légèrement embarrassée : « Tes lettres m'avaient rendue extrêmement curieuse ! Je mourrais d'envie d'en apprendre plus sur Oméga Jaëger, alors j'ai voulu saisir ma chance d'interroger son majordome… » Le cœur de Livaï battait la chamade, ses méninges tournaient à plein régime. Et bien qu'il craigne ce qu'il allait découvrir à la fin de cette conversation, il demanda : « Isa, c'est très important… Que lui as-tu dit exactement ?
-…Je… j'ai voulu le mettre en confiance, alors j'ai dit que j'étais Isabelle Magnolia, la fiancée du Duc Church. Il sait que l'Héritier du Nord est le meilleur ami du Prince, non ? Je voulais lui montrer que j'étais dans la confidence. » Armin écarquilla les yeux. Puis il se tourna rapidement vers Livaï. Son regard lançait des éclairs lorsqu'il s'insurgea : « La fiancée du Duc Church ?! L'Héritier du Nord est fiancé ?! Et on se demande encore pourquoi Eren a préféré prendre la fuite ?! C'était quoi le but exactement ?! En faire un concubin ? L'humilier ?! Est-ce que c'était un jeu pervers pour vous ?! » Livaï jura bruyamment.
C'était encore pire que si Eren avait réellement découvert toute la vérité !
Farlan jura à son tour et s'empressa de réfuter : « C'est un malentendu ! » Isabelle était complètement perdue : « Un malentendu ? Quel malentendu ? » Croyant bien faire, Farlan précisa : « Isabelle est ma fiancée ! » Ce à quoi Armin répliqua, outré : « Oh ! De mieux en mieux ! On peut savoir pourquoi le Prince aurait une fiancée qui n'a même pas daigné participer à la Sélection ? A quoi est-ce que vous jouez ?! » Isabelle grimaça de dégout : « Ah ?! Non ! C'est Farlan que je vais épouser, pas le Prince ! » Livaï garda le silence. Difficile d'être vexé par son apparente révulsion dans une situation aussi dingue. La rouquine s'excusa néanmoins : « Levi est comme un frère pour moi ! » Armin se figea tout à coup. On pouvait voir qu'il était sérieusement en train d'essayer de comprendre ce qu'il se passait.
Farlan saisit l'occasion d'officiellement se présenter : « Je suis Farlan Church. L'Héritier du Nord. Et Isabelle Magnolia est effectivement ma fiancée. » Il montra Livaï d'un geste de la main, comme pour appuyer ses dires et renchérit : « Voici Livaï, le véritable Prince Couronné. » Un lourd silence accueillit sa révélation. Armin se mit à jurer, au point d'impressionner Livaï par sa créativité. Avant que quiconque n'eut le temps de réagir, le blondinet avait tenté de lui coller son poing en plein dans la face. Livaï n'avait esquivé que par pure réflexe et s'était à la place laissé frapper au bras. Il fut surpris de constater qu'Armin avait bien plus de force qu'on ne lui en imaginait de prime abord. Ça picotait presque. Le blondinet s'écria, hors de lui : « Vous êtes tous tarés ! J'aurais dû écouter Eren depuis le début et le laisser quitter cette compétition à la con ! Vous êtes des tordus à la capitale ! Quel genre de jeu pervers est-ce que…
- J'avais mes raisons !
- Est-ce que vous avez avoué à Eren qui vous étiez ? Eren hait la famille impériale ! C'est pour ça qu'il a pris la fuite, il a dû croire qu'il était pris au piège par la réglementation de la Sélection et qu'il n'avait d'autres choix que de vous épouser ! » Farlan et Livaï grimacèrent. Le majordome frappait là où ça faisait mal.
Livaï prit néanmoins la peine de corriger : « Je ne crois pas qu'il ait compris que j'étais en réalité le Prince avant de partir. J'ai plus l'impression que son ignorance l'a poussé à croire que j'avais l'intention d'épouser Isabelle, alors qu'on… » Isabelle l'interrompit d'un juron qui les fit tous sursauter. La rouquine vrilla son fiancé du regard : « Ah non ! Ne me dis pas que vous avez continué avec ce plan douteux jusqu'à maintenant ?! Je croyais que votre arrangement ne devait durer que jusqu'à la deuxième épreuve de la Sélection ! » Livaï et Farlan gardèrent un silence contrit. La rouquine perdit soudainement toute sa majesté et baissa la tête, sa voix tremblait d'émotion lorsqu'elle se lamenta : « Oh ! Je suis tellement désolée, Levi ! S'il a cru que j'allais t'épouser alors que vous étiez ensemble… » Elle hoqueta et les fixa d'un regard hanté lorsqu'elle admit : « Ah ! Je crois même lui avoir dit que le Prince comptait l'épouser à la fin de la compétition ! Et s'il s'imaginait être victime d'un plan sordide ?! » Elle avait les larmes aux yeux.
Farlan l'enlaça et admit : « Non ! Tu n'y es pour rien ! Je n'aurais jamais dû laisser cette mascarade aller aussi loin, c'est ma faute. » Armin crut bon d'intervenir : « Arrêtons-là votre fête de l'apitoiement. L'important, c'est qu'on parvienne à retrouver Eren avant qu'il ne lui arrive malheur ou qu'il prenne une décision qu'il pourrait amèrement regretter. » Livaï acquiesça en silence.
Il espérait honnêtement qu'il parviendrait à retrouver l'Oméga avant la nuit tombée. Et peut-être qu'à la lumière de ce malentendu, Eren serait mieux disposé à accepter la vérité…
Il avait bien le droit de rêver.
**C*i*N*d*I*r*E*l*L*a**C*o*M*p*L*e*X**
Un An plus tard.
Ils n'auraient jamais dû sous-estimer les capacités d'Eren Jaëger lorsqu'il s'agissait de disparaitre dans la nature.
C'était comme si l'Oméga n'avait tout simplement jamais existé. En dépit de tous les moyens mis en œuvre pour le retrouver, (jusqu'à offrir une importante récompense à quiconque détenait des informations à son sujet), Eren était resté introuvable. Après avoir fait en sorte de distribuer son avis de recherche à l'internationale, Livaï s'efforçait juste de continuer de croire que l'Oméga était encore en vie sans pour autant recevoir la moindre nouvelle piste.
C'était loin d'être facile.
Surtout pas alors que chaque jour était une nouvelle lutte pour faire tenir l'Empire sur ses pieds. Pas alors qu'on attendait de lui qu'il consacre toute son énergie à la gestion de Paradise. Livaï était l'un des rares individus à être au courant de l'importance des drames qui se profilaient à l'horizon, et ses responsabilités de Prince Couronné ne faisaient que croître de jour en jour. A la fin de la Sélection, il avait révélé à la Cour être le véritable Prince. Il avait refusé de choisir une autre pour le rôle d'Impératrice qu'Eren Jaëger, ce qui l'avait laissé dans une position précaire. Cette situation chaotique avait presque complètement miné les efforts que Farlan et lui avaient fournis en mettant au point leur stratagème d'usurpation d'identité. Et si le travail accompli pendant son année dans la peau de l'Héritier du Nord n'avait pas fini par finalement lui sauver la mise , Livaï aurait sans doute déjà choisi de s'empaler sur son épée.
Tous ses sacrifices n'avaient pas été en vain.
La victoire contre Mare avait été obtenue sur le fil du rasoir, au prix de nombreuses vies et d'un important retard de développement dans certains domaines dû à la monopolisation des fonds du Trésor impérial par l'armée. Et avec toutes les tensions qui agitaient les divers partis politiques de l'Empire, toute mesure visant à améliorer la vie des citoyens de Paradise se heurtaient à différents niveaux de difficultés : aucun parti n'acceptait de céder de terrain, de prestige ou de prêter main forte, à un autre clan politique. Livaï avait conscience que son refus d'accepter de choisir une épouse exacerbait le problème. Certains nobles de la faction Neutre exigeaient qu'Hitch Doris récupère sa position dans la compétition pour pallier à la disparition d'Eren. Pour la première fois de l'existence de leur parti respectif, les Aristocrates et les Impérialistes s'accordaient pour dire qu'il était vital que l'Héritier de la Couronne désigne une gagnante 'pour le bien de l'Empire'.
Mais bien qu'il sache parfaitement que les Royaumes étrangers étaient au fait de l'instabilité politique qui affaiblissait Paradise, Livaï avait refusé de céder. Il exigeait d'épouser Eren Jaëger ou qu'on le laisse demeurer célibataire. Il avait conscience des difficultés qui attendaient l'Empire et ce n'était sûrement pas un vulgaire mariage politique à la con qui allait leur sauver les miches ! A quoi bon jouer les martyrs sur ce point précis ? Epouser Mikasa Ackerman ? L'aide des Impérialistes n'allaient pas sauver la population de la peste ou de la famine ! Historia Reiss ? Ce n'était certainement d'accorder plus de pouvoir à l'Eglise et aux Aristocrates qui allait leur permettre de repousser les Titans lorsqu'ils allaient s'éveiller dans les sous-sols de Paradise ! Hitch Doris ? Sans parler du fait qu'elle était amoureuse d'un autre, le parti Neutre n'était clairement pas assez influent pour atténuer les tensions entre Impérialistes et Aristocrates !
Alors Livaï s'était attelé à chercher Eren, tout en mettant en place les véritables mesures qu'il pensait indispensables pour la survie de l'Empire. Il avait dû jouer carte sur table et présenté à Kenny ce qu'il avait appris de la Vérité que leur dissimulait l'Eglise depuis la nuit des temps. Il lui avait expliqué comment il comptait se battre contre l'inéluctable. Avec l'aide de ses fidèles alliés, Erwin et les Church, en plus des nouvelles connections qu'il avait établi à la Cour durant la Sélection, il parvint à convaincre l'Empereur de la nécessité absolue de l'aider à mettre au point ses plans de 'contre-attaque' contre la malédiction.
Les 'Tours' là où les Murs délimitaient anciennement les limites de l'Empire, le développement de la médicine sous le commandement d'Hanji Zoé pour tenter d'endiguer les maladies qui risquaient d'apparaître sur le territoire, et enfin, l'amélioration de leurs relations diplomatiques à l'étranger afin de combattre la famine en important des provisions de Royaumes alliés fiables. Soulagé de se voir confirmer que ces ''bouffons de pontifes'' l'avaient toujours persécuté pour rien, qu'aucun Empereur n'avait réellement été un ''bâtard d'usurpateur'', Kenny avait permis à Livaï de se concentrer sur les tâches à accomplir plutôt que de discuter de son mariage. Ou plutôt de son manque de mariage.
Dans la population, la disparition soudaine d'Eren Jaëger ainsi que l'histoire romanesque de la relation qu'il aurait entretenue avec le Prince Héritier avait fait sensation. Et le peuple avait fini par applaudir la décision 'courageuse' et 'tellement romantique' de leur Futur Empereur. L'avis public lui était tellement favorable qu'on racontait que même dans les contrées les plus reculées de Paradise, on chantait les louanges du ''Héro sanglant dont un Oméga avait réussi à faire fondre le cœur de glace.''
En réalité, Livaï considérait plutôt sa décision comme un acte désespéré et ridicule.
Après plusieurs mois à chercher Eren en vain, il en était venu à s'en vouloir d'avoir de tels sentiments. C'était douloureux et contreproductif compte tenu de tout ce qu'il lui restait à accomplir. Son obsession n'avait aucun sens. Sa mélancolie lui mettait des bâtons dans les roues. Il s'en voulait de ne pas être capable de chasser de son esprit le parfum si particulier de l'Oméga. Il ne comptait plus le nombre de nuit où il s'était éveillé en sueur après avoir rêvé qu'Eren s'était fait poignarder, violé ou torturé dans un endroit lugubre. L'absence de l'Oméga ne cessait de le hanter. Il pouvait être en plein travail et tout à coup éprouver un besoin compulsif de prendre une pause pour s'assurer qu'aucune nouvelle n'était arrivée auprès de l'équipe spéciale de recherche (montée dans l'espoir de retrouver le Candidat disparu).
Le plus éprouvant avait été la première période de Rut de Livaï après la disparition de son partenaire.
Il n'avait jamais autant souffert de sa vie. Hanji pensait que son instinct avait choisi Eren comme étant 'son Oméga', et que le fait qu'ils eurent couché ensemble avait cimenté dans son esprit et son corps un lien particulier qui expliquait sa condition. Livaï avait donc passé une semaine à l'agonie. Plus excité que jamais, à appeler la présence de la seule personne capable de vraiment le soulager, tout en délirant sous l'effet de la fièvre. Il se trouvait alors à la merci de violentes crises d'agressivité qui avaient rendu dangereuses toute tentative de l'apaiser à l'aide de médicaments.
Pourtant, à la fin de cette épreuve, il en était presque venu à louer sa désespérante nature d'Alpha.
Parce que durant ses absences, au pic de son Rut, Livaï avait acquis l'intime conviction qu'Eren était encore en vie, quelque part. Peut-être que c'était de la folie qui parlait (ou une illusion mise en place par ses phéromones pour lui permettre de survivre à ce calvaire). Mais il avait la certitude que si, par malheur, l'Oméga venait à mourir un jour, il le saurait. Même si le temps passé rendait difficile de garder espoir, Livaï allait devoir tenir bon. Ils ne s'étaient pas connus longtemps, mais l'Alpha était convaincu d'une chose : S'il était toujours en vie, Eren Jaëger finirait tôt ou tard par réapparaître à la Cour.
Eren avait eu l'air plus que sérieux lorsqu'il avait affirmé vouloir rétablir l'honneur des Eldiens et faire payer à Paradise de les avoir traités de façon injuste. Un jour ou l'autre, si ce n'était pour lui-même, au moins pour la dignité des siens, il viendrait assurément réclamer son dû. En attendant, Livaï devait faire de son mieux.
Pour que l'Empire survive, pour que l'Oméga ait quelque part où revenir…
**C*i*N*d*I*r*E*l*L*a**C*o*M*p*L*e*X**
Deux ans après sa disparition.
Le temps passait, mais aucune année ne se ressemblait.
Était-ce une bonne ou une mauvaise nouvelle ? Livaï n'en avait pas la moindre idée. Parfois, il estimait que c'était une bonne chose. Parce qu'au moins, il était beaucoup trop occupé pour s'appesantir sur le poids constant qui lui pesait sur le cœur lorsqu'il se laissait aller à penser à Eren Jaëger. D'autres fois, comme aujourd'hui, il se sentait prêt à se jeter aux pieds des Déesses et à supplier pour leur pardon, dans l'espoir qu'enfin, l'Empire lui laisse un jour de repos. Cependant, la vie était loin d'être aussi simple. Très loin. Et plus le temps passait et plus l'insidieuse malédiction Eldienne faisait sentir sa présence sur tout le continent. Déjà, une étrange maladie infectait la majorité des récoltes de Paradise et une crise de famine sans précédent se profilait…
Livaï était installé dans son bureau.
L'endroit avait été réaménagé depuis la fin de la Sélection deux ans plus tôt. Les armoiries impériales étaient fièrement affichées sur la tapisserie centrale qui trônait au-dessus de la fenêtre derrière son siège, les ailes de la liberté déployées avec majesté. Le portrait officiel de Livaï se trouvait accroché au mur sur la droite de son bureau massif. La pièce était remplie d'une abondance effrayante de documents officiels plus ou moins importants. La richesse et l'élégance de son cabinet ne laissaient aucun doute quant à l'identité de son propriétaire : c'était le parfait terrain pour s'engager dans le genre de batailles politique qui y débutaient souvent (trop souvent).
Livaï se tenait la tête dans les mains, abattu.
Les rapports qui lui parvenaient étaient tous plus catastrophiques les uns que les autres, et il lui semblait qu'ils tentaient tous de lutter contre l'inéluctable. Comme des enfants mettant des coups d'épée dans l'eau face à un tsunami… Désespéré, Livaï avait même décidé de retourner dans la Forêt des Origines quelques mois plus tôt, afin d'y effectuer un rituel et essayer de gagner du temps avant l'arrivée imminente de l'Apocalypse. Cette expédition s'était soldée par un cuisant échec quand, quelques pas après avoir pénétré sur le territoire sacré, son escorte avait été attaqué par d'horribles créatures infectées par les miasmes titanesques. Un pontife avait été dévoré vivant, sans qu'ils ne puissent rien y faire. Sans la faible protection de sa magie, le reste de la traversée aurait été un suicide. L'Alpha avait donc replié chemin avec les quelques survivants qu'il avait réussi à sauver in-extremis.
L'Eglise avait naturellement essayé de profiter du tragique incident pour forcer leur volonté sur Livaï et ses partisans, mais elle s'était vite heurtée à la résistance farouche de Kenny. Plus le temps passait, et plus Livaï était forcé d'admettre à contrecœur que, quoiqu'on dise de lui et en dépit du fait qu'il se laissait sciemment manipulé par Uli Reiss par (amour) lubricité, personne n'était aussi doué que l'Empereur de Paradise pour se montrer rancunier. Et même si leur histoire personnelle lui interdisait d'accorder le moindre crédit ou la moindre confiance à son paternel, Livaï était prêt à utiliser toutes les aides possibles pour survivre.
Il comptait se remettre au travail lorsqu'on toqua à sa porte.
Livaï se redressa sur son siège et prit un air neutre. Il devait se montrer impassible et maître de lui s'il espérait tenir la bride des nobles qui n'attendaient qu'une chose pour le poignarder dans le dos : un signe de faiblesse.
Auruo se présenta, son air décontracté détendit Livaï : si c'était encore l'un des vautours qui essayaient de lui arracher les yeux lors d'une 'entrevue personnelle', son majordome n'aurait certainement pas eu l'air aussi calme. Auruo annonça : « Le Duc Church s'est présenté pour un entretien. » L'Alpha haussa un sourcil et demanda, agacé : « Depuis quand est-ce qu'il prend la peine de s'annoncer avec de débarquer dans mon bureau ? » Le majordome haussa les épaules et son expression complètement blasé semblait dire : ''J'ai arrêté depuis des années d'essayer de comprendre pourquoi vous agissiez de telle ou telle manière. Et je hais mon job.'' Farlan mit un terme à ses souffrances en pénétrant dans la pièce.
Cela faisait déjà des mois qu'ils ne s'étaient pas vus.
Pas depuis que Farlan avait été poussé à retourner dans son duché pour prêter main forte au Duc. Le Royaume d'Etiola avait tenté un ultime raid contre le Nord avant l'arrivée de l'automne. La présence de Farlan avait aidé à ce que l'Empire réussisse à solder cette énième tentative d'invasion/pillage par un fiasco. Et Livaï espérait un peu que son meilleur ami s'était déplacé pour lui annoncer une bonne nouvelle. Par exemple, que ces idiots de barbares avaient enfin décidé d'enterrer la hache de guerre et acceptait leur proposition diplomatique.
Farlan s'avança jusqu'à atteindre les deux canapés qui se faisaient face, non loin de l'impressionnant bureau en chêne massif de Livaï. D'un simple geste de la tête, il indiqua à son ami l'espace de réception et s'écria : « J'ai comme l'impression que tu as bien mérité une pause, mon Prince. » Livaï ne prit pas la peine de démentir et accepta silencieusement son invitation. Ils s'installèrent face à face.
A vrai dire, Farlan semblait tout aussi épuisé que Livaï.
Tout comme ses autres alliés, l'Héritier du Nord était contraint d'assumer au moins trois rôles différents pour pallier le manque de subordonnés fiables parmi les rangs princiers. De plus, malgré les véhémentes protestations de Livaï, Isabelle et Farlan avaient refusé de se marier tant que ''la situation ne s'était pas stabilisée''. Une réplique politiquement correcte, qui soulignait en réalité qu'ils étaient assez stupides pour se sentir responsables, d'une manière ou d'une autre, de la vie sentimentale abyssale du Prince Couronné. Livaï avait beau essayer de leur faire comprendre qu'il était assez grand pour creuser sa tombe de lui-même avant de s'y enterrer, ses oppositions tombaient dans l'oreille de sourds.
Farlan poussa soudain un long soupir. Livaï répondit d'un rictus las. Ils gardèrent quelques minutes le silence. Enfin, Farlan annonça : « J'ai de bonnes et de mauvaises nouvelles.
- Quand est-ce qu'il n'y aura pas de mauvaises nouvelles ? Pas besoin de grimacer, c'est un miracle que tu ais ne serait-ce que l'ombre d'un truc positif à annoncer…
- Hm… Etiola accepte des pourparlers. Ils enverront un ambassadeur au début de l'hiver…
- Enfin ! J'en pouvais plus de leurs conneries ! Ça fait des années qu'ils nous tapent sur les nerfs avec leur guérilla ! Si au moins ça leur apportait le moindre avantage de faire ça…
- Disons que l'assassinat de leur princesse lors de l'ouverture des hostilités contre Mare n'a absolument rien arrangé, mais… » Livaï le vrilla du regard. Farlan haussa les épaules et admit : « …pas la peine de me regarder comme ça ! Je suis le premier ravi d'avoir l'opportunité de me débarrasser de leurs menaces. Est-ce que tu sais combien du trésor des Church est dépensé chaque année pour former et entretenir la garnison spéciale mise en place pour les repousser ?!
- Ça fera un peu plus de pièces d'or que les Church pourront réinvestir dans le développement de la médicine… » Farlan roula des yeux et répliqua : « Tu aurais pu au moins attendre qu'Auruo nous rapporte du thé avant d'essayer de sucer mon héritage jusqu'à la moëlle, charogne. » Nouveau silence. Ils éclatèrent d'un rire nerveux qui se stoppa aussi vite qu'il avait débuté.
Farlan prit un air grave et s'exclama : « Levi, je suis crevé. » L'Alpha se contenta de vaguement lui indiquer les cratères qui lui servaient de cernes. Son meilleur ami ajouta : « Quand on aura réussi à faire taire les voix qui s'opposent encore à ton couronnement, je vais m'isoler et dormir pendant un mois entier.
- Pfff…
- Ne ricane pas, je suis sérieux ! Je suis prêt à payer un prêtre de Sina pour me plonger dans le coma !
- Brillante idée. Comme ça l'Eglise n'aura même plus à chercher comment tenter de t'assassiner discrètement pour affaiblir mon pouvoir, tu leur offriras l'occasion parfaite sur un plateau d'argent. » Farlan tira la langue. Livaï haussa à nouveau un sourcil et renchérit : « Super mature. Tu sais quoi ? Je pense que tu as raison : ne dors pas juste un mois entier. Je suis prêt à te financer le second mois de ma poche. Si tu continues à perdre l'esprit, j'ai peur qu'Isa finisse par épouser un enfant de trois ans d'âge mentale. » Farlan pouffa de rire. Auruo et un servant entrèrent dans la pièce, déposant une théière et quelques biscuits secs sur la table basse qui séparait les deux canapés. Presque aussitôt, Farlan se servit et engloutit la moitié du plateau de sucreries en trois bouchées. Livaï hésitait entre admiration et dégoût en le voyant se remplir la panse.
Farlan fit descendre le tout d'une large gorgée de thé brûlant.
Livaï n'avait toujours pas bougé de sa position. Son meilleur ami le gratifia d'un regard morne et expliqua : « Je suis venu directement dans ton bureau, je n'ai pas mangé depuis presque un jour !
- Je n'ai rien dit.
- Le manque flagrant d'expression de ton regard pétrifiant était suffisant pour me faire comprendre que tu me jugeais intérieurement…
- Oh. On dirait que le sucre t'a fait regagner quelques points d'intellect… » Farlan reposa ostensiblement sa tasse de thé vide sur la table basse et son expression s'assombrit soudain. Bien, on entrait dans le vif du sujet. Livaï proposa : « Allons-y. Mauvaise nouvelle ?
- L'infection des champs est bien plus avancée qu'on ne l'envisageait. L'impact sera plus désastreux que prévu, si on échoue à établir un commerce stable d'import avec nos voisins directs. Ou si on ne parvient pas à endiguer le phénomène avec l'aide des chercheurs de l'Académie impériale.
- C'est aussi ce que me disent mes rapports. » Farlan jeta un rapide coup d'œil vers les impressionnantes tours de documents qui noircissaient le bureau de son meilleur ami. Il grimaça de compassion. Livaï renchérit : « Ce que tu regardes sont les documents déjà triés par Auruo et son équipe, selon leur ordre d'importance. Je suis presque sûr qu'il existe une salle du palais qui ressemble actuellement à une forêt dense de paperasses officielles non traitées… » Un nouveau silence.
Ils étaient en pleine réflexion quand on toqua à la porte du cabinet.
Ils jetèrent de concert un regard vers le nouvel arrivant. Armin Arlert se tenait dans l'embrasure, son regard azuré, profond et indéchiffrable balayant la pièce avant de s'arrêter sur les deux Alphas. Il salua poliment, même si sa posture était un peu trop rigide pour être parfaitement sincère. Livaï avait conscience de ne pas être l'une des personnes favorites d'Arlert dans l'Empire. Bien que le blondinet fût bien trop intelligent pour l'exprimer clairement.
Armin s'expliqua : « Désolé de vous déranger de la sorte, votre Altesse. Mais Majordome Bossard m'a assuré que vous étiez disposés à me recevoir… » Livaï poussa un soupir et indiqua une place sur le canapé qui lui faisait face avec emphase avant de préciser : « Tu sais que tu es toujours le bienvenu ici, Arlert. Et j'ai effectivement déjà dit à mes hommes que tu n'avais pas besoin de prendre de rendez-vous avant de te pointer. Je sais que tu es trop responsable pour abuser de ce passe-droit. » Farlan sourit de toutes ses dents et ajouta : « Hanji est obligée de prendre rendez-vous au moins une semaine à l'avance ! » Livaï roula des yeux : « Hanji n'a aucun sens commun. Et je n'en aurais pas eu non plus si je lui avais accordé le même privilège. » Armin entra dans la pièce, mais demeura planté comme un piquet à une bonne distance de ses interlocuteurs.
Il était parfaitement poli quand il répondit : « Merci beaucoup pour votre considération, votre Altesse. Mais je ne suis que le Régent d'un petit domaine de campagne. Je préfèrerais à l'avenir suivre le protocole naturel pour une audience… » Maintenant que Livaï l'observait avec plus d'attention, on pouvait voir que le blondinet aussi portait d'impressionnants cernes sous les yeux. Livaï intervint : « Depuis combien de temps es-tu arrivé à Sina ?
- Je suis arrivé ce matin, votre Altesse.
- Est-ce que tu as au moins déjà pris une pause ? Farlan n'a pas réussi à engloutir tous les biscuits du plateau d'un coup et il nous reste du thé si…
- Je vous remercie, Altesse. Mais j'ai déjà dîné. » Qu'il mente ou non, Livaï n'avait absolument aucun moyen de le vérifier actuellement. Farlan grimaça : « Il ne faudra jamais oublier que les habitants du domaine Jaëger partagent tous comme trait principal une volonté de fer et un certain dégout pour la lignée impériale. » Armin demeura impassible et rétorqua : « Non, nous n'oserions jamais nourrir de tels sentiments à l'égard de la couronne, Duc Church. Et je suis flatté des attentions de son Altesse, je ne sais juste pas comment y répondre : mon éducation est apparemment encore lacunaire et je préférais me parfaire avant d'être digne de votre générosité. La vérité, c'est que je suis fatigué : la journée a été longue. Mais si vous insistez, Altesse, je viendrais volontiers partager votre table. » Sous-entendu : '' Je n'ai aucune envie de passer plus de temps en votre compagnie, bande de connards, et j'ai été assez clair sur le sujet. Mais si vous insistez vraiment pour gratter l'amitié et que vous m'ordonnez littéralement de jouer le faux-cul, je peux le faire. A contrecœur.'' Livaï ne put retenir un rictus. Il se demanda vaguement qui d'Eren ou Armin avait mis l'autre à bonne école sur le plan rhétorique.
Depuis peu, en voyant l'état dans lequel l'absence de son meilleur ami plongeait le blondinet, il commençait à suspecter que leur relation avait été plus symbiotique que complémentaire.
Livaï accepta gracieusement la rebuffade et demanda : « Que puis-je faire pour vous, Régent Arlert ? » Armin se redressa et sa posture devint plus confiante. Il annonça : « Il a été porté à mon attention que les récoltes souffraient partout dans l'Empire. On brûle des champs entiers pour essayer de ralentir la progression de l'infection, mais rien n'y fait. Je suis donc venu vous annoncer, compte tenu de la 'relation particulière' du domaine Jaëger avec la couronne (et en dépit de son affiliation au parti Neutre), du fait que nos récoltes n'ont jamais été aussi bonnes. » Un silence surpris s'abattit. Farlan fut le premier à s'esclaffer : « Vos récoltes… ''n'ont jamais été aussi bonnes'' ?!
- C'est exact. J'ai emmené avec moi les résultats de l'inspection préliminaire de tous les champs du domaine, et il s'avère que nos terres sont parfaitement épargnées par l'infection. Nous avons assez de réserves pour en exporter. Je venais donc vous proposer de racheter notre surplus. Un prix défiant toute concurrence vous sera bien entendu présenté si vous acceptez en échange d'envoyer plus d'hommes pour sécuriser la route des marchandises entre Shinganshina et Sina. » Il n'y avait pas une trace d'hésitation dans sa voix.
Gagner le soutien d'Armin Arlert s'était avéré aussi facile que compliqué. Simple parce qu'il avait suffi de lui révéler toute la vérité sur le secret d'Eren et les dangers qui planaient au-dessus de Paradise. Complexe, parce que le blondinet était si vif et intelligent que même Erwin avouait sans mal qu'Armin était sans doute plus créatif et efficace que lui lorsqu'il s'agissait de mettre au point une stratégie gagnante. La question d'où allait sa réelle loyauté ne se posait même pas. A la minute où Eren réapparaitrait et se montrerait hostile à la couronne, tout le domaine Jaëger lui emboîterait pas : même si sa décision les conduirait droit à leur perte.
Livaï enviait cette indéfectible dévotion.
Il avait ses propres alliés, bien entendu. Il n'était plus le même petit garçon isolé et naïf que des années auparavant. Mais dans l'immense Cour de l'Empire, il avait pris conscience qu'on n'avait jamais assez d'amis. Livaï finit par se servir du thé (puisque sa tasse n'allait visiblement pas servir à Armin) et il hasarda : « Est-ce que les pouvoirs d'Eren pourraient expliquer ce phénomène ? » A la mention de son meilleur ami, le blondinet crispa la mâchoire et son regard se troubla. Farlan répondit, intrigué : « C'est tout à fait possible. Eren a vécu de nombreuses années à Shinganshina, et vu ce dont il a été capable dans la Forêt des Origines, il n'y aurait rien de dingue à ce qu'il eut sans arrêt purifié le territoire qu'il considérait sien à l'époque… » Livaï acquiesça doucement et but quelques gorgées de thé avant de tourner son attention vers Armin.
Rien n'était visible derrière ses pupilles bleues. Livaï aurait été prêt à parier qu'il pourrait y admirer son reflet sans jamais pouvoir y lire la moindre émotion. L'Alpha déglutit et déclara enfin : « J'accepte volontiers votre marché, Régent Arlert. Mais nous n'avons besoin d'aucun 'prix préférentiel'. La couronne paiera ce qu'elle doit exactement au domaine Jaëger. Et si vous voulez vraiment aider notre Empire, réinvestissez sans compter dans le développement de l'agriculture de votre territoire… Auruo réglera les détails du contrat avec vous. » Sous-entendu : ''Ne crois pas que je ne prends pas note de ton hostilité. Je l'accepte parce que j'ai clairement merdé sur ce coup. Ça ne veut absolument pas dire que tu peux me prendre pour un con, ou pire, un incapable. Paradise est mon Empire, et le domaine Jaëger fait parti de cette Empire quoique t'en penses. Ne l'oublie pas.'' Le message était passé. Le salut qu'Armin esquissa en quittant la pièce était au moins plus respectueux qu'à son arrivée.
Farlan siffla d'admiration : « J'ai vu des soldats d'âge mûr et expérimentés se pisser dessus face à toi ! Mais lui, il n'a même pas cillé. On peut dire qu'Arlert à des couilles ! Je comprends mieux pourquoi Erwin l'apprécie à ce point. En revanche, pourquoi faut-il toujours que les gens qui te sont ouvertement hostiles soient constamment ceux qu'on aimerait le plus avoir pour alliés ? Est-ce que tu ne crois pas que tu portes un peu la poisse ? » Quand Auruo retourna dans la salle pour poser sur la pile de paperasses les termes de l'accord avec le domaine Jaëger, Farlan avait été violemment induit à 'faire une sieste' sur le canapé où il s'était assis.
Hitch Doris avait décidé d'organiser un bal afin de soulever des fonds et réunir les acteurs les plus impliqués dans la recherche d'Eren.
Non seulement c'était une occasion inespérée pour noblaillons et bourgeois de côtoyer les figures les plus proéminentes de l'Empire (avec des dons pécuniers pour ticket d'entrée), mais aussi pour les plus concernés par la disparition d'Eren, de prendre un moment afin de mettre en commun leurs informations (ou plutôt leur manque d'informations). C'était l'une des seules occasions où Livaï pouvait se trouver en présence d'Armin sans que celui-ci n'eut l'air de vouloir lui arracher les yeux.
Aux vues de la réputation de Livaï dans le cercle social et de son réel manque de capacités dans ce domaine, se réunir avec les amis d'Eren pour discuter de l'Oméga ou des avancées de leurs recherches s'avérait toujours être un exercice pour le moins… intéressant. Livaï appréciait notamment l'ambiance, cette étrange atmosphère à la fois mélancolique et agréable où ils partageaient des anecdotes au sujet d'Eren. Pour sa part, il pouvait se contenter de garder le silence et les laisser se mettre à l'aise. Il pouvait ainsi profiter de la présence spirituelle de l'Oméga dès que ses proches étaient plus ou moins ivres et se mettaient à raconter les affres de leurs quotidiens sans se formaliser, comme un vrai groupe d'amis.
Souvent, ils s'imaginaient ce qu'Eren aurait fait ou dit s'il était parmi eux.
Ce que Livaï appréciait beaucoup moins, c'était combien avant qu'ils n'eussent tous un coup dans le nez, les choses pouvaient être gênantes depuis qu'ils avaient appris sa véritable identité. Cependant, avec ses propres amis, ses alliés, l'Alpha était incapable d'autant s'apitoyer. Et même s'il avait voulu leur parler d'Eren et du fait que l'Oméga lui manquait affreusement, il n'aurait pas su par où commencer. Quoi dire pour pallier l'absence. Farlan, Hanji, Erwin, Isabelle, aucun d'eux n'avaient vraiment connu Eren. Aucun n'était capable d'invoquer sa présence en quelques mots, en faisant doucement glisser une certaine atmosphère aussi bien que le faisaient les amis de l'Oméga.
Avec le temps, Livaï avait tout simplement appris à accepter le côté pathétique de lui-même, qui ne cesserait sans doute jamais d'aimer, de désirer et de pleurer Eren Jaëger. Ce qu'il y avait de compliqué avec l'anniversaire de la disparition de l'Oméga, c'était à la fois parce qu'il n'existait pas un jour où Livaï se sentait plus proche d'Eren, et pas un jour où il regrettait davantage son absence.
Il avait donc passé la soirée à jongler avec une humeur instable qui l'épuisa au point de vouloir dormir ensuite trois jours d'affilés dans l'espoir de récupérer son énergie mentale.
**C*i*N*d*I*r*E*l*L*a**C*o*M*p*L*e*X**
Trois ans après la disparition.
Livaï n'était pas surpris lorsque d'inquiétantes rumeurs relatant la proximité 'étrange' du Duché des Fritz avec l'Empire Mare étaient apparues.
Bien qu'il parvienne à faire tenir l'Empire jusqu'ici par miracle, la réalité de sa succession au trône était toujours aussi fragile. L'hostilité du parti Aristocratique ne s'était certainement pas améliorée avec le temps. Et les difficultés rencontrées par l'ensemble de Paradise non plus. A chaque Assemblée, Rhodes Reiss se montrait de plus en plus véhément. Il ne faisait plus preuve de la moindre retenue lorsqu'il blâmait l'insistance de Livaï à déroger aux traditions impériales pour justifier les problèmes de l'Empire. Il pointait également du doigt son refus d'épouser Historia Reiss pour mettre au moins un terme aux tensions politique qui paralysaient la nation. Il saisissait la moindre occasion pour démontrer que la famille impériale n'avait plus les épaules assez solides pour porter seule le fardeau de la couronne.
Leur prochain de coup de couteau dans le dos était presque trop facile à voir venir.
Ce qui rendait toute cette situation plus complexe, c'était très justement Historia. Quoique Livaï pense d'elle, la blondinette n'avait eu de cesse de chercher Eren Jaëger aux côtés des autres Candidats qui s'étaient pris d'amitié pour l'Oméga. En dépit de l'avis de son père et des responsabilités qui lui incombaient face au parti Aristocratique, elle participait activement aux recherches. Au départ, Livaï s'était convaincu qu'elle n'agissait que pour maintenir son image de Sainte. Mais il lui avait suffi d'assister à une seule réunion pour constater qu'elle était réellement attristée par sa disparition et que son inquiétude était aussi sincère que celle des autres amis de l'Oméga.
La première instance du bal organisé par Hitch avait été un tel succès que, malgré sa répugnance à jacter pour ne rien dire avec une majorité effrayante d'opportunistes, Livaï n'avait pu refuser de participer à la deuxième édition cette année.
Ce soir-là, Livaï s'était laissé aller plus que d'ordinaire sur la boisson.
S'il y avait une chose de laquelle on ne pourrait jamais accuser Hitch, c'était d'être avare lorsqu'il s'agissait de noyer ses convives sous des litres d'alcool. Accoudé à la rambarde de l'un des balcons de la large salle de réception du manoir Doris, l'Alpha tentait de s'éclaircir les idées au grand air. Ce balcon avait été dissimulé derrière des rideaux tirés et seule la musique entraînante de l'orchestre lui rappelait qu'il se trouvait en pleine festivité.
Livaï s'était peu à peu convaincu qu'il évoluait dans un espace spécial, connu de lui seul, entre la réalité et l'illusion de l'ébriété. Il ferma les yeux quelques minutes, tentant de conjurer l'image d'Eren aussi facilement qu'il y parvenait auparavant. Les contours étaient incertains. Les détails les plus marquants, son regard hypnotique, l'éclat de son sourire, l'intonation de ses remarques cinglantes demeuraient. Perçant dans sa mémoire comme autant de poignards qu'on lui plantait droit dans le torse.
Il reprit brusquement ses esprits quand la présence d'un intrus éveilla son instinct de survie. Il eut à peine le temps de faire face à son interlocuteur que celui-ci s'approchait déjà, d'un pas tranquille. Livaï cligna lentement des yeux et se pinça les lèvres. Historia esquissa un léger sourire contrit. Il faisait incroyablement chaud, mais le rose qui teintait les joues de la Bêta était sans doute davantage à imputer à sa consommation d'alcool qu'au climat. Livaï se tourna de nouveau vers l'océan d'ombres qui s'étendait sous leurs pieds, sans daigner lui adresser la parole.
Loin de se démonter pour autant, Historia s'accouda à son tour à la rambarde et contempla, elle aussi, l'obscurité en silence.
Livaï s'apprêtait à retourner se fondre dans l'effervescence de la soirée quand la blondinette déclara : « Je suis amoureuse d'Ymir. » L'Alpha marqua une pause. Il ne savait pas comment il était censé réagir. Elle venait après tout, de but en blanc, de lui avouer un secret qu'elle avait jusque-là miraculeusement réussi à garder précieusement. Livaï fronça les sourcils et demanda, incrédule : « As-tu conscience que ton père est actuellement suspecté de dangereusement flirter avec l'Empire Mare ? Sans parler du fait qu'il me casse tellement les couilles qu'on devrait inventer une nomination spéciale pour le récompenser de ses efforts. Dans ce contexte, est-ce qu'il est bien sage de m'avouer ce genre de faiblesse ? » Le sourire qui se dessina sur les lèvres de la Bêta en réponse à sa tirade était empli de bienveillance.
Livaï leva les yeux au ciel avant de maugréer : « J'ai beaucoup trop bu pour ces conneries. » Historia haussa les épaules et répondit : « Peut-être qu'ils ne comprennent pas tous ce qu'Eren a pu te trouver, où ce que vous pouviez bien faire ensemble. Mais moi, plus je te parle, et plus vous deux, ça fait sens. » L'Alpha préféra garder le silence. Si leur couple était d'une telle évidence, peut-être qu'Eren aurait pu lui laisser la chance de s'expliquer avant de s'imaginer le pire et prendre la poudre d'escampette ? L'amertume qui lui bloquait la gorge était difficile à avaler. Historia continua soudain : « J'étais tellement admirative. Eren serait parfait en tant qu'Impératrice. C'était notre faiseur de miracle. Il accomplissait l'impossible en donnant l'air que c'était l'évidence. Il se fichait pas mal des carcans qu'on nous a imposés depuis l'enfance, en nous faisant croire qu'il n'existait pas d'autres manières d'exister ou de faire, qu'à l'intérieur de nos petites boites étriquées de pensées. » Livaï lui jeta un coup d'œil.
Historia avait le regard perdu dans le vide lorsqu'elle exposa : « J'en ai appris plus sur lui. Sur la vie de 'tante Dinah'. Elle était effectivement infidèle, et Sieg était bel et bien le demi-frère d'Eren. Je n'ose même pas imaginer ce qu'il a pu vivre, seul, sans la protection de ses parents… Dinah était responsable de la mise en place du trafic humain. Elle avait des goûts de luxe et elle aimait le pouvoir qui allait avec sa position et son argent. Mais son époux n'était pas si doué que ça lorsqu'il s'agissait de gérer ses débordements, et très vite, les coffres des Fritz se sont retrouvés à vide… » Livaï poussa un long soupir puis interrompit : « D'accord, mais je peux savoir pourquoi est-ce que tu me racontes tout ça, d'un coup ? » Historia s'efforça de lui faire face. Son regard était déterminé lorsqu'elle annonça : « Je veux mettre un terme au cercle de la haine.
-…
- J'aime Paradise, son peuple, ses paysages. Actuellement, l'Empire est instable alors que nous devrions tous nous donner la main si nous voulons réussir à vaincre l'imminente famine qui menace la nation. » Elle serra les poings et trembla de rage. La tête baissée vers le sol, sa voix était légèrement chevrotante lorsqu'elle renchérit : « Au lieu de ça, la seule chose qui importe aux yeux de 'certains' c'est de profiter du chaos pour gagner plus de pouvoir ! Quel bien pourrait résulter d'une alliance avec Mare ? Est-ce que leur cupidité les aveugle au point qu'ils se croient exemptés de toutes répercussions ? Est-ce que l'oisiveté les a rendus si stupides qu'ils s'imaginent invincibles ? Qu'il ne leur vient même pas à l'esprit qu'il est impossible de toujours s'en sortir vainqueur ? » Livaï l'observa attentivement, à l'affut du moindre signe de traîtrise.
Cependant, le regard azurée d'Historia était toujours aussi limpide et décidé lorsqu'il se posa de nouveau sur lui et qu'elle s'écria : « Je ne veux pas être celle de qui la famille se sera rendue responsable de la chute de l'Empire de Paradise. Je ne veux pas voir le sang de millions d'innocents être versés, juste pour voir assouvis les désirs de conquête d'un seul homme. » Livaï agita la tête, presque convaincu, il n'en demeurait pas moins sceptique : « Alors qu'est-ce que tu proposes ? Un Empire uni pour une vie prospère, et longue vie à l'Empereur ?!
- Non. Je n'ai pas l'intention pour autant de trahir le parti Aristocratique. Je pense que l'existence de divers partis politiques au sein de Paradise est un mal nécessaire. Surtout si on veut vraiment voir notre nation prospérer. Les nobles servent de garde-fou face à l'Empereur et ses partisans. Le parti Neutre est le bastion de la méritocratie, il permet de donner une voix aux bourgeois, de toujours chercher l'intérêt le plus rationnel et pratique pour l'évolution de l'Empire… On ne peut pas pour autant effacer le rôle de l'Empereur : il se tient à la base, il est censé être l'émissaire des Déesses, le représentant divin qui veille sur la nation. Contrairement à ceux qui désirent n'en faire qu'une marionnette, je reconnais qu'il est essentiel si on veut préserver Paradise. » Livaï esquissa un rictus : « Ouah. Je dois avouer que je suis très surpris. Je t'ai très longtemps prise pour une simple fille à papa, une godiche un peu bêbête qui avait pas mal de bonnes intentions mais pas un pet d'ambitions pour leur donner la moindre valeur pratique… » Historia demeura bouchée bée.
Elle aurait pu être vexée. Elle aurait sans doute dû l'être. Mais à la place, elle pouffa de rire un instant avant que son visage se ternisse tout en baissant les yeux. Son ton était dépréciatif lorsqu'elle admit : « Excellente description ! C'est exactement ça, n'est-ce pas ? Ymir me répète sans cesse que je dois apprendre à vivre pour et par moi-même… » La blondinette se tourna de nouveau vers la rambarde et expliqua : « C'est pour ça que j'admirais autant Eren. J'enviais son génie, certes. Mais surtout sa détermination. Une fois lancé, plus rien ne pouvait l'arrêter. Je veux être comme lui. Je veux récupérer le Duché Fritz des mains de mon père, unir les Aristocrates. Je veux devenir si puissante que personne ne pourra venir me dire quoique ce soit lorsque j'aurais décidé d'épouser Ymir ou même un simple roturier des bas-fonds ! » Livaï siffla d'admiration sans se départir une seule seconde de son air flegmatique.
Historia avait le poing serré, dressé vers le ciel.
La Bêta rougit d'embarras. Livaï sourit malgré lui : « Très bien, Historia Reiss. Je crois que tu viens de faire le premier pas vers la réalisation de ton rêve. J'accepte volontiers cette alliance non-officielle. » Elle fixa un instant la main qu'il lui tendait, les yeux écarquillés. Quand leurs paumes entrèrent en contact, Historia tremblait légèrement mais son regard était toujours aussi déterminé. Quelques minutes après, de nouveau seul sur le balcon, Livaï ne put s'empêcher de pouffer de rire. Est-ce qu'on pouvait dire qu'Eren Jaëger continuait malgré tout de lui porter chance en dépit de son absence ?
Voilà un problème de moins à régler si Historia Reiss se chargeait réellement de contrôler les dommages dans le Sud.
**C*i*N*d*I*r*E*l*L*a**C*o*M*p*L*e*X**
Quatre ans après la disparition.
S'il y avait une chose qu'avait appris Livaï ces dernières années, c'était qu'il était aussi nécessaire qu'avisé de se réjouir de la moindre petite victoire.
C'était après tout ce qui lui avait permis de tenir le coup à chaque nouveau coup dur.
Eviter la ruine de Paradise était un combat de tous les instants. Et avec le temps, Livaï avait appris qu'il était bien souvent nécessaire de pouvoir compter à la fois sur la force de ses alliés et celle de ses ennemis. L'important, c'était de parvenir à maintenir l'équilibre. Déceler ce qui, pour son adversaire était essentiel, ce qu'il désirait. C'était sans doute parce que Livaï avait appris à prendre du recul qu'il était enfin capable de profiter des 'bienfaits' de l'approbation de l'Empereur actuellement. Kenny ne serait sans doute jamais son allié, pas après tout ce qui avait créé une telle dissension entre eux, mais il était indéniable qu'ils partageaient actuellement les mêmes objectifs.
Livaï avait donc appris à supporter sa présence autant que possible. Il avait même réussi à 'discuter' avec ce psychopathe sans diaboliser absolument chacun de ses faits et gestes. C'était ce répit qui lui avait permis d'avoir une nouvelle perspective des évènements présents et passés. Kenny était un homme ambitieux, intelligent et belliqueux. Mais tout comme Livaï, il était loin d'avoir pu agir comme bon lui semblait une fois placé sur le trône. Et il avait été forcé d'endosser beaucoup pour 'le bien de l'Empire'.
Premièrement, il avait dû se rendre coupable de régicide (et de patricide accessoirement) afin de se voir couronné. Après de ce sanglant coup d'état, il avait fait de son mieux pour assurer la légitimité de son pouvoir. Sélection, épouser Kuchel Ackerman… Malgré tout, la chute des Murs lui avait attiré l'inimitié totale de l'Eglise des Trois Déesses. Et quoiqu'il entreprenne ensuite, il était voué à rencontrer une farouche résistance de la part des deux partis politiques qui se sentaient lésés à la suite de la montée en puissance des Impérialistes.
Oui, Kenny avait sans doute antagonisé presque tous les Royaumes adjacents à Paradise. Oui, il était sans aucun doute responsable du déclenchement de la guerre qui les avait opposés à l'Empire Mare, d'une manière ou d'une autre. Mais (et il avait fallu du temps à Livaï pour le croire), il avait aimé Kuchel à sa manière. Il n'avait jamais eu la moindre intention d'en faire un sacrifice pour déclencher la guerre qui auréolerait enfin son règne d'une aura victorieuse. S'il avait décidé de l'éloigner de la Cour au départ, c'était parce qu'il était plus conscient que quiconque d'autre des limites frustrantes de son pouvoir. Il n'était pas capable de la protéger, pas plus qu'il n'aurait été capable d'assurer la survie de Livaï alors qu'il était à cent pour cent impliqué dans sa relation fusionnelle avec Uli : les Aristocrates avaient beaucoup trop de raisons de vouloir voire monter sur le trône l'un des Princes/Princesses issus de leur union.
Kenny était donc un père de merde, mais il n'était peut-être pas le démon que Livaï s'était imaginé depuis toujours.
Ce qui n'empêchait qu'il n'eût absolument aucune intention de faire ami-ami ou de jouer à la parfaite petite famille. A ses yeux, il n'y avait aucune raison d'essayer de 'rattraper le temps perdu'. Uli Reiss était encore en vie et jamais Livaï ne serait assez bête pour croire qu'il était raisonnable d'ajouter foi au terme 'famille'. Tant que ses frères et sœurs vivraient et que les Reiss continueraient d'être Aristocrates, le danger perdurerait.
Quoiqu'il en fût, il n'était plus si étonnant de trouver Livaï et Kenny dans le cabinet de l'Empereur à discuter des affaires les plus urgentes de l'Empire.
Ils étaient en train de se disputer sur la marche à suivre pour traiter une demande d'assistance de la part du Royaume d'Aristie, situé dans le Sud de l'Empire, quand Kenny se tut net soudainement. Il se saisit l'arête du nez et ferma les yeux avec force. Livaï se stoppa à son tour, sourcils froncés. Quand enfin Kenny redressa la tête, il avait l'air tout simplement épuisé. Il se jeta contre le dossier de son siège et déclara brutalement : « J'ai beau savoir à quoi sont dus ces foutues migraines maintenant, ça ne change absolument pas le fait que je supporte de moins en moins ces foutus 'crises de rage titanesques'. » Livaï marqua un silence.
C'était Hanji qui avait décidé du nom.
Plus la malédiction pesant sur Paradise prenait de force, et plus il était facile pour la famille impériale de succomber au Mal qui bouillait dans leurs veines. Tout comme la majorité des Empereurs avant lui, Kenny avait de plus en plus de difficultés à tenir à distance la folie meurtrière annonçant sa lente mais agonisante descente aux enfers. Kenny esquissa un rictus inquiétant : « Si je continue à entendre les voix de ces monstres à chaque fois qu'on m'irrite, que personne ne vienne s'étonner si un jour je décide de devenir exactement comme on me décrit à l'étranger : 'un tyran sanguinaire'. Ces derniers temps, j'ai envie de m'armer de mes deux bons vieux sabres et d'aller trancher la gorge de tous ces Aristocrates et ces autres nobles à la con qui me cassent les burnes rien que pour avoir la paix. Oh ! Ou mieux ! Arrestations de masse et bûcher géant sur la place publique ! » S'il n'y avait pas cet éclat dérangeant brillant au fond de ses yeux, on aurait pu ne pas le prendre au sérieux.
Livaï se pinça les lèvres et lui jeta un regard empli de jugements. Kenny souffla bruyamment du nez et concéda : « Oh, c'est bon ! Je suis sûr que tu serais super content en réalité de me décapiter pour prendre le pouvoir ! D'une pierre deux coups, je zigouille les casse-couilles et toi, tu accomplis enfin ton rêve d'enfant et m'assassine pour récupérer le trône tel un sauveur…
- Ne te flatte pas trop, le vieux. Te décapiter ne fait même pas partie de mon top dix des choses à accomplir dans une vie avant de passer l'arme à gauche.
-…
- Et si tu as le temps de raconter autant de merdes, essaie au moins de bosser plus. Je n'ai pas envie d'encore y passer l'après-midi pour qu'on conclue finalement que j'avais raison, et qu'envoyer un portrait agrandi de ton majeur dressé vers le ciel au Roi d'Aristie, est la pire idée du siècle.
- Pourquoi ? Pas besoin d'y réfléchir quatre piges pour comprendre que ce connard a forcément un rapport avec la traite d'esclaves et les disparitions qui ont touché le Sud de l'Empire. Qui d'autre que lui aurait tout intérêt à prendre contact avec les Fritz pour conclure ce genre de plan louche ? Et maintenant, il a le culot de nous contacter, comme si de rien n'était, afin d'utiliser nos soldats pour régler ses petits problèmes ? Livaï, même moi je trouve dégueulasse la manière qu'il a eu d'exploiter ces tribus pendant des siècles avant qu'elles ne se rebellent ! Il croit qu'on ignore qu'il a essayé de nous entuber avec les Aristocrates ? C'est quoi le dicton, déjà ? 'Pas vu, pas pris', c'est ça ? Moi je dis qu'on le laisse crever seul dans sa pisse…
- Et comme je te l'ai déjà expliqué : on s'en balance de ton soudain sens de la justice, vieux croûton ! Si par malheur les tribus parviennent à renverser le Roi d'Aristie, elles seront dans l'incapacité militaire de nous aider à faire rempart lorsque les Titans s'éveilleront ! Le Roi d'Aristie, lui, il le peut. Ça ferait gagner un peu de répit à Paradise…
- Et les minorités dans tout ça, hein, Livaï ? Tu mérites vraiment ton titre de Prince Sanglant au cœur de glace…
- Merci. C'est en général ce qui arrive quand on hérite de l'Empire fondé par le 'Tyran Sanguinaire' monté au pouvoir en trucidant notre grand-père dans la salle du trône… » Livaï poussa un soupir et renchérit : « Je m'offrirais le loisir d'être 'juste et droit' quand je ne serai plus en train de lutter pour maintenir ce putain de rafiot troué de partout à flot ! J'aimerais au moins avoir combattu jusqu'au bout avant de rendre mon dernier souffle… » Un silence.
Kenny se leva soudain de sa chaise, fit quelques pas dans la pièce puis s'arrêta devant la large fenêtre qui éclairait la salle de l'étrange lueur rougeâtre du crépuscule. Quand il fit volteface pour planter son regard dans celui de son fils, Livaï aurait juré pendant un instant que ses iris étaient entièrement pourpre. L'illusion s'était dissipée aussi vite qu'elle était arrivée. Kenny déclara : « Il est grand temps que tu récupères le trône. Je perds patience et je refuse de 'quitter le pouvoir' dans un état aussi pitoyable que celui de mon taré de père. Je me fous pas mal de la coutume qui veuille que tu sois marié, ou des plaintes des nobles. Puisque de toutes les manières je suis déjà fiché comme Tyran, autant profiter au maximum de mon aura de folie. Ma dernière décision en tant qu'Empereur sera de te foutre cette putain de couronne sur la tête, que les Déesses m'en soient témoins !
- … J'en tremble d'émotion, père. » Kenny observa un instant son visage tout à fait impassible avant d'agiter la tête : « Tu n'as pas peur d'être le plus court règne jamais répertorié ?
- Tu es en train de me demander si je crains ou non qu'Uli Reiss et ses partisans me fassent tuer ? Et toi, tu n'as pas peur que j'en ai marre de trembler dans mon coin et que je décide qu'il vaut mieux foutre le feu à toute votre petite famille pour être tranquille ? » Un nouveau silence. Le rictus dément qui flottait sur les lèvres de Kenny lorsqu'il répliqua aurait sans doute glacé le sang d'un tiers observateur : « Ah ! Il n'y a rien à faire. Mes autres gosses ont beau avoir du potentiel, ils ne t'arriveront jamais à la cheville. Ils ne seront jamais aussi dignes de s'asseoir sur le trône !
- La consanguinité doit aider apparemment.
- Sauf pour ta taille. » Livaï le vrilla du regard.
Plus tard, il se raconterait sûrement que l'ex-Empereur Kenny avait été si impressionné par les capacités du Prince Couronné durant la gestion des diverses crises de ces temps troubles, qu'il aurait décidé de faire fi des coutumes obsolètes afin d'assurer que son fils aîné jouisse de ses droits au trône. Après tout, personne n'avait le moindre moyen de savoir que la prise de cette décision avait été tout sauf rationnelle. Ni même que Kenny cherchait surtout à préserver le peu de lucidité que leur ascendance titanesque leur allouait en quittant les devants de la scène avant qu'il ne soit trop tard. Ou même que le critère de sélection qu'avait prioritisé l'ex-Empereur était surtout la propension de Livaï à agir et réfléchir comme un véritable sociopathe.
Une fois l'annonce choquante passée, Isabelle et Farlan avaient fait un voyage jusqu'à la capitale afin de féliciter leur ami.
Le temps qu'ils arrivent, Livaï s'était parfaitement préparé à les accueillir.
Ils avaient à peine posé bagages dans leurs quartiers qu'il les avait pris à part et leur avait déclaré de but en blanc : « Si vous êtes vraiment si contents pour moi, alors acceptez enfin de vous marier. » Farlan avait ouvert la bouche pour répliquer, mais Livaï renchérit avant qu'il ne dise un mot : « J'ai déjà commencé les préparatifs. Ça se fera ici, dans le palais impérial. Vos parents sont d'accords et même honorés. Il est de tradition que le couronnement impérial se fasse avant ou après un mariage. Acceptez de vous passer la corde au cou après mon intronisation et vous m'aiderez à conjurer le mauvais œil avec un peu de chance. » Farlan et Isabelle échangèrent un long coup d'œil. Ils semblèrent discuter en silence pendant une éternité quand, enfin, la rouquine asséna un brutal coup de coude dans les cotes de son fiancé.
Farlan se plia en deux de douleur. Isabelle saisit enfin les mains de Livaï avec émotion et s'excusa platement : « Je suis tellement désolée, Levi. Si seulement ce jour-là…
- Je t'arrête tout de suite, Isa. Je vous ai déjà dit un million de fois que ce n'était pas votre faute. Il est temps d'arrêter avec cette culpabilité à la con. Je n'aurais jamais dû laisser Eren se méprendre pendant aussi longtemps. Il n'aurait pas dû se tailler sans même prendre la peine de me confronter. Je suppose qu'on avait tous les deux notre lot de problèmes à prendre en compte… » Isabelle n'y tint plus et bondit hors de sa place pour venir l'enlacer avec force. Livaï savait qu'il ne pouvait la déloger à moins de lui disloquer l'épaule, donc il se contenta de lui tapoter le dos d'une main légère.
Quand la rouquine le libéra enfin, Livaï affirma : « Arrête de chialer et essuie-toi le visage, tu coules du nez, c'est dégueulasse. Ça me ferait presque regretter d'avoir réussi à convaincre la troupe Titania de venir jouer à votre mariage. » Les yeux d'Isabelle s'écarquillèrent et elle hoqueta de surprise : « Titania ?! Vraiment ?! Levi ! » Farlan la retint alors qu'elle s'apprêtait à de nouveau bondir sur leur meilleur ami. Le blond s'écria : « Doucement ! Je vais finir par être jaloux ! » Livaï le remercia silencieusement de lui avoir épargné un nouvel assaut sentimental embarrassant et ils se mirent à se disputer joyeusement.
Livaï se permettait enfin un instant de détente après tant de jours passés sous tension à la suite de l'annonce de Kenny.
Son but se concrétisait : il allait être consacré Empereur et devrait normalement avoir davantage de liberté pour agir contre l'Apocalypse annoncée par les Ecrits Saints. Paradise devait tenir le coup, ''pour qu'Il ait un endroit où revenir.'' De plus en plus mélancolique, Livaï estimait qu'il était devenu assez doué pour dissimuler le trou béant qui lui rongeait l'âme depuis près de quatre ans. Il savait s'occuper l'esprit et le corps pour donner l'illusion de tenir le coup. Depuis la disparition d'Eren, il avait déjà vécu quatre Ruts. Et si, à chaque fois, il renouvelait la certitude que l'Oméga était encore en vie, il n'empêchait qu'il s'agît d'une véritable torture.
Titania lui avait coûté une véritable fortune, mais le jeu lui valait largement la chandelle. Pas juste parce qu'Isabelle était leur fan incontesté, mais parce que Livaï se souvenait, clairement, avoir assisté à leur représentation aux côtés d'Eren lors de cette dernière nuit magique à Mitras. Bien qu'il eût pleinement conscience d'être pathétique, il ne pouvait s'empêcher de se dire qu'en assistant de nouveau à leur spectacle en un jour aussi spécial, c'était un peu comme avoir l'Oméga à ses côtés. Parfois, Livaï se demandait s'il ne valait pas mieux avoir, un jour, la confirmation du décès d'Eren.
Car si l'Oméga était mort en vérité, Livaï estimait que sa vie serait même un peu moins tragique s'il s'avérait à la poursuite d'un fantôme.
To Be Continued….
Chapitre terminé!
Dès que j'ai décidé d'écrire Reverse, c'était un peu le passage que je trouvais le plus plat mais aussi le plus intéressant à transcrire. Que faisait Livaï pendant qu'Eren vivait moulte péripéties à travers le monde en compagnie de Titania? Même si le chapitre n'est pas super passionnant, j'espère avoir réussi à vous intéresser quand même!
Que pensez-vous d'Historia?
De la situation de plus en plus critique de Paradise?
De la relation Kenny et Livai?
J'ai vraiment hâte de découvrir ce que vous avez pu penser de l'histoire jusqu'ici!
Plein de love, Easyan
